Partagez | 
 

 Rencontres fortuites en montagne ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité


MessageSujet: Rencontres fortuites en montagne ?    Lun 23 Sep - 3:52


Rencontres fortuites en montagne ?



« Surprise, une femme nue ne cache jamais son visage. »


Voilà plusieurs temps déjà, des mois pour plus de précision, que je n'étais plus rentrée chez moi. Pour cause, j'avais eu des ordres de mission très clairs de la part de mon alpha et à ce titre, j'avais dû m'exiler pour un long moment, loin des miens. Cela ne me déplaisait nullement, au contraire, je me sentais libre et cette liberté m'était vitale. Pourtant, mes terres me manquaient J'éprouvais le besoin de revoir les miens, le besoin de retrouver Doylana, celui de taquiner Tina et tous les autres aussi. Après de nombreuses incursions entre les terres des Walkyries et Aetarh, je commençais à me lasser. J'estimais que mes objectifs étaient plus qu'atteints et qu'il était plus que grand temps de retourner auprès de ma meute. En fait, pour être franche, ce qui motivait encore plus mon choix, c'était bien évidemment les rumeurs qui m'étaient parvenues. En effet, les choses commençaient à bouger pour les miens et il semblait que nous avions passé une alliance avec les elfes. Les infos étaient fraîches et je devais en savoir plus, en allant en discuter directement avec Doylana. Je me demandais clairement quels étaient ses plans et ce n'était pas en restant ici que j'en saurais plus.

Quittant la cité des Walkyrie, je m'étais enfoncée dans les montagnes, entamant ainsi mon voyage de retour. Je n'étais pas très rassurée en ces terres. Ce n'était pas tant le fait qu'elles soient réputées dangereuses qui me faisait peur, mais plutôt qu'elles me rappelaient un mauvais passage de ma vie.  Après une longue marche, j'étais arrivée dans à l'orée d'une forêt, de cette forêt que je redoutais tant. J'avais longuement hésité entre la contourner et la traverser et finalement, l'envie de rentrer au plus vite eut raison de mon chemin. Et puis... Il fallait bien que je réussisse à passer outre ce vieux malaise qui n'avait plus lieu d'être, ma vengeance accomplie depuis des siècles déjà. Posant un pied devant l'autre, j'entrais dans ce lieu chargé en souvenirs. Après de nombreuses heures de marche, je finis par retomber sur cette fameuse cabane qui avait été le théâtre de sordides événements lors d'une nuit détestable, à une époque bien au-delà de la mémoire collective. Avec le temps, elle avait quelque peu changée, mais malgré les apparentes réparations et rénovations, elle restait la même. Immobile devant cette bâtisse de fortune, un frisson parcourut  ma colonne vertébrale et machinalement, ma main droite vint caresser mon cou caché sous une voile de tissus. Ma cicatrice, mon horrible cicatrice me démangeait affreusement.

J'étais à présent sur le seuil de la porte, ma main sur la poignée. Cette dernière pivota et comme à cette époque, la porte non verrouillée s'ouvrit en grinçant. Mon cœur se mit à battre à tout rompre. Prenant mon courage à deux mains, je me décidais à y entrer, mais ne pus faire plus de deux pas. La pièce entière était semblable à autrefois. Je m'arrêtais nette, statufiée. J'étais retournée dans le passé et je voyais, sous mon regard violet horrifiée, l'effroyable moment que j'avais vécu par le passé, la scène de mon viol. Tout, je revis tout, ressentant chacune des sensations, sentant chaque odeur, chaque effluves, entendant le moindre rire, le moindre bruit, la moindre parole. J'étais tétanisée. La peur m'enlaçait de ses infâmes tentacules. Je suffoquais. Je voulais fuir, mais mes jambes ne répondaient pas. Mon corps semblait avoir disparut. J'avais l'impression d'être un esprit, prisonnier d'une dimension quelconque et contraint à assister, invisible, muet et impuissant à cette horreur sans nom. Les sept hommes qui m'avaient souillée inlassablement, ces sept hommes auxquels j'avais ôté la vie en guise de revanche, je les revoyais bien vivants. Était-ce là ma repentance ? Me condamnait-on pour mes crimes ? Survivre à cette nuit effroyable était-il mon pêché ?

