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 Dans ton ombre... [PV Lyov Machievel]

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MessageSujet: Dans ton ombre... [PV Lyov Machievel]   Mer 5 Mar - 14:56

Deux jours étaient passés depuis l’incident dans la chambre. La jeune Walkyrie avait décidé de retourner se promener, elle avait donc ceinturé Aëla à sa taille, réajusté les bandages de ses mains abimées suite à sa chute. Elle souffrait encore au niveau de la nuque mais pouvait la bouger quand même. Elle se regarda avant de partir et toucha de ses doigts l’endroit où la dague avait coupé sa joue. Elle inspira profondément et se mit en route pour la forêt.

Ses pas l’avaient mené dans un sous-bois fort agréable, Melwyn en profita pour s’assoir à l’ombre d’un arbre. Elle plongea sa main dans la poche de son léger manteau. Entre ses doigts elle tenait un bout de papier, il s’agissait du mot qu’elle avait trouvé à son réveil.  
« Tu m’as donné pas mal de fil à retordre ! Jsuis pas prêt de t’oublier toi. Désolé pour le dérangement.
La Dernière Ombre »

Elle n’avait pas compris pourquoi sa vie poursuivait encore son cours. Elle se demandait quelle difficulté elle avait posé à cette ombre qui finalement n’avait pas été la dernière. Dans ses souvenirs, elle avait reculé afin d’éviter un coup et puis Melwyn s’était senti décollée. La suite ? Elle ne s’en souvenait pas. Un trou noir avait pris place dans sa mémoire jusqu’à ce qu’elle se réveille dans le lit seule. Elle avait pour seul souvenir une sensation de bien-être comme si elle s’était sentie en sécurité suite à son évanouissement. Elle ne savait pas comme expliquer cette sensation, peut-être s’était on bien occupée d’elle ?

Elle s’appuya contre le tronc de l’arbre et leva la tête vers le ciel caché par les feuilles. La jeune walkyrie tenait dans ses mains bandées le bout de papier griffonné. Il ne l’avait pas quitté depuis l’incident, c’était comme la preuve de tout ce qui s’était passé. La preuve que tout n’avait pas été qu’un mauvais rêve. La preuve qu’au final cette ombre était bienveillante, chose qu’elle avait du mal à accepter. Etait-ce cette ombre qui lui avait procuré cette sensation de sécurité ? L’ambiguïté des émotions qu’elle ressentait la malmenait. Cet inconnu était la raison de ces pires craintes mais également la source d’une certaine sécurité.

Elle ferma ses yeux, cherchant la paix. Depuis cette nuit, elle n’avait cessé d’y penser, n’avait cessé de voir son visage. Elle refusait de croire que c’était bien l’ombre qui avait pansé ses blessures, l’avait installé sur le lit. Elle resserra son manteau autour d’elle, non pas qu’elle ressentait le froid mais en repensant à cet affrontement son cœur paniquait. Melwyn aurait aimé comprendre pourquoi il l’avait épargné alors qu’il avait été très proche de son but, pourquoi il s’était occupé d’elle alors qu’il aurait pu simplement la laisser à l’endroit où elle était tombée. Une tonne de question la taraudait. Elle avait l’impression de l’apercevoir à chaque coin de rue mais à chaque fois qu’elle s’était approchée, elle était tombée nez à nez avec un parfait inconnu. A chaque fois elle fut déçue et soulagée en même temps. Ces émotions contradictoires la rendait folle ; plusieurs fois elle avait joué à cache-cache avec une ombre qui n’était pas « la sienne », se camouflant derrière les passants ou faisant des bonds de terreur.  

Ces derniers jours Melwyn avait fait des recherches sur « La Dernière Ombre », il était tristement célèbre pour ses meurtres à répétition. Elle avait réalisé qu’elle avait eu beaucoup de chance d’en réchapper. Elle s’était rendue à la bibliothèque où les journaux étaient archivés et avait feuilleté la plupart d’entre eux. Cela lui avait pris un temps fou et au bout de 3 heures elle avait déjà recensé plus de 1 000 meurtres. Elle n’eut pas le courage de poursuivre car elle avait deviné que la liste était extrêmement longue. A priori il n’avait jamais failli à sa « mission ». Lorsqu’elle avait rangé toutes ces archives à leur place, la tenancière la scruta étrangement. Visiblement, elle avait deviné le sujet de ses recherches :
« Je vous conseille de ne pas vous y frotter de trop près où alors l’ombre vous prendra » avait-elle dit.

Melwyn avait baissé la tête et acquiescé. C’était un conseil plein de sagesse qui semblait être donné suite à une mauvaise expérience.  Mais il arrivait trop en retard pour qu’il soit d’une quelconque utilité. L’ombre avait déjà prise la jeune walkyrie et elle semblait ne plus vouloir la laisser. Son cœur s’était entaché depuis que l’ombre s’était posée sur elle. Comme si l’ombre avait apposé sa marque dessus.
Perdue dans ses pensées, Melwyn s’assoupit. Dans ses songes, elle revivait sans cesse la scène de l’auberge. A chaque fois la version empirait. Son esprit dramatisait ce qu’il s’était réellement passé ; Tantôt la chambre était dans un noir total, tantôt Melwyn ne se relevait jamais de cette expérience.
« Désolé chérie »

La voix avec laquelle il avait prononcé ce mot la faisait encore frémir. Même endormie, le corps de la walkyrie réagissait, secouant la tête. Le contact de ses doigts contre sa joue pour en récolter le sang la faisait tantôt rougir tantôt blêmir.

La suite, elle la rêvait généralement comme spectatrice de la scène. Elle s’imaginait les pires scénarios dans lesquels La Dernière Ombre continuait généralement de la frapper même une fois à terre. Parfois Melwyn rêvait qu’il la poursuivait jour et nuit, qu’il la traquait. Cauchemardant de recevoir une flopée de coups, Melwyn gémissait dans son sommeil.

L’agresseur se transformait physiquement : ses dagues faisaient partie intégrante de ses mains déchiquetant petit à petit la chair et les vêtements de Melwyn, l’ombre l’enveloppait jusqu’à presque faire disparaitre la petite walkyrie. Dans cette situation elle appelait au secours, cherchant à se réveiller de cet enfer, se débattant, gémissant, pleurant même parfois. Elle ressemblait à une petite fille devant qui l’on brandit agite le monstre de la penderie.

Ne sachant ce qui s’était passé pendant son inconscience, son esprit imaginait les pires scénarios. L’ombre tranchante jouait avec elle comme avec une poupée sans vie, la touchant, la cajolant, la frappant ensuite, l’embrassant, lui criant après, la tirant de tous les côtés. C’était une suite d’images sans réelle cohérence. Elle sentait son cœur s’emballer, et sa respiration accélérer.

Elle avait l’impression d’être secouée comme sur un bateau tentant de braver une mer houleuse. Une main vint caresser la joue de la walkyrie.
« Melwyn ! »

La voix de l’ombre avait sonné dans son rêve. Un vague souvenir venant de son inconscience remontant dans la partie consciente de son esprit. Elle ouvrit les yeux paniquée.

La première vision fut celle de cheveux noirs qu’elle ne reconnut pas de suite. La seconde fut des yeux bleus transperçant qu’elle reconnut au moment où les siens les croisèrent. L’ombre était penchée sur elle.

Melwyn lança son poing défenseur et par miracle il l’atteignit à la mâchoire. Elle se retourna, se mit sur les genoux et tenta de décamper au plus vite. Mais dans la panique, alors qu’elle tentait de remonter la petite pente derrière l’arbre, son pied dérapa l’entrainant dans une glissade. La petite walkyrie avait tentée de se raccrocher à tout ce qu’elle avait trouvé ; racine, terre et même les brins d’herbe y étaient passés. C’est donc, les mains pleines de terre, des touffes d’herbe entre ses doigts, des larmes dans les yeux et un petit cri qu’elle avait percuté de plein fouet l’ombre qu’elle avait voulu fuir.
Cela n’aurait pas pu être pire ! Elle s’écarta en vitesse du jeune homme et alla, les joues rosies, se coller le dos contre l’arbre. Elle essuya les larmes de ses joues et ses lèvres s’ouvrirent pour parler mais rien ne sortit. Elle inspira profondément et réessaya :
« D… Désolée. Merci »

Désolée ?! Melwyn se détestait de s’être excusée. Après tout c’était lui qui n’avait rien à faire ici ! Encore elle pouvait s’excuser pour sa maladresse et le coup – qu’elle commençait à regretter mais dont elle était fière –. Mais « Merci »… Pourquoi merci ? Melwyn était trop polie mais alors vraiment trop. Le remerciement était le comble du ridicule dans cette histoire. Mais c’était tout ce qu’elle avait été capable de dire, rien d’autre ne lui était venu.

Ses yeux turquoises scrutaient l’ombre. Etait-il venu pour finir ce qu’il avait commencé ?
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MessageSujet: Re: Dans ton ombre... [PV Lyov Machievel]   Mer 5 Mar - 21:59

Lyov marchait, la nouvelle de son échec ne s’était pas répandue. Personne n’était venu le voir pour lui en parler, les vieux érudits des villages n’avaient même pas clamé leur version des faits qu’ils croyaient tous la meilleure.

Tout simplement grâce à une chose. Le meurtre de son client. En effet, Lyov était passé chez la personne qui lui avait commandé le meurtre de la jeune Melwyn.

« Avez-vous la tête ? »


Il n’avait pas répondu, et était rentré chez son client, se fichant bien de celui qui clamait qu’il n’avait pas à  faire ça.

Il s’était retourné vers la cuisine, où il avait vu une femme et une jeune fille dînait. La jeune femme, avait de longs cheveux noirs torsadés qui tombaient en boucles lourdes sur ses épaules. Ses yeux étaient aussi noirs que ses cheveux, ils s’étaient agrandis en voyant le jeune homme s’approcher. La petite quant à elle était tout à fait banale, elle ne devait pas avoir plus de quatre ans.
L’homme l’avait suivi, il avait posé une main sur son épaule pour le tirer en arrière

« Ecartez vous de ma femme et de ma fille ! »

Il avait souris et avait plongé ses yeux dans les siens, l’homme avait enlevé sa main. L’ombre s’était approché de son oreille et avait déclaré

« Premièrement, ne me touchez plus jamais. »

L’homme avait fait un pas en arrière, mais Lyov avait continué

« Deuxièmement, ne me touchez plus jamais. »

Le bruit métallique de ses dagues s’entrechoquant avait fait sursauter la femme qui s’était approché de son mari

« Chéri … Qui est cet homme ? »


Lyov s’était incliné, il connaissait cette mise en scène par cœur, il n’avait plus qu’à siffler doucement :

« La Dernière Ombre pour vous servir. »


La femme avait manqué de s’évanouir, son mari l’avait protégée en se mettant devant elle et en vociférant, tentant un coup de poing vers la mâchoire de Lyov

« Dégagez ! »

Lyov s’était baissé et avait fusé vers l’homme, comme s’il voulait lui faire un câlin, mais l’homme avait soudainement ouvert la bouche, aucun son n’était sorti, il appelait silencieusement une goulée d’air qui ne vint pas. Lyov fit un pas en arrière, l’homme posa une main tremblante sur son ventre. Sa main se colora soudainement de rouge. Il la porta près de son regard, comme s’il n’y croyait pas. Lyov souriait doucement et essuya sa dague d’un coup de manche, manche qui se colora de rouge elle aussi.

L’Ombre sourit doucement, l’homme titubait, il tourna sur lui-même, envoya un coup de dague horizontal extrêmement précis vers sa prochaine victime. La lame affutée perça la peau, trancha les muscles du coup, et la jugulaire.

