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 Quand la chasse prend une autre tournure

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MessageSujet: Quand la chasse prend une autre tournure   Dim 23 Juin - 17:47

Je courrais dans la plaine depuis près d'une journée. Il faisait chaud, très chaud. Je laissais derrière moi mon dernier contrat au village rebelle et me dirigeait vers la capitale du royaume dans le but de faire quelques achats, et parmi eux un inné. Je repensais à mes dernière aventures en courant, j'avais le temps, mon endurance me permettait de reléguer la course à une banalité qui ne pouvait même pas prendre le dessus sur mes pensées. Mais cela me gênait, je n'avais plus envie de penser, je passais beaucoup trop de temps dans ma tête en ce moment, je voulais de l'action, du sport. Mes yeux devinrent plus persan à mesure que je sondais l'horizon de plus en plus loin. J’accélérai, beaucoup, chaque trace de pas s'éloignait un peu plus de la précédente, mes foulées étaient immenses, je commençais à sentir l'effort que cela me demandait, mais ce n'était pas suffisant.
Au loin la forêt d'Orlyën était à peine visible, et le soleil se couchait, dans deux heures il ferait nuit. Qu'à cela ne tienne, ce soir, je camperais en forêt. J’accélérais, encore, encore jusqu'à sentir mes muscles réclamant le calme, mais je ne me calmerais pas. Sentir le vent sur mon visage, la vitesse du paysage qui défile, le sol qui semble à peine capable de contenir la pression de mes pas, c'était le pied totale, je m'amusais aussi bien qu'un enfant avec son jouet favori.
J'arrivais dans la forêt sans m'en rendre compte, quand la lumière s'affaibli et que je levais les yeux, il n'y avait qu'elle autour de moi. Surpris, je ralenti progressivement pour finir au pas. Je me mis à observer mon environnement. Il était familier, quelques jours plutôt déjà j'y étais. Plus au nord cependant. En regardant vers le Sud, je voyais sans problème la mer, ce serait un bon coin pour camper cette nuit, et puis je pouvais me le permettre, je n'avais plus aucune obligation dans l'immédiat.

Gargouilli.

J'avais faim. Le repas de la dernière soirée avait été copieux et m'avait ouvert l'appétit. Ce soir en plus du campement, il me faudrait chasser. Cette idée me fit sourire. Lentement je m'éloignais de la berge pour trouver les endroits plus fréquenté par la nature. D'un pas calme, la respiration imperceptible, tout mes sens étaient sollicité, je couvrais ainsi une grande zone autour de moi ou rien ne m'échapperait. Rapidement, la nature fit son apparition, je voulais du gros pour ce soir, quitte à en garder un peu pour la route, je ne m'arrêtais donc pas sur les odeurs d'aranis, sur les bruissements de certains oiseaux, la peau clair de quelques grepoidaus. Un couple de lapins m’interpella, mais il n'était que deux, ça ne suffirait pas.

Au bout de quelques minutes d'attentions, je trouvais mon bonheur, un sanglier, à l'odeur, il était dans son meilleur âge, sans doute bien gras, bien juteux, il n'attendait que moi. Cependant quelque chose m'intriguait. Depuis quelques secondes, une odeur venait d’apparaître. Une odeur qui n'avait rien a faire dans cette région, l'odeur d'un humain, mélangé étrangement à une autre odeur que je ne cernais pas encore. L'odeur se faisait de plus en plus prenante, l'être de plus en plus proche à mesure que j'approchais ma proie. Si elle voulait me la voler, il faudrait se battre. Tentant le tout pour le tout, je m'abaissais et repris dans une accélération soudaine une grande vitesse, tentant de calmer mes foulées pour minimiser le bruit. J'entendais maintenant quelque chose approcher tendis qu'une odeur de peur me parvint depuis l'endroit où se trouvait le sanglier. Il était temps, je bondis en avant.

A quelques mètres de moi se tenait, en l'air également, une femme peu vêtu, souriante de défis, arme au poing. Mon regard se fit dur, sortant une de mes dagues d'ivoire, de l'autre main je trouvai un arbre et m'en servi comme appuie, sautant avec une dernière accélération sur ma proie, l'attrapant au cou. La bête tomba au sol pendant sa tentative de fuite, et moi dessus, atterrissant sur la chair tendre à souhait de mon trophée. Je fis une moue irrité en voyant sur ma droite un bras accroché à une corne et un peu plus bas, une plaie près du cœur.

_Je ne sais pas qui tu es jeune femme, mais j'ai cette proie en vu depuis plus longtemps que toi, et mon coup l'a tué, ce sanglier et le mien.

Je m'étais levé, tenant encore dans la main la tête de la bête, et le dague de l'autre. Je faisais face à l'inconnue, un regard sévère sur le visage.
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MessageSujet: Re: Quand la chasse prend une autre tournure   Dim 23 Juin - 19:57

Pas de travail, pas d'argent. Les temps étaient durs, pas vraiment plus qu'ils ne le sont d'habitude, mais un peu plus quand même. Généralement il était facile de trouver un marchand à escorter ou un colis à livrer, cela payait peu mais c'était suffisant pour peu que l'on rusait un peu. Mais la bourse était trop vide, aussi avais-je quitté la civilisation il y a quelques semaines de cela pour vivre de la chasse et de la cueillette tout en me dirigeant vers le sud. La stabilité de Racium me permettrait sans doute de trouver plus facilement du travail.

La journée avait défilé lentement, mais il en était ainsi pour toutes les journées passées à marcher, si au moins il y avait des brigands, encore que mon apparence suffit généralement à les dissuader de m'attaquer, disons alors des brigands stupides, qui posséderaient quelques économies à récupérer. Mais non, au lieu de cela je n'ai rien croisé de vivant, la forêt grouille de bestioles plus ou moins dangereuses pourtant, sans compter les lycans, mais les dieux devaient m'en vouloir. Peut-être à cause du pauvre vieillard qui avait dû payer ma note à l'auberge. Le soleil déclinait et je n'avais toujours pas eu la trace de gibiers, la faim se faisait grandement sentir et je me résignais à aller vers l'est, la lisière étant généralement moins dangereuse la nuit.

Mon ombre ne cessait de croître lorsqu'elle entra en contact avec un animal, en concentrant mon regars je cru reconnaître un sanglier. L'épée à la main je m'approchais furtivement, déposant mes maigres affaires, prenant garde à être contre le vent car je n'avais pas envie de le pourchasser dans les sous-bois et risquer de tomber sur une embuscade de lycans. L'assaut était imminent mais une seconde silhouette se dessina, un homme qui chassait visiblement la même proie, la discrétion et la vitesse dont il avait fait preuve me laissait penser à un lycan, ou alors j'avais simplement été trop concentré sur ma proie. Je dessinais un sourire de défi sur mon visage mais il disparu presque aussi vite que je ne l'avais fait apparaître, l'homme venait de tuer le sanglier et il me signifia rapidement qu'aucun partage n'était possible. Je laissais échapper un soupire.

"Tu l'as eu je te le laisse, mais je doute que tu puisses le manger entièrement, et les températures actuelles ne t'aideront pas à le conserver plus d'une journée."

Vaine tentative de marchandage? J'espérais bien que non, même si en observant d'un peu plus près l'homme qui montrait fièrement son trophée j'en déduisais assez facilement que c'était un voyageur expérimenté, et à en juger par son visage, plus que moi. Je me retourna et pris mon sac qui s'apparentait plus à une besace d'herboriste puis m'avança vers l'inconnu pour m'arrêter à un mètre de lui. À cette distance je me rendais mieux compte de son physique, il était bien plus grand que moi, peut-être mesurait-il deux mètres, il a un physique de brute mais son attaque sur le sanglier montrait plutôt de la souplesse et de l'agilité, s'il n'avait été qu'un voyageur bourrin sans doute aurait-elle pu le tuer facilement, mais face à une personne aussi puissante il valait mieux la jouer fine. Je fis quelques pas supplémentaire pour me retrouver sans dos, en me retournant le vent emporta quelques mèches de cheveux qui se placèrent devant mon visage pour m'agacer, je les otais de mon champ de vision et reprit la parole.

"Je n'ai pas grand chose à t'offrir, pour ne pas dire rien du tout, mais peut-être pourrais-tu me laisser une cuisse? Il fait trop sombre pour que je puisse envisager aller chasser."

