Partagez | 
 

 Quand on arrive en ville

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité


MessageSujet: Quand on arrive en ville   Ven 17 Jan - 13:37

Alors que le campement des Lycans s’éloignait au fil des heures, doucement la forêt reprit le dessus. Une certaine motivation et envie de vaincre avait envahit le cœur de Leyla, la sorcière qu’elle avait affronté en présence de son compagnon de route Urr’hean, n’était peut être pas celle de ces tourments, mais elle avait livrée de précieux indices à la demoiselle qui continuait sa chasse.
Plus déterminée que jamais elle continua d’avancer, peut-être trouverait-elle par le futur des réponses plus concrètes à ses questions, et trouver ce pour quoi elle lutte depuis longtemps.

Le corps de Leyla était endolorit, quelques courbatures tiraient sur les muscles de son dos. Le combat avait été rude, mais déjà les bleus s’estompaient, et les blessures s’étaient refermées laissant une fine croûte sur sa peau sale.

Elle réussit facilement à se localiser et ne se savait pas loin d’une des plus grandes villes du continent : Racium. La ville comptait en son centre un grand palais ou de grandes tours s’élevaient, fier de leur beauté et de leur complexité architecturale. Ce fut d’ailleurs la première chose que Leyla pu distinguer au loin, surplombant les plus hauts des arbres, dominant les lieux avec prestance.
La cité comptait autour de son centre une multitude de petits villages reliés à un même souverain, et aux mêmes lois. Bien plus modeste que le cœur de la ville qui rassemblait une population plus aisée, ces petits hameaux étaient faits de pierre et de bois.

La jeune femme fouilla dans ses poches, les vingt-cinq Dari que lui avait donnés auparavant Delvin étaient toujours là, précieusement gardés dans sa poche. Toutes sa fortune tenait dans le pommeau de sa main. Elle examina d’ailleurs celles-ci, puis ces bras qui se trouvaient dans un état déplorable. Ses vêtements couverts de boue, retraçaient son aventure passée. Un bon bain ne lui ferra pas de mal, ainsi qu’un matelas afin de soulager son corps courbaturé.

Leyla prit la direction du Racium et ne tarda pas à voir des champs remplacer l’épaisse forêt blanche d’Orlyën. Couvert par un épais manteau de neige, rien n’osait sortir de terre, les champs n’étaient désormais que des terrains endormies, attendant patiemment l’arrivée du prochain printemps.
Elle suivit le sentier de terre, qui avait été déneigé par les villageois afin de permettre une continuelle communication avec l’extérieur.

Bien que démunie de manteau, de châle, ou d’une quelconque protection, Leyla ne se plaignait pas du froid, elle avait l’habitude de passer les hivers en extérieur ; à vrai dire elle n’avait quasiment connu que ça. Il lui arrivait de frissonner de temps en temps suite à une bourrasque de vent hivernal, et de se frotter les bras avec énergie afin de se réconforter. Toujours en mouvement : la jeune femme savait que c’était l’un des secret pour lutter contre le froid.

Elle aperçu enfin droit devant elle de petites maisons dont une légère fumée grise s’échappait par les conduits des cheminées. Voilà qu’elle imaginait déjà un feu réconfortant, et un plat chaud. A cette idée, Leyla pressa le pas. Cherchant parmi les maisonnettes un endroit où elle aurait pu trouver refuge.
Des rires d’enfants virent jusqu’aux oreilles de la demoiselle, qui intriguée, tourna le regard en direction du bruit. Elle y aperçu un groupe qui s’amusaient à se lancer des boules de neiges entre eux sur une petite place, où quelques commerçants avaient dévoilés leur marchandises en espérant faire quelques ventes. Courant, slalomant entre leurs compagnons de jeu afin d’éviter des boules de neige, les enfants étaient turbulents et ne semblaient pas s’inquiéter des menaces des marchants qui s’étaient installés sur la place.

Juste derrière eux, un grand établissement se dressait, et au dessus de la double porte d’entée, une pancarte récemment peinte attira les yeux de Leyla « Auberge des oliviers ».
La jeune femme afficha un sourire, elle avait enfin trouvé son refuge et s’imagina déjà devant un bon feu de cheminée.

Elle s’avança, perturbant le jeu des enfants qui furent surprit d’apercevoir une femme armée er aussi couverte de sang et de terre qu’un templier revenu de ses croisades. Leyla poussa la porte dans un grincement, laissant un petit blizzard rentrer avec celle. Elle y découvrit une grande salle où plusieurs tables étaient disposées et où des hommes s’y étaient installés buvant du vin chaud ou autres boissons alcoolisées. Elle prit la direction du comptoir, croisant au passage quelques serveuses vêtues d’un lourd tablier et portant des plateaux pleins aux clients de l’auberge.

-Bonjour ma p’tite dame ! s’exclama l’aubergiste en jetant son torchon sur son épaule et en prenant appui sur son comptoir.
-Combien pour une chambre et un repas ? Engagea directement Leyla.
-C’est quinze Dari pour une chambre et six pour un repas chaud. Répondit-il en se redressant.
-Je prends. Répondit la jeune femme en sortant la monnaie de sa poche.
-Parfait ! Hurla presque l’aubergiste ravie d’empocher la somme du. Voici la clef. Au premier, première porte à droite.

Leyla se saisit du bout de métal que lui tendit l’aubergiste et monta à l’étage. Elle ouvrit la serrure et y découvrit une petite chambre qu’elle jugea convenable. Elle jeta sur le lit son arc et ses flèches qui trônaient dans son dos depuis un moment et fit quelques ronds avec ses épaules tout en soupirant.
Elle fit un petit tour rapide  de la pièce et trouva quelques linges, supposées propres… , à dispositions dans un petit coin en plus d’une petite bassine.

Il ne s’agissait pas là d’un pot de chambre, puisque celui-ci se trouvait sous le lit. Il s’agissait juste d’une bassine mise à disposition du client. Elle le fit remplir en interpelant une serveuse qu’elle croisa dans le couloir, et lorsqu’il lui fut revenu remplit d’eau, Leyla s’enferma dans sa chambre tout en remerciant la demoiselle qui lui avait rendu servie.

Elle entama sa toilette, débarrassant sa peau de toutes impuretés, voilà qu’elle retrouvait  son éclat d’origine ainsi que ces couleurs. Elle mit à tremper également ses vêtements dans la même bassine afin de les laver et alors que l’eau autrefois transparente avait viré au marron. Elle les mit à sécher au coin du petit feu qui avait été allumé dans un coin de la chambre. Avec la chaleur des flammes les vêtements prirent seulement une petite heure à sécher et lorsqu’elle les enfila elle savoura le tissu chaud.

Puis soudainement, une odeur vint caresser ses narines, le repas était en train de cuir et l'odeur de viande bouille embaumait les lieux. C’est alors que son estomac se réveilla en grognant, Leyla ne tarda pas a obéir et a descendre au rez-de-chaussée réclamer le plat quelle avait préalablement payé. Elle mangea avec appétit à l’écart. Tapis dans un coin de la pièce elle observait silencieusement les gens qui l’entouraient et profitait de la chaleur du feu qui se trouvait non loin d’elle.
Leyla finit rapidement son repas, et ne tarda pas à abandonner sa table sans un mot avant de remonter dans sa chambre. Elle déplaça son arc et ses flèches alors toujours sur lit et s’y introduit avec hâte avant de fermer les yeux.

Elle s’endormit très rapidement et c’est peut être une ou deux heures plus tard qu’un brouhaha réveilla la demoiselle au sommeil léger. Elle ouvrit doucement les yeux et se redressa sur son lit en regardant autour d’elle. Le bruit était sourd, comme venant de loin, et pourtant elle distinguait nettement des cris d’homme des hurlements et des bruits de bouteilles qui se brisaient.
Leyla soupira, sûrement une bagarre qui devait s’être déclenchée à rez-de-chaussée, entre deux hommes dont l’alcool avait prit possession de leur corps. Elle tenta de s’endormir à nouveau mais rien à faire, se bruit la dérangeait. Elle se leva brusquement et enfila ses affaires, remit ses cheveux en ordres avant de sortit de sa chambre en claquant la porte. Elle descendit les escaliers d’un pas ferme, mais lorsqu’elle arriva au niveau inférieur, elle aperçu la salle vide. Une certaine incompréhension s’installa. Que se passait-il alors?

De là où elle se trouvait, le bruit était légèrement plus fort que dans sa chambre, elle s’avança près du comptoir vide et se permit de pousser une petite porte en bois qui se trouvait derrière celui-ci. De longs escaliers sombres s’offraient à elle, et descendit avec des pas légers. Au plus elle s’engouffrait dans l’escalier, au plus les voix étaient puissantes. Et lorsqu’elle arriva enfin et que la lumière et que la lumière dévoila une nouvelle sale, elle découvrit un attroupement d’hommes lancés dans des jeux de force. L’argent circulait de mains en mains, les insultes et les menaces étaient courantes. Leyla se faufilant entre eux, ridiculement petite à coté de colosse brutaux, elle y découvrit le centre de toute attention, voilà que des combats avaient débutés.


Dernière édition par Leyla Arca le Jeu 13 Mar - 21:21, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité


MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville   Sam 18 Jan - 2:09

Silencieuse, une silhouette masquait par un lourd manteau encapuchonné, avançait d'un pas alerte sur la Grand-Route drapé du voile de l'hiver. Il laissait derrière lui le sillon de sa cape, dont toute trace ne tardait pas être recouverte par la neige. Un souffle régulier émanait du capuchon, volute de fumée blanchâtre qui se dissipait dans les ténèbres de la nuit. La lune était depuis longtemps dissimulé par d'épais nuage d'où se déversait perpétuellement une neige glacée et irritante. Mais bien vite, les portes de la ville, lourds rondins de bois taillait grossièrement et à l'extrémité pointue se dessinèrent au loin, agrémentées de braseros et de quelques torchères.

La silhouette fit une brève halte, exhalant un soupir de soulagement, avant de forcer l'allure. Martelant contre les massives portes de son poing, des jurons ne tardèrent pas à lui faire écho. Le judas s'ouvrit à la volée et une lanterne à la lumière aveuglante et un visage à la peau parcheminée et au regard méfiant jaillirent dans l'encadrement. Sans un mot, si ce n'est le grognement irrité, le portier scruta l'étranger. Se tenait devant lui, séparé par la lourde porte gardant le village, la silhouette d'un homme aux larges épaules et à la stature droite. Ce dernier tenait le manche stylisé de ce qu'il devinait être une hache de bûcheron et de son autre main, la lanière d'un sac de voyage. Le manteau dissimulait le reste de son corps et sous ce capuchon, il ne put que deviner un menton volontaire, dévoré par une barbe naissante et quelque peu disparate et une bouche aux lèvres fines et craquelées par le froid.

