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 Retour à la case départ [PV Kaëran]

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Mar 9 Avr - 21:25

A deux centimètres du visage de son homme, Ellana attendait qu'il réponde à sa question. Qu'il lui dise s'il voulait des enfants ou non. Elle sentait son souffle sur sa peau et elle en frissonnait, tentant vainement de ne rien montrer. Et elle sentait aussi les muscles du jeune homme se contracter…

Il se fît plus proche encore et murmura à son oreille :

-Bien sur que oui, Ellana, mais seulement lorsque tu te sentiras prête. Et puis, rien ne presse.

Il en voulait ! Cela la rendait heureuse d'un coup ! De petits Kaëran qui courraient partout…Quand elle serait prête ? Mais quand est-ce qu'elle le saurait ? Et si ça ne venait jamais ? Olala…
Les mains de l'homme s'agrippèrent à ses hanches et l'approchèrent encore plus. Sa poitrine fût donc plaquée contre le torse du Lieutenant, leurs ventres se retrouvèrent et Ellana entoura son cou de ses bras alors qu'il effleurait ses lèvres des siennes, les laissant ensuite partir à l'aventure sur sa mâchoire, son cou, son épaule…
Ceci, rajouté aux mains qui caressaient son dos d'un geste lent et langoureux commençait à la rendre fébrile.

Il la regarda, un sourire aux lèvres en poursuivant :

- De beaux enfants avec un regard brillant comme le tien...

Ses doigts glissèrent le long de sa colonne vertébrale tandis qu'il disait sur le même ton suave et enjôleur :

-Une peau aussi douce que la tienne...

Et pour finir, il caressa ses lèvres, Ellana fermant les yeux à ce contact qu'elle aimait par-dessus tout :

-Des lèvres invitantes comme celles-ci et des cheveux de velours comme ceux-ci...

Frissonnante et fébrile à souhait, Ellana ne put même pas faire de même pour lui en lui disant que les bébés auraient sa gentillesse et sa force, son intelligence et tout ce qui faisait de lui un homme parfait, que leurs corps s'étaient considérablement rapprochés, jusqu'à ce coller complètement.

Elle posa ses mains sur les cuisses du jeune homme, remontant jusqu'à son bassin, crispant ses doigts. Il avait parfaitement compris qu'à ce stade, c'était inévitable, mais il tenta tout de même un :

-Il faudrait penser à aller dormir, tu ne crois pas ?

Hein ?! Pas question ! Elle lui laissa tout juste le temps de ricaner et plaqua sa bouche contre la sienne vigoureusement, son corps l'appelant en hurlant à présent.
En plus ils étaient déjà prêts ! Nus, elle entre ses jambes ! Il n'y avait plus grand chose à faire, il n'avait pas à rouspéter ! Et encore une fois, ce fût magnifique…

Ellana terminait de se vêtir pour la nuit, laissant Kaë aller se coucher le premier. Elle avait un sourire béat sur les lèvres depuis qu'ils avaient quittés la baignoire. Son corps ressentait encore toutes ses sensations qu'il lui prodiguait à chaque fois qu'ils s'unissaient. Elle en frissonnait même et se mordit la lèvre, finissant de se coiffer.

Allant dans la chambre, elle se coucha, se coinça entre ses bras, cherchant la chaleur comme la protection, déposa un doux baiser dans son cou, et se cala confortablement contre son torse, aimant entendre les battements de son cœur en berceuse. Elle s'endormit après les traditionnels "bonne nuit", sourire aux lèvres, ne s'attendant pas à l'épreuve qui les attendaient dans les prochains temps…

Le lendemain, elle se leva avec Kaëran, s'habilla, et fît le petit-déjeuner tranquillement. Ils mangèrent en silence, Ellana n'osant pas dire à son homme qu'elle pouvait rester seule…certes Eiriel et Dorguan lui avait dit que ça ne les dérangeaient pas qu'elle vienne mais bon…
En fait, elle connaissait la réponse. Il ne voudrait pas, et à juste titre. Il ne voulait pas la perdre une seconde fois, et elle ne le voulait pas non plus.

Donc, sous un ciel encore un peu menaçant, ils se rendirent chez les vieux mariés, déjà prêts à attaquer la nouvelle journée avec le sourire. Kaë lui fît promettre d'être sage à nouveau et elle lui offrit juste un baiser comme réponse, avant de le regarder s'éloigner vers son lieu de travail. Dorguan s'en alla aussi rapidement pour travailler, n'emmenant pas la couturière avec lui cette fois. Il avait une commande urgente qui nécessitait énormément de technique et de concentration.

Elle resta donc en compagnie d'Eiriel, à coudre tranquillement au salon. Ellana se mordait la lèvre, se demandant si elle pouvait…

-Quelque chose te tracasse ma belle ? Demanda soudain la paysanne, assise à côté d'elle.

Voilà, elle était démasquée. Autant se jeter à l'eau…

-Eiriel…combien de temps dure une grossesse ?

Oui, le genre de questions inattendues…mais Ellana ne savait rien, même pas ça ! La paysanne eut un drôle de sourire et lui répondit :

-Neuf mois. Neuf mois ou ton ventre va grossir pour que l'enfant puisse s'y développer tranquillement.

Neuf mois ?! Autant ? Et son ventre allait grossir ?! Elle mit ses mains dessus, un peu anxieuse d'un coup.

-Toi et Kaë avez décidés d'en avoir ? Et pour le ventre ne t'en fais pas, après la grossesse tu le perdras, il faudra juste que tu perdes un peu pour retrouver ta taille actuelle…parce que tu conserveras quelques marques évidemment…

-Je lui ais juste demandé s'il en voulait de moi. Et il veut, mais que quand je serais prête. Et…j'ai peur de ne jamais l'être. J'ai peur de mourir comme ma mère et…de ne pas être une bonne mère…je ne sais pas élever un enfant et…ça me terrifie alors que pourtant je veux lui en donner…

Eiriel soupira et s'approcha de la jeune femme, la serrant contre elle. Eiriel avait toujours considéré Kaë comme son fils, et à présent, elle considérait Ellana comme sa fille.

-Tu ne mourras pas comme ta mère…ce genre d'incident est rare…et…ton instinct te dira quoi faire le moment venu. Je serais là pour t'aider à prendre tes marques, mais tu verras ça ira tout seul. Et Kaë t'aidera aussi…il sera tout de même le père…

-Oui…tu as sans doute raison…et quand est-ce que je saurais que je suis prête ?

-Tu le sentiras…au fond de toi. Tu le sauras. C'est tout. Chaque femme est différente…et Kaë est un homme patient, tu le sais. Il attendra que tu lui dises être prête…

Ellana hocha de la tête, oui ça elle le savait. Aussi patient que lui, ça ne devait pas exister… Après cette discussion, elles reprirent leur couture, discutant de pleins de choses, et surtout les enfants.
La journée défila ainsi, dans la bonne humeur, et au soir, le Lieutenant rentra, quelque peu fatigué.

Elle l'embrassa, lui murmurant :

-Dure journée ?

Elle n'eut qu'à voir son regard pour savoir que oui. Alors elle l'emmena chez eux après les au revoir au vieux couple, remerciant le ciel de ne pas déverser de pluie, et lui ordonna presque d'aller ce laver pendant qu'elle ferait à manger. Elle mettait la table et il descendait lorsqu'on toqua à la porte.

Faisant signe à Kaë de rester assis, puisqu'il avait travaillé toute la journée, elle alla vers l'entrée et prit la poignée en main. Elle ouvrit et tomba nez à nez avec un soldat qui se mit au garde à vous en lui tendant une lettre et disant :

-Mlle Stark, vous êtes convoquée au procès qui se déroulera demain au Palais, en tant que victime des agissements de M. Stark, votre père.

Kaë apparut à côté d'elle, et le soldat poursuivit alors :

-Lieutenant Eira, vous êtes également convoqué au procès en tant que témoin des agissements de l'accusé. L'audience débutera demain à l'aube dans la grande salle du conseil. Mes hommages.

Et il s'en alla comme il était venu. Ellana cligna des yeux, ouvrant la lettre avec hésitation. Le procès…elle avait faillit l'oublier. Elle allait devoir affronter son père. Non. Le condamner à mort. Demain…si tôt...elle ne dit rien, entraînant Kaë à table pour manger. Une nouvelle épreuve les attendait, et elle craignait déjà les coups tordus de son père…

Chez le tailleur, ce ne fût pas une simple lettre qui arriva. Non, ce fût la patrouille entière, encadrant la boutique comme l'arrière-boutique pour l'empêcher de fuir. Il fût arrêté sans ménagement, aucun soldat ne répondant à ses questions, bien qu'il se doutait d'où on l'emmenait et pourquoi.

Cette salope avait donc eu le cran de le trainer en justice…à moins que ce soit l'autre idiot de Lieutenant qui l'ait convaincue qu'elle aurait une chance de le condamner. Alors qu'une fois devant lui, elle n'y arriverait pas. Il la connaissait, c'était lui qui l'avait façonnée, lui qui l'avait rendue…docile et naïve à souhait. Lui qui avait crée la pute esclave parfaite. Il parviendrait à lui faire dire que ce n'était pas lui, mais le Lieutenant, le coupable. Il réussirait à la faire condamner celui qu'elle aimait. Il mourrait sous ses yeux de malheurs, et il pourrait alors la récupérer et lui faire subir ce qu'elle méritait.

Elle voulait jouer ? Il allait la faire perdre. Tout…perdre.

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Dim 14 Avr - 2:15

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Chapitre 5
Le Procès, partie 1

◆ ◆ ◆



    Le lendemain matin, la pièce n’était pas inondée de la lumière du soleil, car les nuages menaçaient toujours la cité de Racium sans pour autant y déverser leurs larmes. Le Lieutenant émergea lentement du son sommeil et déposa un baiser sur le front d’Ellana qui lui souriait, endormie. Ils se tirèrent hors du lit, allèrent se débarbouiller puis se changèrent comme tous les matins avant de se rendre à la cuisine où ils se firent à déjeuner. Après le repas, Kaëran remonta pour revêtir son armure alors que sa bien-aimée s’habillait en conséquence pour affronter le temps frais et humide qu’il y avait à l’extérieur. Ellana fut donc reconduite chez Eiriel et Dorguan. Bien entendu, elle lui fit promettre de ne pas faire de bêtises et la seule chose qu’il trouva à répondre fut :

    ‘‘ Mais je suis toujours sage moi ! ‘‘

    Il ricana, embrassa Ellana tendrement puis la quitta pour se diriger vers le palais avec ce sourire stupide collé sur les lèvres. Quelques longues minutes s’écoulèrent avant que ses pas ne frôlent le chemin pavé du palais. Kaëran s’en alla dans la cour d’entraînement pour s’occuper des soldats comme à son habitude, provoquant même son frère d’armes, Ayden, en duel devant les nouvelles recrues. Ensuite ce fut le retour au cas de Stark. Le Lieutenant acheva de tout retranscrire et fit une lecture complète de son dossier, histoire d’être certain que rien ne lui avait échappé ou qu’il n’ait rien oublié de capitale pour l’enquête. Il termina une heure plus tard et rangea le tout soigneusement avant de s’en aller remettre la paperasse à son supérieur qui le remercia et s’y plongeant le nez à son tour. Le dossier était monté, la lettre d’Ellana écrite et il ne manquerait plus que le Conseil. Kaëran quitta donc les lieux, confiant, puis s’en alla en patrouille avec ses hommes, sauf que cette fois, un voleur leur avait donné du fil à retordre et ils avaient dût le poursuivre pendant une bonne demi-heure avant qu’il ne se retrouve dans une impasse. On l’avait attaché puis amené au palais où il serait jugé pour son crime. En fin de journée, le jeune homme retourna chez Eiriel d’un pas régulier, son corps envahi par la fatigue de cette chasse à l’homme. Lorsqu’il entra, Ellana vint l’accueillir d’un doux baiser

    ‘‘ Dure journée ? ‘‘

    Mais elle devina bien rapidement à travers de son regard. Elle avait appris si rapidement à y lire que ça le surprenait toujours. Mais qu’avaient-ils à se cacher avec ce qu’ils avaient traversé ? Rien... Après des salutations au vieux couple, Kaëran et Ellana s’en retournèrent chez eux sous le ciel nuageux qui planait toujours au dessus de leur tête. La porte se referma doucement derrière eux et le Lieutenant voulut aider sa douce à préparer le repas alors qu’elle s’y refusait, insistant pour qu’il aille se laver. Non, mais, il ne puait pas à ce point quand même. Non ? M’enfin, Kaë ne chercha pas à rouspéter et monta à la salle de bain où il s’enfonça dans l’eau chaude de la baignoire en soupirant d’aise. Il se dépêcha cependant, revêtant son pantalon et sa chemise pour descendre pieds nus. C’est alors qu’on toqua à la porte. Qui cela pouvait-il bien être ? Ellana alla répondre alors que lui venait tout juste de s’attabler.

    ‘‘ Mlle Stark, vous êtes convoquée au procès qui se déroulera demain au Palais, en tant que victime des agissements de M. Stark, votre père. ‘‘

    Un soldat ? Kaëran se leva et vint se poster derrière Ellana pour savoir ce qui se passait et le messager leva aussitôt les yeux vers lui en continuant:

    ‘‘ Lieutenant Eira, vous êtes également convoqué au procès en tant que témoin des agissements de l’accusé. L’audience débutera demain à l’aube dans la grande salle du conseil. Mes hommages. ‘‘

    Le Lieutenant le remercia puis le salua, le laissant ensuite disposer. Bon sang... son supérieur avait été rapide et que dire du Conseil. Demain ? Déjà ? Refermant la porte, Kaë entraîna Ellana, qui était soudainement muette, vers la table où leur repas était en train de refroidir. La pauvre semblait complètement secouée par la nouvelle et ne mangeait que très peu. Prenant sa main, le jeune homme se voulut rassurant, mais se sentait tout de même mal à l’aise d’avoir imposé cette décision à sa tendre moitié. Il s’agissait de son père et il risquait de faire face à la mort. Mais seulement, pouvaient-ils se permettre de le laisser en vie au risque qu’il s’en prenne de nouveau à Ellana ? Ce risquer de la perdre pour de bon ? La retrouver morte quelque part ? Non...

    Les tourtereaux gardèrent le silence jusqu’à tard dans la soirée. Kaëran massa les épaules d’Ellana pour lui permettre de se détendre et la laissa aller se laver alors qu’il regardait par la fenêtre le ciel qui se dégageait tranquillement, mais surement. Il sentit, quelques minutes plus tard, des bras entourer sa taille tout en douceur. Kaëran posa les mains sur les siennes qu’il caressa de ses pouces avant de les entourer et les porter à ses lèvres pour y déposer de doux baisers.

    ‘‘ Allons dormir... la journée sera chargée et éprouvante demain. ‘‘

    Effectivement, elle allait l’être.