Je suis une personne généralement franche, là je ne l'étais pas, je pouvais tout à fait aller chasser un sanglier ou une biche, mais la probabilité d'en trouver maintenant que l'odeur de sang se répandait allait diminuer et je ne voulais pas me risquer à passer la nuit le ventre vide. Il était toutefois vrai que je n'avais rien à offrir, tout au plus un peu de papier qui me servait à écrire à ma fille, des bandages, je pourrais lui offrir ma compagnie mais je n'en avais pas envie, il n'avait pas ce que je recherchais. Mes yeux le fixèrent intensément, une réponse positive était tout ce que je pouvais espérer. Mon esprit pensa à Eireann, sans doute dînait-elle en ce moment avec ma soeur, le simple souvenir de ma famille me rendit un peu d'énergie, s'il refusait, j'irais chasser, et parce qu'il m'arrive d'être rancunière, je lui montrerai ma prise pour peu qu'elle soit plus grosse que la sienne.
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MessageSujet: Re: Quand la chasse prend une autre tournure   Dim 23 Juin - 22:29

La femme n'avait pas semblait le moins du monde apeuré par moi, alors que j'effrayais même certains membres de ma race. J'avais en face de moi quelque chose de caractère, peu définissable. Ce constat m'incita à observer plus en détail la silhouette qui me faisait face désormais. Elle était de taille moyenne pour une femme, habillé de peau et d'os, ce qui était étrange dans la région. De même son visage était peint à la manière des guerrières valkyries, tout ceci m'intriguait.

Elle avait lâché rapidement la proie qu'elle quêtait, mais parlementer un morceau, avec un langage qui se voulait simple mais qui cachait des choses. Sur ce point de vu ... c'était vraiment une femme, aucun doute. Je me méfiais déjà naturellement de ce qui m'approchait, mais la encore plus, cette femme était mystérieuse, anormale. Elle ne devait pas avoir trente ans qu'elle semblait avoir déjà l'expérience de quarante, et pour une humaine, elle était trop bien bâtie. Mais qu'importe, le sanglier était immense, j'avais fait une bonne affaire en le flairant, il y en aurait pour au moins quatre repas et comme l'affirmait la demoiselle, la viande ne se conserverait pas autant.

_D'accord, tu m'accompagne sur la rive si tu en veux, il y en a assez pour deux. Mais par contre, je garde la peau ... ou je te la vend, ça à l'air de te servir.

De mon regard, j'avais montré ses habits.

Sans attendre de réponse et montrant mon rejet de toute discussion jusqu'au campement, j'étais parti vers le Sud où la mer était encore audible, traînant derrière moi d'une main solidement placé dans la mâchoire ma nourriture pour ce soir. Je marchais, ça m'éviter de maltraiter la peau si prisé de l'animal, qui me permettrait à l'occasion de gagner un entretient de mes lames, si cher à mes yeux.

Sans me retourner j'étais arrivé près de la plage, et j'avais posé l'animal, je m’apprêtais à faire mon coin pour le feu quand je la vis. Me rappelant soudainement que je n'étais plus seul je soufflais lourdement. Ça faisait beaucoup de filles en très peu de temps, je devais avoir attrapé une malédiction, je ne sais trop comment, je ne savais pas trop comment prendre tout ça ... Mais cette fois contrairement à Doylana, la miss qui me faisait face était loin d'avoir la prestance nécessaire pour m'inciter à la diplomatie, d'ailleurs, Doylana était la seul à m'avoir fait réagir posément quand j'y réfléchissais.

_Puisque tu es là tu vas m'aider, va chercher des branchages, je m'occupe de prendre des pierres pour faire un feu en bonne et dû forme. On découpera la bête après et tu prendras une part.
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MessageSujet: Re: Quand la chasse prend une autre tournure   Lun 24 Juin - 1:12

L'homme accepta, je m'autorisa à sourire, il me proposa aussi de me vendre la peau plus tard, pensant que cela pouvait me servir, je ne lui répondis pas immédiatement, préférant le suivre jusqu'à la berge où il me demanda de chercher quelques branchages pour faire le feu. Je posais mes affaires et repartais dans la forêt. Il n'avait pas l'air d'apprécier la compagnie et je le comprenais, toutes les missions d'escorte ou même celles où il fallait faire équipe, devoir faire attention à la présence des autres, au rythme auxquels ils sont capables d'aller. Bien souvent je me trouvais plus ralenti qu'aidée, chose vraiment désagréable.

Je revins après une dizaine de minutes, mon bras gauche était recouvert de branchage tandis que sous mon bras droit j'avais maladroitement coincé deux buches qui semblaient suffisamment sèche pour brûler. Le froid ne me posant pas de problème il m'est souvent arrivé de dormir à la belle étoile sans feu, mais ici cela aurait été une mauvaise idée.
Je m'approchais du cercle de pierre qui avait été préparé et déposait les branches à l'intérieur, posant les bûches à côté pour plus tard éventuellement.

"Tu pourras revendre la peau en ville, je n'en ai pas l'utilité."



Ma réponse était tardive et désintéressée, comme si discuter ne m'intéressait pas. Je ne savais simplement pas quoi répondre d'autres car il était vrai que je n'en avais guère l'utilité, peut-être en justifiant mon choix? Je passais ma main dans mon sac pour chercher les silex et allumer le feu.

"Je ne suis pas franchement frileuse, et je préfère user de la vitesse et de l'agilité, rajouter plus de peau m'handicaperais plus qu'autre chose, ah les voila."

Je me penchais au-dessus du futur feu et réussis à obtenir une combustion stable après quelques minutes. Je me laissais tomber en arrière sur mes fesses, mon regard se posa sur lui quelques secondes, le temps qu'une question ne parvienne à m'occuper l'esprit.

"Tu as quel âge? Si ce n'est pas indiscret bien sûr, si tu es humain je parierai sur 35, éventuellement 40."

Je n'étais pas douée pour mener une conversation avec un inconnu, encore moins quand celui-ci semble plutôt fermé au dialogue. C'étaut loin d'être une nécessité pour moi, mais en l'occurence j'allais passer la soirée avec lui. C'est dans ces moments que l'on regrette de ne pas avoir de travail, parler avec un client ne pose pas de soucis puisqu'il s'agit uniquement de relation professionelle, mais il est toujours plus difficile de discuter avec un inconnu dont on ignore tout si ce n'est ses bonnes capacités physiques et son talent pour la chasse. Sa découpe du sanglier était d'ailleurs très propre, rien à voir avec ce que je faisais habituellement: fracasser avec l'épée puis arracher les bouts qui n'auraient pas cédé, il y avait certes des pertes, mais je voyageais de toute façon trop léger pour pouvoir -et vouloir- emmener des provisions. Ce serait sans doute utile pour s'éviter les journées comme celle-ci, mais elles étaient suffisamment rare pour que j'ignore ce risque. Je ne m'en étais pas rendu compte, mais mon regard était complètement absorbé par la coupe nette de ses dagues, il devait faire ça depuis vraiment longtemps, ou avoir travaillé comme boucher ou charcutier, c'était une autre possibilité, même si hautement improbable.
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MessageSujet: Re: Quand la chasse prend une autre tournure   Lun 24 Juin - 10:36

Je la vis entamer l’allumage après avoir effectué docilement ce que je lui avais demandé. Elle avait un certain sens de la discipline, ou alors acceptait-elle juste la coopération par envie d’un repas ? Ce n’était pas une question intéressante, elle par contre, l’était. Me voyant dans mon état fermé et grincheux, elle ne s’en formalisait pas. Cette petite bien que jeune semblait vraiment avoir un caractère particulier, je sentais que cette passivité n’était qu’une apparence.
 
Je pensais à tout ça pendant que je découpais le sanglier. Sa chair était tendre et mes dagues la coupait comme on coupe du beurre, je profitais de cet atout pour amasser un maximum de cette denrée délicieuse, découpant au passage le cuir avoir application. J’étais passionné par la bête, j’aimais la chasse pour ça également, voir une telle pièce dans mes mains … je prenais toute les précautions pour ne pas en laisser une miette, mon estomac me criait de me dépêcher, la salive emplissait déjà ma bouche, mais il fallait s’occuper de ça calmement. Pour me changer les idées, je répondis à la femme qui venait de prendre la parole.
 
_Très bien, je garde le cuir dans ce cas, il me sera utile avant sa vente pour garder un peu de viande. Tu me demande mon âge, ce n’est pas indiscret, mais tu serais surprise de le connaitre, avant cela j’aimerais te poser deux questions.
 
La viande était prête à cuir, la peau de l’animal avait été étalé par mes soins sur un rocher tout proche, il sècherait avec le feu. La nuit était tombée pour de bon maintenant, et je voyais la lune faire son chemin dans le ciel quand je m’assis et tendis une portion assez grosse à la dame. Avant de reprendre en démarrant la cuisson à l’aide d’une branche.
_D’abord tu me demandes mon âge sans donner le tient. L’âge d’une femme se cache parait-il, mais je ne suis pas du genre à faire des manières, j’aimerais connaitre le tient d’abord.
 