Ce ne fut que lorsque je revis l'homme-ours, comme je l'avais surnommé, le chef des malfrats que j'avais émasculé en ce jour précis, s'approcher de moi et m'égorger en réponse à mon geste revanchard, que je ressentis mon âme réintégrer mon corps. Lorsque je me vis me vider de mon sang, m'effondrer au sol en tentant désespérément de récupérer ce précieux liquide qui était mien jusqu'à ne plus en avoir la force, les larmes me montèrent aux yeux. Le sang ne fit qu'un tour dans ma tête. Un cri étrange s'échappa de ma gorge et je pris mes jambes à mon coup, détalant à une vitesse impressionnante à travers les arbres, passant les obstacles avec une aisance déconcertante comme s'ils n'avaient jamais existé. Il me fallait mettre le plus de distance possible entre ce lieu maudit et moi.

A force de courir, j'avais fini par quitter la foret sans m'en rendre compte. Je l'avais laissée derrière moi et j'étais présentement devant une rivière. J'étais à bout de souffle et peinait à recouvrer ma respiration.  Il me fallut un certain temps pour retrouver mes esprits et un rythme cardiaque et respiratoire normaux. J'avais chaud. Le Soleil était de sortie en ce jour et il n'était pas que de façade. Ses rayons réchauffaient tout ce qu'ils baignaient. La rivière fut très vite attrayante d'autant plus qu'elle était fraîche. Elle m'appelait inexorablement et je ne mis pas longtemps avant de céder à son invitation. Me déshabillant totalement, ayant rassemblé mes affaires avec soin, je me jetais alors dans cette eau des plus agréable qui soit. Elle me parut tellement revigorante... Tous mes soucis, toutes mes sombres pensées, tout ce qu'il y avait de mal semblait me quitter au fur et à mesure que l'eau de la rivière s'écoulait et il ne me fallut pas bien longtemps pour commencer à m'extasier de tout et de rien, laissant mon âme d'enfant prendre le contrôle de mon corps. Bientôt ça et là des poissons nagèrent et je me mis à glousser bruyamment en essayant de les attraper candidement. Je me jetais sans retenue sur eux, soulevant de grosses gerbes d'eau. Je m'amusais tant et si bien que je ne voyais plus le temps passer.  A ce moment, j'avais complètement oublié que le monde n'était pas qu'à moi...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité


MessageSujet: Re: Rencontres fortuites en montagne ?    Mar 1 Oct - 7:08


Rencontre fortuite en montagne?

La seule chose dont je me souviens de mon réveil, c’est le soleil qui plombait sur nos terres, celui qui traversait le seuil de ma fenêtre pour venir péniblement frapper mes paupières de sa lumières aveuglante. L’aube se levait à peine qu’il planait déjà dans l’air une humidité suffocante, si étouffante qu’un mort penserait même en avoir le souffle coupé. D’ailleurs, dans la chambre régnait  justement un silence morbide, me faisant même douter qu’il y ait âme qui vive dans la rue.  Bref, je laissais de côté les trépassés pour l’instant, me redressant maladroitement dans mon lit. Mes tempes me faisaient terriblement mal, ma gorge me semblait sèche au point tel que j’y portais une main pour la caresser de mes doigts délicats, espérant ainsi la soulager. Mon regard s’attarda finalement sur ce qui était, en soi, la preuve qu’hier n’était pas une hallucination, un mauvais cauchemar. Sur ma table de chevet reposait une bouteille, à moitié vide; mon humeur ne me permettait pas d’être autre que pessimiste. Or, une c’est bien mais deux c’est mieux et jamais deux sans trois, n’est-ce pas? Autour de mon lit se trouvaient donc plusieurs cadavres de ce qui, la veille, n’étaient encore que des bouteilles remplies d’alcool.

-Hun..? Il était temps que tu te réveilles, t’as vu le désordre que t’as fait?