    Dans la salle du conseil se trouvaient des soldats, les conseillers ainsi que des témoins indispensables pour incriminer l’accusé. Celui-ci fut le dernier à entrer dans la vaste pièce. Conduit en son centre, quatre soldats armés surveillaient bien Stark, attaché aux pieds et aux poignets. Son regard perçant se posa sur sa progéniture puis sur Kaëran qui était impassible. Il serra la main gauche d’Ellana fortement dans la sienne et murmura:

    ‘‘ Tout ira bien... crois-moi. ‘‘

    Le procès commença dès que le grand conseiller fut assis et eut survolé brièvement le dossier pour une seconde fois. Ses yeux scrutèrent l’assemblée, s’arrêtant sur l’accusé et sa victime qui semblait des plus nerveuse.

    ‘‘ Je ne vous ferai pas de cérémonie de bienvenue de si bon matin, si ça ne vous dérange pas. Il s’agit là d’un cas grave et j’aimerais que nous nous y attardions sans plus de délais. ‘‘ Commença t-il. ‘‘ J’ai pris conscience du dossier après lecture et les accusations ne sont pas à prendre à la légère, il en va de soit. Monsieur Stark, vous savez déjà pourquoi vous êtes ici, mais je le répète: tentative de meurtre, complot de meurtre, séquestration, viol et j’en passe. Il semblerait que soyez dans de beaux draps. Cependant, je n’ai pas eu votre version des faits. Seulement celle de votre fille et du Lieutenant Eira ici présents, sans oublier nos témoins que j’appellerai à comparaître un peu plus tard dans l’audience. Qu’avez-vous donc à dire pour votre défense ? ‘‘

    Tous les regards se posèrent sur Stark, excepté un seul; celui d'Ellana. Celle-ci avait la tête basse et jouait nerveusement avec ses doigts. Un sourire à peine visible se formait sur les lèvres de Joffrey Stark qui n’avait pas l’intention de se laisser faire aussi facilement. Il allait tenter de mettre le blâme sur le petit copain de cette salope qui lui servait de fille. Revêtant son masque de victime et de gentilhomme, l’accusé se lança alors dans son récit:

    ‘‘ Monsieur le conseiller, je ne pourrai mettre en doute ce dont on m’accuse, mais je n’ai rien fait de tout ça. Comment aurais-je pu me résoudre, moi, son père, à commettre de telles atrocités ? Ce serait comme si ma femme mourrait une deuxième fois et jamais je ne pourrais supporter ce choc sans sombrer dans le désespoir. J’aime Ellana de tout mon coeur, je vous en conjure, mais l’homme qui se tient à ses côtés me l’a enlevé le jour où il s’est présenté à ma boutique. ‘‘

    Kaëran tressaillit et devint soudainement blême. Putain de bordel de merde... mais qu’est-ce qu’il était en train de faire là ?! Sa mâchoire se resserra instinctivement alors qu’il tentait de garder son sang-froid. Stark tentait de lui faire porter le chapeau pour s’échapper des crimes dont on l’accusait. Il voulait qu’on le condamne, lui, à sa place...

    ‘‘ Il a voulu m’acheter ma fille, mais j’ai refusé. Il l’a convaincu en quelques mots de le suivre et elle l’a fait. Elle qui est si naïve et docile ! C’est une des raisons pourquoi je n’ai jamais voulu la laisser partir de la maison... elle n’est pas comme les autres et à besoin qu’on la tienne par la main sur le chemin de la vie. On l’a fait dévier de cette voie et aujourd’hui cet homme tente de me faire condamner pour garder ma fille en sa possession. C’est lui qui a tout orchestré ! Vu sa position, c’est facilement envisageable ! ‘‘

    Jamais le Lieutenant n’avait été aussi blême. Jamais. Le grand conseiller fronça les sourcils et posa son regard sur le jeune homme qui ne savait pas comment réagir à de telles accusations.

    ‘‘ Avez-vous quelque chose à dire, Lieutenant Eira ? ‘‘

    ‘‘ Non monsieur... ‘‘ Répondit Kaëran en gardant tant bien que mal son sang-froid au risque d’attirer des soupçons involontairement sur lui.

    Le chef de l’armée s’avança alors d’un pas et leva les yeux vers les conseillers. Sa voix était forte et portante en plus de contenir une bonne dose de confiance.

    ‘‘ Si je puis me permettre, messieurs les conseillers, j’ai eu les yeux sur ce jeune homme tout au long de l’enquête. Je le côtois depuis bons nombres d’années et fait partit des sujets les plus loyaux de Sa Majesté. Je doute qu’il ait ramené cette jeune femme chez lui pour la soigner s’il souhaitait sa mort. Alors que vous, monsieur Stark, vous n’êtes jamais venus lui rendre visite. ‘‘

    ‘‘ Mademoiselle Stark, vous êtes la clé de tout ça, pouvez-vous nous dire la vérité de vive voix ? Je vous en prie. ‘‘

    Spoiler:
     

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Dernière édition par Kaëran Eira le Dim 14 Avr - 16:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Dim 14 Avr - 11:20

Retournant à table, les deux jeunes gens commencèrent à manger leur repas qui avait un peu refroidit. Sauf qu’Ellana mangea bien moins qu’à l’accoutumée. Elle songeait à ce qui l’attendait, demain. Au procès. Elle se doutait que son père ne dirait jamais « oui j’ai fait ça, condamnez-moi ». Non, il était plutôt du genre à se victimiser. Et Ellana savait qu’elle ne parviendrait jamais à avouer ce qu’il avait fait en parlant. Heureusement qu’elle avait écrit le tout…

Kaëran lui prit alors la main, pour la rassurer, et elle la serra dans la sienne. Elle se doutait qu’il s’en voulait d’avoir pris cette décision pour elle. Mais il avait fait ce qu’il fallait, et c’était à Ellana de faire en sorte d’y parvenir. Parce que, père ou pas, le laisser en liberté reviendrait à garder la menace sur elle, Kaëran, Eiriel, Dorguan, et même les enfants qu’ils pourraient avoir ensemble. Son père avait l’esprit assez tordu pour tenter n’importe quoi pour l’atteindre. Il n’hésiterait pas à tuer pour qu’elle souffre. Et c’était la raison qui faisait qu’il devait être condamné au plus vite. Mais pourquoi à mort ? Ne pourrait-on pas l’enfermer à vie ? L’exiler dans une partie du Royaume lointaine, aux travaux forcés ? Une sorte de bagne ?

Terminant de manger, les amoureux débarrassèrent et s’installèrent sur le canapé, ou Kaëran lui massa les épaules. Il était si attentionné envers elle, et elle avait l’impression de ne pas prendre assez soin de lui. Toujours il était là pour elle et veillait au moindres de ses besoins. Et Ellana ne faisait pas autant pour lui. Il allait falloir qu’elle se rattrape…

Cependant, il était temps pour elle d’aller se laver et monta donc avec son homme, se dirigeant vers la salle de bains alors qu’il allait dans leur chambre pour l’y attendre. Dans la pièce d’eau, Ellana se dévêtit et prit une bonne douche chaude, respirant profondément pour chasser l’angoisse du procès. Lorsqu’elle revint, elle trouva Kaëran devant la fenêtre à regarder dehors et, souriante, elle entoura sa taille par derrière, collant sa joue à son dos et respirant sa délicieuse odeur. Les mains de l’homme se posèrent sur les siennes qu’il caressa avant de porter à ses lèvres et de les embrasser délicatement.

-Allons dormir... la journée sera chargée et éprouvante demain.

Oui, il valait mieux être reposé pour affronter… le procès.

Au matin, ils n’avaient que très peu mangé, s’étaient vêtus en vitesse et avaient quitté la demeure Eira, main dans la main. Ellana avait la gorge nouée et l’estomac compacté tant elle était nerveuse. Et plus ils approchaient du Palais, plus elle serrait la main de Kaëran.

Ils arrivèrent bien trop vite à la salle du Conseil qui était déjà noire de monde. A son passage au centre de la pièce, tous les regards tournaient vers elle et des murmures s’élevaient. Tous savaient qui elle était.

Arrivés devant, Ellana s’assit à côtés de Kaëran, sur le banc des témoins, au moment ou les autres s’installaient et que l’accusé entrait. Escorté de quatre gardes lourdement armés, enchaîné aux pieds et aux mains, son père avançait fièrement dans l’allée centrale jusqu’à sa place, face à sa fille et au Lieutenant qu’il regarda attentivement. Et Ellana y lut très bien le message : « Tu vas perdre. »

Il allait tout faire pour qu’elle perde et qu’il soit relâché. Peut-être même qu’il réussirait à retrouver ses droits et obtiendrait sa « garde ». Peut-être qu’elle ressortirait de cette pièce avec lui, pour retourner de là où elle venait, laissant Kaëran tout seul…

Il lui serra la main fortement et murmura alors :

-Tout ira bien... crois-moi.

Elle hocha de la tête. Oui, tout irait bien. Ce ne pouvait pas être autrement. Un grand homme arriva alors sur l’estrade, et s’installa sur le grand fauteuil central. Ellana devina qu’il s’agissait du juge. Le silence se fît et il commença le procès :

- Je ne vous ferai pas de cérémonie de bienvenue de si bon matin, si ça ne vous dérange pas. Il s’agit là d’un cas grave et j’aimerais que nous nous y attardions sans plus de délais. J’ai pris conscience du dossier après lecture et les accusations ne sont pas à prendre à la légère, il en va de soit. Monsieur Stark, vous savez déjà pourquoi vous êtes ici, mais je le répète: tentative de meurtre, complot de meurtre, séquestration et j’en passe. Il semblerait que soyez dans de beaux draps. Cependant, je n’ai pas eu votre version des faits. Seulement celle de votre fille et du Lieutenant Eira ici présents, sans oublier nos témoins que j’appellerai à comparaître un peu plus tard dans l’audience. Qu’avez-vous donc à dire pour votre défense ?

Tête basse, Ellana jouait avec ses doigts nerveusement, comme si ça allait l’occuper. Elle ne voulait pas croiser le regard de son père, ne voulait pas y lire la satisfaction de celui qui a tout prévu et réussirait son coup. Il avait déjà réussit avec Raven, pour son enlèvement. Il allait tout faire maintenant pour sauver sa peau…

- Monsieur le conseiller, je ne pourrai mettre en doute ce dont on m’accuse, mais je n’ai rien fait de tout ça. Comment aurais-je pu me résoudre, moi, son père, à commettre de telles atrocités ? Ce serait comme si ma femme mourait une deuxième fois et jamais je ne pourrais supporter ce choc sans sombrer dans le désespoir. J’aime Ellana de tout mon coeur, je vous en conjure, mais l’homme qui se tient à ses côtés me l’a enlevé le jour où il s’est présenté à ma boutique.

Son cœur manqua un battement. Que racontait-il donc !? Il… il accusait Kaëran à sa place ?! Il… il voulait condamner Kaëran ? Non… non ! Il mentait ! Le « j’aime Ellana de tout mon cœur » lui avait donné des frissons tant cela sonnait faux. L’aimer… comment ? Comme une putain ou comme sa fille ?

-Il a voulu m’acheter ma fille, mais j’ai refusé. Il l’a convaincu en quelques mots de le suivre et elle l’a fait. Elle qui est si naïve et docile ! C’est une des raisons pourquoi je n’ai jamais voulu la laisser partir de la maison... elle n’est pas comme les autres et à besoin qu’on la tienne par la main sur le chemin de la vie. On l’a fait dévier et aujourd’hui cet homme tente de me faire condamner pour garder ma fille en sa possession. C’est lui qui a tout orchestré ! Vu sa position, c’est facilement envisageable !

Il… racontait n’importe quoi ! Ellana était de plus en plus nerveuse, avait du mal à respirer et à avaler. Elle savait que c’était faux, mais les juges pouvaient tomber dans le panneau. Et s’ils le faisaient, ils condamneraient Kaëran à une mort certaine… tandis qu’elle retournerait avec son père… et elle le refusait. Elle ne voulait pas que son homme meurt. Elle ne le supporterait pas.

Et ça, son père, le savait pertinemment.

Ellana n’osa pas lever le regard vers les juges, son père ou même Kaëran à qui l’on demanda s’il voulait rajouter quelque chose.

-Non monsieur...

Elle fronça les sourcils. Pourquoi avait-il dit ça ? En disant non, c’était comme s’il avouait non ? Il ne niait pas les faits ! Levant légèrement la tête, elle vit le regard victorieux de son père et tressaillit, tandis que le Chef de l’Armée s’avançait d’un pas décidé.

-Si je puis me permettre, messieurs les conseillers, j’ai eu les yeux sur ce jeune homme tout au long de l’enquête. Je le côtois depuis bons nombres d’années et fait partit des sujets les plus loyaux de Sa Majesté. Je doute qu’il ait ramené cette jeune femme chez lui pour la soigner s’il souhaitait sa mort. Alors que vous, monsieur Stark, vous n’êtes jamais venus lui rendre visite.

Elle déglutit. Kaëran avait des alliés, des amis. Son père n’en avait pas. Il n’y avait aucune chance pour qu’il s’en sorte. C’est alors qu’on s’adressa à elle :

-Mademoiselle Stark, vous êtes la clé de tout ça, pouvez-vous nous dire la vérité de vive voix ? Je vous en prie.

Dire… la vérité… de vive voix ? Elle se leva doucement, mains croisées devant elle et releva la tête. Le juge la regardait gentiment, l’encourageant à parler. Tournant un peu la tête, elle vit son père, la mâchoire crispée et le regard dur. Cela signifiait : « dis la vérité et je te tue. »
Dans l’assemblée, elle aperçut Ayden et Emiya, ainsi qu’Eiriel et Dorguan. Quand est-ce qu’ils étaient venus ? Aucune idée. Mais tous attendaient qu’elle parle.

Pourquoi le juge ne prenait-il pas le mot qu’elle avait écrit ? Elle n’arriverait pas à parler ! Pourtant il le fallait.

-Mademoiselle ? Réitéra le juge.

-Monsieur le juge, si je puis me permettre, voyez à quel point elle est terrifiée ! Cet homme a dû la menacer de dire la vérité. Et pour répondre à vos paroles, Chef, je voulais lui rendre visite. Mais comment faire lorsqu’elle est retenue captive par un Lieutenant sans vergogne ? Je ne suis qu’un pauvre couturier, incapable de me défendre, tandis que lui manie les armes comme des couverts…

Ellana paniquait. Elle devait parler. Elle devait défendre Kaëran.

-Non… Kaëran n’a pas fait… ça. Il… m’a… sauvée… de toi.

Les mots avaient tant de mal à passer.

-Chérie, tu peux arrêter de mentir tu sais. Ici, il ne peut rien te faire. Dis la vérité sur son compte.