Je tournais légèrement la tête, faisant briller au feu la boucle d’oreille argenté qui pendait à mon oreille, j’allais la tester.
_Ensuite, tu as dit « si tu es humain », j’aimerais savoir ce que tu entends par là, je ressemblerais à un dimari ou a une quelconque bête sauvage ?
Mon regard fixait désormais le sien, sondant par le bleu de mes iris bleus le fond de ses yeux et par cette voix, son attitude. Je voulais la tester, cette fille m’intriguait. Sans avoir la prestance et la valeur de ma future alpha, elle avait quelque chose que je n’avais cerné alors que chez aucune humaine, ni humain d’ailleurs, souvent couard et fuyant jusqu’à leurs propres réalités.
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MessageSujet: Re: Quand la chasse prend une autre tournure   Lun 24 Juin - 12:22

Voila qu'il ne répondait pas à ma question en plus de m'en poser deux, cela me fit sourire, j'avais l'impression d'être dans une arène à tourner au tour de mon adversaire pour déceler ses faiblesses. Mais cela n'allait pas m'amuser longtemps, aussi je pris la portion qu'il me tendait. Je la plantais au bout de mon épée et la laissait à cuir au-dessus du feu.


"Ca ne me pose pas de problème de te donner mon âge, j'ai 27 ans à deux ou trois mois près."


Je regardais la viande chauffer, le défaut du sanglier était le temps de cuisson assez conséquent si l'on voulait quelque chose de bien cuit, mon estomac lui me disait de me jeter dessus, mais puisque mon compagnon de fortune semblait maintenant plus disposer à discuter, mon estomac devra faire preuve d'un peu de patience, d'autant que le temps allait passer plus vite en conversant.


"Ta vitesse, tes déplacements, j'ai du travailler dur pour avoir ce niveau, j'ai pourtant eu une éducation pour favoriser mon développement. Et puis tu as quelque chose de bestiale. Et le fait que ton âge puisse me choquer ajoute du poids à mon hypothèse."


Je remarquais qu'il mettait sa boucle d'oreille argenté en avant, était-ce volontaire? Un test peut-être? J'essayais de me rappeler des astuces de Drogon pour différencier le vrai du faux, mais à part une technique inutilisable consistant à laisser reposer le bijou dans de l'eau salée plusieurs heures, rien ne me revenait.


"Je ne pense pas que tu sois un Dimali, déjà cela se verrait beaucoup plus, plutôt un lycan. Eventuellement un valkyrie, mais les hommes avec un tel niveau sont très rares et j'aurais sûrement entendu parler de toi. Ce dont je suis sûre, c'est tu n'es pas un elfe."


Je goûtais à ma viande, mais celle-ci n'était pas suffisamment cuite, j'aime la viande saignante, mais pas lorsqu'elle est seulement tiède. Après l'avoir remise sur le feu je posais à nouveau mon regard sur cette boucle d'oreille, je ne le voyais pas être autre chose qu'un lycan et je cherchais le moindre indice pour me donner raison ou tort. En vain, le bijou était en bon état apparent à cette distance et je n'avais aucun bien en argent à lui lancer dessus pour voir sa réaction. Je ne crois pas non plus que les lycans vont "chercher" si je lui lance l'un des os de ma tenue, quoique ce serait amusant de le voir courir comme un chien pour récupérer un objet que j'ai lancé, mais sans doute le prendrait-il mal si j'essayais de faire une telle chose.


"Mais tu peux peut-être commencer par me dire ton âge maintenant? Et si tu le veux bien me révéler ta vraie nature."


Mes yeux l'analysaient une énième fois, il laissait trop peu d'information transparaître, c'était un peu frustrant, j'étais persuadée qu'il n'était pas humain, peut-être s'amusait-il avec moi, je n'avais jamais été douée pour enquêter ou voir les détails insignifiant qu'un forgeron remarquait sur sa dernière lame. En combat je les remarquais, mais uniquement parce que j'y avais été entraîné.
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MessageSujet: Re: Quand la chasse prend une autre tournure   Lun 24 Juin - 14:04

Elle était toujours calme, je commençais à m’y faire. Elle répondit tout en ce servant elle aussi, visiblement impatiente de pouvoir entamer son plat. En effet elle était jeune comme je le pensais, elle l’avait dit sans manière, j’appréciai ce détail. Elle m’expliqua ensuite qu’elle m’avait trouvé trop rapide pour être un humain, pensant directement au lycan. C’était en effet un attribut qui correspondait principalement, autant que l’aspect bestial qu’elle avait soulevé. Elle pointait aussi, à ma grande surprise, les valkyries, qui loin de ma race, avait également la force et la dextérité évolué. Cependant c’était la première fois qu’on cherchait à me comparer de la sorte, pour qu’elle y ait pensé directement, c’est qu’elle devait connaitre bien ce peuple, ça confirmait mes impression quant à son visage et ses vêtements. Je fermais les yeux puis les rouvrit en prenant la parole.

_Tu as raison je ne suis pas humain, les gens le sente sans pourtant s’en formaliser normalement. Pour tes réponses sincères, j’ai moins de raison de me méfier de toi, je peux donc te répondre.

Un rapide cout d’œil dans les environs dégagé de la berge me permis d’affirmé que nous étions seuls.

_J’ai maintenant environ 870 ans, je ne pourrais vraiment être plus précis, et oui, je suis un lycan, parmi les premiers sangs purs de ma race. Maintenant que nous avons fait connaissance, dans les grandes lignes, j’aimerais en savoir plus, tu es humaine, c’est indéniable, mais tu sembles ressembler tout de même beaucoup au peuple des valkyries. Je ne connais pas beaucoup ce peuple mais il ne me semblait pas qu’il y avait d’humaine dans leurs rang, qu’es tu exactement ?

En attendant la réponse, je jugeais ma viande, elle était grillé sur le dessus, un coup de dague permis de montrer un intérieur saignant, pile comme je l’aimais, je rapprochais la branche de ma bouche et mordis avec appétit dans la chair épaisse et cuite du sanglier. Comme je le pensais, elle était très bonne,  les joies de la chasse offrait de temps en temps de tels gibiers, et cette fois-ci, j’avais attrapé par mégarde une enfant … Mais elle semblait correcte, correspondant à mon esprit solitaire, c’était déjà ça.

Je repris, bâton toujours à la main, un autre épais morceau de viande et le plaça au dessus du feu. Profitant du mouvement pour ajouter une buche apporté par la femme. La nuit était jolie ce soir encore, et ce soir encore, et ce depuis maintenant plus d’une semaine, je n’étais pas seul.
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MessageSujet: Re: Quand la chasse prend une autre tournure   Lun 24 Juin - 14:50

J'allais avoir mes réponses! Je ne savais pas si je devais m'en réjouir ou me sentir mal à l'aise du fait que même dans un endroit aussi esseulé il vérifie qu'il n'y avait personne. La réponse n'était pas surprenante, certes son âge pouvait donner le tournis et je voyais mal ce que l'on pouvait gagner à vivre aussi longtemps, en fait je ne voyais même aucun intérêt à vivre aussi longtemps, mais sans doute son point de vue différait-il du mien. De son côté il avait trouvé mon lien avec les valkyries, même si ce n'était pas très dur dans la mesure où je n'ai pas cherché à le cacher. D'ailleurs, les valkyries aussi vivaient longtemps, mais pas au point d'atteindre et encore moins dépasser les 800 années d'existence.

Je le regardais prendre sa viande et en profitais pour vérifier la mienne, elle était bonne, j'en arrachais un grand morceau que je machais avec plaisir avant de l'avaler. Sentir un gros morceau de nourriture descendre dans son oesophage alors que l'on a faim est toujours un grand bonheur. Je posais mon regard sur la mer qui était aussi calme que le ciel, réfléchissant à ma réponse et à la quantité d'informations que je voulais bien lui donner.


"J'ai simplement été recueilli par des valkyries, j'ignore ce qui est arrivé à ma vraie famille, si elle a été tué par des animaux, des brigands, des lycans, ou s'ils m'ont simplement abandonné. J'ai été élevé comme n'importe quelle valkyrie."


Cela devrait suffir pour le moment, s'il voulait plus d'information rien ne l'empêcherait de me poser d'autres questions, de mon côté il y en avait une que je voulais lui poser, je mordis une nouvelle fois dans la délicieuse viande que j'avais traqué plus tôt. Je laissais s'écouler un peu plus d'une minute, le temps de prendre une autre bouchée avant de me décider à poser la question.


"Ce n'est pas chiant de vivre aussi longtemps? Tu dois avoir faire le tour du monde des dizaines de fois, et on ne peut pas dire qu'il y ait eu quelque chose d'intéressant qui justifierait de continuer à vivre après tout ce temps. Et tu n'as sûrement pas de famille."


Ma dernière phrase était peut-être un peu rude mais ne représentait que l'apparence de la situation: il voyageait seul, ne semblait pas spécialement sociable. Il est vrai que l'image que je renvoyais ne devait pas être bien meilleure, mais j'étais encore jeune, je n'avais pas encore vu le monde dans son intégralité et surtout, mes rêves d'aventures étaient intacts. À son âge, cela me semblait difficile de toujours avoir des rêves. Peut-être devrais-je m'excuser d'avoir fait ce constat, mais le formuler différemment aurait sonné faux. 