Une gerbe de sang lui gicla à la figure,  il s’essuya du bout du pouce, ignorant le hurlement de la femme qui se précipita sur son mari

« Qu’avez-vous fait ? »

Il sourit doucement et s’approcha

« Je l’ai tué. Tu vois l’entaille là ? C’est moi qui l’ai faite, avec ça »

Il montra sa dague et ajouta

« Laisse-moi te montrer. »

Aussitôt, il la frappa aussi, à la gorge. Le geste était net et droit, l’artère principale se trancha aussi facilement que du coton léger.
Ainsi il avait fait du mal. Après l’échec qu’il avait du essuyer et l’incroyable nouvelle qu’il avait apprise sur lui-même, comme quoi il pouvait avoir des sentiments, tuer n’était pas une mauvaise chose. De plus, il n’avait pas eu de contraintes sur le nombre de victimes, ni sur la manière de tuer. Il avait pu s’amuser. Mais la meilleure des choses, c’est qu’il avait un bébé à disposition. Un bébé avec qui il allait pouvoir s’amuser …
Il décida d’être des plus sadiques possible. Il prit l’enfant dans ses bras, celui-ci brayait et pleurer à s’en déchirer la gorge, il essaya de faire abstraction du bruit et fouilla dans les tiroirs pour trouver ce qu’il cherchait, des clous et un marteau.

Faire taire l’enfant fut une chose facile, il avait suffit de l’assommer. Il le prit par le poigne et le colla à la porte, plantant des clous aux creux de ses mains et de ses poignets, et deux ou trois le longs de ses bras, le tuant sous les coups.
Puis il récolta un peu de sang sur le bout de son index et de son majeur et écrit, sur le haut de la porte, au dessus de la tête de l’enfant « Bienvenue en enfer ».


Lyov était à présent soulagé, reposé et jouissait d’une incroyable bonne humeur. Avoir fait souffrir des gens était la meilleure chose qui lui était arrivée ce matin. Il marchait d’un pas plus léger à la découverte du monde.

Mais quelque chose attira son attention, une forme ? Non, un corps. Mort ? Non. C’était une femme assoupi près d’un arbre. Une femme qu’il reconnaitrait entre mille.
Il s’approcha doucement et la secoua, elle ne fit que grogner doucement, elle frémissait, étant sûrement entrain de cauchemarder. Lyov avait l’habitude, il se doutait bien que si elle faisait un cauchemar, il n’y était pas pour rien. Alors il adopta une manière plus douce et tenta une légère caresse sur sa joue. Le contact de la joue chaude et douce de la jeune femme le fit frissonner mais il n’eut pas le temps de s’y attarder

« Bordel de … »


Le coup l’atteignit à la mâchoire, il ne l’avait pas vu venir. Il se redressa brusquement et se massa, essayant d’oublier la douleur

« Put**n tu frappes fort toi … »

Elle essaya de s’évader, monta la pente tellement vite qu’elle glissa, faisant du surplace pendant un moment avant de dévaler la pente en dérapant, tentant de s’accrocher à tout. Elle le percuta et allait continuer à descendre s’il ne l’avait pas fermement attrapée au poignet pour la remettre sur pied. Elle soupira des excuses tellement hargneuses qu’il n’y cru pas, se contenta de sourire doucement, presque tendrement lorsqu’elle arborait un air anxieux. Il leva les mains devant lui, comme pour lui montrer qu’il ne comptait pas prendre une de ses dagues

« On se calme je ne te veux aucun mal. Vouloir te tuer a été une erreur. Crois moi je ne l’ai pas voulu une seconde. »

Il respira lentement avant de baisser les mains et légèrement la tête, ne sachant plus quoi dire. Mais en baissant son regard il remarqua ses mains à elle, maintenant boueuses bien sûr, mais bandées. Il les désigna du menton

« Tu … C’est à cause de moi n’est ce pas ? »
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MessageSujet: Re: Dans ton ombre... [PV Lyov Machievel]   Jeu 6 Mar - 20:34

L’ombre était souriante, le jeune homme semblait d’humeur légère. Peut-être que la jeune walkyrie bénéficiait d’une bonne nuit de sommeil de sa part et qu’il était d’humeur conciliante. Son sourire était doux, il semblait attendrit devant la panique visible de Melwyn.
« On se calme je ne te veux aucun mal. Vouloir te tuer a été une erreur. Crois moi je ne l’ai pas voulu une seconde. »

Le jeune homme avait levé les mains devant lui comme pour signaler qu’il était innocent. Innocent, innocent, cela restait à voir… Ce qu’il dit à Melwyn lui décrocha la mâchoire. Elle douta de la première phrase car elle restait sur ses gardes. Après tout l’homme devant lui avait tenté de la tuer il y a moins d’une semaine. Elle ne pouvait le croire sur parole et bien qu’il ait les mains en l’air, elle était persuadée qu’il lui en faudrait bien plus pour l’arrêter. Cette ombre regorgeait surement d’idée pour tuer ses ennemis. Etait-elle considérée comme ennemie d’ailleurs ?

Il parla par la suite d’une erreur, celle de vouloir la tuer. Serait-il possible que l’ombre regrette d’avoir tenté de l’assassiner ? Il était évident qu’il avait commis une erreur puisque la jeune walkyrie se tenait devant lui aujourd’hui. Cette pensée fit doucement sourire Melwyn. Il lui apprit qu’il n’avait jamais voulu la tuer, ne serait-ce qu’une seule seconde. Cela laissait la jeune bouche bée, littéralement. Elle avait les lèvres entre-ouvertes ne sachant s’il s’agissait d’une blague à laquelle elle devait rire – ceci expliquait son demi sourire – ou bien si c’était très sérieux.

Mais le jeune homme semblait sérieux. Il baissa les bras et légèrement la tête. Melwyn fixait les dagues ayant peur que celles-ci ne se meuvent grâce à une force surnaturelle ; elles n’en firent rien et ne quittèrent pas leur place. Son regard revint sur l’homme et elle le considéra plus en détails.

Il était finalement bien différent de l’image dont elle s’en était faite en rêve… Il était plus humain, moins monstrueux, presque charmant. Il avait l’air bien moins effrayant que la première fois, Melwyn commença à se sentir moins paniquée, moins stressée. Les cheveux noirs du jeune homme semblaient être parfaits et Melwyn les jalousa pendant un instant. Elle passa d’ailleurs sa main dans les siens afin de leur donner meilleure allure. Ses yeux bleus étaient fixés sur les mains de la jeune walkyrie :
« Tu … C’est à cause de moi n’est ce pas ? »

Melwyn les leva devant elle pour les observer de plus près, comme si elle avait oublié qu’elles étaient bandées. En les regardant, son corps frissonna et elle les baissa aussitôt. Elle marmonna :
« Ce n’est rien, cela aurait put être bien pire… »

Il avait presque l’air attristé par cette vision. L’était-il vraiment ? Se préoccupait-il vraiment de son bien ? Il était tellement différent, comme si deux personnes cohabitaient dans le même corps et de toute évidence elle n’avait pas à faire à la même personne que la dernière fois. Elle fit un premier pas vers lui, puis un second, bientôt elle se tenait juste devant lui. Le soleil était derrière lui et Melwyn était ainsi à l’ombre dans son ombre. Tout en regardant au fond de ses yeux pour guetter s’ils ne changeaient pas, sa petite main s’approcha de là où les dagues se trouvaient. Bien sur elle n’avait pas vraiment remarqué que celles-ci se trouvaient au niveau de la ceinture du jeune homme. Ou plutôt elle n’avait pas noté l’ambigüité certaine de son geste. Elle murmura :
« Ne crains rien, je serais sage. »

Melwyn lui sourit et lui fit un petit clin d’œil comme pour l’inciter à lui faire confiance. De toute façon, il avait bien vu qu’il avait le dessus sur elle.

La jeune walkyrie posa sa première main sur la première dague qu’elle ôta du fourreau le plus lentement possible. Le regard malicieux, visiblement contente d’elle, Melwyn se retourna et alla la déposer au pied de l’arbre veillant à ne pas faire de mouvement brusque. Elle retourna devant lui, replongea sa main vers le fourreau et en sortit la deuxième dague qu’elle posa avec l’autre. C’était clairement un test, il fallait que Melwyn soit sure des intentions de l’ombre. S’il la laissait faire cela signifierait qu’il était près à lui accorder sa confiance et qu’il n’avait pas l’intention de l’attaquer de nouveau. Alors et seulement alors Melwyn serait disposée à oublier ce qu’il s’était passé dans l’auberge. Elle extirpa la 4ème dague, ses yeux se posèrent sur sa main. Elle manqua de trébucher en revenant et atterrie plus près encore du jeune homme. Elle leva les yeux et ses joues se teintèrent d’un léger rose. Elle fini avec un peu plus de hâte et sortit enfin la 6ème avec un sourire.

Ce fut avec toute la délicatesse et toute la concentration dont elle pouvait faire preuve qu’elle remonta de deux pas vers l’arbre et déposa la dague dans l’herbe. Elle ne l’avait pas quitté des yeux pendant toute l’opération, espérant qu’il ne change pas de « personnage » de nouveau. Son regard s’attarda encore quelques secondes sur les lames se disant que l’une d’entre elle avait été sur sa gorge et avait coupé la fine peau de sa joue. Elle se retourna semblant soulagée et sa voix redevenue chantante dit :
« Je me sentirai plus tranquille sans leur présence… »

Elle lui sourit, détendue. Certes les coups pouvaient de nouveau pleuvoir mais au moins la menace tranchante était un peu éloignée. Melwyn posa la main sur la poignée de son épée, cela aussi la rassurait et lui donnait du courage.

La walkyrie s’assit et entreprit de défaire les bandages de ses mains. Premièrement ils étaient sales suite à sa misérable glissade dans l’herbe et deuxièmement elle avait bien comprit qu’ils mettaient le jeune homme mal à l’aise. Les agiter devant lui semblait être un bon moyen de conserver le « bon côté de l’ombre ». Alors qu’elle débandait ses mains, laissant apparaitre quelques bleus de couleurs diverses, sa petite voix reprit :
« Nous sommes loin d’être à égalité… Tu connais mon prénom et je ne connais que ton pseudonyme. »

Elle se doutait bien que « La Dernière Ombre » n’était la désignation qu’on lui avait attribuée à la naissance et la jeune walkyrie mourrait d’envie d’en savoir plus. Ce jeune homme l’intriguait plus que tout, avant tout parce qu’il l’obsédait presque, certes peut-être pour les mauvaises raisons mais il n’empêche qu’il occupait son esprit à tout moment de la journée et même de la nuit. Les yeux turquoises ne regardaient même plus le jeune homme, ils étaient portés sur ses mains. Elle se leva de nouveau et accrocha les bandages à une branche basse, la jeune femme en avait de rechange dans sa poche. Ses mains, tout de même nerveuses, les tripotait, s’emmêlant les doigts dedans.
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MessageSujet: Re: Dans ton ombre... [PV Lyov Machievel]   Ven 7 Mar - 20:20

Elle leva ses mains devant elle pour les observer, peut être n’y croyait elle pas vraiment, c’est vrai, Lyov était devant elle, et ne comptait pas la tuer ni lui faire du mal. Regarder ses propres blessures était une manière comme une autre de se prouver que ce n’était pas un rêve. Melwyn soupira doucement et lui dit que ce n’était pas grave, Lyov était persuadé du contraire, il hésita à s’approcher mais se ravisa. Ce fut elle qui s’approcha, un pas après l’autre, elle semblait hésiter elle aussi, et Lyov la comprenait. Elle fut bientôt devant lui et approcha sa main de sa ceinture. Il écarquilla légèrement les yeux et fit un léger mouvement de recul, ne sachant pas vraiment quelle était la stratégie à adopter dans ce genre de situation. Mais il eut bientôt la réponse quand elle sourit doucement et souffla

« Ne crains rien, je serais sage. »

Son clin d’œil le fit chavirer, il ne put plus penser à sa main pendant quelques secondes avant de reprendre ses esprits et de baisser les yeux. Il avait maintenant la certitude qu’elle n’essayerait pas quelque chose « d’insensé ». Elle sortit alors une de ses dagues de son fourreau, se retourna et alla la déposer auprès de l’arbre devant lequel elle avait dormi quelques minutes plus tôt. Il observait doucement les gestes de ses mains fines aux longs doigts qui tendaient la peau sur leurs extrémités aux ongles légèrement pointus.