Croisant le regard de son père, Ellana y lut toutes les menaces possibles. Elle baissa la tête, complètement terrorisée et ne sachant vraiment pas quoi faire. C’est là que le juge interrompit le dilemme :

-Monsieur Stark, votre fille à rédigé ses aveux sur papiers, je les ais ici même. Et de ce que j’ai lu, il n’est pas question des agissements du Lieutenant Eira, mais des vôtres. Il y est question de violence, d’attouchements, de séquestration. D’un enlèvement suivi de viols à répétitions et de tortures physique et mentale. Que vous avez orchestré.

L’assemblée fût pétrifiée. Les regards se posèrent sur cette jeune femme si frêle qui avait tant vécu et qui, pourtant, était là debout à affronter son père. Ellana chercha la main de Kaë et la serra dans la sienne. Elle avait besoin de le sentir là pour ne pas s’effondrer.

-Ce ne sont que calomnies ! Elle l’aura écrit selon ce qu’il lui disait !

Ce fût à nouveau le Chef de l’Armée qui intervint :

-Vous vous méprenez, Stark. Le jour ou Mlle votre fille à rédigé ce mot, le Lieutenant Eira était en patrouille. C’est moi-même qui l’y avait envoyé, assignant un autre de mes hommes à veiller sur elle le temps de la rédaction.

-Il a eu la feuille en main par la suite. Il a très bien pu la modifier ! Je vous le répète : cet homme est fourbe. Tout ce qu’il voulait c’était ma fille. Il me l’a enlevée contre une somme d’argent. Il la gardée chez lui et ne la laissait pas sortir ! Toute sa famille l’y a aidé !

Ellana n’en pouvait plus et se rassit, les jambes flageolantes. Elle sentait que tout s’écroulait et commençait à croire qu’une fois de plus, son père réussirait à s’en sortir. Elle serrait avec tant de force la main de Kaë que le sang ne passait sans doute plus chez lui.

-Ce papier a été étudié avec soin, et il n’y a eu absolument aucune retouche. Ce sont la les mots de votre fille, la douleur qu’elle a supporté déversée sur papier.

-Qui vous dit que c’est elle ? Je ne lui ais jamais appris à écrire.

Il cherchait des excuses. On venait de lui dire qu’un garde l’avait surveillée durant la rédaction. Ce ne pouvait être qu’elle qui avait écrit. Et pourtant, il cherchait à gagner du temps.

-Devons-nous vous répéter que la rédaction s’est faite sous surveillance ? C’est bel et bien votre fille qui a inscrit ses mots sur ce parchemin. Dois-je en lire un bout ?

Le juge regarda Ellana, Kaëran et enfin l’accusé avant de reprendre :

-Il ne m’a jamais aimée. Parce que j’avais tué ma mère… parce que je n’étais pas désirée. Il n’hésitait pas à me frapper quand je désobéissais, ou que je ne travaillais pas assez vite. Et la nuit, il venait. Il me touchait. Il faisait mal. Il me murmurait que je deviendrais une pute, et qu’il fallait que je sois prête à cette vie. Que j’étais bonne. Que c’était tout ce que je méritais… Il disait que j’étais une malédiction, que mes yeux engendraient le malheur des autres… Un court instant de silence ce fît Dois-je poursuivre ?

Stark avait quelque peu perdu de sa superbe.

-Ces événements se sont produits bien avant l’arrivée de M. Eira. Elle rajoute ainsi : Il cherchait tous les soirs un homme à qui me vendre…

Les regards passèrent sur son père. Il ne savait plus quoi dire.

-Mlle Stark, confirmez-vous absolument tout ce qui se trouve sur le papier ? Souhaitez-vous nous faire part de quelque chose de vive voix ?

Encore une fois, elle se releva.

-Ce que j’ai écrit… est parfaitement vrai.

-Menteuse ! Tu le sais très bien que je ne voulais que ton bien ! C’est lui qui t’as retourné la cervelle avec ses rêves de liberté !

Les soldats forcèrent son père à se rasseoir, vu qu’il s’était levé sous le coup de la colère. Ellana se mit à trembler. Ne voyait-il pas qu’il perdait ? Pourquoi cherchait-il des justifications ?

-Stop ! On se calme ! Laissons le Lieutenant Eira s’exprimer. Lieutenant ?

Tout allait se jouer dans les minutes qui suivaient. Et Kaëran ne serait pas condamné. C’était impossible.


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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Dim 14 Avr - 17:53

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Chapitre 5
Le Procès, partie 2

◆ ◆ ◆



    Un silence pesant s’installa dans l’immense pièce. Les regards s’étaient posés sur Ellana qui se levait en douceur de son banc. Une nervosité grandissante se dégageait de son être. Elle tremblait. Était morte de peur et avec raison. Son père lui lançait un regard noir rempli de promesses meurtrières que seuls la jeune femme et le Lieutenant purent voir. Le Grand Conseiller encourageait Ellana du regard, mais celle-ci baissa les yeux vers le sol après avoir porté son regard sur l’assemblée. Eiriel serait la main de son époux en lui lança des encouragements silencieux, inquiète par la tournure que prenait le procès.

    ‘‘ Mademoiselle ? ‘‘

    ‘‘ Monsieur le juge, si je puis me permettre, voyez à quel point elle est terrifiée ! Cet homme a dû la menacer de dire la vérité. Et pour répondre à vos paroles, Chef, je voulais lui rendre visite. Mais comment faire lorsqu’elle est retenue captive par un Lieutenant sans vergogne ? Je ne suis qu’un pauvre couturier, incapable de me défendre, tandis que lui manie les armes comme des couverts… ‘‘

    ‘‘ Non… Kaëran n’a pas fait… ça. Il… m’a… sauvée… de toi. ‘‘

    Les paroles d’Ellana sortaient avec une extrême difficulté tant Stark était intimidant. Elle avait vécu sous son courroux depuis tant d’années que le défier de la sorte devait être des plus ardu...

    ‘‘ Chérie, tu peux arrêter de mentir, tu sais. Ici, il ne peut rien te faire. Dis la vérité sur son compte. ‘‘

    Chérie ? Ce mot doux venant dans la bouche de ce psychopathe donna des frissons d’horreur à Kaëran qui fronçait les sourcils. Il se devait impérativement de garder son calme sinon il risquait de tout faire foirer. S’énerver serait de faire entendre raison à Stark et il était hors de question qu’il le laisse s’en sortir aussi facilement en portan le chapeau à sa place. Ellana baissa alors les yeux de nouveau, suite à un coup d’oeil vers son paternel, et se tut aussitôt.

    ‘‘ Monsieur Stark, votre fille a rédigé ses aveux sur papiers, je les ai ici même. Et de ce que j’ai lu, il n’est pas question des agissements du Lieutenant Eira, mais des vôtres. Il y est question de violence, d’attouchements, de séquestration. D’un enlèvement suivi de viols à répétitions et de tortures physique et mentale. Que vous avez orchestré. ‘‘

    En entendant ces mots, Eiriel étouffa un cri de surprise et mit les mains devant sa bouche, horrifiée. Dorguan avait blêmi comme Ayden et Emiya. Maintenant, ils savaient tout, ou du moins l’essentiel. N’en reste qu’autant d’accusations faisaient peur, mais Ellana vavait traversé tout ça et se tenait là, debout parmi eux. Chose qui pouvait relever d’un simple miracle. C’est à ce moment que Kaëran se leva et se plaça aux côtés de sa douce qui cherchait désespérément sa main qu’il serra dans la sienne.

    ‘‘ Ce ne sont que calomnies ! Elle l’aura écrit selon ce qu’il lui disait ! ‘‘

    ‘‘ Vous vous méprenez, Stark. Le jour ou Mlle votre fille à rédigé ce mot, le Lieutenant Eira était en patrouille. C’est moi-même qui l’y avais envoyé, assignant un autre de mes hommes à veiller sur elle le temps de la rédaction. ‘‘

    ‘‘ Il a eu la feuille en main par la suite. Il a très bien pu la modifier ! Je vous le répète : cet homme est fourbe. Tout ce qu’il voulait c’était ma fille. Il me l’a enlevée contre une somme d’argent. Il la gardée chez lui et ne la laissait pas sortir ! Toute sa famille l’y a aidé ! ‘‘

    Kaëran sentait les tremblements qui secouaient Ellana de part en part. Elle faiblissait avec tout ce manège et tout comme elle, il souhaitait que ça se termine au plus vite. Le Lieutenant l’imita donc lorsqu’elle se rassit et caressa le dessus de l’une de ses mains d’un pouce, même si Ellana la compressait à un tel point que le bout de ses doigts se mirent à picoter légèrement.

    ‘‘ Ce papier a été étudié avec soin, et il n’y a eu absolument aucune retouche. Ce sont là les mots de votre fille, la douleur qu’elle a supportée déversée sur papier. ‘‘

    ‘‘ Qui vous dit que c’est elle ? Je ne lui ai jamais appris à écrire. ‘‘

    ‘‘ Devons-nous vous répéter que la rédaction s’est faite sous surveillance ? C’est bel et bien votre fille qui a inscrit ses mots sur ce parchemin. Dois-je en lire un bout ? ‘‘ Puis il regarda les témoins et l’accusé à tour de rôle. ‘‘ Il ne m’a jamais aimée. Parce que j’avais tué ma mère… parce que je n’étais pas désirée. Il n’hésitait pas à me frapper quand je désobéissais, ou que je ne travaillais pas assez vite. Et la nuit, il venait. Il me touchait. Il faisait mal. Il me murmurait que je deviendrais une pute, et qu’il fallait que je sois prête à cette vie. Que j’étais bonne. Que c’était tout ce que je méritais… Il disait que j’étais une malédiction, que mes yeux engendraient le malheur des autres… Dois-je poursuivre ? ‘‘

    Un silence fut et Stark semblait perdre pied depuis son piédestal.

    ‘‘ Ces événements se sont produits bien avant l’arrivée de M. Eira. Elle rajoute ainsi : Il cherchait tous les soirs un homme à qui me vendre… ‘‘

    Les yeux se posèrent aussitôt sur le père d’Ellana qui perdait un peu plus de son équilibre, abasourdi. Il semblait bouche bée, ne croyant pas que sa fille aurait eu le courage de tout écrire dans les détails.

    ‘‘ Mlle Stark, confirmez-vous absolument tout ce qui se trouve sur le papier ? Souhaitez-vous nous faire part de quelque chose de vive voix ? ‘‘

    ‘‘ Ce que j’ai écrit… est parfaitement vrai. ‘‘ Dit-elle d’une voix éraillée, mais suffisamment forte.

    ‘‘ Menteuse ! Tu le sais très bien que je ne voulais que ton bien ! C’est lui qui t’a retourné la cervelle avec ses rêves de liberté ! ‘‘ Rétorqua t-il sèchement.

    Sous le coup de la colère et de son sentiment d’instabilité, Stark s’était brusquement levé de son banc pour cracher sur sa fille littéralement terrorisée. Les soldats l’empoignèrent avec force et le firent asseoir sans ménagement, se moquant bien de lui faire mal ou non. Kaëran lui, serrait la mâchoire et fusillait le couturier du regard en gardant comme il pouvait son calme.

    ‘‘ Stop ! On se calme ! Laissons le Lieutenant Eira s’exprimer. Lieutenant ? ‘‘

    Le Lieutenant inspira profondément et se leva, lâchant à contrecoeur la main d’Ellana qui avait besoin de son soutien comme jamais, mais il était là, avec elle tout au long de ce processus. Combien de fois lui avait-il dit qu’il veillerait sur elle ? Peut-être pas assez souvent, mais c’était une promesse qu’il se graverait sur la peau s’il le fallait. Kaëran fit deux pas devant lui puis s’arrêta. Il jeta un coup d’oeil à Stark qui le dévisageait comme s’il était, en ce moment, en train de le décapiter par la force de son mental, puis leva les yeux vers le Grand Conseiller qui faisait preuve d’une patience à toute épreuve.

    ‘‘ Merci monsieur. ‘‘ Commença t-il, le conseiller lui faisant signe de poursuivre. ‘‘ Mlle Stark ici présente a été en mesure de rédiger cette lettre d’elle-même, car je lui ai moi-même appris à lire et écrire il y a de cela plusieurs mois. Ainsi, elle pouvait laisser libre cours à son imagination et retranscrire ses sentiments sur papier sans avoir peur de se faire réprimander. Et cette fameuse lettre n’a jamais été en ma possession, mais bien en celle de mon supérieur immédiat, monsieur Stark. ‘‘

    Son regard bleuté imbibé d’une touche de verdâtre se posa sur le couturier un long moment avant que la voix de Kaëran ne s’élève de nouveau.

    ‘‘ Comme décrit dans mon rapport, M. Stark s’est présenté à moi alors que je traînais à la taverne. À cette époque, ma mère était gravement malade et son état empirait au fil des jours. Sa mort n’était qu’une question de temps... ‘‘

    Ces pensées firent remonter une foule d’émotion en lui et sa voix se fit un peu plus enroué lorsqu’il continua.

    ‘‘ Le seul moyen pour moi de me changer les idées était de me noyer sous l’alcool... Un soir, Stark est venu s’assoir à ma table. Il m’a parlé puis au bout d’un moment où je n’étais plus très lucide, il en est venu sur le sujet de sa fille et de sa vente. Un rendez-vous a été convenu dès le lendemain et je m’y suis présenté pour décliner l’offre, mais Ellana est sorti de l’arrière-boutique. Cette fille, je ne l’avais jamais vu et pourtant j’ai grandi à Racium. Elle semblait si soumise et si effrayée des étrangers qu’elle gardait la tête basse. J’ai décliné l’offre, mais lui ai tout de même donné ma bourse sachant qu’il ne voulait probablement que l’argent pour vendre sa progéniture à un pur étranger... On nous a chassés de la boutique aussitôt et je me suis résigné à l’amener à la maison où une chambre d’ami lui a été préparée. Elle ne parlait pas, c’est ma mère qui a réussi à lui soutirer quelques mots. ‘‘

    Il continua ainsi un long moment, raconta tout ce qui lui semblait le plus important. Qu’avaient-ils à cacher au point où ils en étaient ? C’était lui ou Stark qui se retrouverait sur le plateau de condamnation qui surplombait la ville. Son discours en vint alors au moins de la découverte du corps d’Ellana.

    ‘‘ Si j’avais voulu sa mort, je ne me serais pas donné autant de mal pour la retrouver. Je n’ai jamais aussi peu dormi simplement pour trouver ne serait-ce qu'un indice. Nous avons été obligés de conclure un marché avec des bandits pour retrouver ce violeur que nous traquions depuis une bonne année. Nous n’avions plus le choix et nous étions désespérés. Ils ont avoué et nous ont aidé à coincer Raven.‘‘ Kaëran marqua une pause, serrant les poings. ‘‘ J’aime cette femme, Monsieur, profondément et je n’ai pas honte de l’avouer. La sortir de chez elle m’avait semblé au départ être un fardeau, mais aujourd’hui, je ne regrette en aucun cas l’avoir pris sous mon aile et d’avoir respecter la promesse que j’avais faite à ma mère avant qu’elle ne pousse son dernier soupir. Jamais je n’ai voulu faire de mal à qui que ce soit et ce n’est pas aujourd’hui que ça commencera. Ellana a traversé quelque chose de difficile dont bon nombre de femmes n’auraient su braver. Or, elle est toujours là aujourd’hui à affronter ses démons du passé... Monsieur, je n’ai rien à cacher et je suis un bien piètre menteur... ‘‘

    ‘‘ J’APPROUVE ! ‘‘ Cria Ayden derrière.