J'arrachais la viande de mon épée et la coinçait sur le crâne qui couvrait mon avant-bras droit après en avoir prit une nouvelle bouchée. J'éviterais ainsi de la faire brûler sur le feu. Je laissais tomber ma tête en arrière, mes yeux se perdaient dans le ciel dégagé, quand on y pense, le ciel est franchement effrayant, on ignore s'il a une fin comme la mer a un fond, on y voit des choses sans vraiment savoir ce que c'est vraiment, il est un peu comme l'imagination, sans limite, avec toutes les choses effrayantes que cela peut impliquer.
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MessageSujet: Re: Quand la chasse prend une autre tournure   Lun 24 Juin - 16:27

La femme était curieuse et avait des idées construites, des convictions fortes semblait-il, même pour une humaine, c'était trop jeune pour agir ainsi, elle devrait découvrir le monde, accepter ce qui l'entoure et réfléchir dessus plutôt que d'exprimer ces incompréhensions face à ce monde. Peut-être son histoire était la cause de cette "vieillesse" d'esprit, ne pas connaitre ses parents, être élevé par d'autres, ce n'était pas simple.

_Pour ta famille, il y a très peu de chance que ce soit mes semblables qui en soit la cause, l'alpha des karath en place pour le moment n'est pas du genre à accepter ce genre d'actes gratuits.

C'était plus pour venter la meute telle que je la voyais maintenant que pour la rassurer de quoi que ce soit. Mais je devais encore mettre quelques petites choses à leurs place face à la réaction de la femme valkyrie.

_Tu es donc élevé chez les valkyries, c'est un peuple fier, tu sembles avoir bien hérité de leurs coutumes ... Concernant mon âge, ta question, je ne devrais pas pouvoir la comprendre. Nous sommes une race à forte longévité, c'est naturel pour nous de vivre ainsi longtemps, autant que la vie d'un homme nous semble dérisoire. J'ai toujours des choses à faire dans ce monde, j'ai voyagé, grâce au mercenariat, j'ai pu voir beaucoup de paysages, je ne suis pas même pas originaire de ce continent. Et je cherche toujours quelque chose auquel je tiens.

Je calmais un peu ma voix, ajoutant de la nuance à mes propos tranchants.

_Bien sûr, le temps est parfois long, voilà plusieurs siècles monotones que j'ai passé, à travailler, voyager, sans avancer dans mes buts. Mais vois-tu il y a des moments comme pour moi ces dernières semaines où on se retrouve confronté à une vie qui change beaucoup, voilà peu j'étais un solitaire qui traînant dans un but difficile à atteindre, maintenant je suis un solitaire qui va rejoindre une communauté qui me ressemble, à quelques nuances près, et mon but va pouvoir se rapproché radicalement d'une finalité.

Je repris, plus fort.

_Mais le monde est vaste, on a toujours des choses à voir, des objectifs à ce donner. Pour te donner un exemple, je me plait à cultiver mon corps, le rendre meilleur de jour en jour, apprendre également des styles de combat, en  800 ans je suis loin de tout connaitre et tout m'intéresse de plus en plus. En 100 ans, comment penses tu avoir le temps de t'ennuyer ?

J'avais terminé, sorti beaucoup de choses de mes expériences. Ce rôle soudain d'éducateur que je savais être le seul à estimé ainsi me plaisait en quelque sorte, j'avais l'avantage d'avoir une vie longue et bien rempli, et d'avoir un regard objectif sur l'humanité et son évolution, je pouvais utiliser mon savoir autrement que pour moi. Même si finalement je n'aimais pas trop, cette femme était particulière, elle avait éveillé cette envie de lui apprendre quelque chose, je n'avais avant ressenti ça que dans de rares relations de confiances avec des mercenaires devenus collègues, qui avait tous vécu leurs temps, me laissant continuer seul.

Après tout ça, j'avais soif et faim à nouveau, je confirmais l'état du morceau qui cuisait au bout de ma branche, et bu l'eau de ma gourde en cuir toute neuve avant de manger sans manières un nouveau et large morceau de viande. Du sanglier il ne restait maintenant que quelques kilos de viandes, il sera fini d'ici demain midi.
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MessageSujet: Re: Quand la chasse prend une autre tournure   Mar 25 Juin - 0:39

Je ne savais pas trop comment j'avais provoqué cela, mais mon compagnon de ce soir venait de s'ouvrir, avais-je dis quelque chose pour l'inciter ainsi à parler? Je ne crois pas. Mais je n'allais pas m'en plaindre et préférais prêter une oreille attentive à ce qu'il avait à dire. Certaines choses me marquèrent, d'autres moins. Sa remarque sur la longevité de la race me fit comprendre, partiellement, la relative stupidité de ma question, il était vrai que la courte vie qui s'offrait à moi ne me permettrait pas de tout faire, mais c'était aussi ce qui me plaisait, je devais faire des choix, décider de ce qui valait plus que le reste à mes yeux. Mais ce qui retint le plus mon attention était sa dernière phrase, mon interlocuteur avait visiblement mal interprêté ma question, ou peut-être n'avais-je pas été assez clair?


"C'est vrai que cela doit te sembler naturel de vivre aussi longtemps, et j'imagine qu'une telle longévité permet de se découvrir quelques passions insoupçonnées. Mais je pense que tu as mal compris ma question, je ne crois pas que j'aurais le temps de m'ennuyer en seulement 100 ans, peut-être sur les dernières années de ma vie. Mais ma question était à comprendre avec des yeux humains: tu as déjà vécu huit fois plus longtemps que je ne pourrais l'espérer. Et tu l'as d'ailleurs toi-même avoué: tu as passé plusieurs siècles dans une certaine monotonie. En tant qu'humaine je peux te dire que je n'aurais probablement pas tenu le quart d'un seul de tes siècles avant de me pendre. Mais c'est peut-être simplement mon manque d'expérience qui me fait penser cela, tu l'as dis toi-même, tout t'intéresse de plus en plus."


Je marquais une pause pour terminer la part qu'il m'avait généreusement offert, je posais ensuite mon épée à côté de moi avant de m'allonger sur le sol frais, passant mes mains derrière ma tête. Ma tête encore remplie de ses paroles, un point que j'avais omis me revint en tête. Je me redressais aussitôt pour lui demander.


"Tu as parlé d'un but, je peux savoir quel est le tien? Parce qu'il t'a quand même fait tenir pendant plusieurs siècles de monotonie."




Peut-être cherchait-il quelqu'un de cher à son coeur? Mais s'il n'a pas été capable de la retrouver en 800 ans... Je me montrais de plus en plus curieuse vis-à-vis de ce lycan, il n'avait pas l'air de chercher la gloire ou la fortune, il se donnait des grands airs de mercenaire solitaire alors qu'il ressemblait plus à un ours. Plus j'en apprenais et plus je voulais en savoir, en fait, il était comme certains livres qui ont l'air de récupérer tous les clichés possibles du genre, et qui, si l'on s'atarde un peu sur le contenu, nous révèlent une certaine richesse.
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MessageSujet: Re: Quand la chasse prend une autre tournure   Mar 25 Juin - 11:33

Elle avait pris pour elle une phrase que j’avais donnée, plus par mesquinerie envers la race humaine que pour son cas, il faudrait que je rectifie mes propos. Elle répondit par d’autres interrogations également, tout en finissant son plat sans en demander plus. Mais elle avait aussi précisé comment elle voyait sa vie et comment elle s’imaginerait à ma place. En effet, un siècle.
 
_Ne prends pas ma dernière phrase pour toi, c’est un reproche que je fais principalement à ton espèce qui a la fâcheuse tendance à se plaindre, contrairement à toi. Concernant mon but, il n’a rien de bien intéressant pour autre chose que moi. Je suis en quête constante de réponses, une partie de ma vie m’a été volé et je mène une enquête pour découvrir les parties manquantes. La longévité de ma race m’aide, en plus de me laisser en vie, à retrouver parfois des anciens compagnons. Mais depuis que j’ai quitté mon continent d’origine, j’en croise beaucoup moins, c’est la raison de ma monotonie de plusieurs siècles, je patinais simplement. Mais n’imagine pas que j’avais le temps de m’ennuyer, je vivais tout simplement, simplement je ne me rapprochais pas beaucoup de ma raison de vivre.
 
_Mais j’en ai assez dit, tu as de la chance de me trouver fatigué et de bonne humeur, je compte sur ton silence concernant cette histoire.
 
Mes yeux se firent lourds, le regard qu’ils rendaient était un regard de promesse. Bien qu’elle ne m’inspirait aucun risque réel et que je l’imaginais suffisamment intelligente pour garder cette histoire pour elle, je lui fis comprendre par ce regard ce qu’elle risquerait à divulguer quoi que ce soit.
 