Elle fit ça avec ses six dagues, il se retrouva avec les fourreaux vides à la ceinture, il ne se sentait pas nu car il lui restait sa dignité et il savait qu’il pourrait triompher d’un ennemi avec ses poings mais il lui semblait qu’on lui avait enlevé une partie de lui-même. Il n’avait toujours eu que ses armes ou presque pour se sentir en sécurité, et on venait d’enlever cette seule garantie. La seule chose le soulageant, était de savoir que ses dagues n’avaient pas été prises par n’importe qui. Il soupira doucement, il s’était laissé faire mais ne regrettais rien. Melwyn quant à elle, soupira

« Je me sentirai plus tranquille sans leur présence… »


Elle avait l’air d’une autre, il avait envie de la toucher, de poser sa main sur sa joue, comme pour se prouver à lui-même qu’elle était bien là, que c’était bien elle et que ce n’était pas juste le fruit de son imagination qui, désespéré de se faire pardonner, le faisait halluciner. C’est vrai qu’il ne s’était jamais senti très à l’aise et en bons termes avec son cerveau. Car Lyov pouvait être vu de l’extérieur, comme un jeune homme avec un cerveau d’adulte et c’est d’ailleurs de cette vue que la plupart se contentait, mais en vérité, Lyov avait encore des pensées et surtout des envies d’enfants. Il voulait tout, tout de suite. Il avait envie de faire attendre qui il voulait quand il voulait. Et surtout, comme un enfant, il faisait sa loi.

Mais il n’esquissa pas le moindre geste devant son air détendu et son joli sourire, il se contenta de le lui rendre, étirant ses lèvres pâles qui s’étaient si souvent étirées dans un sourire sadique et carnassier. Aujourd’hui il était de très bonne humeur, ce sourire ne lui arracha aucun effort, il ne se força pas une seconde pour apprécier d’être avec elle, même pour ses dagues, il s’était complètement laissé faire, il aurait presque pu les lui tendre pour qu’elle n’ait pas à les sortir une par une de leur fourreau. C’était dur à admettre pour lui mais il aurait presque pu les lui donner, c’était comme une marque de confiance aveugle qu’il lui faisait, après tout, il lui devait bien ça. Elle avait été sa proie, il avait presque failli la tuer, et il voulait qu’elle sache qu’à présent elle pouvait lui faire confiance. Il voulait à tout prix lui montrer qu’il n’était plus dangereux. Alors oui, il aurait pu lui tendre ses dagues, la pointe vers son propre ventre et il n’aurait fallu à Melwyn qu’une petite poussée vers l’avant pour l’éventrer. Si elle avait voulu sa mort, il n’y aurait pas eu de meilleur moyen.

Il s’imagina un moment mort, ou plutôt il imagina la douleur qu’il pourrait ressentir si une dague lui avait transpercé le ventre, il frissonna légèrement, se félicitant lui-même d’être assez puissant et d’avoir réagi assez tôt pour être le dominant et non le dominé.

D’ailleurs la jeune Melwyn commença à défaire les bandages qui entouraient ses mains, elle semblait frissonner et même trembler, s’emmêlant avec les nouvelles bandes propres qu’elle voulait replacer à la place des anciennes qu’elle avait salit en dévalant la pente et qui étaient à présent boueuse et légèrement déchirées. Lyov sourit, mais son sourire se rétrécit quand il vit les mains à présent nues de la jeune fille. Elles étaient couvertes de bleus et d’hématome. Il frissonna et écouta à moitié ce qu’elle lui dit

« Nous sommes loin d’être à égalité… Tu connais mon prénom et je ne connais que ton pseudonyme. »

Tiens c’était vrai ça aussi, il s’était présenté comme La Dernière Ombre mais il ne lui avait jamais donné son vrai nom … Il hésita un moment, un long moment même. Devait-il lui dire ou ne pas lui dire ? Cette jeune femme l’intriguait beaucoup trop pour qu’il la laisse dans le doute comme ceci, il avait envie d’en savoir plus sur elle, et par conséquent il devait en donner plus sur lui.

Il réalisa bien sûr qu’elle allait être la seule personne vivante à ce jour à connaître son véritable nom. Il se doutait bien qu’elle ne serait pas le genre à crier sur tous les toits qu’elle connaissait la véritable identité de la Dernière Ombre et qu’il l’appréciait parce qu’on allait la prendre pour une folle et sûrement l’enfermer et la torturer afin de connaître cette fameuse identité.

Il leva les yeux vers elle et vit avec amusement qu’elle avait l’air de ne pas s’en sortir avec ses bandages. Alors il décrocha sa petite gourde d’eau à sa ceinture et s’approcha d’elle, prit délicatement ses mains de ses doigts froids et les arrosa un peu, histoire de les rafraichir et de leur faire du bien. Il fit ça avec une précision et une délicatesse de femme. Puis il saisit les bandes propres et commença à les enrouler soigneusement autour de ses mains, sans rien dire et sans même la regarder, enfin, il fixait ses mains pas son visage. Il finit par relever les yeux vers elle et plonger son regard dans le sien avant de souffler avec un sourire amical :

« Lyov. Lyov Machievel. »
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MessageSujet: Re: Dans ton ombre... [PV Lyov Machievel]   Dim 9 Mar - 18:12

L’ombre lui souriait, il avait l’air plutôt content. Alors que Melwyn venait de lui demander son nom,  le jeune homme décrocha une gourde de sa ceinture et vint prendre délicatement ses mains dans les siennes. Il versa un peu du contenu de la gourde sur ses mains, que cela faisait du bien. Une brise vint ajouter au plaisir de Melwyn en caressant doucement ses mains mouillées, soulageant la douleur qui en émanait. Le jeune homme avait fait cela gentiment, tendrement, la jeune walkyrie appréciait fortement ce geste. Les petites mains de Melwyn tenaient aisément dans les siennes, comme si leur place avait toujours été celle-ci. Cette pensée effleura son esprit et la jeune femme rougit légèrement en détournant son regard du visage de l’ombre pour mieux se concentrer sur les quatre mains.

L’ombre entama la tâche de panser ses mains. Finalement ce n’était pas la première fois, il l’avait déjà soignée avant de quitter la « chambre maudite » comme Melwyn l’appelait à présent. Le jeune homme semblait très concentré et il s’en sortait très bien. Melwyn aurait mis trois fois plus de temps que lui à faire ces bandages et le résultat n’aurait pas été aussi optimal. Sentant les yeux de l’ombre remonter vers les siens, Melwyn leva la tête. Il lui souffla dans un sourire son identité :
« Lyov. Lyov Machievel. »

Melwyn sourit, ce fut un sourire radieux qui fendit son visage. Elle se sentait réellement heureuse de connaitre le prénom de son agresseur et de son sauveur à la fois. Elle souffla à son tour :
« Merci… Lyov »

Et son sourire reparti de plus belle. Melwyn le remerciait tout d’abord de s’être occupé d’elle, elle baissa ses yeux turquoises sur ses mains toujours dans celle du garçon, il avait fait du bon boulot. Bien qu’il était la cause de ses blessures, Melwyn savait pardonner et elle finirait par oublier cette histoire traumatisante. Elle le remerciait également de la confiance qu’il lui accordait, après tout n’était-elle pas la seule à connaître son identité réelle ?

Son sourire pâlit un peu lorsqu’une pensée lui vint en tête : Cet excès de conscience n’était-il pas un cadeau empoisonné ? Après tout, qui était-elle pour garder un tel secret ? Elle, si vulnérable. Son sourire disparu petit à petit au fur et à mesure qu’elle prenait conscience des responsabilités d’un tel secret. Toute sa vie il avait eut deux identités et c’est elle qui détenait ce secret. Ces deux identités étaient certainement la clef de sa réussite, personne ne le savait. Surement qu’au cours de ses « travaux » Lyov s’était fait de nombreux ennemis. Et si ces ennemis venaient trouver Melwyn pour connaitre la vérité… ce cadeau était une façon indirecte de lui donner la mort.

La panique s’installa de nouveau dans son regard, ses yeux guettèrent les alentours. Après tout, il avait deux identités mais un seul visage. Et si quelqu’un le reconnaissait ? Quelqu’un qui avait travaillé avec lui et qui lui en voudrait ? Elle retourna ses mains dans celles de Lyov et prit ses poignets en main, elle s’y accrochait comme pour chercher du réconfort, comme pour se rassurer.
Elle planta ses yeux dans ceux de l’ombre et sa voix inquiète demanda :
« Me promets-tu que ce secret ne me mettras pas en danger? »

Elle ferma les yeux un instant pour tenter d’apaiser son esprit qui regrettait à présent d’avoir posé la question.
« Me promets-tu qu’il ne m’arrivera rien ? »

Certes ces promesses semblaient être difficiles à tenir mais Melwyn avait besoin d’être rassurée. Il fallait que Lyov lui dise qu’elle ne craignait rien. Elle rouvrit les yeux pour chercher le bleu de ceux de Lyov. Avec lui, là maintenant tout de suite, elle se sentait en sécurité mais que se passerait-il lorsqu’il partirait ? Lorsque Melwyn sera de nouveau seule et qu’elle redeviendra une cible facile. Elle relâcha un peu son emprise sur les poignets de Lyov détendant ses muscles. Un vent léger vint agiter leurs cheveux ainsi que les bandes accrochées à la branche de l’arbre.

Serait-il sincère dans sa réponse ? Il ne pourrait pas être toujours présent pour la protéger. Melwyn demandait une promesse bien dangereuse car pour elle une promesse est comme un pacte que l’on passe avec l’autre. Lorsqu’une promesse est faite, que l’on donne sa parole à quelqu’un cela revient à être lié à l’autre. C’est pourquoi Melwyn ne promettait pas souvent des choses. Son sens de la loyauté l’obligerait à accomplir ce serment jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus le remplir, jusqu’à ce que la mort vienne la prendre.

Le jeune homme semblait réfléchir. Un silence pesait entre eux, peut-être avait-il la même vison qu’elle ? Melwyn le fixait toujours, elle murmura :
« Lyov… ? »

Son cœur priait pour qu’il promette de la protéger ou bien promette qu’il ne lui arrivera rien. Melwyn souhaitait être rassurée, être rassurée. Sa tête en revanche lui hurlait de ne pas promettre. Elle ne voulait pas être déçue s’il promettait et que quelque chose se produisait. Une promesse est une promesse, certains prennent cela à la légère mais Melwyn était très sérieuse. Il fallait tenter de la tenir, quoi qu’il arrive. Parfois, elle le savait, on ne pouvait pas aller à l’encontre du destin et la promesse était vouée à l’échec.

La réussite de cette promesse n’était pas l’important. L’important est de tout faire pour tenir parole, quoi qu’il en coûte.
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MessageSujet: Re: Dans ton ombre... [PV Lyov Machievel]   Lun 10 Mar - 15:25

Lyov avait de la chance, la jeune fille semblait apprécier le contact de ses mains sur les siennes, de l’eau, une petit brise vint même rafraichir sa peau. Il ferma les yeux, légèrement anxieux quand il lui révéla son vrai nom allait elle fuir vendre « Lyov Machievel » comme identité de la dernière Ombre, ou rester là et partager le secret avec lui ? Il n’en savait rien mais l’idée de devoir la tuer si jamais elle menaçait de divulguer son vrai nom lui déchirait le cœur. Il soupira intérieurement en se disant qu’il la mettrait hors d’état de nuire.

Mais elle sourit. Son sourire fut pour le chasseur de tête, comme la caresse d’un soleil d’été, après un hiver trop rude. Il avait du tenir ce secret trop longtemps, le révéler à quelqu’un était un soulagement incommensurable. Maintenant qu’elle était au courant, il avait presque envie de la serrer dans ses bras, pour le lui prouver. Mais il se contenta d’hocher la tête quand elle le remercia, l’appelant par son prénom.

« Merci… Lyov »


Elle lui sourit, un sourire qui le fit légèrement rougir, il la trouvait assez mignonne et il ne regrettait pas du tout de l’avoir sauvée. De plus, son sauvetage lui avait offert la possibilité de plusieurs meurtres supplémentaires qui n’étaient pas au programme. Des meurtres qui lui avaient offert une sensation de supériorité et une satisfaction inouïe. Tout d’un coup, une vague de souvenir remonta en lui, sa famille et les gens l’ayant élevé, les seuls connaissant son nom. Ils étaient tous morts. Tous, sauf elle. Melwyn.

