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 The Darkness of a Soul... [PV Destan]

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MessageSujet: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Dim 1 Sep - 2:54




















Une semaine s’était écoulée depuis mon départ de Lonëneilh. Mes parents et mes frères me manquaient, certes, mais ma soif de découvrir le monde extérieur était devenue insatiable avec le temps. Sur le pont, on avait crié que la terre était en vue et, malgré le mal de coeur qui me vrillait l’estomac depuis sept longues journées, je m’empressais de me rendre jusqu’à la proue pour observer le continent humain qui se dessinait à l’horizon. À cette distance, il ne semblait pas bien différent des terres elfique vues de loin, suite à mon départ. Plus le navire approchait de la côte, et plus il m’était possible de distinguer la flore qui était toute autre de celle que j’avais jusqu’alors connue.
Un sourire stupide aux lèvres, je m’approchais des matelots pour les observer se mettre au travail. On baissait les voiles, fermait les écoutilles et on baissa l’ancre à non loin d’un demi-lieu de cette ville humaine qui attisait ma curiosité. J’étais excitée comme une puce et ça, les marins qui pagayaient l’avaient bien remarqué. J’ignorais même le regard aguicheur de l’un d’entre eux sur ma personne, trop concentrée à admirer les oiseaux qui suivaient notre sillage depuis la voie des airs. C’était tout simplement fabuleux de se retrouver en territoire inconnu. Une fois sur la terre ferme, l’envie de l’embrasser me prise, mais je me gardais une petite gêne. Quand même! Au moins, je n’aurais pas le mal de mer avant un sacré bout de temps.

On laissa mon sac au sol, à mes pieds, et le Capitaine me salua comme tout bon marin.

‘‘ Faîtes un bon voyage ma p’tite dame. ‘‘

‘‘ Merci, Capitaine. Vous de même. ‘‘

Sur un dernier sourire, je quittais l’équipage avec mon fidèle compagnon à fourrure; Snow. Un loup au pelage aussi blanc que la neige. Il était en quelque sorte mon gardien et mon compagnon de voyage. Ainsi, je me sentirais moins seule si le mal du pays me prenait par surprise.

D’un bref coup d’œil, mon regard aqua se posa sur les différentes choses qui composaient cette petite ville portuaire : de petite maisonnettes faites de pierre ou de bois, des chemins de terre battue où se mêlait par endroits la boue. Il y avait beaucoup de pêcheurs aussi. Certains essayèrent même de me vendre leur produit que je refusais poliment. J’ai dû déambuler ainsi une bonne heure avant de me retrouver en dehors de l’enceinte de la petite ville. C’est là que je pris la carte que mon père m’avait offerte avant mon départ. Arrêtée en plein milieu du chemin, un cheval me fit sursauter et je bondis sur la droite alors que Snow rôdait autour de moi.

‘‘ Faîtes un peu attention quoi ! ‘‘

Hum... vieux rabajoie

C’était un marchand de fort mauvaise humeur, ma foi. Fronçant légèrement les sourcils, je me remis à ma lecture et mémorisa le chemin que je devais prendre pour me rendre au prochain village qui était à une journée de marche d’ici, à ce que j’eusse compris. Me mettant en route, je ne pus m’empêcher de fredonner alors que mon loup faisait des zigzags entre la route et les deux côtés du sentier. Lui aussi était excité apparemment! Mais au bout d’un moment, il vint me rejoindre et marcha calmement à mes côtés, ma main droite caressant ses oreilles par la même occasion. Tout était si calme et si différent de chez moi. La faune et la flore étaient similaires et non à la fois. C’était... surprenant. Enfin bref.
J’étais tellement perdue dans ma contemplation que je ne voyais pas l’heure passer et donc qu’il étaittemps de prendre une pause pour manger ne serait-ce qu’un petit quelque chose. À la recherche d’une étendue d’eau quelconque, je m’aventurai un peu plus dans la forêt, Snow sur les talons, pour trouver un ruisseau en suivant la mousse sur le tronc des arbres. Mon loup s’y abreuva et j’en profitai pour me laver le visage et les mains. Mon équipement se retrouva au sol contre le tronc d’un arbre et je me laissai tomber dans l’herbe fraîche pour admirer le ciel et les rares nuages qui s’y trouvaient en ce jour. Une petite sieste ne devrait pas me faire de tort d’ailleurs... Mes paupières se fermèrent une fois seulement que Snow fut collé contre mon flanc gauche et je me laissa guider par les bras de Morphée.

Bon sang... combien de temps avais-je dormi?! Il faisait presque nuit quand j'ouvris les yeux et le ciel était d’un gris plus que menaçant. Le temps avait changé si rapidement? Faisant vite, je renfilais mon équipement, prit mon arc que j’accrocha dans mon dos et me mit à courir entre les arbres pour rejoindre le sentier au plus vite quand la pluie se mit à s’abattre sur ma capuche. Si je parvenais à trouver un abri, peut-être pourrais-je me sécher, mais pour le moment c’était mort. Snow me guidait devant et ma course fut ainsi pendant une bonne trentaine de minutes avant que je ne déboule devant un établissement perdu sur un chemin qui formait une croix. Ne faisant ni une, ni deux, j’y entra. Au moins, mon compagnon à fourrure avait trouvé refuge dans l’établi juste à côté, parmi les chevaux...
La porte se referma lourdement derrière moi quand la chaleur de la halte de voyageur lécha ma peau humide et froide. C’est en repoussa mon capuchon vers l’arrière que je remarqua que pratiquement tous les yeux étaient braqués sur moi. Il n’y avait que des humains mâles dans cet endroit et d’un coup, je me sentis un peu oppressé, voire intimidée. Surtout que des regards plutôt pervers me déshabillaient des yeux. Disons que... je faisais tache avec mes vêtements elfiques qui contrastaient dans ce paysage d’hommes peu arrangés et peu fiers.

Je fis un pas, puis deux vers le comptoir où se trouvait le propriétaire des lieux. Un tablier autour de sa taille bedonnante, il me fit un sourire chaleureux alors qu’il essuyait une chope de bière à l’aide d’une guenille sèche. À première vue, cet humain me semblait sympathique alors je lui rendis son sourire et prit place sur un banc de bois juste au bout du comptoir alors que les conversations reprenaient.

‘‘ Il est rare de voir une jeune femme de votre pedigree en ces lieux. Une elfe en plus d’après ce que je vois. Quel bon vent vous amène en terre humaine, jeune femme ? ‘‘

‘‘ J’avais envie de voyager un moment avant d’être ensevelis sous certaines responsabilités. ‘‘

L’homme ricana amicalement et posa le tissu avec lequel il essuyait sur son épaule droite. Son crâne était à moitié dégarni de cheveux et une épaisse barbe noire entourait sa mâchoire. Ses yeux bleus étaient très pâles et brillants d’une joie de vivre qui me surprenait quelque peu.

‘‘ Il faut profiter de sa jeunesse quand on le peut ! Que puis-je vous servir, jeune Dame ? ‘‘

‘‘ Une tasse de thé à la camomille et un bon repas chaud sans viande. ‘‘

‘‘ Tout de suite ma chère. ‘‘

Le maître des lieux me fit un clin d’œil avant de s’éclipser dans ce qui semblait être l’arrière-boutique ou la cuisine de l’établissement. Pendant ce temps, je m’assis de biais au comptoir et me mit à observer les gens ici installés dans la salle principale jusqu’à ce qu’un homme assez jeune prenne place à mes côtés. Il était plutôt séduisant pour un humain, je ne pouvais me le cacher, mais je détournai mon regard avant qu’il ne croie que je le dévisage. Ce serait bien le comble de ma chance que j’insulte quelqu’un par un temps pareil au risque de me retrouver dehors.
Le propriétaire revint alors avec une soupe de légumes bien chaude ainsi que mon thé, du pain et du fromage bien frais. L’odeur était enivrante et je me pris à sourire avant de commencer à manger avec appétit.

‘‘ On dirait que vous n’avez pas mangé de repas chaud depuis un certain temps. Je me trompe ? ‘‘

‘‘ La nourriture sur le navire était infecte et goutait le moisi... une semaine tout au plus je dirais. ‘‘ dis-je en savourant ma première bouchée. ‘‘ C’est succulent, merci. ‘‘

‘‘ Une bonne soupe par un froid de canard comme celui-ci fait toujours du bien ! Si vous avez besoin de quoi que ce soit, ne faites pas votre timide. Je dois faire la tournée des tables. ‘‘

‘‘ Merci, monsieur. ‘‘

Il donna une chope de bière à mon voisin de banc puis nous quitta pour faire le tour de sa clientèle. Je me surpris à regarder cet homme du coin de l’œil alors que je soufflais sur ma cuillère où... tout le liquide était retombé dans le bol.

Misère...



Dernière édition par Elwèn Asaë le Dim 1 Sep - 15:15, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Dim 1 Sep - 11:50



The Darkness of a Soul…


«La douleur, c’est le vide.»

feat Elwèn Asaë

Ses pas claquaient sur le sol de sa demeure, signe qu’il était non seulement pressé, mais en colère. En fait, il était toujours en colère. Les rares domestiques qu’il croisait se jetaient contre un mur, comme pour intégrer les pierres et disparaître à sa vue. Et avec raison.

Destan s’était à nouveau réveillé aux aurores, hanté par ses démons qui ne le laissaient pas dormir. C’était ainsi depuis quinze ans. Depuis que sa belle-mère l'avait détruit. Cela ne faisait que six ans qu'il l'avait chassée et avait décidé de reprendre le contrôle de sa vie, mais aussi celle des autres. Ce matin-là il allait vérifier les cuisines, le planning des domestiques et des repas. Tout devait être contrôlé, prévu, orchestré. Sinon ça n’allait pas. Il entra donc d’un pas vif dans la cuisine, figeant toutes les femmes présentes. Des blondes pour la plupart, qui lui rappelaient sa salope de belle-mère. Des jouets pour lui. Il s’approcha du tableau qu’il avait installé et lu en silence. La tension dans la pièce était palpable, et chacune des femmes retenait sa respiration. Il ne repartirait pas tout seul et elles le savaient.


-Vous me changerez ce planning en modifiant cette femme avec celle-là. Dit-il en pointant les concernées sur le planning, la plus proche le notant sur un papier.

Il pivota pour darder les personnes de son regard gris pâle. Elles baissèrent immédiatement la tête, terrifiées. Il marcha pour tourner le dos à la porte, et croisa ses bras sur le torse. Ses mains le démangeaient. Mais laquelle choisir ? Les deux plus proches de lui avaient subit la veille. Celle aux fourneaux devait rester pour cuisiner. Hum…
Le temps semblait s’étirer quand la porte derrière lui s’ouvrit sur une jeune domestique qui lui rentra dedans, le percutant avec sa pile de linge. Aussitôt, son cœur s’emballa, sa colère s’embrasa. Il se tourna pour voir la jeune femme paniquée, à genoux pour ramasser son linge en tentant de s’excuser.


-BORDEL ! Vous pouvez pas faire attention !? Tu viens avec moi ! Je vais te dresser tu vas voir !

Il l’agrippa par les cheveux, et la traîna à sa suite. Elle était obligée de suivre le rythme si elle ne voulait pas devenir chauve. Il la jeta dans une petite pièce près du four de la forge. Il y avait installé un système d’anneaux qui pendaient au mur et auxquels il attacha les poignets de la pauvre domestique. Tournant la manivelle, il souleva sa victime jusqu’à ce qu’elle ne touche plus le sol.

-P-pitié… je… n’ai pas f-fait exprès…

-Tais-toi !

Il se dirigea vers la table contre le mur et observa les objets. Bâtons, martinets, dague émoussée… fer rouge prêt à être chauffé… pour marquer ce qui lui appartenait. Les domestiques avaient la marque. Sur l’épaule gauche. Il prit un fouet, caressa les lanières de cuir. Puis il se remit devant sa proie, et fit glisser le cuir sur elle pour qu’elle sente bien ce qui allait se passer. Et d’un mouvement vif, il frappa. Plusieurs fois. Le dos comme les jambes. La tenue qu’elle portait se déchira sous les coups. Le sang commença même à perler, ce qui le faisait jouir. Les faire souffrir comme elles l’avaient fait pour lui…

Même si c’était seulement sa belle-mère la responsable, il mettait toutes les femmes dans le même panier. Elles étaient toutes pareilles. Elles ne voulaient que lui faire mal, l’utiliser à leurs fins. Mais il ne se laissait plus faire et les domptaient. Quand on entrait dans sa maison, on n’en ressortait pas. Il détacha la pauvre femme qui s’écroula au sol, faible et gémissante.


-File maintenant et retiens la leçon.

Elle ne se fit pas prier et il prit le temps de ranger le tout avant de sortir et fermer à clé. Pour se détendre, ou du moins tenter, il alla dans la forge même et commença à créer une nouvelle arme. Il était Mercenaire et il faisait tout lui-même. Ses armes et bouclier, ses équipements. Il ne faisait pas confiance. Vers les midis, une domestique lui apporta un plateau repas, comme à chaque fois. Et si elles étaient en retard, il venait et punissait. Les règles n’étaient pas compliquées. Respect, loyauté et obéissance. Ne pas le toucher ni le regarder, baisser la tête et obéir. Sinon il sévissait. Il ne mangea pas beaucoup et donna le reste à ses chiens, enfermés dans un enclos derrière la bâtisse. L’écurie était à côté également avec son étalon et deux autres juments.

Il reprenait son boulot quand un homme entra. Plus grand que lui, plus baraqué aussi, il était grisonnant et une large cicatrice partait de sa tempe à la joue opposée, traversant l’œil qui était maintenant aveugle.


-Destan ! Tu te rappelles de ce qu’on fait aujourd’hui hein ?

Le Mercenaire soupira et darda son regard gris dans celui, bleuté, de son seul « ami ».

-Crow, comment pourrais-je oublier ? Je n’oublie jamais rien. C’est moi qui contrôle. Et nous irons quand je l’aurais décidé.

Crow était son second. C’était lui qui lui ramenait des contrats. Destan n’avait plus qu’à décider lequel il ferait. Il laissait cette tâche à Crow parce qu’il détestait aller dans la civilisation. Il vivait reclus et cela lui convenait. Crow lui, avait toujours le sourire aux lèvres et parlait à n’importe qui. Et aujourd’hui, ils devaient se rendre à l’auberge pour dénicher une nouvelle domestique. Il avait perdu celle qui s’occupait des repas, morte d’il ne savait trop quoi et qui ne l’intéressait guère. Et ce manque dans son organisation l’énervait encore plus que le reste.

-Je te trouverais peut-être un contrat par la même occasion.

-Tout ce que je veux c’est que tu ne me colles pas. Tu vas dans un coin et moi dans l’autre. Chacun ses affaires. Si tu me trouves des contrats, on fait comme toujours, tu me les proposent et moi je décide.

-N’aie pas peur je vais pas me risquer à te défier !

Crow se mit à ricaner, observant les armes exposées tout le long des murs. Oh non, il n’avait pas intérêt. Oui Crow était plus fort que lui en taille ou muscle, mais Destan savait ce battre comme personne. Personne ne l’avait vaincu jusqu’à ce jour et c’était ce qui contribuait à l’arrivée de contrats bien juteux et à la récompense mirobolante. Il pourrait presque arrêter de faire ce boulot, et avait de quoi subvenir, mais il aimait trop traquer et tuer pour ça.

-On part dans une heure. Soit prêt je ne t’attendrais pas.

Crow sortit et Destan se remit à la tâche, essayant d’évacuer la boule de colère qui avait pris la place de son cœur.
Une demi-heure plus tard, il passa sa tête dans la bassine d’eau fraîche, comme son père lui avait appris. Regardant ses armes, il repensa à son père. A ses jours tranquilles où ils forgeaient ensemble. Il secoua la tête. C’était révolu. Il n’y avait pour lui que les ténèbres. Plus rien d’autre. Il sortit après s’être essuyé les cheveux, se rendit dans la maison principale et fila dans sa chambre. Un portrait de son défunt père était accroché au-dessus de la cheminée et il passa sans regarder. Il enfila ses équipements de cuir souple, sa côte de maille en-dessous, ses genouillères, ses armes dans ses bottes ainsi qu’à sa ceinture. Couteaux, épée. Et dans son dos, deux dagues croisées. Il ne se regarda pas dans la glace, enfila ses gants, et ressortit pour aller sceller Inferno, son étalon noir à quatre balzanes et une liste. Un cheval aussi colérique que lui et qui ne se laissait approcher que de Destan. Se mettant en selle, il se préparait à y aller quand Crow le rejoignit sur son alezan bien moins imposant qu’Inferno qui tapait déjà le sol de son sabot, impatient d’y aller.


-Tout est fermé à clé, les femmes enfermées dans leur « chambre ». Nous pouvons y aller.

-Et vite parce que vu le ciel, la pluie va être de mise cette nuit.

Sans répondre, Destan talonna Inferno qui s’élança à toute allure. Cette sensation de vitesse l’émerveillait. Une des rares fois où il laissait son côté enfantin ressortir, et encore. Personne ne le savait ou le voyait. Juché sur la selle de son cheval lancé à pleine vitesse, Destan éloignait temporairement ses démons. Malheureusement, l’auberge n’était qu’à dix minutes de route, cinq au galop. Ils sautèrent à terre et confièrent les chevaux au palefrenier, Destan s’occupant lui-même d’Inferno. Là, ils entrèrent dans l’auberge, comblée. En l’apercevant, les conversations cessèrent un instant. Oui, le Mercenaire Kreiss était là… avec tout son équipement. Quand ils avancèrent à travers les tables, les regards se détournèrent. Bien. Sa réputation le précédait. Il trouva une table à l’écart, dans l’ombre, laissant Crow aller plus loin jouer aux dés avec des ivrognes. Un serveur s’approcha timidement et Destan le chassa sans ménagement. Il n’y avait pas de femme… il leur faudrait attendre.

C’est à la tombée de la nuit que la chance lui sourit. Enfin parce que sa patience était à bout. Il pleuvait des cordes et la porte s’ouvrit sur un voyageur. Tout le monde tourna la tête vers lui, le silence prenant le pas sur les conversations. Destan plissa les yeux quand il retira sa capuche trempée. Une femme… pas blonde mais c’était une femme. Ca lui conviendrait parce qu’il en avait marre d’attendre. Il l’observa parler avec l’aubergiste et attendit qu’il s’en aille pour la rejoindre au comptoir. Il s’assit sur le tabouret à côté d’elle, se faisant violence pour ne pas fuir. C’était bien trop proche à son goût. Il regardait droit devant lui, mais il avait senti le regard de la femme sur lui.

L’homme revint avec de la soupe et Destan ne fit pas attention à leur conversation, ne le remerciant même pas pour la bière qu’il lui tendit. Il but une longue gorgée pendant qu’il s’éclipsait. Et l’autre le regardait toujours. Il allait devoir s’obliger à parler avec elle.


-Bonjour, jeune dame. Vous semblez nouvelle en ces lieux.

Qu’est-ce qu’il pouvait avoir horreur de faire son polit ! Mais elle acquiesça. Bien, il avait donc son attention.

-Je peux peut-être vous proposer un hébergement ? Gratuit. Et cela siérait sans doute mieux à une femme que cette auberge remplie de pervers…

Il avait très bien vu les regards des hommes qui la déshabillaient. Il but une autre gorgée de bière et attendit sa réponse. Si elle le suivait de son plein gré, elle n’aurait même rien à râler par la suite. Elle était consentante. Et puisqu’elle ne demanderait pas ce qui allait se passer, il n’était pas en tort. Mais il voyait bien l’intérêt dans ses yeux bleus.

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Dim 1 Sep - 21:52



















Je devais avoir l’air d’une belle imbécile maintenant, à souffler dans le vide sur une bouchée de soupe qui avait retrouvé le chemin du bol. Bien évidemment, je soupirais intérieurement à cette pensée et détourna mon regard sur mon pain. C’est à ce moment que le bel inconnu à mes côtés se décida d’entamer la conversation avec moi.

‘‘ Bonjour, jeune dame. Vous semblez nouvelle en ces lieux. ‘‘

Nouvelle? Il fallait s’en dire que ça sautait aux yeux. Depuis mon débarquement dans la ville portuaire, on n’avait eu de cesse de me regarder. D’une part à cause de mes oreilles et de l’autre à cause de ma tenue vestimentaire qui n’avait rien d’humaine. M’enfin bref. Pour un peuple de ce genre, mon équipement devait sans doute paraître bien extravagant avec ses dorures minutieusement travaillées.
Mon regard aqua se reposa sur ma soupe et je pris une bouchée qui fit un bien monstre à ma gorge ainsi qu’à mon estomac. Sa chaleur me fit même frissonner un tantinet.

‘‘ Je peux peut-être vous proposer un hébergement ? Gratuit. Et cela siérait sans doute mieux à une femme que cette auberge remplie de pervers… ‘‘

La proposition de cet étranger me rendit légèrement méfiante, mais quand je me retournai vers la salle commune où se trouvait une bonne dizaine d’hommes baraqués, je déglutis. Oui... c’était peut-être préférable que de dormir ici et de risquer de se retrouver dans une impasse. Mais je ne savais pas...

‘‘ Euh... j’avoue que cette clientèle ne m’inspire pas confiance, mais je voulais attendre que la pluie se calme avant de me remettre en route. Ma bête m’attend dehors, parmi les chevaux. ‘‘

J’étais épuisée de mon voyage et de ma course sous la pluie et pourtant, j’avais envie d’accepter l’offre de cet homme sans savoir pourquoi. Une partie de moi était méfiante, se refusait d’accepter, et l’autre était trop épuisé pour refuser une offre aussi généreuse. Surtout que je devais faire attention à mes Daris si je souhaitais tenir tout mon voyage sans avoir à travailler par-ci par-là pour me payer un bon repas. C’est donc avec hésitation que mes iris pâles se posèrent de nouveau sur mon interlocuteur que je pus mieux observer. Sa chevelure sombre aux reflets pourpres était en bataille et lui donnait ce petit air désinvolte. Ses yeux étaient argentés, insondables et me surprenaient. Je ressentis un froid le long de mon échine et ma voix intérieure me disait de refuser.

Éloignes-toi de lui au plus vite...

‘‘ C’est gentil de votre part, mais je me dois de refuser, car je désire rejoindre Racium le plus rapidement possible bien que ce soit à l’autre bout du pays. ‘‘

Je fis un sourire poli à mon interlocuteur et termina mon bol de soupe avant d’engloutir mon pain et mon fromage. Quand mon regard se porta sur la fenêtre, je pus voir que la pluie s’était considérablement calmée. Cherchant ma bourse à tâton, je la décrochai de ma ceinture et sortit quelques pièces pour payer mon repas. Sur un dernier sourire, je saluai mon voisin de banc puis me retrouva à l’extérieur où l’air était frais et humide. Sifflant un coup, Snow vint me rejoindre aux pas de course, se frôlant contre ma jambe droite et nous pûmes reprendre la route lentement malgré la boue et les quelques gouttes qui nous tombaient encore dessus. Au moins, l’horizon semblait dégagé.

L’épuisement me faisait bâiller et j’avais hâte de trouver un endroit sec ou je pourrais enfin me réchauffer en toute tranquillité. Cependant, je n’avais pas fait attention aux bruits de sabot martelant le sol derrière moi. Je sursautai quand une grande bête me bloquait brusquement la route. Snow commença à grogner et montra les dents. Mais... que se passait-il ? Avec cette noirceur, je peinais à discerner les deux cavaliers qui m’encerclaient. Je n’eus pas le temps de réagir... tout fut noir...

Aïe... mon crâne... Il faisait horriblement mal et ma vision était encore troublée quand je repris conscience. Où étais-je? ? Quand ma vision se réajusta, je me trouvais dans une pièce où il faisait affreusement chaud, suspendue dans les airs.... Dans les airs?! Qu’est-ce que?! Je m’affolais, mais il fallait que je garde mon calme en toute circonstance. Mes iris aqua remontèrent le long de mes bras pour voir que mes poignets étaient solidement attachés à des anneaux d’acier suspendu au plafond.

Par la déesse de la nature... !

Mais où étais-je?! Était-ce ces hommes de la taverne qui voulaient me faire la peau? On m’avait rattrapé sur le chemin et je n’avais pas été assez rapide ni même prudente à cause de la fatigue. Quelle idiote!

‘‘ À l’aide! ‘‘ Criais-je.

C’est alors que j’entendis des bruits de pas de l’autre côté de la porte. Mais quand celle-ci s’ouvrit, mon sang se glaça et je me sentis blêmir...

Lui... ?

‘‘ Que me voulez-vous ?! Laissez-moi partir d’ici ! ‘‘

Je me débattais comme une diablesse en sachant très bien que ça ne donnerait strictement rien. Il y avait quelque chose de mauvais chez cet homme que je n’avais su le discerner lors de notre rencontre. Son regard était impénétrable et si froid... je n’arrivais même pas à deviner ses intentions à mon égard alors qu’il rôdait autour de moi comme si j’étais une proie. Si cet homme croyait que j’allais rester ainsi à ne rien faire, il pouvait bien aller voir ailleurs. J’étais un soldat. J’ai été entraîné à tenir tête à l’ennemi en tout temps.