_Maintenant, parlons un peu de toi, si tu le veux bien. Tu dis que tes parents sont morts, quelqu’en soit la raison, et tu as été élevé chez les Valkyries. T’ont-ils réellement accepter sans rien dire ? Comment t’es tu retrouver dans leur peuple ? C’est intriguant, tu me sembles être un cas unique en ton genre. De plus, tu te balades seul, tu n’as pas de groupe ? Pour un groupe aussi fier, c’est étonnant également. Bien sûr, tu as le choix d’écourter la discussion, il nous faudra bientôt dormir ou nous séparer de toute façon, je ne compte pas camper ici plus d’une nuit.
 

Sur ces paroles, je reprenais une nouvelle portion de viande, j’avais des crocs de loup, pour ainsi dire, ma faim ne semblait pas se calmer. Mais la viande était bonne et la compagnie pas trop mauvaise, ce n’était pas dérangeant.
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MessageSujet: Re: Quand la chasse prend une autre tournure   Mar 25 Juin - 14:04

Il n'était pas originaire de ce continent, cela m'étonnait un peu puisque les lycans étaient principalement basé sur ce continent-ci. Il me fit clairement comprendre que je devais me taire concernant cette histoire, à vrai dire, j'avais bien du mal à cerner quelle partie je devais taire étant donné qu'il n'y avait rien de particulièrement dérangeant là-dedans, aussi je me contentais d'acquiescer silencieusement. De toute façon je voyais mal à qui et pourquoi j'irais raconter cela. Lorsqu'il reprit la parole, mon heure était venue, j'allais devoir parler de moi et de mon passé, même si cela ne me pose aucun problème. Aussi écoutais-je les questions du vieux lycan qui reprit à nouveau de la viande après avoir posé toutes ses questions. Moi j'organisais les mots dans ma tête pour être la plus claire possible.


"Je ne suis pas quelqu'un d'attaché à mon passé, de ce que l'on m'a dit, mes parents adoptifs m'ont trouvé dans une forêt, ils ont simplement sauvé un enfant de quelques mois d'une mort inévitable. S'ils m'ont accepté sans rien dire, je ne sais pas, peut-être ont-ils eu quelques moqueries de la part d'autres familles, j'étais trop petite pour m'en souvenir et même si c'était le cas ça ne l'est plus maintenant. Dans ma cinquième année j'ai eu une petite soeur, à partir de ce moment j'ai essayé d'être une aînée modèle, je travaillais dur à l'école d'abord pour que l'on soit fière de moi, puis pour faire fermer la gueule aux abrutis qui se moquaient de moi et mon "infériorité", certains ont bien morflé."


La dernière phrase avait vu ma voix prendre une sonorité plus froide, teintée d'une certaine satisfaction, je ne suis pas quelqu'un de très rancunnière, mais il y a certaines choses qui sont agréables à évoquer juste pour la vengeance en conséquence.


"Pour simplifier au maximum c'est après cette petite mise au point que j'ai été parfaitement intégré."


Un sourire vint donner un soutien visuel à ma voix tandis que je m'allongeais sur le côté en retenant ma tête de la main avant de reprendre mon récit.

Parce que tout le monde n'a pas fait bio pour savoir décrire ça Razz:
 



"Je voyageais avec mon compagnon, il est mort lors de notre premier voyage avec notre fille. J'ai laissé Eireann chez ma soeur et ça doit faire deux ans que je voyage seule."


Ma voix avait inévitablement perdu de sa froideur lorsque j'évoqua le père d'Eireann, notre voyage à trois teinta ma voix de peur et de dégoût. J'avais beau tout faire pour supprimer ces images de mes souvenirs, mais rien n'y faisait, ce qui s'y était passé ne me posait pas fondamentalement de problème, j'avais accepté sa mort, non ce qui me posait problème était les images. Je n'aurais pas du en parler, la nuit allait être longue et peu reposante maintenant. Je lâchais un soupire puis un baillement.


"Et puis je n'aime pas dépendre des autres, ni rendre les autres dépendants de moi, voyager seule m'évite de nombreux désagréments pour finalement assez peu d'inconvéniants."


La position allongée me donnait envie de dormir, aussi je posais ma tête sur mon bras qui me servirait d'oreiller pour la nuit. La journée avait été harassante et je ne serais sans doute pas capable de tenir plus d'une heure avant de sombrer.
Je laissais apparaître un sourire légèrement moqueur lorsque je lui demanda:


"D'autres questions à mon propos monsieur le lycan?"
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MessageSujet: Re: Quand la chasse prend une autre tournure   Mar 25 Juin - 14:43

Elle raconta son histoire sans réticence, moins pudique que moi sans doute. Elle était assez tragique sur pas mal de point, malgré qu’elle le raconte sans que ça le paraisse. C’était une fille orpheline et veuve avec un enfant sur les bras. Heureusement les valkyries l’avaient accepté et elle avait une famille, et son enfant était en sécurité. Je n’osai pas demander comment son mari était mort, elle ne semblait pas enclin à en parler et ça ne me regardait de toute manière pas du tout.

_Je n’ai pas d’autres questions jeunes impertinente. Tu sembles fatigué, il est en effet temps de dormir.

J’avais dit tout ça dans une voix suffisamment douce pour ne pas être mal pris, je l’espérais tout du moins. Pendant qu’elle tombait visiblement lentement dans le sommeil, je me levais, ramassais le reste de viande dans le cuir maintenant sec du sanglier et posa le tout proche de mon petit sac. Déposant les lanières de cuir me servant de fourreau, je parti après avoir vérifié qu’on ne serait pas ennuyer, vers la mer.

J’avais pris goût à la baignade récemment, je me mis à nager, l’espace disponible me permettait de faire disparaître mes dernières forces qui m’éloignait du sommeil. Je fis ce soir la plusieurs kilomètres à la nage, en direction du large puis au retour. De part la géométrie des lieux, on voyait distinctement la berge d’en face, mais elle était trop loin pour s’y rendre. Je me dis que quand je repartirais vers la capitale, j’irais peut être à la nage, ça changerait un peu, mais la viande ne tiendrait pas.

Une fois sur la plage à nouveau, je regardais le ciel. La lune était au zénith, il était vraiment temps d’aller dormir. Avant d’exécuter cette pensée, je me remis près du feu pour me sécher et réchauffer ma peau.
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MessageSujet: Re: Quand la chasse prend une autre tournure   Mar 25 Juin - 17:38

Il me proposa de dormir, même si je n'en suis déjà plus très sûre, mon esprit était déjà bien lourd à ce moment-là alors même que quelques minutes auparavant je discutais sans que la fatigue ne soit gênante. il m'avait semblé entendre quelque chose entrer dans l'eau, ou dans des broussailles, je ne faisais plus la différence et c'était de toute façon la dernière chose que j'entendis.

Mon sommeil fut étonnament paisible, j'avais pourtant parlé d'Erwan, ce qui suffisait généralement à avoir une nuit agitée. Dans mes rêves, je flottais paisiblement, pas sur de l'eau, mais sur quelque chose de plus doux et léger, cela aurait pu être un nuage, j'ignorais quel effet cela faisait de toucher un nuage, mais son aspect semblait assez proche de ce que je ressentais. Je dérivais, doucement et sûrement, mon corps ne pesait rien, il n'y avait rien au tour de moi si ce n'est cette douce étendue. Je finis par tomber de sommeil, et tout au tour de moi disparu progressivement. Je me retrouvais ensuite dans le passé, je me voyais, adolescente, défiant deux autres valkyries. J'étais maintenant poursuivi par un lézard bipède géant, il mesurait environ 4m de haut et sa gueule avait de quoi engloutir entièrement deux humains sans difficulté. Je fonçais droit dans la forêt, après avoir zigzagué je grimpais à un arbre pour me retrouver au-dessus de l'étrange animal, je sautais épée la première, pénétrant cruellement son crâne qui laissait échapper un impressionant cri de douleur. Il me rejetait au sol, mon épée toujours coincée dans sa tête, je l'observais, j'attendais simplement qu'il s'effondre. À nouveau tout se déforma au tour de moi, j'étais avec une valkyrie, dans une auberge relativement déserte, chacune avait sa choppe de bière remplie, les rires étaient nombreux et à nous deux nous suffisions à mettre une belle ambiance dans ce lieu moribond.