"C'est pas la peine de dégonder la porte ! Je n'en ai pas l'air, mais je ne suis pas si sourd que ça..." Maugréa le portier par devers lui. Devant le silence de son interlocuteur, il poursuivit d'un ton sec. "Nom et prénom."

La silhouette fit une moue contrariée mais obtempéra, bien qu'à contre cœur.

"Isküvar, Orathor. Vous ne souhaitez pas non plus mes mensurations tant que vous y êtes ? Pardonnez moi, mais avec ce froid, vous allez être plus que déçu..."

Le vieil homme défraichi haussa un sourcil étonné, avant de partir d'un éclat de rire tonitruant.

"Ah ! Tu me plais bien mon gars ! J'aime les blancs-becs qu'on du cran et de la répartie. Bon allez, je ne vais pas te faire plus attendre ou je sens que tu vas me faire tomber la porte sur le coin du nez à grands coups de latte !"

Le portier referma le judas et déverrouilla le loquet de la poterne dissimulée dans la grande palissade. Orathor entra dans le village et dégagea son capuchon, dévoilant un visage tout juste sorti de l'enfance, aux traits fins et harmonieux.

"Pardonne moi mon gars ! Je suis un peu bourru mais on danse sur des charbons ardents ces derniers temps. Alors, quand un étranger vient s'acharner sur les portes du village, on est quelque peu méfiant... Je parle, je parle, mais tu dois être épuisé. Va jusqu'au centre du village, sur la place ornée d'une grande fontaine et tu apercevras sur ta droite une auberge tout ce qu'il y a de plus respectable : "le Poney Fringant" !"

Le jeune homme se gratta l'arrière de la tête et un sourire contrits se lut timidement sur son visage.

"Eh bien, pour tout vous dire, c'est que je ne roule pas sur les daris ces derniers temps... C'est du provisoire entendons-nous bien, car je compte bien remédier à cette situation quelque peu contrariante !"

Le portier leva les mains en signe d'apaisement, souriant avec entendement et son ton se fit conspirateur.

"Hum ! Comme tu mets sympathique mon gars, j'ai peut-être quelque chose pour toi. Cette pratique est vu d'un mauvais œil par la maréchaussée car elle encourage la violence mais elle est fort lucrative pour qui sais tâter du gauche et encaisser les marrons. Et de la manière dont tu m'as remué le portillon, met avis que tu viens de tirer le gros lot !"

Lui décochant une œillade des plus burlesque sur un faciès tel que le sien, il indiqua d'un doigt crochu et sec, une ruelle ténébreuse non loin de là.

"Non loin d'là, y a une auberge qui s'appel "l'Auberge des Oliviers". Oui je sais, ça n'a pas la même prestance que "le Poney Fringant", mais que veux-tu. Oleg ne d'vait pas être dans l'un de ses bon jours, ce jour là... Ah oui. Oleg, c'est le proprio'. Tu lui dit que tu viens de la part de la carcasse. Et que je mise cinquante daris sur ta trogne. T'entends ça mon gars ?! Alors tâche de me faire honneur et de fructifier ce petit pécule sinon je te ferai regretter d'avoir quitter les jupons de ta mère ! Allez maintenant ! Il caille que le diable et ton ventre rugit à en faire se dresser les morts !"

Le vieil homme saisit le jeune Isküvar et le poussa dans le dos, le pressant de se rendre dans la ruelle, ce qu'il fit sans se faire prier. Soudain la voix rocailleuse du portier retentit derrière lui, emportée par une bourrasque de vent cinglante.

"Et n’oublie pas de lui dire que tu souhaite payer du prix du sang et de la sueur !"

Un sourire amusé se dessina alors sur son visage, et il remit son sac en place et cala sa hache avant de s'enfoncer dans les ténèbres. La ruelle, aux pavais irréguliers, voir inexistant à certains endroits, était des plus étroite. Ses maisons à colombage se dressait de chaque côté, menaçantes, leurs fenêtres obscurs braquant leur regard sur l'étranger avec méfiance. Il lui semblait que les demeures, toutes plus bigarrées les unes que les autres se penchait vers lui et scrutait le moindre de ses faits et gestes, prêt à s'emparer de lui. S'administrant une claque vigoureuse, il secoua la tête pour reprendre ses esprits. Il n'avait plus l'âge pour se laisser influencer par les contes horrifiques des ménestrels voyons !

Enfin, l'auberge se dressa devant lui, bâtiment semblable à tous les autres avec ses poutres de bois apparentes, si ce n'est son panneau grinçant au vent et affichant comme il fallait s'y attendre, l'effigie d'un olivier ainsi que le nom de l'établissement en lettres calligraphiées. Quelle imagination débordante !

Il poussa la porte qui grinça et l'air chaud et suffoquant des lieux s'empara de lui. Il mit un court instant à s'accoutumer à la lumière diffusée par l'âtre ronflant et les quelques candélabres. Les quelques clients présents, vêtus de soie et de brocards, révélant leur appartenance à une noblesse plus ou moins élevée, ne lui jetèrent qu'un bref regard dédaigneux avant de s'en retourner à leurs occupations. La salle commençait à se désemplir, les gens terminant leur consommation et d'autres se dirigeant vers une porte attenante au comptoir. Orathor s'approcha de ce dernier, dont le tenancier s'affairait à astiquer le zinc avec son torchon. Il jeta le chiffon sur son épaule et dévisagea le potentiel client.

"Ah désolé mon p'tit gars, mais cela ne va pas être possible, on a terminé le service et toutes les chambres sont prises. Mais je connais..."
"Je viens de la part du cadavre. Je souhaite payer du prix du sang et de la sueur." Déclara le jeune homme sans emphase.

L'aubergiste se redressa, détaillant cet homme bien présomptueux et acquiesça.

"Très bien. Si tu gagnes ton combat, je te paierai un repas et une chambre pour la nuit. Il y a là en bas un golgothe que personne n'arrive à déloger de cette arêne."
"Son règne arrive à son terme, il semblerait..."
"Je te trouve bien présomptueux jeune homme mais soit. Dépêche toi maintenant je te prie. Tu ne voudrais tout de même pas le faire attendre..."
"Une dernière chose : Le cadavre souhaite miser cinquante daris sur ma personne."

Le tenancier s'esclaffa : "S'il a décidé de jeter son argent par les fenêtres, grand bien lui fasse ! Trêve de bavardage." Orathor lui jeta un regard mauvais et se dirigea vers les degrés inférieurs. Dévalant les marches avec détermination et colère, il arriva bien vite dans une large cave de la superficie de l'auberge. Une foule compacte et vociférante, criant à qui mieux mieux, s'agglutinait en un cercle autour de ce qu'il ne pouvait voir. Il décida d'en faire abstraction et fit le vide autour de lui et se prépara. Déposant sa hache contre un mur dans l'espace aménagé sommairement pour les participants, il laissa son sac le rejoindre et quitta son long par-dessus détrempé. Déboutonnant sa chemise de laine épaisse, son torse puissant et fin apparut. Il commença par s'étirer, faisant tournoyer ses articulations du coude, des poignets, du bassin ou encore de la nuque, avant d'effectuer quelques flexions et d'enchainer les pompes jusqu'à ce que la douleur vienne s'inviter. Il déroula ses gammes, exécutant des séries de coups de poings à une vitesse effrénée afin d'activer son cœur. Marchant et sautillant, il avisa non loin de lui plusieurs brancards sur lesquels gisaient les corps inconscients ou gémissant des participants défaits. Eh bien, en tous les cas, qu'il gagne ou qu'il perde, il semblerait qu'il ait un lit pour dormir cette nuit... Mais il avait une préférence pour les duvets de plume d'oie.

Soudain un rugissement de joie secoua la foule et la foule scanda en cœur "Victor ! Victor ! Victor !". Il ne pouvait encore distinguer le fameux golgothe et trépignait d'impatiente, faisant les cents pas et frappant frénétiquement des poings. Un corps inerte au visage ensanglanté s'extirpa alors de la foule tiré par deux hommes couvert d'un tablier maculé de sang, quand un homme vint à sa rencontre et l'invita à venir combattre, lui adressant un regard bienveillant et compréhensif.

Orathor joua des épaules entre les badauds exaltaient et arriva dans l'arène. Le fameux golgothe se tenait au centre, affairé à descendre une chopine d'un alcool mousseux qui se déversait sur son poitrail gargantuesque recouvert d'un gilet de peau élimé et crasseux, maculé de sueur et se sang. Quand il eut finit, il jeta nonchalamment la chopine et dévisagea sa nouvelle proie avec sadisme. Un mélange de sécrétion humaine goutait de son front et venait s'écraser par terre. Son corps se soulevait à un rythme frénétique démontrant qu'il était épuisé. Par le moindre signal du début de l'assaut, son adversaire se jeta sur lui d'un pas lourd et propulsa un direct sans la moindre finesse, chargé de toute la puissance possible. Le jeune combattant fit rouler ses épaules et esquiva le coup au dernier instant avec nonchalance. Il fit quelques pas détendus, attendant que son adversaire vint le rejoindre. Ce dernier, se rendant compte qu'il se faisait narguer poussa un vagissement inhumain et retourna à l'assaut mais cette fois avec plus de mesure. La première salve, Orathor l'esquiva sans peine et tourna autour de son adversaire, mais bien vite, les coups se firent plus calculés et le jeune homme se mit en position de défense acceptant les coups et la douleur, tout en lisant dans les gestes du golgothe.

Bien vite et comme il fallait s'y attendre les coups rageurs perdirent en intensité et le jeune Isküvar décida de mettre un terme au combat. Les chances d'être mis au tapis par l'un de ses coups de butor était trop grande et il n'aspirait qu'à se sustenter. Son poing partit avec fulgurance dans la gorge de son adversaire le faisant reculer, et s'étouffant. Avisant ses jambes lourdes et cotonneuse, sa jambe s'écrasa avec violence dans celles du gras personnage qui tomba à genoux. Saisissant sa tête à deux mains, il envoya avec violence son genoux broyer le nez de son adversaire dans un déluge de sang, avant de s'écraser avec lourdeur sur le sol de l'arène rougit.

Orathor fit alors le tour de la foule, médusée et abasourdie, et la provoqua.

"Qui donc pour m'affronter ?! N'y a-t-il personne en ces lieux qui soit désireux de contribuer à repeindre le sol de cette arène du rouge de son sang ?! Je ne souhaite qu'une chose : accompagner mon repas d'un vin de la meilleure cuvée de notre cher tenancier ! Est-ce trop demander ?"
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité


MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville   Sam 18 Jan - 18:14

« Victor ! Victor ! Victor ! » Ce nom était clamé dans un rythme saccadé par la foule, impatient de voir apparaître leur idole locale, réputée imbattable.