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Dim 1 Sep - 22:40



The Darkness of a Soul…


«Ce n'est pas malin de refuser l'offre d'un fou.»

feat Elwèn Asaë

La jeune femme se mit à réfléchir avant de répondre :

-Euh... j’avoue que cette clientèle ne m’inspire pas confiance, mais je voulais attendre que la pluie se calme avant de me remettre en route. Ma bête m’attend dehors, parmi les chevaux.

Sa bête ? Il plissa les yeux sans répondre. Elle avait intérêt à accepter. Et lui, il n’avait même pas remarqué ses oreilles. En fait il s’en fichait bien de ce à quoi elle ressemblait. C’était une femme qui allait entrer à son service et c’était tout. Il allait la dresser.

-C’est gentil de votre part, mais je me dois de refuser, car je désire rejoindre Racium le plus rapidement possible bien que ce soit à l’autre bout du pays.

Sur le coup, il sentit la colère l’envahir. Refuser ? Elle osait refuser ?! Elle lui sourit et se leva finalement pour partir. Il termina sa bière, laissa une pièce et fit un signe de tête à Crow qui vint rapidement.

-Elle m’a dit non. Viens.

-D’accord. J’ai deux contrats en plus.

-Plus tard.

Ils se levèrent et sortirent. Grimpant en selle, ils s’élancèrent. Elle était à pieds, eux à cheval et ils connaissaient les lieux. D’un signe, Crow se détacha pour la prendre par devant. Ils approchèrent encore et quand Crow lui eut barré la route, Destan prit une dague et l’assomma avec le pommeau. Le loup, pareil. Il lui attacha le museau et le chargea sur Inferno, laissant Crow attacher et porter la fille. En silence, ils retournèrent au manoir. Il ordonna à son acolyte d’attacher la bête à un des poteaux de fer, solidement. Entrant, il alla dans la pièce aux anneaux et lia les poignets de la captive à ceux-ci, la suspendant dans les airs. Puis il la laissa seule. Les domestiques furent libérées et se remirent tout de suite à la tâche, tête basse.

Puisqu’elle roupillerait toute la nuit restante, il alla également au lit, but un verre de vin et tenta de dormir. Comme à chaque fois, les démons revinrent le hanter et il était debout aux horreurs après s’être réveillé en sueur. Bon sang… il frappa le matelas, se mordant le poing pour ne pas hurler, et alla se laver et s’habiller. Quand il ressortit, un plateau était prêt et il mangea à nouveau très peu. Les domestiques connaissaient leur travail et il aimait à ce que tout aille comme sur des roulettes.


-À l’aide!

Oh… la miss était réveillée ! Il y alla donc, ravi de pouvoir s’amuser dès le petit matin. Il ouvrit la porte et aperçut son air surpris, ce qui le fit jubiler.

-Que me voulez-vous ?! Laissez-moi partir d’ici !

La laisser partir ? Oh que non ! Elle se débattait, mais cela ne servait à rien. Il s’approcha et lui tourna autour. Elle avait du caractère… mais il la dresserait.

-Il ne fallait pas refuser mon offre hier soir…

Il haussa un sourcil et attrapa un martinet sur la table.

-Tu ne partiras plus d’ici, ma jolie.

Il fit glisser les lanières sur son visage, puis son corps, lentement. Il sentait qu’elle allait résister. Elle croyait pouvoir résister. Il lui donna un coup sur la plante des pieds. Il lui avait ôté ses chaussures et le plus gros de ses vêtements en l’attachant, lui retirant ses armes. De très belle facture en plus. Une domestique n’avait guère besoin de ce genre d’ornements. Et la plante des pieds était sensible.

-Tu es ici pour me servir. Tu es à moi et je m’attends à ce que tu obéisses. Les règles ne sont pas nombreuses mais se doivent d’être respectées. Sinon, je punis.

Il lui redonna un second coup dans le ventre, moins fort.

-Alors retiens-les bien et tout ce passera au mieux. J’attends de toi respect, loyauté et obéissance. Tu ne me touches pas, tu baisses la tête quand j’arrive, tu obéis. Tu ne parles pas sans mon autorisation, tu ne contredis pas mes ordres. C’est moi qui décide.

Il posa le bout du martinet sur son menton.

-Ce n’est rien de trop compliqué n’est-ce pas ? Tu me sembles être une fille intelligente…

Seulement il allait la laisser la encore un peu. Qu’elle réponde ou non, il y laisserait et quand il s’autoriserait à la mettre avec les autres, il trouverait le moyen de faire en sorte qu’elle n’ait pas envie de fuir…

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Lun 2 Sep - 1:42



















‘‘ Il ne fallait pas refuser mon offre hier soir… ‘‘

Hein?! Avais-je bien entendu ce qu’il venait de dire concernant son offre de la veille?! Mais cet homme était cinglé! Pourquoi avait-il fallut que je tombe dans un tel foutoir? Et en plus, dans un pays où tout m’étais inconnu! Ça, c’était vraiment la merde... Il fallait que je me retrouve au mauvais endroit, au mauvais moment dans un endroit pareil, avec un timbré qui me tournait autour.
Mes yeux le suivaient et je fronçai les sourcils quand je le vis prendre un objet sur une petite table de bois non loin de nous. Une fois qu’il l’eut en main, l’étranger s’approcha une fois de plus de moi, faisant glisser les lanières de ce truc sur mon visage que je reculais d’un mouvement brusque en grimaçant de dédain.

‘‘ Tu ne partiras plus d’ici, ma jolie. ‘‘

Je le sentais glisser sur mon corps en partant du dessous de mon bras gauche vers le creux de mon dos, puis ma jambe droite. Son martinet... j’avais de le lui faire avaler soudainement, mais comment puisque je ne touchais même pas le sol? N’empêche que je me tortillais pour tenter de faire passer mes mains dans les anneaux. Sans succès. Elles étaient ajustées autour de mes poignets, ce qui m’arracha un grognement de mécontentement.

AÏE !

Une douleur aiguë monta jusqu’à la racine de mes cheveux, en partance de mes pieds. Serrant les dents, je me refusai de gémir de douleur pour cet enfoiré qui refusait de me faire partir pour une raison que j’ignorais jusqu’alors. Je me contentais de le foudroyer du regard avec dégoût, en constatant qu’on m’avait dépouillé de mon équipement pour me laisser seulement mon pantalon sombre et ma tunique de la même couleur. Tout était sur une chaise un peu plus loin, parfaitement plié et rangé.

‘‘ Tu es ici pour me servir. Tu es à moi et je m’attends à ce que tu obéisses. Les règles ne sont pas nombreuses, mais se doivent d’être respectées. Sinon, je punis. ‘‘

Mais qu’est-ce que ces conneries?! S’il croyait que j’allais flancher comme ça sans tenter quoi que ce soit, il me sous-estimait grandement. Et encore moins être à lui... Ma famille est issue d’une longue lignée de soldat loyal et fier. Se rabaisser ainsi était une honte pour le nom des miens. Hors de question que je me laisse faire... J’allais me battre jusqu’à la fin s’il le fallait.

Aïe ! S’pèce de salaud!

Le coup qu’il donna sur mon ventre était moins souffrant que celui que j’avais reçu quelques minutes auparavant sous la plante des pieds, mais même. Ma peau brûlait à cet endroit, mais je ne le fis aucunement voir.

‘‘ Alors, retiens-les bien et tout se passera au mieux. J’attends de toi respect, loyauté et obéissance. Tu ne me touches pas, tu baisses la tête quand j’arrive, tu obéis. Tu ne parles pas sans mon autorisation, tu ne contredis pas mes ordres. C’est moi qui décide. ‘‘ Dit-il en s’approchant de moi, le bout du martinet sous mon menton. ‘‘ Ce n’est rien de trop compliqué n’est-ce pas? Tu me sembles être une fille intelligente… ‘‘

Je le poignardais du regard et recula aussitôt mon visage de l’outil de torture qu’il tenait. Sa proximité me répugnait soudainement... Quand on disait qu’il ne fallait pas se fier aux apparences, s'en était un très bon exemple. Soudainement, le charme de cet humain me semblait bien loin derrière et je ne voyais en lui qu’une âme sombre. Son regard était indescriptible et son visage aux traits fins et virils n’exprimait aucune émotion que je pouvais déchiffrer. J’étais... dans une impasse et ici, personne ne pouvait m’aider. Je ne savais même pas ce qu’ils avaient fait de Snow. Seulement, j’espérais de tout cœur qu’il soit sain et sauf.

‘‘ Je ne sais pas quel genre d’individu vous êtes et ce que vous faites, mais si vous croyez franchement que je vais me plier à vos exigences comme une vulgaire esclave, vous êtes loin à côté de la plaque. Je ne flancherai pas... Les femmes que vous avez piégées auparavant, si tel est le cas, sont peut-être plus dociles, mais pas moi. ‘‘

Surtout, il ne fallait pas que je dévoile mon savoir-faire ou l’intention que j’avais derrière la tête, même s’il devait se douter que j’allais tenter de fuir par n'importe quel moyen. J’attendais seulement que l’opportunité se présente à moi pour le faire le plus tôt possible. Cet homme me sous-estimait de toute évidence, mais ainsi attaché, je n’avais aucune chance contre lui.
Bien entendu, je transgressais toutes les directives qu’il venait de me lancer à la figure et lui offrit en plus un sourire arrogant. Mon regard aqua défiait le sien qui était d’un gris impénétrable. Même s’il semblait transpercer mon âme de part en part, je gardais contenance et la tête haute.

‘‘ Vous ne me ferez pas obéir... ‘‘ Sifflais-je entre mes dents.

L’homme ne semblait pas très satisfait de la réponse que je lui donnai et me contourna de manière à ce que je ne le vois pas. Le silence fut et une douleur lancinante me fit grimacer ainsi que serrer les dents. Il venait de me frapper avec force derrière les genoux avant de remettre le martinet sur la table. Ayant retenu mon souffle le temps que la douleur s'estompe, j’inspirai profondément et le suivit des yeux alors qu’il sortait de la pièce sans un seul regard. J’entendis le cliquetis de la porte qui se verrouillait et je me mis à me balancer à l'aide des chaines pour tenter d’approcher la chaise. Mes efforts étaient vains, comme je m’en étais douté... C’est alors je me mis à siffler un coup et que j’entendis Snow hurler depuis l’extérieur. Il était là! Il m'avait entendu! Un sourire se dessina alors sur mes lèvres et je baissai la tête... me sentant un peu moins seul en sachant mon compagnon était à quelques mètres de moi, au delà des murs.

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Lun 2 Sep - 14:42



The Darkness of a Soul…


«Ne me résiste pas, il vaut mieux pour toi...»

feat Elwèn Asaë

Destan attendait qu’elle baisse la tête et acquiesce, qu’elle lui montre qu’elle avait compris. Mais elle n’en fit rien. Pas étonnant. Il sentait qu’elle allait vouloir résister et ce n’était guère avec les deux coups qu’elle avait reçu que ça allait fonctionner.

-Je ne sais pas quel genre d’individu vous êtes et ce que vous faites, mais si vous croyez franchement que je vais me plier à vos exigences comme une vulgaire esclave, vous êtes loin à côté de la plaque. Je ne flancherai pas... Les femmes que vous avez piégées auparavant, si tel est le cas, sont peut-être plus dociles, mais pas moi.

Il ne réagit aucunement à ces paroles, même si la colère l’environnait. Il la regardait, impassible. Et même quand elle lui fit un sourire arrogant, il ne réagit pas. S’il s’écoutait il l’étranglerait, aussi se faisait-il violence et serrait le martinet dans sa main. Elle ne voulait pas être docile hein ? C’est ce que l’on verra. Elle pensait pouvoir fuir ? Aucune chance. Et si tant est qu’elle y parvenait, il la rattraperait. Elle n’irait pas loin.

-Vous ne me ferez pas obéir...

Intérieurement, Destan bouillait. Cela ne lui convenait pas ! Il la contourna en silence, et observa son dos, puis ses jambes. Quelle partie toucher ? Les jambes feraient mal bien plus longtemps… il frappa donc violemment l’arrière de ses genoux, observant son corps se tendre par automatisme. Rageur, il remit l’instrument sur la table et quitta la pièce sans un regard ou une parole supplémentaire. Il ferma à clé, et s’éloigna, réfléchissant. Les domestiques s’aplatissaient sur son passage, ne voulant pas subit son courroux. Mais alors qu’il atteignait le couloir d’entrée, il entendit un sifflement, puis un hurlement animal. Et le déclic se fit. Il sortit, contourna la bâtisse, et trouva Crow dans les écuries à s’occuper de son cheval et des deux autres juments, ne s’approchant pas d’Inferno. Le loup blanc de la femme était solidement attaché et tirait sur les liens pour rejoindre sa maîtresse.

-Elle va s’en doute vouloir s’enfuir. Et son loup peut nous être utile.

-Ouais… chantage ? On le tue si elle s’enfuie ? Destan… je n’aime pas tuer des animaux aussi beaux. Et tu ne connais pas cette femme ! Pourquoi s’en prendre à elle ?!

-Je te préférais silencieux, Crow. Tu te la fermes, c’est moi qui décide.

-N’empêche que ça ne me plaît pas, ça. Les autres sont venues te servir volontairement ! Elle, c’est un kidnapping ! Je suis Mercenaire, pas kidnappeur !

Énervé, Destan s’approcha et prit son second au col, le plaquant au mur malgré son poids. Cette fois, Crow se détacha, osa le toucher, ce qui le fit tressaillir, son cœur accéléra, et il ferma les poings.

-Je t’ai toujours suivit Destan. Je ne t’ai jamais défié parce que j’admirais tes talents de bretteur. Mais si tu te mets à enlever des femmes et tuer des animaux… je ne marche plus.

-Ce que je fais t’importe peu ! Tout ce que tu as à faire c’est m’obéir, comme les autres !

-Je ne suis pas à ton service ! Je suis ton partenaire c’est tout ! Si je décide de partir je le fais et ce n’est pas toi qui m’en empêcheras !

-Essaye de t’en aller et je te jure que tu ne feras pas deux mètres sans avoir ma lame dans la nuque.

Le ton du Mercenaire était suffisamment froid pour que Crow déglutisse et ne dise plus rien. Satisfait de la soumission, Destan le laissa seul et retourna dans sa chambre, lisant les deux contrats que l’autre lui avait dénichés. Un homme endetté à tabasser et un baron à liquider… les sommes étaient alléchantes mais pour l’heure, il avait le cas de cette femme…
Il savait que tout le monde vous poignardait dans le dos. Crow allait-il faire pareil ? Allait-il tenter de la délivrer à son insu et de s’enfuir avec elle ? Devait-il placer un chien devant la porte pour veiller et l’alerter au moindre souci ? Les chiens, les seuls qui ne vous abandonnait pas.

A midi, une domestique toqua et il cria un « entrez » sec. Elle entra, tête basse, et posa un plateau repas. Il se leva, prit un bout de pain et de l’eau, la congédia, et descendit jusqu’à la salle des anneaux. Il ouvrit, trouvant la femme dans le même état. Farouche et obstinée. Il tira ses cheveux pour qu’elle ait la tête en arrière et lui renversa l’eau dans le gosier, puis craqua un bout de pain qu’il lui fourra dans la bouche avant de s’en aller sans un mot. De retour dans sa chambre, il mangea la petite ration quotidienne, et se remit à réfléchir.

Tout le monde lui voulait du mal. Il était sur que les domestiques parlaient entre elles, et le maudissait. Il était sur que Crow ruminait contre lui et cherchait un moyen de le faire chuter. Et la fille… elle était dangereuse aussi, mais il la dresserait. Ou elle se plierait, ou elle mourrait. A elle de choisir entre son putain d’orgueil et sa vie.

Serrant le poing, il prit le plateau à moitié remplit de nourriture et le jeta à travers la pièce d’un geste rageur, l’envoyant cogner contre la cheminée. En colère, il ouvrit la porte, hurla, et quand une bonne débarqua en courant il lui ordonna sèchement :


-Nettoie ! Tout de suite !

Elle s’y précipita et il sortit. Il devait se défouler. La fille… il retourna donc à nouveau chez elle.

-J’espère pour toi que tu as changé d’avis.

Vu son air, ce n’était pas le cas. Il prit cette fois le fouet, lui tourna autour, et fit claquer la lanière sur son dos et l’arrière de ses jambes, encore rougies du premier coup. Cette fois, il entendit un faible gémissement et, satisfait, il continua les coups, lui en donnant une bonne dizaine avant de revenir devant elle.

-Ca fait mal hein ? CA FAIT MAL ?!

Son regard farouche malgré la douleur l’insupporta et il la gifla d’un revers de main.

-Obéis. Plie-toi à ma volonté et ton loup vivra comme un prince. Si tu oses tenter de t’enfuir, je te donnerais sa tête en cadeau d’au revoir. Choisis.

Il l’enferma à nouveau et retourna tout saccager dans sa chambre, en proie à ses démons. En bas, Crow était assis sur le banc dehors, observant le loup. Cette femme n’avait pas mérité de subir sa colère. Devait-il la libérer, elle et son animal ?

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Lun 2 Sep - 21:38



















Avoir tout son poids au bout des bras commençait à être souffrant à la longue et je tentais de me soulever pour faire circuler mon sang dans mes veines. La seule chose que je pouvais faire était d’observer la pièce et la détailler par la même occasion. Je me trouvais dans une pièce de taille moyenne dont le sol et les murs étaient faits de pierre bien solide et façonnée. Les seuls meubles étaient la table et la chaise où se trouvaient mes effets personnels. Sur ma droite, quand je me donnais la peine de tourner la tête, j’apercevais une porte peu large où devait se trouver un placard... avec un double verrou. Sans doute un endroit où cet homme enfermait ses victimes ou rangeait ses armes.
Me prenant à soupirer, je baissai ma tête et ferma les yeux pour profiter de cette période d’accalmie avant que la tempête ne se lève de nouveau. La prochaine fois, je me doutais que la torture serait beaucoup moins douce que ce que j’avais subi jusqu’à maintenant. Et le deuxième cavalier qui m’avait entouré ce soir-là, sur le sentier? Qui était-il ? Je ne l’avais pas vu... Étaient-ils des marchands d’esclaves qui faisaient le sale boulot avant de vendre à un potentiel maître ? Quoi qu’il en soit, j’étais dans un sale pétrin et mon petit doigt me disait que j’allais en voir de tout les couleurs ici. Seulement, je ne pouvais me permettre de me laisser abattre. Je devais garder la tête froide et ne pas me rabaisser au niveau de cette ordure.

Les heures s’écoulaient affreusement lentement et je trouvais le temps long. C’était à peine si je sentais mes bras tellement ils étaient engourdis et me faisaient mal.
C’est alors que j’entendis des bruits de pas dans le couloir. Une clé se glissa dans la serrure. Il y eut le cliquetis métallique du verrou et la porte s’ouvrit sur mon pire cauchemar. Dans ses mains se trouvaient un bout de pain et un verre d’eau. Fronçant les sourcils, je levai les yeux sur lui en pinçant les lèvres quand il m’attrapa par la crinière pour me jeter la tête en arrière. Sur le coup de la surprise, j’ouvris la bouche et reçu sans douceur de l’eau dans le fond de la gorge. Bien entendu je faillis m’étouffer, mais on m’étouffa presque avec le bout de pain qu’on me fourra brusquement dans la bouche. L’homme quitta aussi rapidement qu’il était venu alors que j’avalai difficilement ce minirepas. Oui... j’avais une faim de loup et ce n’était pas une bouchée de pain qui allait me permettre de garder des forces. Une fois de plus, je laissai échapper un profond soupir et me laissa pendre dans le vide.

À peine vingt minutes s’écoulèrent quand j’entendis de nouveau des pas de l’autre côté de la porte. Plus pressés. Plus furieux... Celle-ci s’ouvrit de nouveau sur mon geôlier en colère. Son regard acier n’avait rien d’amical et je déglutis; j’allais morfler dans les secondes qui allaient suivre. Je le savais.

‘‘ J’espère pour toi que tu as changé d’avis. ‘‘

‘‘ Et si ce n’est pas le cas... ? ‘‘

Il fronça à peine les sourcils à ma remarque et tira le tiroir qui se trouvait sous la table pour en sortir un fouet. Mes dents se serrèrent aussitôt et je commençais soudainement à redouter la douleur qui allait s’en suivre.
L’homme tourna autour de moi comme un prédateur alors que mon regard aqua le regardait quand il en était capable et c’est là que je la sentis. Tout mon corps se tendit brusquement, faisant cliqueter les chaînes au plafond. Mon coeur s’accéléra, prêt à sortir de ma poitrine alors que l’arme s’abattait sur moi. C’était insoutenable comme douleur et je levai la tête vers le ciel en plissant le nez sous les assauts suivants. Je gémis faiblement de douleur, mordant ma langue jusqu’au sang. Mais il continuait...

‘‘ Ca fait mal hein? ÇA FAIT MAL?! ‘‘

Quand j’ouvris les yeux, l’humain se trouvait devant moi et je ne peux le regarder qu’avec dégoût. Je n’allais pas flancher pour lui faire plaisir. Ce fut assez pour qu’il me gifle avec une telle force que ma tête se heurta à mon bras droit.

‘‘ Obéis. Plie-toi à ma volonté et ton loup vivra comme un prince. Si tu oses tenter de t’enfuir, je te donnerais sa tête en cadeau d’au revoir. Choisis. ‘‘

Il... n’allait pas s’en prendre à Snow?! Ce lâche! Je tentais de me débattre avec les anneaux, mais la douleur léchait ma peau meurtrie et je ne pus m’empêcher de grimacer. J’avais tellement mal... S’il osait faire du mal à son loup, elle pourrait être capable de lui faire la peau sans remords. Cet animal, c’était son confident, son compagnon de route et son ami. Il fallait que je trouve un moyen pour le faire partir, mais commente... ?

Dehors, la nuit tombait et il faisait de plus en plus noir dans la pièce. Mon ventre hurlait famine et c’était le silence total. On ne m’amenait rien à manger, ni même de quoi éclairer cette pièce sombre. J’essayais de me soulever à l’aide de mes bras, mais la douleur de mon dos se rapaillait à moi aussitôt, me tirant un gémissement de douleur. Ma chair devait être à vif par endroits et le tissu de ma tunique lacérée frottait sur les blessures. Je le sentais sans avoir à le voir.
Le manoir semblait être endormi, mais je me trompais sur toute la ligne. Il y avait des bruits de pas dans le couloir, beaucoup plus subtil. Qui venait là ? Je déglutis quand la porte s’ouvrit sur une silhouette masculine plus imposante que celle de mon tortionnaire. Il s’avançait...

Que... ?!

‘‘ Éloignez-vous de moi tout de suite... ‘‘ Sifllais-je sur un ton emplit de menace.

‘‘ Woh ! Du calme ma jolie... tais-toi. ‘‘

L’homme regarda dans le couloir des deux côtés puis approcha, dans ma bulle, dans ma sphère privée. Il était trop près! À ma plus grande surprise, il me faisait descendre et mes pieds touchèrent enfin le sol. Mes jambes tremblaient presque sous mon poids et la douleur se réveilla avec plus de force. Brusquement, il me donna mes choses et me poussa par les épaules en dehors de la pièce, me guidant dans les couloirs de la demeure.

‘‘ Ta bestiole t’attend dehors. Je l’ai détachée. Alors, file au plus vite d’ici avant qu’il ne soit trop tard. Ouste! ‘‘

Soudainement, il se tendit et je l’imitai bien rapidement; une porte s’ouvrait et nous entendions des bruits de pas précipités. Merde! L’homme qui m’avait aidé avait disparu et je me retrouvais au milieu du couloir, cherchant où se trouvait la sortie. Je courrais, mais je me heurtai à une porte verrouillée et on me rattrapa. Avec vitesse, je fis volte-face en lâchant mon équipement et attrapai le poignet qui allait me prendre par la gorge pour le tordre. Il s’était tendu l’espace d’une seconde et, plus rapide que moi, il bloqua mon mouvement avec aisance et me flanqua une gifle magistrale du revers de la main, qui me fit reculer. Il fallait... que je l’éloigne de moi au plus vite pour tenter une échappatoire. J’entendais Snow qui hurlait dehors en entendant le vacarme à l’intérieur.
Fronçant les sourcils, j’inspirai brusquement puis me donna un élan pour le repousser vers l’arrière et lui mettre un coup de pied dans le ventre. Plus vif que moi à l’heure actuelle, l’humain avait déjà anticipé mon mouvement et m’attrapa solidement la cheville pour la tordre, mais je suivis le mouvement afin d’éviter une fracture. C’est au sol que je me retrouvai, sur le dos. Prenant mon autre jambe, je lui fis un crochet qui le fit chuter à son tour. Chacun de notre côté, nous nous relevions, mais quand mon regard se posa sur lui, il s’était penché pour attraper un poignard dissimulé dans sa botte gauche.

Super !