Mes yeux s'ouvrirent doucement, je les frottais un moment avant de prêter attention aux environs. Le ciel s'éclaircissait mais le soleil n'était pas prêt à se lever, la mer était aussi calme que la veille et le lycan semblait dormir. Je m'étirais un moment avant de passer ma main dans mon sac, récupérant mon carnet et de quoi écrire, j'arrachais l'une des pages avant d'entamer une lettre, la lettre que j'enverrai à ma fille en arrivant en ville. Après avoir trouvé du travail bien entendu. Je lui parlais de ces dernières semaines, mais le plus gros de ma rédaction se concentrait sur la veille et ma rencontre avec un mercenaire solitaire qui avait visuellement tout du brigand mais dont on se doutait qu'il était fiable tant que l'on ne le trompe pas. Je lui souhaitais aussi de rencontrer ce genre de personnes. Ma lettre finie, je rangeais le tout dans mon sac et me recouchait sans attendre, si je pouvais dormir encore un moment cela serait toujours ça de pris.
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MessageSujet: Re: Quand la chasse prend une autre tournure   Ven 28 Juin - 15:23

J’étais sec mais l’envie de me coucher ne venait pas. Je restais allongé sur le dos, à regarder le ciel, réfléchissant à nouveau, cette fois sur la dernière rencontre. J’étais plus ouvert qu’avant, j’avais changé depuis ma rencontre du groupe de lycan. Pendant maintenant près d’un siècle, je n’avais pas eu à partager mon temps avec quelqu’un d’autre, j’en étais devenu aigri. Mais maintenant la compagnie me semblait moins dérangeante, même si j’avais encore besoin d’avoir mes moments à moi. J’étais visiblement de nouveau capable de m’intégrer à un groupe, de partager un voyage et des paroles, ne serait-ce qu’un temps.

Je repensais à cette soirée, j’avais appris des choses sur une personne visiblement assez sympathique, qui aimait autant que moi le calme et la liberté de la solitude, et qui avait aussi eu une vie difficile. Je me demande ce qu’elle faisait de sa vie, à voyager ainsi seule. Peut être aussi du mercenariat, ou des missions de la part des valkyries … Je lui demanderais si j’y pensais une fois le matin de retour.

Il était tend de dormir, motivé ou pas il fallait que me couche, ma course d’hier m’avait tout de même enlevé des réserves qui pourrait être vitales en cas de problèmes. Je me couchais donc à ma place, un peu éloigné du feu pour ne pas cuir par sa chaleur. Il me fallu plusieurs dizaines de minutes pour trouver le sommeil.


C’était le matin quand je sorti du brouillard, sans bouger j’entendis quelque chose griffonner, l’humaine devait sans doute écrire quelque chose, il valait mieux ne pas la déranger, je restais allongé encore quelques temps. Au bout de quelques minutes de silence, je me décidais enfin à me lever. Elle était couchée maintenant, voulant sans doute profiter du calme pour finir tranquillement sa nuit. Le feu était éteint, le paysage était calme, pas de vent, un soleil encore bas mais déjà chaleureux, aucun bruit de la nature mis à part les vagues, c’était reposant. Je regardais dans la direction de la capitale. Il fallait que je m’y rende, j’étais de plus en plus pressé de voir si un inné me conviendrait. A mes côté, la femme se levé à nouveau.

_Bonjour, tu as bien dormi ?

Je me tenais maintenant debout sur un rocher de la côté, à quelques mettre du feu, une brise légère souleva ma chemise déjà abimé et encore déboutonné de la nuit.
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MessageSujet: Re: Quand la chasse prend une autre tournure   Ven 28 Juin - 20:40

Lorsque je me réveillais à nouveau, l'impression de ne pas m'être rendormie était forte, j'avais la sensation d'avoir assez dormit et de ne pas avoir dormit du tout, troublant. Je me redressais et me frottais les yeux un court instant. L'air était frais, chaque inspiration me donnait un peu plus d'énergie, mon réveil terminé, je cherchais du regard mon compagnon de la veille. C'est sur un rocher près de la côte que je le vis, il me salua et me demanda si j'avais bien dormit. Il n'avait pas encore remis correctement sa chemise, sans doute venait-il lui aussi de se réveiller.


"Très bien merci, et toi?"


Debout sur mes jambes, je fis quelques pas dans sa direction avant de me tourner vers le sud. Le vent soufflait légèrement et m'envoyait quelques mèches sur le visage que je m'empressais de repousser sur les côtés. La nuit était finie et nous allions nous séparer, moi je continuerai ma route vers le sud et lui la sienne. Je gardais mon corps figé quelques secondes encore, mes yeux se perdaient à l'horizon à la recherche de la ville même si je savais que j'étais encore trop loin pour percevoir ne serait-ce que le fort. Je tournais à nouveau la tête, vers lui et la mer cette fois.


"Je vais partir dans cette direction, et toi?"


Ma voix était enjouée, avoir de la compagnie aura été agréable, mais l'appel des grands espaces et de la liberté prenait le dessus, dans peu de temps, tout au tour de moi ne sera plus qu'horizon et cette pensée m'apportait une satisfaction certaine.


Dernière édition par Tyris Flare le Sam 29 Juin - 15:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Quand la chasse prend une autre tournure   Ven 28 Juin - 21:31

Elle se leva assez tranquillement, et me rejoint près du rocher, m'indiquant l'endroit où elle se rendait.

_Je vais en direction du Sud également, je vais en direction de la capitale pour quelques achats et toi que comptes tu faire au Sud ?

J'avais préféré dire ce que je ferais moi même avant de poser la question, la compagnie était sympathique, autant être un minimum poli désormais.

Je sautais de mon rocher et commença a ramasser le peu d'affaire qui m'appartenait. Remettant ma chemise dans un état correct, je la dépoussiérai d'une main et fit quelque pas dans la direction que nous allions prendre tout les deux. Le soleil naissant laissait transparaître un peu le paysage pas encore totalement réveillé que nous allions arpenter, c'était plat, principalement de l'herbe mais au loin on apercevait des terres cultivés, un village devait se trouver à l'horizon, mais je pensais bifurquer sur le sud-ouest avant de l'atteindre, je n'avais rien à y faire. Je comptais partir rapidement, non pas que je n'avais pas le temps, bien au contraire. Mais j'avais appris rapidement que rester statique n'apportais que des ennuies aux gens qui vivaient dans le danger comme les mercenaires.

_Tu me répondra sur la route si tu le souhaite, nous allons partager un peu de chemin, autant trouver une occupation, à moins que tu souhaites traîner un peu. Si c'est le cas je pars devant, je ne supporte pas l'inactivité, surtout après une nuit de sommeil.

Je restais là, debout, regardant la femme sans vraiment la regarder, attendant une réponse pour pouvoir agir. C'était l'un des soucis qu'on avait a se retrouver dans un groupe, surtout quand personne n'est là pour mener. D'un coup je me demandais ce que j'allais faire une fois avoir terminer mes affaires à la capitale, je n'en avait que pour quelques semaines pour y aller, le retour en direction de la forêt ne prendrait pas plus de temps, et je ne voulais pas arriver avant Doylana au campement. J'imaginais que j'allais voyager un peu, partir voir la côté ouest du continent et la longer en direction du Sud pour remonter lentement en direction de l'est au niveau de la forêt. Je verrais bien ...
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MessageSujet: Re: Quand la chasse prend une autre tournure   Sam 29 Juin - 15:48

Il allait aussi vers le sud, lui pour des achats, moi pour du travail. Il descendit de son perchoir, remit en place sa chemise et regardait l'horizon, moi je le suivais du regard. Quand il me dit que nous pouvions faire un bout de chemin ensemble, pour peu que je ne souhaite pas traîner, j'hésitais. Je ne souhaitais pas particulièrement trainer, mais je n'avais probablement pas les jambes pour courir aussi vite et longtemps que lui. Je lui tournais le dos et ramassais mon épée et mon sac, si son rythme était trop élevé, je pourrais toujours continuer seule. Bien sûr il n'y avait pas que ça: je ne savais absolument pas de quoi nous pourrions encore discuter, mais je pense être quelqu'un qui peut se passer de conversation, même si cela finit toujours par instaurer une certaine tension inhérente aux silences prolongés. L"autre désagrément était les bandits, bien sûr il est toujours dangereux d'affronter des bandits, mais généralement ceux-ci sont suffisamment mauvais armes en main pour que je m'en occupe seule, la présence d'une seconde personne diminuait considérablement -pour ne pas dire annulait- toutes les chances d'être attaquer et donc de récupérer du matériel à revendre facilement. Mais dans la mesure où je me déplaçais vers Racium, les chances avaient de toute façon déjà bien diminuées.


"Je veux bien, je ne sais pas à quel rythme tu voyages mais je devrais pouvoir suivre un certain temps."


J'attendais maintenant son départ, jusqu'à ce que je me souvienne de la précédente question.


"Je vais au sud pour du travail, le temps d'amasser un peu d'argent pour pouvoir envoyer des lettres à ma fille avant de repartir. Ensuite j'avais dans l'idée d'aller plus au sud, découvrir Arphànö, je n'y suis encore jamais allée."


