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 The Darkness of a Soul... [PV Destan]

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Dim 29 Sep - 11:53



The Darkness of a Soul…


« Si tu veux être un homme…»

feat Elwèn Asaë

Ils avaient ralentis la cadence, et Destan ne comprenait guère pourquoi ? Souhaitait-elle rentrer finalement ? Ou y avait-il un problème ?

-Destan, je sais que vous croyez que je vous en veux pour ça, que jamais je ne vous pardonnerai pour ce j’ai subi, mais sachez que c’est du passé pour moi maintenant. Peut-être trouvez-vous ça tout simplement stupide, mais en réalité, je ne vous en veux pas. Je connais votre histoire, ce qui vous fait devenir ainsi et je sens qu’au fond de vous, vous désirez franchir le pas et rejoindre la surface. Eh non, Crow ne nous suit pas.

Comment faisait-elle pour oublier ainsi ? Pour pardonner, mettre tout de côté ? Oui son passé était une des raisons de son comportement, mais il n’excusait pas tout ! Il l’avait battue, kidnappée à la base ! Elle l’étonnait franchement. Et encore plus quand elle affirma que Crow ne les suivait pas. Il fallait avoir une bonne ouïe tout de même, avec les bruits de la nature et ceux des chiens devant eux.

-Je n’entends pas de bruits de pas autre que les nôtres

Elle lui fit même un petit sourire. Et ben… les elfes avaient donc de meilleurs sens que les humains. Ils continuèrent leur route tranquillement, jusqu’à ce qu’ils arrivent sur la colline. Elle surplombait les alentours, et offrait un point de vue inoubliable. La jeune femme s’avança pour admirer l’horizon, alors que Destan restait derrière, à l’observer. Une voix en lui le tirait vers le bas, lui susurrait des choses… et l’enfant le contrecarrait, lui disait de ne rien faire. C’était… déroutant. Il avait soudainement envie de lui sauter dessus, de la plaquer au sol, l’embrasser, la déshabiller… il secoua la tête et cligna des yeux. Surtout pas !
Heureusement elle n’avait rien vu et lui dit :


-Cet endroit est magnifique... Merci de m’avoir permis de vous accompagner jusqu’ici.

Ils s’assirent dans l’herbe et Destan respira profondément. Le vent leur chatouillait la nuque, les chiens et le loup de l’elfe gambadaient plus loin. Cela l’aidait souvent à faire le point, de se retrouver ici. Seulement… il vit la jeune femme se coucher à ses côtés.

« C’est une invitation… »

Non ! Il serra les poings, se maîtrisant. Il s’était juré de ne plus coucher avec une femme après avoir failli en violer une !

« Regarde… elle le veut sinon elle se serait pas couchée. Souviens-toi de tes leçons… »

Les leçons de sa belle-mère… les mensonges oui ! Comme si toutes les femmes qui se couchaient à côté d’un homme réclamaient ça !

« Elle savait ce qui était bon pour toi… regarde comme tu ne maîtrises plus rien… vas-y !»

Destan devait lutter, l’enfant en lui essayait de le faire, en vain. Il serrait ses jambes contre lui, pour ne pas bouger, ne rien faire.

 « Mais qu’attends-tu ? Fonce ! Sinon elle ne sera pas contente… et tu sais ce que c’est quand elle n’est pas contente ! »

Pas contente ? Il ne voulait pas qu’elle ne soit pas contente. Sinon elle allait venir, le griffer, le mordre, le forcer à… non…

L’enfant se terrait au fond de son être à ses souvenirs, à cette menace, et la lutte fut perdue. D’un mouvement vif, Destan se retrouva sur l’elfe, lui plaquant les mains au sol. Elle se débattait, surprise et apeurée.


-Chut… c’est… pour ton bien…

Elle se tortillait, voulait s’échapper, mais il la plaquait au sol sans ménagement, coinçant ses jambes aux siennes. Le visage dans le cou fin et délicat de la femme, il y déposa de durs baisers, commençant à la caresser, tenant ses mains avec une seule des siennes. Il parcourait sa taille, remontait à sa poitrine. Sans ménagement, sans douceur. Comme il avait appris. Elle criait, le suppliait d’arrêter, elle pleurait.

Fut-ce ça qui le ramena à la raison ? Ou autre chose ? Il l’ignorait, mais il ferma et rouvrit les yeux, se rendant compte de ses actes. Le temps qu’il ne se relève et la relâche, son loup apparut, se jeta sur lui, lui mordit la cuisse violemment. Destan gémit et se rejeta de côté, essayant de se libérer de l’emprise du loup.


-Lâche-moi !

Il le fit, quelques secondes plus tard, allant se poster devant sa maîtresse en grondant. Destan ne releva que faiblement la tête vers elle. Elle tremblait, pleurait, était terrifiée. Il se redressa, s’en fichant de sa cuisse un peu ouverte par les mâchoires du loup, et s’enfuit dans les bois. Les chiens ou son loup la ramèneraient à la maison, et Crow avait peut-être entendu le boucan et serait là pour la défendre. Les branches fouettaient son visage et ses bras, il tomba à deux reprises après s’être pris les pieds dans une racine, mais il mettait le plus de distance possible entre lui et elle. Il trouva une vieille souche creuse, et s’y engouffra. Comme un enfant, il se recroquevilla dans le petit espace. Qu’avait-il fait ? Il avait voulut… la… non… il porta une main à sa cuisse, trouva le tissu déchiré, et sentit le sang qui coulait. Mais ce n’était pas profond, donc pas grave, et il s’en fichait. Le loup lui avait peut-être transmis la rage ou une autre maladie…

Crow avait-il raison alors ? Il n’arriverait jamais à remonter ? Il retomberait assurément ?

« Tu n’as pas eu le courage d’aller jusqu’au bout… elle te le disait que tu étais lâche… »

Il le savait ça… et il savait qu’elle serait sa punition…

« Elle va venir… elle va te punir… »

Terrifié, il se recroquevilla encore plus dans le bois. Il voulait disparaître, mourir. Il n’allait pas rentrer. Oh non. De toute façon, Crow ne le laisserait plus approcher. Même si c’était sa maison, il n’était plus le bienvenu. Et il n’oserait même pas avoir le culot de revenir. Seulement, sa belle-mère le trouverait n’importe où il irait. Tout le temps elle savait où il se trouvait. Et si elle avait été proche toutes ses années, à surveiller ses gestes ? Et si elle s’était cachée pour l’espionner alors qu’il lui avait dit de partir ?

Il l’ignorait, et cacha sa tête entre ses jambes, paniquée, en pleine crise. Il se balançait d’avant en arrière, en proie à ses démons.

Jamais il ne remonterait… et ça, elle devait l’avoir compris à son tour… elle allait partir… avec Crow… le laisser se détruire comme un grand… parce que c’était la seule chose qu’il savait faire…


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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Lun 30 Sep - 0:18



















Il y avait longtemps que je ne m’étais pas allongé dans l’herbe haute d’un endroit paisible comme celui-ci. Paupières closes, je me délectais du vent du vent et de son toucher sur ma peau. Ma respiration était calme et lente, ce qui me permit de me détendre complètement. Seulement, je n’avais pas prévu que les choses tournent aussi mal. J’eus à peine le temps de percevoir du mouvement à mes côtés qu’un poids me cloua au sol, lourdement. M’ouvrant les yeux, c’est avec stupeur que je vis Destan au-dessus de moi, mettant tout son poids pour que je reste immobile. Mon coeur s’affola d’un seul coup en voyant son regard s’assombrir. De mes mains, je tentai de le repousser en prenant appui sur son torse, mais il emprisonna mes poignets et me les cloua au-dessus de la tête. La panique m’inondait et je n’arrivais plus à réfléchir clairement. Ma conscience me disait de fuir, mais je n’y arrivais par manque de force. Les tremblements envahirent mon corps alors que je bougeais comme je pouvais pour me libérer. Rien à faire... J’avais... j’avais réellement peur de ce qui allait se passer.

‘‘ Destan! Arrêtez! ‘‘

‘‘ Chut… c’est… pour ton bien… ‘‘

L’espace de quelques secondes, je me pétrifiai de peur. Pour mon bien?! J’essayais alors de le repousser à l’aide de mes jambes, mais le mercenaire me coinça de nouveau et immobilisa complètement. J’étais terrorisé et n’arrivait pas à me souvenir de mes leçons de défense. Pourtant, j’avais déjà réussi à me libérer de l’emprise du plus costaud de mes frères et dans une position beaucoup plus précaire que celle-ci. Mon corps ne m’écoutait plus.
L’humain embrassait durement la peau de mon cou et je serrai les mâchoires et les poings. La seule main qui lui restait parcourait mon corps, me vrillant de frissons d’horreur. Il... ne pouvait pas faire ça... ? Partant de ma hanche droite, je sentais ses doigts sur moi qui remontaient sans douceur de mon ventre à ma poitrine qu’il serra.

‘‘ ARRÊTEZ! JE VOUS EN PRIE! DESTAN! ‘‘

J’avais fermé les yeux, pleurante. Je ne voulais pas... Il ne fallait pas que ça se passe ainsi! Idiote que j’étais de penser que tout pourrait être réglé en claquant des doigts. Pourtant, je le savais, mais jamais je n’avais anticipé une telle réaction de sa part. J’avais baissé ma garde -chose à ne pas faire- et m’étais laissé porter par la beauté du paysage. Seulement, l’homme que je tendais d’aide était sur le point de tout briser. Quand...

Que... ?

Son toucher, dur et brusque, avait cessé. J’ouvris les yeux pour rencontrer son regard un bref instant et la sombre lueur qui le voilait avait disparu. Snow arriva à ce moment pour lui sauter dessus en grognant et planta ses crocs dans la chair de sa cuisse droite en le tirant pour l’éloigner de moi. J’étais tétanisé et ne parvenait pas à réagir. Tout ce que je fus apte à faire était de m’asseoir et de resserrer les pans du gilet que m’avait prêté Destan un peu plus tôt.

‘‘ Lâche-moi! ‘‘

C’était comme si j’étais figé dans le temps. Les larmes coulaient sur mes joues et ne voulaient cesser. Moi, je gardais mon regard sur le mercenaire qui leva la tête vers moi, puis prit ses jambes à son cou pour disparaître dans la forêt. J’avais de la difficulté à avaler ma salive et à contenir mes tremblements. Pourquoi est-ce que la tournure des évènements avait changé aussi radicalement? C’était hors d’atteinte et de contrôle. Je ne comprenais pas ce qui avait pu pousser le jeune humain à agir ainsi.
Je serrai mes bras contre ma poitrine et enfouit mon visage dans l’épaisse fourrure de Snow qui léchait le liquide salin sur mes joues. Je craquais. Ne tenant plus, je me mis à pleurer et serai mon loup contre moi alors qu’il silait doucement. Mes jambes étant trop molles pour me porter jusqu’à la maison, je restai là pendant une bonne demi-heure avant de me lever et revenir sur mes pas. J’étais bouleversée et j’espérais que Crow ne me voit pas rentrer.

Comble de malheur, la porte poussa un horrible grincement et j’entendis des bruits de pas depuis le salon. Une ombre se forma contre le mur, ne cessant de grossir jusqu’à dévoiler une grande silhouette masculine. Crow s’approcha et je baissai aussitôt les yeux vers le sol tout en tournant légèrement la tête vers la droite.

‘‘ Elwèn, est-ce que ça va ? Où est Destan? ‘‘

‘‘ Je ne sais pas... ‘‘ Soufflais-je difficilement.

Je voulus contourner l’homme, mais il me bloqua le passage. Surprise, mon réflexe fut de lever les yeux sur lui pour voir qu’il avait l’air dur. Je déglutis et fit mon possible pour garder contenance et masquer le torrent intérieur qui me bouleversait.

‘‘ Qu’est-ce qu’il t’a fait... ? ‘‘

‘‘ J’aimerais aller à ma chambre. ‘‘

Crow ne bougea pas et attrapa mon menton pour me redresser davantage la tête. Son regard pâle perçait le mien à jour et il grogna de mécontentement. Mes yeux étaient certainement rougis à cause des larmes que j’avais versées et pourtant, je ne voulais pas parler. Je ne voulais pas dire que Destan avait failli me violer à la clairière sinon il allait le massacrer. Sauf que le mercenaire attendait que je parler, bien décidé à ne pas me laisser passer tant que je n’aurais pas une réponse satisfaisante.

‘‘ Snow l’a attaqué alors qu’il faisait un mouvement brusque. Je... me sens mal. C’est tout... Je suis épuisé... ‘‘

Je ne mentais pas, mais je ne voulais pas non plus dire la vérité. Mes membres tremblaient et je sentais encore la force de son toucher sur mon corps ainsi que sa main serrer mon sein droit avec force. J’allais très certainement avoir une contusion à cet endroit d’ailleurs... Quoi qu’il en soit, je parvins à me détacher de l’homme et me rendre à ma chambre que je verrouillai. Snow grimpa sur le lit où je me laissai tomber, recroquevillé en position foetale. Fermant les yeux, je me mordis l’intérieur des joues. Un dilemme s’imposait à moi; partir ou rester? En restant, je prenais le risque que cela se reproduise de nouveau bien que je ne savais pas jusqu’où ça pourrait aller. Si je partais, Destan n’avait aucune chance de remonter et de lutter contre ses démons intérieurs. J’étais la seule personne à faire des efforts et je voyais qu’il y avait quelqu’un de bien en lui. Je le sentais au plus profond de mon être.

J’allais rester... malgré ce qui s’était passé ce soir-là.
J’allais rester et l’aider.
J’allais prendre mon courage à deux mains.

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Lun 30 Sep - 19:09



The Darkness of a Soul…


« Un monstre ne change pas…. »

feat Elwèn Asaë

Au fond de la souche, Destan respirait profondément, d’un son rauque, comme si l’air avait du mal à passer dans sa gorge. Il avait faillit la violer. La seule personne qui voulait l’aider, il avait faillit la violer. LA SEULE ! Il était tellement idiot… elle allait partir, il le savait. Partir sans demander son reste, retourner à son voyage, chez les siens. Il comprenait parfaitement. Et il ne la retiendrait pas non plus. D’ailleurs, allait-il retourner chez lui ? Si oui, pour chercher ses affaires et repartir ? C’était peut-être le mieux… il voulait lutter, mais il retomberait…

La nuit tomba petit à petit sur la forêt et les animaux nocturnes sortirent de leurs tanières. Destan commençait à être effrayé. Enfin, l’enfant qui était en lui. Il se releva et grimaça quand il dut reprendre appui sur sa jambe meurtrie, endormie depuis le temps. Le loup ne l’avait pas raté encore une fois. Il marcha en boitant faiblement jusqu’à la maison. Il mit du temps par manque de repère, se perdant même, et quand il vit enfin le contour de la bâtisse, il la contourna, la gorge nouée, et se posta devant la porte de la forge. Tout semblait silencieux. Entrer, ne pas entrer ? L’enfant en lui avait affreusement peur de rester dehors par ce noir. Alors il ouvrit doucement et entra, tout de suite accueillit par la chaleur du four. Il resta immobile après avoir fermé la porte, se revoyant forger l’épée avec l’elfe, plus tôt dans la journée. Cela lui serra encore plus la gorge et il s’avança dans la pièce, ouvrant la porte qui menait au couloir et donc à la maison en tant que telle.

Il faisait sombre, et il ne voyait que des braises dans la cheminée du salon, plus loin. Il allait pour monter les escaliers quand il sentit une présence. Mais avant qu’il ne puisse bouger, on l’agrippa au col et on le traîna. Il se débattait en silence, et tremblait à cause du contact.

« Tu vois… elle vient te punir… »

Non ! On le fit entrer dans la salle où il torturait les femmes. Les anneaux pendaient toujours d’ailleurs. Elle allait le… battre ? Avant de le forcer à… le faire ? Non… On le jeta dans la pièce et la porte se referma, puis le verrou cliqueta. Une bougie s’alluma et il constata que c’était Crow. L’air mauvais.


-Que lui as-tu fait ?! Siffla-t-il sans élever la voix.

Destan se redressa, retenant une grimace avec sa cuisse meurtrie, et mit autant de distance que possible entre lui et son acolyte.

-Rien…

Crow ne le crut pas, bien sûr. Il s’avança plutôt et le prit au collet, le collant au mur sans ménagement. Destan se tendit, son cœur accéléra. Il le touchait… mais il n’était plus en position de lutter contre lui.

-Elle est rentrée bien avant toi, elle avait les yeux rouges de pleurs, elle s’est enfermée dans sa chambre et n’en est plus ressortie ! Et l’on entendait clairement les pleurs à travers la porte ! Tu lui as fait quelque chose Destan ! Alors parle avant que je ne t’étripe !

-Rien… je n’ai rien fait.

D’un côté c’était vrai, puisqu’il n’avait que « tenté ». Crow le plaqua avec plus de violence contre le mur. Lui savait qu’il avait manqué violer une femme à l’époque. C’avait été Crow qui avait fait fuir ladite femme.

-Ne me dis pas que tu…

Destan baissa la tête. Crow avait compris.

-Tu es un connard, Destan. Tu la bats, elle veut t’aider, et tu manques la violer ?! Je le savais bien qu’elle faisait fausse route en voulant te venir en aide ! Bordel ! C’est une elfe ! Chez eux ce genre de choses est différent de chez nous !

-Arrête Crow, c’est bon. J’ai compris.

L’enfant cognait en lui, hurlait, pleurait. L’adulte par contre, restait aussi neutre que peut se faire.

-Non tu ne sembles pas avoir compris ! Déjà au départ je n’étais pas chaud pour la kidnapper ! Elle voulait juste visiter le royaume humain ! Tu lui en donne un magnifique aperçu ! Tu n’es qu’un gamin irresponsable, Destan. Et tu ne l’approcheras plus dorénavant. Est-ce clair ? Je vais te coller aux basques s’il le faut. Te faire suivre par son loup. Il aime bien te mordre apparemment.

Destan déglutit, sa cuisse se rappelant à lui à l’évocation du loup. Il voulait se dégager mais Crow le maintenait solidement…

-Je vais partir, c’est bon… lâche-moi Crow. Je ne ferais plus rien à personne.

« Ohh maintenant que cela devenait amusant avec elle… »

Crow fronça encore plus les sourcils et souffla :


-Partir où ? Destan c’est ta maison, ton héritage.

-Je ne sais pas, en forêt je pense. Je te lègue mon héritage. Fais-en ce que tu veux. Je ne suis plus le bienvenu, depuis longtemps.

-Ne dis pas de conneries ! C’est ta maison et tu y resteras !

-Non ! Sinon je… vais déraper. Je le sais et toi aussi. Tu le sais que je ne peux pas changer. Tu l’as très bien compris que quoique je fasse je retomberais à tous les coups ! Aide-là juste à… s’en remettre et emmène-là voyager au pire, comme ça elle ne se perdra pas.

-Je veillerais sur elle de toute façon. Mais reste ici, Destan. Je t’enferme dans ta chambre et t’apporterais tes repas. Tu ne l’approcheras plus, c’est tout. Je ne te chasse pas, je t’éloigne d’elle.

-Etre enfermé dans ma chambre ou seul en forêt, où est la différence, Crow ? Seul, tu n’auras pas à me surveiller…

-Tu n’as jamais pu rester dans le noir tout seul, Destan. Tu viens avec moi.

Le Mercenaire prit son collègue au bras et le traina. En silence, ils ressortirent et montèrent à l’étage. Destan se sentait tellement mal. Il voulait rentrer en lui-même, disparaître… arrivés devant la porte, Crow ouvrit, le poussa dedans, entra a sa suite et alla verrouiller la fenêtre.

-Comme ça tu n’auras pas la folle idée de sauter.

Restant à bonne distance, Destan le regarda allumer les lanternes et autres bougies, puis sortir de la chambre avec la seule clé disponible. Destan entendit le verrou s’enclencher puis les pas s’éloigner. Enfermé dans sa chambre, comme à l’époque avec sa belle-mère… tremblant, il se traîna jusque la salle d’eau, et se déshabilla lentement. Il nettoya la morsure, qui n’était pas si petite que ça finalement, y mit un bandage pour ne pas salir les draps, et se passa la tête sous l’eau. Quand il alla se coucher, les cheveux mouillés et en pétard, ce fut pour ne pas dormir, hanté par ses démons et ce qu’il avait faillit faire à la jeune femme.

« La prochaine fois tu iras jusqu’au bout… elle doit être aussi bonne qu’elle en à l’air… »

Destan serra les poings et frappa l’oreiller. Cette voix le faisait chier ! C’était comme si sa belle-mère était en lui et lui parlait ! Ca le rendait fou…


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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Mar 1 Oct - 2:03



















Snow s’était levé et marchait sur le matelas. Son poids enfonçait le matelas où il marchait et sa chaleur me fit du bien. Couché contre mon dos, je sentais son museau contre mon cou, mais je n’avais nullement la force ou la motivation de lever une main pour le caresser. Je pleurais parce que je me sentais impuissante face à tout ça, mais aussi, parce que je craquais. C’était comme un torrent, un mélange de tout ce que j’avais refoulé jusqu’à aujourd’hui et... ça me faisait du bien. J’étais triste et en colère. Je ne parvenais pas à discerner ce qui se passait en mois. Ma personne s’était perdue quelque part dans un territoire inconnu, dans un endroit qui ne fonctionnait pas comme là d’où je venais, là où tout était permis.
Recroquevillée dans mon lit, je serrais mon oreiller avec force. Tellement qu’au bout d’un moment, mes bras se mirent à trembler. Même si j’étais morte d’épuisement, il fallait que je tire hors de là pour changer mes pansements et donc, nettoyer mes plaies. Je mis un temps fou avant de trouver la motivation de me mouvoir et quand je passai devant la glace, je vis mes yeux rougis par les larmes. Quelle affreuse tête je faisais... Est-ce que Destan était rentré? Je l’espérais, mais je n’entendais pas un seul bruit dans la demeure lorsque je sortis de la salle de bain. Dans mes mains, je tenais le gilet du jeune homme. Celui qu’il m’avait mis sur le dos avant que nous partions en balade. Il avait été si gentil cette journée et ensuite... Pourtant, il n’avait rien de méchant dans son regard! Soupirant, j’essayai de me recoucher et de m’endormir, mais rien à faire. Malgré la fatigue, mes pensées ne faisaient que tourner en rond, encore et encore. Il fallait que je sorte de la chambre et que je m’assure que Destant était rentré pour avoir l’esprit tranquille. D’abord, j’allai me faire du thé.

L’eau bouillait dans la casserole de métal. La lanterne juste à côté l’éclairait juste assez. Ma tasse attendait patiemment que le liquide chaud s’y retrouve, tout comme la camomille que j’y avais mise. Peut-être arriverais-je à dormir après l’avoir bu. M’enfin. J’étais fixé sur les bulles d’eau quand je sentis une main s’apposer sur mon épaule. Mon coeur s’emballa, voulut sortir de ma poitrine. Aussitôt, je sursautai et bondit vers l’arrière pour mettre de la distance et me protéger s’il fallait. C’était... un réflexe. C’est là que je m’aperçu que c’était Crow. Celui-ci me regardait avec une mine inquiète et je ne pus que baisser légèrement les yeux, reportant plutôt mon attention sur l’eau. Prenant le manche de la casserole, je la versai dans ma tasse et brassai à l’aide d’une cuillère de bois.

‘‘ Elwèn... Si tu veux parler, sache que je suis là. ‘‘

‘‘ Merci, mais je vais bien. ‘‘

Je n’avais pas voulu être aussi sèche dans mes dires. C’était sorti d’un seul coup et je me sentis soudainement mal à l’aise. Prenant ma tasse, mon regard se posa sur lui et je lui fis un regard désolé.

‘‘ Pardon je... ne voulais pas être grossière... ‘‘

L’homme soupira et me fit un faible sourire en coin. Visiblement, il ne savait pas quoi dire alors il haussa tout simplement les épaules. Crow devait en avoir l’habitude avec Destan depuis le temps. Surtout s’ils s’étaient toujours parlé ainsi.

‘‘ Ne t’en fais pas. Tu n’arrives pas à dormir? ‘‘

‘‘ Non ‘‘ Soupirais-je. ‘‘ Je suis morte de fatigue, mais ne parviens pas à trouver le sommeil. Peut-être qu’avec un thé à la camomille, j’y arriverai. Est-ce que Destan est rentré? ‘‘

‘‘ Il est dans sa chambre... ‘‘

Le ton de sa voix avait légèrement changé, comme son regard. Je ne comprenais pas ce que cela signifiait, mais je sentis qu’il y avait quelque chose qui le tracassait. Était-ce... parce qu’il voulait me protéger, comme Destan avait dit pendant notre promenade?
Un lourd silence s’installa entre nous et le mercenaire prit ma tasse pour l’enlever de mes mains et... m’entoura de ses bras. L’information avait du mal à se rendre jusqu’à mon cerveau. J’étais là, molle comme une guenille à me laisser prendre par cet homme. Sa chaleur me faisait de bien, tout comme l’affection qui se dégageait de son étreinte, mais je ne me sentais pas à l’aise. C’était comme s’il y avait autre chose dont je n’arrivais pas à détecter avec la confusion qui régnait en moi. Doucement, je me détachai de Crow qui semblait mal à l’aise.

‘‘ Je... désolé... ‘‘

‘‘ Ce... n’est rien... Je... vais au salon. ‘‘ Murmurais-je en baissant la tête.

Je passai à côté de lui après avoir repris ma tasse sur le comptoir, le laissant seul dans la cuisine. La boule qui me bloquait la gorge était lourde... les larmes menaçaient de grimper une fois de plus dans mes yeux. Perdue... j’étais perdue et ne savait plus quoi faire ni penser. J’avais le mal du pays, avais envie de revoir les miens et de revenir dans le temps, mais de l’autre côté, je désirais rester et aller voir Destan. Je voulais voir comment il allait. Je bus une gorgée de mon thé, le liquide chaud coulant dans mon oesophage lentement pour se retrouver dans mon estomac vide.
Assise devant le foyer, à même le sol, je tournai la tête en entendant des pas derrière moi. On déposa une couverture sur mes épaules, celle-ci me tenant au chaud puisque je commençais à grelotter.