Mon arc était derrière lui avec mon équipement et je n’avais rien sur moi mis à part des vêtements presque en lambeau au niveau du dos. Mes mains attrapèrent donc tous les objets possibles et je les lui lançai, évitant les coups rapides et agiles qu’il faisait. On me lacéra l’avant-bras droit et le ventre d’une mince entaille avant que je ne me retrouve dans un coin, pris au piège par mon manque de vigilance. Mon tortionnaire m’attrapa au cou et sa poigne se resserrait. Sa lame me menaçait, le métal brillant sous les reflets de la lune qui traversaient la fenêtre derrière lui.

‘‘ Allez-y! Tuez-moi! ‘‘

Je tentais de me déprendre de son emprise, mais sa main se resserrait davantage autour de mon cou, bloquant ma respiration.

‘‘ Tu n’as qu’à m’obéir... ‘‘

‘‘ NON! ‘‘

Aussitôt je me fis jeter de l’autre côté, faisant un vol plané pour embrasser le sol durement. Aïe... . Je me redressai tant bien que mal sur mes avant-bras. C’est là que je sentis une poigne de fer attraper mes cheveux et on me tira hors de la pièce. MERDE!

‘‘ Lâchez-moi! ‘‘

J’essayais d’attraper ses poignets. Sans succès. Il allait m’arracher les cheveux!
Et retour à la case départ... sauf que cette fois, on me jeta dans le petit placard, sur le dos. Je grimaçai à cause des plaies de mon dos et m’assit de côté.

‘‘ Ne lui faites pas de mal... pitié! Il vous obéira si je le lui ordonne... pitié... pas lui... ! ‘‘

‘‘ Tiens-toi à carreaux. ‘‘

Je me mis aussitôt à pâlir et la porte se referma brusquement sur moi. Est-ce que... j’avais condamné mon compagnon à fourrure en tentant de fuir de la sorte? Mon coeur battait à tout rompre dans ma poitrine et j’avais envie de hurler et de pleurer. Je me le refusai... je ne devais pas m’en faire... Snow n’allait pas se laisser avoir aussi facilement.

Il me restait donc à attendre, dans un coin de la geôle, que le temps passe. Je fermai donc les yeux, tenant mes jambes de mes bras, front contre mes genoux.

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Lun 2 Sep - 22:15



The Darkness of a Soul…


«C’est un combat perdu d’avance…»

feat Elwèn Asaë

La chambre était sens dessus dessous. Et Destan était par terre, en boule, comme un cocon. Rongé par ses douleurs et ses démons qui faisaient partis de lui. Les yeux grands ouverts sur un morceau de chaise brisée, il ne le voyait pas. Il la revoyait, Elle. Il entendait sa voix. Il sentait ses mains et ses ongles sur sa peau. Il sentait le dégoût qu’Elle lui procurait. Cela le faisait trembler de peur. Il inspira un grand coup, retint un hurlement, et se releva. Il passa sa tête sous l’eau froide. La nuit tombait et il but un dernier verre d’alcool avant de se mettre au lit. Ah non. Il dut d’abord enfermer les domestiques dans leurs « chambres ». Là, rassuré, il se coucha et ferma les yeux pour tenter de s’endormir.

Bien sûr, chose impossible, et encore moins profondément. C’est ce qui lui permit d’entendre le bruit discret mais bien présent d’une porte qu’on déverrouillait. Il se releva au bout de deux minutes, et ouvrit la porte. Des pas… Crow !

Il avait osé ! Destan hâta la cadence, et descendait quand il vit la femme se jeter sur une porte. Verrouillée. Tout était verrouillé. Il la rattrapa bien rapidement et quand il vit qu’elle se tournait, il prépara sa main pour lui enserrer la gorge.

Ce qu’il n’avait pas prévu en revanche était qu’elle le lui intercepterait. Une femme qui se battait… mais… elle le touchait. Il se tendit, son cœur accéléra, des images apparurent sur sa rétine mais cela ne le déconcentra pas. Il bloqua son mouvement et de l’autre main la gifla avec force. Ainsi, elle recula et le lâcha, lui permettant de respirer à nouveau correctement. Et là, le coup des débutants. Il anticipa son coup de pied, et lui agrippa la cheville, serrant et tordant de telle sorte qu’elle devait se plier à son rythme au risque de se casser l’os. Intelligente, elle suivit, et il la lâcha pour qu’elle se retrouve dos au sol.

Et là… ce fut lui qui rencontra le sol sans ménagement. Il n’avait pas vu son croche-pied ! En colère, il se releva en vitesse, comme on lui avait appris. Mais au passage, il récupéra un couteau caché dans sa botte gauche. Cela lui ferait peut-être assez peur pour se rendre sans faire d’histoires. Cette garce osa jeter sur lui ses propres meubles ! Meubles qu’il évita pour la plupart, ne se mangeant qu’un vase sur la tête qui fit couler le sang faiblement et surtout, l’énerva de plus belle.

Et lui en réplique, attaquait avec vivacité et agilité, parvenant à lui entailler l’avant-bras et le ventre. Il avançait, la faisant aller dans un coin. Tout était prévu comme toujours. Là, il fut rapide et lui enserra le cou d’une main, l’autre toujours agrippée à son couteau. Et il serrait.


-Allez-y! Tuez-moi!

Intérieurement, il ricana. La tuer ? Non, trop simple. Il resserrait toujours à chaque fois qu’elle se débattait pour se libérer, lui coupant la respiration.

-Tu n’as qu’à m’obéir...

Elle hurla par la négative, et il la jeta littéralement derrière lui. Entendre sa chute était tout simplement jouissif. Il se rapprochait d’elle tandis qu’elle se redressait péniblement et sans ménagement il lui prit les cheveux, la trainant derrière lui. Si elle voulait garder ses cheveux, elle devait suivre le mouvement encore une fois.

-Lâchez-moi!

Ignorant ses vaines tentatives de lui agripper les poignets, il la ramena à la salle aux anneaux. Sauf qu’il ne l’attacha pas. Non, il ouvrit la porte donnant sur le placard secret. Une sorte de cachot. Tout le monde pensait qu’il y rangeait ses armes. Enfin tout le monde… les domestiques qui entraient se faire battre. En fait, il enfermait les plus récalcitrantes. Cela avait le don de toutes les calmer. Il jeta la rebelle dedans et attendit qu’elle se rassoie. Voir la peur et la douleur dans ses yeux le comblait.

Oui… subissez ce que je subis depuis quinze ans…


-Ne lui faites pas de mal... pitié! Il vous obéira si je le lui ordonne... pitié... pas lui... !

Elle parlait de son loup là ? Elle s’inquiétait pour le loup et non pour elle ? Surprenant…

- Tiens-toi à carreaux.

Il se retourna et ferma la porte, la verrouillant. Rester un peu là-dedans ne lui ferait pas de mal. Rageur, il verrouilla la salle aux anneaux et sortit. Aussitôt, le loup se rua sur lui, griffes et crocs dehors. Destan se protégeait comme il pouvait avec les bras, mais la mâchoire lui déchira le coude, le faisant crier malgré lui. D’un coup de pied, il envoya valser la bête plus loin qui couina et il l’assomma avant qu’elle ne puisse se rejeter sur lui. Il lui lia le museau et retourna à l’extérieur en le trainant derrière pour le rattacher à sa place initiale. Ignorant sa blessure au coude, il se dirigea vers la chambre qu’occupait Crow quand il séjournait à la forge et il la défonça d’un coup de pied. Si lui ne dormait pas, personne ne dormait non ?

-Espèce de traître ! Salaud ! Viens ici que je te punisse !

Crow se redressa légèrement, mais ne semblait pas avoir peur.

-Elle ne mérite pas ce traitement. Laisse-la s’en aller.

-Je fais ce que je veux ! Espèce de connard… Ne te mêle pas de ma vie. Trouve-moi des contrats et c’est tout. Je te jure que la prochaine fois je t’égorge.

-Et bien vas-y qu’est-ce que tu attends ? Serais-tu faible ?

Destan serra les dents et les poings. Faible… Elle l’avait toujours traité de faible, de lâche. De pouilleux qui ne méritait pas de vivre. Il se lança sur son partenaire et le colla au mur, lui envoyant des coups de poings en rafale, jusqu’à ce que Crow parvienne à le faire reculer d’un coup de tête contre la sienne, envoyant des cloches devant ses yeux.

-Tu fais une erreur. Jamais je ne te l’ai dis, mais ses femmes n’ont pas méritées un tel traitement. Lâche-les ou j’alerte les gardes.

-Je te tuerais avant.

-Oh que non. Destan… les amis peuvent être pire que des ennemis.

-Traître ! Je t’assure que je te tuerais si tu oses me dénoncer !

Les amis, pire que les ennemis. Destan n’avait jamais considéré Crow comme un réel ami. Et cela ne faisait qu’étayer son opinion : tout le monde le poignardait dans le dos, tout le monde voulait le voir souffrir, et tout le monde était contre lui. Sans lui laisser le temps de répondre, submergé par ses douleurs profondes, il retourna à sa chambre et là encore, fracassa les rares objets encore intacts. Il se jeta sur le lit, dont le matelas était au sol, et mordit l’oreiller pour ne pas hurler.

Les filles resteraient. Il ne changerait rien. Et l’autre allait rester jusqu’au lendemain enfermée et il verrait bien où en était sa résolution de résistance.



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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Mer 4 Sep - 1:19



















La pièce était si petite que je m’y sentais réellement coincée et j’avais du mal à respirer correctement. Recroquevillée dans le coin de ma geôle, je ne faisais que prier pour Snow soit en un morceau quelque part dans les environs. Je savais très bien qu’il ne partirait pas sans moi et ferait tout en son pouvoir pour me défendre en bon protecteur. Disons qu’il avait toujours été ainsi envers moi depuis que je l’avais recueilli et jamais je ne m’en étais plein non plus. Seulement, si cet homme osait lui faire du mal, je serais prête des pires choses sur lui...
Relevant la tête, mes yeux se heurtaient à l’obscurité de cette pièce. J’avais mal au crâne, aux cheveux, et mon dos me faisait souffrir. L’entaille à mon avant-bras et mon ventre semblaient avoir cessé de saigner. Laissant échapper un long et profond soupir, mon regard se porte sur la mince fente de lumière au bas de la porte. M’en approchant, je me penchai en collant une joue au sol afin de regarder en dessous, mais rien. C’était à peine si j’entendais des voix lointaines dans la demeure. Pourquoi l’acolyte de mon tortionnaire avait-il voulu que je parte? Au final, ses efforts pour me sortir de là avaient été vains. Je n’avais même pas pu lui demander où se trouvait la sortie qu’il eût disparu avant que l’autre n’arrive. C’était futé ça... m’enfin. Je n’étais pas sur le point de sortir d’ici, ça, c’était clair comme de l’eau de roche. J’en venais même à me demander si je ne finirais pas par mourir dans cet endroit. Et mes parents? Mes frères? Ils finiraient par s’inquiéter de voir que je ne donnais pas signe de vie ou que je ne revenais pas. Un mois, leur avais-je dit, et maintenant j’en doutais plus que tout.

Je finis par me coucher à même le sol, sur le côté puisque c’était la seule façon pour moi de ne pas avoir mal. Recroquevillée, mes paupières se fermèrent, mais malgré mon épuisement, je n’arrivais pas à trouver le sommeil. J’étais bien trop nerveuse et redoutait que mon geôlier ne surgisse à tout moment pour me donner la correction de ma vie. D’ailleurs, dès qu’il reviendrait, je pressentais que cette fois j’aurais réellement mal. À un point tel que je n’arriverais peut-être même plus à me tenir correctement sur mes jambes.

Pour faire passer le temps, je me mis à fredonner doucement et laissai mes yeux fermés pour me calmer davantage. Je devais retrouver la paix intérieure qui m’habitait avant de débarquer dans cet enfer et reforger mes barrières. La faim me tenaillait les tripes, en coeur avec la berceuse que je chantais dans un murmure à peine audible. Comment mon voyage avait-il pu prendre une tournure aussi catastrophique en si peu de temps? Quoi qu’il en soit, deux heures plus tard, je parvins à m’endormir légèrement.

Au matin, c’est en sursautant que je me réveillai. La porte de la salle des anneaux s’ouvrit dans un claquement violent contre le mur. De même pour la mienne. M’asseyant, je levai la tête, mais mes yeux avaient du mal à s’habituer à cette clarté soudainement. On me prit par les cheveux de nouveau pour me lancer au sol, au centre de la pièce.

Aïe... ma tête...

C’était sans aucun doute lui... de mauvais poil à cause de la veille... J’eus même droit à cette confirmation avec une belle gifle en guise de bonjour.

‘‘ Alors, la leçon est-elle rentrée? ‘‘

‘‘ Bon matin à vous aussi... ‘‘

Et hop, ma joue gauche fut rougie à son tour. Cependant, ce n’était pas ce genre d’agissements qui me ferait plier aux exigences de Monsieur Torture. Il me releva sans ménagement pour me rattacher aux anneaux et récita une fois de plus ses règles tout en me ruant de coups de martinet sur les pieds, le vendre et l’arrière des cuisses. Je gémis de douleur sous la force des coups, mais je serrai les mâchoires, bien décidée à ne pas obéir à ce fou.

‘‘ Allez vous faire voir... ‘‘ Soufflais-je.

Je croisai son regard acier et y vit la fureur. Le coup qu’il me donna ensuite sous les pieds me fit gémir un peu plus fort et je baissai la tête en fermant les yeux pour tenter d’atténuer la douleur. Ma respiration était profonde et mon coeur voulait sortir de ma poitrine tellement il battait fort. Je n’entendais que ça contre mes tympans. Ce rythme endiablé... j’avais peur de ce qui pourrait suivre. Allais-je mourir ici? Suspendue dans les airs comme un sac de viande?

‘‘ Que lui avez-vous fait? ‘‘

Ma voix ressemblait à un murmure douloureux, mais je fus capable de regarder Monsieur Torture et de croiser son regard insondable.

‘‘ Je l’ai fait taire ‘‘

Je devins livide d’un seul coup, aussi blanche que la neige. Il... il... NON! Retrouvant un minimum de force, je me mis à bouger dans tous les sens possibles, tentant de frapper cet enfoiré de mes pieds, mais il ne faisait que se reculer.

‘‘ SALAUD! Si vous l’avez tué, je vous ferrai la peau un jour ou l’autre! ‘‘

‘‘ Je n’ai ni affirmé ni réfuté cette possibilité. Et jamais tu ne me toucheras. ‘‘ Dit-il en me fourrant une nouvelle gifle.

Cette fois, je ne relevai pas la tête. Mes dents étaient si serrées que j’en avais mal à la mâchoire. Cet enculé... S’il avait osé faire du mal à Snow... Il me fallait chasser cette pensée tout de suite, car je sentais les larmes montées et il ne fallait pas qu’il le voie. Ce serait me montrer faible et je ne l’étais pas. Je décidai alors de rester calme et de cesser de m’énerver pour rien. À quoi cela pourrait-il servir de toute manière. Me flanquant un dernier coup sur les genoux, Monsieur Torture quitta alors la pièce en me laissant pendre dans le vide.
Ce fut ainsi de longues heures durant. J’avais tellement faim que j’en avais mal au ventre. Au soir, il me fourra un morceau de pain dans la bouche et de l’eau puis partit pour revenir une heure plus tard et se défouler. L’humain me posa la même question et ma réponse fut la même; non. Me détachant et me laissant tomber par terre, il me prit par les cheveux pour m’enfermer dans ma geôle où je me recroquevillai au sol. Je n’arrivais pas à dormir et une fois qu’il fit bien noir, j’entendis la porte de la pièce principale s’ouvrir, puis ma cellule.

‘‘ Je t’apporte de quoi manger, sinon tu ne tiendras pas deux jours de plus... ‘‘

L’homme m’aida à m’asseoir, après avoir déposé une lanterne au sol, et je grimaçai quand il toucha sans vouloir un endroit sensible de mon dos. Il s’excusa du regard puis me tendit un bol de ragoût avec une cuillère.

‘‘ Ce n’est pas la meilleure chose qui soit, mais assez consistant pour te donner un peu d’énergie. ‘‘

‘‘ Pourquoi... ? Vous n’êtes pas obligé... ‘‘

‘‘ Je sais, mais tu es la première à t’obstiner contre Destan de la sorte et j’avoue avoir du mal à comprendre. Tu subis ses tortures sans plier alors que ce serait préférable pour toi d’obéir pour ne pas qu’il déferle sa colère sur toi. ‘‘

‘‘ C’est l’honneur de ma famille... Je suis un soldat. Alors pourquoi me soumettrais-je à un homme comme lui? ‘‘

L’étranger semblait surpris de cette révélation et me fit un faible sourire en voyant que je mangeais avec appétit. On aurait dit une gloutonne...

‘‘ Ton loup va bien. ‘‘

Je m’étouffai presque, mais je parvins à sourire sincèrement pour la première fois depuis ma captivité. J’étais soudainement tellement soulagé! Snow allait bien et j’en étais plus qu’heureuse.

‘‘ Merci, monsieur... ‘‘

‘‘ Appelle-moi Crow. ‘‘

Il attendit que je termine de boire mon thé et ramassa tout avant de quitter la pièce en me renfermant de nouveau. J’avais même eu droit à une petite couverture qui me servit d’oreiller alors que je réussis enfin à m’endormir, le ventre plein.

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Mer 4 Sep - 20:19



The Darkness of a Soul…


«Ne jamais faire confiance…»

feat Elwèn Asaë

Destan, une nouvelle fois, ne dormit pas. Ou très mal. Ce qui revenait au même pour son corps et sa colère. Il sortit donc au matin et se dirigea droit vers la salle aux anneaux, après avoir mangé faiblement. Il défonça la porte d’un geste rageur et se dirigea vers la petite salle ou était la fille. Il l’ouvrit de la même manière et aperçut la captive recroquevillée. D’un geste, il lui prit les cheveux et la jeta dans la grande salle. Son coude le tenaillait à cause de cette bestiole de la veille et cela ne faisait que rajouter à sa colère. C’est ce qui lui valut une belle gifle pour commencer la journée.

-Alors, la leçon est-elle rentrée?

La phrase qu’il eut en réponse lui valut une seconde gifle. Elle faisait fort, deux gifles en deux minutes. En colère, il la releva sans ménagement et l’attacha aux anneaux. Il reprit son martinet et sans faire dans la douceur, la rua de coups, répétant une à une les règles qu’elle devait appliquer à son service. Elle gémissait, mais ne criait pas ni ne se résignait.

-Allez vous faire voir...

Cela ne lui plaisait pas comme réponse. Il la frappa sous les pieds avec violence, les jointures blanches à force de serrer le martinet. Mais la seule chose qu’elle lui demanda était des nouvelles de son loup.

-Je l’ai fait taire

Cela lui mettrait le doute. Taire dans quel sens ? Il lui avait juste lié les mâchoires pour qu’il se la ferme. Elle l’interpréterait peut-être par la voie définitive… Il aurait pu ricaner en la voyant se débattre pour le frapper avec les pieds. Il aurait pu, mais sa bouche ne formait plus aucune forme de sourire depuis longtemps.

-SALAUD! Si vous l’avez tué, je vous ferrai la peau un jour ou l’autre!

Et sur une nouvelle gifle il répondit :

-Je n’ai ni affirmé ni réfuté cette possibilité. Et jamais tu ne me toucheras.

Elle garda la tête basse et se tut. Avait-elle compris, enfin ? En tout cas, il lui donna un dernier coup et la laissa pendue aux anneaux, sortant de la pièce pour aller remettre un autre petit bandage et surtout, se rouler en boule dans un coin et tenter de chasser ses démons.

Ce n’est qu’au soir qu’il ressortit et mangea un peu, apportant une part à la prisonnière qu’il lui fourra dans la bouche. Après elle mangeait ou recrachait, c’était son problème. Il ressortit une nouvelle fois, alla donner les ordres aux autres domestiques et revint pour lui reposer la même question à laquelle il obtint encore un refus. En récompense il la frappa encore et encore avant de la laisser tomber au sol et la renfermer dans le placard.
Destan n’en pouvait plus. Il resta dans sa chambre le reste de la soirée, à regarder le vide. Ou plutôt, à regarder ses souvenirs. Il voyait encore un peu le visage de sa défunte mère, si douce et gentille, et celui de son père, juste et bon. Mais surtout, il y avait ce visage à l’air doux mais si cruel de sa belle-mère, ce sourire trompeur, ses yeux de biche carnassiers, son maquillage ostentatoire… sa voix de volute cachottière… Ses mains si parfaites sur lui, le griffant… ses dents alignées et blanches le mordant…
Tout le monde lui voulait du mal. On le poignardait dans le dos. Tout le temps. Crow aussi. Cela ne saurait tarder. C’est pour ça qu’il se débrouillait seul. Il décidait. Il contrôlait.

La nuit fut longue… et douloureuse.

Les deux semaines qui suivirent furent sensiblement pareilles. Il tentait de la dresser en la frappant. A chaque fois il se heurtait à son obstination. Et pourtant, elle devait être affaiblie. Son corps était meurtri. Mais elle restait sur ses positions. Et… il était persuadé que Crow l’aidait. Il avait trouvé une couverture dans sa geôle, qu’il lui avait enlevée. Seulement il ne l’avait jamais pris sur le fait, alors il ne pouvait pas aller l’accuser.

Ses démons le hantaient de plus en plus, et Destan faisait plus de crises. Sa chambre devait être nettoyée et remeublée tous les deux jours. Il hurlait sur les domestiques, leur donnait plus de tâches. Tout le monde devait s’activer.
Mais un soir tout bascula.

Comme toujours, il voulait résigner la jeune femme, et il la frappait en lui répétant les règles. Une à une. Il lui parlait, lui disait qu’elle devait souffrir le martyre mais était trop idiote pour obéir et éviter tout ça. Et il ne recevait qu’un regard farouche en retour, ce qui l’énervait de plus belle.
Et sur une dernière gifle, il la renferma dans sa geôle et sortit. Il avait envie de se défouler sur une autre femme qui elle était soumise. Il appela donc. Il hurla. Personne ne vint. Personne ne se précipita tête basse devant lui.

Furieux, il alla en cuisine. Personne. Il alla dans leurs « chambres ». Personne. Jusqu’à ce qu’il tombe sur Crow.


-J’ai fait partir les femmes contre de l’argent pour qu’elles se taisent à ton sujet.

Les mots mirent Destan dans une rage encore plus noire qu’avant. Il se jeta sur son « ami » et lui hurla dessus :

-COMMENT AS-TU OSÉ ?! Contre mon argent ! Elles vont s’empresser de me dénoncer ! Et jamais tu n’aurais du le faire ! C’est moi qui décide ! Tu n’es qu’un TRAITRE ! SALAUD !

-Destan ! Il est temps que ça s’arrête ! Laisse-moi t’aider !

-Tu m’as aidé ! A voir clair ! Tu n’es qu’un salopard ! Me poignarder dans le dos, c’est tout ce que tu cherchais hein ! Laisse-moi ! Fous le camp ! Et emmène l’autre salope avec toi ! Je ne veux plus vous voir !

Il lâcha Crow et alla dans la salle aux anneaux. Il ouvrit la geôle, prit la fille par le bras et la traina derrière lui jusqu’à l’entrée. Il sortit, Crow sur les talons et la jeta devant lui sur le chemin de terre. Puis il alla détacher son loup, sauf au museau, et le laissa la rejoindre.

-Dégage. Et plus vite que ça avant que je ne te tue.

Sa voix était glacée. Il regarda Crow, le fusilla même du regard, et tourna les talons, rentrant dans sa demeure désormais vide et claquant la porte fortement. Ses pas résonnaient dans les couloirs, encore plus qu’avant, et il monta dans sa chambre. Ou il refit une crise. Longue. Violente. Il se griffa comme elle le faisait. Il se donnait du plaisir violemment comme elle lui ordonnait de le faire sous peine de se prendre des coups. Il se jetait contre les meubles comme à l’époque. Et quand il se roula en boule dans un coin sombre, au sol, il ne put retenir une minuscule larme de rouler sur sa joue et d’entendre sa voix qui disait :

 « Tu es faible Destan… un pouilleux… sans moi tu ne serais rien… c’est moi qui t’ai formé. Moi que tu dois remercier… »

C’était insupportable…


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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Dim 8 Sep - 6:33



















J’avais désormais une nouvelle demeure; ma geôle. Après chaque séance de torture, je m’y retrouvais pour endurer cette horrible douleur qui parcourait mon corps tout entier. C’était insupportable et pourtant je continuais de m’obstiner à ne pas obéir à cet homme qui me gardait captive depuis plus de deux semaines maintenant. Mon corps ne ressemblait presque plus à un corps tellement il était meurtri. Je souffrais le martyre et pourtant je continuais à m’entêter. Crow venait tous les soirs me porter de quoi me nourrir et c’est ainsi que je gardais espoir que les choses changent. À tous les coups il me demandait:

‘‘ Pourquoi ne cesses-tu pas de lui tenir tête ? Tu ne souffrirais plus autant... ‘‘

Et ma réponse restait toujours la même.