Un territoire que l'on peut considérer comme étant sauvage, cela a de quoi exciter la fibre aventurière de n'importe qui, alors lorsqu'il s'agit de moi qui chéris la liberté et les espaces sauvages, ce n'est plus de l'excitation dont il s'agit mais d'une véritable attirance, une attirance irrésistible. Je sentais déjà mon coeur accélérer sous ma poitrine et mon taux d'adrénaline dans le sang augmenter. Dommage qu'il n'y avait pas d'ennemis dans le coin pour que je puisse libérer un peu de pression. Au moins, je n'aurais pas à m'inquiéter du rythme si le lycan venait à se mettre à courir que ce soit parce qu'il se mettait en route ou pour une quelconque autre raison.
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MessageSujet: Re: Quand la chasse prend une autre tournure   Jeu 4 Juil - 12:19

Elle s’en allait vers le sud pour le travail et comptait visiter le continent inexploré, c’était audacieux, elle semblait assez aventureuse. Beaucoup avait peur concernant les rumeurs qui circulaient sur cette région. Elle s’était vite préparé et était maintenant prête, acceptant mon invitation à faire un bout de chemin ensemble.

_Ne t’inquiète pas, je compte courir mais pas à pleine vitesse, je préfère garder mes forces et voyager sans dormir, la course c’est pour le plaisir.

Je jetais un dernier regard à notre campement. Il restait des traces de notre passage, mais ça aurait pu être des traces de n’importe quelle personne, toute race diurne confondu. Les charognards se chargeraient des os laissé au sol, dont une partie état calciné ou rongé. La plage n’avait pas gardé mes empreintes de la nuit passé, nous étions sûr de ne rien laisser qui permettrait à qui que ce soit de remonter à nous. Bonne chose, nous pouvions y aller.

Me retournant, je la regardai un coup avant d’entamé un trot posé, je jugerais au fur et à mesure quelle vitesse de croisière pourrait convenir. Mais il semblerait qu’elle était capable de suivre.

_Nous ferons des pauses, au moins pour le repas de midi, je compte bien finir le sanglier que nous avons commencé. A partir du village, je compte partir un peu plus vers l’ouest, ça te convient.

Le soleil avançait dans le ciel au fur et à mesure que l’on s’approchait de lui, faisant réduire petit à petit les dernières ombres qui persistaient dans ce paysage plat et verdoyant. Le vent était toujours aussi calme, la journée serait calme concernant la météo et je doutais qu’en approchant de cette région du continent on soit dérangé, je pouvais me permettre de diminuer un peu l’attention porté aux dangers qui nous entourait. Je ne devais cependant pas oublier qu’un mercenaire est une cible que toute capitale possède en son sain et dans sa périphérie des chasseurs de têtes qui ne sont pas toujours des enfants sortant de couveuses.
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MessageSujet: Re: Quand la chasse prend une autre tournure   Jeu 11 Juil - 20:40

L'annonce que sa course ne serait pas pleine me rassura un peu, moins lorsqu'il parla de voyager sans dormir, de toute évidence leur chemin se séparerait au plus tard ce soir. Il entama un trot peu contraignant, voyant que je suivais sans mal il augmenta le rythme, mes pas s'enchainaient à bon rythme et je m'estimais capable de maintenir ce rythme durant 5 voir 6 heures. Des pauses étant prévues, au moins une pour midi, continuer sur ce rythme jusqu'en début de soirée ne me semblait pas irréaliste. Entre 100 et 150km auront été parcouru d'ici ce soir si mon estimation n'était pas trop mauvaise.


"Racium est au sud, non? Légèrement excentré vers l'est depuis notre position. Pourquoi vouloir dévier vers l'ouest?"


J'avais fait le choix de phrase courte pour économiser mon souffle, j'étais fraiche en cet instant, mais d'ici ce soir c'est une dizaine de kilomètres qui seront mis en jeu et je ne souhaite pas les gaspiller. Je laissais le soleil monter dans le ciel, le campement de cette nuit n'était plus rien depuis longtemps déjà et la faim commençait même à se faire sentir, annonçant l'arrivée du soleil à son zénith. Je n'avais pas spécialement envie de m'arrêter pour manger mais je savais qu'en continuant je puiserai beaucoup plus dans mes ressources même en mangeant plus tard. Mon regard fixait le sol proche, regarder l'horizon ou les côtés permet de se rendre compte de sa propre lenteur et c'est épuisant mentalement, le sol proche lui défile rapidement et donne l'impression de bien avancer. Bien sûr il était nécessaire de regarder 3 ou 4 mètres devant, pour avoir le temps de réagir, mais regarder plus loin était inutile, à la limite jeter un oeil à l'horizon toutes les 15 ou 20 minutes pour voir si quelque chose était devenu visible.


"C'est frustrant de voyager sur des terrains dégagés. On avance pas."


Faire la conversation n'était pas spécialement utile et encore moins intéressant, mais le silence prend plus de poids chaque minutes passées.
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MessageSujet: Re: Quand la chasse prend une autre tournure   Ven 12 Juil - 15:27

La remarque de la jeune humaine me fit grogner sourdement. J’avais toujours eu des lacunes sur ce genre de point. Tout était toujours clair dans mon esprit, sans forme d’idée, parfois d’image, mais le vocabulaire que j’employais ne convenait pas toujours. Et sur ce coup, j’avais échangé l’Ouest et l’Est. Je n’aimais pas passer pour un abrutit de cette façon, surtout après une vie longue et pleine comme la mienne.

_J’ai visualisé ma carte dans le mauvais sens. Pour faire simple, je pars en direction de la capitale, tu penses pouvoir me suivre jusqu’où ?

J’avais dit ça sur un ton calme mais l’irritation était audible, je l’espérais faiblement.

Je regardais à nouveau autour de moi, profitant des terres dégagés pour voir loin et estimer avec justesse ce que l’on pouvais parcourir en suivant se rythme. C’était un rythme calme d’ailleurs, une autre façon de voyager, assez plaisante finalement, bien que je ne pensais pas être capable de gérer ma patience plusieurs jours d’affiler.

Elle pesta contre le paysage. Il était vrai que malgré la beauté naturel du coin, le plat était d’un ennuie sans fin, les choses ne bougeaient pas, tout nous regardaient comme si nous n’étions que des fourmis qui trainaient leurs pattes au milieu d’un sentier de terre. L’immensité du paysage et la visibilité exceptionnelle nous donner l’impression de ne pas bouger, ce qui n’était pas pour accroitre mon impatience.

_Tu as raison, c’est ennuyeux, rien ne vaut une forêt ou des montagnes, on voit moins de chose mais on avance mieux. Le pire dans tout ça c’est qu’à cause de la visibilité, je dois diminuer mes capacités pour paraitre normal …

Je me mis à réfléchir et observer. M’occuper, en somme. Elle semblait suivre sans problème mais gardait du souffle, prévoyante, il faudrait peut être ralentir le rythme. En tout cas elle ne tiendrait pas le voyage de nuit, et une compagnie n’était pas de refus quitte à devoir paraitre humain, en plus de retirer de l’ennuie, elle me fournissait un alibi. Une humaine avec un lycan ? Impossible, c’était parfait comme alibi.

_Si on encore sur la même route le soir venu, je propose de se poser, histoire que je puisse me défouler correctement et que tu te reposes si besoin. Dans cette circonstance, on n’aura pas de problème pour trouver quelconque gibier.

Je la regardais d’un coup de long en large. Avant de reprendre, sourcils froncés, de réflexion de curiosité.

_Et si tu veux bien, j’aimerais bien voir de quelle façon tu te bas.
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MessageSujet: Re: Quand la chasse prend une autre tournure   Ven 12 Juil - 21:18

Je souris lorsqu'il justifia son erreur, les lycans qui sont l'idéal en terme de puissance, d'agilité et d'endurance pour un combattant n'ont pas eu droit à cette perfection pour le mental. Heureusement d'ailleurs, ils domineraient déjà le monde si tel avait été le cas. En y réfléchissant à deux fois, leur système de meutes ne permettaient peut-être pas un développement mental aussi efficace que ce qui se faisait chez les Valkyries. Je laissais mon esprit s'embêter avec des théories qui auraient sans doute fait sourire les savants par leur naïveté. Lorsque je me plains de notre apparente stagnation un message de soutien m'est envoyé, même si ça n'en est pas vraiment un cela reste agréable de savoir que l'on est pas seul, quoique selon mon compagnon le problème était doublé car il ne pouvait pas courir à sa vraie vitesse, ce qui pour le coup m'arrangeait.

Le silence s'installa à nouveau, j'essayais de créer une chanson pour m'occuper, elle était totalement stupide pour le moment: la chanson parlait d'une tarte à la cerise qui courait dans un désert de poils. Et je serais bien incapable d'expliquer comment j'en suis arrivé là, mais je savais comment le justifier: l'ennui. Le lycan reprit la parole et me rappela alors que j'avais complètement oublié de répondre à sa précédente question. Son erreur sur les directions me revint en tête et avec, la raison qui m'avait fait oublié sa question. Après un court instant il termina en me proposant plus ou moins directement un combat d'entraînement, ou quelque chose dans ce genre-là.