    Kaëran jeta alors un coup d’oeil dans sa direction, un faible sourire en coin dessiné sur les lèvres puis reposa son attention sur le conseiller qui écoutait attentivement, surveillant le moindre de ses gestes. L'analysant. Levant la main droite dans les airs, le Lieutenant mit la gauche sur son torse en guise de promesse.

    ‘‘ S’il s’avère que j’ai menti sur quoi que ce soit, je jure devant les dieux que mon âme retournera à la terre... ‘‘

    Le Grand Conseiller acquiesça d’un signe de tête puis Kaëran prit congé en retournant s’assoir aux côtés d’Ellana. Il baissa les yeux vers elle en lui faisant un doux sourire et lui embrassa le front tout en serrant sa main gauche dans sa droite.

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Dim 14 Avr - 19:14

Kaëran lui lâcha la main avant de se lever et s’avancer pour dire :

-Merci monsieur. Mlle Stark ici présente a été en mesure de rédiger cette lettre d’elle-même, car je lui ai moi-même appris à lire et écrire il y a de cela plusieurs mois. Ainsi, elle pouvait laisser libre cours à son imagination et retranscrire ses sentiments sur papier sans avoir peur de se faire réprimander. Et cette fameuse lettre n’a jamais été en ma possession, mais bien en celle de mon supérieur immédiat, monsieur Stark.

Il y eut un instant de silence durant lequel Kaëran et son père se jaugeaient du regard avant que le Lieutenant ne poursuive :

-Comme décrit dans mon rapport, M. Stark s’est présenté à moi alors que je traînais à la taverne. À cette époque, ma mère était gravement malade et son état empirait au fil des jours. Sa mort n’était qu’une question de temps...

Naël… Ellana s’en souvenait si bien. Cette femme malade qui avait été la première à lui soutirer des bribes d’informations. Cette femme généreuse et pleine de bonté qui avait sourit jusqu’à la fin de sa vie. Quand Kaë reprit, sa voix était enrouée par l’émotion et elle se mordit la lèvre. Il était trop loin pour qu’elle lui prenne la main et le rassure…

-Le seul moyen pour moi de me changer les idées était de me noyer sous l’alcool... Un soir, Stark est venu s’assoir à ma table. Il m’a parlé puis au bout d’un moment où je n’étais plus très lucide, il en est venu sur le sujet de sa fille et de sa vente. Un rendez-vous a été convenu dès le lendemain et je m’y suis présenté pour décliner l’offre, mais Ellana est sorti de l’arrière-boutique. Cette fille, je ne l’avais jamais vu et pourtant j’ai grandi à Racium. Elle semblait si soumise et si effrayée des étrangers qu’elle gardait la tête basse. J’ai décliné l’offre, mais lui ai tout de même donné ma bourse sachant qu’il ne voulait probablement que l’argent pour vendre sa progéniture à un pur étranger... On nous a chassés de la boutique aussitôt et je me suis résigné à l’amener à la maison où une chambre d’ami lui a été préparée. Elle ne parlait pas, c’est ma mère qui a réussi à lui soutirer quelques mots.

Il poursuivit, racontant pratiquement tout ce qu’ils avaient vécu. Tout était révélé au grand jour, consternant l’assemblée. Mais avaient-ils le choix ? Non. Et ils n’avaient rien à cacher. Son père pâlissait de plus en plus, et elle voyait à son regard qu’il réfléchissait à une issue. Sauf qu’il n’y en avait pas. Il ne devait pas y en avoir.
Le Lieutenant en arriva alors à son enlèvement, aux recherches et… à sa découverte dans la ruelle…

-Si j’avais voulu sa mort, je ne me serais pas donné autant de mal pour la retrouver. Je n’ai jamais aussi peu dormi simplement pour trouver ne serait-ce qu'un indice. Nous avons été obligés de conclure un marché avec des bandits pour retrouver ce violeur que nous traquions depuis une bonne année. Nous n’avions plus le choix et nous étions désespérés. Ils ont avoué et nous ont aidé à coincer Raven. J’aime cette femme, Monsieur, profondément et je n’ai pas honte de l’avouer. La sortir de chez elle m’avait semblé au départ être un fardeau, mais aujourd’hui, je ne regrette en aucun cas l’avoir pris sous mon aile et d’avoir respecter la promesse que j’avais faite à ma mère avant qu’elle ne pousse son dernier soupir. Jamais je n’ai voulu faire de mal à qui que ce soit et ce n’est pas aujourd’hui que ça commencera. Ellana a traversé quelque chose de difficile dont bon nombre de femmes n’auraient su braver. Or, elle est toujours là aujourd’hui à affronter ses démons du passé... Monsieur, je n’ai rien à cacher et je suis un bien piètre menteur...

Au loin dans le public, Ayden cria qu’il était parfaitement d’accord, et Ellana ne put retenir un faible sourire. Kaë avait des amis. Pas son père. Et puis, dire à tous qu’il l’aimait lui avait insufflé de la force… cet homme, elle l’aimait à en crever. Il était juste parfait. Dans tous les domaines. Parfait. Il était sa lumière, son protecteur, son ange gardien…
Il mit alors une main sur sa poitrine, l’autre pointée vers le ciel pour conclure :

-S’il s’avère que j’ai menti sur quoi que ce soit, je jure devant les dieux que mon âme retournera à la terre...

On lui fit prendre congé et il retourna s’asseoir, la regardant tendrement en souriant. Il était si confiant… elle reçut un doux baiser sur le front et sa main serra la sienne à nouveau. Ensemble, rien ne pouvait leur arriver.

-Bien, nous avons l’histoire sous la version de la victime, du Lieutenant et… de l’accusé. Seulement il nous faut des témoins extérieurs, non impliqués dans l’affaire. Messieurs, faites les entrer !

Au fond, les portes se rouvrirent et deux soldats entrèrent, escortant deux autres hommes… des brigands à première vue. On les plaça devant tout le monde et on leur demanda de raconter leur version des faits concernant Raven.

-Les soldats nous ont abordés un soir à la taverne. Ils cherchaient des infos sur le violeur des ruelles. Bien sûr on a marchandé notre liberté et une menue somme d’argent. On a fait notre boulot, ils ont respecté le deal. On les a menés tout droit à Raven. J’ai assisté à sa mort. C’était affreux.

-Merci. Donc, toutes les versions vont vers un seul point : le Lieutenant Eira n’a rien à voir avec les actes commis, au contraire. Tout est contre vous, M. Stark.

Son père était blême, mais restait fièrement campé sur sa chaise. Ellana tremblait, retenait son souffle. Elle serrait la main de Kaë dans la sienne, inquiète.

-Des soldats qui ont besoin de voleurs pour coincer un homme. N’est-ce pas pathétique ? Il aura tout fait pour retarder l’enquête. Laisser le temps à ce… Raven de liquider ma fille. Je ne connais pas de Raven. Désolé.

Ellana déglutit. Comment ça ?! Non ! Non, non, non ! Kaëran n’avait rien fait !

-Pourtant on vous a vu avec lui un soir ! Vous sembliez très content du traitement infligé a vot’fille ! Déclara subitement le voleur.

Ellana se remit à respirer. Et ce fût l’aveu qui scella le sort de son père. Les juges les quittèrent, ordonnant une pause, et l’assemblée se retira pour aller se désaltérer et prendre l’air. Stark, Kaëran et Ellana furent seuls dans la pièce, hormis les gardes.

-Tu as été manipulée, Ellana. Cet homme ne te veut aucun bien. Idiote.

-C’est… toi… qui ne veut que mon malheur… arrête, c’est finit maintenant…

-Finit ? Ce ne sera jamais finit. Tant que tu seras avec lui. Dis la vérité. Dis leur que c’est lui le monstre et pas moi.

-C’est moi le monstre, papa. Tu me l’as toujours dit.

Stark resta muet. Ellana croisa son regard chargé de haine. Elle serrait la main de Kaë dans la sienne pour ne pas perdre pied. Elle avait envie de hurler et de pleurer. Mais devait rester forte. Quelques minutes après, tous revinrent, les juges ayant convenu du sort de l’accusé. Le grand conseiller fit lever toute la salle et déclara :

-Pour les crimes commis envers sa fille ici présente, pour avoir coopéré avec un dangereux criminel recherché des forces de l’ordre, l’accusé dénommé M. Stark Joffrey a été jugé… coupable. La sentence est la mort, et nous avons convenu que ce serait à Mlle Ellana Stark de trancher de la manière dont il serait tué. Mademoiselle…

Sur le coup, elle resta coite. Choisir, la manière… de le tuer… ? Impossible ! Elle se remit à trembler, ouvrit la bouche, la referma, la rouvrit…

-Je… la moins douloureuse, la plus rapide. Ce fût tout ce qu’elle avait trouvé à dire.

Elle tuait son père… elle le tuait…

-La sentence a été donnée, M. Stark, je vous condamne à la décapitation. Celle-ci aura lieu d’ici une heure, le temps de se rendre sur le plateau d’exécution et de monter l’échafaud. La séance est levée.

Aussitôt, le public se leva pour sortir et se rendre sur le plateau. Eiriel, Dorguan, Ayden et Emiya furent les derniers. Ellana se leva lentement avec Kaë. Elle venait de condamner son père… père qui la regardait avec une lueur menaçante et… suppliante ?

Il fût emmené et tous se rendirent sur la plaine jouxtant la ville. L’échafaud fût vite monté, et le prisonnier installé. Ellana, entouré de tous les Eira, serrait la main de Kaëran, toujours encore.

Le juge permit à son père de parler une dernière fois tandis que le bourreau montait avec la hache.

-Tu es et resteras une idiote, ma fille. Ne l’oublie jamais.

Il pivota la tête, la mettant droite et ferma les yeux, attendant la mort. Ellana était littéralement pétrifiée. Le temps sembla se stopper lorsque le bourreau leva la hache au-dessus de la nuque de son père. Elle eut la folle idée de l’en empêcher. Se retint. C’était trop tard pour faire marche arrière. Elle avait tué son père, comme elle avait tué sa mère. Le bras retomba lentement et la lame brilla au soleil jusqu’à ce qu’elle rencontre la chaire mise à nue. Ellana se força à garder les yeux ouverts et vit le sang gicler, vit la tête de son père tomber dans le panier prévu. Elle vit son corps avoir des spasmes avant de s’immobiliser à tout jamais.

Elle ne cillait pas, contemplant la scène alors que le public s’en retournait vers la ville et que les soldats enlevaient le corps et l’échafaud. Elle sentit les larmes couler le long de ses joues. Pourquoi pleurait-elle ? Cet homme ne l’avait jamais aimée. Elle savait que Kaëran et les autres étaient toujours derrière elle, mais Ellana avait l’impression que ses pieds étaient enracinés dans le sol.

Son père était mort… il ne pourrait plus lui faire de mal… à moins que son esprit ne la hante… et elle, elle le pleurait. Comme une idiote…

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Mar 16 Avr - 2:21



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Chapitre 5
Le Procès, finale

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    ‘‘ Bien, nous avons l’histoire sous la version de la victime, du Lieutenant et… de l’accusé. Seulement, il nous faut des témoins extérieurs, non impliqués dans l’affaire. Messieurs, faites les entrer ! ‘‘

    Les grandes portes de la salle du conseil s’ouvrirent dans un bruit sourd et sinistre pour y laisser entrer deux hommes escortés par des soldats lourdement armés. Ils s’arrêtèrent une fois devant l’assemblée où on les invita à témoigner. Bien entendu, avec ce qu’on leur avait promis, cacher la vérité ne leur servait à rien bien qu’on aurait tout de même voulu mettre ces crapules derrière les barreaux. Ils parlèrent donc sans retenue du soir où Kaëran et Ayden les avaient abordés dans la taverne, cherchant des informations sur le violeur que la garde de Racium cherchait depuis une bonne année déjà. Ce fut court, mais précis. Tout ce qu’ils attendaient en fait. Le Grand Conseiller reprit donc la parole tout en posant son regard brun sur l’accusé sur qui pesaient tous les doutes. Stark était plus blême que jamais il ne l’avait été, capitulait-il enfin ? Non, son dos était droit et il gardait toujours la tête haute, cherchant une échappatoire quelconque pour éviter la peine de mort. Sauf qu’il était trop tard maintenant. Kaëran était calme, mais aussi rongé par le remords d’avoir placé sa douce dans une telle situation. Perdre un parent était l’une des pires choses qui pouvaient arriver à un individu, mais ce devait être pire quand l’on ne se sentait pas désiré et que l’on avait été un souffre-douleur tout au long de son enfance. Mais c’était une chose que jamais le Lieutenant ne pourrait comprendre. La relation entre Ellana et son père était trop complexe pour la cerner. Tout ce qu’il put faire était de serrer la main de la couturière dans la sienne. Simple signe qui lui démontrait que jamais il ne la laisserait tomber dans cette difficile épreuve qu’elle traversait, par sa faute.

    ‘‘ Des soldats qui ont besoin de voleurs pour coincer un homme. N’est-ce pas pathétique ? Il aura tout fait pour retarder l’enquête. Laisser le temps à ce… Raven de liquider ma fille. Je ne connais pas de Raven. Désolé. ‘‘

    Ce salaud... ! Kaëran allait se lever pour sauter par dessus le banc qui lui bloquait la route vers Stark. Pourquoi ? Afin de lui casser la gueule vite fait bien fait, mais il se résigna. À la place, il inspira profondément et serra la mâchoire, l’air dur. Si seulement il pouvait mettre la main sur Stark et le faire souffrir autant qu’il avait fait souffrir sa fille...

    ‘‘ Pourtant, on vous a vu avec lui un soir ! Vous sembliez très content du traitement infligé à vot’fille ! ‘‘

    Cette soudaine réplique de la part du brigand fut une bouffée d’air frais. Carrément! Kaëran se détendit d’un seul coup et remercia le ciel en silence, sa mère principalement qui veillait sur eux quelque part là haut. Suite à cette déclaration, les conseillers se regardèrent les uns les autre et d’un commun, ils quittèrent la grande salle pour débattre du jugement final. Les témoins et l’assemblée vidèrent la salle, n’y laissant que quelques soldats, Stark et les jeunes tourtereaux.

    ‘‘ Tu as été manipulée, Ellana. Cet homme ne te veut aucun bien. Idiote. ‘‘

    ‘‘ C’est… toi… qui ne veut que mon malheur… arrête, c’est fini maintenant… ‘‘

    ‘‘ Finis? Ce ne sera jamais fini. Tant que tu seras avec lui. Dis la vérité. Dis-leur que c’est lui le monstre et pas moi. ‘‘

    ‘‘ C’est moi le monstre, papa. Tu me l’as toujours dit. ‘‘

    ‘‘ Ferme là, Stark... Nous savons tous ce que tu lui aurais fait si tu avais pu remettre une seule de tes sales mains sur elle. ‘‘ Cracha Kaëran.