‘‘ Pour mon honneur et celle de ma famille. ‘‘

C’était aussi simple que ça. Même si je finissais par mourir de mes blessures, dans le fond de cette petite pièce, je ne ternirais pas le nom des miens. J’allais finir mes jours comme tout soldat qui se respecte. Voilà tout. Cet humain ne semblait pas comprendre, ou bien il me prenait pour une dingue. Peu de gens auraient enduré un tel supplice. Souvent, j’entendais Monsieur Torture hurler dans les couloirs, puis le cri désespéré des femmes qu’il s’amusait à frapper pour déferler sa colère.

Les jours se ressemblaient tous. Longs. Monotones. Souffrants. C’était la même chanson toutes les fois. Il me frappait et je restais farouche, indomptable. Je ne flancherais jamais. Qu’il me frappe autant qu’il le veuille, je ne plierai pas... c’était ce que je me répétais pour garder contenance et pour endormir la douleur qui parcourait chaque partie de mon corps quand il me frappait. L’humain rageait et me gifla avant de sortir une fois qu’il m’eut lancé dans ma geôle. Les hurlements de rage que j’entendis dans le couloir me glacèrent le sang. Je discernais faiblement les voix, mais suffisait pour deviner qu’il s’agissait de Crow et Monsieur Torture. J’avais à peine eu le temps de me remettre de mes douleurs quand on m’attrapa par le bras droit et me tira jusqu’à l’extérieur où ma chute fut lourde.

Aïe... le sol est si dur ?

Mon corps n’était que douleur. C’était affreux et je n’arrivais même pas à me lever sur le coup. Crow vint m’aider en posant un genou par terre, et passa un bras sous mes épaules pour me garder en équilibre. Quand Snow accourut vers moi, je sentis les larmes me monter aux yeux et me laissa choir sur les genoux, ravalant mon mal. Je le serrai contre moi alors qu’il couinait légèrement, les oreilles basses et sa queue fouettant l’air. Sa langue lécha mon visage, seule partie de mon coeur encore potable d’ailleurs.

‘‘ Dégage. Et plus vite que ça avant que je ne te tue. ‘‘

Mes yeux se levèrent pour croiser les siens. Son regard me transperçait et me pétrifia sur place. Que je le veuille ou non, j’avais peur de cet homme. Réellement. Je savais qu’il pourrait être capable de tout et n’éprouverait peut-être même aucun remords à me tuer ou même son acolyte qui se trouvait à mes côtés présentement. Mais il y avait tant de souffrance que je me surpris à vouloir comprendre pourquoi.

Je sursautai quand la porte se claqua avec violence, tout comme l’humain à mes côtés qui se mit à soupirer d’exaspération. Ma tête se tourna vers lui. Je ne parvenais pas à comprendre sa réaction. C’est comme s’il était habitué à ce genre de chose. Il nous ramena même vers la demeure. C’est alors que je commençai à opposer résistance.

‘‘ Avant de partir d’ici, tu as besoin de soin. Je ne te laisserai pas reprendre ta route dans un état aussi lamentable! Tu vas mourir en chemin... ‘‘

Il n’avait pas tort... j’étais bien plus faible qu’à mon arrivée et c’est à peine si j’arrivais à me tenir convenablement sur mes jambes.

‘‘ Il a dit qu’il me tuerait... ‘‘

‘‘ Il n’en fera rien... Destan est monté faire sa crise dans sa chambre. ‘‘

‘‘ Sa... crise... ? ‘‘

‘‘ Tu verras bien... ‘‘ Murmura t-il.

Nous entrâmes dans l’humble demeure et je me laissai porter jusqu’à la salle de bain où l’humain me laissa le soin de nettoyer mes plaies. Au moins, j’avais une bonne base dans le domaine alors je savais comment me débrouiller si jamais je me blessais. Je pris une bonne demi-heure à momifier mon corps qui était maintenant presque entièrement recouvert de bandages de coton. J’avais même pu appliquer de la pommade faite chez les elfes pour aider à la guérison. J’entendais le vacarme à l’étage. Le plafond en tremblait même. Tout cessa brusquement puis le silence se réinstalla. C’est alors qu’on toqua à la porte.

‘‘ Tout va bien? ‘‘

‘‘ Oui, je... je sors. ‘‘

J’enfilai des vêtements propres puis mes bottes cuissardes, mais laissai mon équipement de côté pour le moment, car je voulais faire quelque chose avant de partir. C’était... ma petite voix intérieure qui me le demandait.

‘‘ Pouvez-vous me conduire à ses appartements? ‘‘ soufflais-je, angoissée.

‘‘ Hum... oui. Oui bien sûr. ‘‘

Crow me regardait, l’air de dire ‘‘ es-tu certaine ? ‘‘, mais je n’ajoutai pas un seul autre mot. Celui-ci m’aida à gravir l’escalier qui me faisait grimacer légèrement. D’un pas lent, nous avança jusqu’à ce que Crow me fasse stopper devant une porte en bois massif. Celui-ci me regarda, peu convaincu, mais me laissa approcher. Avec hésitation, ma main droite se posa sur le loquet et j’ouvris la porte qui grinça légèrement. La pièce était sens dessus dessous. Tous les meubles étaient couchés par terre et le matelas n’était plus sur le lit. Il y avait des draps et des oreillers partout dans la pièce. Je déglutis, mais entrai dans la chambre alors que Crow refermait derrière moi, surveillant depuis l’extérieur si jamais j’avais besoin d’aide. C’est avec lenteur que j’approchai du coin où se trouvait mon tortionnaire. En boule dans un coin, il me faisait pitié... le pauvre... Malgré les horreurs qu’il m’avait fait subir, je sentais une profonde détresse chez cet humain.

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Dim 8 Sep - 10:58



The Darkness of a Soul…


« Je ne suis pas faible…»

feat Elwèn Asaë

Les yeux fermés, Destan tentait de se calmer. D’éloigner sa douleur comme à chaque fois et de redevenir celui qu’il était. Froid, distant, méprisable et violent. Une ordure de la pire espèce. Un homme que personne ne voulait côtoyer.

 « Tu es faible… sans moi tu ne serais pas ce que tu es aujourd’hui… remercie-moi… »

Non ! Ce n’était pas ce qu’il avait voulut devenir ! Et pourtant, il l’était devenu. Il était à présent seul et son unique occupation consistera à remplir ses contrats de Mercenaire. Mais sans Crow, comment allait-il les trouver ? Non… il se débrouillerait seul. Il n’était pas faible et ne dépendait de personne.

Il restait roulé en boule, ravalant les larmes qui s’obstinaient à vouloir couler, attendant que quelque chose se passe. Qu’il soit sûr d’être seul avant de redescendre. Parce que s’il les croisait, il risquait d’être violent.

Il tremblait et transpirait, comme après chaque crise. Après avoir revu et revécu son passé d’une traite. Ses mains sur lui, son corps contre le sien, ses menaces, ce qu’il était obligé de faire… les gens ne lui voulait que du mal. Toujours. Ils jouaient tous aux hypocrites. Un sourire par devant et un poignard par derrière. Crow en était l’exemple. Toutes ses années il lui avait parlé en ami, l’avait aidé pour les contrats, et maintenant, il avait libéré toutes les domestiques. Les gens ne faisaient que profiter de lui…

« Tu verras… je suis la seule qui sait ce qui est bon pour toi. Tous les autres ne voudront que te faire du mal… »

Sauf qu’elle aussi lui avait fait du mal… elle l’avait détruit et l’avait forgé pour qu’il frappe les femmes, les détruisent à son tour. L’une d’elles en était même morte. Il avait faillit en violer une autre.
En fait, il se haïssait aussi sûrement qu’il haïssait le monde et sa belle-mère.

Soudain, il entendit la porte s’ouvrir doucement. Il tourna la tête légèrement en entendant des pas, le cœur fou à l’idée que ce pourrait être sa belle-mère qui venait pour sa sauterie quotidienne. Mais non. Il vit la femme qu’il venait de relâcher s’approcher de lui lentement. Elle allait le voir dans cet état faible, et allait en profiter. Comme tout le monde. Elle allait se venger. Lui faire payer son corps meurtri et son âme brisée. Il voulait se relever, ne pas se montrer faible, mais c’était comme si une main appuyait et le clouait au sol. Il voyait la pitié dans son regard aqua, et il détourna le sien. Il n’avait pas besoin de sa pitié ou de sa compassion. Qu’elle le frappe et s’en aille. Qu’elle se venge et retourne chez elle.


-Je t’ai dit de dégager.

Sa voix était toujours aussi froide, mais moins puissante qu’avant. Et cela ne la fit pas reculer. Elle continuait à s’approcher, et il recula contre le mur.

-Je ne suis pas faible et je n’ai pas besoin de ta pitié. Si je le voulais je te tuerais avant que tu ne dises « je ».

Il entendit alors la porte se rouvrir et du coin de l’œil, il aperçut Crow se poster près de la femme, prêt à la défendre. Là, Destan se releva, se sentant bien trop faible au sol.

-Tu n’es qu’un traitre. Je vous ai dit de partir et de me laisser tranquille !

-Laisse-nous t’aider, Destan. J’ai assez été passif durant six ans.

Six ans. Si peu. Cela faisait quinze ans qu’il était détruit. Mais ça, personne n’avait à le savoir. Personne ne saurait ce qui s’était passé. Oh que non.

-Je n’ai pas besoin d’aide ! Tu as voulut me trahir, tu l’as fait ! Maintenant dégage ! Je suis assez grand !

-Non ! Je ne t’ai pas trahit ! C’est pour ton bien ! Et non tu n’es pas assez grand ! Tu n’es qu’un gamin, Destan.

Destan serra les dents, son cœur s’affola et ses poings se serrèrent alors que son regard grisâtre ne quittait pas celui de Crow. Un gamin…

« Faible et lâche, tous les gamins sont comme ça. Et toi, tu resteras à jamais un vulgaire gamin que les gens exploitent. »

Il n’était pas faible ni lâche. Il avait assis son autorité, sa réputation. Les gens le craignaient, s’éloignaient quand il approchait. Personne ne le touchait, personne ne lui dictait sa conduite.


-Je ne suis pas un gamin. C’est moi qui décide, moi qui contrôle, moi qui dirige. Et je veux que vous partiez. Maintenant.

-Destan… elle a voulut venir. Elle aurait pu partir et à préféré rester pour venir ici malgré sa peur et surtout malgré ce qu’elle a subit.

-Je m’en fiche ! Si elle est assez idiote pour rester c’est son problème !

Le Mercenaire s’avança d’un pas et Crow se rapprocha de la jeune femme.

-Partez. C’est la dernière fois que je le dirais.

-Tu as besoin d’aide ! Tu coules ! Laisse-nous faire !

-NON ! JE SUIS AU FOND ET JE NE REMONTERAIS PAS ! FICHEZ-MOI LA PAIX MAINTENANT ! OCCUPEZ VOUS DE VOS PROBLEMES ! LES GENS NE ME VEULENT QUE DU MAL ! JE SUIS ASSEZ GRAND POUR M’OCCUPER DE MOI-MÊME !

Les laissant plantés, il les contourna et sortit de sa chambre pour descendre, rageur. Le loup était là et grogna à son passage, montrant les crocs. Destan l’ignora, mais son coude avait encore les marques. Il s’enferma dans la pièce aux anneaux, enfin, dans la geôle, et referma la porte sur lui, le plongeant dans le noir. Ils n’avaient qu’à se lasser et s’en aller. Jambes serrées contre lui, dans un coin, il se balança d’avant en arrière, essayant de chasser toute ses images qui revenaient en masse le hanter. Ses démons qui faisaient partie de lui depuis ses onze ans. Il serait bien allé dans la pièce ou elle l’avait détruit chaque jour, mais il ne voulait pas que Crow et la fille l’y trouve. Ils n’avaient pas à savoir.

Ils devaient s’en aller, le laisser seul avec ses démons. Destan mettrait fin à tout ça dès qu’il le pourrait. Il irait rejoindre son père, et personne ne le regretterait, au contraire.

Tous seraient contents de sa disparition.

« Seuls les faibles s’ôtent la vie… »

Alors si se libérer de ses douleurs le rendait faible, il le serait. De toute façon il était minable…


Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Lun 9 Sep - 0:14



















Son regard se détourna aussitôt qu’il eut conscience de ma présence. Que tentait-il de cacher derrière ces yeux fous ? Je le savais qu’il souffrait intérieurement. Chaque Homme ne naissait-il pas dans l’innocence? Il ne fallait qu’une période d’ombre pour personne à un être comme lui et moi de couler. Cet homme n’avait jamais réussi à retrouver la lumière. Il tentait de se protéger de moi. Peut-être craignait-il que je veuille réclamer vengeance du traitement qu’il m’avait infligé depuis de longues semaines ? Or, ce n’était pas le cas et puis, comment aurais-je put m’y résoudre alors que j’ai de la difficulté à me tenir sur mes jambes à l’heure actuelle?

‘‘ Je t’ai dit de dégager. ‘‘ Dit-il, glacial.

Sa voix était cependant beaucoup plus faible qu’à l’habitude. J’y sentis sa douleur et cela me noua l’estomac. Mes jambes continuaient de me porter vers lui et je voulus lui parler quand il me devança, collé contre le mur du fond.

‘‘ Je ne suis pas faible et je n’ai pas besoin de ta pitié. Si je le voulais, je te tuerais avant que tu ne dises « je ». ‘‘

‘‘ Je le sais... ‘‘ Murmurais-je difficilement.

Pourquoi pensait-il que je le voyais comme quelqu’un de faible? Je n’avais rien dit de la sorte pourtant... et c’est ce moment que choisit Crow pour entrer dans la chambre. Il devait croire que tout allait dégénérer dans les secondes à venir. J’entendis ses pas s’approcher de moi alors que Monsieur Torture se redressait sur ses jambes. Il devait bien faire une tête de plus que moi. Oui... c’est maintenant que je le remarquais. Pathétique.
Le visage du mercenaire se fit plus dur, renfermé, colérique. L’argenter de ses iris se posa brièvement sur moi avant de terminer sur son acolyte qui était sur la défensive vu la position de son corps.

‘‘ Tu n’es qu’un traitre. Je vous ai dit de partir et de me laisser tranquille! ‘‘

‘‘ Laisse-nous t’aider, Destan. J’ai assez été passif durant six ans. ‘‘

Six ans? Cela expliquait pourquoi Crow ne tenait pas spécialement à quitter les lieux. Il connaissait ce Destan depuis longtemps tout de même et s’il cherchait à rester à ses côtés malgré les horreurs qu’il faisait, c’est qu’il voyait du bon en lui. J’en étais persuadé moi-même d’ailleurs.

Je suivis la dispute jusqu’à ce que mon tortionnaire se fasse dire qu’il n’était qu’un gamin. Cela l’affectait visiblement vu sa réaction. Sa mâchoire était crispée, ses yeux sombres et ses poings serrés. Crow essaya même de me défendre. Enfin, de lui expliquer pourquoi je me trouvais devant lui au lieu de m’éloigner d’ici avec Snow. Je me le demandais moi-même. Soit il avait raison et j’étais idiote, ou je ne m’étais pas retrouvé ici par hasard. Je sortis de mes songes quand Destan s’approcha de moi, Crow en faisant de même. Mon regard aqua se posa sur lui et c’est là que je me rendis compte que je tremblais comme une feuille alors qu’il ne faisait que me regarder.

‘‘ Partez. C’est la dernière fois que je le dirais. ‘‘

‘‘ Tu as besoin d’aide! Tu coules! Laisse-nous faire! ‘‘

‘‘ NON! JE SUIS AU FOND ET JE NE REMONTERAIS PAS! FICHEZ-MOI LA PAIX MAINTENANT! OCCUPEZ-VOUS DE VOS PROBLÈMES! LES GENS NE ME VEULENT QUE DU MAL! JE SUIS ASSEZ GRAND POUR M’OCCUPER DE MOI-MÊME! ‘‘

J’avais sursauté et baissé la tête en l’entendant nous hurler ainsi de la sorte. Mon coeur battait la chamade dans ma poitrine et j’avais cru une seconde recevoir la pire des gifles qu’il ne m’eut jamais données. Mais non. Le mercenaire nous contourna sans un seul regard pour quitter la pièce, nous laissant là, moi et Crow.

‘‘ Tu vas bien? ‘‘ Me demanda-t-il.

‘‘ O-oui... Il... est effrayant... ‘‘

‘‘ Tu devrais partir d’ici et retourner chez toi, jeune fille. Je vais m’occuper de lui comme je peux. ‘‘

‘‘ Je... ‘‘

Pourquoi hésitais-je à quitter les lieux et partir loin pour ne plus jamais revenir? Snow n’attendait que moi pour reprendre la route et pourtant, je restais planté là comme une imbécile de première. Comme si j’aimais les emmerdes de ce genre.

‘‘ Je ne serais pas en mesure de voyager dans cet état, même si je le voulais. Me tenir sur mes jambes me demande un effort considérable. Je les sens trembler sous mon poids. Je... dois me reposer d’abord. ‘‘

Crow soupira et mit ses poings sur ses hanches, baissant la tête. Mon loup vint se poster derrière moi, frôlant son museau contre ma main droite qui caressa ensuite sa fourrure. Il m’avait manqué ce tas de poil blanc...

‘‘ Tu dormiras au rez-de-chaussée alors, à côté de la pièce où je loge. Ainsi, je pourrai t’avoir à l’oeil le temps que tu récupères suffisamment. ‘‘

‘‘ Peut-être pourrais-je vous donner un coup de main avec... Destan. ‘‘

Il semblait surpris et me regarda un long moment, bouche bée, avant de se racler la gorge et croiser les bras sur son torse, l’air pensif. Cet homme devait avoir la quarantaine en âge humain et semblait se conduire comme un père fasse à mon geôlier. Nous sortîmes alors de la chambre pour redescendre et il me conduit jusqu’à la cuisine où il me fit quelque chose à manger. Je réfléchissais à comment aborder Monsieur Torture, mais ne trouvais pas. Il était si distant, froid et insondable. Il pouvait me faire n’importe quoi s’il décidait de s’emporter...
C’est un bol de soupe qui me fit sursauter. Par la déesse de la nature... ce que ça sentait bon! En plus, Crow me donna du pain et du fromage alors que je commençais déjà à m’empiffrer.

‘‘ Tu veux réellement l’aider? ‘‘

Sa question me surprit et me coupa dans mon élan. J’arrêtai la cuillère juste devant ma bouche et la remise dans le bol. Redressant mon dos, j’acquiesçai et Crow eut un faible sourire en coin.

‘‘ Je crois que tu serais certainement plus en mesure de lui tendre la main que moi. ‘‘

‘‘ Mais comment ? ‘‘

‘‘ Son mal est profond vis-à-vis des femmes, comme tu as pu le remarquer. Je n’ai jamais été en mesure de savoir pourquoi. Il ne parle pas de son passé. Personne ne sait... ‘‘

‘‘ Il souffre affreusement... je le sens. Demain, j’essayerai de l’approcher. Cet homme est comme une bête sauvage qu’on doit apprivoiser. ‘‘

‘‘ Je ne comprends toujours pas pourquoi tu tiens à lui venir en aide alors qu’il t’a mis dans cet état lamentable. Ça me dépasse... ‘‘

‘‘ Je ne le comprends pas plus que vous... Crow, je dois vous demander un service. ‘‘

‘‘ Quoi donc ‘‘ Demanda t-il, méfiant.

‘‘ S’il doit me frapper pour que je l’atteigne, n’intervenez pas. S’il vous plaît. ‘‘

Je le voyais se tendre devant moi et suite à un long et profond soupir, il se résigna et acquiesça d’un signe de tête. Sur un faible sourire, je continuai à satisfaire mon estomac et il me montrait où j’allais loger pour un temps indéterminé. Nous avions entendu Destan remonter à l’étage, claquant la porte de sa chambre avec une telle violence qu’un cadre dans le couloir tomba et se brisa au sol. Crow s’occupa de le ramasser alors que je fermais et verrouillais la porte pour m’en aller devant la commode où se trouvait un miroir. La bassine était pleine d’eau alors j’enlevai mes vêtements puis mes bandages pour m’observer de nouveau. J’étais... dégoutante... toutes ces plaies, ces marques de fouet qui zébraient mon corps. Je fouillai dans mon sac qu’on avait amené ici avec mon équipement et mes armes, pour sortir ma pommade. Mouillant la serviette, je me mis à me nettoyer, grimaçant et gémissant de douleur par moment. Glissant mes doigts fins dans la substance gluante, je l’étalai sur ma peau avec attention puis m’enroulai dans des bandages propres avant de renfiler des vêtements de rechange propres qui se trouvaient aussi dans mon sac. Je me glissai dans le lit en grimaçant, puis cessai de bouger. Snow grimpa et se coucha contre mon ventre. Mon bras droit par dessus son cou, je m’endormis alors.

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Lun 9 Sep - 18:51



The Darkness of a Soul…


« Pourquoi… ? »

feat Elwèn Asaë

Dans le noir, Destan rejetait ses démons, ses douleurs. Son rythme cardiaque était saccadé, à la limite du supportable. Il n’entendait que son cœur dans la petite geôle. Mais il revoyait ses yeux verts émeraude sur lui, son sourire pulpeux et rouge sang. Il frissonna et se releva, pour ressortir et remonter dans sa chambre, claquant la porte avec force. Il alla dans la salle d’eau annexe et resta sous la douche un long moment, comme si l’eau froide allait chasser tout ça et le remettre sur le droit chemin. Enfin… pour lui. La violence, le froid et la distance…

Quand il ressortit, il se sécha à peine les cheveux, les laissant en pétard et mouillés pour ensuite s’affaler sur le lit. Il ignorait combien de temps il avait passé dans la geôle, mais il faisait nuit noire. Il n’entendait plus rien en bas. Comme s’il était seul. Étaient-ils partis ? Il en doutait. Crow l’avait trahit, et allait encore le poignarder. Il le sentait. Elle aussi. Maintenant qu’elle était libre, elle allait se venger. Tout le monde voulait lui faire mal. C’était tout ce qui les intéressait. Le voir hurler de douleur, le voir souffrir. Rien d’autre.

Il bougea dans le lit, cherchant à s’endormir. Mais le fait de savoir la femme en liberté dans la maison le rendait plus que nerveux, se rajoutant à ses maux. Il dormit encore une fois mal, sursautant au moindre petit bruit. Il était persuadé que la femme viendrait en douce, comme sa belle-mère, pour lui faire mal. Pour se venger. Rien qu’à cette pensée il serrait les jambes l’une contre l’autre, comme il avait tenté de le faire à l’époque pour se protéger d’elle et de ses mains baladeuses…

Au petit matin, il se tira hors du lit et alla s’habiller, ne passa pas par la case cuisine puisqu’il ne savait pas cuisiner et n’avait pas faim, pour se rendre à la forge. Ca le calmerait peut-être de frapper du métal en fusion…

L’odeur du four le fit inspirer profondément. Cela lui rappelait son père et les moments heureux passés ensemble… Il se mit à l’ouvrage, plongeant le métal dans le four, le faisant couler dans une forme, et le laissant durcir. Quand il le sortit, il prit son marteau pour le frapper, mais là, il y mit tellement de rage que le métal se brisa tout nettement entre ses mains. Jetant le reste plus loin, il recommença. Il suait, était essoufflé, mais ne lâchait pas l’affaire. Cela devait le calmer. Il devait parvenir à chasser tout ça.

Mais impossible. Il laissa le marteau tomber, et s’accroupit devant l’enclume, tête entre les mains. Qu’est-ce que pensait son père de lui ? Qu’il était un minable ? En tout cas, il ne devait pas être fier de lui. Frapper les femmes… mais il n’y pouvait rien… elles ne lui voulaient que du mal… il se protégeait…
Soudain, il entendit la porte s’ouvrir et se refermer. Il ne bougea pas, les images apparaissant sur ses rétines. Elle allait se venger…

Dans son champ de vision apparut des pieds, puis un plateau fut déposé au sol et poussé vers lui. Son corps c’était tendu et il s’était retenu à l’enclume pour ne pas reculer. C’était elle, il le sentait. D’ailleurs elle dit d’une petite voix :


-Je me disais que…peut-être vous auriez faim…

Il regarda le plateau. Il y avait de la soupe dessus. L’odeur lui fit monter l’eau à la bouche. En même temps, il n’avait rien avalé depuis la veille au matin. Mais il se le refusait. Qui sait ce qu’elle avait mis dedans comme poison pour le rendre docile. De l’aphrodisiaque pour profiter de lui comme Elle ?

-Garde ton poison.

Il vit les pieds s’éloigner, mais l’entendit s’asseoir plus loin en disant :

- Je n'ai rien mit dedans, si c'est ce qui vous fait peur.

Ah non ? Et qui lui assurait qu’il pouvait lui faire confiance ? Personne. Absolument personne. Seulement, son estomac criait famine et il mit deux minutes avant de se résigner, de s’asseoir aussi sur les fesses et de prendre le bol. Il mangea doucement, veillant du coin de l’œil sur la jeune femme. Il voyait bien son corps meurtri. Quand le bol fut vide, il le reposa et déclara :

-Pourquoi restes-tu là ? Est-ce que tu es idiote ? Ou prépares-tu quelque chose ?