Il leva les yeux vers elle, son sourire était fané, elle avait l’air anxieuse. Elle ne le regardait pas. Elle regardait tout autour d’elle, comme si la menace pouvait venir de l’extérieur. Elle l’avait exclu de ceux qui pourraient la menacer et il n’en était pas mécontent. Mais son air apeuré le laissait soucieux, de quoi avait elle peur ? Elle lui saisit les poignets, il frissonna légèrement mais ne dit rien et se laissa faire. Elle semblait s’y accrocher, Lyov sentait ses ongles griffer sa peau, il voulait savoir ce qui l’inquiétait autant.

« Me promets-tu que ce secret ne me mettras pas en danger? »


Elle avait plongé ses yeux dans les siens, et son silence fut soutenu par une autre brise qui fit mollement voler leurs cheveux, cachant une demie seconde le beau regard bleu de la jeune femme. Il réfléchit, ce secret la mettait en danger. Plus en danger que n’importe quel autre. Connaître la véritable identité du plus grand assassin jamais connu n’était pas facile à supporter. On la chercherait partout et elle serait la cible de beaucoup de gens. Il se mordit légèrement la lèvre mais retrouva vite son sourire. Quand elle lui posa la même question, différemment.

« Me promets-tu qu’il ne m’arrivera rien ? »


Il réfléchissait encore, mis à part la suivre, il ne voyait pas d’autres moyens de la protéger. Il ne pouvait pas tuer les personnes susceptibles de lui vouloir du mal, cela serait trop long et il la mettrait encore plus en danger pendant ce temps là. Il devait trouver un moyen de la garder en sécurité, c’était son secret, il en était responsable à présent.

Il prit doucement ses mains et les plaça dans une des siennes avant de les recouvrir de sa deuxième main. Il lui souriait doucement, comme pour la rassurer, mais il semblait la regarder sa la voir. Il réfléchissait. A cet instant, il avait l’air d’une statue, d’un corps sans âme. Les yeux légèrement baissés, et les cheveux dessus. Elle le ramena à la réalité

« Lyov… ? »

Elle semblait vouloir qu’il promette, elle semblait le vouloir de tout son cœur et de toute son âme. Elle était accrochée à ses lèvres, guettant le moindre mouvement de leur part, la moindre réponse. Elle savait que c’était dur pour Lyov de s’engager en même temps auprès de ses clients et d’elle mais elle avait besoin d’être rassurée et de réconfort.

Il pensa lentement et encore une fois à sa famille. Il se rendit compte qu’il avait été protégé pendant toute son enfance et son adolescence. Sa mère l’avait sauvé et avait perdu la vie, sa nourrisse avait perdu la vie en voulant le sauver, et son tuteur et professeur avait lui aussi perdu la vie en le sauvant. Toute sa vie il avait essayé de trouver un moyen de les remercier, et il se rendit compte que la seule manière de leur montrer que leur sacrifice n’avait pas été vain, c’était à son tour de protéger une personne. Au péril de sa vie.

Cette personne était devant lui, ses beaux yeux bleus qui n’avaient rien à envier à ceux glacials de Lyov cherchaient dans les siens comme une promesse, un signe. Ils cherchaient aussi dans ses lèvres un signe, une voix, sa réponse.

Il sourit doucement, tout doucement, tendrement et se pencha vers elle, rien pour être plus proche de cette jeune femme. Il ne voulait pas lui mentir, il n’avait plus envie de lui cacher la vérité, sur quoi que ce soit. Alors il entrouvrit les lèvres, et murmura :

« Melwyn, ce secret te mettra en danger plus que n’importe quel autre. On te voudra du mal et on cherchera à te tuer pour me retrouver. Mais n’ais pas peur. Je peux te promettre une chose, celle qu’il ne t’arrivera rien. Je serais toujours à tes côtés, d’une manière ou d’un autre. Tu ne me verras pas forcément, mais je veillerais sur toi. D’accord ? »

Oui, il avait prévu de la suivre, de loin. Il suivrait sa trace, il lui demanderait juste d’emprunter une fausse identité en rentrant dans les auberges pour réserver sa chambre, il n’aurait aucun mal à la retrouver. Néanmoins prendre sa véritable identité serait trop risqué pour elle aussi, maintenant qu’elle connaissait Lyov. Il soupira, espérant qu’il ne lui en demandait pas trop.
Lui, il prévoyait déjà de rentrer par le toit et de la rejoindre dans sa chambre où elle aurait laissée une trace de sa présence, visible de l’extérieur, comme une fenêtre ouverte, ou …

Il sourit et se recula d’un pas, déchira un bout de la manche de sa chemise noire. Le morceau de tissus avait la forme d’une bande qu’il vint doucement lui nouer autour du poignet
Son sourire fut plus timide mais ne perdit pas de son éclat, il voulait par ce cadeau, lui promettre qu’il tiendrait ses promesses. C’était comme une sorte de contrat.

« Tiens. »
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MessageSujet: Re: Dans ton ombre... [PV Lyov Machievel]   Lun 10 Mar - 19:14

Les mains de Melwyn étaient dans celle de Lyov, recouvertes par l’autre. Ce seul contact suffit à apaiser un peu l’angoisse de la petite Walkyrie. Elle l’appela par son prénom et cela lui fit bizarre. Elle qui l’avait tellement diabolisé était maintenant entrain de l’appeler doucement par son prénom comme si de rien n’était. L’ombre maléfique avait disparue pour laisser place à un tendre jeune homme bien plus aimable qu’elle n’aurait put l’imaginer.  

Lyov semblait pensif et Melwyn n’avait aucune idée des souvenirs qui lui revenaient en tête. Peut-être avait-il d’autres chats à fouetter que de protéger une gamine. Mais un doux sourire apparu sur son visage, il s’approcha un peu plus d’elle et sa voix murmura :
« Melwyn, ce secret te mettra en danger plus que n’importe quel autre. On te voudra du mal et on cherchera à te tuer pour me retrouver. Mais n’ais pas peur. Je peux te promettre une chose, celle qu’il ne t’arrivera rien. Je serais toujours à tes côtés, d’une manière ou d’un autre. Tu ne me verras pas forcément, mais je veillerais sur toi. D’accord ? »

Melwyn avait gardé ses yeux fixés sur les lèvres entrouvertes de Lyov. La façon dont les mots les avaient franchis avait fait rater un battement à son cœur. Le jeune homme avait mis du temps à lui répondre mais ce qu’il dit ne déçut en aucun cas Melwyn. Il avait été on ne peut plus honnête. Tellement honnête que la première partie de sa réponse fit peur à Melwyn. On lui voudrait réellement du mal ? Jusqu’à la tuer ? Comme cette fois où l’ombre avait voulu lui prendre la vie… Melwyn frissonna, elle ne voulait plus être la victime d’une nouvelle tentative de meurtre. Qui était-elle pour être la cible d’assassins en tout genre ?

Lyov temporisa la seconde partie de sa réponse. Certes le danger était présent mais il sut la rassurer. Il lui promettait de veiller sur elle, de déjouer les tentatives des agresseurs potentiels.
« Je serais toujours à tes côtés » c’était une belle promesse et Melwyn se sentait transportée par ses dires. L’idée que cette ombre bienveillante veille sur elle et uniquement sur elle lui faisait quelque chose, là au creux de son ventre. Après tout qui pouvait se vanter d’avoir les faveurs de l’assassin craint de tous ? Apparemment personne ou alors il y a si longtemps que tout le monde l’ai oublié.

La jeune femme acquiesça avec un sourire. Elle était soulagée et son angoisse s’estompait visiblement. Lyov semblait être reparti dans ses pensées et un soupir lui échappa. Melwyn se demandait quelle pouvait bien être la cause de ce souffle.

Lyov se recula, il déchira un pan de sa chemise sous les yeux éberlués de Melwyn. Mais que faisait-il ? Il entama d’accrocher la bande de tissu noire au poignet de Melwyn.
« Tiens. »

La petite walkyrie observa longuement le cadeau de Lyov. C’était une façon de symboliser sa promesse, comme pour lui prouver qu’il était sérieux. Lorsqu’elle leva la tête vers le brun, celui-ci avait un sourire tout autre, plus timide et tout aussi merveilleux. Melwyn savait qu’elle venait de se faire un ami des plus précieux avant même de le connaitre par cœur. A cette pensée un sourire aussi soudain qu’enfantin éclaira son visage. Elle reposa son regard sur son nouveau bracelet et sourit de nouveau.
« Ce sera comme si je te portais en permanence avec moi » chanta sa voix.

Elle s’assit de nouveau au pied de l’arbre. Melwyn observa Lyov et tapota la place juste à ses côtés. Ce jeune homme était tout de même étrange parfois il semblait être trop vieux pour son âge et parfois un air enfantin envahissait son visage. La walkyrie ramena ses genoux contre elle et tourna la tête vers le brun.
Elle replaça délicatement une mèche de cheveux bleus décalés par le vent et dit :
« Je suis un fardeau : Je suis différente des autres walkyries. Je ne sais pas me battre alors que c’est la caractéristique première de mon peuple. La seule chose que je sache faire est de calculer les paramètres pour créer des situations avantageuses. Je tombe souvent et me fait mal seule. Finalement, la meilleure façon de me nuire est de me laisser me promener… »

Melwyn avait dit cela doucement, comme si elle faisait une confidence. Certes cela n’avait surement pas échappé à Lyov mais elle ne l’avait jamais réellement avoué à qui que ce soit. La walkyrie avait toujours tenté de camoufler ses faiblesses, certainement pas très bien d’ailleurs. Mais le dire de vive voix lui procura un sentiment étrange.

Une sensation de tristesse et de nostalgie d’une époque où elle rêvait encore de faire la fierté de ses parents au combat. Une époque où la peur de chuter dans un lieu public était présente à chaque fois qu’elle sortait. Maintenant elle tentait de s’y résigner ; les champs de bataille n’étaient pas faits pour elle. Cependant elle continuait de s’entrainer, cachée aux yeux de tous, pour poursuivre le rêve de l’enfant qui sommeillait en elle. Aujourd’hui, tomber en public ne lui fait plus ressentir la honte, elle en rit même. Le plus dur est de chuter seule car dans ces moments de solitude, elle pouvait se laisser aller à la rage qu’elle avait enfouie en elle contre elle-même.

Melwyn secoua légèrement la tête comme pour faire partir cette nostalgie envahissante. Après tout, elle souhaitait simplement l’avertir qu’en poussant la porte de sa vie, il toquait également à la porte des ennuis. Elle lui sourit doucement, comme pour montrer qu’au final ce n’était pas bien grave, en appuyant sa tête contre ses mains qu’elle avait relevées :
« C’est comme ça, j’attire les ennuis comme la peste. Un rien se transforme en catastrophe avec moi. Chacun à son lot de malheur, moi je suis un boulet pour quiconque partage mon quotidien. Voila ce qu’il t’attend…»

Un petit rire souleva ses épaules, elle aurait put le prévenir avant qu’il ne promette de veiller sur elle tout de même… Elle sourit de nouveau en haussant les épaules, sa voix moqueuse reprit :
« Qu’en coûte-t-il d’avoir la confiance de quelqu’un comme toi ? »

Elle avait posé cette question innocemment : Au final peu lui importait les contraintes, le plus important était de ne pas mettre le bazar dans sa vie suite à ses habituelles gaffes. Il s’agissait réduire au maximum l’impact que Melwyn pouvait avoir sur sa vie.

En désignant Lyov de cette façon, elle évitait de prononcer le mot assassin qui lui faisait froid dans le dos. Etait-il réellement sans pitié comme le disent les journaux ? De toute évidence oui, on ne se crée pas une telle réputation en sauvant des chatons…
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MessageSujet: Re: Dans ton ombre... [PV Lyov Machievel]   Mer 12 Mar - 15:57

« Ce sera comme si je te portais en permanence avec moi » chanta sa voix.
Il rit et pencha légèrement la tête en arrière avant d’hocher la tête –qui partit légèrement sur le côté-


« C’est l’idée ! »

Il ne se moquait pas d’elle, loin de là. Il riait tout simplement parce que cela lui plaisait d’être avec une jeune femme avec lequel il pouvait parler sans se cacher, bouger sans avoir à se mouvoir dans l’ombre, il pouvait tout simplement exister. Car il avait l’impression de ne pas avoir beaucoup vécu toute sa vie. A devoir tout le temps se cacher, se battre pour sa vie, risquer de mourir à tout moment, il en avait fait son métier et avait choisi d’en rire. Mais il avait attendu sans le savoir, le jour où une personne pourrait enfin lui faire comprendre qu’il se battait pour quelque chose.