‘‘ Merci. ‘‘

‘‘ Il fait un peu frisquet ce soir... ‘‘ Dit-il en prenant place à mes côtés. ‘‘ Il va bien, si c’est ce qui te tracasse. Sa blessure est superficielle et guérira vite. Il en a déjà eu de bien pire. ‘‘

‘‘ Ça me rassure, mais j’aimerais voir demain. Peut-être que je pourrais... ‘‘

‘‘ Il vaudrait mieux que tu ne l’approches pas pendant un moment. ‘‘ Me coupa t-il.

Fronçant les sourcils, je tournai ma tête vers Crow qui regardait les flammes d’un air dur. À quoi pensait-il ? Il semblait tendu ou mécontent...

‘‘ Pourquoi? ‘‘

‘‘ Il a essayé de te violer non? Je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi tu ne veux pas partir. Tu veux l’aider, peut-être, mais c’est voué à l’échec, Elwèn... ‘‘

Quoi... ?!

Il... venait de dire ça?! Je n’en croyais pas mes oreilles! Je déposai ma tasse devant mon, au sol et tourna ma tête de nouveau vers lui.

‘‘ Je ne vous permets pas de dire de telles sottises! Il cherche une main pour l’aider et je serai cette main. Quoiqu’il arrive! ‘‘

‘‘ Elwèn, il t’a sauté dessus avec l’intention de te baiser! Merde! ‘‘

‘‘ Je ne changerai pas d’avis. Demain matin, j’irai le voir pour soigner sa blessure... c’est indiscutable. ‘‘

Nous nous toisions du regard un long moment, attendant que l’un de nous deux cède. C’est lui qui le fit en détournant le regard. Il soupira profondément et longuement et murmura :

‘‘ Tout ce que je souhaite, c’est qu’il ne t’arrive pas malheur par accident, Elwèn. Je viendrai avec toi par précaution. ‘‘

‘‘ D’accord... ‘‘

Sur un bonne nuit, il me quitta et je pus boire mon thé tout en admirant les flammes qui dansaient sous la cheminée.

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Mar 1 Oct - 19:04



The Darkness of a Soul…


« Je suis fou… ?»

feat Elwèn Asaë

Le reste de la nuit, Destan resta sur son lit, à se tourner et se retourner sans cesse. Dès qu’il clignait des yeux, les images revenaient. La colline, l’elfe à ses côtés, lui qui voulait la… violer. Le loup qui le mordait, sa fuite. Il y avait peu de temps encore, faire du mal aux femmes le rendait heureux. Mais depuis qu’elle était là et avait percé ses barrières… il se sentait vulnérable à souhait. Fragile. Comme un enfant.  Il s’en voulait de lui faire mal. La même sensation qu’il avait éprouvée quand il était détruit par sa belle-mère et qu’il croisait son père…

Crow le gardait peut-être enfermé dans sa chambre, Destan était sûr qu’elle allait partir. Comment pourrait-elle rester ? Elle ne le devait pas. Elle devait retourner auprès des siens. Au moins là-bas personne ne tenterait de la violer ou la battre. Crow avait raison, elle ne voulait que voir le monde humain, et il lui avait donné la pire des images… il était irresponsable, un gamin.

« Arrête de chialer. Tu sais ce qu’elle te fera si tu continues. »

Destan frissonna. Oui il savait. Elle viendrait, et le forcerait à la faire jouir. Avec sa main. Rien d’autre. Puis elle le mordrait, le frapperait, et attendrait son dû. Depuis l’âge de treize ans, la puberté. Il n’était plus puceau depuis bien longtemps, et ce demandait même ce que cela faisait, de ne rien connaître du domaine. D’être ignorant, et d’y aller petit à petit avec l’être aimé. Seulement sa belle-mère avait réduit à néant ses rêves de trouver une femme qui l’aimerait ou de fonder une famille. Il était bien trop instable pour avoir une femme, et des enfants… qui sait s’il n’allait pas faire comme sa belle-mère avec eux ? Il n’était qu’un monstre en fin de compte… il avait caressé l’espoir de remonter, mais finalement, il était retombé encore plus bas qu’avant. Et il ne comprenait toujours pas ce qui avait déclenché cette pulsion et l’apparition de cette maudite voix en lui.

Il se chauffa les neurones jusqu’à ce que l’aube pointe son nez. Là, il se leva, réveilla sa jambe et alla dans la pièce d’eau pour se débarbouiller et se changer, ainsi que le bandage. Il était vêtu d’une chemise et d’un sous-vêtement, et allait pour enlever le bandage rougit, quand il entendit la serrure cliqueter. Il se mit dans l’encadrement de la porte, et aperçut Crow entrer avec un plateau. Il était bien matinal.


-Je t’apporte de quoi manger. Ne bouge pas Destan. Elle est avec moi et veut soigner ta blessure.

Quoi ? Elle était là et voulait… non !

-Je me débrouille… j’ai déjà eu pire. Pose le plateau et va-t-en.

Même sa voix n’avait plus une once d’autorité. Il était pathétique. Mais Crow ne voulut pas et au contraire, laissa la place à l’elfe pour entrer. Destan déglutit et ne put laisser son regard sur elle. Elle devait être terrifiée. Et pourtant, elle était là.

-Elle y tient, Destan. Laisse-toi faire et mets tes mains en évidence.

Le jeune homme se mit debout près du lit, les mains de chaque côté pour que Crow les voient. C’est là qu’elle s’avança, jusqu’à s’agenouiller devant lui et être à la hauteur de la plaie. Son cœur commençait déjà à faire des embardées, et il se tendit légèrement quand elle posa ses doigts sur lui pour dérouler la bande et libérer la blessure.

« Oh putain, mon vieux elle est dans une excellente position là… «

Destan ferma et rouvrit les yeux pour faire taire cette voix. Pendant ce temps, elle appliquait une crème sur la plaie, doucement. Destan s’était fait au contact, ce qui le surprit. Mais sans réfléchir, il avança une main vers l’oreille gauche de la jeune femme. L’enfant en lui était curieux de toucher ses drôles d’oreilles en pointe… Seulement, au moment où il touchait ladite oreille, il la sentit se crisper, s’éloigner en geste de protection, et Crow c’était avancé vivement, se mettant entre elle et lui. Destan les regarda tour à tour, déglutit, baissa les yeux, et alla s’enfermer dans la salle d’eau. Oui il fuyait. Oui il se cachait. Mais que pouvait-il faire d’autre ? Il se passa la tête sous l’eau froide, tremblant.


-Destan, ouvre ! Sors de là !

-Laissez-moi… s’il-vous-plaît… l-laissez-moi…

Il pleurait. L’enfant pleurait, et déteignait sur l’adulte qui avait pris sa place trop tôt.

« Tu es pathétique, misérable, minable et lâche. Tu n’aurais pas du la faire partir de chez toi… »

Tout ça, il le savait déjà. Il avait l’impression d’être un animal sauvage. Même le loup de l’elfe était plus dressé que lui. Lui, il partait à la dérive. Il voulait juste mourir. La lutte était trop difficile, trop lourde depuis tout ce temps, trop douloureuse. La seule qui voulait l’aider, il avait manqué la violer et la détruire à son tour. Il était impossible de lui venir en aide. Il avisa la douche, y entra, à moitié habillé, ferma la cloison et alluma l’eau, chaude. Très chaude. Pourquoi ne pas s’ébouillanter ? Mort lente et douloureuse. Recroquevillé dans la douche, l’eau dégoulinant, Destan se disait qu’au moins, personne ne verrait qu’il pleurait. Il entendait vaguement les coups contre la porte, s’en fichait royalement. Il s’en voulait tellement.

 « Sale lâche ! Abandonner comme ça ! Alors que tu pourrais te la faire ! »


-Je ne veux pas… me la faire… Souffla-t-il, fermant les yeux fortement.

Pourquoi cette femme avait-elle si facilement détruit ses barrières et fait sortir l’enfant caché ? Comment avait-elle fait, alors qu’il pensait que sa carapace était invincible, rôdée par les ans ?
Il sursauta quand on défonça la porte et le tira à l’extérieur. Il se débattit, au sol, mais Crow le tenait fermement, et quand il le releva comme s’il ne pesait rien, il le gifla d’un geste sec en criant :


-NON MAIS SA VA PAS ?! T’es malade ?! Putain Destan ! Réveille-toi !

Abasourdi par la gifle, Destan ne répondit pas. L’elfe était derrière, et semblait inquiète.

-Elwèn veut t’aider bon sang ! Saisis cette chance !

Elwèn… il connaissait enfin son prénom. Joli d’ailleurs.

-Je retomberais… elle ne peut pas m’aider… emmène-là chez les siens… là où elle sera heureuse…

-Elle ne veut pas. Je le lui ais déjà proposé ! Destan… tu… tu pleures ?

Le concerné secoua négativement, mais c’était marqué sur son front. Cela surprenait Crow simplement parce qu’il ne l’avait jamais vu comme ça. Il le relâcha doucement, lui donnant une serviette.

-Tu vas te sécher, t’habiller, et venir manger. Mais je te laisse enfermé dans ta chambre.

Destan acquiesça simplement. Il avait l’impression que Crow était son père… Alors que Crow lui, voulait protéger Elwèn, veiller sur elle. Parce qu’il l’aimait…

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Mer 2 Oct - 0:06



















C’est une heure plus tard que ma tête se mit à pencher vers l’avant et que mes paupières commencèrent à devenir lourdes. Très lourdes même. Prenant appuis sur la table de salon derrière moi, je me levai tranquillement et Snow m’emboîta le pas alors que je retournais vers ma chambre. Mon corps s’affala lourdement sur le lit, mes jambes trainant au sol. C’est dans cette position peu confortable que je trouvai le sommeil.
Au petit matin, j’entendais les oiseaux gazouiller. Les minces rayons du soleil tapaient sur mon visage, me faisant grimacer. Forcé à émerger du sommeil, mon loup me lécha le visage. C’était dégoutant... La bouche grande ouverte parce que je baillais, je me dirigeai vers la salle de bain où je douchai. Mes cheveux furent tressés en une longue natte que je ramenai sur ma poitrine. Ensuite, je m’habillai et allai en cuisine pour préparer le petit déjeuner. Surprise de voir Crow déjà debout à s’atteler à la tâche, j’approchai et lui fit un sourire qu’il me renvoya.

‘‘ Bon matin. ‘‘

‘‘ Bonjour, besoin d’aide? ‘‘

‘‘ J’ai presque terminé. Tu peux préparer le plateau si tu veux. ‘‘

J’hochai la tête et fit ce qu’on me demandait, non sans piocher dans l’assiette de fruits à trois ou quatre reprises. Le mercenaire me voyait faire du coin de l’oeil et ricanait alors que je tentais de me faire le plus subtile possible. Le tout prêt, nous montâmes en haut pour rejoindre la chambre de Destan. Je ne tenais pas à ce qu’il mange seul et il fallait que je m’assure de l’état de sa blessure avant d’ingurgiter quoi que ce soit d’autre.
Nous marchions d’un pas lent dans le couloir du deuxième étage et mon coeur se mit à battre plus rapidement. Que je le veuille ou non, j’avais un peu peur que les évènements de la veille se répètent et que cette fois, ce soit la bonne. Pourtant, une partie de moi me disait que non, qu’il ne ferait pas une telle chose. Je sortis de mes pensées quand Crow toqua à la porte, tenant le plateau-repas d’une main. Il tenait à ce que je reste derrière lui pour le moment et j’obéissais sagement jusqu’à maintenant. La poignée fut donc tournée et la porte s’ouvrit dans un faible grincement. Jusqu’à maintenant, je ne le voyais pas, mais je sentais sa présence non loin devant nous.

‘‘ Je t’apporte de quoi manger. Ne bouge pas Destan. Elle est avec moi et veut soigner ta blessure. ‘‘

‘‘ Je me débrouille… j’ai déjà eu pire. Pose le plateau et va-t-en. ‘‘

Mes yeux se levèrent sur Crow qui se tourna de biais pour me faire passer devant lui et je vis Destan dans l’embrasure de la porte de sa salle de bain. Il était... assez légèrement vêtu, ce qui me fit rougir de gêne. Il baissa les yeux subitement, ne voulantpas croiser mon regard, signe qu’il se sentait horriblement mal à l’aise.

‘‘ Elle y tient, Destan. Laisse-toi faire et mets tes mains en évidence. ‘‘

Je suivis le mercenaire des yeux et sortit ce dont j’aurais besoin pour soigner la plaie causée par les crocs de Snow la veille. Le flacon de pommade en main, j’avançai prudemment vers le jeune humain, sentant le regard de son acolyte sur moi. Doucement, je mis les genoux au sol, ainsi que le médicament sous forme de crème pour dérouler le bandage souillé de sang qui entourait sa cuisse.

Aïe...

Ça ne devait pas être très agréable. Ce n’était pas très profond comme blessure, mais même. Je me mis donc au travail, sans comprendre pourquoi je frissonnais autant au contact de sa peau. Concentrée nettoyer et appliquer la pommade sur la plaie, jamais je n’avais remarqué que Destan rapprochait sa main de mon oreille gauche. Quand j’y sentis quelque chose, je pris panique et me reculai par instinct. Tout s’était passé si vite... et maintenant, Crow était entre nous deux. Je me sentis horriblement mal pour lui soudainement. Je n’avais pas voulu réagir ainsi... L’humain prit fuite et se réfugia dans la salle de bain.

‘‘ Je... n’ai pas voulu... ‘‘ Balbutiais-je difficilement.

Crow me regardait et serra doucement l’une de mes épaules de sa main pour me rassurer. Il s’approcha de la pièce où Destan s’était enfermé et toqua fortement alors que je m’approchais.

‘‘ Destan, ouvre! Sors de là ! ‘‘

‘‘ Laissez-moi… s’il vous plaît… l-laissez-moi… ‘‘

Le ton de sa voix me faisait mal. J’avais la gorge nouée en sentant sa souffrance par ces seules paroles. Secouant la tête, le mercenaire à mes côtés compris que je baisserais pas les bras tant que je n’aurais pas réussit à l’approcher et tenter chose. Crow continuait de hurler de ce côté de la porte, frappant contre le bois sombre. Aucune réponse. L’on entendait seulement l’eau qui coulait. Je croisai alors le regard de Crow et il hocha la tête pour ensuite se reculer et défoncer la porte d’un puissant coup de talon. Il ouvrit brusquement la cloison de la douche pour prendre Destan par le collet et le coincer au sol pour ensuite lui foutre une violente gifle. J’avançai, regardant la scène avec inquiétude, les bras contre ma poitrine.

‘‘ NON, MAIS ÇA VA PAS ?! T’es malade?! Putain Destan! Réveille-toi! ‘‘ Hurla t-il. ‘‘ Elwèn veut t’aider bon sang! Saisis cette chance! ‘‘

‘‘ Je retomberais… elle ne peut pas m’aider… emmène là chez les siens… là où elle sera heureuse… ‘‘

Non ! Je ne partirais pas en laissant cet homme dans un état pareil sans avoir au moins essayé de l’aider même si je ne comprenais pas moi-même ma réelle motivation.

‘‘ Elle ne veut pas. Je le lui ais déjà proposé! Destan… tu… tu pleures? ‘‘

Il... pleurait? Je déglutis aussitôt, mais n’osais pas l’approcher encore. Mon corps avait encore du mal à cause de ce qui c’était passé la veille, mais je me battais pour le faire malgré ma peur.

‘‘ Tu vas te sécher, t’habiller, et venir manger. Mais je te laisse enfermé dans ta chambre. ‘‘

Crow s’éloigna alors en douceur du jeune humain et c’est moi qui s’approchai, cherchant une serviette que j’attrapai de la main gauche. L’ouvrant, je la mis dans son dos pour ensuite entourer ses épaules et essuyer doucement sa chevelure. Il se crispait, mais c’était pour son bien et surtout, pour ne pas qu’il attrape froid que j’agissais ainsi. C’était comme... si je le protégeais, prenait soin de loin. Agenouillée devant lui qui était assis au sol, j’étais silencieuse. J’attendis qu’il se calme un peu, qu’il s’habitue à ma présence puis je murmurai :

‘‘ Je ne partirai pas, Destan. Chez moi, l’on tient toujours ses promesses. ‘‘

Je croisai son regard surpris et lui fit un faible sourire en coin. Quand il était un tantinet détendu, cet homme était vraiment très beau. Je me demandais même à quoi ressemblerait son regard argenté s’il brillait de vie.
Doucement, je repoussai la serviette de sa tête pour caresser doucement ses cheveux rebelles puis... je m’approchai pour enrouler mes bras autour de son cou et le serrer contre moi. Jamais je n’avais senti quelqu’un se tendre autant. Jamais. Mais je n’avais pas le choix et il devait après à se calmer.

‘‘ Respirez profondément. Je ne vous ferai pas mal. Seulement vous faire une accolade. Ça va aller... Ça va aller... ‘‘

Peu importait sa réaction en fait. Il pouvait me repousser comme me laisser faire. La décision lui appartenait en fait. Je ne faisais que ce qui m’avait semblé le mieux à ce moment précis.

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Mer 2 Oct - 19:34



The Darkness of a Soul…


« Merci…»

feat Elwèn Asaë

Assis à même le sol, Destan sentait les larmes ainsi que l’eau qui coulait sur lui. Crow et Elwèn étaient devant lui, et il attendait juste qu’ils partent pour qu’il se sèche et s’habille. Il se sentait vraiment minable. Seulement Crow s’éloigna, et Elwèn s’avança, agrippant la serviette doucement. Elle était vraiment proche de lui et posa le tissu sur ses épaules, et même sa tête, pour ensuite lui frotter les cheveux pour les sécher. Son cœur battait la chamade, il sentait ses mains trembler, mais ce geste lui rappelait sa mère… quand il était tout petit… Sa vue se libéra à nouveau et il croisa le regard de la jeune femme. Elle était agenouillée devant lui, et même s’il lisait parfaitement la crainte dans ses yeux, elle restait et parlait d’une voix douce :

-Je ne partirai pas, Destan. Chez moi, l’on tient toujours ses promesses.

« Punaise elle te veut en fait ! »

Non ! Elle ne le voulait pas ! Elle le faisait sans doute parce qu’elle avait pitié de lui. Parce que si elle partait elle aurait des remords ou se sentirait coupable. Ce ne pouvait être que ça. Une obligation. Qui resterait avec lui de son plein gré ? Du côté féminin s’entend.
Mais cela le surprenait tout de même et elle lui fit un petit sourire qui mettait en valeur ses pommettes et rehaussait ses oreilles. Les pointes bougeaient quand elle souriait, et cela faisait rire l’enfant en lui alors que l’adulte pleurait.

Doucement, elle laissa la serviette autour de ses épaules, dégageant juste sa tête. Elle… caressa ses cheveux en pétard, ce qui l’étonna, mais… elle s’approchait dangereusement, et ce jusqu’à ce qu’elle entoure son cou de ses bras et le serre contre elle. Il se tendit à bloc, comme jamais il ne s’était tendu, son cœur manqua exploser dans sa poitrine, ses doigts se crispèrent sur ses jambes, mais il ne la repoussa pas, tout comme il ne vit pas le regard jaloux de Crow, un peu en retrait, prêt à agir si Destan dérapait encore une fois.


-Respirez profondément. Je ne vous ferai pas mal. Seulement vous faire une accolade. Ça va aller... Ça va aller...

Il inspira et expira doucement, lentement, calmant son cœur. Ce n’était pas elle qui lui ferait du mal… mais lui…

« Elle tâte le terrain… elle viendra dans ta chambre le soir… tu vas voir… »

Non ! Il ferma les yeux, fortement. Non, non et non ! Elwèn… n’était pas sa belle-mère… elle ne ferait jamais ça ! Il voulait et devait y croire.


-Désolé… je suis… si désolé…

Crow parut étonné, puisqu’il n’avait jamais entendu Destan s’excuser auprès de quiconque. Il avait la preuve sous les yeux qu’Elwèn était capable de le changer. N’empêche qu’il en était tombé amoureux et comptait bien la charmer. Aider Destan d’accord, mais elle était pour lui.

-Avant je… voulais juste… toucher ton oreille… je… n’ai jamais vu d’oreilles comme ça… je… désolé… pourtant j’aurais du me douter que… tu aurais peur… c’est… normal… je comprends… je suis pareil… je… pardon…

Il devait vaincre sa propre peur. Alors il arrêta de réfléchir, et leva les bras pour serrer la jeune femme contre lui à son tour. Elle dégageait une chaleur bienfaisante, pleine d’espoir. Il nicha sa tête dans son cou, tentant de se calmer. Avoir agit ainsi avait redoublé les battements de son cœur tout comme ses tremblements. Crow s’était approché, prêt.

« Qu’est-ce que tu attends ? Fonce ! Vas-y ! Sois pas lâche ! Jette-là au sol, maîtrise ton copain et déshabille-là ! Je veux la voir à poil ! Dépêche-toi ! »

Destan se recula vivement, fermant les yeux pour taire cette voix. Non… il ne voulait pas…


-On t’attends dans la chambre.

Destan acquiesça et les laissa le laisser s’habiller. La voix pestait en lui, et il l’ignorait autant que possible. Il se sécha rapidement s’habilla, ignorant sa plaie. Puis il ressortit, les cheveux encore bien en désordre, et s’assit sur la chaise de son bureau. Il les laissait sur son lit et prit ce qu’on lui donna à manger. Il mangea doucement, les aliments ayant du mal à passer. Il laissa donc à nouveau une partie dans l’assiette, même si c’était bon.

-On va aller tout ranger. Je t’enferme de nouveau, Destan. Si tu as besoin tu toques ou tu hurles et je viendrais.

Destan acquiesça simplement, ne bougeant pas. Crow alla vers la porte mais Destan vit Elwèn hésiter, et il lui fit un signe. Elle ne devait pas s’inquiéter, ça allait. Et Destan voyait bien que Crow en avait marre de faire la nourrice. Ils s’en allèrent donc et il entendit la serrure cliqueter. Pivotant sur son siège, tournant le dos à la porte, Destan reprit le dessin fait deux jours avant. L’épée qu’elle avait aidé à façonner et graver. Il décida de poursuivre. Cela le calmerait peut-être. Mais il tremblait et ne voulait pas gâcher le travail déjà fait, alors il prit une feuille vierge pour dessiner tout à fait autre chose. Sa mère et son père, tels qu’ils apparaissaient dans ses souvenirs. Sans sa belle-mère. Sans ce visage qui se juxtaposait à celui de sa vraie mère…

« La prochaine fois laisse-moi faire, que je te remontre comment baiser une femme. »


-Non… je ne veux pas ça… tais-toi.

Oui il parlait tout seul. Il dessinait, perdu dans ses pensées. De toute façon, il était enfermé avec ses pensées dans sa chambre alors… autant les laisser vagabonder….

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Jeu 3 Oct - 2:32



















Lentement, mais surement, Destan se calmait contre moi. J’entendais sa respiration profonde reprendre un rythme se rapprochant quelque peu de la normale. Cela me faisait étrange de serrer un homme autre que ceux de ma famille dans mes bras, mais ce qui me surprenait le plus était que ce n’était pas totalement désagréable. Il dégageait une chaleur humaine qui me faisait du bien. C’était... étrange en fait. Les mots étaient difficiles pour exprimer clairement ce que je ressentais à cet instant et j’avais aussi l’impression d’agir comme une mère envers son enfant.

‘‘ Désolé… je suis… si désolé… ‘‘

La voix de Destan, cassée et empreinte de douleur, me sortit de mes songes où je tentais de trouver des réponses. Il... s’excusait? Mais il était déjà pardonné. Je n’étais pas rancunière et puis, l’humain ne m’avait que touché et rien d’autre. Comment pourrais-je me résoudre à lui en vouloir au point de lui en vouloir et partir? Je n’étais pas ainsi, pas ce genre de personne qui tournait le dos dès qu’on faisait quelque chose de croche. Destan méritait qu’on l’aide et qu’on lui montre la bonne voie à suivre.

‘‘ Avant je… voulais juste… toucher ton oreille… je… n’ai jamais vu d’oreilles comme ça… je… désolé… pourtant j’aurais du me douter que… tu aurais peur… c’est… normal… je comprends… je suis pareil… je… pardon… ‘‘

‘‘ Destan... ‘‘ Murmurais-je, en resserrant doucement mon étreinte autour de son cou pour lui apporter davantage de réconfort. ‘‘ J’ai eu une réaction excessive et je tiens à m’en excuser. Ce sont... des réflexes chez moi. Ne vous en faites pas. ‘‘

Un jour, je lui laisserais toucher mes oreilles pour lui faire plaisir, mais pour l’heure, j’étais encore un peu trop timide et nerveuse pour ce genre de choses. C’était, un endroit sensible chez moi et je... ne voulais pas pour le moment. Pas tout de suite.
C’est alors que je sentis des bras s’enrouler autour de ma taille et me rapprocher du corps du mercenaire tourmenté. Sur le coup, je fus extrêmement surprise et regardais le mur du fond, les yeux ronds comme des billes. Mon coeur battait la chamade et ce fut pire quand je sentis le visage de Destan au creux de mon cou. Son souffle contre ma peau me faisait frissonner avec violence et pourtant, je ne cherchai pas à lui signifier mon mal aise par rapport à cette proximité qui m’avait prise à revers. Mes joues étaient rouges et ça, je le sentais. Doucement, je caressais sa chevelure rebelle du bout des doigts, jusqu’à ce qu’il s’éloigne de moi brusquement. Fronçant légèrement les sourcils, je l’observai. C’est comme si quelque chose l’avait forcé à le faire. Crow profita de cet instant pour m’aider à me relever et m’éloigner de Destan.