-Je dois être idiote…

Sacrément idiote oui. Il gardait sa distance, le cœur fou.

-Crow t’envoie. Ce traître…

Ils avaient formé leur groupe, contre lui. Ils allaient faire quelque chose contre lui, il en était sûr… restait à savoir quand et comment… Pourquoi restait-il là immobile alors qu'elle ne faisait rien ? Il devait la frapper. La mettre au pas. Il devait la renfermer. Une femme libre était un danger. Il se releva mais ne se rapprocha pas. Il l'avait vue se tendre. Comme lui à l'époque avec sa belle-mère. Il se tendait dès qu'elle approchait, se recroquevillait pour se protéger tant bien que mal.

-Pars, avant que je ne te frappe.

Sa voix était moins dure que d'habitude, mais tout aussi froide. Il la regarda donc baisser la tête puis se relever. Il voyait qu'elle souffrait. Et étrangement, cela le toucha. Le fait qu'elle ne soit pas en équilibre sur ses jambes, qu'elle tremble...

-Je ne vous veux pas de mal....

Elle avait ajouté ça devant la porte, et sortit rapidement ensuite. Destan resta tout simplement planté là. Elle ne lui voulait pas de mal... il n'y croyait pas. Tout le monde voulait qu'il souffre. C'était pour ça qu'il leur avait rendu la pareille, surtout aux femmes. Il ne connaissait que la brutalité et la violence. Il prit le bol et le jeta à travers la forge, regardant les débris s'éparpiller au sol. Il vit alors une dague, qu'il avait forgée quelques temps auparavant. Magnifique, digne de l'enseignement de son père en fait. Il se posta devant le four, ou les flammes faisaient rage. Il allait tout simplement en finir. Plus personne ne lui ferait de mal. Plus personne ne voudrait l'atteindre, l'humilier, profiter de lui. Il allait se trancher la gorge, son corps tomberait dans les flammes et il terminerait brûlé. Ensuite, direction l'enfer. Il respirait brusquement, et sa main se mit à trembler sur la garde alors qu'il approchait la lame de sa gorge. Il déglutit, et ferma les yeux, prêt à tracer le sillon mortel.

Il se préparait à le faire, et n'entendit pas la porte se rouvrir, ni même les pas. Il sursauta donc quand on lui arracha brusquement la lame et il rouvrit les yeux, voyant la femme jeter l'arme plus loin dans un bruit clinquant. Elle serrait sa main et le regarda droit dans les yeux en disant d'une voix tremblante :


-Laissez-moi vous aider... !

L'aider ?! Il n'en avait pas besoin. Il repoussait juste la voix de l'enfant en lui qui hurlait que si, il avait besoin d'aide. Et de toute urgence.

-Tu ne peux rien pour moi. Je suis pourri. Va retrouver les tiens et oublie-moi, fous-moi la paix. Crow n'a qu'à aller avec toi.

-Ce que vous pouvez être pessimiste... Je refuse de partir en sachant que vous allez retenter de vous tuer. Crow veut vous aider, mais ne sait pas comment. Laissez-moi essayer...  ensuite je vous ficherai la paix et partirai si c'est ce que vous souhaitez...

Il détourna le regard, assailli par l'image de sa belle-mère qui se juxtaposait à la femme devant lui. Il serra les poings, ferma les yeux. Sans les rouvrir, il souffla :

-Tu devrais être contente pourtant après tout ce que tu as subi.

-Oui... je sais... mais aussi étrange que cela puisse paraître, je... ne peux pas vous laisser comme ça. Destan...

Elle connaissait son prénom ? Crow sans doute. Bon sang... il avait l'impression qu'elle le mettait à nu. Qu'elle savait tout sur lui. Qu'il n'avait qu'à s'agenouiller et la laisser le posséder. Comme sa belle-mère. Comme tout le monde. Il le fit. Il s'agenouilla, toujours les yeux fermés.

-J'obéirais... fais ce que tu veux de moi...

Ca lui faisait tellement mal de dire ça alors qu'il s'était évertué à forger des barrières... à se protéger... C'est avec stupeur qu'il la vit s'agenouiller devant lui et son corps se tendit automatiquement.

-Je ne cherche pas à ce vous agissiez de la sorte. Tout ce que je veux est comprendre... Vous avez mal, non ? Vous pouvez vous confier à moi.

Mal... qu'est-ce que signifiait ce mot ? Rien... il était le mal, la douleur... il était ce concept flou... Se confier à elle ? Hors de question. Personne ne devait savoir, et les femmes ne voudraient qu'en profiter.

-Je ne me confie à personne. Comme ça personne ne me fera de mal.

-Comme vous voulez...

Cette réponse le surpris, s'attendant à ce qu'elle insiste. Et pourtant, il était à présent seul dans la forge. Il serra les poings, et tourna la tête vers la dague plus loin. Il avait l'impression que tout lâchait, que le sol s'effondrait, qu'il était en train de suffoquer. Une voix en lui le traitait de minable, de faible, de lâche, parce qu'il l'avait laissée partir, n'avait pas pris sa main. La première main secourable depuis ses onze ans, et il l'avait repoussée. Mais il ne savait pas s'il pouvait faire confiance, ne savait pas ce qu'elle avait derrière la tête. Le faire avouer, pour utiliser le tout et recommencer ? Chercher sa belle-mère et la faire revenir ? Tremblant, il se releva, et marcha jusqu'à la dague. Se laissant tomber contre un meuble, dos en appui, il fit tourner la lame entre ses doigts. Il voyait les flammes jouer sur le métal... comme le rouge de ses cheveux... une larme s'échappa alors de sa prison.

Il était un être faible et pathétique. Un être qui ne méritait pas de vivre...


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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Mar 17 Sep - 2:13



















Les coups pleuvaient sur mon corps déjà meurtri et je hurlais. J’avais beau demandé la pitié à mon tortionnaire, il ne voulait pas m’entendre et frappait toujours plus fort. L’homme me hurlait dessus. Un visage d’ombre sans traits. Non... il n’y avait qu’une ombre devant moi. Elle se mouvait autour de mon corps suspendu comme un prédateur, me frappait. Mon sang coulait sur ma peau de nacre qui était désormais rougie par les coups et ce liquide pourpre. Cela dura, encore et encore. Peut-être allais-je sombrer dans l’inconscience? Mais non. Je restais éveillé et hurlais de plus en plus fort. Snow apparut alors devant moi comme un brouillard et... je vis avec horreur qu’il avait été pendu; il était mort. Le cri qui sortit de ma gorge fut le plus long et le plus horrible que je n’eus jamais poussé.

Je me réveillai en sursaut, trempé de sueur. Mon coeur battait comme un déchaîné au fond de ma poitrine qui se soulevait rapidement. Mes yeux étaient fous et je cherchais désespérément à comprendre où je me trouvais. C’est alors que je me souvins que j’étais dans une chambre indépendante du rez-de-chaussée, chez mon tortionnaire. Snow s’était assis devant moi, les oreilles basses, et me regardait calmement. Levant une main, je me mis à caresser sa tête puis son poitrail avec tendresse.

‘‘ Je vais bien mon grand... un mauvais rêve. ‘‘

C’est après quelques minutes à flâner ainsi que je décidai de me lever et me rendre dans la salle de bain pour faire ma toilette. Un réveil en sueur était assez dégoûtant alors il était hors de question que je passe la journée ainsi, surtout que je me devais impérativement de soigner cette multitude de blessures qui marquait mon corps. Une fois vêtue, je sortis pour me rendre dans la cuisine et commençai à faire la cuisine, non pas seulement pour moi, mais pour les hommes. Vous devez vous demander pourquoi je faisais une telle chose alors qu’on m’avait battue, non? Et bien... je ne le sais pas moi-même à vrai dire. Une petite voix me hurlait que l’homme à l’origine de mon état était en détresse, qu’il avait besoin d’aide de toute urgence. Étant une personne empathique, je ne pouvais me résoudre à laisser Monsieur Torture comme ça sans avoir de remords de conscience.
Crow débarqua lorsque je déposais une assiette et une tasse de thé fumante sur un plateau-repas en assez piteux état. Il me salua d’un signe de tête et je fis de même. Même si cet homme m’avait aidé, j’étais tout de même méfiante.

‘‘ J’en ai fait de plus pour vous. ‘‘

‘‘ Tu as mangé au moins? ‘‘

‘‘ Tout juste. Ne vous en faites pas pour moi, Monsieur Crow. ‘‘

‘‘ Crow tout simplement suffit amplement. ‘‘ Soupira t-il alors que je quittais la pièce.

Mes pas résonnaient dans cet étroit couloir et c’est en me dirigeant vers l’étage, à la chambre de Destan, que j’entendis du bruit venant de la forge. L’annexe était fusionnée à la maison, ainsi, les propriétaires étaient prêt du travail. Entrant sans toquer, mon pied droit referma la porte et j’approchai du jeune homme qui était accroupi au sol. Soudainement, la nervosité me prit de court et mon coeur s’emballa. C’était comme si mon corps se préparait à encaisser la douleur seulement à la vue de cet homme.
Prenant mon courage à deux mains, je m’avançai tout de même et me pencha à environs un mètre de lui. D’une main, je poussai le plateau-repas à bout de bras, vers lui et dit d’une petite voix bien peu assurée :

‘‘ Je me disais que…peut-être vous auriez faim… ‘‘

‘‘ Garde ton poison. ‘‘

Je m’étais douté à une réponse de ce genre, mais cela me surprit tout de même. Cet homme était torturé de l’intérieur et croyait que le monde entier lui en voulait ou désirait lui faire du mal alors que c’était faux. Il était aveuglé par quelque chose que je ne parvenais pas à voir. Par prudence, je mis de la distance entre nous et m’assit à même le sol, jambes contre ma poitrine et bras entourant mes genoux. Mon regard aqua était posé sur lui.

‘‘ Je n’ai rien mis dedans, si c’est ce qui vous fait peur. ‘‘ Dis-je pour le rassurer un tant soit peu.

Comme une imbécile, je restais là à observer cet humain qui me considérait probablement comme un monstre de la pire espèce parce que j’étais une femme. Deux minutes plus tard, après avoir détourné le regard vers mes pieds dans un silence lourd, mes iris perçurent du mouvement devant moi. J’eus un faible sourire en voyant Destan s’asseoir et se mettre à manger la soupe que j’avais faite, mais il me surveillait. Une fois son bol terminé, déposé sur le plateau au sol, Monsieur Torture me demanda d’un ton remplit de reproches et quelque peu menaçant :

‘‘ Pourquoi restes-tu là? Est-ce que tu es idiote? Ou prépares-tu quelque chose? ‘‘

‘‘ Je dois être idiote… ‘‘ Répondis-je spontanément.

Oui, j’étais idiote de vouloir aider cet homme. J’étais idiote de rester ici au lieu de fuir pour continuer mon voyage ou même retourner chez moi. J’étais réellement idiote.

‘‘ Crow t’envoie. Ce traître… ‘‘

Destan choisit ce moment pour se relever et mon corps se tendit par automatisme. Après tout ce temps à me faire frapper, c’était devenu un mécanisme de défense naturel chez moi. Seulement, il ne vint aucunement jusqu’à moi pour me mettre une raclée. Non, mais il me regardait froidement.

‘‘ Pars, avant que je ne te frappe. ‘‘

C’était préférable oui... D’une main, je pris appui au bord d’une table pour ensuite me tirer vers le haut et me redresser sur mes jambes tremblantes. Mon équilibre était bien piètre dans mon état et j’avais même hâte de reprendre suffisamment de force. De guérir. Tête basse, je me dirigeai donc vers la porte pour quitter la pièce où régnait une chaleur suffocante, mais je m’arrêtai juste devant, main sur le loquet.

‘‘ Je ne vous veux pas de mal... ‘‘ Murmurais-je.

Tournant la poignée, je m’empressai de quitter l’endroit pour laisser cet humain troublé seul et retrouvai Snow un peu plus loin dans le couloir. Le bruit de fracas qui me parvint aux oreilles me fit grimacer légèrement; il était en colère... Je revins vers la forge, voulant m’excuser, mais je restais planté devant la porte avant d’enfin me décider à entrer. Destan était debout devant le four, une dague en main. Non! Courant, je m’empressai d’attraper la lame d’une main alors qu’elle s’approchait de la peau de son cou, m’entaillant légèrement. Je tirai l’arme et la jetai plus loin, le coeur fou. Qu’il me frappe, je n’en avais rien à faire, mais je ne voulais pas qu’il s’enlève la vie! Mon regard était planté dans le sien et je criai presque, la voix tremblante :

‘‘ Laissez-moi vous aider... ! ‘‘

‘‘ Tu ne peux rien pour moi. Je suis pourri. Va retrouver les tiens et oublie-moi, fous-moi la paix. Crow n’a qu’à aller avec toi. ‘‘

Quoi?! Crow était son acolyte et celui-ci le considérait comme un ami. Ça sautait aux yeux!

‘‘ Ce que vous pouvez être pessimiste... Je refuse de partir en sachant que vous allez retenter de vous tuer. Crow veut vous aider, mais ne sait pas comment. Laissez-moi essayer... ensuite je vous ficherai la paix et partirai si c’est ce que vous souhaitez... ‘‘

Destan détourna le regard, coupant ainsi le contact visuel avec moi. Il coupait sa douleur de ma vue, forgeait des barrières. Je ne vis que ses poings se serrer, signe qu’il commençait à perdre patience et tentait de se contenir.

‘‘ Tu devrais être contente pourtant après tout ce que tu as subi. ‘‘

‘‘ Oui... je sais... mais aussi étrange que cela puisse paraître, je... ne peux pas vous laisser comme ça. Destan... ‘‘

Ce qu’il fit me prit littéralement par surprise. Mais pourquoi s’agenouillait-il devant moi ainsi?! Ses paroles me glacèrent même le sang. Pourquoi avais-je soudainement peur de ce qui se cachait en cet homme? Pourquoi avais-je peur de connaître ses souffrances?

‘‘ J’obéirais... fais ce que tu veux de moi... ‘‘

Non! Je ne voulais pas de ça! Tout ce que j’aurais aimé était qu’il parle, mais ça ne se passerait pas ainsi. Je le savais. Quoi qu’il en soit, je m’agenouillai pour me retrouver à sa hauteur. Je détestais les positions de dominance et de faiblesse. Pour moi, tous étaient égaux... ou presque. Il... se tendait?

‘‘ Je ne cherche pas à ce vous agissiez de la sorte. Tout ce que je veux est comprendre... Vous avez mal, non? Vous pouvez vous confier à moi. ‘‘ Murmurais-je.

‘‘ Je ne me confie à personne. Comme ça personne ne me fera de mal. ‘‘

‘‘ Comme vous voulez... ‘‘

Si j’insistais, je ne ferais qu’aggraver les choses et il ne me ferait pas confiance. Je devais donc y aller doucement pour ne pas le brusquer. Il me fallait l’apprivoiser en quelque sorte. Chambranlante sur mes jambes, je me relevai et sortit pour la seconde fois de la forge pour me rendre dehors où je pris une profonde goulée d’air frais. Le vent caressait ma peau et faisait voler ma longue et ondoyante chevelure. Snow courait dans les environs, énervant même les chiens du maître des lieux. Je pris donc place sur une buche près de l’entrée et regardai le ciel nuageux; il allait pleuvoir dans quelques heures.

Ce n’est que deux heures plus tard que je m’en retournai à l’intérieur. Quelques gouttes tombaient par-ci par-là, mais au bout d’une vingtaine de minutes, c’était une pluie torrentielle qu’il y avait à l’extérieur. Crow était dans le salon à faire un feu de cheminée, Destan était hors de vue et moi, je décidai d’aller préparer du chocolat chaud que j’allais distribuer aux hommes.

‘‘ Merci, c’est gentil. ‘‘ Il prit une gorgée et sourit. ‘‘ Ça me rappelle ma jeunesse... et puis, as-tu parlé avec lui? ‘‘

‘‘ Un peu. ‘‘

Il sourit de nouveau et s’installa dans un large fauteuil pour y fumer sa pipe. Moi, je me lançai à la recherche de Monsieur Torture que je trouvai dans sa chambre. Bien entendu, cette fois j’avais toqué avant d’entrer. Le plateau fut déposé sur la petite table de chevet près de lui et je me reculai d’un pas.

‘‘ Je suis sincère quand je vous ai dit ne pas vous vouloir de mal, malgré ce que j’ai enduré. La vengeance n’est nulle cause de ma motivation et je ne vois pas pourquoi elle le serait. Votre âme est tourmentée, je le sens tout autour de vous. Vous êtes une boule de colère et de tension.
Crow et moi ne sommes nullement de mèche contre vous. Il ne sait seulement pas comment vous aborder, Monsieur Destan. Vous vous emportez rapidement tous les deux... ‘‘


Oui, j’avais du culot de dire ça et surtout de parler sans son autorisation! Mais au point où j’en étais rendu, je m’en fichais. Ce n’était pas une gifle de plus qui me ferait mourir.

‘‘ Je veux seulement que vous sachiez que j’aimerais vous porter mon aide, que si vous désirez parler, je suis là. Vos secrets ne seront jamais dévoilés sur l’honneur de ma famille. Ni même sous l’effet de la torture... ‘‘

Je restais planté là, à quelques pas de lui, nerveuse et la tête basse.
Qu’est-ce que le silence pouvait être lourd...

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Mar 17 Sep - 19:56



The Darkness of a Soul…


« Aveux… »

feat Elwèn Asaë

Assis, Destan resta un long moment immobile à contempler sa dague. L’envie d’en finir le tenaillait toujours. Mais la femme le lui avait interdit. Elle lui avait imposé le choix. Comme sa belle-mère. Elle voulait l’aider mais une part de lui restait méfiante. Il ne savait pas s’il devait faire confiance. Et pourtant l’enfant qui était en lui le suppliait de la laisser l’aider. De prendre sa main et de sortir du trou dans lequel il était enfermé depuis quinze ans.
Il se leva finalement, rangea la dague, vérifia le feu et retourna dans sa chambre. Il se posta à la fenêtre ou il contempla le paysage, regardant la pluie commencer à tomber avant de s’abattre drument sur la forêt. Les gouttes percutaient les tuiles du toit en rythme, et il pouvait compter celles qui tombaient régulièrement des branches des arbres.

Il avança le fauteuil vers la fenêtre pour continuer sa contemplation, tout en réfléchissant. Comme toujours. Faire confiance ? Parler ? Non… c’était une femme… elle le poignarderait dans le dos dès qu’elle pourrait. Ou alors elle dirait tout à Crow et lui se chargerait de trouver le moyen de le faire souffrir de plus belle. Quand on toqua, il sursauta et tourna juste un peu le visage pour la voir entrer et déposer un plateau sur la table devant lui.


-Je suis sincère quand je vous ai dit ne pas vous vouloir de mal, malgré ce que j’ai enduré. La vengeance n’est nulle cause de ma motivation et je ne vois pas pourquoi elle le serait. Votre âme est tourmentée, je le sens tout autour de vous. Vous êtes une boule de colère et de tension.
Crow et moi ne sommes nullement de mèche contre vous. Il ne sait seulement pas comment vous aborder, Monsieur Destan. Vous vous emportez rapidement tous les deux...


Il ne levait pas le regard une seconde sur elle. C’était si simple de dire qu’il était une âme tourmentée, une boule de colère et de tension. Il le savait déjà merde ! Elle ne lui apprenait rien de nouveau ! Qu’elle aille au Diable !

-Je veux seulement que vous sachiez que j’aimerais vous porter mon aide, que si vous désirez parler, je suis là. Vos secrets ne seront jamais dévoilés sur l’honneur de ma famille. Ni même sous l’effet de la torture...

Cela eut le don de le calmer. Enfin de faire en sorte qu’il ne se lève pas pour la baffer jusqu’à ce que sa tête se décroche. Un secret n’en était plus un dès qu’il était transmis. Ce n’était pas pour rien qu’un secret était personnel. Privé. Qu’il était… secret. Mais une voix en lui demanda :

« Combien de temps pourras-tu encore tenir à ce rythme ? Combien de temps avant que tu ne succombes sous ta colère et que tu fasses plaisir à cette salope ? »

Il l’ignorait et lui fit juste signe de partir. S’il ouvrait la bouche, ou il hurlerait, ou il pleurerait, ou pire. Et il ne voulait pas se montrer faible devant elle. Pas maintenant. Il patienta jusqu’à ce qu’elle se décide à s’en aller, et s’intéressa enfin au plateau. Cela sentait bon le chocolat…il prit la tasse et but une gorgée. Un flot de souvenirs enfouis revint à la surface, et il se vit devant la cheminée, écoutant les histoires de sa mère, son biberon de chocolat chaud dans les mains. Son père enlaçait sa mère, sourire aux lèvres, et ils étaient heureux. Sa gorge se noua, les larmes lui brouillèrent la vue et il se força à reposer la tasse en tremblant, pour ne pas la jeter à travers la fenêtre. Rageur, il s’essuya les yeux d’un revers de main et s’enferma dans la salle de bain pour une demi-heure, restant sous l’eau à tenter de remettre les barrières.

Au soir, il ne mangea pas avec eux. On lui apporta un plateau, il grignota, sans un mot. Il dormit affreusement mal, tout revenant le hanter en dix fois plus violent qu’avant. Cette fille était en train de tout briser en lui…ce cyclone qu’il avait maîtrisé et bouclé en lui se déversait… il mordait l’oreiller pour ne pas hurler, serrait les poings pour ne pas se griffer et se mutiler.

Quatre jours.

Il mit quatre jours à se décider. Et pendant ces longues journées, il n’avait pas quitté la chambre, essayant de ne pas penser à la fille en liberté dans le manoir, essayant de s’en ficher de ce qu’ils faisaient, elle et Crow. Et à côté de ça, il réfléchissait énormément. Il fallait qu’il prenne sa main. Mais il n’osait pas. Une fois que le morceau serait lâché, que ferait-elle ? Elle allait le juger, le trouver dégoûtant. Elle allait lui dire que cela n’excusait pas son attitude, qu’il n’était qu’un criminel et un monstre.

Mais qu’avait-il à perdre ? Il était déjà au fond. Au mieux elle l’aiderait effectivement et il pourrait envisager de remonter, au pire, il mourrait. Il n’avait rien à perdre…
Il avait passé la nuit à hésiter, à se lever puis se recoucher, et finalement c’est quand l’aube pointa le bout de son nez qu’il prit son courage et sortit, descendit les escaliers, pour aller vers la chambre ou Crow avait installé la femme. Il inspirait pour entrer lorsqu’une voix jaillie :


-Que comptes-tu faire ?

Destan se retourna pour faire face à son acolyte.

-Lui parler.

Sa voix était un peu éraillée après quatre jours de silence.

-Je viens avec toi.

-Non. Je veux être seul.

-Pour que tu la frappes ? Hors de question. Je viens ou tu n’entres pas.

-Crow, va-t-en. Je veux être seul. Et quand bien même elle a sans doute son loup avec elle non ? Il la défendra.

-Au moindre cri je défonce la porte et je t’éclate la tronche, pigé ?

Destan ne répondit pas et entra plutôt dans la pièce. Quand la jeune femme eut allumé une bougie et aperçut qui c’était, elle se tendit. Il le vit malgré les draps sur elle et la distance. Même son loup s’était levé et grognait vers lui, oreilles basses. Prêt à tuer.

-Je ne te ferais aucun mal. Je… suis là pour parler.

Il marcha doucement, vers un tabouret prêt de la fenêtre dont les volets étaient à demi-clos, à bonne distance d’elle. Le loup lui, s’était approché pour le tenir en joug. Il commença alors, les yeux dans ses souvenirs.

-J’ai perdu ma mère à l’âge de cinq ans. D’une maladie, je ne sais plus laquelle. Mon père a eu du mal à encaisser. Pendant près de deux ans, il buvait énormément et déprimait. Il me laissait seul des jours et des jours, allant se soûler aux tavernes environnantes. Mais je ne disais rien. Je jouais. Je m’occupais. Et j’avais mes chiens pour me protéger. Enfin bref. J’avais presque dix ans quand mon père est rentré avec… une femme.

Il se coupa, avalant sa salive. Il revoyait son arrivée… pimpante…

-Ils se sont rapidement mariés. Moi je ne l’acceptais pas. Bien sûr parce qu’elle ne remplacerait jamais ma vraie mère, mais aussi parce que je sentais qu’elle cachait quelque chose de sournois sous son visage parfait, ses cheveux coiffés à la perfection, ses ongles vernis et magnifique, son sourire pulpeux et enjôleur, sa voix criarde… mais je ne disais rien à mon père. Il avait l’air enfin heureux à nouveau. Je restais poli et courtois envers elle mais je ne liais pas de relation plus proche.

Les mots sortaient d’eux-mêmes, comme si, inconsciemment, il avait préparé son récit depuis des années.