Je pris quelques minutes à réaliser qu’on s’adressait à moi. Néanmoins, lorsque je le fis, ma tête se tourna en un quart de seconde, mes yeux rivés sur mon interlocutrice. La jeune femme se trouvait là, adossée au mur d’en face à m’observer d’un regard réprobateur.  Sa longue chevelure, d’un rose qui lui était propre, retombait en cascades sur ses épaules. Alors, elle non plus n’était pas une hallucination…Enfin si, mais vous voyez bien ce que j’entends par là. Je restai un long moment inerte, redressée dans mon lit à contempler ce produit de mon imagination qui, à première vue, semblait me réprimander. Je levai paresseusement mon bras, ignorant les paroles de celle-ci et attrapai la bouteille à ma gauche pour essayer d’y puiser toute la motivation qu’impliquerait le fait de me lever, de sortir et surtout, d’affronter cette journée. Ce fut d’un geste las et lent que je repoussai ensuite les couvertures de ma main pour poser le pied sur ce plancher craquant qui recouvrait la pièce. Tout autour me semblait terne et sans intérêt; Le bois des murs me semblait vieillit, les différents meubles me donnaient une forte impression de vide et les couleurs des rares décorations présentes dans cette chambre s’étaient évaporées je ne savais où. Ce devait sans doute être ce fameux lendemain de veille où la vie nous semble plus sombre qu’il y a douze heures à peine. Enfin, ce fut une très légère brise, s’infiltrant par l’ouverture de la fenêtre que j’avais laissée, qui me ramena finalement à la réalité en caressant ma peau quasi-dénudée.  Ce faisait un bien fou en cette température insupportable. Heureusement que je n’étais pas habillée. Je trouvais effectivement ces vêtements de nuits, communément appelés pyjamas, très désagréables à porter. J’optais donc pour la simplicité et ne dormait que partiellement couverte, le minimum qu’il fallait pour un peu de pudeur.  Je passai une main dans mes cheveux en bataille puis, parcourue d’un frisson, je me levai enfin pour aller à la fenêtre, de laquelle j’avais une vue magnifique. Mes jambes avaient légèrement vacillé sous mon poids, signe que je n’avais toujours pas repris du poil de la bête. Ça passerait.

Je pris au moins une heure à finalement bondir hors de ma chambre, dans laquelle je trainais la majorité du temps à la fenêtre, en quête d’une autre brise, aussi infime soit-elle. Au bout d’une éternité, j’avais fini par capituler et m’étais décidée à braver l’extérieur. Et ne parlons pas de tous les préparatifs qu’impliquait l’idée de sortir. J’avais dû; remettre ma chevelure en place, revêtir cette armure qui collait à la peau, une joie à mettre lorsqu’il fait chaud d’ailleurs, rassembler mes armes qui traînaient aux quatre coins de ma chambre à coucher et vérifier les rapports que l’on m’avait remis concernant les rangs de mon armée. Finalement, je n’avais rien avalé, supposant qu’il s’agirait-là d’une perte de temps, mais avoir su, j’aurais pris la peine de m’attabler, car mon impression de cette journée  fut  d’autant plus désagréable lorsque je mis le pied hors de chez moi. Les rayons m’attaquaient sans pitié, les lieux publics étaient bondés, bruyants, infranchissables…Et  je n’avais plus une pièce en poche. À voix basse, je marmonnai quelques jurons tandis que je me dirigeai vers le pied de la montagne sur laquelle nous résidions, nous les walkyries.

Je m’aperçus peu à peu que plus nous descendions, plus les ténèbres prenaient la relève du soleil. Il faut dire qu’il lui était sans doute difficile de percer l’épais feuillage qui nous coupait du ciel. Je m’étais souvent aventurée ici, mais étrangement, je n’avais pas réalisé à quel point certains  arbres étaient imposants. Les troncs devaient environner les cinquante mètres et encore, j’étais généreuse. Si l’on portait attention aux alentours, on pouvait aussi entendre le chant des oiseaux se mêler à la douce mélodie de l’eau qui s’écoulait lentement dans la rivière, donnant lieu à une magnifique symphonie orchestrée par Dame nature.  Mais n’allez pas penser que je m’étais personnellement attardée à tous ces détails insignifiants, non. Ces observations m’avaient été faites par cette jeune femme, qui me suivait justement depuis les montagnes.

-J’ai chaud, j’en peux plus…Abandonne-moi ici et continues, vas, vis! Ne te retournes jam…. Quoi, t’es sérieuse? Attends-moi! Nelae, tu m’écoutes!?... Je tentais vainement d’avancer et d'ignorer ce pour quoi elle m'implorait, mais avec cette indésirable pleurnicheuse qui se tenait fermement à ma jambe, il n’y avait définitivement rien à faire. Oui, il s’agissait d’une simple création de mon subconscient, mais cette dite invention de mon imaginaire me semblait si réelle que j’avais l’impression de véritablement tirer une personne à mon pied. Ainsi soit-il, je traînais lamentablement  du pied, tel un père le fait lorsque ses enfants s'amusent à vouloir le ralentir. Or, moi, ça ne faisait pas que me ralentir, ça m'arrêtait catégoriquement...Je me sentais ridicule. -Oh, une rivière! Allons-nous rafraîchir avant de fondre sur place…Nel!