L’homme fit quelques pas de manière brutale, serrant ses poings et grimaçant de rage. Ivre de victoire, le colosse tournait en rond comme un fauve en cage. Les encouragements des gens aux alentours, qui agitaient avec frénésie leur argent dans les airs portaient atteinte aux oreilles de Leyla, qui à plusieurs reprises, grimaça lorsqu’un supporter s’emportait dans l’excitation des paris. Un homme immaculé de sang était évacué de l’arène improvisée, deux hommes durent le transporter à l’écart de la foule tendit que Leyla se déporta légèrement pour leur laisser le passage.
Le regard du pauvre homme était vide, son corps ; couvert d’hématomes et d’affreuses contusions. Surement n’allait-il pas se remettre de ses blessures…

Leyla reprit sa place, et réussit  avec agilité à se faufiler pour arriver le plus près possible de la scène, curieuse de voir qu’est-ce qui avait bien pu blesser de la sorte un homme.  Tandis que, fier de sa énième victoire, l’homme descendait une chopine avec beaucoup de hâte, un nouveau participant entra en scène.  

C’était un jeune homme sans doute bien plus jeune que lui, et bien que sa musculature semblait de la même importance que son ennemi, la plupart des  spectateurs misaient sur la réputation de leur champion, seul quelques uns, croyaient en ce jeune corps aux allures d’intrépide.
Le golgothe termina sa chopine et s’essuya de sa manche avant de la jeter par-dessus son épaule avec force, tandis qu’un pauvre gringalet alors derrière lui réceptionna le contenant avec violence en plein sur le sommet de son crane. L’homme s’effondra tandis que la chopine, brisée, jonchait le sol, et c’est sans remords qu’il fut piétiné par mégarde par ses voisins, envoutés par le combat à venir.
Suivre le combat n’était pas à la base la volonté de Leyla qui était venu dans cette auberge avec l’espoir de se reposer. Mais lorsqu’elle parcouru de ses yeux emplies de ruse, cette foule en délire et ces combattant sur le qui-vive, elle y vit tout de suite un moyen de se faire facilement de l’argent ; elle qui en avait cruellement besoin. Cette raison lui suffit à rester dans cette cave humide,  sombre et bruyante.
Tandis que le combat démarra alors qu’aucun signal n’u  avertit du lancement, le regard de leyla se déporta sur la bourse de son voisin qui pendait de manière nonchalante à ses hanches. Alors que l’homme était absorbé par le combat et trop occupé à hurler le nom de son champion, la jeune femme se permit de détacher de ses doigts fins, la cordelette qui maintenait la bourse. L’homme qui venait de se faire détrousser ne remarqua rien, et Leyla  prit soin de changer discrètement de place, quelques mètres plus loin afin de ne pas être soupçonner.

L’attention de la demoiselle retombât sur le combat qui venait à peine de débuter. Les deux hommes employaient des techniques de combats bien différentes, tandis que l’un utilisait la force brute et  bestiale, le jeune arrivant faisait preuve d’agilité  et d’une grande souplesse afin d’éviter les coups lourds et lents de son adversaires.
Leyla afficha un sourire en coin, elle avait percé à jour la volonté du plus jeune des combattants : épuiser son ennemi ; laisser le colosse frapper à maintes reprises dans le vide et frapper à son tour une fois son adversaire affaiblit.

C’était la meilleure technique à employée face à un ennemi de la sorte. Dans l’esprit de Leyla, le combat semblait déjà gagné pour le mystérieux jeune homme.

-Dix Dari que le nouveau remporte de combat ! S’exclama fort Leyla à son voisin afin d’être certaine de se faire entendre parmi les hurlements de la foule.

Son interlocuteur posa un regard inquisiteur sur la demoiselle, l’examina de haut en bas avant de pouffer de rire.

-Haha ! Hurla-t-il. Tu crois sincèrement qu’un blanc-bec  va mettre fin au règne de Victor ?! Personne ne l’a encore battu et ce n’est pas ce soir que ça arrivera ma jolie ! Retourne à ta vaisselle, laisse les  hommes à leurs affaires !

L’homme, brutal, repoussa la jeune femme en lui donnant un coup sur l’épaule. Mais Leyla reprit sa place et revint aux cotés de son interlocuteur.

-Si vous croyez tant en votre champion pourquoi refuser le deal ?
-Mais, c’est que tu es obstinée ! S’impatienta le spectateur.
-Trente Dari ! Finit-elle par proposer.

L’homme défia du regard la demoiselle qui le regardait fixement.

-C’est d’accord, va pour trente ! Tu ne tiens vraiment pas en ta bourse ! Lâcha-t-il avec un sourire satisfait.

Voilà maintenant que les deux joueurs suivaient le combat avec une grande attention, leur argent était en jeu, bien que confiante en sa décision, Leyla n’espérait pas subir un retournement de situation qui n’irait pas en sa faveur. A plusieurs reprises elle sera les poings, presque comme pour  accompagner le combattant qu’elle supportait dans ses coups.  Lorsque le colosse, épuisé de frapper dans le vide, montra un signe de fatigue, voilà que le jeune homme lui envoya une rafale de coup, rapide et précis. Le golgothe mit un genou à terre, ce qui fit frémir la foule entière. C’est alors que le jeune homme, encore  inconnu de tous, frappa  fort. C’est avec une violence incomparable qu’il brisa le nez de son adversaire avec un coup de genoux impressionnant.  

L’ancien champion, au visage totalement amoché, s’écrasa au sol lourdement sous les yeux abasourdit de ces anciens supporters qui venaient de perdre ce qu’ils avaient mit en jeu. Devant ce spectacle, qu’aucun n’aurait cru probable, le silence régna soudainement entre les murs de cette cave autrefois si bruyante.

Le jeune homme contempla son adversaire qui se tordait de douleur au sol, seul ces gémissements venaient désormais à brisé le silence qui s’était imposé. Celui qui venait de détrôner le champion, fit le tour de la foule, le buste droit.

-Qui donc pour m’affronter ?! N’y a-t-il personne en ces lieux qui soit désireux de contribuer à repeindre le sol de cette arène du rouge de son sang ? Je ne souhaite qu’une chose : accompagner mon repas d’un vin de la meilleure cuvée de notre cher tenancier ! Est-ce trop demandé ?

Le silence régna de nouveau et beaucoup se regardèrent entre eux, attendant, se demandant si un quelque autre fou oserait se battre après la vision de Victor tombant sous les coups de celui qui serait désormais le « nouveau champion ».

Leyla lança un regard presque arrogant à l’homme qui venait de perdre ses trente Dari face à elle.

- Il semblerait que je remporte la somme mise en jeu. Commença-t-elle satisfaite.
-C’est de la triche ! S’exclama l’homme presque indigné d’avoir perdu face à une demoiselle. Victor ne pouvait pas perdre c’est une conspiration. Hors de question, Mes Dari resteront les miens !

Leyla contrariée par cette réponse ne tarda pas à répliquer violemment, elle sortit avec discrétion la dague qu’elle gardait constamment sur elle, et posa la pointe de son arme sur la lourde bedaine de son interlocuteur.

-Qu’il est moche de voir encore de nos jours des hommes incapables de tenir une quelconque promesse. Ces Dari me reviennent de droit !

L’homme prit de court, bégaya, prit de panique en sentant la pointe de l’arme faire un trou dans sa veste de coton. Il finit par plonger la main dans sa poche et à offrir à Leyla les trente Dari promis.

-Qu’il est bon de faire affaire avec vous.  Répliqua la demoiselle en s’emparant de la monnaie. Sur ce je m’en vais retourner à ma vaiselle…  

L’homme fit demi-tour, outrée, tandis que Leyla rangea son arme.

Suite aux désistements de volontaire pour le prochain combat, le jeune homme mystérieux sortit de l’arène avant de s’emparer d’une boisson pour humidifier sa gorge devenue toute sèche. Le tenancier s’approcha vers lui, une clef à la main.

-Par ma barbe ! S’exclama-t-il impressionné. Si l’on m’avait dit qu’un jour Victor se ferrai écrasé par un jeune blanc bec, je ne l’aurais jamais cru ! Voici la clef qui donne accès à ta chambre tu l’a bien mérité, quand au plat, tu l’aura avant de te coucher, sois en certain !
-Et pour ta meilleure cuvée ? Réclama le jeune homme en s’essuyant le front, espérant se faire offrir la boisson afin d’accompagner son repas.
-Personne ne s’est porté volontaire pour un second combat me semble t-il… Termina l’aubergiste avant de prendre la direction des escaliers pour retourner dans son établissement.

Quelques hommes, ami de Victor, virent auprès de lui inquiet de l’avoir vu ainsi recevoir des coups. Quelques uns le prirent par le bras afin de l’aider à se redresser. Orgueilleux et fier, Victor les repoussa dans un  grognement.  Il avait honte d’avoir perdu son titre de champion de la sorte, qui plus est devant un homme plus jeune que lui.

-Pour qui te prends-tu ! Hurla Victor en direction du « nouveau champion ». C’est moi le champion ici, et non pas un jeune gueux sortit de la brousse, insolent et hautain ! Viens te battre ! Je veux ma revanche.

Victor fut retenu par ses camarades tandis qu’il se prêtait à charger de nouveau celui qui venait de le battre.

-Laisse tomber Victor ! S’exclama l’un de ses ami en lui tendant un linge. Essuie toi veux-tu !

Victor s’essuya le nez et couvrit alors le tissu de son sang avant de faire demi-tour honteux et de disparaitre.  Celui qui fut son adversaire afficha un sourire satisfait discret tandis qu’il n’entendit pas Leyla s’approcher silencieusement vers lui.

-Joli combat. Lança-t-elle au jeune homme sans prendre la peine de se présenter.

Le jeune Isküvar détourna les yeux en direction de la voix.

- Je dois te remercier grâce à toi je repars bien plus riche que je ne l’ai jamais été !

Leyla sortit de la bourse qu’elle venait de dérober quelques Dari avant de le tendre au vainqueur.

-Tiens prends les ça te payera ton vin lors de ton repas. On à qu’à dire que c’est ton pourcentage sur les bénéfices fait ce soir !

Sans dire un mot supplémentaire, Leyla tourna les talons et prit la direction de l’escalier en colimaçon pour rejoindre l’auberge et remonter dans sa chambre.

- Ma bourse ! Ou est ma bourse ! Hurla d’effroi soudainement l’ancienne victime de Leyla qui venait à peine de se rendre compte du vol tandis qu’il s’était mit à quatre pattes afin de voir si elle n’était pas tombé.