-Quand… quand j’ai eu onze ans… un soir elle est entrée dans ma chambre… elle m’a fait signe de se taire et s’est assise sur le bord de mon lit… elle m’a parlé … tout en posant une main sur ma jambe, cachée par les draps. Elle m’a dit qu’elle pouvait me faire connaître un plaisir immense. Que je serais le seul enfant à le connaître et le savourer. Mais qu’en échange je ne devais rien dire à mon père. Je voulais savoir ce que c’était, elle ne m’a rien dit. Elle… m’a montré. Tous les soirs. Elle me touchait… elle… me forçait à la toucher aussi.

Il déglutit, jouant nerveusement avec ses doigts.

-Quand j’étais dans l’adolescence, elle en a profité. Mon corps changeait, mes hormones marchaient à bloc, naturellement. Elle me répétait que j’étais vraiment un joli garçon ou un joli jeune homme. Elle est passée à l’étape suivante… elle… me griffait ou me mordait quand je n’allais pas aussi vite qu’elle voulait, quand elle n’était pas satisfaite… elle me lessivait chaque nuit. Elle me répétait que j’étais trop faible pour autre chose. Que je ne méritais rien d’autre. Que j’étais un lâche, un gamin, un minable. Que j’étais une honte pour mon père. Elle contrôlait tout. Ma vie, mes journées, mes nuits, ce que je mangeais ou non. Elle me disait même de ne jamais me faire d’amis. Quand je me retrouvais seul avec mon père qui dépérissait lentement, je n’osais plus le regarder en face. Je me sentais trop mal… il ne savait pas ce que sa femme faisait à son fils… et je n’ai jamais eu le courage de lui dire. J’avais peur d’elle. J’ai toujours peur d’elle. C’est un matin de mes vingt ans que j’ai trouvé mon père dans son lit. Il avait périt seul dans la nuit alors qu’elle… me… enfin voilà. J’ai alors décidé d’arrêter. Comme un déclic. Il a fallut que mon père meure pour que je me réveille et la vire. Je l’ai fait partir de chez moi. Mais je sais qu’un jour elle reviendra. C’est… ensuite que… j’ai commencé à battre les femmes… pour être sûr de ne plus être manipulé. Pour qu’on ne me fasse plus de mal… je me protégeais… je voulais contrôler. Je ne suis pas mieux qu’elle au final…

Le silence se réinstalla dans la pièce, et il ne savait pas si elle avait tout écouté, ou fait semblant. Voilà, elle pouvait à son tour le contrôler et le manipuler. Elle savait comment faire. Il n’osait même pas croiser son regard. Le jour était levé maintenant. Cela signifiait qu’il avait parlé près d’une heure et demie. Mais l’enfant en lui semblant heureux qu’il se soit enfin confié. Qu’il prenne la main qu’elle lui tendait. La question maintenant était de savoir si elle allait réellement l’aider ou le plonger dans les bras de Charon…

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Jeu 19 Sep - 1:48



















Debout, à un mètre tout au plus devant cet homme, j’avais l’air d’une imbécile. J’étais là, à attendre ou espérer qu’il daigne parler. Mais non. À la place, je sentis qu’il était énervé et me fit signe de partir en me chassant d’un signe de main dans le vide. Ne voulant pas aggraver la situation, je lui tournai le dos et quitta la pièce en refermant la porte derrière moi. Une fois dans le couloir, je pris une longue et profonde inspiration. Cet homme allait-il un jour me parler ou bien je ne me faisais que des illusions? Après tout, peut-être était-ce une cause perdue à laquelle je portais soudainement trop d’attention? Me secouant les idées, je revins sur mes pas pour me rendre dans le salon où je pris place à même le sol, juste devant le feu de foyer où se trouvaient Crow et Snow.

‘‘ Et puis? ‘‘

Je ne haussai que les épaules en guise de réponse et ce fut suffisant pour que l’homme comprenne. De toute manière, je n’avais nullement l’intention de parler de la conversation que j’aurais pu avoir avec Destan. Ne lui avais-je pas dit que tout resterait secret? Voilà. Alors, il n’était nullement question de tout balancer comme ça.

Prenant moi-même ma tasse de thé, je la portai à mes lèvres et prit une petite gorgée. Celle-ci réchauffa mon estomac et je me pris à sourire légèrement à la foule de souvenirs que cela me rappela. Mes parents me manquaient, tout comme mes frères.

‘‘ Tes blessures cicatrisent bien? ‘‘

La voix de l’humain me fit sortir de mes songes et je tournai ma tête de côté pour le regarder. Répondant par la positive, je hochai la tête et lui fit un sourire en coin qu’il me renvoya.

‘‘ L’onguent que j’avais dans mon sac aide grandement. Ma mère tenait mordicus à ce que je l’apporte et elle avait raison... comme toujours. ‘‘

‘‘ Ils te manquent n’est-ce pas? ‘‘

Cette fois, je ne fus pas en mesure de lui répondre. Il dut deviner par mon silence et le sourire triste que je lui faisais. Mon voyage n’avait pas tourné comme je l’avais voulu en fait. J’étais sensé être à Racium à l’heure actuelle en train de visiter les vestiges de cette cité humaine dont on clamait la chaleur parmi les voyageurs. La semaine suivante, le navire m’aurait rapporté chez moi et j’aurais peut-être subi les critiques de mes semblables avant d’entrer pour de bon dans les rangs de l’armée elfique. M’enfin..., tout ça était tombé à l’eau. Je me trouvais plutôt devant un feu de foyer avec Snow couché en boule à mes côtés, Crow et un homme tourmenté qui en voulait aux femmes d’après ce que je comprenais.
La nuit tombée, je me levais et posa une couverture sur le mercenaire qui s’était endormi sur le fauteuil. Il ronflait et ça me fait ricaner. Quoi qu’il en soit, je cessai de me moquer de lui et regagnai ma chambre où je pris un bain. Il fallait bien que je m’occupe de mes plaies, non? C’est donc avec soin qu’elles furent nettoyées. L’eau piquait la chair à vif au contact et me tirait des grimaces par moment, mais c’était une bien piètre douleur en comparaison à ce que j’avais traversé dans les deux dernières semaines. Après quelques longues minutes, je me tirai hors de l’eau pour m’enrouler dans une serviette et lavai tous les vêtements que j’avais pour ensuite les laisser sécher. Maintenant, au lit !

Les jours suivants étaient mornes. Il ne cessait de pleuvoir dehors et je cherchais de quoi occuper mes journées. Souvent, j’étais assise dans l’embrasure de la porte d’entrée à regarder la pluie tombée et humer l’air humide et frais pendant que Snow courait après les milliers de gouttelettes qui traversaient le vide. Il était adulte et pourtant, il avait encore l’âme d’un louveteau.

‘‘ Snow, non! NON! ‘‘

ARGH!

Il se secouait juste devant moi, m’éclaboussant avant de me sauter dessus pour me lécher le visage. Je fus par la même occasion couverte de boue. La prochaine étape? Me laver moi-même ainsi que mes chers vêtements!

Ce n’est qu’au troisième matin, suite à cette journée, que les choses changèrent. Mes yeux commençaient à bouger et c’est tranquillement que j’émergeai du sommeil. La porte de la chambre où je séjournais s’était ouverte pour ensuite se refermer. Mon coeur s’emballa d’un seul coup et je me tournai de côté pour chercher à tâtons la lanterne que j’allumai pour éclairer le visage de la personne qui s’approchait dans l’ombre. Mon corps se raidit d’un seul coup; mais... que... pourquoi était-il là? Snow se redressa à quatre sur le lit et faisait office de barrière entre Monsieur Torture et moi. Je posai une main sur le poitrail de ma bête pour le calmer, mais il montrait toujours les crocs malgré qu’il se fut reculé.

‘‘ Je ne te ferais aucun mal. Je… suis là pour parler. ‘‘

‘‘ D-d’accord... ‘‘ Dis-je d’une petite voix endormie et hésitante.

Quand il eut mon accord, le jeune humain prit place sur un tabouret qui se trouvait juste devant la grande fenêtre de la pièce. Il n’y avait que très peu de lumière qui traversait l’interstice mi-clos des volets. Ainsi, il avait placé une distance de sécurité entre nous et je pus me détendre un minimum. Snow sauta en bas du lit et le garda en vue pour s’assurer qu’il ne me fasse rien. C’est alors que je m’assis en tailleur au centre de mon petit lit, les draps sur mes cuisses. Mon regard aqua se posa sur Destan qui semblait perdu et beaucoup plus nerveux qu’à son habitude. Je le sentais... vulnérable?

‘‘ J’ai perdu ma mère à l’âge de cinq ans. D’une maladie, je ne sais plus laquelle. Mon père a eu du mal à encaisser. Pendant près de deux ans, il buvait énormément et déprimait. Il me laissait seul des jours et des jours, allant se soûler aux tavernes environnantes. Mais je ne disais rien. Je jouais. Je m’occupais. Et j’avais mes chiens pour me protéger. Enfin bref. J’avais presque dix ans quand mon père est rentré avec… une femme. ‘‘

Son rythme de dialogue était lent et douloureux. L’humain prenait son temps et semblait revivre chaque scène alors qu’il se confiait à moi, me montrait sa véritable part d’humanité. J’écoutais donc attentivement la suite de son récit, le coeur battant. Je redoutais la suite, mais au fond de moi, quelque chose me disait que je connaissais le dénouement de l’histoire.

‘‘ Ils se sont rapidement mariés. Moi je ne l’acceptais pas. Bien sûr parce qu’elle ne remplacerait jamais ma vraie mère, mais aussi parce que je sentais qu’elle cachait quelque chose de sournois sous son visage parfait, ses cheveux coiffés à la perfection, ses ongles vernis et magnifiques, son sourire pulpeux et enjôleur, sa voix criarde… mais je ne disais rien à mon père. Il avait l’air enfin heureux à nouveau. Je restais poli et courtois envers elle, mais je ne liais pas de relation plus proche. ‘‘

Encore une fois, il marqua une longue pause. Mes iris bleutés le regardaient sans cesse. Son corps en disait tellement sur lui et sa douleur...

‘‘ Quand… quand j’ai eu onze ans… un soir, elle est entrée dans ma chambre…, elle m’a fait signe de me taire et s’est assise sur le bord de mon lit… elle m’a parlé… tout en posant une main sur ma jambe, cachée par les draps. Elle m’a dit qu’elle pouvait me faire connaître un plaisir immense. Que je serais le seul enfant à le connaître et le savourer. Mais qu’en échange je ne devais rien dire à mon père. Je voulais savoir ce que c’était, elle ne m’a rien dit. Elle… m’a montré. Tous les soirs. Elle me touchait… elle… me forçait à la toucher aussi. ‘‘

J’étais en train de défaillir... J’étais blême, je le savais. Je le sentais. J’en avais la nausée, l’estomac noué, la gorge serrée; on avait abusé de lui?! C’était... dégoûtant! Mes membres se mirent à trembler et je ne savais plus comment réagir face à cet aveu. Sa belle-mère lui avait volé son innocence, sa jeunesse, son sourire, une part importante de sa vie. Comment un être humain pouvait-il faire une telle chose?!

‘‘ Quand j’étais dans l’adolescence, elle en a profité. Mon corps changeait, mes hormones marchaient à bloc, naturellement. Elle me répétait que j’étais vraiment un joli garçon ou un joli jeune homme. Elle est passée à l’étape suivante… elle… me griffait ou me mordait quand je n’allais pas aussi vite qu’elle voulait, quand elle n’était pas satisfaite… elle me lessivait chaque nuit. Elle me répétait que j’étais trop faible pour autre chose. Que je ne méritais rien d’autre. Que j’étais un lâche, un gamin, un minable. Que j’étais une honte pour mon père. Elle contrôlait tout. Ma vie, mes journées, mes nuits, ce que je mangeais ou non. Elle me disait même de ne jamais me faire d’amis. Quand je me retrouvais seul avec mon père qui dépérissait lentement, je n’osais plus le regarder en face. Je me sentais trop mal… il ne savait pas ce que sa femme faisait à son fils… et je n’ai jamais eu le courage de lui dire. J’avais peur d’elle. J’ai toujours peur d’elle. C’est un matin de mes vingt ans que j’ai trouvé mon père dans son lit. Il avait péri seul dans la nuit alors qu’elle… me… enfin, voilà. J’ai alors décidé d’arrêter. Comme un déclic. Il a fallu que mon père meure pour que je me réveille et la vire. Je l’ai fait partir de chez moi. Mais je sais qu’un jour elle reviendra. C’est… ensuite que… j’ai commencé à battre les femmes… pour être sûr de ne plus être manipulé. Pour qu’on ne me fasse plus de mal…, je me protégeais… je voulais contrôler. Je ne suis pas mieux qu’elle au final… ‘‘

Une heure s’écoula et pourtant elle avait passé si vite. J’étais toujours assise au centre du lit, les doigts crispés sur les draps de mon lit. Jamais je n’avais eu conscience que Snow était couché au pied du lit, calme. Mon regard était toujours posé sur Destan qui m’avait livré son sombre secret. J’étais maintenant en mesure de comprendre la gravité de sa souffrance, sa provenance et pourquoi il s’en prenait ainsi aux femmes qu’il trouvait. Il cherchait à se faire justice, à se défouler, à extérioriser sa rage alors que ça ne fonctionnait pas. Prenant mon courage à deux mains, je me glissai jusqu’au bord du lit pour marcher jusqu’à lui. Je me mis à genoux par terre, juste devant lui et l’humain redressa légèrement la tête. Nos regards se croisèrent et je lui fis un sourire, désolé.

‘‘ Vous avez traversé de rudes épreuves, mais il ne faut pas baisser les bras. Vous êtes toujours là aujourd’hui et la vie ne laisse rien au hasard, Destan. Je crois au Destin... Nos chemins ne se sont pas croisés par erreur, j’en suis persuadée. Je... perçois votre souffrance. J’y suis sensible. Vous devez me prendre pour une idiote de première après tout ce que j’ai subit, mais je ne regrette aucunement d’être resté. Je suis honorée que vous vous soyez confié à moi et je tiens à vous aider. Laissez-vous une chance... laissez votre passé derrière et foncez dans la vie. Mordez là. Domptez là. Souriez-lui et elle vous sourira... Je serai là pour vous soutenir. ‘‘

Je lui fis un faible sourire. L’envie de poser mes mains sur les siennes, sur ses genoux, avait été très tentante, mais je me souvins juste à temps qu’il détestait se faire toucher. Maintenant je comprenais parfaitement pourquoi...

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Jeu 19 Sep - 22:01



The Darkness of a Soul…


« Ainsi venu le temps du changement…”

feat Elwèn Asaë

Assis, les mains crispées sur ses genoux, il attendait juste le verdict de la femme. Si elle allait le jeter dehors, fuir, lui dire qu’il n’était qu’un ignoble être qui méritait d’être seul… Elle ne le fit pas. Le silence s’éternisait et il entendit le mouvement des draps avant de voir des pieds devant lui. Il redressa la tête alors qu’elle s’agenouillait devant lui. Elle était si proche et pourtant, ne lui faisait rien…son regard bleuté semblait être dirigé vers la compassion plutôt que le dégoût…

-Vous avez traversé de rudes épreuves, mais il ne faut pas baisser les bras. Vous êtes toujours là aujourd’hui et la vie ne laisse rien au hasard, Destan. Je crois au Destin... Nos chemins ne se sont pas croisés par erreur, j’en suis persuadée. Je... perçois votre souffrance. J’y suis sensible. Vous devez me prendre pour une idiote de première après tout ce que j’ai subit, mais je ne regrette aucunement d’être resté. Je suis honorée que vous vous soyez confié à moi et je tiens à vous aider. Laissez-vous une chance... laissez votre passé derrière et foncez dans la vie. Mordez là. Domptez là. Souriez-lui et elle vous sourira... Je serai là pour vous soutenir.

Il se mordit l’intérieur de la joue. Ne pas baissez les bras, laisser son passé en arrière, foncer dans la vie…si facile. Elle ne savait pas ce qu’il avait réellement, même s’il avait parlé. Elle ne savait pas qu’il était hanté tous les jours, à chaque minute, chaque nuit même, par ses démons. Qu’il ne ressentait jamais de bonne humeur ou de joie. Depuis ses onze ans, il ne savait plus ce que ça faisait de rire et sourire… d’être juste heureux… c’était quelque chose d’impossible pour lui.

Il fronça seulement les sourcils en repensant à ce qu’elle avait dit. Elle percevait sa douleur ? Drôle de langage… il pencha alors la tête de côté, et découvrit avec stupeur ses oreilles pointues. Son cœur s’affola et il leva une main vers elle. Aussitôt elle se tendit alors il remit sa main chez lui, ressentant pour la première fois… des remords d’avoir fait du mal. Il souffla alors :


-Tu… tu es une elfe… Je n’avais pas…

Vu ? Compris ? Bien sûr que non puisqu’il était trop occupé à vouloir la dresser et la frapper. Il baissa la tête, serrant les poings. Les elfes étaient un peuple fier, supérieurs aux humains. Qu’allait dire les siens quand elle leur dirait pour ce qu’il lui avait fait ?

-Je... ne…je suis désolé… je…

Il ne s’était jamais excusé. Alors il avait du mal. Son cœur battait affreusement vite et il avait chaud.

-Tu peux me dénoncer aux tiens si tu le souhaites…

Il ne savait pas du tout quoi dire d’autre…

-Je n'en ferai rien et n'avait pas l'intention de parler de ça  à qui que ce soit.

Elle n’allait rien dire ? La part sombre de lui ce méfiait, lui susurrait que jamais il ne devait lui faire confiance… mais l’enfant ressortait et le convainquait qu’il pouvait.

-Qu’est-ce que… je dois faire à présent ? Je… t’ai parlé… je… ne sais pas ça me fait peur maintenant… je ne connais pas et je ne contrôle pas…

Il se prit le visage entre les mains, commençant à paniquer en réalisant qu’il entrait dans l’inconnu…

-Respirez profondément et calmez-vous d'abord. Il vous faut affronter vos peurs maintenant, d'accord ? Étape par étape. Je suis là pour ça et resterai jusqu'à ce que votre état s'améliore. Vous y arriverez... je vous le promet, Destan.

Elle restait immobile et quand il la regarda, il vit son petit sourire, mais cela ne le calma pas. Affronter ses peurs ?

-Vous êtes capable... croyez en vous. Crow et moi sommes là pour vous aider.

-Crow ne doit absolument rien savoir. Il va me trahir sinon, me poignarder dans le dos. Pas lui, juste toi.

Il attendit qu’elle acquiesce avant de se lever doucement, d’ouvrir les volets et la fenêtre pour inspirer l’air extérieur, chargé d’humidité. Cramponné au rebord mouillé, il chassait sa panique. Son cœur ralentissait faiblement, mais il y avait toujours ce flou en lui entre son côté sombre et l’enfant.

-Qu’elle est la première étape ?

-À vous de me le dire... je ne veux pas forcer les choses. Vous n'aimez pas qu'on vous touche, peut-être que ça pourrait être ça.

Se faire toucher… c’était sans doute ça oui. Il se tendit et ferma les yeux en soufflant :

-Vas-y alors… touche-moi…

Il lui tournait le dos, il ne verrait donc pas son approche… Cramponné, il se préparait mentalement au contact qui suivrait. Il respirait vite, et entendit le mouvement quand elle se leva. Les secondes s’égrenèrent et d’un coup, une main s’apposa sur son dos. Il tressaillit, se tendit. Il ferma les yeux avec violence, voyant des étincelles sur ses paupières closes, serra le rebord comme s’il pouvait mourir en le lâchant, et les démons revinrent aussi. Il voyait sa belle-mère, son sourire… Mais il ne dit rien. La main était toujours sur son dos, et bougea. Le toucha.

-Arrête…Souffla-t-il avec difficulté.

La main se retira et ce fut comme si on arrêtait de l’étrangler. Il respirait et sa tension se relâchait progressivement. Il déglutit, prit une grande goulée d’air frais. Il devait faire une pause avant qu’elle ne poursuive.


-Continue.

La main se reposa sur son dos, et ce fut le même scénario qu’avant. Il était juste tétanisé. Il ne voyait qu’une chose, ses griffes enfoncées dans sa peau, ses paroles soufflées à l’oreille, alors qu’il la baisait sauvagement… une sourde pulsion le prit de court : celle de prendre l’elfe par le cou, la plaquer au mur, l’embrasser et la sauter comme il le faisait avec sa belle-mère. Il se fit encore plus violence pour ne pas y céder. La dernière femme qui avait été dans son lit, il avait manqué la violer. Il ne voulait pas devenir en plus d’un bourreau, un violeur.

Il restait donc le plus immobile possible, laissant le cyclone le ravager de l’intérieur tandis que la seconde main de la jeune femme le prenait au bras…


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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Lun 23 Sep - 3:34



















Destan était nerveux, terrorisé. Il venait de se mettre à nu en me dévoilant ses sombres secrets et je pouvais comprendre cette réticence qu’il éprouvait soudainement envers moi. La peur de se faire trahir ou quelque chose s’y apparentant de près devait le hanter désormais.
Quand il fronça les sourcils, mon sourire s’effaça pour laisser place à ma méfiance. Que... regardait-il? Mon coeur s’affola d’un seul coup alors que ce jeune homme semblait s’intéresser à quelque chose de ma personne. Sa main droite se leva alors et s’approchait de ma tête. Aussitôt mon corps se tendit et je déglutis, mais Destan semblait avoir compris que j’eus peur l’espace de quelques secondes, car il ne poursuivit pas son mouvement.

‘‘ Tu… tu es une elfe… Je n’avais pas… ‘‘

Sa voix n’était qu’un souffle difficile et paniqué; Crow ne lui avait pas parlé de mes origines alors. Le fait que je ne sois pas de la même espèce que lui semblait l’inquiéter davantage.

‘‘ Je... ne… je suis désolé… je… ‘‘ Commença t-il. ‘‘ Tu peux me dénoncer aux tiens si tu le souhaites… ‘‘

Le... dénoncer aux miens? À quoi cela ne servirait-il de toute manière... à rien. J’étais en territoire humain pour satisfaire ma soif de curiosité, pour découvrir leur mode de vie, leur culture, leur manière d’être et non pas pour déclencher une guerre qui ne ferait que déverser le sang d’innocents ou entacher le nom de ma famille. Cet homme avait souffert par le passé et c’était ce qui l’avait rendu fou, qui l’avait enfermé dans une cage. De toute manière, nous ne sommes pas de sauvages barbares chez les elfes. Sinon pouvons régler un conflit par la diplomatie, nous le faisons pour le bien des nôtres.

‘‘ Je n’en ferai rien et n’avait pas l’intention de parler de ça à qui que ce soit. ‘‘

Et c’était la pure vérité. Cet humain avait besoin qu’on prenne sa la main qu’il tenait de tendre et elle l’avait prise. Il s’était confié à moi au risque que je le manipule, mais s’il me connaissait un tant soit peu, il aurait compris que j’étais incapable de mentir ou de faire du mal sans raison valable. Et encore.

‘‘ Qu’est-ce que… je dois faire à présent ? Je… t’ai parlé… je… ne sais pas ça me fait peur maintenant… je ne connais pas et je ne contrôle pas… ‘‘

Je sentais la panique naître un peu plus en lui par l’intermédiaire de sa voix et de son regard argenté. Pourtant, il n’avait pas à avoir peur de moi. Je ne lui voulais aucun mal, même après ce qu’il m’avait fait endurer. Cependant, j’aurais probablement réagir de manière similaire et on m’avait faire vivre un tel enfer. Si j’avais pu bouger et éviter de le voir se tendre, j’aurais tenté de mettre une main pour la sienne pour lui faire comprendre mes intentions, mais c’était trop risqué. Alors, je restai agenouillé par terre et murmura d’une voix douce :

‘‘ Respirez profondément et calmez-vous d’abord. Il vous faut affronter vos peurs maintenant, d’accord? Étape par étape. Je suis là pour ça et resterai jusqu’à ce que votre état s’améliore. Vous y arriverez... je vous le promets, Destan. ‘‘ Puis il me regarda. ‘‘ Vous êtes capable... croyez en vous. Crow et moi sommes là pour vous aider. ‘‘

‘‘ Crow ne doit absolument rien savoir. Il va me trahir sinon me poignarder dans le dos. Pas lui, juste toi. ‘‘

Crow, un traitre? Ça, j’en doutais fortement. S’il avait été ce genre d’homme, il y aurait longtemps qu’il aurait trahi son acolyte ou bien qu’il lui aurait enlevé sa vie. Or, ce n’était pas du tout le cas. Le concerné était dans le couloir, j’arrivais à l’entendre tourner en rond dans le couloir, prêt à intervenir. Il semblait même nerveux, car j’entendais un léger cliquetis de son arme qu’il entrait et sortait de son fourreau.
Acquiesçant finalement d’un simple hochement de tête, mes iris aqua suivirent Destan qui marcha d’un pas lent jusqu’à la fenêtre de la petite chambre que j’occupais. Il ouvrit les volets, laissant l’air frais et humide de la matinée pénétrer la pièce. Dehors, le brouillard était épais et on ne percevait que faiblement le chant des oiseaux.