Il la suivit des yeux, elle se dirigeait vers l’arbre contre lequel elle s’assit, invitant Lyov à la rejoindre. Il cligna des yeux deux fois, repensant à ce qu’il avait failli faire cette nuit là … S’il avait été jusqu’au bout de son acte, elle serait morte à l’heure qu’il était, il se mordit très légèrement la lèvre, pour la première fois, il était content que ses sentiments prennent le dessus.

Il s’avança à pas léger et s’assit près d’elle, de côté, le dos contre le tronc. Il rejeta légèrement la tête en arrière et laissa les légères brises fraiches bercer son visage tandis que quelques mèches de ses courts cheveux noirs frôlaient une épaule de Melwyn. Il sourit doucement et ferma les yeux, la présence de la jeune fille était reposante, il pouvait tout simplement profiter d’être avec elle sans se dire qu’il devrait lui ôter la vie quelques secondes après, ou tout simplement lui rapporter la tête de la personne à qui il avait dit ça. Il soupira de soulagement.

Il avait toujours admiré ses longs cheveux bleus, les voir balancés par le vent était comme voir un bout de ciel bleu dans une froide matinée d’hiver. Une mèche vint la déranger, elle la replaça distraitement derrière son oreille, sous le sourire attendri de Lyov qui essayait de le cacher tant bien que mal.


« Je suis un fardeau : Je suis différente des autres walkyries. Je ne sais pas me battre alors que c’est la caractéristique première de mon peuple. La seule chose que je sache faire est de calculer les paramètres pour créer des situations avantageuses. Je tombe souvent et me fait mal seule. Finalement, la meilleure façon de me nuire est de me laisser me promener… »


Il sourit doucement et posa une main sur son bras, faute de pouvoir atteindre son épaule. Il savait qu’elle n’était pas la meilleure combattante de son peuple mais il savait aussi qu’ils vivaient tout les deux dans une société ou l’argent et le sang régnaient en maîtres.


« C’est comme ça, j’attire les ennuis comme la peste. Un rien se transforme en catastrophe avec moi. Chacun à son lot de malheur, moi je suis un boulet pour quiconque partage mon quotidien. Voila ce qu’il t’attend…»

« Tais toi … »

Il marqua un très léger temps de silence pour qu’elle ne pense pas que c’était les seuls mots qu’il avait à dire, juste le court laps de temps standard pour prendre une inspiration

« Ce que tu dis es faux Melwyn. Tu te considère comme faible car tu te compares à la petite élite de ceux qui sont –comme ils le disent- nés pour ça. Mais as-tu déjà pensé à te comparer à l’immense majorité de gens qui tuerait une mouche à coup de palmier pour avoir ton talent ? »

Il prenait l’exemple du palmier car ce n’était vraiment pas facile de viser avec … Il reprit très vite, ne lui laissant pas le temps de répondre

« Ne me dis pas que tu n’as aucun talent … C’est juste que tu gardes les yeux rivés seulement sur tes échecs. »

Il lui sourit tendrement et s’assit en tailleur, se craquant légèrement la nuque, ouvrant la bouche avant de la refermer pour l’ouvrir à nouveau et murmurer

« Je vais te faire une confidence, tu sais, beaucoup de journaux et de gens me décrivent comme le prince du crime imbattable etcétéra. Mais tu sais, en vérité, mon travail n’est pas si dur que ça. Je vis tapi dans l’ombre, j’erre et je tue mes victimes souvent avant qu’elles de s’en aperçoivent, peu ont déjà vu mon visage, tu vois je ne mérite même pas mon surnom. Mais, il y a quelque chose qu’il faut que tu gagnes. Le respect. Si j’avais fais seulement quelques meurtres au service du peuple et tout ce que ça implique, je serais respecté. Mais en poussant le respect beaucoup plus loin, en entrant dans le cerveau des gens, en gravant leur mémoire j’ai découvert un autre sentiment, la peur. »

Il marqua un autre temps de silence pour respirer et la laisser mijoter avant de continuer, attrapant un bâton qu’il fit tourner entre ses doigts

« La peur m’est très utile, j’ai fais des millions de victimes, et mes clients se taisent de peur qu’on leur tombe dessus pour avoir fait appel à mes services, mais le mystère des meurtres fantômes –comme on les appelait à l’époque- devait devenir plus que ça, j’avais besoin de plus pour vivre. J’ai tué plus, les gens ont eu encore plus peur, ils ont crée d’eux même un personnage qu’ils ont fait entrer dans la légende. Réfléchis, personne –à part toi- ne connais ni mon visage ni mon nom. Personne ne m’a jamais vu tuer, on a juste retrouvé les restes des cadavres. Le peuple à monté lui-même mon histoire et tous les cauchemars qui vont avec. Je ne suis qu’un personnage inventé. C’est pour ça que tu ne dois pas avoir peur de moi, car comme je me présente à toi maintenant, je suis juste Lyov, un homme comme les autres. »

Il sourit doucement et la regarda, avant qu’elle ait une autre question

« Qu’en coûte-t-il d’avoir la confiance de quelqu’un comme toi ? »

Lentement son sourire s’agrandit, il découvrit ses dents et se changea en un sourire carnassier, sadique et un poil amusé. Il se pencha vers elle et lui susurra

« Il en coûte que le premier qui t’touches, jle bute. »
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MessageSujet: Re: Dans ton ombre... [PV Lyov Machievel]   Jeu 13 Mar - 18:57

« Tais toi … »

Melwyn fut surprise par ces deux mots qui avaient fusés hors de la bouche du jeune homme. Elle sentait qu’elle allait passé un sale quart d’heure, comme une petite fille qui allait se faire gronder. Lyov lui remit en tête qu’elle ne se comparait pas aux bonnes personnes. Elle devait se concentrer sur ses talents et aux personnes qui les enviaient. Il était difficile pour Melwyn de s’imaginer une telle chose, elle était entourée de personnes si talentueuses… Un sourire s’était formé sur son visage lorsque Lyov exprima l’idée de la mouche et du palmier mais ça joie fut de courte durée car le jeune homme n’en avait pas fini avec elle. Il était vrai que la jeune walkyrie se focalisait sur ses échecs – qui étaient pour ainsi dire nombreux – sans s’attarder sur ses réussites. Elles étaient moins nombreuses mais plutôt flatteuses.

Le jeune homme changea de position et s’assit en tailleur. Il hésita une première fois avant de reprendre la parole.

« Je vais te faire une confidence, tu sais, beaucoup de journaux et de gens me décrivent comme le prince du crime imbattable etcétéra. Mais tu sais, en vérité, mon travail n’est pas si dur que ça. Je vis tapi dans l’ombre, j’erre et je tue mes victimes souvent avant qu’elles de s’en aperçoivent, peu ont déjà vu mon visage, tu vois je ne mérite même pas mon surnom. Mais, il y a quelque chose qu’il faut que tu gagnes. Le respect. Si j’avais fais seulement quelques meurtres au service du peuple et tout ce que ça implique, je serais respecté. Mais en poussant le respect beaucoup plus loin, en entrant dans le cerveau des gens, en gravant leur mémoire j’ai découvert un autre sentiment, la peur. »

Melwyn écouta très attentivement, toutes oreilles dehors. Elle buvait ses paroles, prenant tout ce que le jeune homme était prêt à lui donner. Ainsi le respect n’était point ce qui faisait sa notoriété, il y avait quelque chose derrière tout ça : la peur. Melwyn n’avait jamais couru après le respect de ses pairs, du moins c’est ce qu’elle pensait. En réalité elle cherchait une certaine reconnaissance de la part de son entourage. Elle voulait qu’on la voit différemment, plus comme la fille maladroite mais comme une personne entière qui méritait de réussir.

Lyov décrivait son travail comme « facile ». Il lui disait qu’il ne méritait même pas son surnom ce qui fit sourire Melwyn. A son tour il dénigrait sa personne tout en faisant un sermon à la jeune femme.
« La peur m’est très utile, j’ai fait des millions de victimes, et mes clients se taisent de peur qu’on leur tombe dessus pour avoir fait appel à mes services, mais le mystère des meurtres fantômes –comme on les appelait à l’époque- devait devenir plus que ça, j’avais besoin de plus pour vivre. J’ai tué plus, les gens ont eu encore plus peur, ils ont créé d’eux même un personnage qu’ils ont fait entrer dans la légende. Réfléchis, personne –à part toi- ne connais ni mon visage ni mon nom. Personne ne m’a jamais vu tuer, on a juste retrouvé les restes des cadavres. Le peuple a monté lui-même mon histoire et tous les cauchemars qui vont avec. Je ne suis qu’un personnage inventé. C’est pour ça que tu ne dois pas avoir peur de moi, car comme je me présente à toi maintenant, je suis juste Lyov, un homme comme les autres. »

Sa vision des choses attrista Melwyn. Lyov ou plutôt l’ombre avait besoin de prendre des vies pour profiter de la sienne. Son personnage d’ombre n’était qu’illusion mais Melwyn avait le sentiment qu’il n’avait pas beaucoup été Lyov, qu’il n’avait pas vraiment vécu par lui-même. Il avait construit sa vie dans l’ombre, dans la solitude. Car c’était de cela dont il s’agissait ; L’ombre était connue de tous mais Lyov était seul. C’était comme si Lyov n’existait pas ou alors seulement pour un nombre restreint de personne. Un nombre qui visiblement s’arrêtait à une personne, Melwyn. Le sourire de la jeune femme disparu au fur et à mesure du discours de Lyov.

Mais il avait raison, la peur était très utile à l’ombre. Après tout, n’avait-elle pas cauchemardé et été tétanisée face à ce personnage ? Cela l’avait même hanté.

Il lui intima de ne pas avoir peur de l’ombre car l’ombre n’existait que dans l’esprit du peuple et qu’avec elle il n’était que Lyov, sans son ombre. « Un homme comme les autres ». Melwyn n’approuvait pas cette description de lui car bien qu’il se présentait sans son ombre. Elle savait que l’ombre était tapie quelque part en lui et qu’elle faisait partie intégrante de lui. Elle acquiesça cependant, elle n’aurait plus peur de lui. Tant qu’il resterait l’homme, elle ne le craindrait pas. Mais elle redouterait toujours que l’ombre sorte de sa cage.

Lorsque Melwyn lui demanda ce qu’il en coutait d’avoir la confiance de quelqu’un comme lui, Lyov son sourire devint plus grand, différent. C’était un sourire ressemblant à celui qu’il avait eu cette nuit-là alors qu’il s’apprêtait à user de sa dague. Un pincement vint prendre le cœur de Melwyn mais ce n’était pas la peur. La pointe d’amusement dans son sourire avait fait chavirer son être tout entier. Cela empira lorsque ce même sourire s’approcha d’elle. Elle avait l’impression d’être sous l’emprise d’un mauvais sort qui la paralysait. Elle n’était plus capable de bouger et n’en avait pas envie ; goutant au plaisir d’être près de lui – peut-être aussi près que personne ne l’avait jamais été -, de sentir son odeur, de fixer son délicieux sourire. Sa voix susurra :
« Il en coûte que le premier qui t’touches, jle bute. »

Cette phrase déclencha le rire de Melwyn. Elle était sortie de façon si douce comparée à la brutalité des propos exprimés que cela en était drôle. La jeune femme prit le bâton des mains de Lyov pour lui assener un petit coup sur l’épaule et elle le poussa doucement comme pour lui dire « arrête tes bêtises ! ». C’était aussi une façon de sortir de sa torpeur et de faire disparaitre la tension en elle due à cette proximité et au sourire enchanteur. La poussée qu’elle avait prise l’avait fait reculer un peu et son rire continua de voler quelques instants tandis qu’elle se balançait de droite à gauche sous son propre élan.
« Je préfère nettement être à ma place qu’à celle de la personne qui osera… »

Elle pouffa de nouveau, elle savait de quoi elle parlait puisqu’elle avait été elle-même victime de l’ombre… Bien qu’elle s’en soit bien mieux sortie que les précédentes ! Elle reposa ses yeux sur lui puis reprit :
« Peut-être que pour une fois ton ombre et toi travailleraient ensemble »

Melwyn lui fit un clin d’œil. Il ne serait plus dirigé par l’ombre mais ne ferait plus qu’un avec ce personnage qui semble guider sa vie. Ce serait le Lyov-homme qui déciderait d’employer le Lyov-ombre. Melwyn se demanda si ce ne serait pas pire que d’ordinaire finalement.