‘‘ On t’attend dans la chambre. ‘‘

Pourquoi sentais-je que l’acolyte du jeune humain était tendu ? Son regard envers lui avait légèrement changé même, comme s’il lui faisait une mise en garde muette. Crow allait sortir et je commençai à le suivre quand je me stoppai devant la porte défoncée de la salle de bain. Mes yeux aqua se posèrent alors sur Destan qui se levait lentement. Soupirant intérieurement, je fis un petit sourire à celui-ci et le laissai seul dans la salle de bain pour rejoindre l’autre humain.
Crow était devenu silencieux soudainement, perdu dans ses pensées, je crois. Je pris place à ses côtés au bord du lit quand le maître de la maison refit son apparition. On lui servit son repas qu’il mangea avec bien peu d’appétit C’était la même pour moi d’ailleurs. J’avais du mal à avaler mes légumes tant j’avais l’estomac retourné par les évènements. Quand nous eûmes terminé, Crow fut le premier à se lever et je le suivis des yeux alors qu’il prenait mon assiette puis celle de son acolyte assis au bureau.

‘‘ On va aller tout ranger. Je t’enferme de nouveau, Destan. Si tu as besoin tu toques ou tu hurles et je viendrais. ‘‘

Savoir qu’il devait enfermer Destan pour ne pas qu’il me fasse de mal me révulsait quelque peu. C’était comme si nous le traitions en animal alors qu’il était chez lui, dans sa propre demeure. Cependant, je n’osai pas parler et quand Crow me regarda, je me levai et m’approchai de lui. Pourquoi hésitais-je autant avant de sortir de la chambre? Destan me fit comprendre que ça irait et je lui fis un faible sourire désolé avant de partir.
La clé entra dans la serrure pour être verrouillée puis jetée dans le fond de la poche de l’humain qui m’accompagnait. Toujours en silence, nous marchions dans le couloir. Mon regard se porta brièvement sur Crow qui leva la tête à ce moment.

‘‘ Qui a-t-il ? ‘‘

‘‘ À moi de vous renvoyer la question. Vous semblez pensif depuis un moment. Quelque chose ne va pas? ‘‘

Il pinça les lèvres et détourna la tête pour échapper à mon regard, ce qui me fit douter. Il y avait quelque chose qui m’échappait et n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. Sinon c’est parce j’étais trop aveugle pour le voir. Enfin... quoi qu’il en soit, je n’avais pas envie de me creuser la tête pour autre chose que Destan. C’était lui le plus important dans tout ça et je devais encore reprendre un peu du poil de la bête avant d’être prête à reprendre mon voyage.

Y arriveras-tu le moment venu?

C’était cette question que ma conscience s’amusait à me renvoyer encore et encore. Je ne savais plus et ça me rendait confuse. Est-ce que si je partais, Destan retomberait? À moins que je n’écrive une missive à mes parents pour leur annoncer que j’allongeais mon voyage. Peut-être pourrais-je aider l’humain dans sa profession de mercenaire? Incluant Crow, bien entendu.

‘‘ Elwèn? ‘‘

Crow me regardait, un sourcil arqué alors qu’il me tendait une tasse de thé fraîchement versée. Je me mis à rougir d’embarras en voyant que j’étais tellement perdu dans mes pensées que je l’avais tout laissé faire. Bon sang!

‘‘ Je... suis navrée, monsieur Crow. ‘‘

‘‘ Ça va, ne t’en fait pas. ‘‘

Il me sourit. Il avait fait la vaisselle, nettoyé le comptoir en plus de préparer du thé. Quelle nouille je pouvais être parfois!

‘‘ Merci... ‘‘ Murmurais-je. ‘‘ Je vais aller me laver. ‘‘

‘‘ Comment vont tes blessures au fait? ‘‘

‘‘ Ça cicatrise bien. D’ici deux semaines, il n’y aura que des marques. Ne vous en faites pas. ‘‘

Lui souriant, je me dirigeai vers ma chambre avec la tasse en main. L’eau coulait dans la baignoire quand j’enlevai mes vêtements pour regarder mon corps nu dans la glace au mur. J’avais perdu un peu de poids, mais rien de bien alarmant en fait. Les contusions disparaissaient bien et mon dos se rétablissait lentement lui aussi. Bien entendu, j’aurais des zébrures à cet endroit pour le restant de mes jours, mais bon. Je n’avais pas à en dévoiler la cause à quiconque sauf à l’homme qui partagerait ma vie un jour et encre. Mon visage reprenait des couleurs et je n’avais plus l’air aussi abattu que la première fois où j’avais croisé mon reflet dans le miroir. Soupirant, je me glissai enfin dans l’eau chaude, mouillant ma longue chevelure pour bien la nettoyer. Quand j’eus fini, je laissai tremper mon corps dans l’eau, ma tête contre le bord de la baignoire et j’observai le plafond. Je repensais aux récents évènements, mais plus particulièrement à l’accolade que j’avais faite à Destan. Je sentais encore son souffle chaud contre la peau de mon cou, que je touchais du bout des doigts sans m’en rendre compte. Prise d’une bouffée de chaleur, je grognai pour reprendre contenance; mes joues étaient rouges et mon coeur s’emballait pour aucune raison!

‘‘ Mais reprends-toi Elwèn! ‘‘

Ayant décidé que j’avais assez barbotte, je pris une grande serviette et m’enroulai dedans une fois essuyé. Je retournai dans ma chambre pour revêtir des habits propres qu’on m’avait prêtés -même si c’était les anciens d’une domestique - et laissai mes cheveux détachés pour qu’ils ondulent naturellement. En sortant de là, je ne croisai Crow nulle part. Tant pis... Arc et carquois en main, je marchai jusqu’à l’arrière de la maison alors que Snow courrait à droite et à gauche autour de moi.
Les quelques flèches que j’avais décochées avaient atteint leur cible et j’étais satisfaite. Jamais je n’avais remarqué que les midis étaient passés. C’est la présence de Crow qui me le fit rappeler.

‘‘ Hey, jeune dame. Vous avez oublié votre estomac, mais je doute que ce soit la même chose pour lui! ‘‘

‘‘ Oh! Merci c’est gentil ‘‘

Accrochant mon arme à mon dos, je posai le carquois sur la table de bois tout près de la demeure et m’assit pour prendre un sandwich que je dévorai presque instantanément.

‘‘ Dis donc, tu avais faim. ‘‘

‘‘ Mmmm... ! ‘‘

Le mercenaire ricana puis porta son regard pâle sur mon arc.

‘‘ C’est une très belle arme que tu as là, et tu maîtrises parfaitement le tir à l’arc à ce que j’ai vu. ‘‘

‘‘ Vous... m’observiez ? ‘‘

Il acquiesça simplement, une lueur énigmatique dansant dans son regard. Je me pris à rougir légèrement; moi qui n’aimais pas qu’on m’observe quand je m’entrainais de la sorte...
Après le repas, Crow ayant dit qu’il s’était occupé de Destan avant de venir, je l’accompagnai dans la forêt où les chiens se dégourdissaient les pattes. Il me parlait du train de vie des humains, des coutumes et autres choses qui piquaient ma curiosité à vif. Je n’avais cesse de lui poser des questions, qui parfois, le désarçonnaient. Ça se terminait par moi qui étais prise d’un fou rire à cause de la tronche qu’il piquait. Au soir, une fois de retour à la maison, nous mangeâmes dans le salon, devant un feu de foyer et je tournai les yeux vers lui.

‘‘ Pouvez-vous me donner la clé? Je vais aller porter une assiette à Destan. ‘‘

‘‘ Je viens avec toi. ‘‘ S’empressa-t-il de dire.

‘‘ Non. Ça ira. Je sais me défendre et je me sens déjà beaucoup mieux. Ou vous restez en dehors de la pièce. ‘‘

Cela ne semblait pas le satisfaire et je commençais à croire qu’il était peut-être réticent à ce que j’approche le jeune humain. Était-ce réellement parce qu’il ne voulait pas qu’il m’arrive du mal ou y avait-il une raison cachée derrière tout ça?
Passant par la cuisine, Crow me donna la clé et je déverrouillai la porte de la chambre après avoir toqué. Cette fois, j’entrai seule, mais laissai la porte entrouverte.

‘‘ Bonsoir. ‘‘ Dis-je doucement, le sourire aux lèvres. ‘‘ J’espère que vous avez faim. ‘‘

Je déposai l’assiette à côté des feuilles où se trouvaient de magnifiques dessins. Prise de curiosité, j’approchai davantage et les observa. C’était...

‘‘ ...magnifique. Vous avez beaucoup de talent avec un crayon, Destan. C’est tellement réaliste... ‘‘

Mes yeux croisèrent les siens et je lui souris sincèrement. Ainsi surpris, il était vraiment craquant et puis il n’avait plus cet air terrifiant qui me faisait trembler à chaque fois qu’il était près. Il était tout autre que celui qui m’avait kidnappé et battu...

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Jeu 3 Oct - 16:59



The Darkness of a Soul…


« Sauvage, domestique ? »

feat Elwèn Asaë

Le crayon grattait le papier, faisant naître des dessins dessus. Il était perdu dans ses songes, comme quand il était plus jeune. Enfermé, il n’avait pas beaucoup de choses à faire de toute façon. Il y passa bien toute la matinée, et quand Crow entra avec son assiette, Destan camoufla ses dessins. Il le remercia simplement et le laissa sortir. Il avait l’impression d’être en cage… un animal en cage en fait. Il mangea lentement, mais ne vida pas. Posté à la fenêtre, il voyait au loin les champs, les remparts de la ville, mais plus bas, il voyait Elwèn et Crow. Il ne les apercevait qu’en partie, la fenêtre étant verrouillée, mais ils avaient l’air de bien rire. Destan n’avait jamais vu son collègue aussi guilleret, même quand il draguait des femmes pour les affaires. Non c’était différent…
Les regardant s’en aller vers la forêt avec les chiens et le loup, Destan comprit, ou crut comprendre. Et si Crow aimait cette femme ? Cela expliquerait pas mal de choses… mais Destan ne s’y connaissait pas assez dans le domaine. Lui, on l’avait éduqué à la violence…

Délaissant son assiette presque vide, il retourna à ses dessins et ce pour toute l’après-midi. Jamais il ne les entendit entrer en fait.

« Tu prévois de la baiser quand ? »


-Jamais. Lâche-moi.

« Oh voyons… tu en meurs d’envie… je le sens au fond de toi. Tu meurs d’envie de faire comme ce qu’elle te faisait à l’époque… »

-Non ! Je ne veux plus coucher avec une femme. Je ne veux plus les frapper non plus. Et je n’ai pas à me justifier, tais-toi !

« Minable… tu n’aurais pas du la faire partir. »

Destan soupira et posa le crayon pour calmer ses tremblements. Il voulait juste se baffer. Il voyait à peine sur le papier avec le soir qui tombait, mais poursuivait, jusqu’à ce qu’on toque. Il s’attendait à ce que ce soit Crow alors il ne se tourna pas. Mais ce n’était pas Crow.


- Bonsoir.  J’espère que vous avez faim.

Il pivota, et vit Elwèn, un petit sourire aux lèvres. Elle était seule, mais au vu de la porte entrouverte, ou elle l’avait fait en précaution pour fuir le plus vite possible, ou Crow était derrière, prêt à agir au moindre bruit suspect. Arrivée à côté des feuilles, elle déposa l’assiette fumante, et regarda les dessins. Son commentaire le gêna et le fit rougir :

-...magnifique. Vous avez beaucoup de talent avec un crayon, Destan. C’est tellement réaliste...

Haussant les sourcils, rouge de timidité, il croisa son regard bleuté et profita d’un joli sourire. Il déglutit et parvint à dire :

-Merci…ce n’est … pas grand-chose en fait…

Il se leva alors, le plus doucement possible pour ne pas l’effrayer, et lui avança la chaise.

-Assieds-toi… et… tutoies-moi si tu veux bien.

Il alla quant à  lui prendre l’assiette pour commencer à grignoter.

-C’est… très bon mais… je n’ai pas faim, excuse-moi…

Il lui tendit l’assiette, au cas où elle voudrait manger elle aussi. Voilà il était de nouveau complètement gêné et un peu mal à l’aise.

 « Tu devrais tout de même la sauter avec que ton copain le fasse »

Son copain ?

« Fais pas l’ignorant. Ca ce voit comme le nez au milieu de la figure qu’il veut se la faire. »

Crow… il avait donc réellement des sentiments pour Elwèn…


-Je crois que Crow t’aime beaucoup, Elwèn…

Il fallait bien dire quelque chose.

-C’est étonnant parce qu’en général il n’agit pas vraiment ainsi… pas aussi intentionné en fait…

Il se racla la gorge, et se massa la nuque.

-Tu sais… tu es en droit de partir… même si tu dis rester, je veux que tu le saches… tu as le droit de retourner auprès des tiens, de ta famille… je comprendrais et si c’est le fait que je risque de rechuter après ton départ, je te promet de ne pas le faire… comme ça ta conscience sera tranquille…

« Es-tu sûr de vouloir qu’elle s’en aille ? »

Vouloir qu’elle parte ? En fait il ne savait pas trop. Elle lui rappelait sa mère, pour les quelques souvenirs qu’il avait encore d’elle. Elle dégageait une tranquillité et une assurance rassurantes… Il prit alors une feuille, où justement il avait dessiné sa mère, et du doigt, caressa le trait fin du crayon. Puis il le donna à Elwèn.


-C’est… ma mère… je… je trouve que tu lui ressemble un peu… et dans ton attitude aussi…

Et voilà il rougissait encore ! Il baissa la tête, ne voulant pas qu’elle le voie ainsi.

-Crow est dehors n’est-ce pas ? Il… t’attend. Alors je… ne vais pas te retenir trop longtemps…

Il ne voulait pas non plus qu’elle se sente obligée de rester avec lui. Elle était libre de faire ce qu’elle voulait à présent.

Il avait… accepté sa présence et même… le contact.


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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Sam 5 Oct - 17:37



















Plus les secondes défilaient et plus les joues du jeune homme prenaient des teintes de rouge. Était-ce dût, à la timidité? Je n’en savais rien, mais je voyais bien que mon compliment avait perturbé Destan. Ses traits de visage était beaucoup plus détendu qu’auparavant et je pouvais enfin les admirer rapidement, mais à chaque fois, je me prenais de fascination à observer son regard acier. C’était la première fois que je voyais une telle couleur et pourtant, à l’intérieur, j’y voyais une profonde tristesse ainsi qu’une grande souffrance. Ne disait-on pas que les yeux étaient le reflet de notre âme? Je le croyais plus que jamais.

‘‘ Merci… ce n’est… pas grand-chose en fait… ‘‘ dit-il en me laissant sa chaise, se levant doucement. ‘‘ Assieds-toi… et… tutoie-moi si tu veux bien. ‘‘

Le... tutoyer? Faire preuve de politesse envers les gens faisait partir de mon éducation depuis près de trois siècles maintenant. Lorsque nous tutoyions, c’était parce que les liens devenaient étroits entre deux personnes. C’est pourquoi je ne parvenais pas non plus à parler au ‘‘tu’’ avec Crow et que je l’appelais toujours Monsieur. D’ailleurs, je venais de me rendre compte que j’appelais Destan par son prénom depuis le départ. Le rouge me monta aussitôt aux joues et je baissai légèrement la tête pour ne pas qu’il le remarque. Pourquoi avais-je attaché mes cheveux aujourd’hui ?! Zut de zut... c’était embarrassant!
La voix de Destan me tira hors de ma gêne et le posa le regard sur lui un moment. Son assiette n’avait pas été vidée, c’était à peine s’il y avait touché, mais je ne le forcerais pas à tout engloutir s’il n’avait pas d’appétit.

‘‘ C’est… très bon, mais… je n’ai pas faim, excuse-moi… ‘‘

‘‘ Il n’y a pas de mal. ‘‘

Le jeune homme approchait l’assiette de moi, la déposant sur le bureau. Je venais à peine de me remplir l’estomac, mais je mangeai les légumes qu’il restait parce que j’avais encore un petit creux. Oui... parfois j’étais goinfre!
Un léger silence s’installa dans la pièce et l’affirmation de Destan me fit blêmir.

‘‘ Je crois que Crow t’aime beaucoup, Elwèn… ‘‘

Quoi ?

Mon regard aqua se posa sur le jeune mercenaire et ensuite sur la porte de la chambre où je sentais la présence de Crow. Il m’aimait ou appréciait ma présence? J’étais... confuse soudainement et mon coeur fit une embardée. Non... Il ne fallait pas qu’une telle chose se produise avec des humains.

‘‘ C’est étonnant parce qu’en général il n’agit pas vraiment ainsi… pas aussi intentionné en fait… ‘‘

Je paniquais intérieurement, regardant Destan qui se massait la nuque d’une main. Comment allais-je réagir maintenant que je connaissais un tant soit peu les sentiments de Crow à mon égard? Ce n’était pas réciproque et ne le serait probablement jamais. Le blessé? C’était une possibilité, mais ce n’était pas intentionnel... je ne pouvais pas répondre à ses attentes. Je ne le voulais pas...

‘‘ Tu sais… tu es en droit de partir… même si tu dis rester, je veux que tu le saches… tu as le droit de retourner auprès des tiens, de ta famille… je comprendrais et si c’est le fait que je risque de rechuter après ton départ, je te promets de ne pas le faire… comme ça ta conscience sera tranquille… ‘‘

Partir ? Non... non je ne voulais pas partir tout de suite alors qu’une partie de moi le désirait plus que tout. Je restais accroché à cet endroit pour une raison que j’ignorais totalement ou que je ne voulais tout simplement pas voir. Jamais je n’avais été aussi confuse qu’en ce moment. Crow éprouvait des sentiments à mon égard alors que nous ne commencions qu’à faire connaissance et je désirais plus que tout aider Destan à remonter la pente. Pourtant, je n’y étais nullement obligé. Il... m’attirait... comme un aimant... je ne comprenais plus rien...
L’humain revint près du bureau et prit une feuille qu’il me tendit dans un geste délicat. Levant mes mains, je la pris et observai les portraits qui s’y trouvaient; un homme et une femme au large sourire. Mes pupilles se posèrent sur le mercenaire à mes côtés et... j’y vis la ressemblance aussitôt. Son dessin était si réaliste qu’il était difficile de ne pas voir qu’il s’agissait là de ses parents.

‘‘ C’est… ma mère… je… je trouve que tu lui ressembles un peu… et dans ton attitude aussi… ‘‘

Il trouvait ? Je n’eus qu’à peine le temps de le voir rougir qu’il coupa le contact visuel. Ramenant mon regard sur le dessin, j’observai la femme qui avait des traits fins. Elle avait une longue chevelure ondulée comme la mienne et un visage en coeur.

‘‘ Crow est dehors n’est-ce pas? Il… t’attend. Alors, je… ne vais pas te retenir trop longtemps… ‘‘

La question me prise de cour, mais je hochai machinalement la tête. Oui il était dehors à m’attendre et probablement qu’il avait entendu une partie de notre conversation. Je savais qu’il voulait me protéger, mais je trouvais que c’était excessif.

Il est jaloux...

Crow avait des sentiments envers moi et le fait que je sois plus proche de Destan que de lui devait engendrer ce genre de comportement un peu animal ou typiquement humain. C’était... malsain. Je me levai donc de la chaise et me dirigeai vers la porte. Le mercenaire était adossé contre le mur, les bras croisés, et leva la tête vers moi quand il me vit dans l’embrasure.

‘‘ Vaquez à vos occupations, je reste avec lui un moment. ‘‘

‘‘ Elwèn, s’il te fait quoi que ce soit... ‘‘

‘‘ Il n’en fera rien. ‘‘

Je fermai alors la porte et entendit un long et profond soupir au-delà. Ensuite des bruits de pas et plus rien; Crow était parti. Me retournant, je m’adossai contre la porte et baissa la tête un moment. Destan devait se demander ce que je faisais là... moi-même je me posais la question. Qu’elle était ma motivation derrière tout ça? Avais-je un désir camouflé quelque part dans mon subconscient?
Quand je levai la tête, je croisai le regard surpris de Destan. Mes doutes étaient donc fondés; il se demandait pourquoi je restais.

‘‘ Qu’est-ce qu’il y a ? ‘‘

‘‘ J’avais... envie de rester avec vous... tu... vous... arh... ! ‘‘ dis-je en soupirant. ‘‘ Je suis un peu mal à l’aise depuis que je sais pour Monsieur Crow... ‘‘

Le jeune homme semblait être encore plus surpris que précédemment et je lui fis un sourire crispé. Je ne savais pas comment réagir et, même si je refusais de l’avoue à haute voix, j’avais peur des conséquences. J’étais en territoire inconnu, avec des gens émotionnellement instables.

‘‘ Crow n’est pas... méchant, par rapport à moi... il te protège... sinon dis-le-lui... je ne sais pas... ‘‘

Je le savais, mais je ne pouvais pas aimer un humain. Je... ne pouvais pas... mon coeur battait la chamade et soudainement prise de nervosité, j’attrapai le bout de ma natte pour jouer avec de mes doigts.

‘‘ Je... ne sais pas comment le lui dire. Ce n’est pas réciproque et je... suis réellement confuse... ‘‘ murmurais-je, lui faisant un faible sourire. ‘‘ Vous n’êtes pas méchant, Destan. C’est votre manière de vous défendre... vous ne l’êtes pas. Je le sais... ‘‘

Discuter avec lui de choses aussi personnelles me faisait rougir avec violence, mais j’avais besoin de parler à quelqu’un qui pouvait me répondre en retour. Snow était mon confident, certes, mais cette fois, ce n’était pas assez. Destan se massa de nouveau la nuque, les yeux dans le vague, pensif, et dit :

‘‘ Lâche-le dans une discussion banale... dis-lui comme ça qu’il est un très bon ami pour toi...’’ puis il murmura. ‘‘ On se défend rarement en étant comme je le suis... ‘‘

J’avais un réel besoin. Immédiat. La boule à la gorge, je m’approchai de Destan et le regardai un instant avant... de me serrer contre lui. J’ignorais pourquoi j’agissais aussi stupidement que je cherchais une chaleur humaine pour me réconforter après tout ce qui s’était passé. Surtout auprès de mon bourreau. Je ne comprenais plus rien. Ma tête me disait quelque chose et mon corps une autre, n’arrivant plus à suivre.

‘‘ Tu... n’es pas un monstre... je... jette la clé de votre... ta... chambre. ‘‘ Articulais-je maladroitement. ‘‘ Tu n’es pas un animal en cage... ‘‘

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Sam 5 Oct - 18:11



The Darkness of a Soul…


« As free as birds… »

feat Elwèn Asaë

Destan s’attendait à ce que la jeune femme s’en aille, l’enferme à nouveau. Il y crut encore quand elle se leva effectivement de sa chaise pour aller vers la porte, mais là où il ne comprit plus, fut quand elle parla à Crow et referma la porte, s’y adossant. Destan était surpris, et ne savait pas pourquoi elle restait. Il lui demanda donc :

-Qu’est-ce qu’il y a ?

-J’avais... envie de rester avec vous... tu... vous... arh... ! Je suis un peu mal à l’aise depuis que je sais pour Monsieur Crow...

Quoi ? Elle avait envie de rester avec lui ? Mal à l’aise depuis qu’elle… savait pour Crow ? Mais Destan n’était sûr de rien… il avait dit ça comme ça… peut-être que Crow ne l’appréciait qu’en bonne amie…

« Ce que tu peux être naïf… »


-Crow n’est pas... méchant, par rapport à moi... il te protège... sinon dis-le-lui... je ne sais pas...

Que pouvait-il dire d’autre ? Il ne connaissait rien dans ce domaine, hormis la violence et la douleur. Il ne pouvait pas l’aider. A part en parlant lui-même à Crow,  mais il craignait alors la réaction de son collègue qui pouvait être vraiment dangereux quand il s’y mettait. Il restait à bonne distance d’elle, la regardant jouer avec sa natte nerveusement. Nerveuse à cause de Crow ou parce qu’elle était seule avec lui ?

-Je... ne sais pas comment le lui dire. Ce n’est pas réciproque et je... suis réellement confuse... Vous n’êtes pas méchant, Destan. C’est votre manière de vous défendre... vous ne l’êtes pas. Je le sais...

Il le voyait bien qu’elle était confuse, mais il n’était pas d’une grande aide, malheureusement. Se défendre… il se massa la nuque, et lui dit :

-Lâche-le dans une discussion banale... dis-lui comme ça qu’il est un très bon ami pour toi... Puis il baissa le ton   On se défend rarement en étant comme je le suis...

Oh que non… depuis quand se défendait-on en étant aussi méchant et violent ? Jamais il n’avait eu vent d’autres personnes comme lui. Jamais. Il avait atteint un seuil de cruauté élevé, et s’acharnait depuis quelques jours à le faire diminuer. Il vit alors Elwèn se rapprocher de lui, et son cœur se mit à battre, il se tendit automatiquement, bien qu’il ne le veuille plus, et ce fut pire quand elle le regarda avant de se coller à lui. Surpris, il ne savait pas comment réagir. Il se concentrait donc plus particulièrement sur son corps, le maitrisant pour qu’il ne se crispe plus et accepte ça. Décidément, il ne comprenait pas pourquoi elle était ainsi envers lui alors qu’il l’avait torturée des semaines durant.

-Tu... n’es pas un monstre... je... jette la clé de votre... ta... chambre. Tu n’es pas un animal en cage...

Jeter… la clé ? Non ! Si jamais il retombait, il fallait pouvoir l’enfermer ! Quoi que, il y avait encore la salle aux anneaux et la petite geôle adjacente au cas où. Les bras le long du corps, n’osant rien faire de peur de lui faire mal ou peur, il la laissait contre lui, sans répondre. Il ne savait pas quoi répondre.
Quand elle se détacha finalement, il déglutit. Il n’avait pas repoussé Elwèn, ne s’était pas tendu comme avant… cela l’avait presque détendu… cela lui faisait étrange et ses muscles lui firent mal quand ses lèvres s’étirèrent en un tout, mais vraiment tout petit sourire. Le premier depuis très longtemps.