-«J’ai mieux à faire que de patauger toute seule dans l’eau…!»

-Maiiiiis, on ne serait pas seules; Regarde!

Je m’arrêtai presque aussitôt et détournai mon regard du chemin que j’avais prévu d’emprunter. Il y avait quelqu’un ici? Pourtant, les terres étaient encore aux miennes.  Mon attention se concentra sur une masse au milieu de la rivière, une chose en mouvement. D’aussi loin, il m’était difficile de déterminer l’appartenance raciale de l’individu en question, mais je ne pouvais me permettre de l’approcher à défaut de ne pas savoir de qui il s’agissait. Dès qu’elle me lâcha et d’un élan agile, je fis plusieurs pas et prit appui sur un grand rocher pour m’élancer, suffisamment haut pour m’accrocher à la branche au-dessus durant mon ascension. De ma seconde main, je saisis ce qui me servirait de perchoir pour m’hisser debout sur cette dernière. Mon agilité me rendait discrète, voire invisible aux sens de notre jeune inconnue qui semblait trouver divertissant de chasser les animaux marins. De cette branche, je fis quelques pas rapides pour reprendre mon élan, me jetant aisément sur celle d’en face pour retomber sur mes pieds, les genoux légèrement repliés. Je réussis parfaitement un atterrissage sans bruit, ou presque, tandis que je dirigeai mon attention vers la cible qui, je le vérifiai, ne m’avait toujours pas repérée. Je fis ensuite quelques pas jusqu’au cœur de l’arbre, que je longeai afin d’atteindre finalement la branche la plus près du cours d’eau.  La distance entre nous deux étaient désormais convenable, assez courte pour me permettre d’observer l’individu qui m’apparaissait maintenant comme une femme, mais aussi suffisamment grande pour éviter que l’on remarque ma silhouette à travers le feuillage. Notre cible, s’amusant dans l’eau, possédait un corps d’une fine musculature, quoi qu’une carrure pareille ne témoignait  pas nécessairement d’une force négligeable. Je n’allais tout de même pas prendre la peine de combattre une étrangère dont  j’ignorais les capacités. Ainsi donc, je me faciliterais la vie. Portant la main à l’arrière de ma tête, je décrochai l’arc de mon habit et y arma une flèche, que je pointais avec minutie en direction de notre jeune femme. Un œil fermé, le second visualisant précisément la tête de celle-ci, j’inspirai un bon coup et m’apprêtais à décocher cette flèche lorsqu’on s’interposa devant moi avec affolement.

-Eh! Mais, mais, tu fous quoi là?! Tu ignores si c’est une ennemie et tu t’attaques à elle, comme ça?  Non; arrête; Eh! Oh, allons-y, tuons tout ce qui bouge tant qu’à y être tiens, c’est bien parti! La demoiselle semblait dans tous ses états, un peu comme toujours en fait. S’agitant nerveusement en secouant les bras devant moi sans relâche, Kaede, car faut-il lui donner un nom malgré tout, me barrait définitivement la vue, bien que je penchais la tête d’un côté et de l’autre pour tenter de me frayer un chemin du regard. Je m’apprêtais d’ailleurs à la balancer par-dessus bord, car s’il s’agissait d’une simple hallucination je n’allais pas me gêner, lorsqu’elle marqua un point que je ne pouvais ignorer.…Sans ajouter que cette femme n’est pas sur notre territoire, tu le sais très bien!