    Mais Stark n’avait rien dit et se contenta de regarder sa fille avec toute la haine que ce monde pouvait lui donner. Ellana serra alors la main du Lieutenant qui en fit de même en retour. C’en était terminé pour le couturier et plus jamais il ne pourrait pourrir la vie de sa progéniture. Il avait terminé de déferler sa rage sur elle de toutes les manières imaginable. La fin était arrivée pour lui et la mort lui ouvrait les bras de son sourire sans lèvres. Après un lourd silence, seul le Grand Conseiller revint dans la vaste salle pour rendre la sentence.

    ‘‘ Pour les crimes commis envers sa fille ici présente, pour avoir coopéré avec un dangereux criminel recherché des forces de l’ordre, l’accusé dénommé M. Stark Joffrey a été jugé… coupable. La sentence est la mort, et nous avons convenu que ce serait à Mlle Ellana Stark de trancher de la manière dont il serait tué. Mademoiselle… ‘‘

    ‘‘ Je… la moins douloureuse, la plus rapide. ‘‘

    ‘‘ La sentence a été donnée, M. Stark, je vous condamne à la décapitation. Celle-ci aura lieu d’ici une heure, le temps de se rendre sur le plateau d’exécution et de monter l’échafaud. La séance est levée. ‘‘

    Kaëran entoura les épaules d’Ellana d’un bras, la cachant au regard de Stark qui tentait de se faire une fois de plus prendre en pitié, mais dès que la jeune femme eut le regard tourné ailleurs, des yeux mauvais s’abattirent sur le Lieutenant qui fronça les sourcils. Quelle espèce de manipulateur... Sa fille, il la connaissait et savait qu’elle avait un trop grand coeur. Ce regard suppliant aurait put tout faire basculer.
    Ils quittèrent les lieux pour sortir au grand air où Dorguan, Eiriel, Ayden et Emiya vinrent les rejoindre en silence. En fait, ils ne savaient quoi dire étant donné les circonstances. Leurs pas se faisaient réguliers alors qu’ils se rendaient vers le plateau d’exécution où l’on préparait l’échafaud de l’accusé. Quelques minutes plus tard, on fit monter le couturier, pieds et poings liés, et on le fit agenouillé. Les dernières paroles de Stark furent :

    ‘‘ Tu es et resteras une idiote, ma fille. Ne l’oublie jamais. ‘‘

    Le bourreau leva son arme, la lame étincelante sous les rayons de ce soleil de midi radieux. Puis elle s’abattit lourdement dans la chair et les os du couturier qui n’était désormais plus de ce monde. Ellana s’était tendue, pétrifiée devant un spectacle aussi morbide que cette condamnation. Eiriel était dans les bras de Dorguan, se refusant catégoriquement de voir une telle chose alors qu’Emiya posait ses yeux pâles sur la pauvre Ellana. Elle compatissait, mais ce n’était pas le moment de tourner le couteau dans la plaie. Kaëran s’occuperait suffisamment bien d’elle le moment venu. Ayden posa une main sur l’épaule de son frère d’armes, lui souriant légèrement puis ils quittèrent les lieux pour laisser le jeune couple seul. Le Lieutenant posa alors les yeux sur sa douce et vint se poster devant elle pour lui cacher la vue de tout ce sang. Ses mains se posèrent délicatement sur ses joues et il essuya les larmes, embrassant le bout de son nez. Front contre front, le jeune homme la serra contre lui.

    ‘‘ Rentrons à la maison... ‘‘

    Sa main droite vint rejoindre la gauche d’Ellana et il l’entraîna avec lui. Le chemin lui parut durer une éternité tant il se sentait mal d’avoir dût imposer une telle chose à la jeune femme. Une fois à la maison, Kaëran la laissa aller vers le salon alors qu’il refermait la porte et elle s’affala sur le canapé comme une âme en peine. D’un pas lent, le Lieutenant contourna le mobilier et s’agenouilla devant les jambes de sa douce où il posa les mains, caressant ses genoux.

    ‘‘ Laisse-toi aller, mon ange. Si tu veux le pleurer, pleure-le. Tu es en droit de le faire et c’est tout à fait normal... ‘‘

    Il s’agissait de son père, tout de même. Bien qu’il l’eut détesté tout au long de sa vie, Ellana ne cherchait qu’à lui attraper la main pour enfin recevoir son affection et son respect.
    Comme il s’y attendait, Ellana éclata en sanglots. Kaëran se releva et vint prendre place à ses côtés, la lovant contre son torse pour qu’elle laisse libre court à sa peine. Il lui caressait les cheveux d’une main, l’autre le dos, la laissant pleurer toutes les larmes de son corps s’il le fallait. Ses lèvres se posèrent sur sa tête où il colla l’une de ses joues en fermant les yeux.

    ‘‘ Je suis navré de t’avoir fait vivre une telle chose... je... ne pensais qu’à ton bien, Ellana. Pardonne-moi... ‘‘ Murmura t-il.

    Oui, il était pris d’un profond remords alors qu’au fond, il se disait que c’était un mal pour un bien. Ellana aurait un deuil difficile à faire, mais au final, peut-être serait-elle enfin heureuse et n’aurait plus à vivre dans la peur constante qu’on lui veuille du mal ? M’enfin, c’est ce qu’il voulait croire... Qui était-il pour forcer ceux qu’il aimait à vivre de tels supplices ? Peut-être avait-il fait une gaffe monumentale ? En fait, il ne savait plus...

    ‘‘ Je t’aime... Ne l’oublies jamais ‘‘ Chuchotta t-il.

    Maintenant que Stark était rayé de la liste, sa prochaine cible était inévitablement Nolan. Cet autre homme qui menaçait d’assombrir leurs jours.

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Mar 16 Avr - 10:19

Ellana regardait toujours droit devant elle, là ou s’était tenu le corps de son père avant qu’on ne l’enlève. Les soldats étaient encore en train de démonter l’échafaud, et déjà il n’y avait plus qu’elle et Kaëran sur la place. Elle n’arrivait pas à bouger. N’arrivait pas à… se convaincre que c’était finit.
Elle avait l’impression qu’il était toujours là, à préparer son prochain coup pour lui faire du mal…

C’est là qu’une silhouette lui masqua la vue de cette herbe rougie et que des mains se posèrent sur ses joues, essuyant par la même occasion les larmes qui continuaient leur route. Kaëran lui embrassa le bout du nez et, front contre front il la serra contre lui et lui dit doucement :

- Rentrons à la maison...

Elle hocha faiblement la tête, entremêlant ses doigts à ceux du Lieutenant lorsqu’il vint chercher sa main et suivit le mouvement. Ses jambes lui semblaient aussi lourdes que de la pierre tout au long du trajet qui s’étirait grandement. Elle voulait se calmer, arrêter de pleurer. Pourquoi pleurer un homme qui ne lui avait fait que du mal depuis sa naissance ? Parce qu’il restait son père et qu’elle était trop gentille…

Une fois à la maison, elle se dirigea automatiquement vers le salon et s’affala sur le canapé, le cœur lourd. Elle devait arrêter de pleurer ! Cela ne servirait à rien et ferait perdre du temps à Kaëran. Il allait s’en vouloir et ça elle ne souhaitait pas. Parce qu’il avait bien fait. Il avait rayé une menace de leur tête.

D’ailleurs, il arriva, s’agenouillant devant elle et posant ses mains sur ses genoux, les caressant. Elle le regarda, cherchant à trouver de la force en lui, lorsqu’il parla :

-Laisse-toi aller, mon ange. Si tu veux le pleurer, pleure-le. Tu es en droit de le faire et c’est tout à fait normal...

Les larmes revinrent automatiquement, sans qu’elle puisse les arrêter. En fait, elle se disait que même à sa mort, son père avait gardé cet air cruel. Il n’avait pas tenté d’expier, de dire qu’il était désolé, qu’il avait fait une erreur. Une grosse erreur, mais le reconnaître aurait peut-être soulagé la peine. En plus, elle se demandait s’il allait retrouver sa mère, la seule femme qu’il eut aimé plus que tout et qu’elle avait tuée en venant au monde, ou s’il allait sombrer en Enfer, sans avoir la chance de la revoir…

Elle éclata en sanglots incontrôlables, se maudissant d’être dans cet état mais se convainquant que si elle pleurait maintenant, elle ne pleurerait plus par la suite. Kaëran s’était assis à ses côtés et la serrait contre lui, caressant ses cheveux et son dos. Joue contre son torse, elle continuait de pleurer, cherchant en vain à se calmer. Il déposa un doux baiser sur la tête avant de murmurer :

- Je suis navré de t’avoir fait vivre une telle chose... je... ne pensais qu’à ton bien, Ellana. Pardonne-moi...

Ce discours la chamboula. Il… il n’avait pas à s’en vouloir… il avait bien fait… c’était elle qui était trop faible pour encaisser aussi fièrement que lui lorsque sa mère était décédée. A ce moment là, elle avait attendu qu’il s’épanche, qu’il pleure aussi, même si leur relation n’était pas aussi intime, elle aurait pu le consoler, ou même Eiriel. Il n’en avait rien fait. Juste au moment de sa mort, il y avait eu quelques larmes, puis plus rien, ou alors il les avait masquées ou laissées couler lorsqu’il était seul. Le pire, c’était que sa mère lui avait donné son amour, qu’il ne voulait pas qu’elle s’en aille. Elle, son père avait mérité son sort, et elle le pleurait comme si elle perdait un être cher…
Elle n’arrivait pas à parler pour lui dire de ne pas s’en vouloir, qu’il avait fait ce qu’il fallait, et préféra attendre d’être un peu plus calme.

-Je t’aime... Ne l’oublies jamais.

Oui… elle le savait, qu’il l’aimait. Tout comme elle l’aimait. Elle était prête à mourir pour lui. A se sacrifier pour qu’il vive. A endurer les pires tortures qu’elle n’avait pas encore eues pour lui. Sauf qu’elle avait l’impression de ne pas le montrer comme lui. Lui, il la massait, veillait à ce qu’elle ne manque de rien. Il était attentionné et délicat, tandis qu’elle… profitait sans lui rendre la pareille. Rien que son anniversaire, jour ou elle aurait aimé faire une belle soirée pour lui, avec tout le monde rassemblés, pour lui offrir son cadeau, elle l’avait gâché. Gâché parce que c’était le jour ou il l’avait retrouvée à moitié morte dans la ruelle. Et elle ne pourrait pas rattraper ça. Près de quatre mois et demi s’étaient écoulés depuis.

Au bout d’un moment, elle se redressa et plongea dans son regard, collant son front au sien et murmurant :

-Moi aussi je t’aime Kaëran Eira. De tout mon être. Je t’aime à en mourir…

Elle l’embrassa doucement, malgré le goût des larmes qui s’infiltra, puis reprit, plus sérieuse :

-Ne t’en veux pas pour… ça. Je n’ai rien à te pardonner parce que tu n’as rien fait de mal. Au contraire, tu as fait ce qu’il fallait. C’est juste moi qui… suis trop faible pour encaisser convenablement.

Elle ferma puis rouvrit les yeux, calmant ses larmes. Son corps se rapprochait de celui de l’homme, lentement.

-Dis-moi ce que tu veux que je fasse. Tu es toujours aux petits soins pour moi alors que… que je ne te remercie pas, je ne te donne pas la pareille. Et je veux aussi te faire plaisir… je veux te détendre…

Sur ces mots, l’idée fût là. Un homme, comment est-ce qu’on le détendait ? Il n’y avait pas trente-six mille solutions. Elle l’avait appris à ses dépends en trois mois, chez les putes. Elle ne savait guère masser, mais savait procurer du plaisir.
Ce n’était cependant peut-être pas le bon moment. Et pourquoi pas ? Cela chasserait les images de son père, le relèguerait au rang de souvenir dans son esprit. Il fallait qu’elle aille de l’avant, et son avenir, c’était Kaëran et pas son père. Il fallait qu’elle se persuade que, même s’il avait été son père, Joffrey Stark ne l’avait jamais aimée, avait toujours tout fait pour la rendre malheureuse à souhait. Elle ne devait pas faire souffrir Kaëran de sa faiblesse. Elle pleurerait son père le soir, seule, si jamais elle en avait besoin.
Elle devait se montrer forte.

Essuyant les dernières larmes, elle commença à caresser le torse de son homme tout en l’embrassant. Il dût paraître surpris, mais très vite il répondit à ses avances. Ils entendaient vaguement les miaulements d’Hewie, sans pour autant y prendre garde.
Assise à califourchon sur lui, elle le déshabillait lentement, le désir plus que jamais présent en eux. Elle le laissait la dévêtir à son tour, et rapidement ils se retrouvèrent nus sur le canapé. Personne ne viendrait, ils n’avaient rien à craindre…

Elle empêcha ses automatismes de putain revenir tant bien que mal, et l’aida à venir. Elle poussa un gémissement d’aise lorsqu’ils furent soudés, rejetant la tête en arrière. Mains à plat sur son torse, elle commença les mouvements, le chevauchant d’une manière qu’il n’avait sans doute jamais connue. Il n’avait qu’à se laisser faire, il n’avait rien d’autre à faire que profiter de ce qu’elle lui donnait. Très vite, elle fût essoufflée et en sueur, mais souriait à nouveau. Les larmes s’étaient taries, et elle aimait voir ce pétillement dans les yeux de Kaëran. Il gémissait, caressant son corps, libre de toucher ce qu’il souhaitait toucher.

Cela dura une bonne demi-heure, jusqu’à ce qu’il se relâche complètement en elle. Peut-être qu’il venait de planter la graine de vie dans ses entrailles, qui sait…

Se retirant, elle le laissa enfin respirer, couchée de moitié sur lui encore. Caressant sa joue, elle murmura :

-Tu m’as l’air parfaitement détendu à présent… et tu as faim.

Elle ricana, parce que oui, elle avait entendu les grognements de son estomac. Elle se releva sur un dernier baiser et se rhabilla lentement, allant à la cuisine pendant qu’il se rhabillait à son tour. Elle chassait les images de la décapitation, chassait sa tristesse. Aller de l’avant, c’était tout. C’est là qu’Eiriel débarqua après avoir toqué. Dorguan suivait, et aucun des deux ne firent de commentaires en voyant les cheveux en désordre des deux jeunes gens ou le canapé quelque peu… détruit. Peut-être Dorguan dirait-il quelque chose pour charrier Kaëran, mais pas devant les femmes.

-L’on venait voir si tout allait bien. Déclara Eiriel en rejoignant Ellana à la cuisine.

-Oui, ça va… ne vous en faites pas. C’était sur le coup. C’est tout.