***

Une fois revenu dans sa chambre, Leyla posa ses Dari sur le lit et prit soin de les compter. Elle en possédait en tout cinquante-quatre, une somme gargantuesque pour cette demoiselle autrefois sans un sous. Satisfaite de ses gains, elle ouvrit sa fenêtre afin de faire rentrer un peu de fraicheur. En effet la chaleur trop intense du feu l’étouffait et c’est sur le rebord de la fenêtre qu’elle s’assit dangereusement, dévisageant le paysage nocturne, couvert de neige.

Leyla n’aimait pas la neige, ce manteau blanc ne faisait que lui rappeler de mauvais souvenirs, le froid n’apportait que tristesse et mort à cette demoiselle qui se remémora ses actes meurtriers. Le froid ne faisait que faire ressortir la chaleur des cœurs encore battants des victimes qu’elle fut contraintes de faire.  La jeune femme soupira et ramena ses genoux près de son torse en les entourant de ses bras. Scrutant la lune, ronde et belle qui éclairait ce petit hameau qui l’avait pour un temps recueillit.

Quand soudain, quelques chuchotements suspects attirèrent son attention.

-On monte et on lui fait la peau ! S’excita soudainement une silhouette mystérieuse.
-Pas si fort !! Râla une seconde. On pourrait t’entendre.
-J’ai été humilié devant tous ! Jamais il ne sera à ma place, Je suis le champion ! Ou se trouve sa chambre ?  Que je m’occupe de son cas !
-Au second. Répondit une troisième voix. Montons discrètement.
-Je vais faire taire son arrogance une fois pour toute…

Le silence revint. Leyla devina qu’il s’agissait là de Victor désireux de prendre sa revanche, humilié. Elle hésita un moment devait-elle prévenir l’inconnu qui avait remporté le combat ? Non. Après tout chacun à ses soucis, Leyla n’avait rien à voir là dedans…

Elle soupira… Puis se leva d’un bon se sentant obligé d’aller prévenir le concerné. Maudite conscience, dans quels soucis allait-elle encore l’embarquer ?
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité


MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville   Mar 21 Jan - 0:22

Lentement, peu à peu, les langues se délièrent et le ton monta aux quatre coins de la foule. Oh ! Ce n'était certainement pour relever son défi, loin de là. Non, chacun essayaient de récupérer la somme qui lui était dû, ou tentait de prendre la poudre d'escampette sans demander son reste. Bien entendu, les sommes mises en jeu consacraient Victor, ironiquement victorieux, tant et si bien que les quelques personnes ayant eu l'audace de choisir le jeune blanc-bec sans furent la bourse ronde et tintillante d'une monnaie sonnante et trébuchante. Quand aux autres, ils crièrent à l'injustice et la trahison, s'invectivant de loin et la main sur le pommeau d'une dague dissimulée. En revanche, nul ne vain lui demander des comptes ou l'accusait d'un acte frauduleux, cela nul n'avait l'aplomb et le courage de s'y essayer. Orathor poussa un soupir de consternation et fendit la foule, sans qu'il n'ait à jouer des épaules car tous s'écartèrent avec une étonnante politesse. Ses chances de déguster un spiritueux de bonne qualité semblait s'être réduit à une peau de chagrin.

Un sceau d'une eau d'une fraicheur saisissante l'attendait près de ses effets personnels et il entrepris de sommaires ablutions, se débarrassant de la sueur qui maculait son corps et de la crasse qu'il avait accumulé lors de son voyage. L'eau commença à se troubler et son corps et son visage retrouvèrent un aspect quelques peu plus présentable. Inspectant sa peau avec intérêt et palpant son corps, il constata que l'autre énergumène lui avait infligé quelques contusions qui lui arrachèrent une grimace de douleur à leur contact. Il était toujours bon d'endurcir son corps, c'est une leçon que lui tint son père bien des années plus tôt et c'est ce qu'il avait entrepris de lui faire assimiler par la pratique de longues heures. A ce souvenir cuisant, il se dit avec philosophie que les coups de ce rustre au système cognitif amoindris n'était qu'une banale formalité.

S'emparant d'une outre d'eau qui l'attendait, il but goulument et ne redressa la tête que lorsque la dernière goutte vint rejoindre les précédentes. S'est alors que le tenancier s'approcha de lui et lui tint ce langage.

"Par ma barbe !" S’exclama-t-il impressionné. "Si l’on m’avait dit qu’un jour Victor se ferait écraser par un jeune blanc bec, je ne l’aurais jamais cru ! Voici la clef qui donne accès à ta chambre, tu l’as bien mérité.  Quand au plat, tu l’aura avant de te coucher, sois en certain !"
"Et pour ta meilleure cuvée ?" Demanda-t-il avec un vain espoir et d'un ton concupiscent.
"Personne ne s’est porté volontaire pour un second combat me semble t-il…" Refusa en toute logique patronale et commerciale le tenancier, avant de se retourner à ses affaires au rez-de-chaussée.

Un rire amusé fusa de sa gorge et il fouilla dans son sac à la recherche d'une chemise propre qu'il enfila avec gratitude, appréciant la fraicheur du tissu, bien que quelques peu rugueux, sur sa peau mise à rude épreuve. Comme il fallait s'y attendre, une voix nasillarde retentit derrière lui, déversant son fiel et tentant vainement de soigner un amour propre tuméfié. L'effet en était des plus grotesque alors que sa fosse nasale totalement chamboulée, produisait un son des plus burlesque, tant et si bien que l'on se serait cru assister à une pièce de théâtre de bas étage, incarnait par des pseudos artistes sans la moindre once de talent. Comme il fallait s'y attendre, ses comparses le retinrent e ce dernier simula de ne pouvoir les en empêcher, préférant justifier sa retraite sur ce compte là avant de se mêler à la foule qui regagnait la chaleur de la pièce à vivre. Pitoyable personnage, se dit le jeune guerrier alors qu'un sourire mutin se faufilait sur ses lèvres.

"Joli combat."

C'est ainsi qu'estima la prestation du jeune homme, une voix mélodieuse et envoutante, à cent lieux de celles de son adversaire meurtri. Orathor se tourna vers la source de cette dernière et tomba sur une jeune femme de son âge, un peu plus petite que lui, au visage des plus agréable que quelques mèches de cheveux négligemment laissés, venaient dissimuler.  Mais il ne put en détailler rien de plus, qu'il fut prisonnier de son regard perçant. Il lui sembla qu'elle venait de percer à jour sa personnalité, observant et jugeant le moindre de ses faits et gestes, d'une déstabilisante manière comme s'il anticipait la moindre réaction belliqueuse et était prête à s'y opposer. Les yeux d'une proie blessée et acculée, farouche, prête à emporter avec elle dans l'au-delà son prédateur. Cela le laissa quelques peu pantois et la gorge nouée. D'ailleurs, il n'entendit pas ce qu'elle ajouta, mais il se retrouva bien vite avec une poignée de Daris dans la main qu'il tint à bout de bras alors qu'elle s'en retournait comme elle était arrivée. L'envoutement rompu au moment ou ses yeux se détournaient, ils se posèrent cette fois sur son corps, digne du travail des plus grands maitres-artisans et plus particulièrement sur ses hanches et son...

"Ma bourse ! Où est ma bourse ?!"

Orathor reprit ses esprits et s'infligea une violente claque, se disant qu'assurément, s'il elle l'avait surpris dans ses égarements, la jeune femme dont il ne connaissait point le nom il réalisa en cet instant, aurait eu tôt fait de refroidir ses ardeurs d'une manière dont il ne préférait pas même imaginer...


***


Le jeune Isküvar mangeait avec appétit, sa cuillère faisant un va et vient incessant entre son auge et sa bouche, assouvissant un appétit ténu. Il n'avait cure des convenances, d'ailleurs les clients encore présents qui discouraient sur les événements récents ou encore le terrible combat qui avait eu lieu ce soir, l'ignoraient ostensiblement, comme s'il n'avait pas même existé. Peu lui importait que quelques nobliaux, une poignée de fermiers et de manœuvres ou encore l'officier de la maréchaussée engoncé dans sa tenue trop étroite pour son abdomen surdimensionné, lui fasse la conversation avec concupiscence. Bientôt, du mois l'espérait il, il serait l'un des personnages les plus influents et respectés de ce royaume. De qu'elle manière ? Qu'importe, tous les moyens sont bons, afin de parvenir à ce que l'on désire...

Il déchira un morceau de pain rance et sec, mâchonnant avec vigueur et laissant la salive le ramollir avant de l'ingurgiter avec difficulté. Orathor but une gorgée de vin afin de faire passer le tout. Ce dernier au bouquet fleuri et aux arômes fruités était des plus agréable et sa robe était des plus délicate. Il plongea son regard dans son verre, faisant tournoyer le liquide rougeoyant et ses pensées se tournèrent vers la personne sans qui il ne pourrait avoir le plaisir de déguster ce dernier : cette belle et intrigante inconnue. Il était frustré, frustré de l'avoir laissé s'échapper, de ne pas l'avoir retenu, d'être resté prostré comme un parfait benêt. Pourquoi lui avait-elle laissé ces quelques Daris. Rien ne l'y obligeait après tout, elle avait misé sur lui en tout état de cause, et ne lui était redevable de rien. Et elle était repartie sans qu'il n'ait même pu la remercier de sa bonté. Était-ce donc cela, une simple gentillesse ? Se pourrait-il que se fut de la pitié ? A cette idée, il en grinça des dents et n'y tint plus. Terminant son repas avec diligence, il ramena l'écuelle, ses couverts et son verre de vin au comptoir. Le tenancier était encore entrain de briquer son poste de travail, à croire que se fut la seule activité de sa journée. Il pouvait briller son comptoir.

"Dites moi aubergiste. Il y avait une jeune femme au sous-sol tout à l'heure. Elle ne peut vous avoir échappé, vous qui devais être physionomiste. C'était de plus, la seule femme présente. La connaissez-vous ? Savez-vous ou elle réside ?"  

Son interlocuteur le détailla avec méfiance et souffla dans ses moustaches, avant d'agiter la tête en signe de négation.

"Désolé p'tit gars, mais je suis comme qui dirait, tenu au secret professionnel. Si tu permet maintenant, j'ai à faire."

Orathor serra des poings, et souffla par le nez avec colère. Ce maudit sac de viande savait pertinemment ou elle se trouvait et il prenait cet air pompeux et suffisant qui le révulsait tant. Sa seule chance de la revoir s'évanouissait tel les chances de voir cet officier de la maréchaussée courir après un aigrefin ou autre crapule. Reprenant la maitrise de lui-même bien que tant bien que mal alors que le tenancier le dévisageait d'un regard torve.