Certes, elle avait raison. Cette rivière était l’entre-deux, la ligne géographique qui séparait les terres des walkyries à celles des humains. Toute personne s’y baignant n’était donc sur ni l’un ni l’autre des deux territoires et, par conséquent, elle ne représentait pas une ennemie définitive. J'hésitai un long moment sans bouger; Si celle-ci s'avérait être contre nous, j'avais fort à parier que le combat serait pénible, surtout s'il fallait en plus ajouter à tout cela mon mal de tête monstre. D'autre part, si je l'abattais maintenant, mais qu'il s'agissait d'une simple curieuse, ou voire même l'une de nos alliées, j'allais faire face à un problème dont je n'imaginais même pas la complexité. À contre cœur, je baissai lentement mon arc, au plus grand bonheur de la jeune femme. Ce ne fut qu’une fois mon arme raccrochée et ma flèche remise dans son étui que je sautai agilement de la branche, ne dissimulant plus le moins du monde ma présence que j’imposai en retombant bruyamment sur la terre ferme, debout à quelques mètres à peine de notre invitée. Mon regard avait adopté cet air habituellement froid et sérieux que j'abordais souvent. Je me plantais sans bouger devant la femme, croisant les bras en inspirant longuement pour y préserver mon calme. Bien que mon attention se concentrait principalement sur cet individu, mon regard ne put éviter de suivre Kaede qui, comme une enfant devant un paquet de sucreries, plongea entièrement habillée dans l’eau, s’en donnant à cœur joie. Bientôt, elle réapparut à la surface, secouant la tête avant de me faire un signe de la main, m’invitant à la rejoindre. Je réalisai seulement à cet instant que je m'étais détournée de la raison principale pour laquelle j'étais apparue ici. Ainsi, ce fut lorsque j’ignorai son invitation pour m'adresser à la femme qu’elle se laissa couler dans l’eau, ne gardant que le dessus de sa tête à l’extérieur. Elle laissa d'ailleurs échapper quelques marmonnements, du moins ce fut ce qu’elle tenta en articulant un ‘’glegle gle  glule’’, une vulgaire prononciation de  ''tête de mule'' sous l’eau, créant de petites bulles par ci et par là.

-«Que fais-tu en ces contrées, étrangère? »


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité


MessageSujet: Re: Rencontres fortuites en montagne ?    Mer 2 Oct - 10:12

Lorsqu’on travaille très égoïstement, et avec une morale extensible, pour soi-même, on a l’avantage de pouvoir dormir tard. Sauf.. Sauf si une femme un peu timbrée commence à courir partout, et surtout à coté de vous, comme un chien à qui on aurait accroché des casseroles à la queue. Parce que oui.. Elle faisait un boucan d’enfer. Mais cela me permettait néanmoins de comprendre l’absence totale de fréquence dans sa course : c’était un pas chaotique et désordonné.
Ma figure de mal réveillé s’adoucit d’un sourire tandis que je liais le point A au point B.

Un pas chaotique et désordonné = quelqu’un qui va pas super bien = une cliente ! Je m’étirai et saisis mon arc long que j’attachais dans mon dos, et descendis de la branche sur laquelle j’étais, chopant le bâton laissé pendant, auquel une lampe à huile éteinte était accrochée.
Je n’étais pas bien loin de la lisière de la forêt, parce que je ne vais dormir que le soir, et je ne m’aventure jamais dans les forêts la nuit. Si mon bâton et ma maigre vue m’empêchent de me ramasser, de jours, des troncs (parce qu’un tronc d’arbre ne fait pas de bruits, seules les feuilles dans les vents signalent la présence de branches..), de nuit, il faudrait une armée de luciole pour que je puisse ne pas finir mort par collisions abusives. Bref, tout ça pour dire que si je ne me pressais pas, c’était parce que j’étais suffisamment prêts de la rivière pour entendre le « Plouf » qui me donnait la certitude que j’avais tout le temps d’arriver.. Et le savoir de ce que j’aurai à faire, prendre un manteau par exemple..

Lorsque j’arrivais à l’orée du bois.. Je plantais mon bâton dans le sol, et y laissais pendre mon arc avant de coller le nez à un feuillus pour pouvoir y grimper. De là, je fis un rapide repérage des lieux, tirant d’une des amples manches de ma tunique ma paire de lunettes. Précisons une chose quand à la discrétion.. Je ne suis pas un adepte du « NE SURTOUT PAS FAIRE DE BRUIT ! » qui est aussi discret qu’un vendeur de poisson dans une église, vous verrez pourquoi. Personnellement, je suis un amateur du « faire le bruit d’autre chose ». Aussi, grimpant sur mon arbre, je trainais toujours les pieds, donnant ce son de frottement que sait faire n’importe quel rongeur. On m’entend peut-être, mais bien malin celui qui saura dire que c’est moi et pas un écureuil.