-Si tu veux éviter que Crow t’embête… pars à nouveau … tu es… avec deux hommes peu recommandables… quasiment sans défense… les tiens vont vraiment finir par s’inquiéter…

Il savait qu’elle ne voulait pas partir, pour une raison inconnue. Mais d’un coup, Destan avait peur que Crow n’aille trop loin. Qu’il lui fasse mal aussi.

-Je ne partirais pas.

Il la vit froncer les sourcils et soupira en silence. Tête de mule…

-Si jamais… il était trop… embêtant ou… qu’il te harcelait ou… que sais-je… dis-le moi… l’éloigner de toi est le moins que je puisse faire avec tout ce que tu fais pour moi…

Jamais il ne se serait vu dire ça ! Jamais !

« N’importe quoi ! Ou attends… tu veux éloigner Crow, l’amadouer elle, et te la faire ensuite ? »


-Non ! Non c’est pas ça ! Tais-toi !

Il écarquilla les yeux en voyant la tête d’Elwèn. Mince il avait parlé à voix haute…

-Désolé… ce n’était pas pour toi… désolé.

Il s’éloigna un peu, respira profondément, et là, on toqua à la porte, puis on ouvrit. C’était Crow avec le loup qui gronda envers Destan, comme à son habitude.

-Que veux-tu ?

-J’ai entendu un haussement de ton. Je venais… m’assurer que tout allait bien.

-Crow… arrête d’être sur son dos. Je ne lui ferais plus rien !

-C’est ce que tu as dit la dernière fois et tu as faillit la violer ensuite. Tes promesses comme tes paroles ne sont que du vent. Je ne te fais pas confiance.

« Punaise il veut t’évincer pour se la taper ! Réagit ! Fais honneur à ta belle-mère ! »

Destan déglutit. Il savait bien que ses promesses n’étaient pas fiables.


-Laisse-là respirer et décider de ce qu’elle fait ou non. Elle est assez grande.

-Elle est aussi plus mûre que toi. Viens, Elwèn… il faut sortir les chiens une dernière fois.

La jeune femme semblait hésiter, et Destan ne bougea pas, gardant les yeux sur Crow qui lui non plus ne déviait pas du regard, attendant juste Elwèn. Il voulait demander à Elwèn de rester et lui raconter des histoires sur son pays. Mais il n’osait pas et ne voulait pas l’accaparer.
En fait, Crow avait préparé un joli repas du soir pour elle, et avait même cueillit des fleurs. La savoir proche de Destan le rendait jaloux, mais il n’en montrait rien et préférait conquérir sa belle délicatement…


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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Dim 6 Oct - 3:05



















Je ne savais pas s’il avait l’intention de me repousser et de lever la main ou attenté quoi que ce soit contre moi, mais je m’en fichais. J’avais besoin de ce contact humain en ce moment aussi stupide que cela pouvait paraître. Destan n’osait pas réagir et je comprenais très bien. Un geste aussi impulsif et dénué de sens devant le rendre quelque peu confus, car je l’étais moi-même. Cependant, je ne restai pas contre lui très longtemps au risque de le rendre réellement mal à l’aise, mais j’avais cru sentir qu’il s’était calmé avant que je ne me détache de lui et me recul légèrement pour lui laisser un peu d’espace. Ce qui me surprit le plus fut le mince -presque invisible - sourire qui se formait sur son visage. J’étais convaincu qu’il était encore plus beau avec un sourire qui dévoilerait ses dents parfaites. Encore une fois, je me sentis rougir... c’était réellement devenu une maladie chez moi ou quoi?!

‘‘ Si tu veux éviter que Crow t’embête… pars à nouveau… tu es… avec deux hommes peu recommandables… quasiment sans défense… les tiens vont vraiment finir par s’inquiéter… ‘‘

‘‘ Je ne partirais pas. ‘‘

Ma réponse fut rapide et brève. Combien de fois avais-je dit que je ne partirais pas ? Peut-être aurais-je dû les compter d’ailleurs, car je ne me souvenais plus. M’enfin, je savais seulement que je l’avais dit et pensé à maintes reprises. Fronçant les sourcils, je me retins de ne pas croiser les bras contre ma poitrine. De toute manière, il était hors de question pour moi de partir en laissant l’homme devant moi en plan. Je lui avais fait une promesse, alors j’allais la respecter quoiqu’il puisse m’arriver.

‘‘ Si jamais… il était trop… embêtant ou… qu’il te harcelait ou… que sais-je…, dis-le-moi… l’éloigner de toi est le moins que je puisse faire avec tout ce que tu fais pour moi… ‘‘

Pourtant, je trouvais que je faisais bien peu pour le moment. Ça se résumait aux repas, aux corvées, à de minces conversations et deux courtes accolades. Je ne faisais qu’être présente pour lui. Enfin... le lui démontrer et ça semblait faire son effet. Soudainement, il parla à voix haute. Me... taire? Pourtant, je n’avais rien dit. Arquant un sourcil vers le haut, je regardai l’humain avec incompréhension.

‘‘ Désolé… ce n’était pas pour toi… désolé. ‘‘

Mais à qui?

Destan s’éloigna alors de moi et je l’entendais respirer profondément. Mes yeux aqua le suivaient alors qu’on toquait à la porte. C’est aussitôt que je posai mon regard sur Crow qui était apparu dans l’embrasure de la porte, l’air sévère. Snow était à ses côtés et grognait en direction du jeune homme tourmenté qui se trouvait à une distance raisonnable de moi. Celui-ci se retourna d’ailleurs vers son interlocuteur...

‘‘ Que veux-tu ? ‘‘

‘‘ J’ai entendu un haussement de ton. Je venais… m’assurer que tout allait bien. ‘‘

‘‘ Crow… arrête d’être sur son dos. Je ne lui ferais plus rien! ‘‘

‘‘ C’est ce que tu as dit la dernière fois et tu as failli la violer ensuite. Tes promesses comme tes paroles ne sont que du vent. Je ne te fais pas confiance. ‘‘

S’il éprouvait de la jalousie envers Destan à cause de ma personne, il était normal qu’il soit autant sur la défensive et qu’il ne lui fasse aucunement confiance. Je doutais fortement que deux mâles sympathisent quand il y avait une femelle dans les parages. Chez les animaux sauvages, c’était le plus fort et le plus perspicace qui l’emportait.
J’avais voulu dire mon mot, mais Destan me devança. Il lui répondit assez sèchement et ne tourna évidemment pas autour du pot. Qu’est-ce que j’étais mal à l’aise tout d’un coup. Cette tension me serrait la gorge.

‘‘ Laisse là respirer et décider de ce qu’elle fait ou non. Elle est assez grande. ‘‘

‘‘ Elle est aussi plus mûre que toi. Viens, Elwèn… il faut sortir les chiens une dernière fois. ‘‘

Les deux hommes se toisaient du regard sans se lâcher et je n’avais pas ça du tout. Et s’ils en venaient aux coups? Je ne savais même pas si je pourrais les arrêter vu que je n’étais pas encore au sommet de ma forme. Pendant un moment, je regardai Crow puis Destan. Il fallait que je descende en bas pour préparer de quoi manger au soir et au moins un thé pour le jeune homme, mais je savais aussi que Snow devait sortir. Tout comme les chiens.
Encore une fois, j’hésitai, mais je m’approchai de Destan et murmurai :

‘‘ Je viendrai vous voir tout à l’heure. Avec un bon chocolat chaud. ‘‘

Sur un sourire, je m’éloignai pour rejoindre son acolyte sauf que je laissai la porte ouverte puisque c’est moi qui avais maintenant le contrôle de la clé de cette pièce. D’ailleurs, j’avais l’intention de la cacher quelque part. Sous mon matelas peut-être. Ne sait-on jamais! Sur ce, je suivis Crow jusqu’au rez-de-chaussée et il me fit enfiler une veste un peu plus chaude avant que nous ne mettions le pied dehors. Mon loup courrait, disparut un moment dans les buissons et revint marcher à mes côtés.

‘‘ Je ne crois pas que ce soit une bonne idée de ne pas l’enfermer dans sa chambre... ‘‘

‘‘ Et pourquoi cela? Il n’est pas sauvage, Monsieur Crow. Destan n’a pas refait de crise depuis un moment déjà. Ne l’auriez-vous pas remarqué? ‘‘

Le mercenaire posa les yeux sur moi, surpris par la véracité de ma réplique. Un court moment, je le regardai sans broncher, l’air sévère, puis ramenai mon regard sur le sentier où couraient les chiens.

‘‘ Vous êtes réticent à ce qu’il remonte la pente n’est-ce pas? ‘‘

‘‘ Non! Non... je... c’est seulement que je ne veux pas que le calvaire que tu as vécu se répète de nouveau. ‘‘

‘‘ Rien de tel ne se reproduira. Faites-moi confiance. ‘‘

‘‘ J’ai confiance en toi, Elwèn... ‘‘ Murmura t-il, perdu dans ses réflexions.

Au bout d’une dizaine de minutes, je me mise à grelotter parce que le soleil se couchait et que le vent était frais. Étant frileuse par nature, ce n’était donc pas nouveau que je gèle ainsi. Le remarquant, Crow m’invita à rebrousser chemin et nous marchâmes un peu plus rapidement vers la maison. Le souffle chaud qui lécha ma peau une fois entrée à l’intérieur me faisait du bien. C’est là qu’il me prit par le poignet doucement et me tira vers la cuisine. Il tira ma chaise pour me laisser m’y asseoir et surprise, je suivis le mercenaire des yeux alors qu’il posait les couverts sur la table.

‘‘ Je ne suis pas le meilleur des cuisiniers, mais je tenais à ce que tu prennes un peu de repos. J’ai donc préparé un bon repas chaud et... je t’ai ramené des fleurs. ‘‘

‘‘ M-merci... ‘‘ Soufflais-je.

Mes joues tournèrent au rose et je me sentis soudainement gêné devant autant d’attention. Les paroles de Destan n’avaient cessé de tourner en boucle dans ma tête et... j’avais peur de ce que pouvait ressentir cet humain envers moi. Il y avait des siècles que des relations hommes/elfes n’avaient plus vu le jour et que dirait ma famille? Les miens? Mes sentiments ne seraient jamais les mêmes que les siens et ça me faisait mal en avance de devoir lui annoncer une telle chose. Cependant, je ne trouvais pas le courage de le faire alors qu’il s’était donné du mal à préparer ce succulent repas.
Je me forçai à manger et j’aidai à ranger. Ensuite, je préparai du chocolat chaud alors que Crow se rendait au salon pour fumer sa pipe. Je lui apportai une tasse et il fronça légèrement les sourcils en voyant une troisième tasse. Il avait compris ce que j’avais l’intention de faire, mais ne passa aucun commentaire autre que :

‘‘ Sois prudente. ‘‘

Hochant simplement la tête, mes pas me menèrent en dehors de la pièce réchauffée par le feu de foyer. Je me dirigeai vers l’escalier et marcha lentement dans le long couloir, et ce, jusqu’à la porte du fond. Toquant, je n’attendis pas qu’on me donne l’autorisation et entrât. Destan était à son bureau, mais moi, je me dirigeai vers la petite table qui se trouvait devant la cheminée de la chambre.

‘‘ Vous venez? Il est encore bien chaud. ‘‘

Je pris place sur un coussin, devant les flammes et prit ma tasse. Quand le jeune homme vint s’installer à mes côtés, je lui donnai la sienne en souriant.

‘‘ Nous faisions ça tous les soirs chez moi. Ma mère en fait de bien meilleur que les miens et elle n’a jamais voulu me donner son ingrédient secret. ‘‘ Commençais-je en prenant une petite gorgée pour ne pas me brûler la langue. ‘‘ Je suis la seule fille de la famille si l’on exclut ma mère. Une longue lignée de soldats qui ont toujours prêté allégeance à la famille royale de Lonëneilh. Je sais donc me défendre. ‘‘

Destan semblait m’écouter attentivement, son regard déjà bien détendu. Je continuai alors...

‘‘ La faune et la flore sont légèrement différentes d’ici, tous comme les êtres vivants qui y vivent. Notre capitale est cependant loin d’être comme la vôtre qui me fait un peu peur, je dois l’avouer. Elle respire la vie, le calme de par sa pure blancheur et ses détails architecturaux d’une grande beauté. Digne des grands maîtres de l’art. Les jardins sont ravissants, féeriques. ‘‘ Je pris une nouvelle gorgée. ‘‘ Nous ne connaissons que très peu la discorde là-bas, c’est... pour ça que je me sens mal à l’aise lorsque je vous entends vous hurler dessus, vous... toi... et Monsieur Crow. ‘‘

J’inspirai profondément et regardai les flammes qui dansaient devant nous. Heureuse de constater que Destan buvait le contenu de sa tasse, je tournai les yeux vers lui et penchai légèrement la tête de côté pour l’observer.

‘‘ Peut-être avez-vous des questions? Et... mes oreilles... si vous... tu... veux les toucher... ‘‘

Ce que je pouvais avoir du mal à tutoyer, par la Déesse de la nature! Par contre, je détournai le regard en sentant mes joues virer au rouge. Ma mère les flattait quand je n’arrivais pas à dormir le soir venu et... c’était le moyen le plus efficace pour me permettre de m’apaiser. C’était comme si j’entrais en transe à tous les coups.

Il ne me restait plus qu’à attendre de voir s’il allait toucher ou non.

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Dim 6 Oct - 14:20



The Darkness of a Soul…


«Sur la voie de la guérison. »

feat Elwèn Asaë

Attendant qu’ils s’en aillent, Destan ne bougeait pas. Il fut donc surpris quand Elwèn se rapprocha pour lui murmurer :

-Je viendrai vous voir tout à l’heure. Avec un bon chocolat chaud.

Elle lui sourit, et suivit Crow à l’extérieur. Elle referma la porte mais le verrou ne s’enclencha pas. Il n’était donc pas enfermé, mais il ne sortirait pas. Il avait l’impression que le fait de rester dans sa chambre à longueur de journée empêchait les pires de ses démons de revenir. Il n’avait plus fait de crises depuis quelques temps, et à part sa… tentative de… viol, il n’avait rien fait d’autre, n’avait plus frappé ni crié. Il se surprenait lui-même et espérait que cela continue.

« Mon dieu, que c’est niais ! Tu étais craint et respecté et maintenant tu es comme une lavette ! »


-Je préfère être une lavette que de lui ressembler.

« Mais elle au moins t’as appris la vie.

-La vie ?! En me détruisant ?! En me transformant en monstre ?!

« C’est mieux que de te bercer d’illusions sur les histoires à l’eau de rose nian-niantes… »

-Tais-toi. Tais-toi et arrête de me hanter !

« Minable… »

La voix se tut enfin et Destan respira profondément avant de retourner à ses dessins. Ce n’est que plus tard qu’il entendit toquer. Mais il ne donna aucune autorisation et il entendit la porte s’ouvrir. Il pivota pour voir Elwèn qui s’approchait de la petite table non loin de la cheminée.


-Vous venez? Il est encore bien chaud.

Il se leva alors qu’elle s’installait au sol devant le foyer. Elle avait pris sa tasse et soufflait dessus, et il s’assit à côté d’elle, un peu timide, prenant la tasse qu’elle lui tendait. Elle commença alors à parler, buvant doucement :

-Nous faisions ça tous les soirs chez moi. Ma mère en fait de bien meilleur que les miens et elle n’a jamais voulu me donner son ingrédient secret. Je suis la seule fille de la famille si l’on exclut ma mère. Une longue lignée de soldats qui ont toujours prêté allégeance à la famille royale de Lonëneilh. Je sais donc me défendre.

Le jeune homme l’écoutait, buvant légèrement aussi. Il était vraiment très bon ce chocolat chaud. Il n’entendait plus les grommellements de la voix en lui, ni ses démons. Il n’entendait que la jeune femme qui lui parlait de son chez-elle, et il était curieux d’en savoir plus.

-La faune et la flore sont légèrement différentes d’ici, tous comme les êtres vivants qui y vivent. Notre capitale est cependant loin d’être comme la vôtre qui me fait un peu peur, je dois l’avouer. Elle respire la vie, le calme de par sa pure blancheur et ses détails architecturaux d’une grande beauté. Digne des grands maîtres de l’art. Les jardins sont ravissants, féeriques. Nous ne connaissons que très peu la discorde là-bas, c’est... pour ça que je me sens mal à l’aise lorsque je vous entends vous hurler dessus, vous... toi... et Monsieur Crow.

La capitale ? Pensait-elle que c’était Aetarh ? Parce que ce n’était pas le cas… la Capitale était Racium, et était bien plus jolie et accueillante que cette ville… par contre il ne put s’empêcher de baisser un peu la tête quand elle parla de sa gêne quand lui et Crow « s’engueulaient ». Il devait faire attention… déjà qu’elle n’était pas chez elle, qu’elle prenait tant de risques pour l’aider, il ne voulait pas la mettre encore plus mal à l’aise qu’elle ne l’était. Mais c’était son travail sur lui-même et ça pour l’heure il avait encore du chemin à parcourir. Il buvait son chocolat, et sentit son regard sur lui, aussi tourna-t-il la tête pour la voir également.

-Peut-être avez-vous des questions? Et... mes oreilles... si vous... tu... veux les toucher...

Il haussa les sourcils en entendant sa dernière réplique. Toucher ses oreilles ? Il posa la tasse, vide, et réfléchit. La première fois elle n’avait pas voulut alors il était mal à l’aise… mais l’enfant se réveillait et il était vraiment curieux. Alors, timidement, il leva le bras, et l’approcha de son oreille. Son index s’apposa juste sur la pointe de son oreille et il se prit à sourire très faiblement. Il regardait l’oreille, et il la sentait bouger même ! Elwèn ne se tendait pas, et il effleura la longueur de l’oreille si étrange pour lui.

-C’est… vraiment stupide de vouloir toucher l’oreille de quelqu’un…

Il éloigna à nouveau sa main, la ramenant chez lui.

-Merci…

Il était gêné et pourtant il avait apprécié. En plus, il était proche d’elle et ne se tendait pas. Et c’est là qu’il vit les marques sur son buste, encore trop visibles, encore trop rouges. La culpabilité revint en un bloc et il lui dit :

-Tes… marques…elles ne partent pas…

Il était sur qu’elle avait d’autres plaies non cicatrisées. A cause de lui… il ne lui avait à aucun moment demandé si ça allait mieux…

-Je t’emmène chez la guérisseuse demain à la première heure.

Elle semblait réticente, et baissa même la tête. Mais il ne pouvait pas laisser ça. Et si ça s’aggravait ? En plus, elle était elfe, et il ne savait pas si c’était différent chez elle… En tout cas, il était bien décidé à l’y emmener. Aussi terminèrent-ils leur soirée, Elwèn retournant dans sa chambre et lui allant se coucher. Les démons et les cauchemars vinrent bien vite, et il dormit mal. Au matin, il se prépara, et sortit de la chambre pour la première fois en quatre jours, alors que Crow montait avec son plateau.

-Que fais-tu là ?  Tu n’es pas censé sortir.

-Elwèn est réveillée ?

-Pourquoi ?

-Je veux l’emmener chez la guérisseuse… pour ses marques. Tu lui tournes autour, mais tu n’as pas fait attention à ça !

-Je l’y emmènerais, va dans ta chambre. Et je ne lui tourne pas autour…d’ailleurs, les marques, ce n’est pas moi qui les lui ai faites !

Destan serra les poings. Mais il ne voulait pas se fâcher avec lui. Cela mettait Elwèn mal à l’aise.

-Je sais qui les lui a faites, merci. Je m’en veux assez. Je vais l’y conduire. Reste ici.

-Maintenant que le mal est fait tu t’en veux. C’est trop simple. Retourne dans ta chambre avec ton plateau et je l’y conduirais.

Destan ne voulait pas plier, ni crier. Il força donc Crow à se pousser et dévala les marches quatre à quatre. Il était en bas quand Elwèn sortit.

-Viens, je t’emmène chez la guérisseuse.

Il se retint à la dernière minute de lui prendre le bras pour la tirer à sa suite. Il allait ouvrir la porte quand il se détourna et rougit. Crow descendait, et Elwèn était juste entre eux. Comme si elle devait choisir.

-Enfin… si tu veux… tu préfères peut-être y aller avec… Crow…

Il ne l’en empêcherait pas si elle préférais… son loup les accompagnerais également… il avait presque courut dans la gueule du loup alors qu’il ne savait pas ce qu’elle désirait elle…

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Lun 7 Oct - 0:49



















La tête de nouveau tournée vers le foyer où crépitaient les flammes, j’attendais. Destan n’avait que déposé sa tasse et ne réagissait pas jusqu’à maintenant. Ce n’est que quelques secondes plus tard que je sentis ses doigts contre mon oreille droite. Il touchait la pointe doucement et je me pris à frissonner alors qu’il effleurait la longueur. Un faible sourire se dessina sur mes lèvres et fit bouger mes oreilles. Bien entendu, je devais être rouge comme une tomate!

‘‘ C’est… vraiment stupide de vouloir toucher l’oreille de quelqu’un… ‘‘

En quoi était-ce stupide? Il était tout simplement curieux et c’était une bonne chose pourtant. Pour lui, c’était quelque chose de nouveau et agir de la sorte lui permettait de réaliser qu’il y avait d’autres races en dehors des humains, qu’elles étaient bien réelles.

‘‘ Merci… ‘‘

‘‘ Tout le plaisir était pour moi ‘‘

Je lui fis donc un sourire pour appuyer mes dires et le silence se réinstalla dans la pièce. Nous ne savions pas de quoi discuter l’un et l’autre, car, de toute évidence, il y avait encore beaucoup de gêne entre nous deux. Je doutais aussi que Destan soit un grand parleur. Pourquoi pensais-je ça ? Mon intuition me le disait. Mais malgré ce silence, je me sentais bien ainsi assise à ses côtés à simplement profiter de la chaleur que le feu nous procurait. C’est ensuite que sentit le regard argenté de mon voisin sur moi. Tournant mon regard aqua vers lui, je remarquai qu’il regardait en direction de mon buste à peine découvert. Je voulus lui cacher les marques, mais il était déjà trop tard.

‘‘ Tes… marques…elles ne partent pas… ‘‘

‘‘ Elles... elles vont partir. Ne t’en fais pas. ‘‘

Mais vu son regard sombre, il ne me croyait aucunement. Il avait raison d’ailleurs... la pommade de ma mère avait fait effet sur les plaies superficielles, mais les plus profondes mettaient beaucoup plus de temps à cicatriser. Elles finiraient par l’être... pas assez rapidement pour Destan par contre.

‘‘ Je t’emmène chez la guérisseuse demain à la première heure. ‘‘

Que pouvais-je lui dire pour le convaincre de ne pas m’y amener? Rien... à son regard, je voyais qu’il ne reviendrait pas sur ses paroles et m’y amènerais de force s’il le fallait. Me résignant, je baissai la tête. D’accord... j’irai voir la guérisseuse, mais seulement s’il m’y accompagnait au risque que je me perde de nouveau.
Soupirant en silence, je terminais mon chocolat chaud quand je vis qu’il faisait sombre dehors. Peut-être Destan voulait-il se reposer? De toute manière, je commençais à avoir sommeil et ressentait le besoin de prendre du repos avant la journée de demain. Il fallait dire que je m’épuisais rapidement depuis que j’étais dans cette demeure. Prenant les tasses vides, je souhaitai la bonne nuit au jeune homme et le quittai pour me diriger vers la cuisine puis ma chambre.

Le lendemain matin, j’avais du mal à émerger du sommeil et c’est les voix d’homme qui me forcèrent à m’asseoir sur le bord de mon lit. En vitesse, j’allais dans la salle de bain pour me débarbouiller, me changer puis laissa mes cheveux détacher. Il fallait que je fasse vite pour ne pas qu’on attende après moi. En sortant, je tombai directement sur le maître des lieux qui ne me laissa aucunement le temps de lui souhaiter le bonjour.

‘‘ Viens, je t’emmène chez la guérisseuse. ‘‘

‘‘ Oui, mais... ‘‘

Il voulait partir sans prendre le temps de manger? Me tourna de biais, je vis Crow qui redescendait avec le plateau repas de Destan. Celui-ci dit quelque chose qui me rendit extrêmement mal à l’aise. Choisir entre eux?! Bien sûr que je voulais y aller, mais m’imposer un choix comme celui-ci pouvait faire des ravages bien que je préférais que Destan m’y conduise par lui-même. Seulement, délaisser Crow me nouait la gorge. Je... n’arrivais pas parler et baissai la tête, confuse.

‘‘ Et... si nous y allions tous les trois? ‘‘

Ma question sembla les surprendre tous les deux, mais ils acquiescèrent en silence et nous pûmes sortir pour marcher en direction de la demeure de la guérisseuse qui était bien loin.

‘‘ Veux-tu que je te porte? Tu ne sembles pas très solide sur tes jambes encore. ‘‘

‘‘ Ça va... si je ne marche pas, je ne le deviendrai pas. ‘‘

Je me sentais petite entre ces deux grands hommes. C’était comme si je me promenais avec ma garde personnelle, seulement la tension qu’il y avait entre Crow et Destan me rendait silencieuse et tendue. J’avais peur de semer la discorde chez eux sans le vouloir, qu’ils en viennent à se détester.
Nous arrivâmes enfin et une vieille dame fort sympathique nous accueillit. Elle me prit par la main et m’entraîna dans une autre pièce, laissant les hommes attendre.