Elle ne réalisa pas réellement que le jeune homme disait clairement qu’il tuerait pour elle. Ou plutôt Melwyn ne voulait pas trop y penser et faire comme si il n’avait rien dit…

La jeune femme porta son regard sur le ciel en basculant sa tête vers l’arrière. Elle inspira fortement et observa les feuilles se détacher de l’arbre, transportées par le vent. Sa voix dit d’un air absent, comme si elle ne lui parlait pas vraiment :
« Je veux que ce Lyov là continue d’exister »

Elle marqua une courte pause comme si elle méditait ses propres paroles.
« D’exister sans tâches d’ombre sur sa vie »

Melwyn tourna la tête vers Lyov comme si elle se rendait enfin compte que le garçon était toujours à ses côtés. Tout en haussant légèrement les épaules, elle lui décocha le sourire le plus expressif et spontané du monde. Il contenait tellement de sentiments qu’il remonta jusqu’à ses yeux qui semblaient sourire eux aussi. C’était un sourire enthousiaste-encourageant-compatissant-sincère-joyeux et sans vraiment s’en rendre compte, c’était également un sourire des plus charmeurs qu’elle n’ait jamais lancé.

Elle se sentait bien, elle n’avait pas peur de faire une gaffe ou de ne pas être à sa place. Melwyn ne pouvait pas concevoir d’être une sorte d’obligation pour lui, comme s’il avait une dette envers elle depuis cette nuit la et qu’il devait la régler. Son humeur changea de nouveau devenant plus mélancolique.
« Ne nous voyons pas uniquement lorsque j’ai des problèmes s’il te plait… »

Elle ouvrit la bouche de nouveau mais se ravisa. La jeune femme ne savait pas trop jusqu’où elle pouvait dire ce qu’elle pensait. Finalement, avant même de se décider sur la stratégie à adopter, une phrase franchit ses lèvres :
« Voies moi par plaisir, parce que tu en as envie… ou alors ne me voies pas. »

Melwyn baissa les yeux et le regard vers le sol. Elle remonta les genoux et les entoura de ses bras, les doigts entrelacés. A ce moment même elle ressemblait à une enfant qui voulait savoir s’il ne s’agissait pas d’une farce ou d’une simple « obligation ». Elle-même ne savait pas bien ce qu’elle voulait en fait, elle savait juste qu’elle voulait qu’il ait plaisir à la voir. Melwyn ignorait pourquoi elle ressentait cette envie soudaine et ne cherchait pas réellement à comprendre.

C’était un besoin simple et inexpliqué, chercher à comprendre serait dénaturé cette envie. Elle gardait cependant la tête baissée n’osant jeter un seul regard vers le jeune homme.
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MessageSujet: Re: Dans ton ombre... [PV Lyov Machievel]   Ven 14 Mar - 18:46

Un concentré d’émotions différentes passa sur son visage, il soupira doucement, apparemment, parler de la peur, ce fléau qui lui était bien utile pourtant ne l’avait pas convaincue, ou du moins pas de la bonne façon. Mais il ne tenait pas à se taire, il fallait qu’il continue. C’était comme une formalité avant de sympathiser vraiment avec elle. C’était le bonjour de l’assassin. Quand il eut fini son presque monologue, il prit une grande inspiration, il en avait besoin, il n’avait plus d’air. Il avait l’habitude de parler comme il tuait : vite. Il avait toujours vécu rapidement, il devait tuer rapporter la tête de sa victime à son client et tout ça en moins de temps possible, et il gardait cette vitesse dans ses gestes et paroles de tout les jours. Ce n’était pas très facile de vivre avec quand on était pas habitué, il était très impatient et assez provocateur.

Il savait qu’il l’avait rendu triste, il savait que pour l’instant, il avait procuré plus de sentiments négatifs que de positifs à la jeune femme. Et il comptait bien faire changer les choses. Il n’avait aucune idée de comment faire, pour lui, l’image du tueur de l’ombre s’était imprimée dans la tête des gens. La Dernière Ombre était le monstre que les mère nommaient à leurs enfants pour qu’ils prennent leur sirop. Il avait déjà entendu des conversations sur lui, dans les auberges, les rues, il n’avait récolté que des insultes et de la peur, rien de plus. Il n’aurait jamais pu imaginer à quel point le bonheur d’une personne pouvait être capital pour lui…

Elle rit doucement quand il lui chuchota à l’oreille que la moindre personne lui voulant du mal allait passer un mauvais quart d’heure. Ce fut à son tour d’être surprit, il n’imaginait qu’une formulation différente d’un « je tuerais pour toi » classique puisse faire rire … Néanmoins elle riait et ce n’était pas plus mal.

Alors il se tu et se contenta d’hausser légèrement les épaules en souriant un peu gêné, sans savoir quoi faire. Alors que son regard bleu dévia vers elle, son cœur rata un battement. Elle souriait, tout son visage souriait et étincelait d’une lueur à en faire pâlir le soleil lui-même. Il inspira longuement et ses propres yeux étincelèrent d’une lueur étrange. A ce moment, il se sentait étonnement proche d’elle, c’était leur moment à eux, et rien qu’à eux. Il n’y avait personne à des kilomètres à la ronde, il n’y avait qu’eux. Il voulait profiter de ce sourire au maximum. Alors il s’approcha très légèrement d’elle, deux ou trois millimètres pas plus. Il ne voulait pas qu’elle ait peur non plus.

« Je préfère nettement être à ma place qu’à celle de la personne qui osera… »

Il sourit lui aussi, un sourire plus cynique mais pas moins charmeur. Oui c’est vrai. C’est vrai que finir en plusieurs morceaux n’étaient pas une place très enviable. Il pinça légèrement les lèvres dans une petite moue amusée sans cesser de sourire

« C’est vrai, personne ne préférerait »


Il y avait bien les suicidaires, les excentriques, et ceux qui avaient consacrés leur vie à l’étude de la Dernière Ombre, qui tuerait pour l’approcher de près et en sortir vivant et qui voyait son nom comme l’information suprême à atteindre. Il sourit quand il pensa que Melwyn le savait, et gratuitement, c’est vrai que Lyov n’avait rien demandé en échange et il ne comptait pas le faire. Il avait même donné plus que son nom, il lui avait assuré sa protection.

« Peut-être que pour une fois ton ombre et toi travailleraient ensemble »

Il fut soudainement très pensif, c’était vrai … Peut être que ces deux parties de lui-même réussiraient à cohabiter en partageant un but commun, ou peut être qu’il finirait par se suicider. C’était à voir. Mais au fond, il savait que de toute façon c’était impossible. L’Ombre était une partie trop puissante de lui-même, il commençait à se détacher d’elle mais dès qu’il devait tuer, il sentait comme une folie meurtrière l’envahir. Il ne savait pas si le vrai Lyov et l’ombre arriveraient à cohabiter.

Elle lui fit un clin d’œil, il en frissonna. Comme le tout premier. Il trouvait ses mimiques absolument craquantes mais il essaya de ne rien en montrer. Il ne devait pas lui montrer le début d’effet qu’elle lui faisait. Même si elle devait s’en douter d’après le fait qu’un homme avec la réputation de ne jamais avoir épargné une vie n’ait à peine réussi à lever la main sur elle.
Elle rejeta la tête en arrière, il observa la courbe de son cou, il observa sa peau blanche qu’il avait envie de toucher, il soupira doucement.

« Je veux que ce Lyov là continue d’exister »


Elle marqua un temps de silence

« D’exister sans tâches d’ombre sur sa vie »

Il soupira, oui, lui aussi le voulait oui. Il le voulait de tout son cœur. Il avait secrètement rêvé d’avoir un jour une vie normale, d’aller au marché en fin de semaine et de discuter avec ses amis d’à quel point il n’y avait plus de saisons.
Mais il ne dit rien dans un premier temps, finissant par soupirer tout doucement

« Ce Lyov là existe grâce à toi Melwyn … »

Oui, prononcer son propre nom et parler de lui à la troisième personne lui donnaient des penchants schizophrènes mais il s’en moquait, cela l’amusait plus qu’autre chose.
Soudain …

« Ne nous voyons pas uniquement lorsque j’ai des problèmes s’il te plait… »


Elle sembla vouloir continuer plus mais ne dit rien, finissant par souffler

« Voies moi par plaisir, parce que tu en as envie… ou alors ne me voies pas. »


Elle semblait tout d’un coup triste et en manque de quelque chose. En position défensive, les genoux ramenés contre le corps et les bras les entourant. Elle avait la tête baissée. Alors il s’approcha doucement d’elle, se plaçant devant pour se mettre à genoux et poser ses mains sur ses joues, relevant doucement son visage

« Hé Melwyn calme toi … Je te vois parce que rien au monde ne me fait plus plaisir que de te voir sourire … »


Oui cela ressemblait à une déclaration mais ça n’en était pas une. Tout simplement parce qu’à part son sourire, sa vie était constitué de meurtre tous plus brutaux les uns que les autres.
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MessageSujet: Re: Dans ton ombre... [PV Lyov Machievel]   Sam 15 Mar - 20:20

Alors que Melwyn avait une phase mélancolique qui était plutôt rare, Lyov se mit en face d’elle. Il s’agenouilla et posa ses mains sur ses joues relevant son visage. Ses douces mains encadraient son visage et Melwyn se laissa faire sans rechigner.
« Hé Melwyn calme toi … Je te vois parce que rien au monde ne me fait plus plaisir que de te voir sourire … »

Lorsque cette phrase sortie, Melwyn cligna plusieurs fois des yeux comme sonnée. Le temps de se répéter cette phrase deux ou trois fois et un sourire idiot se plaqua sur ses lèvres. Elle laissa ses yeux plantés dans les eaux de Lyov. La jeune femme remarqua qu’elle souriait idiotement et son sourire changea devenant plus amusé. Elle appuya sa joue gauche contre la main qui l’encadrait comme pour profiter de ce contact. Sa voix rieuse lui dit :
« Je voulais juste te l’entendre dire »

Melwyn lui sourit de plus belle. Elle posa ses mains sur les avant bras de Lyov et profita encore quelques instants de ce contact. Cette fois-ci elle avait la certitude de ne pas être qu’une obligation, de « compter » pour lui.

C’était un cadeau inespéré que la vie lui faisait. En fait il s’agissait de cadeau en chaine, premièrement elle était toujours en vie –ce qui n’était vraiment pas gagné-, deuxièmement elle était protégée par l’assassin le plus redouté du pays, troisièmement celui-ci l’appréciait –ou tout du moins c’est ce qu’elle avait compris-.

Au premier abord Melwyn n’avait pas compris ce qu’elle avait a apporté à Lyov mais au fur et à mesure de leur conversation, elle comprenait qu’elle pouvait lui apporté une certaine part d’humanité. Ou plutôt de réveiller l’humain en lui et de lui apporter de la normalité. Elle n’avait pas compris pourquoi il l’avait épargné mais peut-être était-ce comme son besoin inexplicable de toute à l’heure. C’était quelque chose qu’il fallait laisser secret, dans le mystère pour ne pas le dénaturé. Après tout, bien des choses sont à garder dans le mystère pour ne pas briser la magie qui se crée autour d’elles.