Du reste, mauvaises langues, je vous arrête : si je suis en hauteur c’est pour voir et non pas pour être voyeur ! Parce que compte tenu de la vingtaine de mètres qui devaient encore me séparer de la baigneuse, je ne distinguais qu’une silhouette de couleur peau.. Ce qui me restait encore à voir, c’était la tache sombre que représentaient ses vêtements à ma vue..
Avec précaution, je me laissais glisser de ma branche, m’y tenant que par mes jambes plieée, pour finir suspendu, tête en bas.. Assez proche du sol pour saisir mon arc qui pendait, ainsi qu’une flèche à ma ceinture.. Et là, projectile encoché, j’attendais.. J’attendais, et une motivation supplémentaire à l’attente se fit entendre. Vous savez, ce moment ou vous tombez sur un os et que vous faites « Gloups ! »

C’est bien parce que je retenais mon souffle en tendant l’oreille que je remarquais ce bruit doublé de son absence caractéristique de bruit. Soyons franc, même moi, formé par mon ouïe à être discret, je ne serai pas capable de me déplacer sans faire de bruit avec une armure. Aussi arrivais-je à entendre un bruit de pas extrêmement ténu.. Mais ce n’est pas ça qui m’alertai.. Ce qui me fit tilter, c’est l’absence de bruits collatéraux. Lorsqu’un animal se déplace, il casse des brindilles, marche sur des feuilles mortes ou frôle des arbres.. Seul un humanoïde est discret au point (le fauve l’est plus encore, lui il a des coussinets.. Le chanceux !) de ne pas marcher sur ce genre de choses tout en faisant un bruit de pas… Je me figeais donc.
Té ! J’avais pas l’air con, en cochon pendu, un arc à la main, avec le sang qui me montait au cerveau ! Et bien sûr, lorsque mes oreilles cessèrent de me transmettre des positions, cela voulait dire non pas qu’elle était partie, mais que la nouvelle en armure était là, fixe.. Bref, je n’étais pas rendu moi !

En vitesse, je fis le tour des options qui se présentaient à moi lorsqu’un dialogue commença.. Visiblement, l’inconnue en armure s’était dévoilée et optait pour la diplomatie.. Tant mieux.. Revenant rapidement à ma tâche première, je fus enfin contenté.. Je n’eut qu’à attendre qu’une petite bourrasque, raison de ce ciel si bleu, vienne agiter les arbres pour que le son de mon tir soit masqué.. En revanche, ma flèche noire vint bel et bien se planter à dix petit centimètres d’un paisible castor qui fila ventre à terre se réfugier dans la rivière pour disparaitre le plus tôt possible.
La raison de cet acte ? Il devait avoir emporté avec lui une partie des vêtement de la baigneuse.. Et à défaut, les avoir tout éclaboussés en plongeant. Aujourd’hui, il s’agissait donc de vendre du textile sec..

Dépliant mes jambes, je me laissais tomber avant d’effectuer une humble pirouette qui me fit atterrir sur mes pieds.. Je tournais la tête, déçu, cherchant en vain un montreur qui pourrais conclure avec un « Tadaaaaaaa ! », déclenchant une ovation populaire.. Mais exception faite d’un coucou qui se nettoyait les plumes, je n’avais pas plus de public en délire que de soie sur moi. Je laissais enfin mon arc à côté de la flèche tirée et allait ramasser mon bâton pour faire mon.. Apparition.

Vêtu d’un ample toge à présent sur une tunique blanche assortie à des braies tout aussi blanches, je n’avais pour signe de menace, que mon couteau de chasse à la ceinture.. Pour le reste je n’étais qu’un jeune homme aux yeux grisé se promenant avec une sacoche et un bâton qui portait une lanterne. Classique non ? Et même charmant !
J’enroulais donc ma tresse autour de mon bras droit avant de me faire savoir en marchant comme n’importe quel naïf innocent le ferait. J’avais bien sur écouté la conversation depuis l’épisode du castor fuyard.. Mais je fis comme si de rien était.. Ecartant une branche basse, je laissais tomber un « Oooooooooooh ! » surpris, ou du moins une imitation parfaite, dans un rôle de pèlerin joyeux.


-Eh bien.. Si mes yeux ne me trompent pas.. J’ai là une naïade et sa commère armée ? Quel magnifique tableau dans cette eau claire et ce beau soleil..