‘‘ Vous êtes protégé dites donc... surtout par ces mercenaires. Allez-vous bien? ‘‘

‘‘ Oui, pourquoi cette question? ‘‘

‘‘ Le plus jeune n’a pas bonne réputation, vous savez... La plupart des gens ont peur de lui. On dit qu’il est cruel et sans vergogne. ‘‘

‘‘ C’est que ceux qui ne le connaissent pas ne savent pas de quoi il en retourne. ‘‘

La vieille dame m’ordonna silencieusement de me dévêtir et je restai en sous-vêtements au centre de la pièce alors qu’elle déroulait les bandages qui se trouvaient autour de mon corps. Elle observa en silence et revint devant moi avec un air sévère.

‘‘ Je ne sais pas où vous avez mis les pieds, mais il était temps que vous veniez! Les jeunes... tous les même! ‘‘

‘‘ Ça m’apprendra à être imprudente. ‘‘ Murmurais-je avec un faible sourire perturbé au coin des lèvres.

Elle me souriait et préparait une mixture dans un petit bol de bois ainsi qu’un pilon. À côté, il y avait déjà une tonne de bandages propres de prêt et qui n’attendait que de me coller à la peau.

‘‘ Asseyez-vous, jeune femme. Il se pourrait que ça picote un peu, mais c’est normal. ‘‘

‘‘ D’accord. ‘‘

M’exécutant, je pris place sur un petit tabouret et la laissai appliquer la pommade maison sur mes plaies. En effet, je commençais à ressentir les picotements qui m’engourdissaient même légèrement la peau là où elle se trouvait. Parfois, ça chatouillait même.

‘‘ Vous n’êtes pas du coin à ce que je vois. ‘‘

‘‘ Non en effet. Je voyage en quelque sorte. ‘‘ Répondis-je.

‘‘ Et l’un de ces deux hommes aurait-il conquis votre coeur par hasard? Vous avez les joues rouges. ‘‘

Son visage apparut devant le mien et je me prise à la regarder avec étonnement. Conquis... mon coeur? Les joues rougies? Comment une telle chose pourrait-elle être possible?

‘‘ J’en doute... ‘‘

‘‘ L’on ne décide pas de qui l’on tombe amoureuse, ma belle petite dame. ‘‘

Sans que je ne puisse parvenir à répliquer, elle me fit un sourire maternel et disparu de mon champ de vision pour m’enrouler de bandages. Ses paroles résonnaient dans mon esprit sans que je parvienne à les chasser. Mais que se passait-il avec moi soudainement? Jamais je n’avais eu autant de difficulté à comprendre ce qui m’arrivait, mais là... Avait-elle raison? Était-ce... à cause de lui?

‘‘ Voilà! Je vais donner l’onguent à vos compagnons. Il est primordial que vous vous occupiez de vos plaies deux fois par jour après un bain. De toute manière, ils seront prévenus. Je vous laisse donc vous rhabiller pendant que je vais discuter avec eux. ‘‘

‘‘ O-oui... ‘‘

Je la suivis des yeux alors qu’elle me laissait seule dans cette pièce. J’étais figé sur place jusqu’à ce que je me secoue la tête et renfile mes vêtements. C’est d’un pas lent et perdu dans mes pensées que j’allai rejoindre Destan et Crow...

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Lun 7 Oct - 19:22



The Darkness of a Soul…


«Sur la voie de la guérison… pour qui ? »

feat Elwèn Asaë

Ils étaient là, tous les trois, à se regarder. L’espace d’un instant, Destan s’en voulut. Il mettait Elwèn dans une situation incroyable. Il aurait pu tout simplement abandonner, dire à Crow de l’emmener, mais de l’autre côté, il tenait à l’accompagner. Parce qu’il était l’auteur des marques, mais aussi parce que cela lui permettrait de se tester, voir s’il parvenait à parler à une autre femme sans vouloir lui hurler dessus ou la frapper.

-Et... si nous y allions tous les trois?

Destan haussa les sourcils et regarda Crow. Ils acquiescèrent alors et partirent, refermant la demeure. Sans l’avouer, Destan savourait le vent sur son visage. Après près de quatre jours enfermé, ça faisait du bien. Ils marchaient, et la seule parole échangée fut Crow qui demandait à Elwèn si elle voulait qu’il la porte. Elle refusa, et le groupe retomba dans le silence, jusqu’à ce qu’ils arrivent auprès de la guérisseuse. Celle-ci prit en charge la jeune femme et laissa les deux hommes attendre à l’extérieur.

-J’espère pour toi qu’elle n’a rien de grave ou d’infecté.

-Elle aurait eu de la fièvre si ça avait été le cas.

-C’est une elfe, Destan ! Son métabolisme n’est pas comme le notre ! Bordel ! Grandis !

-Arrête de t’énerver, c’est bon. Elle n’aime pas quand on se dispute. Ca la rend mal à l’aise. Alors contrôle-toi.

Crow ricana sèchement.

-Moi ? Me contrôler ? Tu rigoles ? C’est toi le danger public, pas moi.

-Tu n’arrêtes pas de la harceler pour l’éloigner de moi.

-Et je sais pourquoi.

-Laisse-là donc faire ce qu’elle veut, Crow. Si elle a besoin de toi elle t’appellera.

Crow allait répliquer quand la porte se rouvrit. Ils se levèrent de concert, et la guérisseuse se posta devant eux.

-Les plaies sont sérieuses pour la plupart. Je ne sais pas comment elle les a eues, mais à présent cela doit cicatriser. Tenez, de l’onguent spécial ainsi que du bandage. Vous la soignerez deux fois par jour après un bain.

Crow prit le nécessaire et acquiesça. Destan lui, serrait les poings. Il devait se contenir. Cette vieille… osait lui parler sur ce ton ! Il se détourna, pour ne plus la regarder, et se calmer.

-Elle ne va pas tarder.

Et en effet, deux minutes après, Elwèn sortait, habillée, et rouge. En remerciant la guérisseuse, ils sortirent et retournèrent à la forge. En ouvrant, les chiens et le loup les accueillirent joyeusement et Destan comprit au regard de Crow qu’il ferait mieux de remonter dans sa chambre. On aurait réellement dit un enfant qui avait fait une bêtise. Mais cela lui permettrait de se calmer. Il monta donc, et ferma la porte, pour ensuite aller s’asseoir au bureau.

« Elle a été insolente envers toi… tu devrais y retourner et lui régler son compte à cette vieille peau. »

Non… il devait apprendre à ne plus s’énerver comme ça. Il devait se contrôler et maîtriser. Sinon les efforts d’Elwèn ne serviraient à rien… Et puis…

« Depuis quand tu obéis à Crow en plus ? On dirait un gamin bien sage et bien dressé qui obéit à son maître. »

Sur ce point, Destan ne pouvait pas lui donner tort, à la voix. Il se releva donc et ressortit de la chambre. Quand Crow le vit, affairé en cuisine, il lui sortit :


-Je croyais que tu avais compris que tu devais retourner dans ta chambre.

-Tu n’es pas mon père, je n’ai pas à t’obéir.

-C’est pour le bien d’Elwèn et tu le sais.

-Si elle n’accepte pas ma présence, elle peut me le dire d’elle-même non ? Comme tu as dit, elle est plus mûre que moi, alors elle sait ce qu’elle veut.

-Elle est chamboulée, perturbée ! Elle ne vient pas de chez nous, ce fait kidnapper par un malade, se fait torturer, et je ne sais pour qu’elle raison, elle veut rester et aider ce même crétin qui lui a fait subir tout ça ! Elle a besoin de soutien, de quelqu’un qui l’aide ! Et je m’en charge ! Toi, tu dois juste te la boucler et faire le gentil !

La colère revint, comme un ouragan. Comment osait-il ?!

-Tu es un traitre de première Crow. Si je ne me retenais pas, je t’en collerais une pour te défigurer un peu plus.

-Et bien vas-y qu’est-ce que t’attends ? Serais-tu encore plus lâche que je ne le pensais ?

Ce fut la parole de trop. Destan se jeta sur lui et lui balança son poing droit sur son visage. Crow se défendit, et la bagarre débuta. Crow profitait de son poids pour écraser Destan, lui broyer la main, éviter ses coups. Mais la colère qui environnait le jeune mercenaire était-elle qu’il ne sentait rien. Il n’entendait rien non plus, et aucun d’eux ne vit Elwèn s’approcher pour les séparer. C’est Crow qui s’arrêta quand un bruit de chute étrange les alerta. Ils se stoppèrent essoufflés, et virent Elwèn, au sol, du sang coulant de sa tête.

-Je crois que… je l’ai percutée sans le vouloir… elle est tombée…

Destan ne dit rien et se précipita à genoux à ses côtés, prenant son pouls. Elle était en vie. Ouf. Il avait eu peur soudainement. Il la prit dans ses bras le plus doucement dont il était capable, et passa devant un Crow étonné pour la transporter dans sa chambre et l’allonger. Il prit les bandages de la guérisseuse et les enroula autour de sa tête. C’est là que Crow arriva.

-Tu peux être fier de toi. Elle n’a rien demandé et elle est encore blessée.

-Ce n’est pas moi qui ai donné le premier coup, Destan. Je ne faisais que me défendre.

Et voilà, il le faisait culpabiliser.

-Va préparer de la soupe. Je reste ici jusqu’à ce qu’elle se réveille.

-Je ne veux pas que tu sois seul avec elle. Pas alors qu’elle est vulnérable.

-Obéis, Crow ! Je ne lui ferais rien, bon sang !

Crow finit par se résigner et sortit. Destan lui, enleva une mèche tombée sur son visage, et osa même lui prendre la main, timidement, tremblant. Qu’avait-il encore fait ?

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Sam 12 Oct - 14:51



















Bientôt, je fus en face des deux mercenaires tendus et rougis une fois de plus. Ça allait devenir une habitude à la longue. Sur un dernier remerciement de ma part à la guérisseuse, j’emboitai le pas à Destan qui sortit juste derrière Crow. Je les suivais docilement tout en gardant le silence. La tension était palpable entre les hommes et je me sentais extrêmement mal à l’aise, car j’avais l’impression que c’était depuis que j’étais présente que cela tournait ainsi. M’enfin... nous arrivâmes à la maison au bout d’une quinzaine de minutes et c’est un clan de canidé qui nous acceuillit, ainsi que Snow se mit à courrir sans arrêt autour de nous pour se dégourdir les pattes. Oui, cet animal avait une réserve infini d’énergie quand l’envie lui prenait ! Crow me laissa entrer la première et je le remerciai d’un mince sourire en coin avant de m’exécuter, mon compagnon à fourrure me passant entre les jambes à la vitesse et me faisant presque perdre l’équilibre.
Ayant un petit creux, je filai directement à la cuisine pour préparer le petit-déjeuner puisque nous n’avions pas manger au matin, avant de sortir. Autant en profiter pour se remplir l’estomac non ? Et puis, midi était loin encore. J’avais presque terminé de faire cuire les oeufs quand j’entendis des voix masculines s’élevées depuis le salon. Mon coeur s’affola aussitôt et je laissai tout de coté pour me rendre sur place d’un pas rapide. Quand j’arriva, le sang quitta aussitôt en voyant Destan et Crow se battre. Mais que ce passait-il ?!

‘‘ Arrêtez ! S’il vous plait ! ‘‘ M’écriais-je en m’approchant d’eux.

Je n’avais pas prit la peine de réfléchir; ils étaient plus fort que moi... D’un geste rapide, j’essayai d’agripper le bras de Crow pour qu’il lache Destan, mais je me sentis partir par en arrière puis plus rien.

Mes yeux s’ouvraient difficilement et ma vision était plus qu’embrouillée. J’avais mal au crâne... un horrible mal de tête qui rendait l’ouverture de mes paupières difficiles. Je ne savais pas pourquoi j’étais allongée et pourquoi je sentais un bandage autour de ma tête. Pourquoi étais-je aussi confuse ? C’était comme...

Huh ?

Mon regard se posa sur un homme assez jeune. Celui-ci était assit sur une chaise à côté du lit et il tenait ma main droite dans la sienne, me regardant avec inquiétude.

‘‘ Qui... êtes-vous ? ‘‘ Murmurais-je, perdue.

Je ne connaissais pas mon environnement, ni cet homme ou cette demeure. Je ne savais pas où je me trouvais et encore moins ce que je faisais ici. M’asseyant, les couverture roulèrent jusqu’à mes cuisses et je vis mon reflet dans la glace derrière cet étranger qui me dévisageait avec incompréhention. Fronçant les sourcils, je grimaçai à cause de la douleur aigue et relevai mes yeux. Qui étais-je ? Je... commençais à paniquer quand je me rendis compte que je n’avais aucuns souvenirs de quoi que ce soit, même pas de mon nom ! Avais-je... un passé ? Des souvenirs ? Qu’étais-je ?

‘‘ Je... ‘‘

Que pouvais-je dire ? C’est à ce moment qu’un autre homme poussa la porte de la chambre et que sursautai aussitôt. Mais qui étaient-ils à la fin ?! Y en avait-il d’autre ? Le plus jeune des deux lui fit de gros yeux et le plus âgé grogna avant de quitter la chambre. Mes membres se mirent à trembler sans que je ne puisse me contrôler et je serrai la main de l’inconnu à mes côtés.

‘‘ Je suis Destan... Elwèn, tu es tombée... tu t’es fait mal... tu t’en souviens ? ‘‘

Lentement, ma tête se tourna vers mon interlocuteur qui avait froncé les sourcils. Elwèn... Était-ce mon nom ? Alors, j’avais chuter. Ça expliquait pourquoi j’avais un bandage autour de la tête et cet affreux mal de tête. C’était comme si on avait cesse de l’écraser.

‘‘ Non ‘‘

J’inspirai profondément, tentant de calmer mon coeur en panique, mais je n’y arrivais pas. Le fait de ne me souvenir de rien me faisait paniquer.

‘‘ Je ne me souviens de rien... plus rien... je ne sais pas non plus que je suis. Comme si je n’avais pas de souvenirs. ‘‘

Le prénommé Destan semblait être sous le choc, ce qui ne m’aidait pas à trouver un semblant de calme, mais le fait qu’il ne lâche pas ma main, faisait son effet. J’avais un certain soutient avec lui présentement et je me sentais en sécurité.

‘‘ On va t’aider... à te souvenir... tu te nommes Elwèn, tu es une elfe, commence par retenir ça... moi c’est Destan et l’autre homme s’appelle Crow. ‘‘

Donc c’était bel et bien mon prénom. Cependant, quand il m’annonça que j’étais une elfe, ma main libre se leva automatiquement vers une de mes oreilles que je touchai du bout des doigts. Il avait raison puisqu’il y avait une pointe. Bon sang... cette sensation de trou noir dans mon esprit me perturbait au plus haut point et une boule se forma à ma gorge. Je sentais les larmes me monter aux yeux soudainement et je croisai le regard argenté de Destan.

‘‘ Vous allez... vraiment m’aider ? ‘‘ Murmurais-je difficilement. ‘‘ Je ne voudrais pas être un boulet pour vous. ‘‘ Terminais-je en baissant la tête pour masquer mes larmes derrière ma crinière ondulante.

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Sam 12 Oct - 17:14



The Darkness of a Soul…


«Sur la voie de la guérison… pour qui ? »

feat Elwèn Asaë

Tenant la main d’Elwèn dans la sienne, Destan soupira. Cela allait faire quelques heures qu’elle était inconsciente, et il prenait régulièrement son pouls pour s’assurer qu’elle soit toujours avec eux. Ce n’était pas lui qui avait frappé Elwèn, mais il s’en voulait tout autant. S’il était resté dans sa chambre, rien de tout ça ne serait arrivé. C’est un peu plus tard qu’elle gigota, commençant à ouvrir les yeux. Destan la regardait, le cœur battant la chamade. Allait-elle tout de suite vouloir fuir, ne plus avoir à entendre parler d’eux ? D’un coup, le fait qu’elle retire sa main de la sienne d’un air dégoûté ou apeuré lui faisait peur. Mais la seule parole qui sortie de sa bouche fut :

-Qui... êtes-vous ?

Il ne comprit pas, sur le coup et ne répondit donc pas. Il la laissa se redresser, même si elle grimaçait. Il était complètement abasourdi et ne comprenait rien à la situation. Elle allait pour parler encore une fois, mais Crow entra à ce moment dans la pièce. Cela fit sursauter Elwèn et Destan regarda son collègue, lui faisant comprendre par le regard que ce n’était guère le moment. Elle était déjà tellement paniquée… et de voir qu’elle était avec deux hommes ne devaient pas être rassurant. Il partit donc en grognant, et Elwèn trembla, serrant sa main plus fortement encore.

-Je suis Destan... Elwèn, tu es tombée... tu t’es fait mal... tu t’en souviens ?

Il fronça les sourcils alors qu’elle le regardait. L’incompréhension régnait dans ses yeux… qu’avait-il fait cette fois d’irréparable ? Elle répondit alors par la négative et inspira avant de lancer :

-Je ne me souviens de rien... plus rien... je ne sais pas non plus que je suis. Comme si je n’avais pas de souvenirs.

Cela lui fit l’effet d’une énorme gifle. Elle… ne se rappelait rien. Il ne lâchait pas sa main, et essayait de rester le plus droit possible. Elle avait besoin de soutien et à présent ils avaient inversés les rôles. C’était à lui de l’aider.

-On va t’aider... à te souvenir... tu te nommes Elwèn, tu es une elfe, commence par retenir ça... moi c’est Destan et l’autre homme s’appelle Crow.

Elle leva alors une main vers son oreille qu’elle toucha. Elle vérifiait qu’elle était elfe. Bon sang… elle n’avait rien demandé et elle n’avait fait que subir horreurs sur horreurs depuis qu’il était entré dans sa vie. Elle ne voulait que voyager et il… avait tout gâché. En plus, elle avait les larmes aux yeux, et il ne savait pas comment réagir, peu habitué à tout ça. Son ton lui-même était difficile, tremblant :

-Vous allez... vraiment m’aider ? Je ne voudrais pas être un boulet pour vous.

Elle baissa tout de suite la tête et il était là, désemparé, comme un idiot. Comble de chance, la voix dans sa tête se taisait et il inspira un grand coup. Il allait faire quelque chose qu’il n’avait jamais fait ou plus depuis si longtemps qu’il avait peur de mal faire. Il se leva sans lâcher sa main, et s’assit sur le bord du lit, plus près d’elle. De son autre main, il lui releva le visage doucement, pour croiser son regard bleu plein de larmes. Doucement, le plus doucement qu’il pouvait vu ce qu’il avait appris avec sa belle-mère, il posa sa main sur sa joue et essuya ses larmes en murmurant :

-Bien sûr que je vais t’aider. Et tu ne seras pas un boulet. Sans toi je ne serais pas comme ça. Je ne te toucherais pas non plus. Tu m’as aidé et grâce à toi je deviens un autre homme… je vais t’aider à te souvenir. Crois-moi.

Il lui offrit un faible sourire et se rapprocha pour entourer ses épaules de son bras libre et la coller à lui. Elle dégageait une chaleur bienfaitrice…

« Tu t’es décidé ? »

Mentalement, il répondit que non, et qu’elle ferait mieux de retourner au fond de sa tête.

« Tu n’es pas marrant. »

Il se détacha lentement, la regardant.


-Tu as faim ? Soif ? Murmura-t-il

-Soif. Je crois que... j'ai soif

Il lui offrit un petit sourire et lâcha doucement sa main en se levant.

-Je reviens, n’aie crainte.

Il attendit qu’elle acquiesce pour ouvrir la porte et sortir, la refermant derrière lui. Il alla en cuisine et tout de suite Crow débarqua.

-Qu’est-ce qu’il se passe ? Destan, parle !

-Elle ne se souvient de rien, Crow, absolument rien.

Ce fut au tour du mercenaire de pâlir, pendant que Destan cherchait un verre qu’il remplissait d’eau.

-Et comment on fait pour qu’elle se souvienne ?

-Je ne sais pas. Il ne faut pas la brusquer. Je vais lui parler, lui raconter un peu. Peut-être que ça viendra tout seul.

-Tu vas lui raconter que tu l’as kidnappée et torturée pendant des semaines ? Que c’est pour ça qu’elle a un dos marqué, pour ça qu’elle est ici ? Meilleure façon de la faire fuir.

-Je ne lui dirais pas ça. Mais il faudra tout de même que je lui change les pansements…

-Je le ferais.

-Crow ! Elle s’habitue à peine à moi alors si tu viens et que tu veux lui enlever son haut pour changer les bandages, qu’est-ce qu’elle va penser ? Hein ?! Laisse-moi faire pour une fois ! Je ne lui ferais rien !

-Tu n’as pas intérêt parce que sinon ce ne sera pas une perte de mémoire que tu subiras. Tu te retrouveras six pieds sous terre.

Destan ne répondit plus et lui tourna le dos, retournant dans la chambre de la jeune femme. Il toqua et entra, refermant derrière lui. Il lui tendit le verre doucement et la laissa boire.

-Tu étais en voyage ici, pour découvrir le territoire humain, Elwèn. Je ne sais pas comment ce nomment tes parents… tu ne me l’as jamais dit. Cela fait un mois et demi que tu es ici dans cette maison. Tu es la seule qui connaît mon passé, à qui j’ai parlé de ça.

Que dire sans avouer ce que Crow avait dit ? C’était… difficile.

-Tu… te souviens de quelque chose, même vaguement ? Tu as des questions ?

Ce serait peut-être plus simple si elle demandait… cela ciblerait un peu…

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Mer 16 Oct - 1:43



















J’avais cette horrible boule dans la gorge et cette envie irrépressible de pleurer toutes les larmes de mon corps. Pour quelle raison? En fait, je l’ignorais. Seulement, je me sentais si perdue actuellement. Je ne savais que mon prénom et rien d’autre. Avais-je une famille? Une maison autre que celle où je me trouvais présentement? Et cet homme, qui était-il dans tout ça? J’avais perdu la mémoire ainsi que toutes traces de mon passé. Comment avais-je chuté au juste? C’était le néant total dans ma tête...
Mes doigts de la main gauche serraient avec force la couverture qui se trouvait sur mes cuisses alors que l’autre se resserrait et se desserrait autour de la main de Destan. J’étais gênée, mais j’avais l’impression que sentir sa chaleur m’aiderait à garder ma rivière interne dans son lit. C’est alors que je perçus du mouvement à mes côtés. Le matelas s’enfonça légèrement sur ma droite, tout près, et on me leva la tête de force, mais avec douceur. Mon regard embrumé croisa l’acier de celui du jeune homme aussitôt et je ne parvins pas à m’en détacher par la suite. Il posa sa main chaude sur l’une de mes joues et essuya les larmes qui y roulaient. Sa voix était magnifique, mais l’entendre murmurer ainsi me faisait légèrement frissonner

‘‘ Bien sûr que je vais t’aider. Et tu ne seras pas un boulet. Sans toi je ne serais pas comme ça. Je ne te toucherais pas non plus. Tu m’as aidé et grâce à toi je deviens un autre homme… je vais t’aider à te souvenir. Crois-moi. ‘‘

Devenir... un autre homme? J’avais... aidé cet homme, mais à quoi et comment? Tant de choses m’échappaient alors que pourtant, je savais qu’elles étaient cachées quelque part au fond de moi. Mon esprit ne demandait qu’à se réveiller de nouveau, mais je ne savais pas comment m’y prendre.
J’arrêtai alors de réfléchir quand je sentis un bras se glisser autour de mes épaules. J’eus à peine le temps de lever les yeux que je fus collé contre le torse de cet homme. Au départ, je me sentais extrêmement gênée et mes joues devaient très certainement avoir rougi. Mais ensuite, ce fut toute autre chose; je me sentais bien là, en sécurité. Sauf qu’il se détacha et posa ses yeux sur moi et murmura à nouveau.

‘‘ Tu as faim? Soif? ‘‘

Sa voix m’hypnotisait. Elle était douce et autoritaire à la fois. Ça... me déstabilisait et je perdais pieds dès que mon regard se figeait dans le sien. Y avait-il quelque chose avec cet homme? Revenant à la raison, je secouai légèrement la tête et murmurai d’une petite voix :

‘‘ Soif. Je crois que... j’ai soif ‘‘

Comment pouvait-on croire avoir soif? On l’avait ou non. Quelle imbécile je faisais... Destan me fit cependant un petit sourire qui m’en tira un aussi, bien que timide. Sa main quitta alors la mienne et je sentis le rythme de mon coeur s’accélérer aussitôt. Il dut le voir à mon regard que j’étais d’un coup nerveuse, mais me rassura.

‘‘ Je reviens, n’aie crainte. ‘‘

Tout ce que je fus capable de faire en guise de réponse fut un hochement de tête. La porte se refermant donc derrière le jeune homme et je me retrouvai seule pour la première fois depuis mon réveil. Mes yeux pâles se posèrent aussitôt sur mon reflet dans la glace, de l’autre côté de la porte, et je m’observai un moment, touchant le bandage qui entourait ma tête. Cette petite tache pourpre sur la tempe me donnait le tournis alors que porta mon regard ailleurs. Là-bas, je voyais un arc... était-ce à moi ? Je n’arrivais pas à me souvenir et j’avais beau me creuse les méninges, je ne faisais que heurter un immense trou noir qui me donnait mal au crâne. Tant pis... peut-être que je retrouverais la mémoire au fil du temps, ou non.
C’est suite à un long et profond soupir de découragement que je vis la poignée de la porte bouger. Destan entra et je me pris à lui faire un petit sourire alors qu’il s’approchait du lit pour me tendre le verre que je pris avec précaution. Portant le récipient à mes lèvres, je bus le liquide froid et rafraîchissant que je sentis descendre tout le long de ma gorge. L’humain lui, s’était de nouveau installé sur le fauteuil qui se trouvaità côté de mon lit.

‘‘ Tu étais en voyage ici, pour découvrir le territoire humain, Elwèn. ‘‘

Aussitôt, mon regard aqua se posa sur lui alors que je prenais une autre gorgée de mon eau. Avalant, mes bras se baissèrent et j’accotai le fond du verre contre mes chevilles croisées sous les draps.