‘‘ Qu’elle est la première étape? ‘‘

La... prochaine étape? Cette question m’embêtait, car je croyais qu’il saurait par quoi il aurait aimé commencer. Je ne pouvais pas lui imposer de choix dans son processus de guérison puisque je ne faisais que l’assister, l’aider à rejoindre la surface. Je déglutis alors puis me levai en prenants appuis sur le bord de la chaise. Mes jambes étaient encore faibles et mon équilibre reprenait du mieux. Mais ce n’était pas extraordinaire encore. Si je voulais, je pourrais trébucher en accrochant une pierre. Enfin bref...

‘‘ À vous de me le dire... je ne veux pas forcer les choses. Vous n’aimez pas qu’on vous touche, peut-être que ça pourrait être ça. ‘‘ Dis-je sans réellement savoir.

‘‘ Vas-y alors… touche-moi… ‘‘ Souffla t-il difficilement.

Destan me tourna le dos, ses mains accrochant avec force au rebord de la fenêtre. Ses phalanges en étaient blanches et soudainement, je me pris à hésiter. Certes, j’avais peur qu’il me frappe si je l’effleurais un tant soit peu, mais bon. Si je n’essayais pas, comment pourrais-je trouver? C’est donc tranquillement que j’approchai de l’humain en levant une main que je déposai très doucement contre son omoplate droite. Mes doigts le touchèrent les premiers puis ma paume. Destan était extrêmement tendu et j’entendais sa respiration se faire de plus en plus profonde. Intérieurement, je paniquais, mais je gardais contenance.

‘‘ Arrête… ‘‘

Je l’entendais à peine tellement il avait de la difficulté. Ma main le quitta, restant cependant dans les airs le temps qu’il se calme un tant soit peu. Ma respiration était calme, mais mon coeur fou. Il prit une profonde respiration puis me demanda de continuer et j’obéis. Mon membre se reposa au même endroit que précédemment et j’entendis patiemment la suite des choses. Destan luttait intérieurement et je sentais ses muscles se contracter sous ma main. J’avais pitié de cet homme et ce qu’il avait pu endurer dans sa vie. Comme tout le monde, il méritait de connaître le bonheur, de pouvoir rire et sourire, d’avoir de l’affection de son entourage et surtout, d’avoir des gens de confiance autour de lui. Secrètement, je devais espérer devenir une de ces personnes.
Inspirant profondément, je me fis un peu plus téméraire et déposa doucement ma main droite contre son avant-bras et il ne bougeait pas. Ses paupières étaient maintenant closes et je voyais la douleur de mes gestes sur les traits de son visage. Son dos fut laissé en paix, mais je posai mes mains sur sa droite pour la prendre.

‘‘ Ça va aller... Je ne fais que prendre votre main. Rien de plus. ‘‘

Nos regards se croisèrent alors que Destan relevait légèrement la tête dans ma direction. Il semblait surpris par ce geste et ses iris argentés se posèrent sur nos mains. Je la tenais dans les miennes, comme si je la réchauffais alors que ce n’était pas le cas. C’est ce moment que mon ventre choisit pour hurler sa faim à tout va. Par la déesse de la nature..., c’était si embarrassant! Je me mis à rougir légèrement et baissai la tête avec un petit sourire gêné quand celui du jeune humain en fit de même. Ce fut plus fort que moi, je me mis à ricaner légèrement. Snow avait redressé la tête, les oreilles droites, et me regardait en penchant la tête de côté.

‘‘ Venez. Je vais nous faire un bon petit-déjeuner. Ça ne pourra que vous faire du bien après tout. ‘‘

Tout en douceur, je lâchai sa main et me dirigeai vers la porte de la chambre que j’ouvris. Mon loup sur les talons, nous croisâmes Crow dans le couloir qui soupirait de soulagement. Il me fit un sourire et posa son regard sur Destan d’un air compatissant. Tous les trois, nous allâmes dans la cuisine et je me mis à la tâche tout en fredonnant un air que ma mère chantonnait habituellement quand elle faisait de même.
Au bout d’une vingtaine de minutes, les assiettes étaient sur la table et je m’y installai la dernière avec une certaine gêne. Ça me faisait étrange de me retrouver avec ces deux mercenaires que je ne connaissais pas à mes côtés. Dire qu’on m’avait kidnappé et que maintenant, je sympathisais avec eux... quelle étrange tournure d’évènements tout de même.

‘‘ Alors, qu’est-ce qu’une elfe fait en territoire humain? Je ne me souviens plus si je t’avais posé la question. ‘‘

‘‘ Je crois que oui, mais je n’avais que brièvement répondu. En fait, je suis venue pour voir au moins une fois votre patrie, ses villes et votre culture. Les anciens parlent de vous dans les histoires de la Grande Guerre, mais beaucoup ont des préjugés. Or, je suis du genre à vouloir voir de mes propres yeux avant de poser mon jugement. J’étais en route vers Racium dont on a vanté la beauté. ‘‘

‘‘ Tu en es drôlement loin! Cette cité est à l’autre extrémité du continent. ‘‘

‘‘ Ah bon? ‘‘ Fis-je surprise. ‘‘ Par la déesse de la nature... moi et mon sens de l’orientation... J’ai dit mettre la carte à l’envers une fois encore. ‘‘

Voilà, j’étais affreusement gênée maintenant. Un elfe qui n’avait pas le sens de l’orientation! Ça ne devait pas courir les rues. Non?

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Lun 23 Sep - 19:01



The Darkness of a Soul…


« Aide-moi et je te dirais qui je suis… »

feat Elwèn Asaë

Elle le touchait. Elle avait une main sur son dos, l’autre sur son bras droit. Sa respiration était saccadée, profonde, il tenait le rebord de fenêtre comme pour s’empêcher de la frapper. Mais c’était nécessaire. Il ne devait pas lâcher cette main qu’elle lui avait tendue.

C’est quand il sentit ses mains descendre sur son bras qu’il tressaillit et serra un peu plus les paupières pour les garder closes. Que faisait-elle ?! Sa main droite fut soudainement prisonnière de celles de la jeune femme et il sentit comme une onde de chaleur le traverser alors qu’elle disait :


-Ça va aller... Je ne fais que prendre votre main. Rien de plus.

Prendre… sa main ? Il ouvrit les yeux et releva la tête, croisant le regard bleuté de l’elfe. Puis, doucement, il baissa le regard sur leurs mains. La sienne était enveloppée par celles de la femme, sans serrer, sans vouloir lui faire de mal. Juste comme ça. Il sentait ses doigts fins et chauds sur le dos et la paume de sa main, sentait aussi les infimes tremblements qui la traversaient encore. On aurait dit un trésor protégé par un bouclier. Comme si elle allait le protéger et faire rempart contre ce qui le hantait. L’enfant en lui était heureux, enfin détendu de savoir que quelqu’un d’autre connaissait son histoire, que quelqu’un d’autre allait prendre soin de lui, dans le bon sens du terme. Même si Destan allait avoir du mal, que ce soit à quitter ses habitudes ou à devenir mieux, il allait essayer pour de vrai. L’avenir seul pourra lui dire s’il était capable de le faire ou s’il valait mieux rejoindre son père chez les Morts.

Perdu dans ses pensées, c’est le ventre de la jeune femme qui le remit dans la réalité lorsqu’il se mit à crier famine. Il avait tout de même pris une partie de son matin pour parler… il allait lui dire d’aller manger quand son propre ventre se joignit aux concerts de gargouillements, le faisant légèrement rougir et ricaner la jeune femme. En tant normal, le fait qu’elle se moque de lui, lui aurait coûté une gifle, mais là, il se faisait violence et se disait que ce n’était pas méchant, ce n’était pas pour lui faire du mal.


-Venez. Je vais nous faire un bon petit-déjeuner. Ça ne pourra que vous faire du bien après tout.

Elle lâcha alors sa main, et il mit deux secondes avant de la suivre vers la porte. Il gardait le loup en ligne de mire, au cas où il aurait la bonne idée de le mordre une seconde fois. Mais il suivait sa maîtresse avec docilité, et ils furent bientôt tous dans le couloir. Crow attendait, visiblement soulagé de voir qu’il n’avait pas touché un cheveu de l’elfe. Destan ne comprit juste pas le regard qu’il lui lança avant qu’ils ne se dirigent vers les escaliers pour se rendre aux cuisines.

En entrant dans la pièce, Destan se figea un instant. Il n’avait plus mangé avec des gens depuis que sa belle-mère l’avait détruit. Il mangeait tout le temps seul, et jetait les restes contre un mur à cause de sa rage. Et là, il se retrouvait avec la femme et Crow.

Un peu angoissé, il s’assit au bout du banc, les laissant un peu plus loin. L’elfe cuisinait en fredonnant, tandis que son acolyte mettait la table. Destan restait immobile, jusqu’à ce qu’une assiette se pose devant lui. Cela sentait bon, il n’y avait rien à dire… Il écouta d’une oreille leur conversation, mangeant doucement, se forçant à ralentir pour que les démons restent en retrait et qu’il ne jette rien. Elle était en effet dans la mauvaise direction si elle voulait se rendre à Racium. Destan ne dit rien, reposant ses couverts dans l’assiette même si elle n’était pas totalement vide. Il masqua ses mains en les mettant sur ses genoux, sous table, les serrant avec force. Il devait se contrôler pour éloigner les démons et ne rien jeter contre le mur… c’était nécessaire…

Pour y parvenir, il se mit à réfléchir aux étapes à sa remontée. Il fallait qu’elle parvienne à le toucher sans qu’il ne s’y attende. Qu’elle le touche sans qu’il lui donne l’autorisation et surtout sans qu’il ne se tende et la repousse. C’était le plus dur selon lui. Après… il allait devoir apprendre à redevenir gentil, poli. Sauf quand il ferait les contrats. Là il serait le Mercenaire et un Mercenaire n’a pas à être gentil. Quand les deux autres se mirent à débarrasser et nettoyer, il ne fit que regarder, ne sachant pas s’il devait participer ou non. A la fin, Crow alla vers la porte et dit :


-Je dois aller faire le plein de provisions vite fait. J’en ai pour au moins deux heures. Destan il faudra qu’on voit pour le prochain contrat et… tu n’as pas intérêt à lui faire quoique ce soit pendant mon absence.

-Son loup la protégera et puis je n’ai pas à recevoir d’ordre de toi. Dégage maintenant.

Il déglutit. Il avait de nouveau été grossier. La porte s’ouvrit et se referma, et il ne resta plus que la jeune femme et lui dans la pièce.

-Il y a… il y a une guérisseuse plus loin près de l’auberge… je peux… t’y conduire pour qu’elle soigne tes plaies. Je…

Il déglutit. Maintenant il prenait conscience, réellement, de son attitude. De ce qu’il avait fait. Pas seulement à cette femme, mais à toutes les autres. Celle qu’il… avait tuée sous les coups… celle qu’il avait manqué violer… et les autres, couvertes de contusions…

-J’ai tué une femme sous les coups… Souffla-t-il, comme pour rendre ce fait plus réel.

Il serra les poings et se dirigea vers la porte. Juste avant de sortir il se retourna vers elle, et son loup gronda faiblement en le regardant.

-Il faut que… tu me touches sans… me prévenir. Il faut que… je l’accepte… alors… dès que tu me croiseras… touche-moi…

Oui, et s’il réagissait au quart de tour et la giflait ? Non, il devait se faire violence, se maîtriser. Justement, pourquoi ne pas aller se défouler dans la forge, sur du métal en fusion ? Ou même sur un mannequin de sa petite salle d’entraînement ? C’était mieux, parce qu’il sentait qu’il ne tiendrait plus vraiment longtemps. Et il ne voulait plus frapper les femmes. Il sortit donc et se dirigea vers la salle ou il entra en laissant la porte ouverte. Ainsi, si elle venait à l’improviste, il ne l’entendrait pas. Il prit une épée émoussée, et se mit à frapper le mannequin de bois, imaginant comme toujours qu’il s’agissait de sa belle-mère et rejetant toute sa rage sur elle. Il retira même sa chemise, dévoilant son corps un peu meurtri tant par sa salope de belle-mère que sa vie de Mercenaire, et continua. Il hurlait parfois, quand les démons étaient trop violents dans sa tête.

Cela allait mettre un peu de temps, mais l’enfant en lui était persuadé qu’il allait enfin remonter la pente.


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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Sam 28 Sep - 4:53



















Je conversais avec Crow toute la durée du repas. Enfin, c’était vite dit, car c’est lui qui me posait des questions, voulant savoir si c’était réellement ma curiosité qui m’avait apporté sur le territoire humain ou autre chose. Il me taquina même en disant que c’était ma part rebelle qui voulait quitter les terres elfiques à la recherche d’aventure et de piquant. Ma réponse ne fut qu’un simple sourire, car, à vrai dire, je ne le savais pas moi-même. Cet homme me faisait soudainement douter de ma personne. En tout cas, je le trouvais bien sympathique pour un Mercenaire à l’allure sanguinaire. Qui avait dit qu’il ne fallait pas se fier aux apparences? Quoi qu’il en soit, je commençais à m’attacher à cet endroit et puis parler avec des gens -malgré ce qui s’était passé - me faisait du bien. De temps à autre, mon regard aqua se posait sur Destan. Celui-ci était resté silencieux, se contentant d’écouter. Parfois, il semblait tellement pensif que je prenais à vouloir lire dans ses pensées pour comprendre sa personnalité complexe.
À la fin du premier repas de la journée, je m’excusai et poussa ma chaise vers l’arrière afin de me lever. Je pris bien entendu les assiettes vides, ou presque, puis les mit dans la bassine d’eau. Crow m’aida à nettoyer et je terminais d’essuyer la table quand celui-ci annonça qu’il partait un moment en ville pour faire des réserves. Soudainement, la nervosité me prit, bien que c’était un tantinet involontaire. Que je le veuille ou non, je n’étais pas totalement à l’aise de me retrouver seule avec Monsieur Torture. La confiance n’avait pas été établie entre nous deux, et je craignais qu’il ne me frappe de nouveau. Volontairement ou non. Je ne m’étais pas rendu compte que je fixais le plancher avant que Destan n’élève le ton et parle brusquement à son acolyte. Quand mon regard se leva, la porte se refermait derrière le mercenaire et le regard pâle du plus jeune des deux se posa sur moi. Snow, à mes pieds, grognait légèrement. Je posai une main sur sa tête pour la caresser et il cessa, sans pour autant redresser les oreilles ou détourner son regard fauve de l’humain.

‘‘ Il y a… il y a une guérisseuse plus loin près de l’auberge… je peux… t’y conduire pour qu’elle soigne tes plaies. Je… ‘‘

‘‘ Ça... ça ira. Ne vous en faîtes pas pour moi. ‘‘

À voir les traits légèrement déformés de son visage, je comprenais qu’il avait des remords face à mon état et... ça me touchait sans que je ne le comprenne. Au moins, il le réalisait et c’était déjà un bon pas en avant pour lui. Mais le chemin était encore bien long vers la voie de la guérison.

‘‘ J’ai tué une femme sous les coups… ’’

Il avait soufflé ses paroles, comme s’il s’agissait d’une délivrance et moi, je déglutis. Il aurait... très bien pu me tuer sous la force de ses coups et je ne pouvais que comprendre la douleur dont cette femme avait été victime. Le jeune homme me tourna alors le dos, ses pas se faisant lents vers la porte qui menait vers la forge. Il y eut un court silence avant qu’il ne dise :

‘‘ Il faut que… tu me touches sans… me prévenir. Il faut que… je l’accepte… alors… dès que tu me croiseras… touche-moi… ‘‘

‘‘ D’accord... ‘‘ Soufflais-je en le regardant s’éloigner.

Et moi, je restais là, comme une poire en plein milieu de la salle à manger. Snow se mit à me tourner autour en couinant légèrement puis me mordilla le dessus de la main avec douceur pour me faire sortir de ma transe; zut! Il voulait aller dehors pour ses besoins! Le faisant sortir, j’en profitai pour m’en aller vers la chambre que j’occupais et attrapai mon arc ainsi que mon carquois. J’allais donc rejoindre ma bête à fourrure qui était disparue dans la forêt et cherchai une cible des yeux avant de m’installer. Il y avait longtemps que je n’avais pu m’entraîner alors quoi de mieux que ça pour commencer la journée ? La flèche entre mes doigts fins, je l’encochai et levai l’arc, bien droit devant moi. Une paupière close, la cible en vue, j’inspirai profondément avant de décocher la flèche qui siffla dans l’air. Le carreau rata de peu mon objectif; j’étais un peu rouillé en fin de compte. Je recommençai, encore et encore, ne cessant que lorsque j’eus touché la pomme qui tombe au sol. Snow l’attrapa dans sa gueule et me l’apporta.

‘‘ Merci bien, mais... avec ta bave, je doute que ce soit très délicieux. ‘‘

Le loup pencha la tête de côté et aboya un coup en fouettant l’air de sa queue. Souriante, je caressai ses oreilles et passa l’arc autour de mon buste pour ensuite retourner à l’intérieur. J’entendais clairement les bruits de marteau sur le métal en fusion qui provenaient de la forge. Avançant, mes pas se stoppèrent juste en face de la forge. Destan était devant le four, torse nu, à frapper durement la lame rougeoyante d’une lame en cours de naissance. Sa peau était marquée par le temps et les épreuves qu’il avait traversées dans sa vie... Hum... Mes joues s’empourprèrent aussitôt quand je me rendis compte que j’observais le dos rutilant et tout en muscles de l’humain. Bon sang... Une chance qu’il n’avait pas vu la tête que je faisais! M’empressant de déguerpir de là, je retournai dans la chambre que j’occupais pour y ranger mon arc et mes flèches. J’assis mon fessier sur le bord du lit et observai la petite pièce en battant l’air des jambes. Mains sur le bord du matelas, mes yeux balayaient la petite pièce; ça manquait de décoration ici. M’enfin...

Mon corps tomba vers l’arrière, rebondissant légèrement à cause du choc contre le matelas. En soupirant, je cherchais quoi faire de ma peau quand je me dis qu’une petite boisson fraîche ferait certainement plaisir à Destan. Oh ! Avant je devais m’occuper de mes blessures. Ce que je fis avant de sortir de ma chambre. Voilà, fin prête, je sorti pour la troisième fois de là et avait ralentit devant la porte de la forge pour zyeuter. J’accélérai, la tête basse et les joues rouges en vue de me rendre à la cuisine où je cherchai un verre de métal que je remplis d’eau fraîche. Revenant de nouveau sur mes pas, j’entrai dans la forge et hésitait un moment avant de poser doucement une main sur l’épaule de l’humain qui fit volte-face brusquement.

‘‘ C’est moi! ‘‘ M’empressais-je de dirai avant de me faire frapper.

J’avais même courbé légèrement mon dos et fermé les yeux pour anticiper le coup qui n’arriva pas. Sauf que je vis bien sa main dans les airs. L’humain semblait nerveux... et il était moins une, car un peu plus et j’échappais le verre par terre.

‘‘ Je vous ai apporté de l’eau. J’ai pensé que vous auriez peut-être soif avec cette chaleur. ‘‘

C’en était presque suffocant tellement il faisait chaud dans cette pièce. Je comprenais pourquoi il enlevait des couches de vêtements. Pas que c’était déplaisant aux yeux, mais... À quoi est-ce que je pensais là ?! Pas zyeuter... de zyeuter Elwèn... ! Sauf que mon regard mit un temps fou à comprendre l’information et je pus enfin détourner la tête. Je m’installai donc sur un tabouret de banc, non loin de l’enclume, pour l’observer pendant son travail.

‘‘ Que faites-vous? ‘‘ Lui demandais-je, encore gênée.

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Sam 28 Sep - 11:54



The Darkness of a Soul…


« Suis-je vraiment celui que je pensais être ? »

feat Elwèn Asaë

Destan était essoufflé quand il cessa de martyriser le mannequin. Il se tourna plutôt vers l’enclume, et décida de forger une lame. Une belle lame. Il commença donc, soufflant la forge pour que le métal chauffe bien, avant de la saisir et la plonger dans l’eau froide. La fumée envahit la pièce un court instant, avant qu’il ne repose la lame sur l’enclume, agrippant un marteau pour commencer à la former.

Jamais il n’entendit les pas, trop concentré sur la lame qu’il voulait façonner, perdu dans ses pensées. Alors quand une main s’abattit sur son épaule brusquement, il sursauta et se tourna vivement, sa main allant déjà vers l’arrière dans le but évident de frapper celui qui avait osé le toucher.


-C’est moi!

Il déglutit, le cœur fou, nerveux, et vit l’elfe, courbée, yeux fermée, dans l’attente du coup. Terrifiée par lui. Il rabaissa la main, tremblant. Pourquoi n’était-ce que maintenant qu’il se rendait compte de cette crainte qu’il provoquait ? Pourquoi est-ce que ce constat lui faisait si mal d’un coup ? Quand elle rouvrit les yeux, elle lui dit :

-Je vous ai apporté de l’eau. J’ai pensé que vous auriez peut-être soif avec cette chaleur.

Ses yeux se posèrent sur le verre qu’elle tenait, légèrement tremblante. Personne ne lui avait jamais proposé à boire comme ça, sans qu’il ne l’ordonne… Hésitant, il approcha la main et prit le verre, sans la toucher. Oui il faisait chaud mais c’était normal et nécessaire. Il but une longue lampée pendant qu’elle allait s’asseoir sur un petit tabouret plus loin. Il posa le verre sur l’établi à côté et se remit à la tâche, cherchant ce qu’il était en train de faire avant. Il se recommençait faiblement à taper le métal qui durcissait, un peu gêné de la présence de la jeune femme. Il avait l’habitude d’être seul.

-Que faites-vous?

Elle voulait vraiment savoir ? Il pivota un peu pour la regarder et répondit :

-Je… je forge une lame… une épée en fait. Tu peux… t’approcher un peu si tu le souhaites.

Il continua de donner à la lame la forme qu’il voulait, avant de la refroidir encore.

-Il faut que le métal soit travaillé tout de suite… c’est là où il est le plus réceptif, le plus facilement modelable. Et après juste avant qu’elle ne durcisse pour de bon je vais pouvoir y graver les ciselures et autres motifs que je veux.

Il avait l’impression que c’était son père qui lui parlait, ou qui parlait à travers lui. Jamais personne ne s’était intéressé à ce qu’il faisait. Il continua jusqu’à, justement, cette étape de la gravure. Il commença, minutieux, gravant des ramures qui courraient sur le centre de la lame. Et là, il allait faire quelque chose qu’il n’aurait jamais fait avant.

-Tu veux… graver quelque chose ?

Il n’osa pas la regarder, mais elle fut bien vite proche de lui. Son cœur accéléra et il se sentit se tendre, mais n’en fit rien. Il lui donna l’outil, et lui montra, sans la toucher, comment s’y prendre.

-Il faut être précis et… ne pas hésiter. Tu n’as droit qu’à un essai…

Il regardait ses gestes, et trouvait qu’entre ses doigts fins et délicats, l’outil semblait se mouvoir tout seul. Et l’on aurait presque dit qu’elle avait fait ça toute sa vie tellement elle était précise. Elle tremblait un peu, mais sans plus.

-C’est vraiment…super pour une première fois…

Il était complètement gêné, et pour la finition, il la laissa frapper elle-même le métal, pour s’assurer de sa solidité. Crow venait de rentrer et bien sûr, il entendit les bruits des coups. Et pensa immédiatement à Destan qui s’acharnait sur la femme. Le Mercenaire lâcha donc les sacs de courses et se précipita vers l’endroit. Il ne prit pas le temps de regarder qu’il se jeta sur son ami, le repoussant plus loin.

-Je t’y prends !

-Je n’ai rien fait ! Elle m’aidait à forger !

Crow regarda le tout, et vit la jeune femme en parfaite santé. Destan lui, se sentait de nouveau en colère et chercha sa chemise, qu’il renfila vite fait en disant :

-Arrête de t’occuper de mes affaires.

-Je ne te fais pas confiance, Destan. Ce n’est pas pareil.

-Pourtant tu devras t’y faire.

Le jeune homme passa à côté de son acolyte pour sortir de la pièce et les laisser seuls. C’était ce que Crow voulait de toute façon. Rester seul avec la jeune femme. Parce qu’il commençait à développer d’autres sentiments pour elle…

Destan monta dans sa chambre pour se laver. Il avait l’impression de ne plus être le bienvenu. D’être en trop. Il ressentait tellement de nouvelles choses depuis qu’il avait tout avoué à la jeune femme. Le remords de ce qu’il avait fait, cette sensation de gêné, de ne pas être à sa place. Était-ce à lui de s’en aller ? Il se lava, restant longtemps la tête sous l’eau pour se rafraîchir les idées. L’enfant en lui était content qu’il est permis à la femme de frapper le métal et le graver. Il avait eu l’impression de revenir en arrière quand son propre père faisait de même pour lui. Sortant de l’eau, il se sécha et s’habilla, pour ensuite s’asseoir derrière son bureau. Il prit une feuille et un crayon, pour dessiner la lame qu’il venait de créer. Il aimait bien dessiner ses créations. Ainsi, si jamais il leur arrivait malheur, il en aurait toujours une trace, et pourrait les refaire s’il le voulait. Et puis… cela chassait pas mal de ses pensées.