Mon ton était léger et rieur, plaisant, même... Rien ne pouvait laisser penser à un quelconque sarcasme, ou a une mise en scène.

-Peste oui, je suis en tout cas de tomber sur de la galante compagnie en ces bois.. Encore que je ne doute pas que vous soyez l’une et l’autre capable de faire fuir les plus féroces fauves..

Mon regard s’arrêta de façon factice sur la Valkyrie et son arc..

-Mais nous sommes entre gens de bonnes éducations et tous avides d’harmonie et de paix ? Très pratiquement, je suis le premier à préférer qu’il n’y ait pas de sang pour salir cet eau azurée, surtout que le mien serait le premier à couler.. Sais-je vous être agréable, mesdemoiselles ?

Parce qu’après tout, sur la route, il faut bien s’entraider.. Quant à « de quel côté de la rivière j’ étais ».. Les frontières n’ont pas de sens pour un apatride.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité


MessageSujet: Re: Rencontres fortuites en montagne ?    Dim 6 Oct - 15:15

Batiffolant gaiement, je ne faisais plus attention à quoi que ce soit d'autre que l'eau dans laquelle je m'amusais, et ce, en dépit de mes sens lycans qui ne cessaient d'envoyer des messages d'alertes à mon cerveau. Malheureusement, mon amusement prenait le pas sur toute autre chose et les informations semblaient se perdre quelque part en chemin. Perdre ? Non, je ne crois pas. En fin de compte, il me semble plutôt que je les ignorais. Oui... Ignorer... C'est le terme qui convient le mieux à la chose. Je les ignorais délibérément, expressément sans la moindre vergogne, sans aucun scrupule. Mon odorat charriait de nouvelles odeurs que je n'avais ressenti à aucun moment de ma vie, ma très longue vie. Danger ? Peut être, en fait, je n'en ressentais guère de pression. Pour être franche, cela m'excitait même. Je n'avais pas peur, seul le rejet des miens m'effrayait, la perte de Tina et pire encore, la colère de Doylana. Pour le reste, il ne s'agissait là que d'un jeu entre prédateurs et proies, mon jeu favori... Passer pour la petite biche apeurée ou me fondre dans le troupeau en bon mouton pour ensuite me révéler en tant qu'impitoyable loup, voilà qui m'excitait profondément. Vous comprendrez alors mon état d'esprit du moment. Je ne me croyais pas invincible, loin de là, je savais qu'il y avait masse de personnes plus fortes que moi, seulement, je me disais que si mon heure devait arriver, qu'il en fut ainsi. Ma vie appartenait à l'Alpha, ma mort aussi. Un sourire malsain se dessina sur mon visage alors qu'une voix féminine retentit juste derrière moi.

« Que fais-tu en ces contrées, étrangère? »

Quelle surprise... Je venais de me faire surprendre, nue, et pataugeant dans cette fraîche rivière. Le ton qu'elle avait employé, je n'aurait su le décrire, mais il ne m'inspirait nulle confiance. Je ne savais pas trop quelle attitude adopter face à elle. L'improvisation serait donc la maitresse dans cette partie qui s’entamait, à moins que les voix ne prennent totalement le pas sur mon subconscient. Les voix, oui, ces voix... Je les entendais présentement. Elles me disaient des choses, elles me demandaient quelque chose... Si seulement je pouvais les entendre... Il y en avait tellement... Qu'étaient-elles en train de répéter en boucle ? Meurtre ? Oui, Meurtre... Alors que je me retournais pour lui faire face, une nouvelle détermination dans mon regard, quelque chose me stoppa dans mon élan.  Un castor sortit de nulle part en s'engouffra en toute trombe dans l'eau non loin de moi. Au passage, il avait éclaboussé mes vêtements. Plusieurs choses se bousculèrent alors à mon esprit et tout un tas de solutions, de perspectives et de débouchés de présentèrent.