"Je comprends votre position. Le repas était délicieux et le vin des plus capiteux. C'est pourquoi je vous laisse à vos... Votre besogne et m'en vais rejoindre les bras de Morphée."

Ignorant sa réponse, si réponse il y eut, et s'en retourna dans sa chambre qu'il avait investi quelques temps plus tôt et rangea ses maigres possessions, prêt à quitter les lieux dès l'aurore. Il ne lui fallait que bien peu de temps pour s'assoupir, dormant d'un sommeil sans rêves, épuisé qu'il était.


***


Des coups lointains et réguliers, presque timides. Puis les ténèbres.
Des coups vigoureux et impatients. Puis les ténèbres.
Des tambourinements puissants et excédés. Orathor se leva en sursaut et poussa un grognement mécontent, jetant un coup d'œil par la fenêtre. La lune, désormais visible, n'avait que peu bougé depuis qu'il s'était couché. Il s'approcha de la porte, rajustant sa chemise et ignorant ses bottes crottées et ouvrit la porte à la volée, prêt à tancer vertement l'incongru... Puis il fut repoussé dans la chambre d'une main ferme, avant que la porte ne se referme.

La jeune femme se tenait face à lui, sur le qui-vive, l'oreille à l'affût et ne lui laissa pas même le temps de tergiverser, pas même le temps de s'imaginait les raisons de sa venue. A dire vrai, son humeur s'était quelque peu radoucie.

"Tu ne dois pas rester là ! Part, pendant qu'il en est encore temps. Passe par cette fenêtre, ils seront là d'un instant à l'autre."

Orathor la contempla avec incompréhension. Mais de quoi parlait-elle ? Et puis, qui pouvait bien lui en vouloir ? Comment avait-elle eu ces informations ?

"Mais de quoi parles-tu ? Et puis d'abord, je ne connais pas même ton nom. Comment as-tu su ou se trouvait ma chambre ? Pourquoi m'as-tu laissé cet argent tout à l'heure ?! C'était le tient après tout, je ne t'ais rien demandé !"

La gifle résonna dans le silence de la pièce contigüe que seul le feu ronflant de l'âtre venait perturber.

"Je vois que tu déblatères autant que tu ne donne de coups. Tu me pardonneras de ne pas rentrer dans les détails devant l'urgence de la situation mais le butor que tu as allongé tout à l'heure semble avoir deux mots à te dire et il a décidé d'inviter du monde à assister à la revanche. Je parierais tout ce que tu m'as fait gagner qu'ils ne resteront pas simple spectateur..."
"Combien as-tu misé sur moi ?" Demanda alors contre toute attente le jeune homme dont la joue rougeoyait.
"Comment ?" Répondit la jeune femme, incrédule.
"Combien as-tu misé sur moi face au golgothe de tout à l'heure ?!" Lança-t-il avec agacement.
"Je ne sais plus, peut-être dix Daris ! Mais là n'est pas la question. Tu..." S'emporta la jeune femme.
"Dix Daris ?! Est-ce tout ce que je vaut ?! Dix Daris ?! C'est le prix d'une poule famélique sur le marché, dix Daris !"

Le jeune homme saisit la jeune femme, estomaquée devant l'exagération de sa réaction, et arracha à moitié la porte de ses gonds, emportant la jeune femme contre son gré alors qu'il grommelait dans sa barbe naissante des propos, justement, hors de propos : "Je m'en vais te montrer moi si je vaux dix Daris !" C'est alors qu'il tomba nez à nez avec quatre hommes armés de triques ou autre matraques, en file indienne, marchant à pas feutré, un sourire carnassier sur le visage. Ils semblèrent tout autant surpris qu'Orathor, de tomber nez à nez avec l'objet de leur venu, mais ils retrouvèrent bien vite leur aplomb et le premier se jeta sur le jeune guerrier qui avançait déjà, faisant rouler ses épaules musclées et craquer sa nuque ensommeillée. Le couloir, étriqué, était un lieux idéal pour affronter les parjures. Un par un, il leur ferait regretter d'avoir osé le défier, et ferait monter le prix de sa cote à des sommes exorbitantes.

La badine siffla à un cheveux de sa tête alors qu'il s'accroupissait et accompagna avec sa hanche un terrible uppercut dans les côtes de son adversaire dans un craquement assourdissant. Plaquant violemment ce dernier contre la paroi, il projeta son poing sans la moindre finesse dans la tempe de son adversaire qui s'effondra, inconscient. Soudain, alors qu'il se tournait vers son second adversaire, ce dernier n'eut pas temps de bienséance, et la matraque le projeta contre le mur, un vrombissement assourdissant résonnant dans ses tempes et un liquide joie embrouillant sa vision. Des rires goguenards et des cris fusèrent, distants, alors qu'il tentait de reprendre pied. C'est alors que le pied de son adversaire lui défonça le torse, mais il tint bon et se saisit de son pied. Ahuri par la vivacité et la résistance de son adversaire, le coquin fut le spectateur impuissant de sa fin. Broyant son genoux de son coude, l'homme s'écrasa au sol en braya comme un dément et se tut lorsque le talon du jeune homme lui encastra le visage dans le sol.

Titubant et franchissant ses adversaires, Orathor se frotta l'œil. Un sang poisseux et intarissable coulait le long de son visage. Il devait mettre un terme à ce combat dès maintenant. Victor se tenait face à lui, halluciné par la fureur de ce jeune blanc-bec. Crachant un mollard repoussant il se jeta sur lui, lame au clair. Cette dernière traça un sillon cuisant sur son épaule alors qu'il saisit le bras armé du golgothe et le projeta au sol, s'emparant de sa propre force. Accompagnant l'ancien champion dans sa chute, il s'écrasa de tout son poids contre lui. Ne lui laissant pas même le temps de réaliser la situation, il broya son plexus solaire de son coude et s'acharna un court instant sur son visage, le martelant sans répit. Se relevant tant bien que mal et contemplant son œuvre avec satisfaction, il dévisagea enfin son ultime adversaire. A bout de force, il se savait incapable de sans défaire. Le tenancier, son gros gras et flasque, ses bras boudiné, tenant fermement un hachoir à la propreté douteuse. Taper dans cet être difforme avec les forces qui lui restaient se résumeraient à s'acharner sur une carcasse morte. Se jetant dans un dernière effort à corps perdu, il saisit le tenancier par les cuisses et l'arracha du sol d'un coup d'épaule. La balustrade n'y tint pas et vola en éclat. Ils chutèrent d'interminables secondes avant de s'écraser effroyablement sur une table de la pièce à vivre. Orathor roula sur le côté, à demi inconscient, un sourire satisfait dansant sur ses lèvres.

La pointe froide d'une épée effleura sa gorge. L'officier de la maréchaussée se dressait de toute sa corpulence au dessus de lui, furibond et une voix éclata.

"C'est elle là haut ! C'est son acolyte ! Et cette putain m'a arnaqué sans la moindre vergogne !"
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité


MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville   Mar 21 Jan - 12:32

C’est sans aucune politesse, ni délicatesse que le jeune homme tenait fermement la jeune femme par le poignet afin de l’extirper de la chambre.  Froissé dans son estime, voilà que le jeune combattant impulsif voulait une nouvelle fois prouver sa valeur.

-Je m’en vais te monter moi si je vaux dix Daris ! Grommela-t-il vexé.

Alors que Leyla ne pu que suivre le mouvement de son interlocuteur, voilà que les ennemis du jeune Isküvar se tenaient là, dans le couloir. Une incompréhension générale suspendit le temps, alors que tous se regardèrent dans le blanc des yeux…

Le jeune homme relâcha doucement le poignet de celle qu’il maintenait presque prisonnière tandis que le temps reprit brusquement son court. Le combat commença aussi violemment que Leyla l’aurait imaginé, elle recula donc, non désireuse de faire partit de se combat qui n’était pas le sien.

*Ce type est fou !* Pensa alors la jeune Leyla qui savait le combat bien trop inégal.

Le passage bloqué par les hommes enragés, la jeune femme ne pouvait pas s’éclipser, dans le cas contraire, il était certain qu’elle se serait envolé tels un écran de fumée. Le jeune homme avec lequel elle se voyait contrainte de rester avait bien commencé le combat, et à son étonnement, il réussit à en mettre plus d’un à terre, pourtant désarmé contrairement à ses colosses ennemis.

Réveillés par les cris bestial des assaillants et le bruit des armes qui causaient des trous dans les murs du bâtiment, de nombreux clients de l’auberge furent extirpés de leur sommeil brutalement et sortir la tête de leur chambre curieux de voir ce qui s’y déroulait avant de refermer brutalement leur porte à clef, de peur qu’ils n’y pénètrent et saccage l’intérieur, voir même ne les blessent dans leur élan d’agressivité.

Voilà que pour la seconde fois, Victor avait été mit à terre par celui qui était devenu son rival. Fortement blessé, le jeune homme se délectait de la vision du golgothe à terre, vaincu. Mais c’est alors qu’à la plus grande surprise de Leyla, le tenancier s’élança armé d’une hache. Pourquoi cet homme c’était rejoint au groupe d’attaquant ? La défaite de Victor l’avait-elle atteinte ses affaires? Victor lui avait-il promis une quelconque récompense financière pour son soutient ? Quoi qu’il en soit son apparition surprit Leyla qui un léger moment resta pantois. Alors que les deux ennemis fendaient l’un sur l’autre, le jeune « nouveau champion » réussit  à bousculer à coup d’épaule le tenancier et passa par-dessus la rambarde de bois avec son ennemi.
Les deux hommes firent une chute de deux étages avant de s’écraser lourdement l’un sur l’autre dans le fracas d’une table qui se brisa sous leur poids.

Curieuse et presque inquiète de savoir le dénouement du combat, Leyla couru et se pencha au dessus de la balustrade donc un trou béant donnait maintenant sur le vide. Elle y vit le jeune homme qu’elle venait à peine de rencontrer rouler sur le coté, conscient et bien que sérieusement amoché afficher un sourire, presque ravie de ce combat.
Leyla secoua légèrement la tête de manière négative en soupirant, voilà que le jeune homme éprouvait de la fierté et du plaisir alors qu’il avait frôlé la mort.

Un homme réussit à entrer dans l’auberge en toute discrétion, et voici qu’il menaçait désormais le jeune Orathor caressant de son épée tranchante, le cou du jeune homme. Le tenancier se redressa difficilement et s’écarta, laissant l’homme de la maréchaussée faire ce pour quoi il était venu.
-C'est elle là haut ! C'est son acolyte ! Et cette putain m'a arnaqué sans la moindre vergogne ! Lança l’homme armé et vêtue d’un uniforme.
-Hein ? Ne put que s’exclamer Leyla qui se retrouvait maintenant accusée.