"Je peux te suivre à ce rythme. Ta proposition me plaît. Pour le gibier. Je n'aime pas me battre pour du beurre. Trop frustrant. Si tu trouves quelque chose ou quelqu'un à tuer. Je prends."


Mes phrases étaient courtes et saccadées, toujours dans l'optique de perdre le moins d'énergie possible dans la conversation. Je laissais mes yeux se perdre un instant à l'horizon, il n'y avait vraiment rien et c'en était déprimant. Ma vie était courte par rapport à celle d'un lycan, mais en cet instant j'aurais voulu l'accélérer, pour passer cette courte longue et finalement peu intéressante.


"Mais d'accord. Pour une démonstration."


J'étais assez rapidement revenu sur ma décision, quelques décisions, mon avis n'avait pas changé, mais je veux voir de quoi il est capable lui aussi, quoi de mieux qu'une confrontation directe? Même si elle est d'entraînement. On ne peut pas connaître le vrai niveau de l'adversaire, mais l'éducation Valkyrie m'a appris que même à l'entraînement il y a certains tiques que l'on ne peut combattre et qui permettent de lire le vrai style de l'adversaire. Même si je doutais être capable d'une telle "prouesse", je n'ai jamais eu à utiliser ce genre de connaissances ailleurs qu'en cours, faute d'adversaires avec qui m'entraîner. L'occasion de corriger cette bévue se présentant, je venais de m'obliger à retravailler ce point.
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MessageSujet: Re: Quand la chasse prend une autre tournure   Ven 19 Juil - 3:04

Elle parlait toujours par des phrases courtes, ménageant sa respiration, intérieurement ça m'amusait un peu. Sur ce point, ça me permettait de ne pas parler pendant notre voyage, elle en serait ménagé, et je serais plus à l'aise. Les vrais langages sont ceux du corps, le fait qu'elle me suive au rythme que j'imposais à moitié montrait sans besoin de parole que nous n'étions pas sur une longueur d'onde trop différente. Elle confirma cette pensée en acceptant l'entrainement et la nourriture.

La matinée se termina tranquillement, rythmé par nos pas, avec pour seul spectacle un soleil qui monte sur un paysage quasi-immobile. Durant notre course matinal, le son provenant de ses pas me rappela des musiques que j'avais pu entendre, brutale, mais pleine de sens, me ramenant dans le passé. C'était durant ma jeunesse, en quelques sorte, j'avais moins de deux cent ans. Je courrais à ce moment là de village en village dans un pays croyant et pauvre, rongé par des guerres sans but, à la recherche du passé. Il m'était arrivé de me retrouvé dans des festivals, des festivités auquel je prêtais alors une grande attention, car je pouvais y trouver de la joie là où elle semblait ne plus pouvoir apparaître. Je suivais dans l'ombre, marquant les rythmes entraînants en tapotant ma main sur ma jambe, observant les gens danser, s'amuser. C'était un temps où se genre de fête avait un sens. Depuis, je n'avais plus retrouvé de festivité si riche sur ce point, la qualité de vie était trop bonne pour qu'une population à l'espérance de vie si faible puisse savourer convenablement des festivités.

Sur cette conclusion déprimante, je levais les yeux, voyant le soleil bien haut, je me retournais et vit sans surprise une femme agile qui me suivait avec un regard concentré, ses pieds marquant toujours ces mêmes mesures qui me rendaient nostalgique.

_Je pense qu'il est temps de déballer le reste de sanglier, qu'en penses-tu ?

Tout en disant ça je ralentissais, marquant mon choix et permettant à l'intéresser de répondre sans perdre son souffle.
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MessageSujet: Re: Quand la chasse prend une autre tournure   Ven 19 Juil - 18:10

Le reste de la matinnée était passé silencieusement, au fur et à mesure que les heures passaient je subissais les rayons de soleil comme un poulet qui se faisait rôtir. Je résistais bien au froid, mais moins à la chaleur, mon corps transpirait et donnait l'impression d'être à bout. Mes muscles étaient pourtant en bon état et je n'avais pas encore à forcer pour maintenant ce rythme, et de toute façon je n'aurai pas à le faire. Je me répétais dans la tête que ce n'était que quelques mauvaises heures à supporter, le temps que le soleil s'éloigne à nouveau de son zénith. Des nuages et un peu de pluie suffirait à mon bonheur mais le temps ne semblait pas de mon côté aujourd'hui. Mon camarade de voyage ne semblait pas en souffrir, peut-être était-ce son côté animal qui lui permettait de supporter de plus grands écarts climatiques? Il m'avait regardé un moment avant de prendre la parole, me proposant de terminer le sanglier. Je ralentissais progressivement ma course jusqu'à marcher et regardais au tour de moi, il n'y avait pas grand chose dans cette plaine mais les quelques arbustes qui y poussaient suffiraient à faire un feu.

"Ca me convient."

Je reprenais mon souffle et étirais mes membres un à un avant de chercher du regard un cours d'eau. Si le temps n'était pas de mon côté, les cours d'eau l'était, un ruisseau coulait à quelques pas du lieu où nous étions. J'y posais mes affaires et récupérais l'eau dans ma gourde pour la boire immédiatement. Une fois vaguement désaltérée je récupérais des branches sèches et allumais le feu aussitôt. Il n'y avait plus qu'à mettre la viande à cuir.

"Je peux te confier la cuisson?"

J'avoue, j'avoue tout, je suis coupable, je ne lui ai pas laissé le choix et me suis immédiatement retourné vers le ruisseau après avoir affiché un joli sourire. Je m'étais dépêchée de faire le feu pour pouvoir tremper une nouvelle fois la gourde mais cette fois je renversais l'eau sur mon visage, ma poitrine, mes bras, c'était rafraichissant et si la profondeur avait été un peu moindre, je me serais couchée dedans. Mon ventre laissait échapper un grognement discret mais audible, mais mon corps tout entier préférait se rafraîchir plutôt que d'aller manger dans l'immédiat. Je répétais l'opération plusieurs fois et sentais la température externe de mon corps diminuer, je m'achevais en buvant une autre gourde et la remplissais une dernière fois pour le voyage.

"Pourquoi faut-il que le soleil soit aussi chaud à midi ?"

J'avais laissé échapper une plainte de petite fille, cela me fit sourire intérieurement et j'espérais que je ne l'avais pas dit trop fort pour qu'il ne l'entende pas, même si j'en doutais quelques peu.
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MessageSujet: Re: Quand la chasse prend une autre tournure   Mar 23 Juil - 1:32

Elle avait acquiescé rapidement. Soutenant visiblement l'idée avec ferveur. Je déposai tranquillement mes affaires et observa d'un air suspicieux les environs, prenant mon temps. Il n'était pas dangereux de se retrouver proches d'hommes, mais j'aimais tout de même de pas devoir rendre de compte ni susciter les questions.

A la suite de cette action, je vis la femme s'empresser de rejoindre un point d'eau non loin et boire longuement dans sa gourde. En effet il faisait chaud, je le ressentais aussi, mais j'étais habitué, mon lieu de naissance pouvait être bien plus moite et chaud que le temps estival de cette matinée. Pour une femme vivant chez les Valkyries, les conditions étaient cependant tout autres.

Elle s'affairaient maintenant, toujours sous mon regard légèrement curieux, à allumer un feu. Je ne pensais pas qu'elle voulais manger les restes chaud, mais cela n'importait peut, il était déjà précuit, quelques minutes suffiraient. Elle me demanda de m'en charger et partie rapidement continuer de se désaltérer. De façon très ... féminine qui plus est.

J'entrepris donc, suivant le courant des événements déclenchées par la guerrière, de réchauffer la viande. C'était facile reprenant une des branches de sous le tas enflammé, je m'en servais comme pic et planté la viande aux trou encore visible d'hier. Tout était pré coupé et précuit, il ne faudrait que deux trois minutes. Soudain j'entendis de loin un bruit, une voie qui me fit bouger les oreilles. La femme prenait ses aises au bord de l'eau et n'aurait pu choisir meilleur mot pour provoquer chez moi un rire intérieur qui failli sortir. Je ne sais pas si elle me vit à ce moment là mais ma main vint se fracasser sur mon front presque naturellement, signifiant sans détour ce que m'inspirait ses paroles. J'avais définitivement affaire à une personne bien différente de Doylana. Presque aussi charmante, elle ne l'était pas du tout de la même façon. Je me demandais si j'aurais pu la supporter aussi bien et longtemps que le groupe de lycans qui était devenu pour moi un ensemble de camarade.

Je cria :

_Vient donc plutôt prendre ta part au lieu de te poser ce genre de question, ça cuit vite tu sais ? Et ne t'inquiète pas, une fois au zénith le soleil ne fera que perdre en intensité jusqu'à la nuit.

Sur cet appel au repas, je planta la pic au sol, viande chaude encore dessus et entrepris de faire chauffer ma part. Il ne restait pas plus de quelques portions chacun, le repas était léger.
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Quand la chasse prend une autre tournure

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