-C’est normal. Il restait ton père. Mais tu peux parler si tu le souhaites d’accord ? Que ce soit moi ou Kaëran ou même Dorguan. Nous sommes là.

-Je sais Eiriel, merci… mais je ne veux plus être un poids. Il faut que j’aille de l’avant. Ce sera peut-être lourd dans les prochains jours mais ça devrait aller. Vous resterez bien manger avec nous ?

Le changement de sujet pris Eiriel au dépourvu, mais elle sourit en voyant cette force qui brillait dans le regard de la jeune femme.

-Oui, ma foi, ça peut être sympathique. Viens je vais t’aider si tu souhaites.

-Non ça ira Eiriel ! Si je vous invite ce n’est pas pour que vous fassiez tout ! Allez rejoindre les hommes je vous ramène de quoi boire et manger en attendant que le repas soit prêt !

Eiriel capitula après avoir retenté sa chance, et rejoignit les hommes. Deux minutes après, Ellana venait avec un plateau ou se trouvait verres, bouteille, biscuits apéritifs.

Elle leur sourit et retourna à la cuisine pour préparer un délicieux repas…


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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Sam 27 Avr - 2:58


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Chapitre 5
Un semblant de retour à la normale

◆ ◆ ◆



    Ellana, qui était jusque-là blotti contre lui pour laisser libre court à sa peine, se redressa lentement. Son regard vairon se fondait au sien et se faisait même plus près lorsqu’il sentit la chaleur du front de sa belle contre le sien. Ses lèvres se retroussèrent doucement pour laisser échapper un murmure :

    ‘‘ Moi aussi je t’aime Kaëran Eira. De tout mon être. Je t’aime à en mourir… ‘‘

    Ses lèvres se posèrent ensuite sur les siennes délicatement, comme du satin sur une peau sans imperfection. Elles avaient un goût légèrement salé, mais n’étaient pas moins délicieuses qu’à l’habitude. Jamais il ne pourrait s’en lasser. Les traits du visage angélique d’Ellana se durcirent quelque peu au fil des secondes et une fois de plus, ses lèvres laissèrent couler ces mots à son intention.

    ‘‘ Ne t’en veux pas pour… ça. Je n’ai rien à te pardonner parce que tu n’as rien fait de mal. Au contraire, tu as fait ce qu’il fallait. C’est juste moi qui… suis trop faible pour encaisser convenablement. ‘‘

    Le pensait-elle vraiment ? Il avait tout de même apporté le seul parent qu’elle avait devant la justice et l’avait fait condamner à mort. Pour la première fois, Kaëran se sentait réellement égoïste de lui avoir enlevé son père, mais celui-ci aurait certainement tout fait pour la mettre dans sa tombe. Peut-être aurait-il dû s’interposer pour que Stark finisse tout simplement ses jours au cachot avec les rats, où qu’il aille en exil en dehors du royaume pour ne jamais revenir ? Quoi qu’il en soit, c’était trop tard. Le mal était fait et le père d’Ellana croupissait probablement en enfer avec les truands de son espèce.
    La couturière dévoila son magnifique regard après le lui avoir caché pendant quelques minutes. Ses joues étaient encore humides et le chemin de ses larmes apparent sur sa peau de porcelaine légèrement rougit. Dieu qu’elle était magnifique, même triste. Elle se rapprocha alors de lui avec une telle lenteur qu’il ne s’en était pas rendu compte.

    ‘‘ Dis-moi ce que tu veux que je fasse. Tu es toujours aux petits soins pour moi alors que… que je ne te remercie pas, je ne te donne pas la pareille. Et je veux aussi te faire plaisir… je veux te détendre… ‘‘

    Mais qu’est-ce qu’elle lui racontait là ? Lui rendre la pareille ? Qui lui avait dit qu’il fallait que ce soit donnant donnant? Personne. Le Lieutenant la chérissait parce qu’il tenait à Ellana comme à la prunelle de ses yeux et qu’il avait toujours été ainsi envers ceux qu’il aimait. Pourquoi sa douce ferait-elle exception ? Sa seule présence à ses côtés était amplement suffisante et il ne désirait rien d’autre.

    ‘‘ Je... suis détendu pourtant, seulement inquiet pour toi... ‘‘

    Mais qu’elle était cette lueur qui brûlait soudainement au fin fond du regard de la couturière ? Du revers de la main, Ellana essuya les dernières larmes qui brillaient sur ses joues et étira une jambe au dessus des siennes de manière à être assise sur ses cuisses. Les mains douces de la jeune femme se posèrent sur son buste qu’elles commencèrent à caresser dans un mouvement de va-et-vient invitant alors que ses lèvres vermeilles se posèrent sur les siennes. Kaëran fut pris au dépourvu, sans mots, surpris par le comportement d’Ellana dans un moment aussi morbide de la vie de celle-ci. Sauf que la femme se faisait un peu plus insistante et son bassin se colla contre le bas de son ventre. Le soldat sentit ses muscles se contracter aussitôt à ce contact exquis et ferma les yeux pour répondre à ses avances. Sans se presser, Ellana défit un à un les boutons de sa chemise pour dévoiler son torse et repoussa le tissu par-dessus ses épaules pour le dénuder. Ce fut ensuite à son tour et Kaëran fit aussi preuve de lenteur, délaissant les lèvres de sa moitié pour tracer le contour de sa mâchoire, descendre dans son cou et son épaule droite qu’il découvrait alors que le chemisier d’Ellana s’ouvrait sous ses doigts. Sa bouche se posait sur chaque parcelle de peau qui s’offrait à lui et déjà l’homme sentait sa douce fébrile, sa respiration se faisant plus pressante. Inutile de dire qu’ils se retrouvèrent dans leur plus simple appareil en peu de temps, mais ce qui s’en suivit par la suite fut... il n’y avait pas de mot pour l’expliquer. C’était une première. Oui... sur le canapé du salon. Oui.
    Ellana menait la danse, les paupières fermées et la tête jetée en arrière. Ses mains la gardaient en équilibre et ses doigts se crispaient de temps à autre malgré la douceur de l’union. Lui avait les mains sur ses fines hanches, sentant son mouvement fougueux qui les menait vers un plaisir charnel auquel on devenait rapidement accro. Fermant les yeux d’aise, le jeune homme se laissa guider par sa douce qui les amena bien au-delà du monde des mortels et jamais ils ne virent le temps passé. Ellana s’allongea sur lui, tête contre son torse où son coeur battait à un rythme effréné. Les tourtereaux restèrent ainsi un court moment avant que la jeune femme ne se retire et lève les yeux vers lui, ses doigts fins caressant la peau de sa joue droite avec délicatesse. Elle avait ce splendide sourire sur les lèvres, celui qui le faisait fondre à chaque fois. Un sourire enfantin, angélique, rempli d’une innocence pure.

    ‘‘ Tu m’as l’air parfaitement détendu à présent… et tu as faim. ‘‘

    Un rire cristallin s’échappa de la bouche d’Ellana et Kaëran se prit à ricaner bêtement lorsqu’il entendit son ventre geindre comme un ours au fond de sa caverne. Et détendu ? Beaucoup plus qu’il n’aurait pu le croire en fin de compte. Faire l’amour apportait-il toujours ce genre de sentiments de bien-être ou était-ce parce que c’était Ellana qui faisait des miracles ? Une question qui resterait probablement sans réponse. Il se laissait le bénéfice du doute.
    D’un chaste baiser, la jeune femme s’éloigna du Lieutenant qui se rasseya sur le canapé après ce petit moment de détente maison et l’admira avec un sourire en coin alors qu’elle se rhabillait.

    ‘‘ Tu es tellement belle... ‘‘ Murmura t-il.

    Ellana lui répondit d’un sourire et Kaëran se vêtit à son tour avant qu’on ne toque à la porte de leur maison. Que cela pouvait-il bien être ? La couturière contourna le canapé, traversa le salon et la salle à manger pour se diriger dans le vestibule pour ouvrir. Eiriel fut invité à entrer et Dorguan lui emboitait le pas. Kaëran se sentit d’un coup observé et vit l’ombre d’un sourire taquin sur les lèvres du forgeron qui réprimandait un commentaire. Le Lieutenant s’empressa de mettre les coussins avec le plus de naturel possible sur le canapé et vint à leur rencontre en se passant une main dans les cheveux, histoire d’essayer de les dompter. Le vieux couple fut invité à les suivre et ils s’installèrent dans le salon. Enfin, pas tous parce qu’Eiriel suivit Ellana dans la cuisine où elles parlèrent. Dorguan fut entraîné dans le salon par le Lieutenant et le forgeron s’installa dans le fauteuil, sortant sa pipe de sa poche pour y fourrer son tabac qu’il alluma ensuite grâce au feu de foyer qui brûlait sous la cheminée.

    ‘‘ Alors, petit veinard ? On se tripote en plein jour maintenant ? ‘‘

    ‘‘ Tu ne vas tout de même pas commencer ça, Dorguan ! ‘‘ Rétorqua le jeune homme en soupirant d’exaspération.

    ‘‘ Pourquoi pas ? Vous finissez toujours par sourire à un moment ou à un autre après mes conneries ! ‘‘ Dit-il en ricanant. ‘‘ Comment Ellana supporte t’elle le coup ? ‘‘

    ‘‘ C’est difficile, mais avec le temps, elle s’apaisera... je... me sens affreusement mal pour elle. Ellana souhaitant tant se faire aimer de son père et je n’ai vu ça qu’aujourd’hui, pendant le procès, alors qu’il éprouvait une rage viscérale envers elle. Comment peut-on ressentir une telle haine face à son enfant ? Je ne comprends pas. ‘‘

    ‘‘ Il y a des choses qu’on ne pourra jamais comprendre, Kaë. Pas tant qu’on ne l’a pas vécu du moins. Joffrey était convaincu qu’Ellana avait tué sa femme, mais pourquoi son sentiment était si profond ? Ça je n’en sait rien... ‘‘

    Les hommes se turent lorsqu’Eiriel vint les rejoindre, replaçant d'une main les cheveux de Kaëran qui posa son regard bleuté mélangé de vert sur elle, esquissant un sourire en coin qu’elle lui renvoyait.

    ‘‘ Elle a beaucoup de chance d’avoir quelqu’un comme toi à ses côtés pour la soutenir. Elle en a vraiment besoin, tu sais ? ‘‘

    ‘‘ Je sais, Eiri’... je sais et je ne la laisserai pas affronter sa peine seule. Tu me connais, depuis le temps. ‘‘

    ‘‘ Oh oui, je te connais ! ‘‘

    Ils ricanèrent de concert avant qu’Ellana ne se présente dans le salon en déposant un plateau où se trouvaient biscuits et rafraîchissements avant de disparaître comme elle était venue. Kaëran s’excusa et se leva pour aller la rejoindre et l’enlaça doucement par-derrière, caressant son ventre de ses deux mains et déposant un baiser au creux de son cou. Il savait qu’elle refoulait ses sentiments puisqu’ils avaient de la visite, mais s’il pouvait se rendre utile et l’aider...

    ‘‘ Mlle Stark aurait-elle besoin de l’aide de son homme avant qu’il n’aille s’occuper des invités ? ‘‘

    Mais il semblait que non. Kaëran sourit faiblement et colla sa joue contre la sienne, murmurant à son oreille:

    ‘‘ Je vais t’aider à passer au travers de tout ça Ellana. Il ne faut pas que tu traverses ça toute seule... tu sais que je suis là et le serai toujours, d’accord ? Ce n’est pas une question d’être faible ou fort alors n’ait pas peur de partager ça avec moi. ‘‘ Il embrassa sa joue. ‘‘ Je vous aime, Mlle Stark. ‘‘

    Kaë lui prit le menton pour la forcer à la tourner de côté et lui vola un baiser savoureux avant de lui sourire tendrement et de quitter les lieux pour rejoindre leurs hôtes de la soirée, non sans l’avertir que si elle avait besoin d’aide, de venir le chercher.

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Sam 27 Avr - 11:07

Les ingrédients se retrouvèrent vite sur le plan de travail, et Ellana réfléchissait à la première étape lorsqu’elle sentit deux mains se poser sur son ventre et un corps se coller contre son dos. Elle sourit lorsqu’il lui donna un doux baiser dans le cou en disant :

-Mlle Stark aurait-elle besoin de l’aide de son homme avant qu’il n’aille s’occuper des invités ?

-Non ça ira, merci… Répondit-elle toujours en souriant.

Kaëran colla alors sa joue contre la sienne et murmura :

-Je vais t’aider à passer au travers de tout ça Ellana. Il ne faut pas que tu traverses ça toute seule... tu sais que je suis là et le serai toujours, d’accord ? Ce n’est pas une question d’être faible ou fort alors n’ait pas peur de partager ça avec moi.

Il rajouta, après un baiser sur la joue :

-Je vous aime, Mlle Stark.

Elle aussi, elle l’aimait… et elle eut droit à un merveilleux baiser lorsqu’il lui prit le menton pour la forcer à tourner sur le côté. Ce qu’elle pouvait apprécier tout ça ! Sur un sourire, il quitta la cuisine, non sans l’avertir de venir le chercher si elle avait besoin d’aide. Ce qu’elle n’aurait pas. Elle commença à éplucher les légumes, à couper et cuire la viande. Elle allait leur faire une des recettes qu’elle avait mise au point… chez son père.

Elle crispa les mâchoires et refoula tout au fond d’elle. Elle ne comprenait pas pourquoi cela l’affectait autant. D’accord il restait son père mais… il ne l’avait jamais aimée, l’avait toujours rendue malheureuse. Ce n’était pas comme Naël qui s’était occupée avec brio de son fils… là elle comprenait qu’elle lui manque et qu’il ait pleuré à sa mort. Mais elle ? Son père avait été odieux…

Jetant les légumes dans un plat, elle inspira profondément. Même si Kaëran était là et l’aiderait, elle ne voulait pas le montrer. Sinon il allait se sentir mal d’avoir fait ça alors que c’était bien mieux. Qui sait ce que son père aurait mijoté par la suite ou pire, pour atteindre leurs enfants, le jour où ils en auraient ? Elle voulait pouvoir vivre normalement. Apprendre à vivre sans avoir peur de ce qui pourrait arriver. Déjà, maintenant que son père n’était plus, elle pourrait rester à la maison pendant que Kaëran travaillerait non ? Et peut-être réfléchir à ce qu’elle pouvait faire pour l’aider à récolter de l’argent…

Elle secoua la tête et sursauta lorsque l’eau déborda. Flûte ! Perdue dans ses pensées elle avait baissé la garde ! Elle se hâta avant que son homme ou les invités viennent en panique et acheva de tout préparer. Maintenant, il fallait que sa cuise une bonne dizaine de minutes, puisque tout était déjà chaud. S’essuyant les mains en tremblant un peu, elle s’ordonna d’arrêter de paraître triste. Elle ne voulait pas s’apitoyer.

En attendant, elle prépara un plateau avec verres, assiettes et couverts et l’emmena au salon. Ils mangeaient et discutaient et Eiriel se dépêcha de se lever et de lui prendre le plateau pour mettre la table.