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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Sam 28 Sep - 16:14



















Assise sur le bord du tabouret, les mains sur les genoux, je m’étais légèrement avancée pour voir avec un peu plus de clarté ce qu’il faisait. De temps à autre, mes yeux louchaient vers ses bras luisants de sueur et bien entendu, je me mettais à rougir. Une chance qu’il faisait sombre dans ce genre d’endroit!

‘‘ Je… je forge une lame… une épée en fait. Tu peux… t’approcher un peu si tu le souhaites. ‘‘

Ma présence semblait le déstabiliser, mais ses paroles me tirèrent un sourire enfantin. Étirant les jambes, un pied en pointe, je regagnai le sol que je ne touchais pas une fois assise et approchai lentement de la forge, mains croisées derrière le dos. Devant ce four, il faisait une chaleur à tomber par terre. Nul doute là-dessus. Et moi qui supportais très mal la chaleur.
C’est donc avec curiosité que je regardai le marteau s’abattre sur le métal encore chaud, voyant clairement la forme de la lame prendre vie. C’était... surprenant de voir comment les armes étaient faîtes. Il y avait tant d’effort donné pour une seule lame. Tant de sueur et de fatigue. À l’aide de longue pince, il trempa la lame dans l’eau, provoquant une mince fumée au-dessus de la cuve, puis la remit sur l’enclume.

‘‘ Il faut que le métal soit travaillé tout de suite… c’est là où il est le plus réceptif, le plus facilement modulable. Et après juste avant qu’elle ne durcisse pour de bon je vais pouvoir y graver les ciselures et autres motifs que je veux. ‘‘

Oh ? Génial!

Alors, l’ont pouvait rendre chaque arme unique? Cela devait nécessiter beaucoup de patience et d’imagination aussi. Malgré qu’une seule petite parole gravée dans l’acier refroidi de l’arme faisait qu’elle était la seule. Je ne me voyais pas, mais j’imaginais bien la tête que je faisais à l’heure actuelle; les yeux ronds de curiosité, un sourire en coin stupide aux lèvres. Je découvrais de nouvelles choses chez les humains. Des choses qui, chez les elfes, ne m’auraient peut-être pas autant intéressée si l’on enlevait le contexte dans lequel je me trouvais.

‘‘ Tu veux… graver quelque chose? ‘‘

Huh?!

Ma réaction fut vive et brève; j’avais levé mon regard aqua sur l’humain avec une stupeur non dissimulée. Il... voulait réellement me laisser graver quelque chose sur la lame qu’il était en train de façonner?! Je me pris à hésiter. Et si je la massacrais sans le vouloir? L’enlaidissait? Je m’en voudrais énormément... Seulement, mes pieds décidèrent de s’approcher de Destan de manière à ce que je me retrouve à ses côtés devant l’enclume. Son énergie... il était tendu, nul doute là-dessus, mais je gardai une distance de sécurité entre nous deux pour qu’il soit un peu plus à l’aise.
La petite elfe que je suis observait avec attention le travail de l’homme. Il était précis et extrêmement minutieux alors qu’il me montrait comment faire. Les instruments de travail finirent entre mes doigts et mon coeur s’affola d’un coup.

‘‘ Je... ne suis pas certaine que ce soit une bonne idée... ‘‘

‘‘ Il faut être précis et… ne pas hésiter. Tu n’as droit qu’à un essai… ‘‘

‘‘ D’accord. ‘‘

Inspirant profondément, je plaçai des mèches de cheveux derrière mes petites oreilles en pointe et penchai légèrement mon corps vers l’avant afin d’être plus près de la lame encore chaude. Les outils furent placés comme il le fallait entre mes doigts et j’approchai les pointes de l’acier encore mou, continuant les dessins que Destan avait commencé à tracer, encore un peu tremblante. J’étais si concentré que c’est le commentaire de celui-ci qui me fit relever la tête dans sa direction.

‘‘ C’est vraiment… super pour une première fois… ‘‘

‘‘ M-merci... ‘‘ Balbutiais-je, gênée.

Apparament, je n’étais pas la seule parce qu’il y avait un léger mal aise qui planait au-dessus de nous. Le jeune homme prit cependant le relais en empoignant les pinces. La lame retourna dans l’eau puis revint sur l’enclume, fumante. Le marteau me fut tendit et je n’osais pas le prendre. Destan insista du regard et mes doigts entourèrent le manche de métal. Encore une fois, l’humain me montra une nouvelle technique et me laissa frapper la lame. Bon, je n’avais pas autant de force dans les bras que lui et je sentais nettement mes muscles travailler. Forgeron devait être très demandant physiquement!
Le bruit sourd du marteau contre le métal m’assourdissait et jamais je n’entendis Crow entrer dans la pièce. C’est du coin de l’oeil que je vis qu’on avait poussé Destan. Lâchant tout, j’approchai, légèrement paniqué. Mais il ne m’avait rien fait! Qu’est-ce qu’il lui prenait?

‘‘ Je t’y prends! ‘‘

‘‘ Je n’ai rien fait! Elle m’aidait à forger! ‘‘

‘‘ Il a raison, Monsieur Crow. ‘‘

Le concerné observa le tout, le visage dénué d’émotions. Destan ne m’avait pas frappé. Non. Au contraire, il m’avait appris des choses que j’ignorais et cela m’avait grandement plu. Je sentais que par la forge, j’avais peut-être une chance plus grande de l’atteindre. Seulement fallait-il que Crow ne fasse pas tout tomber à l’eau. Le plus jeune des mercenaires chercha son vêtement et cachant son buste en l’enfilant, visiblement en colère. Moi, je restais là sans savoir quoi dire, ni quoi faire. Quelle belle idiote je faisais...

‘‘ Arrête de t’occuper de mes affaires. ‘‘

‘‘ Je ne te fais pas confiance, Destan. Ce n’est pas pareil. ‘‘

‘‘ Pourtant, tu devras t’y faire. ‘‘

Destan quitta la forge d’un pas rapide et je restai là, muette, devant l’enclume à regarder la porte ouverte. Snow entra à ce moment, venant s’asseoir juste devant mes pieds. Pliant mes genoux, je me penchai pour être à sa hauteur et caressa son poitrail.

‘‘ Vous n’avez pas à être aussi brusque envers lui. Il ne faisait que me montrer comment forger une lame et non pas me frapper. ‘‘

‘‘ C’était instinctif... Même si tu m’as dit de ne rien faire, je ne peux pas me résoudre à le laisser te faire du mal à nouveau. Tu as assez morflé comme ça depuis que tu es ici. ‘‘

‘‘ Je reprends du mieux. Laissez-moi faire. Je ne demande que ça. ‘‘ Je soupirai alors. ‘‘ Sinon il va déguerpir comme un lapin vers son terrier et je veux qu’il en sorte. ‘‘

‘‘ Il a toujours été ainsi, je doute que... ‘‘

‘‘ Que quoi? ‘‘ Le coupais-je. ‘‘ Qu’il puisse changer? L’on devient ainsi après des évènements marquants d’une vie. Personne ne nait avec les racines du mal. Personne. Laissez-moi faire ce qui me semble juste pour lui. ‘‘

‘‘ Et pour toi? ‘‘

Sa question m’en boucha un coin. Me releva, je fronçai légèrement les sourcils et me rapprochai de lui.

‘‘ Je suis assez grande et âgée pour savoir ce qui est bon ou non pour moi. Je connais mes limites, et si je incapable de lui porter mon aide, je partirai. Il faut essayer. N’êtes-vous pas sensé être un ami pour lui? ‘‘

Je sentis Crow se tendre et il baissa légèrement la tête, se dérobant à mon regard. Tout ce qu’il devait faire était de soutenir Destan et non pas de le repousser comme une vulgaire bête qui ne cherchait qu’à faire du mal autour de lui. Le jeune homme avait besoin de support et de sentir qu’on l’encourageait à faire ce virage.

‘‘ Tu as besoin d’aide pour le repas? ‘‘ Murmura t-il pour changer de sujet.

‘‘ Si vous voulez. Je ne sais pas comment faire cuire de la viande puisque nous n’en mangeons pas. ‘‘

Cela semblait le réjouir de me porter assistance pour le dîner. Sortant de ce four qu’était la forge, nous allâmes dans la cuisine. Crow ramassait les provisions qui étaient tombées au sol à son arrivée et vint se poster devant le feu pour y mettre la viande à cuire. De mon côté, je m’occupais de la salade, du pain et du fromage en même temps que la confection d’un petit dessert à base de fruits.

‘‘ Je vais le chercher, je reviens. ‘‘

Crow ne me fit qu’un sourire en coin et je lui tournai le dos pour parcourir les deux couloirs qui menaient à l’escalier de l’étage supérieur. En court de route, j’observais les différentes armes accrochées aux murs. Digne d’un grand forgeron. Bien entendu, elle n’avait pas la finesse des armes crées par les elfes, mais étaient magnifiques. Toquant à la porte de la chambre de Destan, j’attendis qu’on me dise d’entrer avant d’ouvrir. Glissant ma tête dans l’ouverture, je dis, timidement :

‘‘ Vous pouvez descendre manger. Le repas est presque prêt. À moins que vous ne vouliez que je vous apporte votre assiette? ‘‘

Cependant, il semblait un peu confus. Fermant la porte, je m’avançai vers son bureau.

‘‘ Est-ce que... ça va ? ‘‘

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Sam 28 Sep - 17:51



The Darkness of a Soul…


« Je suis le capitaine de mon âme… »

feat Elwèn Asaë

Sous ses doigts, la lame prenait vie, sous formes de traits plus ou moins épais sur la feuille. Il dessinait machinalement, sans réfléchir. Il savait c’était tout. En fait, il pensait plutôt à ce qui lui arrivait. Ce changement pour le moins inattendu. A cette sensation de devenir gênant dans la maison. Sa maison.

Il avait apprécié ce moment avec la jeune femme, à la forge. Il en avait même oublié sa belle-mère, malgré son corps tendu par la proximité entre lui et l’elfe. Le moment avait été brisé par Crow qui pensait que Destan frappait encore la femme. Alors que non… il ne voulait plus frapper… il voulait remonter… mais Crow semblait lui envoyer des messages, lui faire comprendre qu’il n’y arriverait pas. Que c’était peine perdue. Qu’à un moment ou un autre, il retomberait dans le mal. Avait-il raison ? Pressentait-il ce qui se produirait dans quelques temps ? Ou voulait-il le faire fuir ? Destan ne savait pas, ne savait plus. Il était un peu perdu, avait perdu ses repères, ses marques, ses habitudes. Il ne contrôlait plus rien non plus.

Ce qui le tira de ses pensées fut le bruit contre sa porte. Pour la première fois, il ne hurla pas « entrez », mais le dit plus calmement. Il ne se tourna même pas et entendit la voix de la jeune femme :


-Vous pouvez descendre manger. Le repas est presque prêt. À moins que vous ne vouliez que je vous apporte votre assiette?

Il ne répondit rien, tourna à peine la tête. Il n’avait pas envie de se joindre à eux en fait… il se sentait en trop. Il entendit alors la porte se refermer, et crut qu’elle était partie, jusqu’à ce qu’il sente sa présence près de lui et que sa voix s’élève :

-Est-ce que... ça va ?

Il se redressa et la regarda avant de répondre, le crayon toujours dans ses mains.

-Oui… je… ça va.

La gêne était très présente entre eux. Il déglutit et répondit à sa première question :

-Je… reste ici… vous pouvez manger tous les deux.

Crow préférait ça de toute façon et… il avait l’impression d’être dans la position du faible, de celui qui obéissait. En fait, il avait peur de la réaction de Crow s’il venait. Et surtout, maintenant qu’il n’était plus aussi prompt à frapper, Crow avait tout l’avantage. Plus fort, plus baraqué. Il le maîtriserait en deux temps trois mouvements.

-Je ne veux pas vous déranger.

-Vous ne dérangez pas je vous assure... ça me ferait plaisir que vous veniez manger avec nous en fait...

Il la vit baisser la tête, visiblement gênée. Et d’ailleurs, il l’était aussi. Ca lui ferait plaisir ?

-Pourtant… je ne suis pas d’une bonne compagnie…

Non parce qu’il ne parlait pas ou très peu, et se mettait souvent à l’écart…

-S'il-vous-plait...

Il haussa un sourcil devant la tête qu’elle piquait, et se résigna. Il acquiesça et rangea la feuille plus loin sur le bureau, avant de lui emboîter le pas. Il referma la porte derrière lui et ils descendirent les marches, rejoignant la cuisine. Crow avait dressé la table et ils s’installèrent, laissant la jeune femme mettre les différents plats à table. Destan était comme toujours un peu plus loin qu’eux, mais il savoura le repas. La viande était à point, la salade très bien assaisonnée, les légumes tendre et délicieux. Il mangeait avec appétit, ce qui ne lui était plus arrivé depuis longtemps. Trop longtemps. C’était donc surprenant qu’il vide son assiette ! Et il osa même dire :

-C’était… très bon, merci.

Et une première également, il aida à nettoyer. Comme à la forge, il regarda comme elle faisait. Il essuyait, et Crow rangeait. Ensuite, Destan ne sut pas quoi faire.

-Excuse-moi pour avant, Destan. C’était impulsif.

-T’en fais pas. Je comprends.

Seulement, quelque chose sonnait faux chez Crow. Pourquoi ? Il l’ignorait. Il ignorait que son acolyte tombait lentement amoureux de la jeune femme. Il ignorait jusqu’à où il était capable d’aller pour prendre soin d’elle et lui éviter de revivre le traitement que Destan lui avait infligé à son arrivée.

-Je vais… aller promener les chiens.

Crow acquiesça et Destan n’enfila qu’un petit gilet avant de sortir. L’air de l’après-midi lui fit du bien. Les chiens étaient ravis et couraient devant lui en aboyant ou reniflant. La nature l’aidait beaucoup également. Flûte. Il n’avait même pas demandé à la jeune femme si elle voulait l’accompagner. Devait-il faire demi-tour et lui proposer ? Il soupira et rebroussa chemin, suivit des chiens. Il entra, et les trouva dans le salon. Ils le regardèrent étrangement.

-Il y a un souci avec un chien ?

-Non, ils sont là à m’attendre… mais j’ai oublié de demandé à… notre… invitée… si elle voulait venir.

Aussitôt, elle se leva, siffla son loup et le suivit en vitesse. Destan ne vit pas le regard noir que lui lança Crow. Dehors, il retira son gilet et le lui donna.

-Tu vas… avoir froid.

Oui il était toujours un peu contrôleur sur les bords. Et cela ne partirait pas. Le loup se mêla aux chiens, et ils furent à nouveau devant eux à courir gaiement. Les adultes marchaient côte à côte, sans pour autant être trop proches, en silence. Destan ne savait pas quoi dire réellement. Jusqu’à ce qu’il se lance :

-Je ressens des remords à l’idée de tout le mal que j’ai fait. Je m’en veux et… je sais que rien ne pourra rattraper tout ça. Je ne vais même pas te demander pardon. Cela ne sert à rien. Tu as souffert.

Il soupira légèrement, regardant constamment devant lui, n’osant pas la regarder.

-Crow veut juste te protéger… c’est normal. Je ne serais même pas surpris s’il était derrière nous à nous suivre.

Il se tut, ne sachant pas quoi dire d’autre. Il les emmenait vers son endroit favori : une petite clairière qui surplombait la plaine, d’où l’on voyait la ville au loin. Le coucher du soleil lui donnait un air magique et il adorait regarder ça. A l’époque il y allait avec ses parents. Ensuite il y allait seul pour déverser sa peine quand sa belle-mère le laissait en paix…

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Dim 29 Sep - 8:14



















Quand mes pas s’arrêtèrent, je me trouvais devant le bureau du jeune homme. Un meuble en bois de cerisier assez massif et ancien. Il était quelque peu usé à cause du temps et de son utilisation, mais en très bon état. Les boiseries qui l’ornaient étaient d’ailleurs bien subtiles, ce qui lui donnait un charme antique. Ramenant mon regard sur mon interlocuteur, je remarquai qu’il devait dessiner avant que je ne le dérange et d’ailleurs c’était très joli ce qu’il faisait. Les détails ainsi que les jeux d’ombres et de lumières sur le papier étaient splendides. Cet homme avait réellement beaucoup de talents.

‘‘ Oui… je… ça va. ‘‘ Commença t-il. ‘‘ Je… reste ici… vous pouvez manger tous les deux. ‘‘

Mes épaules s’affaissèrent un tantinet et j’espérais qu’il n’ait pas remarqué mon désarroi. Moi qui n’étais pas un cordon-bleu, j’avais fait mon possible pour préparer un bon repas avec des aliments humains. Crow m’avait certes aidé pour la viande, mais j’avais quand même fait le reste pour trois personnes. Il serait dommage de gaspiller de la nourriture. Et puis, je voulais qu’il soit à table lui aussi. Pas reclus dans sa chambre, seul, à brouiller du noir ou trop réfléchir. Socialiser un peu ne lui ferait pas de tort non plus au bout du compte.

‘‘ Je ne veux pas vous déranger. ‘‘

Comment? Il était chez lui quand même et l’étrangère ici, c’était moi et personne d’autre. J’avais de la difficulté à comprendre son raisonnement, mais d’un autre côté, Destan n’avait qu’une très faible estime de lui-même. Sa belle-mère l’avait démolie, tout de même. Soupirant intérieurement, je dis donc, d’une voix douce :

‘‘ Vous ne dérangez pas je vous assure... ça me ferait plaisir que vous veniez manger avec nous en fait... ‘‘

Et c’était la pure vérité. J’avais passé une belle après-midi à ses côtés dans cette forge étouffante et... je le trouvais sympathique quand il ne hurlait pas. Cette gêne le rendait même assez mignon. Hem. Cette pensée me fit baissé la tête et je sentis une nouvelle fois mes joues tourner au rose. J’espère qu’il n’avait rien remarqué!

‘‘ Pourtant…, je ne suis pas d’une bonne compagnie… ‘‘ Murmura t-il.

Destan avait l’air un peu bougon, à moins que ce ne soit parce qu’il était bouleversé par ma demande? Je ne le savais pas réellement alors je tentai le tout pour le tout. Si mon air de chien battu ne le faisait pas craquer, il me faudrait impérativement trouver une autre manière. Manipulatrice? Bien sûr que non. Seulement, je tenais à ce qu’il vienne s’asseoir à sa propre table avec nous pour déguster un bon repas en tranquillité.

‘‘ S’il vous plait... ‘‘ Tentais-je, d’une petite voix.

Mes yeux aqua croisèrent l’argenté des siens. Le sourcil ainsi levé me tira un faible sourire et intérieurement, je dansais la samba. Cachant mon excitation, je l’observai se lever et contourner son bureau pour me suivre en dehors de la pièce. Nous nous rendîmes à la salle à manger où les hommes s’installèrent pendant que je m’occupais de dresser convenablement les assiettes. Destan était toujours un peu plus à l’écart, mais je le voyais manger avec nettement plus d’appétit que la veille. J’étais contente de le voir manger à sa faim et vider son assiette. Il avait même mangé le petit dessert que je leur avais fait.

‘‘ C’était… très bon, merci. ‘‘

Je lui répondis par un sourire en coin timide et nous sortîmes de table pour commencer à nettoyer. Les deux mercenaires m’aidaient alors que j’avais les deux mains plongées dans l’eau. Destan nettoyait et Crow prenait ce qui était sec pour les ranger à l’endroit où nous les avions pris un peu plus tôt. Ce coup de main me faisait chaud au coeur en fait. J’entendis les excuses de Crow face à Destan et un mince sourire de satisfaction se dessina sur mes lèvres rosées.
J’étais en train de préparer du thé quand Destan annonça qu’il quittait la demeure pour promener ses chiens. Bon... tant pis alors. J’en fis pour Crow qui s’en était allé au salon après que j’eus refusé poliment son aide. Quelques minutes plus tard, j’arrivai avec une tasse que je donnai au mercenaire.

‘‘ Faîtes attention, c’est chaud. ‘‘

‘‘ Merci. ‘‘

Lui faisant un sourire, j’allais m’asseoir devant le feu. Snow vint me rejoindre, couchant sa tête contre mes cuisses. Machinalement, ma main droite caressait sa tête et ses oreilles, alors que mon regard était perdu dans les flammes. C’est alors que j’entendis des bruits provenir de l’entrée de la maison, puis des pas qui s’approchaient du salon. Tournant légèrement le haut de mon corps, je vis Destan.

‘‘ Il y a un souci avec un chien? ‘‘ Demanda Crow.

‘‘ Non, ils sont là à m’attendre… mais j’ai oublié de demander à… notre… invitée… si elle voulait venir. ‘‘

Oh... Ah oui?

J’étais légèrement surprise et je crois que cela paraissait sur mon visage. Mais sans attendre, je me redressai sur mes jambes, Snow sur les talons et je suivis le jeune homme. Je me sentais un peu mal de laisser Crow là, seul, mais j’avais besoin de me dégourdir les jambes tout comme mon compagnon à fourrure d’ailleurs.

Une fois dehors, l’air était un peu plus frais que je ne l’avais pensé. Un gilet apparut devant mes yeux et je regardai Destan un instant, confuse.

‘‘ Tu vas… avoir froid. ‘‘

‘‘ Merci, c’est gentil. ‘‘ Murmurais-je, me sentant rougir à nouveau.

Nos regards se posèrent sur les chiens et mon loup qui courraient devant nous. Le silence s’était installé et la gêne était toujours bien présente. Je cherchais quoi lui dire pour entamer une conversation, mais rien ne me venait à l’esprit. Je ne faisais que serrer le gilet du jeune humain contre moi pour me tenir au chaud et j’avançais au même rythme que lui dans le sentier. Me retrouver à nouveau dans la nature était un cadeau des Dieux. J’adorais cette tranquillité et sa sérénité. Je me sentais apaisé en quelque sorte.

‘‘ Je ressens des remords à l’idée de tout le mal que j’ai fait. Je m’en veux et… je sais que rien ne pourra rattraper tout ça. Je ne vais même pas te demander pardon. Cela ne sert à rien. Tu as souffert. ‘‘ Dit-il en soupirant, avant de poursuivre. ‘‘ Crow veut juste te protéger… c’est normal. Je ne serais même pas surpris s’il était derrière nous à nous suivre. ‘‘

Je l’avais vu qu’il regrettait, mais l’entendre de vive voix me parler de ses douleurs était toute autre chose. Sans réellement m’en rendre compte, j’avais ralenti la cadence et le regardait. Je tentais de trouver quelque chose d’intelligent à dire et pourtant, rien ne venait. Oui, le mal était peut-être fait, mais n’empêche que garder rancune ne servirait à rien.

‘‘ Destan, je sais que vous croyez que je vous en veux pour ça, que jamais je ne vous pardonnerai pour ce j’ai subi, mais sachez que c’est du passé pour moi maintenant. Peut-être trouvez-vous ça tout simplement stupide, mais en réalité, je ne vous en veux pas. Je connais votre histoire, ce qui vous fait devenir ainsi et je sens qu’au fond de vous, vous désirez franchir le pas et rejoindre la surface. Eh non, Crow ne nous suit pas. *

Mon ouïe était très fine, comme chacun de mes sens d’ailleurs. Chez les elfes, c’en était ainsi. Le mercenaire était resté à la demeure de Destan, mais j’avais senti son regard sur nous depuis l’embrasure de la porte au moment de notre départ.

‘‘ Je n’entends pas de bruits de pas autre que les nôtres ‘‘

Me risquant, je lui fis un petit sourire en coin et reprit un rythme de marche un peu plus normal, maintenant que ma surprise était passée. Je ne savais pas où nous allions ainsi, mais j’étais curieuse.
Quelques minutes plus tard, nous arrivâmes dans une clairière qui donnait une vue spectaculaire sur les environs. Une vaste plaine qui s’étendait à perte de vue dont le panorama était découpée par une immense masse au loin que je devinai être la cité humaine d’Aetarh. Je trouvais qu’elle avait des allures lugubres, mais la lueur du soleil lui donnait un certain charme. Soudainement, j’étais séduite par cette vision qui s’offrait à moi et j’avançai davantage, un large sourire aux lèvres. Le vent soufflait dans ma chevelure et léchait doucement ma peau de porcelaine. Resserrant un peu plus le gilet que m’avait prêté Destan, mon regard se posa sur lui.

‘‘ Cet endroit est magnifique... ‘‘ Soufflais-je, admirant encore un peu le paysage. ‘‘ Merci de m’avoir permis de vous accompagner jusqu’ici. ‘‘

Assit dans l’herbe, les chiens courraient autour de nous et Snow vint me lécher la joue avant de repartir joue. Il se plaisait parmi ses semblables en fait et ça me rendait tout aussi heureuse. Fermant les yeux un moment, le visage levé vers le ciel, j’inspirai une grande goulée d’air fraîche et parvint à me détendre avant de laisser tomber mon dos dans l’herbe.

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