‘‘ Je ne sais pas comment se nomment tes parents… tu ne me l’as jamais dit. Cela fait un mois et demi que tu es ici dans cette maison. Tu es la seule qui connaît mon passé, à qui j’ai parlé de ça. ‘‘

Un mois et demi... tant que ça ? Et son passé, je ne le connaissais plus maintenant, pas plus que je ne connaissais le mien. Tout s’était envolé.

‘‘ Tu… te souviens de quelque chose, même vaguement? Tu as des questions? ‘‘

Je secouai la tête pour répondre par la négative; non je ne me souvenais d’absolument rien. Aucune image ne me venait en tête pour me mettre sur la route. Rien pour me donner des indices. J’avais des questions, oui... une tonne de questions même, mais je n’osais pas pour l’heure. J’étais trop gênée, confuse et méfiante pour dire quoi que ce soit.
Quand j’eus vidé mon verre, Destan le prit et étira le bras pour le déposer lui-même sur la table de chevet qui se trouvait à côté de lui, contre le mur du fond où se trouvait une fenêtre à volants de taille moyenne. À voir la lumière, je devinai que nous étions en fin de journée et que d’ici quelques heures, le soleil se coucherait. Hum... comment pouvais-je savoir une telle chose? Ça m’était venu instinctivement...

‘‘ Je dois... nettoyer tes blessures et... changer tes pansements. ‘‘

Sur le coup, je ne compris pas ce qu’il voulait dire par là. Celui de ma tête? Je le touchai du bout des doigts et je le vis secouer la tête négativement. De quoi parlait-il alors?

‘‘ Ton dos... ‘‘

Il y avait une certaine souffrance dans son regard, ainsi que sa voix. Une souffrance que je ne parvenais pas à comprendre et qui me semblait si familière à la fois. C’était comme si je comprenais sans en avoir le moindre souvenir. Quoi qu’il en soit, j’acquiesçai et il prit le rouleau de bandage ainsi qu’un petit pot où se trouvait une pommade assez riche vu sa texture. Destan m’observa un instant et je le vis rougir...

Oh...

Je venais à peine de comprendre qu’il attendait après moi. Qu’il attendait à ce que je retire ma tunique pour lui donner accès à mon dos. Avec violence, je me mis à rougir et me dérobai à son regard en me retournant. Prenant les pans de mon vêtement, je tirai vers le haut pour le faire passer au dessus de ma tête, mais le gardai contre ma poitrine pour me camoufler un tant soit peu après qu’il eut retiré les bandes de tissu qui m’entouraient déjà le buste.
Il mouilla un linge et nettoya mon dos comme il put, dans le plus grand des silences. Moi-même je n’osais pas parler tellement j’étais mal à l’aise... Ce devait être le cas pour Destan aussi d’ailleurs puisque je sentais les tremblements dans ses gestes. Quand il eut terminé, le jeune homme me fit lever les bras puis redresser le dos pour momifier à nouveau mon buste. Je pus ensuite me revêtir et l’observai ranger le tout.

‘‘ Merci... ‘‘

Destan ne semblait pas comprendre pourquoi je le remerciais alors que c’était pourtant simple; il s’occupait de moi depuis mon réveil. Le remercier était la moindre des choses, non?

‘‘ Je... j’ai envie de me dégourdir un peu les jambes. Vous pouvez me laisser seule vous savez. De toute manière, je ne crois pas que je quitterai la maison au risque de me perdre... ‘‘

Je lui fis un petit sourire bêta en le voyant hésiter. Finalement, il acquiesça et m’aida à me mettre sur pied en me prenant la main. J’étais un peu chambranlante, mais parvenait à garder un semblant d’équilibre.

‘‘ Tu es certaine que... ‘‘

‘‘ Oui. Oui... ne vous en faites pas. Je reste dans les alentours de ma chambre. ‘‘

Pour le rassurer, je lui souris et lâchai sa main pour sortir toute seule de la pièce en me tenant au mur du couloir. Je l’avoue, la tête me tournait alors Destan resta avec moi et me fit marcher jusqu’au salon où se trouvait un autre homme. C’était celui qui était entré dans la pièce dans les premières minutes de mon réveil. Il se leva et, instinctivement, je me cachai derrière celui qui m’accompagnait.

‘‘ Elwèn... je ne te ferai aucun mal, tu sais. Je suis Crow. Destan m’a dit que tu avais perdu la mémoire après ta chute... Je... suis navré. C’est de ma faute. Je ne t’avais pas vu, ni entendu arriver... ‘‘

Mon regard se posa sur Destan, puis sur l’autre homme au visage à moitié mutilé. Sortant de ma cachette, je m’approchai alors et une immense bête arriva vers moi à toute allure. Hurlant au meurtre, je cherchai refuge derrière le fauteuil. La bête vint aussitôt se poster devant moi et je me repliai, terrorisée, jusqu’à ce que j’entende ses pleurs. Levant la tête, en prise à la panique, mon regard se planta dans celui du loup au pelage d’hiver. Ma main se leva lentement pour se poser sur sa tête et sa langue vint lécher mon visage affectueusement.

‘‘ C’est Snow. Ton compagnon de route. ‘‘

‘‘ Snow... ‘‘ Murmurais-je lentement.

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Mer 16 Oct - 18:41



The Darkness of a Soul…


«La lumière de la peur dans le regard est terrifiante… »

feat Elwèn Asaë

Destan attendait qu’elle pose des questions, qu’elle lui permette de cibler les informations. Mais malheureusement elle ne fit que secouer négativement la tête. Il lui prit le verre lorsqu’elle eut finit, s’étirant pour le poser sur la petite table près de lui. Puis, il déglutit en voyant les pansements et le pot de pommade. Il devait les lui changer, elle portait les mêmes depuis le matin… Alors il dit, timidement :

-Je dois... nettoyer tes blessures et... changer tes pansements.

Elle porta alors sa main à sa tête, comme si elle croyait qu’il voulait lui changer ce pansement-là. Il fit non doucement et murmura, culpabilisant de plus belle :

-Ton dos...

Il s’en voulait tellement… suite à son acquiescement, il prit la pommade et le rouleau de bandage, puis la regarda. Il… souhaitait qu’elle retire son haut, mais il n’osait pas le lui dire clairement. Il était trop gêné, trop timide, trop mal à l’aise. Elle dut le comprendre et il sentait nettement le rouge envahir ses joues alors qu’elle s’exécutait, faisant passer le haut par-dessus sa tête et le collant à sa poitrine une fois qu’il eut déroulé les bandes un peu tachées. Il déglutit et garda ses yeux sur son dos. Il ne regardait rien d’autre. Les plaies n’étaient pas belles et cela lui serra la gorge. Il tremblait, et nettoyait les plaies avant de passer la crème le plus délicatement dont il était capable, ignorant la voix qui lui susurrait d’autres choses, lui montrait autre chose de plus brutal et sauvage…
Le silence était de mise et il tentait de maîtriser ses tremblements. Une fois finit, il enroula la jeune femme dans les bandages une nouvelle fois et la laissa remettre son haut doucement. Il rangea le nécessaire de soin, s’essuya les mains, et d’un coup elle le remercia. Cela le surprit. Pourquoi le remerciait-elle ? Cependant il ne chercha pas plus loin, touché tout de même, et la laissa parler :


-Je... j’ai envie de me dégourdir un peu les jambes. Vous pouvez me laisser seule vous savez. De toute manière, je ne crois pas que je quitterai la maison au risque de me perdre...

Destan hésita un peu. Son côté contrôleur ne voulait pas qu’elle fasse d’efforts physiques pour le moment, pas dans cet état. Mais de l’autre, elle était libre de faire ce qu’elle voulait non ? Il ne voulait plus diriger comme il l’avait fait auparavant…
Il acquiesça donc et l’aida à se relever en lui tenant la main. Ce contact lui faisait toujours étrange, en sachant qu’elle était la première à pouvoir le faire sans qu’il n’hurle ou frappe. Elle tenait à peine en équilibre et il lui demanda :


- Tu es certaine que...

-Oui. Oui... ne vous en faites pas. Je reste dans les alentours de ma chambre.

Elle lui sourit et avança seule dans la pièce. Mais elle se tenait au mur et il voyait ses jambes flageoler un peu, alors il resta près d’elle pour être sûr qu’elle ne tombe pas une nouvelle fois. Il l’accompagna jusqu’au salon où Crow se trouvait déjà. Quand celui-ci se leva du canapé, Elwèn se cacha derrière Destan, comme pour se protéger, et le Mercenaire lui expliqua alors :

-Elwèn... je ne te ferai aucun mal, tu sais. Je suis Crow. Destan m’a dit que tu avais perdu la mémoire après ta chute... Je... suis navré. C’est de ma faute. Je ne t’avais pas vu, ni entendu arriver...

Elwèn regarda alors Destan, comme s’il devait lui permettre de parler à Crow et il le lui fit comprendre par le regard. Elle revint donc vers l’avant, sortant de sa cachette, mais au moment où elle le faisait, Snow se précipita sur elle, heureux de la revoir. Seulement il n’avait pas du s’attendre à ce qu’elle ait peur et aille se réfugier derrière le fauteuil le plus proche. La pauvre bête se mit à pleurer, et Elwèn l’observa, et Crow lui expliqua que c’était son loup. Une lueur passa dans le regard de l’elfe, mais Destan n’aurait sut dire si c’était du au fait qu’elle le reconnaissait ou pas. Elle le caressait, mais n’agissait pas comme il l’avait déjà vue faire. Seulement il était persuadé que la mémoire lui reviendrait tôt ou tard.

Ils restèrent ainsi, Elwèn caressant le loup, même quand ils mangèrent, jusqu’à ce qu’elle soit bien trop fatiguée pour tenir. Destan la raccompagna donc à sa chambre, et la laissa se coucher pendant qu’il fermait les volets. Il vint lui mettre les draps en place, s’étonnant lui-même par ses actes. En général il ne faisait pas ça…


-Je… serais à l’étage si jamais. N’hésite pas à crier, j’ai le sommeil léger donc je t’entendrais.

Snow était également dans la chambre et Destan referma, montant se laver et se coucher après cette journée… perturbante. Les jours suivants, il tentait de lui faire recouvrer la mémoire, malgré Crow qui lui disait sans cesse de tout avouer concernant les tortures. Destan changeait ses pansements, toujours aussi gêné, et l’aidait à marcher. Elle n’aurait plus besoin de son aide pour ça d’ailleurs, mais il ne voulait plus qu’elle ait mal.
Quatre jours s’écoulèrent ainsi, sans amélioration niveau mémoire. Alors Destan se dit qu’il pouvait lui montrer les pièces marquantes de la forge. Peut-être qu’avec ça, ça reviendrait mieux. Il la conduisit donc tout d’abord à la forge même, dans la chaleur moite et suffocante. Il la laissa se promener parmi les armes, dont celle qu’elle avait elle-même gravée, mais apparemment, rien. Crow les suivaient bien sûr, et Destan comprit qu’il n’avait pas le choix. Il devait lui montrer la salle aux anneaux. Il s’y dirigea donc et l’ouvrit, laissant Elwèn entrer, lui emboîtant le pas. Quelques secondes s’écoulèrent sans qu’elle ne bouge, puis elle leva les mains comme pour se protéger, paumes dirigées vers l’avant, et cria, pivotant, passant en trombe devant eux et s’échappant. Ils entendirent même la porte de devant claquer et se précipitèrent à sa suite.


-Satisfait ? Il faut la retrouver et vite.

Destan ne répondit rien et s’élança vers la forêt. Elle ne pouvait être que là. Les hommes se séparèrent, pour couvrir plus de terrain, Crow emmenant Snow avec lui. Ou plutôt, le loup suivant Crow. Destan courait à travers les bois, cherchait des indices du passage de l’elfe. Il avait peur qu’elle ne se blesse, se perde et qu’ils ne la trouvent pas, qu’elle tombe sur des prédateurs ou d’autres Mercenaires…

Heureusement, il la trouva une vingtaine de minutes après. Elle s’était cachée dans une cavité creusée par une souche qui s’était couchée sur le côté. L’elfe était en position fœtale et Destan sentit sa gorge se nouer. Il s’approcha doucement en murmurant :


-Elwèn…

La jeune femme tourna la tête vers lui, se mit à trembler, et détourna le regard. Mais il avait nettement vu cette lueur. Elle était apeurée, effrayée. A cause de lui. Elle avait du se souvenir de ce qu’il lui avait fait subir. Il approcha en douceur, chassant les images de sa tête ainsi que la voix, et lui dit :

-N’aie pas peur… je… je ne vais que te ramener à la maison. Ensuite je… ne t’approcherais plus d’accord ?

-Pas la peine je m’en charge.

Destan pivota et vit Crow sortir du fourré, dépassé par Snow qui se mit entre Destan et sa maîtresse pour la protéger. Une nouvelle fois, Destan se sentit en trop, mais il n’allait pas rouspéter. Elwèn devait être en sécurité, au chaud à la maison. Et avec lui… ce n’était plus possible, elle avait peur. Il laissa donc Crow s’en charger, et les suivit jusqu’à la demeure. Une nouvelle fois, il le laissa la reconduire à sa chambre.

Dans le couloir d’entrée, Destan baissa la tête. Qu’allait-elle penser de lui ? Depuis son accident il avait tout fait pour être le plus gentil qu’il pouvait, pas brusque, rien. Et là elle avait du se rappeler de ce qu’il lui avait fait vivre au début. Elle devait sans doute le voir comme un monstre, un bourreau de femmes… le voir tel qu’il était…





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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Jeu 17 Oct - 1:35



















Le nom de cette bête me disait vaguement quelque chose, mais rien de plus. Le voir ne me rappelait aucun souvenir alors que pourtant, cet animal semblait avoir été à mes côtés depuis bien longtemps. Je... le sentais. Il y avait une affinité inexplicable entre moi et ce loup, mais je ne comprenais pas sa raison. Quoi qu’il en soit, il restait près de moi et ne me quittait pas d’une semelle, même lorsque nous nous rendîmes dans la cuisine. Crow prépara le repas alors que Destan dressait la table et d’un coup, je me sentis complètement inutile. Sauf que je n’osais pas demander si l’un ou l’autre avait besoin au risque de me faire répondre par la négative. Alors, je restais sagement assise sur la chaise jusqu’à ce qu’on dépose un bol de salade devant moi. Crow me fit un sourire que je lui rendis timidement et je pris la fourchette pour prendre une première bouchée. Moi qui croyais ne pas avoir faim... me voilà qui engloutissais la verdure et vidai le contenu de mon bol avant que les deux hommes n’aient terminé.

La nuit était tombée et Destan m’aida à me rendre à ma chambre parce qu’il voyait mes paupières se fermer seules. Je m’allongeai alors sur le lit et il vint me border, ce qui me fit rougir. Il était si près et si loin à la fois... à chaque fois que je crosais son regard, l’humain semblait pensif, ailleurs.

‘‘ Je… serais à l’étage si jamais. N’hésite pas à crier, j’ai le sommeil léger donc je t’entendrais. ‘‘

‘‘ D’accord. ‘‘ Murmurai-je.

Destan se redressa alors puis quitta la pièce. Bien entendu, je le suivis des yeux jusqu’à ce qu’il disparaisse. C’est en soupirant que je me tournai sur le côté, glissant un bras sous mon oreiller. Snow me regardait, couché par terre, les oreilles dressées. C’était comme s’il n’attendait qu’une chose de ma part.

‘‘ Tu veux venir dormir avec moi? ‘‘

Aussitôt, le loup blanc se redressa et tourna une fois sur lui-même. Il attendit mon signal puis sauta agilement sur le lit pour venir se lover contre mon ventre. Sortant un bras des couvertures, j’entourai son cou et glissai mes doigts dans son doux pelage. C’est ainsi que le sommeil me gagna jusqu’au lendemain matin.
La lumière entrait doucement entre la fente des volets, me tapant sur les paupières pour me prévenir qu’il était temps que je me lève. En fait, ce fut ainsi pendant quelques jours. Les journées se résumaient à : bains, changement de bandages, application de pommade, promenade pour recouvrir la mémoire. Rien. C’était sans résultat à chaque fois, mais j’avais toujours cette impression de le savoir. Mais ce jour-là, après notre visite à la forge, Destan m’amena dans une pièce étrange. Il m’avait laissé entrer la première et je m’arrêtai brusquement au centre de cette salle étroite. Les... anneaux au plafond... Je me sentis blêmir tout d’un coup et quand je baissai les yeux, des images traversèrent mes rétines. C’était comme si je me retrouvais suspendu là, une douleur aiguë me traversant le corps de part en part alors que quelque chose s’abattait sur moi. Il y avait cette silhouette devant moi... des yeux acier. Non...

NON! Pas ça ! Pitié!

J’essayai de me protéger, mes je revins à la réalité en prise à la panique. C’est en courant que je sortis de cette pièce. La boule à la gorge, les larmes me montant aux yeux, mes pas me menèrent jusqu’à l’entrée de la maison. J’ouvris tant bien que mal la porte pour me précipiter à l’extérieur et filer dans les bois. Les branches me fouettaient le visage, mais je m’en fichais; je devais partir de cet endroit pour tenter de me calmer et de comprendre ce qui m’était arrivé.

Je courrais, encore et encore, jusqu’à ce que je trouve une cachette et m’y glisse. Il faisait un peu frisquet, mais je ne tremblais pas pour cette raison. La peur me submergeait. Destan m’avait... fais du mal? Pourquoi? Il semblait si gentil envers moi pourtant... Tant de choses étaient sans réponses dans mon esprit et je me sentais complètement perdue, désemparée. Me recroquevillant, je parvins au bout de dix longues minutes à retrouver une respiration un tant soit peu normale. Mais je me calmais à peine lorsque j’entendis des pas s’approcher de ma cachette. L’herbe bruissait sous le poids de l’animal ou de la personne qui se trouvait là...

‘‘ Elwèn… ‘‘

Mon sang se glaça d’un seul coup et je tournai la tête pour voir qu’il s’agissait de Destan. Mes membres se remirent à trembler et la peur qu’il ne me frappe ou me tue me fit trembler aussitôt. J’étais... tétanisée... Pourtant, je voyais le regret et la tristesse dans son regard pâle.

‘‘ N’aie pas peur… je… je ne vais que te ramener à la maison. Ensuite je… ne t’approcherais plus d’accord? ‘‘

‘‘ Pas la peine je m’en charge. ‘‘

Je n’avais pas eu la chance de répondre que Snow fit office de barrière entre Destan et moi. Pourquoi avais-je l’estomac noué à ce point? Je me sentais si triste pour lui... Crow m’aida alors à sortir de ma cavité et me fit grimper sur son dos pour retourner vers la maison. Du coin de l’oeil, je regardais le jeune homme qui marchait derrière. J’avais mal pour lui. C’était atroce.

Une fois arrivé sur les lieux, le plus âgé des deux mercenaires me conduisit à ma chambre et me fit asseoir sur mon lit. Snow se coucha devant la porte, m’observant de son regard fauve et alerte.

‘‘ Tes bandages ont été changés ce matin ? ‘‘ Me demanda-t-il doucement.

‘‘ Oui... Destan l’a fait ce matin. ‘‘

Crow observa alors mon visage et le toucha du bout des doigts. Je crois qu’il touchait les petites éraflures qui se trouvaient sur mes joues, mais je n’en étais pas certaine. Il avait un oeil vert assez foncé alors que l’autre avait souffert d’une mutilation qui le gardait constamment fermé. L’homme prit alors un linge humide pour essuyer doucement le sang séché qui se trouvait sur ma peau pâle.

‘‘ Que vous est-il arrivé? ‘‘ Demandais-je timidement, prise de curiosité.

Le mercenaire sembla surpris par ma question, mais ricana légèrement tout en remettant le tissu dans la bassine sur la table de chevet.

‘‘ C’est indiscret, je sais. Navrée... je... ne voulais pas vous embarrasser avec ma question. ‘‘

‘‘ Tu ne m’embarrasses pas, voyons. C’est à cause d’un contrat qui a mal tourné. Celui qui nous l’avait donné ne nous avait pas dit qu’il y avait une créature qui rôdait dans les alentours. Nous devions récupérer un objet qui lui appartenait au fond d’une grotte et j’ai voulu sauver Destan. Il serait mort sinon... J’ai donc pris le coup de griffe à sa place, mais nous l’avons tué et en avons tiré une belle récompense malgré tout. ‘‘

Je ne savais pas quoi dire d’autre. En fait, j’étais légèrement mal à l’aise en présence de cet homme. Pourquoi? C’était une bonne question. Peut-être parce qu’il m’intimidait. À côté de lui, j’avais l’air minuscule et fragile.

‘‘ Tu ne te souviens d’absolument rien? ‘‘

‘‘ Non...’’ Dis-je en secouant la tête pour appuyer mes dires. ‘‘ Dîtes... Cette salle. Quelle est-elle? ‘‘

‘‘ Une salle de torture. ‘‘

Mon sang quitta ma tête et je commençai à avoir le tournis. Une salle de torture?! C’est ce qu’on m’avait fait subir?! Mes doigts serraient mon pantalon, au niveau des cuisses, quand Crow posa une main sur ma droite.

‘‘ Elwèn, je n’ai de cesse de dire à Destan qu’il t’avoue tout, mais il ne semble pas le vouloir. Peut-être essaie-t-il de t’amadouer pour recommencer à zéro, mais sache qu’il n’est pas aussi sympathique qu’il semble te le montrer jusqu’à présent. Il te voudra toujours du mal, peu importe ce qu’il dira. ‘‘ Il soupira. ‘‘ Quand tu étais dans cette pièce, je venais te nourrir pour ne pas que tu dépérisses... Je n’ai jamais voulu qu’il te kidnappe... ‘‘

On... m’avait kidnappé?!

‘‘ Il m’a dit que j’étais en voyage chez les humains... ‘‘

‘‘ Tu l’étais, oui. Jusqu’à ce qu’il t’attrape par surprise. Ensuite tu as été enfermé là-dedans deux bonnes semaines. Sauf que tu refusais de te soumettre..., j’ai dû intervenir. De telles choses n’arriveront plus maintenant. D’accord? Je veillerai à ce qu’il ne t’arrive rien. Je m’occuperai de toi à l’avenir. Destan est trop instable et cache très certainement ses mauvaises intentions. ‘‘

Je pinçai les lèvres et baissa la tête. Tout ça me perturbait davantage et je ne savais pas comment réagir.

‘‘ Ça va aller... ? Je suis navré d’avoir dû te l’annoncer de cette manière Elwèn. ‘‘

‘‘ Ce n’est rien. ‘‘ Murmurais-je. ‘‘ C’est certainement mieux ainsi après tout... ‘‘

Mais je n’en étais pas convaincue. Ma voie intérieure me disait qu’il se passait quelque chose. Je devais à tout prix parler seule à seul avec le jeune homme pour connaître la vérité. J’étais triste et dépassé par les évènements. Crow prit alors mon visage entre ses mains et le releva doucement.

‘‘ Une petite fleur comme toi ne devrait pas être aussi triste. Qui a-t-il... ? ‘‘

‘‘ J’ai du mal à assimiler tout ça, mais je m’y ferai. Nous vous en faîtes pas pour moi... Je vais bien. ‘‘

Je dus rougir parce qu’il caressa mes pommettes de ses pouces avant de se détacher en souriant. Moi, je baissai aussitôt les yeux et Snow grimpa sur le lit. Aussitôt, je le serrai contre moi, enfouissant mon visage dans sa fourrure.

‘‘ Je vais aller préparer du thé. Tu en veux? ‘‘

‘‘ Non, merci. Je vais faire une petite sieste si ça ne vous fait rien. ‘‘

Le mercenaire acquiesça et me laissa alors seule. Inspirant profondément, je me couchai sur le côté et mon loup m’imita. Depuis l’épisode de la salle aux anneaux, quelques images me revenaient en tête sans réel sens. C’était des scènes qui ne duraient, pour la plupart, qu’une fraction de seconde. Fermant les yeux, je m’endormis alors, rêvant d’un endroit magnifique où habitaient des gens aux longues oreilles pointues qui murmuraient mon nom...

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Jeu 17 Oct - 19:53



The Darkness of a Soul…


«Rechute. »

feat Elwèn Asaë

Planté dans le couloir, Destan passait d’un pied à l’autre, nerveux. Crow était avec elle, et Destan savait qu’il voulait se rapprocher d’elle. Mais il n’était pas dans une très bonne position pour défier son collègue. Il sentait ses démons revenir en force, comme avant. La crise était proche, et les images défilaient dans sa tête.

« Tu vois ? Tu aurais du te la faire quand tu pouvais ? Quoique, tu peux… elle ne se souvient de rien. »

Non il ne voulait pas ! Et puis Crow ne le laisserait pas être seul avec elle à présent. Ce qui était préférable pour qu’il ne lui fasse pas une nouvelle fois mal.

« Tu as envie de frapper, Destan. Ne le nie pas. Tu dois frapper quelque chose ou quelqu’un avant de devenir fou. Dépêche-toi ! »

La voix souffrait et donc le faisait souffrir. Il se précipita dans sa chambre, grimpant les marches quatre à quatre, verrouilla, et laissa s’écouler sa rage et sa colère. Contre lui, sa belle-mère, Crow… mais surtout contre lui-même. Il renversa une commode, brisa un énième miroir, défit le lit. Il s’empêchait juste de hurler. A la fin, il était essoufflé, à genoux au milieu de la pièce sans dessus dessous, à contempler ses mains qui tremblaient.