Elle ôta doucement les mains de Lyov de son visage et les garda dans les siennes. Ce geste semblait des plus naturels et elle ne s’était pas posée la question de si c’était convenable ou non.
« Je vais te dire un secret »

Melwyn se pencha en avant. Sa petite main attrapa Lyov par la chemise et le tira doucement vers elle. Elle tourna la tête de droite à gauche comme si elle inspectait les alentours l’air toujours aussi amusée de la situation et lui chuchota comme si elle lui disait le plus grand secret de la terre :
« Je crois que tu es chanceux parce qu’il semblerait que mon sourire ne veuille plus te quitter »

La jeune femme lui fit un sourire complice et se redressa comme le temps du secret était fini. Elle avait lâché la chemise du jeune homme et l’avait replacé avec la précédente. Melwyn s’amusait bien, ils se déstabilisaient l’un après l’autre, découvrant leur caractère mutuel.

Melwyn sursauta soudain et s’essuya la joue. Une seconde goutte de pluie vint s’abattre sur ses cheveux puis une troisième. Le ciel s’était assombrit pendant qu’ils s’amusaient, Melwyn n’avait même pas vu les nuages couvrirent la belle étendue bleue.

D’un coup, un rideau de pluie s’abattue sur la contrée, d’une densité sans pareil. La jeune walkyrie observa Lyov et mis ses paumes vers le ciel comme pour doser l’intensité de la pluie. Elle leva également la tête vers le ciel et ouvrit la bouche. Reflexe enfantin que Melwyn avait gardé toutes ces années, elle redressa la tête d’un coup de peur que Lyov ne se moque d’elle. Qu’elle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle vit la tête du brun renversée et la bouche ouverte. Elle explosa d’un rire cristallin et attendrit.

L’averse ne s’arrêtait pas et les cheveux bleus de Melwyn gouttaient à présent. Elle se leva et récupéra les dagues de Lyov et ses bandages dans son sac. Melwyn s’approcha de Lyov et lui prit la main. La jeune femme l’entraina dans une course infernale à travers le mur d’eau qui tombait. Elle savait qu’un village se trouvait à proximité et qu’ils pourraient s’y mettre à l’abri.

Autant dire que le chemin ne fut pas de tout repos car non seulement la pluie alourdit les vêtements mais en plus elle rend le sol glissant. Melwyn prenait la main de Lyov pour appui principal, pour centre de gravité pour ainsi dire, et elle ne tomba pas. Ce chemin elle l’avait fait pour venir se reposer, elle le connaissait mais la jeune femme ne semblait pas avoir toutes ses capacités. La présence de Lyov la perturbait grandement, la pluie lui brouillait la vue, ses vêtements mouillés la gênait.

Ah ! Cette clairière elle la reconnaissait ! Mais… N’était-ce pas celle qu’ils venaient de traverser ? Melwyn se stoppa net. Mince… Elle était perdue, elle ne reconnaissait rien, ne voyait rien, ne sentait rien. Elle avait l’impression d’être aveugle. Aveugle et trempée qui plus est. Son seul repère était sa main dans celle de Lyov. Elle posa un sourire sur son visage mouillé et fit de son mieux pour paraitre assurée et désolée, elle se retourna :  
« Euh… Je nous ais perdus »

Elle sourit de nouveau –peut-être que cela empêcherait Lyov de lui en vouloir d’être partie en trombe-. Elle s’approcha de lui afin de mieux voir son visage au cas où il serait fâché.

Mon dieu ce ne fut pas son visage qui attira les yeux de Melwyn mais bien sa chemise. Chemise qui, avec l’eau, collait le torse de Lyov bien entendu. Les yeux turquoises le scannaient, comme s’ils souhaitaient imprimés l’image dans la mémoire de la jeune femme. Melwyn ne se rendait pas compte de si elle avait la bouche ouverte ou les yeux exorbités ou un sourire pervers, elle n’y pensait pas. Son cerveau buguait, elle n’entendait plus le bruit de la pluie, il n’y avait eut qu’un « ouf » et puis un grand « biiiiiiiiiip ». Elle restait bloquée sur la vison de ce torse parfait et tout semblait merveilleux autour. Elle remerciait même le ciel d’avoir fait tombé cette pluie incessante et de lui offrir ce spectacle –qui était de loin le meilleur qu’elle avait eut l’occasion de voir-. Melwyn n’entendit pas ce que Lyov lui dit et continua son inspection. Tout apparaissait, les contrastes, les lignes. Ainsi Melwyn eut le plaisir de découvrir en avant-première le ventre finement musclé de Lyov, d’observer ses pectoraux dessinés, et vit même les bras du jeune homme -dont la force ne venaient visiblement pas du ciel-.

« Tu… Tu fais du sport non ? »

La jeune femme avait pensé à voix haute. C’était sorti naturellement, une remarque que son esprit venait de faire à l’intérieur mais qui était sortie vers l’extérieur. C’était une « private joke » qui dés infantilisait totalement Melwyn. Elle qui quelques minutes auparavant riait bêtement et semblait avoir 5 ans, était passée de l’autre côté de la barrière. En effet, la voix qui était sortie d’elle était suave et clairement dragueuse. Le sourire qui l’avait suivi n’était pas moins révélateur de la jeune femme qui dormait dans on esprit, c’était un savant mélange de provocation, d’intéressement, de plaisir et bien sur de désir.

Sa propre voix la ramena à la réalité et elle cligna des yeux, perdit son sourire charmeur comme revenant à elle.
« ahem… oui je… je nous ai perdu, désolée. »

Elle sourit de nouveau ne sachant plus où se mettre, espérant que Lyov n’avait pas vu ce bug flagrant de sa part. Espérant qu’il n’avait pas remarqué qu’elle s’était elle-même perdu en route…

Melwyn oubliait ses cheveux dégoulinants, ses vêtements détrempés et même la pluie battante, elle se concentrait uniquement sur les yeux de Lyov afin de ne pas dévier de nouveau vers la tentation que ce garçon représentait à présent.
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MessageSujet: Re: Dans ton ombre... [PV Lyov Machievel]   Dim 16 Mar - 14:20

« Je voulais juste te l’entendre dire »

Il sourit doucement, eh bien voilà, c’était dit. Il se surprenait lui-même, il ne se sentait pas capable de dire une telle chose. Il ne savait même pas que ce genre de mots pouvait se trouver dans son vocabulaire. Néanmoins elle avait sourit, il la trouvait très mignonne avec ce petit sourire béat sur son visage, clignant des yeux comme si elle ne se rendait pas compte de ce qui lui arrivait. C’était vrai en même temps, que le fait de se faire protéger par Lyov devait mettre du temps à se faire assimiler. Il sentit doucement son visage appuyer contre sa main gauche, comme si elle s’y reposait, il sourit doucement et caressa sa joue, du bout du pouce. Ce contact lui fit du bien, il ferma les yeux un instant comme s’il « supprimait » tout ses autres sens pour se concentrer sur le toucher et profiter de cette sensation le plus longtemps et intensément possible.
Il sentit doucement les petites mains fines de la jeune Walkyrie glisser sur ses avants bras, il frissonna légèrement et lui sourit.

Les mains de Melwyn remontèrent le long de ses avants bras pour saisir les siennes et les enlever de ses joues. Il eut peur un instant de lui avoir fait mal, mais elle garda ses mains dans les siennes et lui offrit un regard qui le rassura. Alors il chassa son petit air inquiet pour lui sourire à son tour

« Je vais te dire un secret »

Il allait sourire, oui, il allait. Car il n’en eut pas le temps. Elle empoigna le col de sa chemise pour le tirer vers elle. Ce geste n’était pas violent mais Lyov fut tellement déstabilisé psychologiquement qu’il manqua de s’écraser la tête dans la terre juste à côté d’elle. Il se rattrapa en faisant ce qu’il put pour faire passer son déséquilibre comme quelque chose de naturel et complètement prémédité et plongea de nouveau son regard dans le sien, frissonnant légèrement car c’était l’effet que les yeux bleus de Melwyn lui faisaient à chaque fois.

« Je crois que tu es chanceux parce qu’il semblerait que mon sourire ne veuille plus te quitter »

Sa voix avait été douce, il ne s’attendait pas du tout à cette confidence, il ne s’y attendait tellement pas qu’il en rosit très légèrement, baissant les yeux pour le cacher. Mais son sourire jusqu’aux oreilles trahissait l’effet que cette phrase avait eu sur lui.

Il la regarda lâcher sa chemise qui resta légèrement froissée avant qu’elle ne vienne la replacer avec une attention qui le toucha énormément.
Mais autre chose le toucha, en plein front. Il en cligna des yeux et fronça les sourcils, étonné. Melwyn semblait avoir été touchée aussi, elle en sursauta alors qu’une deuxième goutte vint la frapper. Il pleuvait. Et merde …

Il  leva les yeux vers le ciel, celui-ci était presque noir. Il avait passé tellement de temps avec Melwyn comme seul centre d’intérêt qu’il n’avait pas vu que l’ombre sur le sol n’était pas seulement du au branchage épais de l’arbre qui ne filtrait pas tant les gouttes de pluie que ça.

Il se leva au moment ou l’intensité de l’avers tripla ou quadrupla, Lyov avait rarement vu ça. Ce genre de pluie ne durait pas plus de quatre heures en général mais gorgeait le sol au point de foutre en l’air plusieurs zones de culture. Mais ça ne regardait que les paysans et Lyov s’en fichait. Ce qui importait maintenant c’était de savoir comment allait Melwyn.

Il tourna alors les yeux vers elle et rit légèrement en la voyant, paumes de mains vers le ciel, la tête renversée en arrière, bouche ouverte. Généralement, les averses étaient plutôt calmes et les chances de gober de la pluie étaient minces. Mais là, ils étaient sûrs d’y arriver.
Il décida de l’imiter et manqua de s’étouffer en essayant de boire et de rire en même temps. Il sentit son regard sur lui et entendit son rire. Il se redressa pour la regarder rire.
Les gouttes continuaient de tomber, s’écrasant sur leur tête par dizaine. Leurs vêtements commençaient à s’imbiber et leurs chaussures aussi.

Elle se leva à son tour et lui tendit ses dagues. Quand il eut enfin les six rengainées à leurs fourreaux et qu’elle eut rangé ses bandages dans son sac, elle lui attrapa la main et commença à courir. Il la suivait sans peine, même si la vitesse de la Walkyrie était consternante. Sur une longue distance, elle aurait sûrement gagné à la course.

Il lui faisait confiance mais tous les arbres, tous les buissons et tous les rochers se ressemblaient, Melwyn semblait de moins en moins sûre d’elle, elle finit par s’arrêter, dans ce qui semblait être la clairière qu’il venait de quitter.

« Euh… Je nous ais perdus »

Il sourit doucement, oui, il avait remarqué. Elle sourit, légèrement gênée, comme si elle voulait qu’il ne sache pas qu’ils venaient de courir pour rien. Trop tard, cela ne le gênait pas, il trouvait la situation amusante.

Les yeux de Melwyn s’accrochèrent une demie seconde à son visage avant de descendre d’un cran pour fixer son torse. Il ne comprit pas tout de suite mais finit par y arriver. Il laissa son regard se promener sur les courbes magnifiquement dessinées de ses muscles sous sa peau tendue.

« Tu… Tu fais du sport non ? »


Il avait envie de lui répondre qu’il ne savait pas trop si tuer des gens était un sport mais il se ravisa, préférant pincer les lèvres dans une moue amusée, sans rien répondre. Il n’avait pas du tout envie de lui rappeler les tonnes de litres de sang qui lui été passés sur les mains.
Elle lui sourit doucement, il ne la reconnu pas. Son sourire était mille fois plus charmeur que celui de n’importe qui, son visage étincelait d’une beauté qui dépassait de loin celle de n’importe quelle reine de beauté. Il pensa alors très fort

« Putain Lyov contrôle toi … Contrôle toi ! Contr… »

Elle sembla revenir à la réalité, et sembla encore plus gênée qu’avant et ne lui laissa pas le temps de penser d’avantage

« ahem… oui je… je nous ai perdu, désolée. »

Il sourit tendrement et s’approcha d’elle, il marchait très lentement, ne la quittant pas des yeux, comme si un fil reliait leur regard. Et, pendant qu’il avançait, il déboutonnait progressivement sa chemise, progressivement. Il finit par l’enlever quand il fut près d’elle, découvrant son torse parfait. Il était tout près d’elle.