-Mais… je l’aurais fait, Eiriel.

-Tatata ! Je peux faire ça non ? Sinon j’en connais un qui va me donner une tape sur la tête ! Rajouta-t-elle en regardant Kaëran du coin de l’œil.

Ellana sourit et la laissa donc faire, retournant en cuisine pour achever le repas. Cinq minutes après, elle revint avec les plats et tous s’installèrent. Elle servit copieusement et bientôt les seuls bruits ambiants furent les tintements des couverts sur les assiettes.
-C’est délicieux, Ellana. Il faudra que tu me donnes ta recette !

-Merci ! Sauf que… je n’ai guère de recette écrite, je l’ai inventée… mais je peux vous la mettre sur papier !

Eiriel la remercia et se resservit même. Un bon quart d’heure après, les assiettes étaient vides et les estomacs pleins. En dessert, il n’y avait que du thé et quelques petits gâteaux. Il n’y aurait donc pas de bataille entre Kaëran et Dorguan ! Malheureusement !

Ellana alla faire le thé alors qu’Eiriel débarrassait la table et commençait à laver.

-Ne vous tracassez pas Eiriel… Commença Ellana.

-Arrête ! Je vais t’aider c’est tout ! Coupa Eiriel en riant.

La couturière se résigna donc et ensemble elles nettoyèrent tout avant de revenir avec le thé et quelques gâteaux. Mais ceux-ci ne firent pas l’unanimité, les ventres étaient trop pleins pour les accueillir !

La nuit était bien avancée lorsque le jeune couple raccompagna Eiriel et Dorguan à la porte. Ils se quittèrent sur les salutations et Ellana et Kaëran se retrouvèrent seuls. Elle débarrassa avec lui, et nettoya le peu qu’il y avait, avant de l’entraîner à l’étage. C’était l’heure de la douche avant une bonne nuit de sommeil. Se déshabillant et lui aussi, ils douchèrent ensemble, ainsi ils gagneraient du temps ! Collée à lui sous l’eau chaude, elle l’embrassait doucement, frissonnant au contact de ses mains sur elle. Cela lui permettait de penser à autre chose et non plus de revoir le visage de son père.

-Je t’aime tant… Souffla-t-elle en collant sa tête contre son torse mouillé, sexy et terriblement musclé (*sors*).

Sauf que… elle avala de l’eau et manqua s’étouffer… la douée. Elle toussa et recracha et, rouge comme une tomate, elle se mit à rire avec lui. Arrêtant là les frais, elle lui lava le dos, le laissant laver le reste et il fit pareil pour elle. Propres et secs, ils revêtirent les habits pour la nuit et se glissèrent dans le confort de leur lit.

Le collant comme à son habitude, ce fût sur un gros baiser qu’ils se souhaitèrent la bonne nuit et fermèrent les yeux. Rapidement, le souffle de son homme devint régulier, signe qu’il s’était endormit. Ellana elle, tentait. Elle fermait les yeux, calquait son cœur sur celui de son homme et arrêtait de penser. Et à chaque fois qu’elle allait chuter dans le sommeil, une autre image apparaissait et la tirait de là.

Elle se détacha un peu de son homme pour ne pas le réveiller au cas où, se maudissant. Il avait peut-être dit que ce n’était pas une question de faiblesse ou de force mais pour elle, ça l’était. Elle devait être forte. Alors pourquoi les larmes revenaient ? Non… Elle les essuya d’un revers de main et ferma les yeux, força son esprit à penser à quelque chose de bien. A elle et Kaëran. Leur avenir qu’ils allaient se bâtir. Focalisée dessus, elle finit par s’endormir…

~~Elle se voyait devant son père, le regardant avec douceur. Lui ne répondait que par des grognements, des regards lourds de reproches. Il attendait la mort en riant. Elle pivota, vit la foule. Composée de sosies de son père. Tous l’observaient avec haine, un rictus mauvais peint sur le visage. Tous lui reprochaient la mort qui allait suivre. C’est là qu’elle remarqua qu’elle tenait quelque chose en main. Une hache. Une longue hache tranchante, positionnée juste là ou il fallait pour trancher net la tête de quelqu’un. Elle était… le bourreau… Ses mains, bougeant toutes seules, se levèrent au-dessus d’elle avec l’arme. Ellana ne voulait pas ! Tous ses yeux hargneux semblaient la clouer sur place. Et quand elle abaissa les bras, elle sentit chaque secousse en rencontrant la peau, les os, les muscles. La tête roula, le sang gicla. Et elle constata que ce n’était pas son père qu’elle venait de tuer, mais Kaëran. Les sosies riaient, contents, et se rapprochaient, mains tendues, comme des serres pour l’attraper. Non… elle avait… tué son homme… la hache tomba lourdement au sol, pleine de sang. Le public l’entoura. Toutes ses visions de son père murmurèrent en même temps :

-Tu es et restera toujours une idiote, ma fille.

Avant de se jeter sur elle et de l’engloutir.~~


Ellana se redressa en sursaut, une main sur le cœur pour le calmer. Qu’est-ce que ça signifiait ? Rien… c’était juste elle qui encaissait comme une idiote. Une idiote…

Elle mit ses mains devant elle et, grâce aux rayons de lune qui passaient à travers les rideaux, elle constata qu’elles étaient propres. Pas de sang. Tremblantes, mais propres. A côté, Kaëran pivota, plongé dans le sommeil. Elle ne devait surtout pas le réveiller. Elle se leva doucement et se dirigea vers la salle de bain. Là, elle ouvrit l’eau doucement et s’aspergea le visage d’eau froide. C’était finit ! Son père était mort ! A sa place ! Il avait payé pour ses crimes ! Personne n’avait à s’en vouloir !
S’essuyant le visage et respirant profondément, elle retourna au lit pour que Kaëran ne s’inquiète pas. Elle ferma les yeux, tentant de se rendormir. Ce qu’elle fît, mais plus aussi profondément. Elle était à la lisière et entendait le moindre bruit extérieur et intérieur. Elle y arriverait.

Au matin, elle attendit que Kaëran commence à émerger pour ouvrir les yeux et lui sourire. Elle l’embrassa doucement et se leva, allant ouvrir les rideaux et la fenêtre pendant qu’il allait dans la salle de bains. Le vent lui chatouilla le visage, le parfum de la nature envahit ses poumons. Après une nuit aussi longue que celle-ci, ça faisait du bien. Rejoignant son homme, elle se débarbouilla et s’habilla, descendant ensuite pour préparer le petit-déjeuner.

A table, alors qu’ils mangeaient, elle lui dit :

-Kaëran… je peux rester ici à présent non ? Ainsi Eiriel et Dorguan pourront faire ce qu’ils veulent… j’en profiterais pour faire le ménage partout, nettoyer la serre de ta mère et planter… et… réfléchir à ce que je pourrais faire pour ramener un peu d’argent aussi… je ne veux pas que tu sois le seul à trimer…

Elle lui sourit, et le laissa réfléchir. S’il ne voulait pas qu’elle reste seule… elle obéirait. Ce n’était qu’une proposition…


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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Sam 27 Avr - 18:58

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Chapitre 5
C’est une surprise, partie 1

◆ ◆ ◆



    Une altercation s’en suivit entre les deux femmes. Eiriel s’était levée pour presque arracher le plateau des mains d’Ellana en prétextant que si elle ne faisait rien, Kaëran allait lui donner une claque derrière la tête. Que... quoi ?! Le concerné haussa un sourcil, indigné et fit la moue automatiquement. Dorguan ne put s’empêcher de s’esclaffer de sa grosse voix portante. M’enfin, si on oubliait cet épisode et qu’on passait au repas ? Cinq petites minutes plus tard, les plats fumants étaient posés sur la table et on s’installait pour manger dans le calme et la bonne humeur. C’était... un vrai régale. Tellement que Kaëran ne disait pas un mot et ne faisait que savourer chacune de ses bouchées. Celle qui brisa le silence fut Eiriel qui s’exclama sur la qualité de leur repas.

    ‘‘ C’est délicieux, Ellana. Il faudra que tu me donnes ta recette ! ‘‘

    ‘‘ Merci ! Sauf que… je n’ai guère de recette écrite, je l’ai inventée… mais je peux vous la mettre sur papier ! ‘‘

    Les estomacs furent repus au bout d’un quart d’heure et le Lieutenant se massait le ventre qui était sur le point d’exploser. Ah oui, littéralement. Rare était les fois où ça arrivait, mais là il était à la limite de l’explosion. Plus rien n’entrait dans ce corps. La table fut débarrassée par Eiriel alors qu’Ellana s’affairait à faire du thé. Dorguan s’exila au salon pour fumer sa pipe une fois de plus et Kaëran prit Hewie d’une main pour le poser sur son épaule. L’animal se lova autour de son cou et ronronnait déjà. Peu de temps après, les femmes étaient venues rejoindre leur homme avec du thé et des pâtisseries. Bon sang... la seule vue de nourriture contractait son estomac. Ils firent la discussion des heures durant autour d’un bon feu de cheminée puis le vieux couple les quitta pour se mettre au lit. Ellana avait aussi besoin de repos après une journée éprouvante comme celle qu’elle venait de traverser. Kaëran ferma la porte derrière eux, s’assurant de bien verrouillé et ils montèrent à l’étage pour leur toilette après avoir terminé de ramasser la table du salon.
    Leurs vêtements se retrouvèrent au sol et leur corps sous l’eau qui les aidait à se détendre considérablement. Ellana s’était collé contre lui et l’embrassait délicatement. Les mains de l’homme ne pouvaient s’empêcher de caresser la peau de porcelaine de cette femme qu’il aimait tant. Elles s’arrêtèrent sur ses hanches fines alors que la jeune femme collait sa tête contre son torse pour laisser échapper dans un souffle :

    ‘‘ Je t’aime tant… ‘‘

    Kaëran eut un sourire en coin qui se transforma rapidement en surprise lorsqu’Ellana s’étouffa. Il la prit par les épaules et se détacha légèrement d’elle pour l’observer. Les jeunes gens se toisèrent du regard un bref instant avant de se mettre à rire de ce qui venait d’arriver; la couturière avait seulement avalé de l’eau et elle avait passé par le mauvais embranchement. Tournant, le dos à sa douce, celle-ci lui nettoya le dos puis ils inversèrent les rôles avant de se laver en intégral chacun de leur côté. Secs et propres, ils enfilèrent des vêtements plus légers pour la nuit et se glissèrent sous les couvertures dans un soupir d’aise. Kaë l’emprisonna d’un bras autour de sa taille et l’embrassa longuement avant de coucher sa tête contre son oreiller dans un dernier sourire. Pas la peine de dire que le Lieutenant était mort de fatigue après une telle journée. Il s’endormit aussitôt et la nuit entière fut réparatrice. Jamais il n’avait senti de mouvement à ses côtés, ni même l’absence d’Ellana à ses côtés.
    Au petit matin, les rayons du soleil se faufilaient entre les rideaux de la chambre, et grimpaient lentement sur le lit afin de se rendre sur le visage des gens qui y dormaient paisiblement. Kaëran commença d’abord par grogner légèrement et ses yeux s’ouvrirent par saccade, le temps que sa vue s’ajuste. Il eut droit à un magnifique sourire endormi spécial Ellana. Rien de plus beau qu’un tel réveil et, en bonus, un baiser délicieux. Se tirant du lit, Kaëran se passa une main dans les cheveux et quitta la chambre pour se rendre dans la salle de bain afin de se débarbouiller et se décoller les yeux. Il se changeait lorsque la couturière fit son apparition, ne pouvant s’empêcher de se glisser derrière elle pour la déconcentrer un tantinet.

    Une fois dans la cuisine, ils se firent à déjeuner et s’attablèrent. Ils mangeaient paisiblement lorsqu’Ellana leva les yeux vers lui pour lui demander :

    ‘‘ Kaëran… je peux rester ici à présent non ? Ainsi Eiriel et Dorguan pourront faire ce qu’ils veulent… j’en profiterais pour faire le ménage partout, nettoyer la serre de ta mère et planter… et… réfléchir à ce que je pourrais faire pour ramener un peu d’argent aussi… je ne veux pas que tu sois le seul à trimer… ‘‘

    La laisser seule à la maison ? Et Nolan ? Peut-être était-il en ville à l’heure actuelle à moins que ses hommes ne soient en train de les surveiller. En plus, Kaë doutait fortement que sa douce aille bien avec le procès et la décapitation de son père.

    ‘‘ Ellana, loin est de moi l’idée de t’enfermer ici, mais Nolan en a encore après toi. Tant que je ne l’aurai pas attrapé, je n’aurai pas l’esprit tranquille en sachant que tu es seule à la maison. Si tu ne veux pas aller chez Eiriel ou qu’elle vienne ici, je peux toujours demander à Ayden et Dart de surveiller depuis l’extérieur. En plus, je suis certain que tu as le coeur lourd à cause d’hier... Devoir me rendre au travail m’est ardu ce matin pour cette raison. ‘‘

    ‘‘ D’accord..., j’irais chez Eiriel alors... Je ne veux pas la forcer à venir ici. Je pourrais peut-être me rendre utile chez elle. ‘‘ Dit-elle dans un sourire avant de poursuivre. ‘‘ Ne t’inquiète pas pour moi. Je vais bien... Tu peux aller au travail tranquillement. ‘‘

    Le Lieutenant soupira et se massa la nuque quelques secondes. Elle allait bien ? Pourtant, les cernes sous ses yeux la trahissaient. Elle n’avait certainement pas si bien dormi...

    ‘‘ Tu as fait un cauchemar, non ? Écoute, je peux rester avec toi aujourd’hui. Je n’ai pas envie de te laisser te morfondre seule, parle-moi Ellana... ‘‘

    La jeune femme détourna le regard, fuyant le contact visuel. Kaëran fronça les sourcils et s’approcha d’elle, avançant sa chaise dans sa direction.

    ‘‘ Juste un mauvais rêve sans plus... ‘‘ Dit-elle, évasive. ‘‘ Et non... Va travailler. Je t’assure, ça va. ‘‘

    Le jeune homme posa un coude sur la table et y accota sa joue gauche en regardant sa belle qui n’osait toujours pas lever les yeux dans sa direction. Un lourd silence s’installa alors.

    ‘‘ Je reste tant et aussi longtemps que je ne vois pas que tu vas réellement bien. ‘‘ S’entêtait-il à dire.