« Ca va déjà mieux…tu ne trouves pas ? »


-Si… ça va… mieux…

Rageur, il se releva et alla dans la pièce d’eau pour doucher à l’eau froide et se remettre les idées en place. Il ne devait pas retomber ! Pas comme ça ! Il devait lutter. C’était… ce qu’Elwèn voulait…Elle… elle avait le don de l’apaiser, le calmer… Elle trouvait les mots qu’il fallait, et avait sut l’apprivoiser pour qu’il accepte son contact. La seule personne qui avait le droit de le toucher et maintenant, elle ne se souvenait de rien, et avait peur de lui. Il avait toujours voulu faire peur aux femmes, mais étrangement, avec elle, il ne le voulait plus. Il ne voulait pas qu’elle est peur. Pas elle. Son regard apeuré était gravé sur les rétines de Destan, et il savait qu’il ferait des cauchemars, une fois de plus.

Elle devait retourner auprès des siens. Mais pas dans cet état. Elle devait retrouver la mémoire, puis repartir et être heureuse. Quoiqu’elle dise ou veuille, qu’importe la promesse. Il n’était qu’une cause perdue, et il ne souhaitait pas qu’elle gâche son énergie pour lui. Elle devait découvrir le monde, croquer dans la vie. Parce qu’elle pouvait le faire, sourire au soleil et aux oiseaux, rire de tout et aimer. Lui avait été brisé, et ne le pouvait plus. On lui avait coupé l’herbe sous le pied, on l’avait entraîné dans des abysses bien trop profonds pour en ressortir. L’idée d’y parvenir l’avait effleuré, mais il se doutait qu’il garderait des séquelles.

Soupirant, il sortit, se sécha et s’habilla d’un pantalon, pour ensuite aller au bureau. Il dessina. Mais pas n’importe quoi ou n’importe qui. Sous ses coups de crayons apparaissait peu à peu le visage d’Elwèn. Il ignorait pourquoi il la dessinait. Peut-être pour s’en souvenir une fois qu’elle serait partie. Il la dessina deux fois même et y prit toute la nuit. Sur une partie, elle était souriante, les yeux joyeux. Sur l’autre, c’était le visage qu’elle avait quand elle le regardait, apeuré, terrifié. Cela serait un rappel et il ne recommencerait plus avec les femmes quand elle serait loin. Prenant la feuille, la mettant devant son visage, éclairée par une unique bougie, il admira le travail. C’était fidèle à la réalité. Il mit la feuille sous les autres dessins et se releva pour s’étirer.

La nuit était avancée et son ventre criait famine. Il sortit en silence et descendit, torse nu. Il n’y avait aucune lumière. Tout le monde dormait.

« Tu pourrais agir sans que personne ne le sache. Entrer… la caresser… la faire jouir, hurler de plaisir, comme à l’époque. La baiser… brutalement, comme tu as si bien appris… »

Destan se gifla pour chasser la voix. Il ne voulait pas ça. Il entra en cuisine, sortit du pain et du fromage et remonta en vitesse, éloignant tant bien que mal les images de sa belle-mère et lui. Assis sur le lit en désordre, il mangea, et s’allongea pour essayer de dormir au moins une petite heure.

L’aube fut rapidement là, et Destan soupira. Les démons, cauchemars, tout était revenu et amplifié. Il avait un peu mal à la tête et se leva pour faire sa toilette et s’habiller. Là, il n’osa pas descendre. Crow devait être en cuisine à préparer le petit-déjeuner, et Elwèn était peut-être avec lui. Il ne voulait pas… leur imposer sa présence. Cela gâcherait l’ambiance, il en était persuadé. Il était toujours de trop.

« Elle te l’a fait comprendre hein ? Toutes ses années ? Toujours de trop, bon à rien, juste à baiser. Juste bon à subir et se la fermer. »

Il se prit la tête entre les mains et attendit que la voix soit loin dans son esprit. L’enfant en lui ce recroquevillait, n’osait plus défier sa part sombre depuis qu’Elwèn était dans cet état. Avant, elle l’aidait sans le savoir à lutter. Là, les prises lâchaient, il se sentait aspiré. Mais il devait être fort. Au moins le temps qu’elle s’en aille. Crow la suivrait certainement et il se retrouverait seul. Il pourrait alors faire ce qu’il voulait. Tout casser. Hurler. Se mutiler. Évacuer un tant soit peu sa douleur. Il respira profondément, et sursauta quand on toqua. La porte s’ouvrit sur Crow.


-Tiens, je t’apporte à manger. Je ne peux pas t’enfermer, Elwèn a caché la clé je ne sais où et vu qu’elle ne se souvient de rien…

Il avait appuyé les derniers mots, pour que Destan culpabilise bien. Oui, Crow l’avait peut-être touchée dans l’action, mais c’était Destan qui avait déclenché la bagarre, à la base… Crow posa une assiette sur la table la plus proche et lui dit :

-Ne t’avise pas de sortir de la chambre. Je ne sais pas ce que tu mijotes, mais tu ne l’approcheras plus. Compris ?

Destan acquiesça, ravalant sa colère et le laissa s’en aller. Il prit l’assiette, alla au bureau, et mangea doucement tout en contemplant les dessins de l’elfe. Il n’avait pas comprit ce que Crow voulait dire quand il avait sorti « je ne sais pas ce que tu mijotes ». Il ne mijotait rien du tout. Pensait-il qu’il voulait encore faire du mal à Elwèn ?

« Oui ! Parce que c’est ce que tu veux, au fond de toi. Tu veux qu’elle ait mal ! Qu’elle souffre ! Tu veux l’entendre hurler, gémir ! Tu veux la baiser… »

NON ! Il ne le voulait plus bon sang ! Quand est-ce que tout ce calmerait ? Pourquoi lui ? A l’époque il n’avait souhaité être heureux… on l’avait détruit… et maintenant c’est trop tard. Il était prisonnier de lui-même…


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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Mer 6 Nov - 3:20



















Je ne sais pas combien de temps j’avais dormi, mais à mon réveil, je me sentais déjà en meilleure forme. Sortant du lit, mes pas me menèrent jusqu’à la fenêtre et je constatai alors que le soleil amorçait sa descente dans le ciel. Était-il déjà si tard? Une odeur de nourriture me vint alors aux narines et je me dirigeai vers la porte pour l’ouvrir. C’est alors que j’entendis des bruits de pas et l’escalier qui grinçait légèrement sous le poids d’un homme. Ce devait être Crow qui allait porter le repas du soir à Destan, dans sa chambre. Me faufilant hors de mes appartements, je me glissai à sa suite. Pourquoi voulais-je parler à tout prix au jeune homme après ce qu’on m’avait dit sur ma condition ici? Je n’en savais strictement rien, mais... je voulais connaître la vérité.
Alors que le plus âgé des mercenaires entrait dans la chambre des maîtres, je me glissai discrètement dans la salle de lessive, me cachant dans un coin. Je n’entendis pas la discussion écourtée des hommes, mais je m’en fichais un peu très sincèrement. Mon but était de discuter avec Destan, un point c’est tout. Quand Crow disparu en bas de l’escalier, j’attendis un court moment avant de sortir de ma cachette et m’approcher de la porte. Ma main droite et hésitante se posa alors sur la poignée de porte que je tournai très lentement. Quand l’ouverture fut suffisamment grande pour moi, je me glissai timidement dans la pièce et refermai derrière avant de me tourner pour faire face au jeune homme, oubliant mes faibles tremblements. Je lui fis un sourire et demanda, d’une petite voix :

‘‘ Je... ne dérange pas j’espère... ? ‘‘

Destan avait légèrement sursauté et je me sentis légèrement mal à l’aise de ne pas avoir signalé ma présence avant d’entrer. Peut-être était-il occupé ou ne voulait pas me voir? Il se recula même légèrement, mettant encore plus de distance entre nous.

‘‘ Non... tu... ne devrais pas être ici... ‘‘

‘‘ Je sais... ‘‘ murmurais-je en me mordant la lèvre. ‘‘ Je peux partir si vous voulez ‘‘

Je baissai alors légèrement la tête, mais mon regard aqua restait figé sur le jeune humain devant moi. Mes mains elles, étaient jointe dans mon dos. Le mercenaire inspira alors profondément, faisant gonfler son torse puis me répondit, une pointe de nervosité dans la voix :

‘‘ Je... ne veux pas que tu ais peur... et avec moi tu as peur... ce qui... est normal vu... ce que je t’ai fait. C’est toi qui... vois si tu pars ou non... ‘‘

Moi qui voyais? La raison de ma présence ici était que, justement, je voulais le voir, et donc, rester ici. Doucement, pour ne pas l’effrayer, je m’approchai alors de Destan et m’arrêtai à moins d’un mètre de lui. La nervosité me tenaillait un tantinet, mais je secouai négativement la tête pour lui signifier que j’avais bien l’intention de ne pas sortir d’ici. Il me fallait des réponses à mes questions.

‘’ Crow m’a dit que j’ai été dans cette salle deux semaines et pourtant, je suis resté ici. Il y a certainement une raison non? Peut-être... pourriez-vous me raconter? ‘’

L’homme se tendit à mon approche, mais resta sur place. À son regard, il semblait confus de me voir aussi près et visiblement, ne voulant pas partir.

‘‘ Je ne sais pas pourquoi tu veux rester. Tu as dit que tu voulais m’aider... je t’ai raconté mon passé. ‘‘ Commença t-il en marquant une courte pause. ‘‘ J’ai torturé des femmes les six dernières années. Je voulais tout contrôler, les dresser. Que je sois craint. J’ai voulu faire de même avec toi, mais tu as résisté et percé mes barrières. Je ne suis pas l’homme gentil que tu as vu à ton réveil. Je suis... tout l’inverse. ‘‘

Ah... non? Pourtant, il ne semblait pas être celui qu’il lui avait décrit aussi. Il n’était pas, ou plus, le tyran batteur de femmes de son histoire. Je déglutis alors et baissai légèrement les yeux pour regarder le sol, réfléchissant. Destant se disait être un monstre et pourtant, depuis ma perte de mémoire, jamais il n’avait été violent à mon égard. Je répondis donc d’une petite voix :

‘‘ Pourtant vous ne me frappez pas... ‘‘

Je levai ma main droite timidement et la posai sur sa joue droite sans comprendre pourquoi j’agissais ainsi. Lui avait tressailli, ne s’attendant certainement pas à ce que je le touche. En fait, je me sentais rougir soudainement et mon coeur se mit à accélérer. Devant mes yeux, défilèrent avec vitesse des images d’une scène que je ne reconnaissais pas, et qui pourtant, m’était familière. Je reconnus la forge, Destan et la lame qu’il m’avait montrés alors qu’il me faisait visiter la demeure.
Revenant à moi, je levai mon regard pâle sur le jeune homme devant moi.

‘‘ La forge... vous m’avez appris à graver une lame... ‘‘

‘‘ C’est toi... qui m’as montré que je pouvais arrêter de frapper. C’est toi qui as fait en sorte de pouvoir me toucher. Avant, tu m’aurais mis la main à la joue et je t’aurais frappée oui. Tu m’as aidée. ‘‘ Il resta immobile un moment avant de continuer. ‘‘ Oui, je... t’ai montré comment graver une lame. Avant que tout ne dérape par ma faute une nouvelle fois. ‘‘

Je fus surprise parce que je recouvrais la mémoire par bribes, et à un rythme plutôt lent, mais au moins ça me revenait. Un petit sourire se dessina alors sur mes lèvres rosées et du pouce, je touchais sa peau. La peur me disait d’arrêter, mais une petite voix en moi me disait que ça ne pouvait qu’aider cet homme à sourire de nouveau.

‘‘ C’est pour ça que je suis resté alors... ‘‘ soufflais-je ‘‘ Je suis navrée pour hier... j’ai des fragments de mémoire qui me reviennent brusquement et j’ai eut peur... ‘‘

Destan me fit un sourire, aussi petit soit-il, mais réellement craquant. Ses joues étaient un petit peu rouge et je commençais à comprendre que c’était à cause de moi et de ma manière d’agir envers lui.

‘‘ C’est normal que tu réagisses comme ça. Et... ça m’a remis la réalité en face. Tu n’as pas à t’inquiéter pour moi.Crow va t’aider à retrouver la mémoire. Je ne t’approche plus, Elwèn. C’est... préférable. Sinon je vais encore déraper. Et tu as assez souffert par ma faute. ‘‘

Mon sourire s’effaça graduellement quand il me parla de Crow. Il était gentil, certes, mais je le trouvais un peu trop... envahissant. Il me touchait, caressait le visage et ça me faisait étrange. Pourtant, je n’arrivais pas à lui dire de ne pas agir de la sorte envers moi, que ça me tracassait. Je sentais qu’il y avait plus qu’un désir de me protéger de Destan derrière tout ça. J’avouai alors...

‘‘ Il... me rend mal à l’aise... Je me sens mieux près de vous, aussi étrange que cela puisse paraître... ‘‘ Dis-je en baissant la tête et reprenant ma main.

‘‘ Il t’apprécie énormément et veut te protéger de moi... ses... intentions sont louables, Elwèn... ‘‘ Puis il continua ‘‘ Je ne sais pas comment te faire retrouver la mémoire... il faut que tu l’aies retrouvée avant de repartir auprès des tiens... ‘‘

Je soupirai alors et me mordit légèrement la lèvre inférieure, ne sachant pas quoi répondre. Retrouver les miens? Était-ce... ces personnes que j’avais vues dans mon rêve? Ceux qui m’appelaient par mon prénom d’une voix douce et mélodieuse ?

‘‘ Elle reviendra par bribes j’imagine... ‘‘ Je relevai donc la tête et lui sourit légèrement. ‘‘ Je n’ai pas besoin qu’il me protège. Snow est là de toute manière et puis je doute que vous me fassiez mal... Vous devriez... sourire plus souvent. ‘‘

Je sentais que je rougissais et à ce que je voyais, je n’étais pas la seule. Mais jamais je ne me serais douter de ce que Destan allait dire par la suite.

‘‘ Je... ne sais plus sourire... ‘‘ ses joues s’empourprèrent davantage. ‘‘ Toi par contre, ça te va bien, de sourire... ‘‘

Aussitôt je sentis que mes joues étaient en feu. Je ne savais même plus où me mettre soudainement et je détournai le regard, un sourire stupide au coin des lèvres. Mais pourquoi cet humain me faisait cet effet-là? Il y avait tant de choses qui m’échappaient encore...

‘‘ C’est parce que vous être malheureux... Alors, je me donne le mandat de vous faire sourire avant de partir. ‘‘ dis-je avec une soudaine motivation.

Crow débarqua alors et je me tournai de moitié en entendant la porte s’ouvrir. L’homme s’approcha aussitôt de nous, plus particulièrement de moi et avait un regard noir vis-à-vis de son collègue. Je sentais une tension énorme entre eux en ce moment même. Celui-ci parla d’une voix calme, mais autoritaire; était-il jaloux?

‘‘ Elwèn... tu ne devrais pas être ici. ‘‘ dit-il brusquement, toisant Destan du regard.

‘‘ J’ai le droit d’aller où je veux non? Et puis il ne fait rien. Laissez-le respirer ! ‘‘ Me surpris-je à dire.

‘‘ C’est bon... je ne faisais rien. ‘‘ se défendit-il alors. ‘‘ Elle a le droit de décider de ce qu’elle veut faire. Je ne lui ferais rien. ‘‘

‘‘ Oui, comme la dernière fois où tu m’as dit ça et t’as failli la violer. ‘‘ Cracha t-il

À cette révélation, je me figeai, les yeux rivés sur Crow qui ne lâchait pas une seule seconde Destant des yeux. Il attendait d’ailleurs que je m’approche de lui pour quitter la chambre. Mais je ne bougeai pas...

Spoiler:
 



Dernière édition par Elwèn Asaë le Mer 6 Nov - 21:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Mer 6 Nov - 21:08



The Darkness of a Soul…


«Rechute. »

feat Elwèn Asaë

Il avait mangé, mais peu. Tout lui revenait et il voulait se défouler, mais s'en empêchait. Donc, il souffrait intérieurement à force de tout contenir.

« Au lieu d'aller la baiser... »

Destan secoua la tête. Il ne voulait pas point, il n'y avait rien à discuter. Perdu dans ses songes, il n'avait pas entendu la porte s'ouvrir et encore moins sentit la présence de l'elfe dans la pièce. Il sursauta donc lorsqu'elle parla :


-Je... ne dérange pas j’espère... ?

Destan pivota pour voir Elwèn avancer dans la pièce, nerveuse. Il le voyait à ses mains qu’elle tentait de contrôler. Il recula un peu, lui-même devenant mal à l’aise. Pas qu’il ne souhaitait pas la voir mais… elle ne devrait pas être là. Elle avait peur de lui. Tout le monde avait peur de lui. Mais il l’avait cherché et maintenant, en payait le prix.

- Non... tu... ne devrais pas être ici...

- Je sais... Je peux partir si vous voulez.

Elle parlait d’un ton bas, se mordant la lèvre. Elle était bien trop nerveuse. Elle mit ses mains dans son dos, et baissa légèrement la tête alors que lui cherchait ses mots. Si Crow venait tout allait encore dégénérer. Pourquoi était-elle là ? Il inspira profondément et répondit, nerveux :

- Je... ne veux pas que tu ais peur... et avec moi tu as peur... ce qui... est normal vu... ce que je t’ai fait. C’est toi qui... vois si tu pars ou non...

Elle s’avança alors de lui, ne s’arrêtant qu’à un mètre de distance. Et lui restait là, nerveux, faisant taire cette maudite voix dans sa tête. Elle secouait la tête pour lui signifier qu’elle ne partirait pas, et rajouta :

-Crow m’a dit que j’ai été dans cette salle deux semaines et pourtant, je suis resté ici. Il y a certainement une raison non? Peut-être... pourriez-vous me raconter?

Destan ne comprenait pas pourquoi elle restait, pourquoi elle voulait savoir. Elle savait déjà. Il lui avait fait du mal. Et en cela, aucune femme ne souhaiterait rester en sa compagnie. Pourtant, elle ne voulait pas s’en aller. Elle voulait même qu’il ravive ses mauvais souvenirs en lui racontant. Il commença donc :

- Je ne sais pas pourquoi tu veux rester. Tu as dit que tu voulais m’aider... je t’ai raconté mon passé.
Il se coupa, priant pour qu’elle ne lui demande pas de lui raconter une nouvelle fois son passé. Il n’y arriverait pas.

« Et pourquoi pas ? Tu le fais, et ensuite t’en profite pour la baiser. »

Destan crispa les mâchoires et poursuivit en ignorant la voix :


-J’ai torturé des femmes les six dernières années. Je voulais tout contrôler, les dresser. Que je sois craint. J’ai voulu faire de même avec toi, mais tu as résisté et percé mes barrières. Je ne suis pas l’homme gentil que tu as vu à ton réveil. Je suis... tout l’inverse.

Il déglutit, laissant le silence s’installer. Un silence durant lequel elle baissa la tête. Avait-elle compris ? Allait-elle partir en courant, en pleurant, le visage déformé par la peur qu’il lui injectait dans les veines ?

-Pourtant vous ne me frappez pas...

Non il ne la frappait pas. Il ne le faisait plus. Elle l’avait changé, ou du moins une infime partie de lui, et ne le savait même plus. Elwèn avança alors, et il s’efforça de ne pas bouger. Cependant il tressaillit quand elle posa sa main sur sa joue droite. Elle le touchait… oui, parce qu’elle pouvait. Il ne bougea pas, la regardant rougir sans raison, alors que lui-même devenait rouge. Elle sembla alors perdue dans ses pensées, et quand elle revint à elle, elle dit :

-La forge... vous m’avez appris à graver une lame...

Elle se souvenait de la forge… ça avait été sympathique, jusqu’à ce que Crow arrive, pense qu’il la frappait, et intervienne. Encore une fois, le moment de détente était tombé à l’eau. Il se lança alors :

- C’est toi... qui m’as montré que je pouvais arrêter de frapper. C’est toi qui as fait en sorte de pouvoir me toucher. Avant, tu m’aurais mis la main à la joue et je t’aurais frappée oui. Tu m’as aidée. Il fit une courte pause avant de poursuivre. Oui, je... t’ai montré comment graver une lame. Avant que tout ne dérape par ma faute une nouvelle fois.

Il la laissa réfléchir à tout ça, profitant inconsciemment de sa caresse sur sa joue. Comme un chien que l’on flatte, cela calmait la voix qui râlait en lui. Un petit sourire était même apparut sur les lèvres de la jeune femme. Elle s’excusa alors pour la veille et il lui fit un tout petit sourire, bien faible, nerveux, pour dire :

-C’est normal que tu réagisses comme ça. Et... ça m’a remis la réalité en face. Tu n’as pas à t’inquiéter pour moi. Crow va t’aider à retrouver la mémoire. Je ne t’approche plus, Elwèn. C’est... préférable. Sinon je vais encore déraper. Et tu as assez souffert par ma faute.

Ce fut peut-être les mots en trop. Elle perdit son sourire, et quand elle parla, elle reprit sa main, ce qui déçu Destan. Il avait… aimé le toucher.

-Il... me rend mal à l’aise... Je me sens mieux près de vous, aussi étrange que cela puisse paraître...

-  Il t’apprécie énormément et veut te protéger de moi... ses... intentions sont louables, Elwèn... Je ne sais pas comment te faire retrouver la mémoire... il faut que tu l’aies retrouvée avant de repartir auprès des tiens...

Elle se mordit la lèvre, une nouvelle fois perdue dans ses pensées, pour lui déclarer :

-  Elle reviendra par bribes j’imagine... Je n’ai pas besoin qu’il me protège. Snow est là de toute manière et puis je doute que vous me fassiez mal... Vous devriez... sourire plus souvent.

S-sourire plus souvent ? Il rougissait avec violence, tout comme elle, et balbutia :

- Je... ne sais plus sourire... Toi par contre, ça te va bien, de sourire...

Oh oui ça lui allait. Elle méritait de sourire à la vie, constamment.

-C’est parce que vous être malheureux... Alors, je me donne le mandat de vous faire sourire avant de partir.

Malheureux… cela faisait si longtemps. Il ne savait même plus ce qu’était être heureux. Il allait parler lorsque la porte s’ouvrit sur Crow qui s’approcha vivement pour se mettre devant Elwèn, pour la protéger.

- Elwèn... tu ne devrais pas être ici.

- J’ai le droit d’aller où je veux non? Et puis il ne fait rien. Laissez-le respirer !

Destan devait calmer le jeu. Ah non, s’ils commençaient à se fricoter entre eux, ça n’irait pas. Ca n’arrangerait rien. C’était lui le fautif depuis le début. Crow soutenait Elwèn, même s’il était envahissant.

-  C’est bon... je ne faisais rien. Elle a le droit de décider de ce qu’elle veut faire. Je ne lui ferais rien.

Et là, Crow eut la phrase ultime, qui visait à abattre les dernières ressources de Destan :

- Oui, comme la dernière fois où tu m’as dit ça et t’as failli la violer.

Crow fixait Destan, et Destan vit nettement Elwèn qui se figeait à l’annonce.

« Voilà… on revient à la case départ. T’aurais du la baiser. »

Finalement, Destan baissa la tête, comme en signe de soumission. Crow lui, attendait qu’Elwèn le suive, mais elle ne bougeait pas. Alors quand le jeune homme osa relever faiblement les yeux, il vit qu’elle semblait attendre une explication.


-Il… dit vrai. Mais… ce n’était pas voulu… c’était… ce n’était pas moi et… mais même, ça ne change rien, j’ai faillit le faire.

-Au moins tu l’admets. Viens Elwèn.

Elle ne semblait pas vouloir suivre et regardait Destan, comme si elle voulait lire en lui. Elle connaissait son passé, enfin, avant l’amnésie. Mais Crow l’ignorait, et Destan ne souhaitait pas qu’il le sache. Donc il ne pouvait pas s’expliquer clairement. La tension augmentait dans la pièce, et Destan coupa le silence en premier :

-Vas-y Elwèn… suis-le. Je reste bien sagement ici et… tu n’as rien à craindre… si jamais je… je ne ferais rien…

-Mon œil. Tu l’amadoues pour mieux agir ensuite. Tu es un manipulateur.

Destan ne répondit rien. C’était à Elwèn de juger et décider. A elle seule. Finalement, ils sortirent de la chambre, et Destan les entendit descendre les escaliers. Seul, il soupira et retourna s’asseoir à son bureau pour contempler les dessins de l’elfe. Ca lui nouait la gorge quand il regardait celui ou elle avait peur… peur de lui. Jamais il n’avait ressenti de remords par rapport à son attitude et là… depuis qu’elle était là… il culpabilisait tellement, et savait que rien ne pourrait rattraper tout ça…

Encore une fois, il soupira, et patienta l’après-midi durant. Il dessinait, puis regardait tant bien que mal dehors, puis essayait de se reposer mais avec les démons qui l’envahissaient ce n’était pas faisable. Au soir, il s’attendait à ce que Crow vienne avec son assiette, mais quand la porte s’ouvrit, ce fut Elwèn qui entra. Cela le surprit et elle lui dit de venir manger avec eux. En prime, elle lui sourit, et il voulut lui faire plaisir. Alors il suivit le mouvement, restant à bonne distance pour qu’elle n’ait pas peur. En cuisine, Crow avait mis la table et le regarda d’un air mauvais quand il entra. Ses yeux semblaient le mettre en garde. La moindre tentative et il lui réglerait son compte. Par contre, Destan ne remarqua pas le malaise de l’elfe vis-à-vis de Crow. Il ne savait pas non plus pourquoi Crow le regardait encore plus méchamment que d’ordinaire. Quelque chose s’était produit, et il ignorait quoi.