D’un mouvement ample, il passa sa chemise dans le dos de Melwyn, ramenant les manches devant elle, comme une cape. Il s’empara d’une de ses mains tandis que l’autre se posa sur la taille fine de la jeune femme.

Il commença alors une danse simple, lente, improvisée. C’en était pas vraiment une et ça aurait très bien pu être apparenté à un pas sur le côté toute les cinq secondes, mais ce n’était pas important. Il se baissa lentement et colla son front au sien, sans l’embrasser. Juste pour être encore plus proche d’elle. Il murmura alors :

« Laisse couler la pluie Melwyn … Ici et maintenant, il n’y a que toi et moi. »

Oui, il n’y avait qu’eux. Il ne voulait laisser entrer personne dans leur petite alcôve de bonheur. Personne ne devait les déranger.

Il se passa quelques secondes, quelques minutes ou quelques heures -il n’en savait rien- avant que sa main posée sur sa taille de descende lentement, passant par ses hanches, il se baissait progressivement pour que sa main finisse à l’arrière de son genoux. Il la renversa en arrière bloquant son dos avec son bras pour la porter comme un prince le ferait avec sa tendre. Il l’inclina doucement contre lui, la pluie tombait sur son flanc et glissait ainsi dans son dos, là où la chemise de l’assassin offrait la meilleure protection qu’il pouvait lui donner.

Il commença à marcher, il aurait pu courir quelques temps en la gardant contre lui, mais son cerveau le lui interdisait. Il avait envie de l’avoir le plus longtemps possible dans ses bras.
Il pensait savoir par où il fallait passer, il suffisait de suivre l’inclinaison des arbres. Plus ils étaient droits, et plus ils se rapprochaient d’une montagne qui les avaient protégés. Et il savait bien que les lieux « protégés du vent par une montagne étaient très prisés des villages qui s’y installaient.

Il marcha quelques temps avant d’y arriver, suivant des chemins de plus en plus larges, chemins qui se transformèrent bientôt en routes faites de pavés gris.
Il ne croisa personne, les fenêtres et les volets avaient été fermés. Les rues étaient vides. On voyait là, sur une table, un vieux jeu de carte abandonné là par les joueurs qui n’avaient sûrement pas prévu l’averse.

L’ambiance était assez glauque mais il s’en fichait, il savait qu’il avait les moyens de se défendre et qu’il défendrait Melwyn au péril de sa vie.

Il passa près d’un bâtiment et fut pris par la clameur venant de l’intérieur. Des gens parlaient, criaient, riaient, dansaient et chantaient. Il leva les yeux vers l’enseigne, c’était une auberge. Un léger sourire étira ses lèvres, il ouvrit la porte du coude et se secoua les yeux avant d’entrer.
Quelques regards curieux se posèrent sur eux mais il ne s’en rendit même pas compte. Il tenait Melwyn sous les fesses maintenant, sa poitrine contre son torse et sa tête au creux de son épaule, comme si elle avait été endormie.

Il réserva une chambre, une grande avec une salle de bain intégrée. Il la réserva au nom de Sebastian. Simplement Sebastian. C’était son deuxième prénom, il l’utilisait souvent pour les auberges et pour annoncer sa présence.

Il prit quelque seconde Melwyn à une main pour fouiller dans sa sacoche à l’intérieur de laquelle se trouvait le fameux sac. Mais avec un peu de chance, il pourrait trouver sa dernière paye eeeeeet … Bingo.

Il sortit l’argent, celui-ci était un peu mouillé mais utilisable. Il reprit Melwyn à deux mains après avoir payé et la porta jusqu’à sa chambre, lui souriant. Il finit par la poser devant ses chambres, se tenant à l’encadrement d’une main légèrement rougie par l’effort.

Il y eut un grand silence avant qu’il ne se penche vers elle et déposa un baiser sur le coin de ses lèvres sans tout à fait les toucher.

Il savait que son baiser pouvait être considéré comme une déclaration ou comme une marque d’amitié ambigüe, il voulait cogiter sur le sentiment qu’il avait ressenti pendant tout le voyage et il voulait la laisser un peu cogiter. Alors il lui sourit doucement et déclara, tendrement

« J’ai du travail, je dois partir. Mais sois sans crainte, je ne serais jamais très loin … »  

Il lui sourit une dernière fois et s’éloigna, toujours torse nu. Sa chemise était sur les épaules de la jeune femme, il ne comptait pas la récupérer, cela représentait un souvenir de lui, de son vrai lui.

Il se détourna enfin, marchant dans le sombre couloir, il titubait légèrement car le contrôle de ses jambes était désiré par les deux parties de lui-même, celle qui voulait continuer à travailler librement, et celle qui ne demandait qu’à se retourner pour aller voir Melwyn et l’embrasser vraiment. Il finit par disparaitre dans l’ombre de la cage d’escalier, la laissant seule. Tout cela avait peut-être été une erreur, mais il n’en avait cure.
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MessageSujet: Re: Dans ton ombre... [PV Lyov Machievel]   Dim 16 Mar - 17:44

Lyov lui sourit, il avait de toute évidence percé le regard de Melwyn à jour. Elle était démasquée ! Il s’approcha lentement, très lentement voire trop lentement d’elle tout en la fixant dans les yeux. Melwyn vit dans son champs de vision que Lyov déboutonnait sa chemise, elle eut envie de crier, de pleurer, de rire. La lenteur dans ses gestes relevait de la torture et Melwyn s’obligeait à le regarder dans les yeux pour ne pas céder. La jeune femme en elle, enfermée, s’accrochait aux barreaux tentant de les briser. Elle souhaitait arracher cette chemise elle-même, au moins l’affaire sera réglée en quelques dixièmes de seconde. Mais alors que Melwyn ne savait plus quoi faire, Lyov était déjà torse nu. Il enleva le dit vêtement alors qu’il était extrêmement prêt d’elle, il passa la chemise sur les épaules de Melwyn afin de mieux la protéger de la pluie.

Le jeune homme se saisit d’une des mains de Melwyn tandis que l’autre prit sa taille. L’esprit de Melwyn semblait se focaliser uniquement sur la main de Lyov posée au creux de ses reins, ne pensant à rien d’autre. Jusqu’à ce que Lyov pose son front sur celui de Melwyn. Cette dernière ferma les yeux, leur nez se touchaient presque, elle imaginait dans son esprit le visage de Lyov. Après cette journée passée ensemble, elle en connaissait les traits par cœur. Il commença une lente danse, il voulait profiter de ce moment de simplicité qu’ils partageaient.


« Laisse couler la pluie Melwyn … Ici et maintenant, il n’y a que toi et moi. »

Melwyn le suivait. Elle plaça elle-même une main sur l’épaule dénudée de Lyov. Elle n’osa regarder ce corps de peur de déchainé la jeune femme en elle. C’était leur moment à eux et Melwyn en savourait chaque instant. La main posée dans son dos, le front de Lyov contre le sien, leurs mains entrelacées, les muscles de l’épaule de Lyov sous ses doigts fins, la pluie battante, le souffle de Lyov. Le jeune homme avait raison, ils étaient seuls et de toute façon, même s’il y avait eut du monde autour ni l’un ni l’autre ne les auraient vu.

La main de Lyov descendit lentement passant sur sa hanche. Melwyn gardait les yeux fermés, lui faisait totalement confiance. Le jeune homme se baissa et renversa Melwyn en arrière, la tenant dans ses bras. Elle passa son bras autour du cou de Lyov et posa sa tête dedans. Dans cette position elle était moins mouillée par la pluie et pouvait profiter pleinement du voyage…

Melwyn ne voyait rien du trajet qu’ils faisaient, elle savait simplement que Lyov retrouverait le chemin –et quand bien même il ne le retrouverait pas, cela n’avait pas d’importance-. Elle était dans ses bras, en sécurité.

Aux bruits qui les entouraient, Melwyn devina qu’ils étaient arrivés en ville. Sans trop même s’en rendre compte, Melwyn jouait avec les cheveux mouillés de Lyov qui étaient dans sa nuque. Ses doigts les emmêlaient puis les démêlaient, cela la détendait. Lyov ouvrit une porte, Melwyn ne bougeait plus. Elle était dans une sorte d’état passif, tout contre lui, blottie dans son cou, jouant avec quelques mèches noires. Elle avait conscience de ce qu’il se passait autour mais restait dans le brouillard.

Pendant le trajet elle avait eut le plaisir de sentir leur deux cœurs battre. Cette proximité, qu’elle n’avait jamais partagée de cette manière, était plaisante et Melwyn ne voulait pas la quitter. Elle avait réussi à pénétrer dans l’intimité de la dernière ombre et voulait y rester. La jeune femme ne tâchait pas de mettre un mot précis sur ce qu’elle ressentait, mais elle savait que maintenant l’ombre l’avait prise d’une toute autre manière qu’en l’obsédant…

Lyov réserva leurs chambres au nom de Sebastian ce qui décrocha un petit sourire à la jeune femme. Combien d’identités avait-il ? Allait-il falloir qu’elle se nomme Aalana ou autre ? Elle resserra son étreinte lorsque Lyov la prit à une main. Il la porta jusqu’à sa chambre et la fit descendre. Melwyn avait les jambes engourdies par le voyage et se sentait comme faite de coton. A présent elle avait froid, la chaleur que dégageait le jeune homme avait été fortement appréciable et maintenant elle ressentait un manque.

Alors qu’ils se regardaient en silence, Lyov se pencha et déposa un baiser ; là. Juste assez prêt des lèvres de Melwyn pour lui mettre un doute mais assez loin pour qu’elle ne puisse pas appeler cela un baiser. A ce contact, les joues de Melwyn se rosirent fortement.

« J’ai du travail, je dois partir. Mais sois sans crainte, je ne serais jamais très loin … »  

Melwyn acquiesça. En réalité elle n’avait pas tout entendu, les seuls mots que son cerveau avait été capable de comprendre était les suivants : « travail », « sans crainte », « très loin ». Le jeune homme s’éloigna laissant à Melwyn le loisir d’admirer son dos puisqu’il avait laissé la chemise sur les épaules de Melwyn. Le jeune homme disparu trop rapidement à son goût et Melwyn se retourna vers la chambre.

Une moue boudeuse s’était glissée sur son visage : il la laissait seule. Elle soupira, elle aurait préféré qu’il reste avec elle plutôt que de foncer travailler. Son visage était partagé entre la bouderie et la béatitude. Elle essora ses vêtements et la chemise de Lyov dans la salle de bain. Elle se sentait frustrée, Melwyn voulait continuer de sentir la chaleur de Lyov contre elle.

Face au miroir, elle posa ses doigts sur ses lèvres à l’endroit où Lyov l’avait presque embrassé. Un sourire s’y colla automatiquement : « Et si il… ? » Son sourire s’agrandit. Melwyn secoua la tête : « Non sinon il m’aurait embrassé là et pas là ». Elle avait montré ses lèvres dans un premier temps puis l’endroit ou Lyov avait déposé son baiser. Melwyn prit sa tête dans ses mains et souffla un bon coup. Calmons-nous, calmons-nous !

Elle retourna dans la chambre, vêtue de nouveau de ses vêtements et de la chemise de Lyov qu’elle avait remise en cape. Melwyn tournait en rond, elle ne pouvait pas rester là à attendre patiemment que le brun revienne. Il fallait qu’elle prenne l’air ! En écoutant attentivement, elle devina que la pluie s’était calmée voir arrêtée. Elle se dirigea vers la porte mais se stoppa. Peut-être que Lyov n’apprécierait que moyennement sa petite sortie à quelques heures de la tombée de la nuit… Melwyn souhaitait juste se dégourdir un peu les jambes et s’aérer, elle décida qu’elle remonterait juste la rue commerçante et reviendrait à l’auberge. Lyov ne s’en apercevrait même pas ! Et puis c’était de sa faute si elle avait besoin de s’aérer, on n’embrasse pas les jeunes filles de cette façon enfin !

La jeune femme s’emmitoufla un peu plus dans la chemise du jeune homme en souriant tendrement, ferma la porte et sortie dans la rue.
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Dans ton ombre... [PV Lyov Machievel]

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