L’incompréhension s’empara alors de Leyla, comment aurait-elle pu arnaquer un homme de la maréchaussée ? Etait-il l’homme qu’elle aurait dépourvu de sa bourse quelques heures plus tôt ? Elle ne pouvait pas le dire, c’est à la bourse que Leyla avait prêté son attention, non pas au visage de son propriétaire. Elle recula de quelques pas tandis que d’autres hommes en uniforme surgissaient alors à son niveau. Sortant des chambres d’autres occupants, ils semblaient être organisés et s’étaient prit la peine d’arriver par derrière, suûrement avaient-ils escaladé l’arrière de l’auberge pour empêcher toute fuite et ainsi bloquer l’objet de leur venue.

Dégainant leurs épées, les hommes s’avançaient désormais d’un pas lent vers Leyla. La jeune femme voulu rejoindre l’escalier afin de tenter de s’échapper, mais voici que celui-ci se trouva déjà bloquée par deux hommes qui venaient de monter les étages. Un officier s’élança sauvagement sur la demoiselle en brandissant son arme tranchante. Esquivant alors la lame de son agresseur, Leyla se saisit de sa main armée avant de la lui tordre avec brutalité. Celui-ci dans un cri de douleur lâcha son arme qu’il laissa en possession de la jeune femme. D’un revers de la main et du bout de l’épée, elle créa un sillon profond sur le torse de celui qui lui faisait face avant de le pousser dans le vide d’un coup d’épaule.
L’homme déjà mortellement blessé, s’écrasa lourdement sur le sol au pied du jeune Isküvar maintenant enchaîné, brisant sa nuque dans un craquement effroyable.

Leyla lâcha l’épée qui tomba au sol bruyamment et n’hésita pas un seul instant à prendre son élan et à sauter de tout son long par la balustrade cassée. Elle tendit ses bras dans l’espoir d’atteindre le lustre de bois qui depuis le second étage où elle se trouvait était accessible. Trônant au centre de l’auberge, les flammes des bougies s’éteignirent quand la jeune femme provoqua un effet de balancier.

Lorsque le lustre eu atteint son plus haut point, et que Leyla eu le temps de se retrouver sur elle-même par un jeu de main habile, c’est dans la logique des lois physiques que le lustre, pencha alors dans le sens inverse, se rapprochant de nouveau des balustrades des différents niveaux. Elle lâcha prise à un moment précis, laissant alors son corps tomber afin d’arriver dans le couloir du premier étage, lui vide. Incrédules, les hommes désormais seuls se penchaient depuis le deuxième étage, espérant apercevoir ce qu’était devenu leur cible.

-Mais qu’est-ce que vous attendez bande d’incapable !! Attrapez-moi cette vermine ! Pesta l’homme qui maintenait fermement  le jeune Isküvar, qui plus d’une fois, avait tenté de se débattre.

Les hommes descendirent les escaliers en trombe, tandis que Leyla était rentré avec violence dans sa chambre et avait remit avec rapidité son carquois et son arc dans son dos. Elle ouvrit la fenêtre et passa une jambe à travers elle avant de trouver appui et d’escalader avec l’agilité d’un chat sauvage le mur irrégulier de l’auberge.

Leyla finit par atteindre le toit du bâtiment s’apercevant que ses assaillants la pourchassaient toujours, même dans ses ascensions.

-Elle est dehors Capitaine ! Hurla l’un à l’officier resté en bas auprès d’Orathor.

Le capitaine en question, traina son prisonnier à l’extérieur, l’exposant au froid soudain de l’hiver qui frappait le pays, afin de suivre les événements depuis le sol. Voici que Leyla commençait à courir sur la pente ardue du toit pointu toujours poursuivit par plusieurs hommes déterminés. Arrivée au sommet, positionnée sur l’arrête centrale du toit elle dégaina son arc qu’elle arma et banda avant de lâcher sa flèche sans aucun pitié. La pointe de fer vint se planter en pleine tête de celui qui la coursait de prêt. Le corps de sa victime bascula en arrière et glissa sur le toit, laissant la trace de son corps sur la neige. Son corps inerte, mais alors en mouvement, fit tomber l’un de ses camarade lors de sa glissade. Les hommes tombèrent depuis le toit avant d’atterrir lourdement dans la neige épaisse.

Leyla se laissa glisser sur la seconde partie du toit, laissant le froid de la neige irriter sa peau. Lorsque ses pieds rentrèrent en contact avec la gouttière de métal, la jeune femme prit appui sur ses jambes et s’élança afin d’atteindre la maison voisine. Mais lorsque son pied atterrit sur le toit voisin, celui-ci s’enfonça brusquement. Caché par la neige, seul des branchages et de la paille formait le toit de cette maisonnette.  Le corps de Leyla s’écroula alors brusquement lorsque la partie du toit sur lequel elle était s’effondra. Un cri strident retendit et raisonna dans le village, l’occupante de la maison fut réveillée par le bouquant de l’effondrement, apeurée.

-Au secours !!! Hurla-t-elle pensant à une attaque et en apercevant une silhouette armée chez elle.

Leyla se redressa péniblement, la chute avait été haute et plusieurs petites poutres s’étaient décrochées, blessant la demoiselle. Sans perdre de temps elle se pressa de sortir de la maison en ouvrant brusquement la fine porte d’entrée. Voilà maintenant qu’elle tentait de traverser la place en courant. Rapidement la jeune femme tomba dans une embuscade, des renforts avait été prévu et ceux-ci avaient patiemment attendu non loin de là, un quelconque débordement de situation. Elle tenta de s’échapper par les cotés, mais voici que les ruelles voisines étaient déjà occupées, menacés par de nombreuses épées, de lances et de flèches. La jeune femme n’eu pas d’autres choix que de se rendre. Elle garda la tête haute lorsque deux hommes virent s’emparer violement de ses deux bras. La pression qu’exerçaient ses hommes sur ses membres lui faisait mal, mais elle ne transcrit rien. Et c’est avec la pointe d’une épée dans son dos qu’elle fut forcée d’avancer auprès du capitaine et de l’aubergiste toujours à porté de vue, non loin de là.

Une fois arrivé, l’un des hommes frappa avec le bois de sa lance l’arrière des genoux de Leyla les faisant ainsi se plier afin de mettre la jeune demoiselle à terre dans la neige. C'est d'un regard haineux qu'elle défia le capitaine de la maréchaussée.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité


MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville   Sam 25 Jan - 0:03

Orathor tenta de se redresser, alors que l'énergumène insulté la jeune femme qu'il se souvint alors, avoir abandonné au milieu des corps inanimés de ses adversaires, mais en vain. Comment osait-il l'insultait impunément de la sorte ? Qu'avait-elle donc bien pu faire pour s'attirer l'ire de ce dernier ? Devant son manque d'obéissance, l'officier au langage fleuris et à la galanterie légendaire lui écrasa de son pied, la poitrine le maintenant cloué au sol, et lui faisant expirer tout l'air de ses poumons. Son geôlier se tenait devant lui, et sa corpulence massive l'empêchait d'observer la scène, lui offrant en contrepartie un spectacle des plus désagréables. Néanmoins, il conservait l'ouï, et écouta la suite des événements.

Bien vite des pas résonnèrent dans tous l'auberge, lançaient dans une course effrénée et se répercutant aussi bien dans la salle qu'au premier étage, la ou il se trouvait quelques instants plus tôt. Il avisa néanmoins deux gardes passait l'entrée de l'auberge, manquant d'arracher les portes de leurs gonds et grimper quatre à quatre les marches de l'escalier avant que le massif postérieur de l'officier s'impose à lui. Des bruits de lutte ne tardèrent pas à éclater plus haut, des jurons consternés et des vociférations de rage. Le temps sembla se suspendre, la foule massée et avide de ragot contemplant la scène et entonnant un cri d'étonnement mélangé d'effroi. C'est alors qu'un craquement écœurant retenti, laissant les spectateurs médusés. L'officier relâcha un court instant son étreinte, et le jeune homme en profita pour rouler sur le côté et se relever. Epuisé par son combat, ses gestes étaient lents et lourds, tant et si bien que l'officier le saisit par le collet sans coup férir et le projeta au sol. Aboyant contre ses hommes et les adjurant d'amener cette maudite voleuse à ses pieds, il passa sa frustration sur son prisonnier, le rouant de coups. La lumière vacilla alors dans le lieux et il tourna son regard vers les hauteurs alors qu'à nouveau, la foule était parcourue d'un murmure abasourdie. Brusquement la lumière disparue et l'obscurité s'empara des lieux. Les gardes se ruèrent à la poursuite de la jeune femme alors que l'officier, ulcéré par la tournure des événements, invectivait ses hommes à s'en rompre les cordes vocales.

Les portes volèrent à nouveau et un garde attira l'attention de l'officier quand à la position de la fugitive. Ce dernier arracha le jeune homme du sol et le poussa sans ménagement vers l'avant, le tenaillant de la pointe de son épée dans les côtes. Le jeune homme grommela et serra les poings, alors que ses pieds s'enfonçaient dans la neige mordante et gelée. Le vent l'assailli également, se faufilant entre ses vêtements et lui susurrant à l'oreille la promesse d'une mort lente et lancinante. Son corps, fourbu par le combat, gémissait de souffrance, ses bras et ses épaules cuisantes. S'écartant de la façade, ils suivirent l'ascension de la jeune femme vers le faitage de l'auberge. Elle avait récupéré son carquois et ses flèches et se déplaçait avec une aisance qui ne le surprirent guère. Quand enfin elle atteint son but, elle se tourna vers ses poursuivants et sans le moindre remord ni la moindre hésitation, décocha une flèche qui tua son destinataire sur le coup et emporta dans sa chute un second qui hurla avant de se taire à jamais dans un craquement audible et guère enviable.

Des soldats ne tardèrent pas à les rejoindre, un ensemble hétéroclite de soudards et autre piliers de taverne au visage peu avenant et à la barbe grisonnante, que l'on avait attifé d'une cotte de maille, d'un casque à protection nasale et arborant l'emblème du village sur le tabard qui couvrait leur poitrine. Armés de lances, épées ou autre objets tranchants dont il semblait être avide de faire usage, ils s'assemblèrent autour de leur officier dans un semblant d'organisation, jouant de l'épaule pour pouvoir écouter les directives de leur chef. Ce dernier ne sembla guère s'en offusquer et les envoya aux quatre coins dans l'auberge, à grand renfort de gestes colériques et postillons ragoutants.