Il mangea, en silence, comme les deux autres. Seulement il aida à débarrasser et nettoyer. Quand ce fut fait, il fut temps pour tout le monde d’aller dormir. Cette nuit-là encore, les cauchemars l’empêchèrent de dormir…

Quatre jours passèrent, sans grand changement. Enfin, pour Destan. Il restait dans la chambre et se faisait petit. Crow le surveillait sans cesse, surtout quand Elwèn y allait. Oui, l’elfe venait souvent passer de longues heures avec lui dans la chambre. Le malaise du départ s’était un peu dissipé, et ils parlaient mieux. Des bribes de souvenirs lui revenaient en tête, plus ou moins précis. Elle se rappelait donc de la tête des siens et de ce à quoi ressemblait son pays. C’était un grand pas. Destan savait qu’elle retrouverait toute la mémoire. Il fallait juste être un peu plus patient. Et même si la patience n’avait jamais été son point fort, Destan apprenait à le devenir, grâce à elle. Parce que oui, elle s’était souvenue de son passé, de ce qu’il lui avait raconté.
Il ne savait toujours pas ce qu’il s’était produit entre Crow et Elwèn, mais les deux n’étaient plus comme avant quand ils étaient ensemble. Ils se regardaient étrangement, et parlaient peu. Destan savait qu’Elwèn n’aimait pas trop Crow, mais elle lui avait toujours parlé comme à un ami…
Il ne comprenait pas. Pas du tout. Mais n’osait pas demander. Il était mal placé pour ça. Et puis, il préférait entendre la jeune femme lui parler de ses souvenirs fraîchement revenus et il aimait l’aider à restituer certains événements quand elle doutait.


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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Mar 12 Nov - 13:47



















Le silence venait de s’installer sur nous trois. Mes yeux aqua étaient posés sur Destan qui semblait mal à l’aise d’un coup, et avec raison. Qui voulait se vanter avoir failli violer quelqu’un? À moins d’y prendre plaisir, l’on s’entend. J’attendais donc qu’il fournisse des explications, bien qu’au fond de moi, je connaissais la vérité. C’est là qu’il parla, d’une voix plutôt faible et moins assurée.

‘‘ Il… dit vrai. Mais… ce n’était pas voulu… c’était… ce n’était pas moi et… mais même, ça ne change rien, j’ai failli le faire. ‘‘

Des images du passé étaient revenues dans mon esprit et je ne voyais que par bribes ces évènements sur la colline. Ses mains sur moi et ses baisers brutaux contre mon cou. Un frisson me traversa l’échine quand Crow cracha des reproches sur son acolyte.

‘‘ Au moins, tu l’admets. Viens Elwèn. ‘‘

Encore une fois, je ne bougeai pas. Je ne faisais que réfléchir, me ressasser tous les souvenirs qui m’étaient jusqu’alors revenus. Les deux hommes se toisaient du regard, en position de garde. Il était aisé de voir à leur posture qu’ils étaient prêts à la bagarre, mais aussi que plus les secondes filaient, plus la tension grimpait. Mon coeur battait la chamade face à cette situation et j’avais l’affreuse envie d’aller prendre une goulée d’air frais pour m’éloigner de cette énergie négative. Le silence était lourd jusqu’à maintenant, mais Destan le brisa. Mon regard pâle se leva alors vers lui, pendant qu’il s’adressait à moi.

‘‘ Vas-y Elwèn… suis-le. Je reste bien sagement ici et… tu n’as rien à craindre… si jamais je… je ne ferais rien… ‘‘
‘‘ Mon œil. Tu l’amadoues pour mieux agir ensuite. Tu es un manipulateur. ‘‘ rétorqua le plus âgé des mercenaires.

Je n’avais pas eu le temps de parler, de lui dire que ce n’était pas grave et que je savais qu’il ne me ferait rien intentionnellement, mais Crow était persuadé du contraire. Donc avant que la bataille éclate, je décidai à contrecoeur de quitter la pièce. Mes pas me menèrent vers l’escalier et je sentis la présence du mercenaire derrière moi. J’étais affreusement mal à l’aise dans tout ça, mais j’essayais de ne pas le faire paraître. Snow vint alors me voir et c’est après avoir posé le genou par terre que je lui caressai les oreilles. Une langue me lécha la joue et le sourire revint alors. Sur ce, je m’en allai dehors sans dire quoi que ce soit de plus; j’avais besoin de prendre l’air au plus vite. Une fois dehors, mon loup se mit à courir à tout va alors que je restais planté devant la porte en inspirant profondément.

‘‘ Elwèn... je suis navré pour tout à l’heure... ‘‘

Crow était sorti lui aussi, la tête légèrement basse. Silencieuse, je ne faisais que le regarder, attendant qu’il veuille bien dire quelque chose de plus, mais rien.

‘‘ Pourquoi agissez-vous ainsi avec lui? ‘‘
‘‘ Pour te protéger ‘‘ dit-il aussitôt, levant la tête vers moi.

Le regard qu’il avait me fit déglutir et peur à la fois. Mais qu’attendait-il de moi au juste? Je me souvins alors que Destan m’avait dit de cet homme qu’il tenait énormément à moi... oui... alors, c’était bien ça...

‘‘ Écoutez, je... ‘‘
‘‘ Chut. ‘‘

Il m’avait coupé la parole d’un ton légèrement autoritaire avant de s’approcher de moi et... non! Il avait plaqué ses lèvres contre les miennes, me tenant aux épaules pour ne pas que je recule. Mon coeur battait à un rythme endiablé dans ma poitrine alors que mes membres se mettaient à trembler. J’avais tant espéré que ce ne soit pas ça! Reprenant mon courage à deux mains, je posai les mains sur son torse et le repoussai, m’éloignant de lui par la même occasion.

‘‘ Je n’éprouve pas les mêmes sentiments pour vous. ‘‘

Le visage du mercenaire s’assombrit aussitôt et il détourna le regard en se massant la nuque. Il retourna alors à l’intérieur, me laissant seule avec Snow qui venait de s’asseoir sur mes pieds. Jamais je n’avais été aussi confuse de toute ma vie. Tout allait changer à partir de maintenant. Je le sentais au fond de mes entrailles.
Ce n’est qu’un peu plus tard que je rentrai, passant par la cuisine pour attraper une pomme et ensuite m’enfermer dans la pièce qui me servait de chambre. J’avais même verrouillé la porte, de peur qu’il vienne et réitère l’expérience que j’avais trouvé fort désagréable. Allongée sur mon lit, je fermai les yeux pour finalement m’assoupir. Quand mes paupières s’ouvrirent, je me levai, replaçai mes vêtements et m’en allai vers la cuisine; Crow y était et je baissai aussitôt la tête, détournant le regard.

‘‘ Je vais chercher Destan. ‘‘

Sans un autre regard, je grimpai à l’étage pour marcher d’un pas lent vers la chambre du maître de la maison. J’oubliai de toquer et ouvrit la porte en soupirant intérieurement avant de me coller un sourire aux lèvres.

‘‘ Le repas sera bientôt prêt. Voulez-vous venir manger avec nous ? ‘‘

S’il vous plait...

Pensais-je. Je n’avais pas envie d’être seule à table avec Crow après ce qu’il s’était produit en début d’après-midi. J’étais plus que mal à l’aise envers lui désormais. Lui souriant, j’attendis qu’il se lève de sa chaise pour contourner son bureau et me suivre. Nous descendîmes donc à la cuisine où la table était déjà dressée, les assiettes là. Mon ventre se mit à hurler avec cette délicieuse odeur. Tous les trois, nous nous installames pour manger. J’étais silencieuse, comme les deux hommes autour de moi. C’était lourd comme atmosphère et je me sentais oppressée.
Après le repas, je me levai la première pour débarrasser avec Destan, l’aidant à nettoyer, puis je leur souhaitai la bonne nuit avant de me retirer vers ma chambre. Mon corps tomba alors lourdement sur le matelas et je poussai un long et profond soupire. Ma crainte était que les deux mercenaires ne se battent et... je ne voulais pas parler de ce qui s’était produit avec Crow. Je... devais le garder pour moi au risque de semer la bisbille entre eux à nouveau. J’étais la principale cause de tout ça, de cette tension...

Le temps continuait de filer et par moment, je le trouvais long. Crow était souvent au salon ou à l’extérieur à couper du bois, Destan dans sa chambre et moi dans la mienne. Mes blessures guérissaient plutôt bien maintenant et je parvenais à faire les soins par moi-même après chaque bain. Quand je m’ennuyais trop, je montais à l’étage pour discuter de tout et rien avec le jeune mercenaire. En fait, c’était moi qui parlais la plupart du temps parce que mes souvenirs revenaient avec plus de clarté. Je me souvenais de ma famille, de leur prénom, de mon chez-moi. Je savais pourquoi j’avais quitté mon pays et comment je m’étais retrouvé aussi. Quelques petites choses m’échappaient encore ou certaines étaient floues, mais Destan était là et m’aidait à éclairer ma lanterne. Je... le trouvais réellement gentil et attentionné quand je lui déballais tout ça. Et son sourire... aussi petit soit-il, me faisait fondre.

Un soir, j’arrivais avec deux tasses de thé bien chaud et nous nous installions devant le feu qui brûlait dans le foyer de la chambre des maîtres. Je savais que Crow passait devant la porte de temps à autre pour nous observer et je le sentais devenir de plus en plus tendu. Pas seulement envers Destan, mais moi aussi; il voulait plus que mon amitié... et je ne pouvais rien lui offrir de plus. Le silence s’était installé et je pensais.

‘‘ L’automne arrive et j’ai pratiquement recouvré la mémoire... Peut-être faudrait-il que je parte et vous laisse tranquille maintenant. ‘‘

Je levai les yeux vers lui, mais étrangement, je me sentais triste. J’avais envie de lui dire de venir avec moi, mais c’était loufoque comme idée... Jamais il n’aurait voulu de toute façon. Un faible sourire crispé apparut alors sur mon visage et je pinçai ensuite les lèvres, détournant le regard.

‘‘ Vous avez déjà fait d’énormes progrès... je suis fière de vous... ‘‘ soufflais-je, boule à la gorge.

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MessageSujet: Re: The Darkness of a Soul... [PV Destan]   Mar 12 Nov - 19:56



The Darkness of a Soul…


«Départ… »

feat Elwèn Asaë

Les jours passaient, emmenant avec eux les semaines. Destan, bien que gêné par ses actions ou torturé par ses démons, était bien plus calme qu’avant. Elwèn restait de longues heures près de lui, à lui parler. Lui parler comme à un être humain normal et non un monstre comme le faisait Crow. Souvent, quand il était seul et ne parvenait pas à dormir, il regardait les dessins qu’il avait faits de la jeune elfe. Le regard apeuré et joyeux. Celui qui lui nouait l’estomac et l’autre qui lui tirait un faible sourire.

Crow les surveillait toujours quand elle était avec lui, et jamais Elwèn ne fit part à Destan de ce que le Mercenaire avait voulut faire…
Son acolyte devenait donc de plus en plus tendu au fil des jours…

Un soir, la jeune femme entra avec deux tasses de thé. Destan prit la sienne en la remerciant, soufflant à la surface pour pouvoir en boire une gorgée. Le silence régnait dans la pièce, et Destan cherchait quoi dire quand Elwèn le fit pour lui :


-L’automne arrive et j’ai pratiquement recouvré la mémoire... Peut-être faudrait-il que je parte et vous laisse tranquille maintenant.

Il s’était attendu à tout, sauf à sa. Ce fut comme si le ciel lui tombait dessus. Il savait qu’un jour elle partirait, il le lui avait même dit plusieurs fois… pour sa sécurité… mais le fait que ça devienne réel… Il…appréciait sa présence…
Elle lui fit un mince sourire avant de détourner le regard et de murmurer :


-Vous avez déjà fait d’énormes progrès... je suis fière de vous...

Des progrès ? Il restait juste à sa place, comme il le faisait avec sa belle-mère à l’époque… il acceptait juste qu’elle le touche. Mais cela le toucha qu’elle dise être fière de lui. Il baissa la tête sur la tasse qu’il tenait entre ses mains, le cœur serré. Une fois qu’elle serait partie, que ferait-il ? Retomberait-il dans ses vices ? Non justement, il devait tenir, pour elle. Et Crow ? Allait-il en profiter maintenant qu’elle ne sera plus là pour s’interposer ? Sans doute.
Mais il ne devait pas penser à lui. Il l’avait assez retenue, assez fait souffrir. Peut-être même qu’elle voulait partir parce qu’elle n’en pouvait plus de l’atmosphère tendue et rigide qui régnait sur la demeure depuis un certain temps. Elle serait mieux auprès des siens. Il but une autre gorgée avant de s’exprimer.


-Merci… et… oui tu peux partir… je t’aie assez retenue ici. Les tiens seront heureux de te revoir.

Il redressa la tête juste pour croiser brièvement son regard. Il lui offrit un petit sourire et vida sa tasse cul sec, même si c’était brûlant.

-Tu… ferais mieux de te reposer alors si… tu veux partir demain matin… je crois que le navire est dans quelques jours… le temps que tu y parviennes…

Cela l’attristait qu’elle s’en aille, mais c’était ce qu’il devait se passer. Elle, elle irait retrouver la joie de vivre chez les elfes, et lui resterait dans la brume de son passé avec Crow.
Quand elle acquiesça, il alla même jusqu’à la raccompagner à sa chambre, passant en cuisine ranger les tasses. Il sentait la présence de l’autre Mercenaire qui les épiait et cela le dérangeait. Souhaitant la bonne nuit à Elwèn, il attendit qu’elle ferme la porte pour aller au salon où il trouva Crow.


-Elle s’en va demain matin, Crow.

-Oh…

C’était bien la première fois que Destan voyait Crow aussi désemparé.

-Je voulais que tu le saches.

-Bien. Monte dans ta chambre maintenant.

Destant soupira et s’exécuta, ne voulant pas s’énerver dans l’immédiat. Dans sa chambre, il se lava et se coucha, essayant en vain de dormir une nuit complète…

Quand l’aube fut là, il était prêt, et Crow ou non, il descendit en cuisine pour dresser la table. Il s’essayait à faire un petit-déjeuner quand l’autre Mercenaire débarqua pour l’aider. Non sans un regard de reproche bien évidemment. La table était donc fin prête quand Elwèn arriva, en tenue de voyage. Ils se souhaitèrent le bonjour et mangèrent tranquillement. Ensuite, Crow s’empressa de préparer un sac de provisions et de vêtements pour Elwèn. Pour qu’elle ne manque de rien durant son voyage. Il n’arrêtait pas de lui demander s’il devait l’escorter, pour être sûr qu’elle arrive à bon port, mais elle refusait poliment. Snow courrait partout, visiblement très heureux de partir sur les routes. Ou de s’éloigner de cette maison qui dégageait de mauvaises ondes…
C’est emmitouflée qu’Elwèn s’apprêta à partir. Ses armes remises en place, elle était à nouveau telle qu’ils l’avaient… kidnappée.


-Fais bonne route, Elwèn, et veille sur toi. Ne… dis pas aux tiens pour… ce qu’il t’a fait. Tous les humains ne sont pas ainsi…

Destan resta impassible à ces propos. En fait, il espérait aussi qu’elle ne dise rien sur… ce qu’il lui avait fait. Il cherchait quoi dire, ne trouvait pas, et fut extrêmement surpris quand Elwèn s’approcha de lui, timide, pour le serrer contre elle. Troublé, le cœur fou, il leva les bras pour les poser sur ses épaules, gêné.

-Merci de m’avoir aidé et… désolé pour… tout ça. J’espère que ça ira pour toi.

Il se sentait un peu maladroit mais… il n’avait jamais été très habile dans ce genre de choses. Lui, il ne savait que frapper les femmes et les traumatiser. Elle se détacha et il lui fit un dernier petit sourire avant qu’elle ne se détourne avec son loup.
Les deux hommes la regardèrent partir, et ce jusqu’à ce qu’elle disparaisse entre les arbres. Là, Destan rentra, suivit de Crow. La porte refermée, le plus âgé lança :


-Et maintenant ?

-Quoi et maintenant ?

-On fait quoi ?

-J’en sais rien. Maintenant qu’elle n’est plus là tu reviens me lécher les pieds c’est ça ? Je ne suis plus le monstre, le manipulateur ?

Destan le regarda avec mépris. Tourne-casaque.

-Je ne te lèche pas les pieds, du con ! Je veux juste savoir si ça vaut la peine de rester, si on recommence les contrats ou non.

-J’en sais rien.

Destan alla à l’étage, s’installant à son bureau et prit le dessin entre ses mains. Voilà, elle était partie. Loin, sur le chemin de son véritable foyer. Il espérait qu’il ne lui arrive rien et qu’elle parvienne à destination comme il se doit.

« Tu regrettes de ne pas l’avoir sautée hein ? Avoue ! »

Tiens, ça faisait longtemps… Non, il ne regrettait pas ça !  Il regrettait sa présence. Le soleil qu’elle avait mis dans la maison, la vie qu’elle avait essayé d’y incorporer. A présent, tout était à nouveau sombre selon lui…

Six jours passèrent ou Destan réfléchissait plus qu’autre chose. Il se demandait quoi faire. Il ne voulait plus retomber dans ses vices, mais à part ça, il ne savait guère faire autre chose. Tuer, faire mal, être brutal, c’était tout ce qu’il connaissait dans sa vie. Il tentait d’imaginer Elwèn sur les routes, et cherchait à deviner où elle se trouvait, si elle était déjà à bord du navire ou pas. Un matin, alors qu’il était couché pour se reposer après une nuit plus que mouvementée, Crow fit irruption dans la chambre, une feuille en main.


-Destan ! Ils cherchent des hommes pour abattre un ours sauvage ! La bête est décrite comme surdimensionnée, la récompense et importante ! Elle fait de gros dégâts partout et les gens sont apeurés ! C’est quelque chose pour nous !

Destan s’assit sur le bord du lit, prit la feuille et la parcourut des yeux. La somme en récompense était vraiment alléchante en effet… et cela chasserait peut-être ses idées noires. Il se remettrait ainsi dans le bain.

-Prépare-toi. Ce soir, nous serons riches.

Il ne vit pas le regard que Crow lui lança avant de quitter la pièce, et qui ne présageait rien de bon. Dehors, en descendant les marches, il murmura pour lui-même :

-Tu ne crois pas si bien dire…couillon.

Et non, la colère de Crow n’avait jamais diminuée, même s’il le masquait à la perfection. Destan alla se laver, se vêtit mieux, enfila ses tenues de Mercenaire, ses dagues, ses couteaux, son épée. Prêt, il descendit, seller son cheval. Crow était déjà dehors à l’attendre.

-Il se trouve à deux heures d’ici. A cheval on y sera en une heure je pense. Il sévit aux alentours de l’auberge.

-Alors c’est à l’auberge que nous allons. Nous y laisserons les chevaux, je ne veux pas qu’ils se fassent tuer, et nous continuerons à pied.

Crow acquiesça et ils se mirent en route. Le vent fouettait son visage, le vent frais de l’automne, et Destan aimait ça.Ca faisait si longtemps qu’il n’avait plus chevauché qu’il en oublierait presque l’ours et la mission. Arrivés à l’auberge, leurs montures en sueur, ils les confièrent à des garçons d’écurie qui s’inclinèrent bien bas en voyant Destan. Bon, sa réputation était toujours de mise apparemment. Ils se renseignèrent sur la localisation plus précise de la bête, et sortirent ensuite. Etre en plein jour les désavantageait, ils étaient nettement plus visibles, mais en sachant qu’en pleine nuit ce serait l’ours qui verrait et non eux… c’était plus prudent.

S’enfonçant dans les taillis, Crow avait son arc en main, flèche encochée, et Destan ses deux longues dagues aiguisées. Ils étaient silencieux et se parlaient par signes mis au point depuis de longues années déjà. Quand la bête apparue non loin d’eux, ils se camouflèrent dans les buissons pour l’observer. C’était un ours énorme, qui mesurait à quatre pattes deux bons mètres, et qui atteignait alors les quatre mètres sur ses pattes arrière. Tout en muscle, les mâchoires pleines de crocs, Destan en frissonna. C’était un tueur né, une machine à tuer. Et eux, simples humains, allaient le réduire au silence.

Destan se décala, appliquant leur stratégie. Il contournait l’ours, pour que lorsque Crow tirerait, il lui saute dessus par derrière. Prêt, il attendit que son acolyte lâche sa flèche, et il entendit son sifflement avant qu’elle ne percute l’ours au-dessus de la patte avant. Automatiquement, la bête rugit de douleur et se dressa sur ses pattes arrière, à la recherche de sa proie. Destan choisit ce moment pour lui sauter dessus, même si ce n’était guère simple à la verticale. Crow était censé occuper l’attention de l’ours pour laisser à Destan le temps d’atteindre ses épaules, mais là… rien. L’ours se déchaînait, rugissait, balançait ses pattes partout pour déloger le visiteur.


-CROW ! MERDE !

Il ne pouvait pas chercher l’homme des yeux et se concentra sur l’ours. Il planta une dague dans sa chaire, comme si c’était une prise d’escalade. Il aurait un poing d’appuis un peu plus solide que les poils qui s’arrachaient. De plus belle, l’animal rugit de douleur, et se fit encore plus fougueux. Il se remit à quatre pattes, manquant désarçonner Destan qui parvint à se cramponner. Son cœur n’avait jamais battu aussi vite et ce fut pire quand il vit l’arbre s’approcher dangereusement de lui. A la dernière seconde, l’ours se propulsa sur le côté, contre le tronc qui vacilla, écrasant Destan contre. Sous le choc, il lâcha prise et s’écroula, le souffle coupé et des étoiles devant les yeux. Plus loin, l’ours, avec la dague plantée dans le poitrail, grognait et montrait les dents. Le Mercenaire se releva, avec comme impression que tout son corps était en miette, agrippa sa seconde dague, et courut. Aussitôt, l’ours le suivit, cassant tout sur son passage alors que Destan se faisait griffer par des feuilles et des branches. Bon sang, mais où était Crow ?

Essoufflé, il trébucha sur une racine et roula au bas d’une petite pente, contre un rocher. Un peu sonné, il sentit le souffle rauque de l’animal au-dessus de lui. Il pivota, serrant sa dague, mais l’autre fut plus rapide. Alors qu’il levait le bras, l’ours referma ses mâchoires sur ce dernier, mordant atrocement. Destan cria mais ne lâcha pas la dague. Il devait l’affaiblir ! A côté, la morsure de Snow avait été une chatouille !


-Lâche-moi, gros tas de poils !

Cela figea l’ours qui le lâcha et gronda de plus belle. Malgré la douleur, Destan en profita pour enfoncer sa lame dans son poitrail avant, le faisant rugir de plus belle et attaquer. Cette fois, la patte cingla l’air et lui lacéra la hanche, déchirant le cuir comme du beurre, traversant la peau, les muscles et les os comme si ce n’était que de l’eau.
Le souffle court, la douleur se propageant dans son corps, Destan attendait le coup final, mais l’ours semblait avoir vu autre chose. Le sifflement se fit entendre, et la flèche se planta entre ses yeux. Dans un sursaut d’agonie, l’ours s’effondra, la tête sur les jambes de Destan.


-Crow ! Ah… Bon sang…

Il tourna la tête tant bien que mal pour voir son acolyte approcher, rangeant son arc. Il vérifia que l’ours était mort, un sourire aux lèvres. Il prit alors son épée, et trancha la tête de l’animal, éclaboussant Destan de sang au passage.

-Cela fera une preuve de son trépas. A moi la récompense…

-Pourquoi ne m’as-tu pas aidé… Crow…

-Parce que tu n’es qu’un salopard, Destan. L’ours s’est chargé du sale boulot. Tu vas crever comme le monstre que tu es. Cela vengera toutes les filles que t’as tabassées, et Elwèn aussi. Je leur dirais que tu es mort et que je suis arrivé trop tard…

-T’es qu’un connard…

Crow lui sourit et s’approcha, prenant sa dague et posant la pointe sur la plaie de sa hanche.

-Ca doit faire mal… mais je trouve que ce n’est pas assez profond.

D’un geste sec, il enfonça la lame dans sa hanche, un rictus mauvais aux lèvres. Destan criait, hurlait tant c’était douloureux.

-Tues-moi donc tout… de suite…Souffla-t-il difficilement.

-Oh non… c’est pas marrant. Tu dois crever dans d’atroces souffrances…une mort rapide serait trop gentille. Allez… dors bien.

Et il s’en alla. A travers les arbres, Destan voyait que le soleil commençait sa descente. Le corps en souffrance, le cœur fou, le sang coulant de partout, il se mit à se trainer d’une main, essayant de se relever. Se tenant à l’arbre, sa main mordue tenant le flanc ouvert, il marcha sur un mètre avant de s’effondrer et chuter dans une sorte de cratère naturel causé par le déracinement d’un arbre. Grimaçant, il se mit dos contre la terre et souffla :

-C’est…un bel endroit pour mourir…

Dans un trou, perdu, seul. Comme une bête. D’ailleurs, combien de temps avant que les loups et autres carnivores ne suivent les traces de son sang pour le trouver et le manger ? Guère longtemps, et il espérait être mort à ce moment-là. Se faire dévorer vivant ne le tentait pas. Tremblant, il voyait sur ses rétines le visage d’Elwèn, étrangement, souriante.

« Je suis fière de vous… »

Cela lui soutira une petite et rare larme. Son père vint se coller à ses côtés, et plus floue, sa mère. Mais le tableau fut gâché par l’arrivée de sa belle-mère et de Crow.
Ils souriaient, tous les deux. Ravis qu’il meure enfin.

Il était désolé pour toutes les souffrances qu’il avait causées. Désolé pour son attitude. Désolé pour tout.

Mais ça, personne ne le saurait jamais. On ne retrouverait sans doute pas son corps, ou alors à moitié mangé, et méconnaissable. Personne ne se soucierait de sa disparition. Il n’était qu’un Mercenaire sans foi ni loi, cruel et méprisable… Crow dirait partout qu’il était mort, et ses anciennes esclaves seraient plus ravies de l’entendre.

Oui, Destan Kreiss allait mourir sous peu, rejoindre l’Enfer, payer pour ses crimes. Il ne croyait guère aux miracles et ses blessures étaient trop importantes…

Il ferma donc les yeux, cessant la lutte. Plus vite il serait mort, et mieux ce serait…


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