Il ne fallut pas longtemps pour qu'un homme fasse son entrée sur les devants de la scène. Il était vêtu d'un toge et d'une tunique toute aussi blanche que ses braies. De petits yeux gris, une sacoche et un bâton, il avait l'air d'un pèlerin, un modeste pèlerin. Cependant, il ne m'inspirait pas non plus confiance. L'instinct, mon instinct, c'était le seul sens sur lequel je me reposais. En tant que lycanne, il me semble que ce soit normal. Notre instinct était ce qui nous régissait, notre meilleur atout pour affronter ce monde et là, il me hurlait tellement de choses et tellement fort que je ne pouvais en faire fis. Tandis qu'il enroulait sa tresse autour de son bras, je ne pus m'empêcher de noter son couteau de chasse à sa ceinture. Un couteau de chasse... Chasseur, proie, ces mots semblaient résonner en moi. Mon choix était fait. Alors qu'il avançait vers nous, il prit la parole, nous faisant profiter allègrement de sa voix douce et enjôleuse.

« Eh bien.. Si mes yeux ne me trompent pas.. J’ai là une naïade et sa compère armée ? Quel magnifique tableau dans cette eau claire et ce beau soleil. »

Son ton était léger et rieur, plaisant, même... Je ne pus m'empêcher de lui adresser un regard sourieur alors que je plaçait mes mains devant ma bouche, mi-closes, l'air enjôleur, baissant légèrement la tête. Cela ressemblait à une réaction timide et flattée en réponse à son compliment. Il ne s'agissait là pour moi, que de cacher ma vilaine cicatrice sans attirer leur attention dessus pour le moment.

« Peste oui, je suis en tout cas de tomber sur de la galante compagnie en ces bois.. Encore que je ne doute pas que vous soyez l’une et l’autre capable de faire fuir les plus féroces fauves. »

Je ne pouvais m'empêcher de détailler leurs agissements dans le moindre détail. Son regard s’arrêta de façon factice sur la femme qui m'avait précédemment alpaguée, et son arc que je me mis à détailler à mon tour. Une Valkyrie ? Rien de surprenant en fait, aux vues des lieux.

« Mais nous sommes entre gens de bonnes éducations et tous avides d’harmonie et de paix ? Très pratiquement, je suis le premier à préférer qu’il n’y ait pas de sang pour salir cette eau azurée, surtout que le mien serait le premier à couler.. Sais-je vous être agréable, mesdemoiselles ? »

Ce ne pus m'empêcher de sourire à l'entente de ces mots, intérieurement. Mon regard balaya alors la zone. Je ne cherchais pas à être discrète, bien au contraire. Je notais alors que j'étais à la frontière du territoire des Valkyries, plongée dans cette eau azurée qu'avait évoquée le nouvel arrivant. De l'autre côté, je serai en territoire humain, mais problème... Mes prunelles violettes se posèrent sur mes vêtements qui étaient sur la même rive que les deux inconnus. Parmi toutes les options possibles, une seule vit le jour.

Sans même leur laisser le temps d'une quelconque réaction, je bondis hors de l'eau, me jetant sur mes effets, tel un renard sur un lapin, comme si elles avaient tenté de déguerpir. Je les serrais brièvement contre moi, l'air heureuse et soulagée et je mis de suite le voile sur ma bouche afin de masquer ma cicatrice à leur vue, une bonne fois pour toute. Les sabres courts que Doylana m'avait offerts en ma possession, peu m'importait, à commencer par mes vêtements trempés et ma nudité flagrante. Je me retournais à présent face à eux, serrant de mes mains, mes effets personnels contre ma poitrine dans ce qui semblait être l'expression de ma pudeur. Mais mon intimité était toujours plus ou moins visible et je le savais, mais je ne laissais rien transparaître. Mon visage exprimer une réelle gêne, une véritable candeur et seules deux personnes à l'heure actuelle pouvaient passer outre mes masques et ces deux là n'en faisaient pas partie. Les propos de ma maîtresse me revenaient en mémoire et je ne devais en aucun cas outrepasser mes prérogatives. Aucun débordement toléré, tels avaient été ses propos. Cette fois, c'était clair.  

Mes yeux de biche, sautant de l'un à l'autre  tour de rôle, emplis d'inquiétudes et de questionnements, je restais immobile face à eux, muette... Rencontres fortuites ? Voilà qui restait à voir.  
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Rencontres fortuites en montagne ?    

Revenir en haut Aller en bas
 

Rencontres fortuites en montagne ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Foire de la montagne : mettre en valeur les potentialités
» La douleur de la montagne.
» A travers la montagne. [PV Peintre]
» Voyage d'une montagne à l'autre
» Le Chapeau part a la montagne

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Adariel: un monde magique ::  :: Archives-