Tout à coup, non loin de là, un craquement retenti et des hurlements horrifiés leurs parvinrent de manière étouffé. Il ne fallut que bien peu de temps, avant que la soldatesque ne revint, escortant sans ménagement la jeune femme quelque peu amoché par ses péripéties et surement par le zèle des membres de cette joyeuse compagnie qui constituait son escorte. Ils l'a conduire à ses côtés et d'un violent coup de hampe dans le creux des genoux, lui firent ployer l'échine. Satisfait et rassérénait, l'officier s'avança alors vers la jeune femme, son visage bouffi et grotesque affichant un sourire sardonique et satisfait, et son regard pétillait d'une joie malsaine. La fugitive le fusilla du regard, les poings serrés et une larme vexée perlant au coin de ses yeux. L'officier de la Maréchaussée lui asséna une violente torgnole projetant sa tête en arrière dans un cri étouffé. Orathor poussa un rugissement écœuré mais les gardes le molestèrent et il s'écrasa au sol, pantois, n'ayant même plus la force de se plaindre de cette maudite neige qui engourdissait tout son corps. L'officier saisit alors la mâchoire de la jeune femme d'une main ferme et lui souffla son haleine pestilentielle au visage.

"Tu croyais pouvoir te jouer de moi aussi aisément ?! Tu croyais réellement que j'allais laisser une sauvageonne me détrousser et lui accorder ma bénédiction ?! Laisse moi te dire une chose pauvre sotte, ton corps pendra, flasque et sans vie, au bout d'une corde demain aux premières lueurs du jour et la dernière nuit que tu vas passer en ce bas monde, c'est en la charmante compagnie de mes hommes et de moi même. Une nuit... Inoubliable !"

Les rires gras et goguenards de cette farce de milice, résonnèrent tel le glas à ses oreilles. Sa peau frissonna. Était-ce le froid ? Il ne le pensait pas, et il n'avait même plus la force de s'insurger alors que tout son être l'exhortait de se lever et de les tuer sans autre forme de procès. Mais contre toute attente, une voix intima le silence et les gardes s'écartèrent laissant apparaitre un homme famélique au crâne dégarni et au visage émacié, qu'une canne noueuse empêchait de rejoindre le sol, et encadré par deux hommes de main aux épaules et au torse colossal.

"Il suffit Véroll ! Ces jeunes gens seront présentés devant l'assemblée du village et soumis au jugement de notre homme de Loi. Nous ne sommes pas de ces barbares qui peuplent ce coupe gorge d'Aetarh ! Nous respectons des lois et des coutumes et j'entends bien qu'elles soient appliqués au pied de la lettre. N'oubliez pas à qui vous devez votre poste..."

Le bourgmestre, car il ne pouvait en être autrement, intima à l'officier, le visage rougeoyant de honte, de s'écarter. Il contempla les deux jeunes gens d'un air dégouté et continua.

"Qu'on leur offre un dernier soupé, une couverture et qu'ils soient un tant soit peu présentable pour l'audience de demain. Que j'apprenne que vous ayez outrepassé mes ordres Véroll, que je l'apprenne..."

Sur cette promesse, il s'en retourna, toujours encadré de ses sentinelles silencieuses. Véroll se tourna vers les deux prisonniers, le regard meurtrier et cracha.

"Vous ne perdez rien pour attendre... Conduisez les aux geôles !"


***


Ils furent alors jetés comme des mal propre dans une cellule étroite et capitonné. Un garde disposa une lanterne sur le sol, une boite de simple facture, un récipient d'eau ainsi qu'un linge et lâcha avec nonchalance leur écuelle de nourriture, déversant la plus part du contenu au sol. Leur adressant un dernier regard plein d'aversion, il referma la porte, faisant coulisser le loquet de fermeture. Ses pas résonnèrent encore quelques instants avant que le silence ne reprenne ses droits.

Orathor rampa vers le mur, le visage grimaçant, et s'adossa à ce dernier. La jeune femme était prostré. Dans l'exiguïté de la cellule, il lui suffisait de tendre le bras pour la toucher, mais à peine eut il effleuré la peau que cette dernière s'écarta farouchement, le regard pétillant d'animosité.

"Je suis désolé... Je t'avais bien di que je valais bien plus que dix daris. En revanche, tu as explosé les compteurs avec ta prestation aérienne et mortelle !"

Ses yeux exprimèrent alors une consternation et une surprise non feinte, teinté d'amusement. Mais elle demeura silencieuse. Bien décidé à détendre son beau visage et à voir enfin un sourire effleurer ses lèvres, il poursuivit.

"Auquel cas cela t'intéresserait, je me prénomme Orathor, fils du morne et droit Ignoss Isküvar et de la bienveillante et maternelle Esolia Isküvar. Ravi de faire ta connaissance. J'aurai bien d'autre banalité en réserve, mais je ne m'en sens pas la force."

Son regard se radoucit et son visage se détendit, alors qu'elle ouvrait la boite se tenant auprès de la lampe. S'emparant de fils et d'une aiguille, à la lumière de la lame elle prépara l'outil et fit chauffer l'aiguille au-dessus de la flamme, avant de la plonger dans l'alcool et de s'approcher de lui.

"Leyla. Tu n'as pas besoin d'en savoir plus. L'épaule ou l'arcade."

Orathor déglutit, et se gratta le coin de la tête. Elle soupira d'abattement et posa l'appareil sur la boite, avant de saisir la bouteille d'alcool et d'en verser sur la plaie à l'arcade du jeune homme, lui arrachant un cri de stupeur et de douleur.

"Que vous pouvez être douillés ! Ils t'ont roué de coup comme un vulgaire sac de viande et tu n'as presque pas bronché et là tu te dandines comme une vierge effarouchée. Tsss !"

Elle approcha l'aiguille de la plaie, le foudroyant du regard et lui intimant de se taire. Ce qu'il fit, docile. Elle travailla avec minutie, silencieuse, le fil passant et repassant, soudant les bords des plaies. Il pouvait maintenant contempler la jeune femme à loisir. Sa peau était désormais maculée de crasse, mais laissait deviner une peau blanche et dénué de défauts. Un nez fin, l'ovale de son visage et ses mèches de cheveux qui venait voiler son visage, semblant ne pas la gêner. Une protection ? Soudain, elle le piqua sans la moindre aménité.

"Ne me dévisage pas de la sorte. Es-tu toujours aussi volubile ? Tes parents ne t'ont jamais dit de ne pas avoir peur du silence ? Retire ta chemise, je dois recoudre le sillon sur ton épaule."

Le jeune homme rit, mais les poings de suture le rappelèrent à l'ordre, et il s'exécuta sans se faire prier, retirant sa chemise maculée de sang. Elle s'approcha de son épaule et de nouveau continua sa besogne.

"Ma mère m'a toujours appris à faire entendre mon opinion et ne jamais me soumettre à la tyrannie et à l'oppression. Quand à mon père, eh bien tu te serais entendu comme larron en foire avec lui..."

Devant son insolence, elle fit mine de se rater et le piqua de nouveau, lui arrachant un cri de surprise.

"Que suis-je maladroite... Voilà, c'est terminé. La dernière fois que j'ai fait cela, c'était pour recoudre un manteau. La carne était aussi rêche et malodorante cela dit en passant..."
"Serais-tu capable de faire de l'humour ? Je suis surpris..."

La jeune femme le fusilla du regard de nouveau, alors qu'elle rangeait et nettoyait les ustensiles. Le jeune homme lui saisit alors la mâchoire avec douceur, faisant fi de sa douleur aux côtes et humidifia le linge humide. Sa compagne de cellule eut un brusque mouvement de recul, son regard se durcissant à nouveau mais il l'a retint et la cloua sur place de son regard.

"Cesse de te débattre ainsi ! Prouve moi que les femmes ne sont pas aussi douillettes que nous autres hommes. Et de toute façon, tu te dois d'être présentable pour l'audience de demain."

Orathor commença à tapoter la lèvre tuméfiée de la jeune femme avec attention avant de poursuivre d'une voix plus mesuré.


"Pourquoi es-tu si dur et intransigeante ? Que t'est-il arrivé pour que tu te fermes ainsi au monde extérieur ?"

Le jeune homme suspendit alors son geste et baissa les yeux, contris.

"Pardonne moi, je n'aurai pas dû émettre un jugement si hâtif."

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité


MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville   Sam 25 Jan - 20:04

Leyla eu des reflexes brutaux, tandis que son compagnon de cellule ne voulait que lui renvoyer la pareille et apporter un peu de réconfort en ce moment difficile. Elle se laissa finalement faire, le jeune homme nettoya les sillons causés par le rouge du sang de la jeune femme qui séchaient sur son visage.

-Pourquoi es-tu si dur et intransigeante ? Que t’est-il arrivé pour que tu te fermes ainsi au monde extérieur ?

Leyla redressa alors les yeux, à la fois surprise par sa demande et touchée à vif, avant de les baisser longuement, comme hésitant à se dévoiler. Elle aurait aimé parler de ses problèmes, cela n'aurait pu que la soulager, mais la carapace qu'elle s'était forgée était encore trop épaisse, lourde de ces expériences passées. Le jeune Orathor suspendit alors son geste avant de baisser son regard à son tour.

-Pardonne moi je n'aurai pas du emmètre un jugement si hâtif.
-Ce n'est rien... après tout, ta description est juste... Avoua la jeune femme en détournant le regard.

Le jeune homme reposa le bout de tissus sur le sol, aux cotés de l'écuelle d'eau propre. Leyla se releva avec lenteur avant d'agripper les barreaux froids de la cellule de ces deux mains et d'approcher son visage afin de tenter de voir quelque chose. Mais la seule chose qu'elle pu distinguer ne fut que les autres prisonniers enfermés qui posaient des regards curieux et amusés sur les nouveaux arrivants.

Des bruits de chaines et des hurlements de douleur brisèrent le lourd silence qu'il régnait dans cette prison humide aux parois gelées. Des supplices raisonnèrent longuement sans pouvoir réellement déterminer leur provenance. Il fut aisé de deviner qu'une séance de torture venait de débuter, et malgré les aveux crachés par le prisonnier, les coups infligés ne semblaient pas cesser. Cette ambiance ne rassura pas les deux jeunes gens qui venaient d'arriver, si bien qu'ils échangèrent un regard, priant que leur tour ne vienne jamais.

-Tu ne trouves pas ça étrange... Commença soudainement Leyla sortant alors brusquement de ces pensées.
-Nous sommes dans une prison, la torture est monnaie courante. Répondit Orathor en se plaçant contre la grille rouillée.
-Non, je veux dire... Comment Véroll aurait pu savoir que c'était moi qui lui avait prit sa bourse? Je n'en suis pas à mon premier coup d'essaie, et j'avais pris soin de m'écarter après les fait... Quelque chose ne tient pas la route. Quelqu'un à du me voir, lui raconter la vérité... Qui aurait tout intéressé à faire ça?
-La question à se poser également est: Que faisait Véroll, représentant haut gradé des forces de l'ordre dans une cave supportant des combats illégaux?
-Si ça se trouve, ta victoire sur Victor à fortement porté atteinte à ses économies? Suggéra Leyla. D'ailleurs j'y pense, ce n'est pas dix mais trente Dari que j'ai misé sur toi, mais à bien y réfléchir, cela ne change pas grand chose.
-Dix ou trente, c'est la même chose! S'exclama Orathor avec un petit air d'autodérision. J'en vaux encore bien plus.

Leyla afficha un sourire en coin qui s'effaça rapidement. Quelque chose était louche dans cette affaire, les deux jeunes gens le savaient. Veroll devaient avoir fait affaire avec quelqu'un, sûrement pour des histoires d'argent. Ou alors nos deux compagnons se trompaient entièrement et c'est pour une mission d'espionnage ou d'infiltration du réseau des combattants que le général de la maréchaussée était présent ce soir là... Leurs esprits étaient confus.

Leyla soupira avant de tourner le dos à la grille et de passer une main dans ses cheveux. Il est vrai que la demoiselle n'avait jamais été la plus honnête des femmes; que de nombreux crimes lui revenaient de droit, elle ne pourrait jamais clamer son innocence, elle même n'y croira pas. Justice serait faite demain, et il était évident que la corruption serait de mise. Leyla sentait déjà la corde rêche sur son cou, terminer de la sorte angoissa la jeune femme.

-On ne peut pas rester ici! Rugit soudainement Leyla en tournant en rond comme un fauve en cage. On est perdu si on attend le levé du jour, c'est sûr!
-Je serai curieux de voir comment tu t'y prends. Les murs sont épais de plusieurs mètres, et les barreaux, sans vouloir t'offenser, tu ne passeras jamais, ils sont bien trop étroits...

Il y eu un silence, la demoiselle s'empara de l'écuelle remplie d'eau potable avant de la vider sur le sol.

-GARDE! GAARDE!! Hurla Leyla en retournant près des barreaux.
-Tu vas arrêter de brailler sale voleuse! Répondit une voix roque au loin.
-Qu'est-ce que tu fais?! S'étonna le jeune Isküvar.
-GARDE!! Continua d'insister la demoiselle.

Le bruit de l'armure du garde fit un craquement lorsque celui-ci se leva de son siège. Et c'est en tapant des pieds qu'il arriva devant leur cellule.

-Tu vas la fermer! Pesta le garde en cognant sur les barreaux, ce qui fit reculer Leyla.
-Il n'y à plus d'eau... Répondit-elle doucement en tendant timidement le gobelet vide.
-Quoi? Mais tu m'as prit pour qui?! Se moqua l'individu.

Il tendit sa main afin de donner un revers dans le gobelet pour le faire tomber, mais avant même qu'il ne l'eu touché, Leyla laissa tomber l'écuelle et réceptionna la main du garde, alors surprit. Elle tira de toutes ces forces le corps de l'homme, aspiré vers la cellule. Sa tête vint violemment se cogner contre les barreaux de fer, lui faisant perdre ainsi connaissance. Son corps s'effondra bruyamment au pied de la cellule et Orathor s'empressa de passer sa main au travers des barreaux et de fouiller l'homme, espérant y trouver le ticket de sortie.
Le tintement des clefs sonna comme une bénédiction, le jeune homme extirpa un gros trousseau d'un des poches du garde et afficha un sourire victorieux.

Les deux jeunes compagnons s'empressèrent d'essayer toutes les clefs présentes jusqu'à ce que la serrure ne se défasse, lorsqu'ils la trouvèrent enfin, la porte s'offrit dans un grincement aigu et désagréable. Le jeune homme eu l'idée d'enfermer le garde dans la cellule, de ligoter ses mains et de le bâillonner pour être certain qu'il ne sonne pas l'alerte avant qu'ils n'eu le temps de sortir de là.

-Sortez-moi de là! Supplia un vieillard aux allures de malade qui avait été témoin de la scène. je n'ai jamais rien fait de mal! Je suis innocent!

L'octogénaire avait les yeux rouges et humides, était-ce du à la tristesse ou a la vieillesse? Leyla n'aurait pu le dire. Emplie de compassion elle lui déverrouilla la porte, après tout quel crime un homme de cet âge aurait pu faire? Il s'avança sur ses genoux et baisa le dos de la main de la demoiselle en répétant sans cesse sa gratitude avant de partit en boitant.
Leyla bien que touchée par autant de redevance à son égard, s'essuya discrètement le revers de la main sur sa hanche.

-Il faut bouger! Invita Orathor en ouvrant la marche, en silence.

Le jeune homme serra les clefs dans sa main afin d'éviter que les clefs ne claquent entre elles et n'attisent les curiosités. Ils passèrent en courant devant des cellules sombres, dans lesquels les prisonniers dormaient en cette heure si tardive. L'endroit dans lequel ils se trouvaient se ressemblait à un vrai labyrinthe. Tous les couloirs se ressemblaient, aucunes indications n'étaient présente pour les permettre de trouver facilement une issue.

Un silence bien lourd pesait dans cet endroit lugubre, ce qui était loin de rassurer les esprits. Leyla et Orathor longeaient les murs, penchant leur tête à chaque intersections afin de s’assurer de ne croiser aucun gardes. Au bout d’un tunnel, une certaine lumière attira leur attention, s’agissait-il de la sortie ?
Ils s’aventurèrent dans le corridor avant d’arriver devant une porte en bois. Le jeune homme tourna la petite poignée avant d’entrer et ouvrir lentement. Les deux évadés tombèrent alors face un spectacle sur lequel ils se seraient bien passés ; la pièce qu’ils venaient de découvrir n’était d’autre que les lieux où toutes les horreurs se déroulaient…

Ligotés a des croix en bois ou a des planches de bois, des hommes agonisant avaient été laissés à l’abandon, baignant pour certains dans leurs sang et leur sueur. Certains aveugles, d’autres privés de leurs langues poussaient quelques faibles gémissements alors qu’ils perdaient peu à peu conscience. Aucune surveillance n’était présente dans cette pièce, sûrement s’étaient-ils dit qu’ils ne risqueraient pas d’aller bien loin.

Un prisonnier, accroché à une croix en bois, dont la tête pendait lourdement redressa faiblement son regard.

-Qu’est-ce qu’on fait ? Demanda Leyla à son compagnon d’un ton peu rassurée.
-On… Commença le jeune homme avant d’être coupé.
-Tout…droit. Murmura de manière saccadée une voix qui fit frémir Leyla.
-Qui est là ?
-Prenez…prenez la porte…du…du fond. C…C’est par là qu’ils s’en vont qu...quand ils ont finit.

Leur regard se déporta sur le malheureux mutilé. L’un de ses œil manquait et sa joue droite boursouflée transcrivait les violences qu’il avait du subir. Quand au reste de son corps, Leyla préféra détourner le regard que de l’inspecter plus longuement.

-Vous êtes encore vivant … ? S’étonna Orathor en dévisageant le pauvre homme.
-…Plus pour très longtemps. Avoua le torturé en toussant bruyamment. P…partez vite !

Les deux jeunes gens suivirent la direction indiquée par le mourant. Une mauvaise odeur gagnait désormais leur narine tandis qu’ils traversaient cette scène de désolation. Une fois arriver devant la seconde porte, ils s’empressèrent de quitter cette salle. Un long couloir, puis enfin, la lumière du jour. Ils se mirent à courir en direction de la lumière et voici que la lune leur apparut, réconfortante alors que le froid de la nuit les saisirent.
Leyla afficha un sourire de soulagement. Jamais elle n’eut été aussi heureuse de sentir de froid de la neige sur sa peau. Les hauts murs de la prison juste derrière eux, ils commencèrent à s’éloigner en faisant de grands pas dans la neige haute.

-DES PRISONNIERS S’ECHAPPENT !! Hurla une sentinelle plantée au sommet du mur de la prison duquel ils venaient de sortir.

La vagabonde et son acolyte levèrent les yeux vers la source du bruit et y virent qu’ils étaient déjà menacés de la flèche de la sentinelle qui venait de donner l’alerte. Ils tentèrent de prendre la fuite, tentant de rejoindre les bois voisin pour tenter de disparaitre parmi les arbres. Mais la neige était haute et épaisse. Ils eurent du mal à prendre de la vitesse et à réellement avancer. La sentinelle manqua son tir de peu cependant des renforts ne tardèrent pas et déployèrent un grand filet dans les airs. Les deux évadés eurent du mal à éviter le piège qui se refermé sur eux, prisonnier de cette épaisseur de neige.

Ils furent recouvert de cordes et au plus ils se débattaient au plus celle-ci s’entremêlait. De nouveau encerclés, ils ne purent que ce rendre, sans armes et prisonnier de la neige et des cordes ils étaient ridiculement impuissants.
Véroll arriva d’un pas lent et sûr avant de se pencher au dessus des prisonniers.

-Je me douterai bien que j’allais encore entendre parler de vous ce soir. Malheureusement votre tentative d’évasion fut vaine et ridicule.

La maréchaussée s’empara d’Orathor qui tenta de se défendre en vain. Bien que le jeune homme réussit à en faire reculer plus d’un, le surnombre de ses ennemis eu raison de lui.
Véroll fit se redresser Leyla en la soulevant par les cheveux avant de la jeter vers ses hommes qui lui passèrent ses mains dans le dos.

-Vous avez de la chance d’être sous la « protection » du bourgmestre. Il y a longtemps que je me serait déjà occupé de vous ! Râla-t-il presque deçu d’être sous la surveillance de son supérieur. Raccompagnez-les en cellule, et surveillez-les bien cette fois-ci…

L’homme disparut aussi mystérieusement qu’il apparut tandis que Leyla et Orathor furent ramener, non sans contestations, à l’intérieur de leur cellule. Les soldats y découvrirent leur collègue éveillé et toujours ligotés qui gesticulait tel un vers sortit de terre. Les rires moqueurs des soldats raisonnèrent dans les couloirs de la prison, réveillant quelques hommes alors jusque là endormis.

Les deux jeunes gens furent jetés comme des malpropres dans la cellule qu’ils s’étaient donner tant de mal à quitter…
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Quand on arrive en ville   

Revenir en haut Aller en bas
 

Quand on arrive en ville

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Quand on arrive en ville[terminé]
» « Quand on arrive en ville. »
» Quand on arrive en ville! Cassie Johnson | Terminée
» Quand on arrive en ville ...
» Quand on arrive en ville

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Adariel: un monde magique ::  :: Archives-