    Comme il s’y attendait, Ellana poussa un soupir et commença à jouer nerveusement avec ses doigts; il avait misé juste. Comme il le pensait. La jeune femme ouvrit donc la bouche et dit:

    ‘‘ Je ne comprends juste pas pourquoi ça me touche autant. Mais je vais y arriver et je ne veux pas t’empêcher d’aller travailler. Je t’ai déjà causé assez d’ennuis comme ça. ‘‘

    ‘‘ Combien de fois vais-je devoir te répéter que tu ne me causes pas d’ennuis, Ellana ? Tu te trompes, je t’ai pris sous mon aile pour t’aider et maintenant je suis tombé amoureux de toi. Je déteste te voir dans cet état et je ne peux faire comme si de rien n’était. Tu serais probablement dans le même état si j’étais à ta place, non ? Mon supérieur est compréhensif... sinon, je t’amène tout simplement avec moi pour la journée. Je ne te laisse pas toute seule et déprimée. ‘‘

    Il lui releva la tête en prenant son menton du pouce et l’index droit et approcha son visage du sien pour qu’elle le regarde directement dans les yeux. Résultat, un sourire se dessina enfin sur les lèvres de la couturière, lui en arrachant un par la même occasion. Il venait de lui tendre la perche et elle l’avait pris sans hésiter.

    ‘‘ Je peux vraiment venir avec toi ? J’aime beaucoup aller au Palais... Il y a plein de livres dans ton bureau... et te voir martyriser tes hommes me fait bien rire... ‘‘

    Le Lieutenant ne put s’empêcher de rire à ce commentaire et déposa un chaste baiser sur les lèvres de sa douce, un sourire au coin des lèvres.

    ‘‘ Martyriser mes hommes... j’aime bien ce terme. Ça me donne des airs de tyran. ‘‘ Dit-il en riant de nouveau. ‘‘ Allez, habille-toi, nous partons. ‘‘

    ‘‘ Peut-être parce que tu l’es... ‘‘ Marmona Ellana d’une voix basse, d’humeur taquine.

    ‘‘ Toi... ‘‘ Rétorqua t-il, mine de la réprimander. ‘‘ Tu verras un jour ce que c’est qu’un tyran. Façon maison... ‘‘

    Sur ces paroles et un sourire rempli de promesses, Kaëran fila à l’étage en montant les marches quatre à quatre et revêt son armure. Armure mise et épée en place, le Lieutenant alla rejoindre sa douce qui patientait dans l’entrée avec un sourire enfantin gravé sur le visage. Il glissa sa main dans la sienne puis l’invita à sortir, en faisant de même aussitôt après. Ils marchèrent parmi les citoyens qui s’activaient et parvinrent au palais plusieurs minutes plus tard. La première étape de la journée fut inévitablement l’entraînement matinal des soldats et Ellana savait quoi faire pendant que son homme s’occupait de ses recrues. Encore une fois, les plus jeunes ne pouvaient s’empêcher de la reluquer et se mangeait une petite claque derrière la tête de la part de leur Lieutenant, en guise de rappel à l’ordre. Une heure plus tard, Kaëran vint la rejoindre et l’entraîna avec lui jusqu’à son bureau. Il sortait ses rapports d’un tiroir verrouillé lorsqu’Ellana vint s’installer devant la fenêtre qui donnait une vue splendide sur la ville et sur l’ascension du soleil dans le ciel. Kaë se glissa derrière elle, entourant sa taille de ses bras et l’embrassa dans le cou.

    ‘‘ Si c’était de moi, je t’amènerais tous les matins... ‘‘

    Il la sentit frémir à son murmure et il lui mordilla le lobe droit délicatement avant de la laisser sur son appétit pour se concentrer sur son travail. La paperasse fut terminée trois quarts d’heure plus tard et le Lieutenant dérangea la lecture de sa douce pour l’amener avec lui se dégourdir les jambes dans le palais, mais surtout pour vérifier si tout allait bien. En fin de journée, ils filèrent au marché pour faire quelques courses et s’en allèrent à la maison préparer leur repas qu’ils allèrent manger dans la cour arrière. Lorsque le soleil fit place à sa soeur, le jeune couple était couché à même l’herbe à regarder le ciel clair où se dévoilaient des milliards d’étoiles. Au bout de deux heures, Ellana s’était endormi contre son torse et avec douceur, Kaëran se leva et l’entraîna à l’étage pour la coucher et la border puis s’allongea à ses côtés une fois changés.

    Les jours qui s’en suivirent, Kaëran s’occupa de sa douce comme il pouvait et lui remontait le moral en la chouchoutant. Un beau jour, le Lieutenant abandonna Ellana chez Eiriel, prétextant qu’il devait aller faire quelques courses, insistant pour y aller seul, semant le doute. Le jeune homme s’empressa alors d’aller au marché chercher ce qu’il fallait pour un bon repas, acheta des fleurs pour les faire livrer, un deuxième cadeau, et prit un autre chemin pour s’en retourner chez lui, histoire de ne pas se faire voir par les femmes. Entrant par le jardin arrière suite à son escalade au-delà des haies et se mit à la cuisine. Bon... il était recouvert de farine de la tête au pied en plus d’en avoir mis partout dans la cuisine. Mais bref. Le gâteau prêt, Kaëran s’en alla chez Eiriel et vint lui voler Ellana qui fut abasourdi de le voir dans un tel état. Elle le bombarda de questions, mais il garda le silence et l’entraîna avec lui jusqu’à la maison. En galant homme, Kaë la fit entrer et directement elle put tomber sur les bouquets de roses blanches qui lui étaient destinés. Refermant la porte derrière lui, le Lieutenant se sentit rougir et leva les yeux au ciel.

    ‘‘ Je... voulais te faire une surprise, comme c’est ton anniversaire. ‘‘

    Lui et le romantisme, ça faisait carrément deux. Disons qu’il avait demandé à Ayden ce qu’il pouvait faire pour impressionner Ellana en cette journée. Acheter des fleurs, ce n’était pas du tout lui en fait.

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Sam 27 Avr - 20:58

Terminant de manger, Ellana attendait que son homme réponde à sa demande. Et quelque chose lui disait qu’il ne serait pas tout à fait d’accord…

-Ellana, loin est de moi l’idée de t’enfermer ici, mais Nolan en a encore après toi. Tant que je ne l’aurai pas attrapé, je n’aurai pas l’esprit tranquille en sachant que tu es seule à la maison. Si tu ne veux pas aller chez Eiriel ou qu’elle vienne ici, je peux toujours demander à Ayden et Dart de surveiller depuis l’extérieur. En plus, je suis certain que tu as le coeur lourd à cause d’hier... Devoir me rendre au travail m’est ardu ce matin pour cette raison.

Elle avait misé juste, et avait même oublié Nolan. N’ayant plus de nouvelles suspectes, elle s’était dit qu’il était retourné à son bordel tout simplement… mais peut-être qu’il était là, dehors, à l’observer et attendre le bon moment ? Et… elle ne voulait plus revivre ce qu’elle avait vécu avec Raven lors de son enlèvement. Elle savait que Nolan pouvait être pire. Aussi répondit-elle avec un petit sourire :

-D’accord..., j’irais chez Eiriel alors... Je ne veux pas la forcer à venir ici. Je pourrais peut-être me rendre utile chez elle. Ne t’inquiète pas pour moi. Je vais bien... Tu peux aller au travail tranquillement.

Elle l’entendit soupirer, se massant la nuque. Elle avait dit quelque chose qui n’allait pas ?

-Tu as fait un cauchemar, non ? Écoute, je peux rester avec toi aujourd’hui. Je n’ai pas envie de te laisser te morfondre seule, parle-moi Ellana...

Il… il l’avait entendue ? Elle avait pourtant été le plus discret possible… elle détourna les yeux, ne voulant pas que son regard la trahisse. Et puis, elle ne voulait pas qu’il reste pour ça. Il avait du travail… les raclements de la chaise lui indiquèrent qu’il s’était rapproché avant qu’elle ne réponde :

- Juste un mauvais rêve sans plus... Et non... Va travailler. Je t’assure, ça va.

Il ne dit plus rien dans l’immédiat, et un gros silence prit place. Ellana voulait qu’il parte travailler serein, et non inquiet pour elle… Elle allait bien, c’était la vérité, malgré le choc de la mort…

-Je reste tant et aussi longtemps que je ne vois pas que tu vas réellement bien.

Évidemment. Elle soupira, se demandant encore pourquoi elle insistait alors qu’il était bien plus tête de mule qu’elle. Nerveuse, elle se mit à jouer avec ses doigts, ne levant pas les yeux vers lui pour autant, et déclara juste :

-Je ne comprends juste pas pourquoi ça me touche autant. Mais je vais y arriver et je ne veux pas t’empêcher d’aller travailler. Je t’ai déjà causé assez d’ennuis comme ça.

Et elle eut droit à un discours qu’elle connaissait et qu’elle comprenait, parce qu’elle agirait de la même manière :

- Combien de fois vais-je devoir te répéter que tu ne me causes pas d’ennuis, Ellana ? Tu te trompes, je t’ai pris sous mon aile pour t’aider et maintenant je suis tombé amoureux de toi. Je déteste te voir dans cet état et je ne peux faire comme si de rien n’était. Tu serais probablement dans le même état si j’étais à ta place, non ? Mon supérieur est compréhensif... sinon, je t’amène tout simplement avec moi pour la journée. Je ne te laisse pas toute seule et déprimée.

Sa tête fût alors redressée pour qu’elle croise le regard du Lieutenant et elle ne put s’empêcher de sourire, en faisant naître un sur les lèvres de son homme en même temps. Aller avec lui… elle aimait tant !

-Je peux vraiment venir avec toi ? J’aime beaucoup aller au Palais... Il y a plein de livres dans ton bureau... et te voir martyriser tes hommes me fait bien rire...

Ils en rirent ensemble puis il rétorqua, après un baiser furtif sur ses lèvres :

- Martyriser mes hommes... j’aime bien ce terme. Ça me donne des airs de tyran. Allez, habille-toi, nous partons.

Ce fût plus fort qu’elle, elle se sentie obligée de répliquer à voix basse d’un ton taquin :

-Peut-être parce que tu l’es...

Et bien sûr il l’avait entendue !

-Toi... Tu verras un jour ce que c’est qu’un tyran. Façon maison...

Elle ricana. Son ton de réprimande sonnait tellement faux ! Elle le laissa monter à l’étage pour se changer, elle-même débarrassant et enfilant manteau et chaussures. Elle était fin prête et n’attendait plus que son Lieutenant pour sortir. Elle souriait, ravie de pouvoir l’accompagner et sachant que cela chasserait un peu plus les images de son père.

Lui prenant la main, ils sortirent et se dirigèrent vers le Palais. Comme toujours, Ellana observait tout avec curiosité. Arrivés au Palais, elle s’assit sur la marche menant au baraquement des armes et observa son homme martyriser ses troupes. Bien sûr, certains la regardaient et lui faisaient des clins d’œil, mais elle s’en fichait et riait doucement lorsque Kaëran leur frappait l’arrière du crâne. Et… effectivement il ressemblait à un tyran ! Les pauvres, toutes ses séries de pompes et de course à pied !

Lorsqu’il eut finit, il l’emmena avec lui dans son bureau. Elle le laissa sortir son travail, se dirigeant vers la fenêtre d’où elle pouvait observer la ville et le soleil qui grandissait et montait à travers les nuages. Et pour parfaire cette vision, son homme vint l’enlacer par derrière, lui donnant un doux baiser dans le cou et disant :

- Si c’était de moi, je t’amènerais tous les matins...

Elle frémit involontairement et se mordit la lèvre lorsqu’il titilla son lobe d’oreille, la quittant ensuite, la laissant sur sa faim. Souriante, Ellana alla chercher un livre et s’assit sous la fenêtre, commençant la lecture.

Plongée dans le récit, elle sursauta lorsque Kaëran voulut l’emmener se dégourdir les jambes avec lui. Elle ferma l’ouvrage et le suivit, serrant sa main dans la sienne, observant une nouvelle fois le tout avec fascination.

Kaëran termina vite sa journée et ils firent des courses avant de rentrer chez eux. Ensemble, ils cuisinèrent et profitèrent du soleil et de sa chaleur pour manger à l’extérieur, dans la cour arrière. C’était une magnifique soirée et, ne voulant pas rentrer, ils se couchèrent dans l’herbe, admirant la voûte céleste. Un ciel parfait, sans nuage, juste les étoiles pour les contempler.

Ellana était collée à Kaëran, un fin sourire étirant ses lèvres. Elle vivait, enfin, pour de bon. Le chant des animaux nocturne mélangé au parfum de son homme la fît somnoler et, au bout de deux heures, elle s’était endormie contre le torse de Kaëran, toute trace de cauchemar loin dans son esprit. Elle se sentit bouger mais ne s’éveilla pas pour autant. Tout ce qu’elle fît fut se coller une nouvelle fois à lui lorsqu’il l’eut rejointe…

La routine se réinstalla les jours suivants. Kaëran était aux petits soins pour elle, la devançant lorsqu’il voyait qu’elle allait demander quelque chose. Il était adorable et elle n’en pouvait plus de ce dire qu’elle avait énormément de chance de l’avoir…

Seulement, un jour, il la conduisit chez Eiriel et la laissa là, voulant aller faire les courses tout seul. Elle s’interrogeait, parce qu’il aurait besoin d’aide pour tout porter, et voulut même le suivre, mais Eiriel l’en empêcha. Elle l’emmena au salon ou elles discutèrent et cousirent, jusqu’à ce que le jeune homme vienne la chercher… couvert de farine. Ellana ne comprenait vraiment plus rien. Sur tout le trajet il eut droit à :

-Pourquoi tu es recouvert de farine ? Il y a eut un problème ? Tu as essayé de faire un gâteau et la maison brûle ? Tu as renversé le paquet ? Kaëran que me caches-tu ?

Il ne répondait pas et cela la paniquait. Sans doute pour rien, mais même. Il ouvrit la porte et la fît passer la première. Elle entra et se figea, bouche grande ouverte. Il y avait des bouquets de roses blanches dans le hall, de magnifiques fleurs. Elle ne savait pas quoi dire, ne voyait pas pourquoi il avait fait ça…

-Je... voulais te faire une surprise, comme c’est ton anniversaire.

Son… anniversaire ? Émue, elle se tourna vers lui et lui murmura :

-Merci… c’est… merveilleux…

Elle l’embrassa, aimant bien voir le rouge sur ses joues, et s’avança pour sentir le parfum des fleurs. Exquis…

Le premier anniversaire qu’elle fêtait… pour ses… vingt-trois ans… Elle chercha un vase pour mettre les fleurs, ne voulant pas qu’elles fanent trop vite.

Ensuite, elle se laissa entraîner par Kaë au salon ou la table était dressée, avec des bougies et Hewie couché sur le dossier du canapé. C’était… de trop… elle s’assit, incapable de dire quoi que ce soit tant elle était émue, et se laissa servir par son homme, si attentionné.

Et le repas était divin !

-C’est délicieux, Kaëran. Merci énormément…

Elle posa sa main sur la sienne, posée sur la nappe, et la caressa du pouce. Le regardant dans les yeux, elle voyait sa peur de mal faire. Il n’avait rien à craindre… tout était parfait. Ils finirent de manger, se donnant mutuellement la fourchette, se nourrissant comme une mère à un enfant. Ils en riaient, et les bougies se consumaient doucement.

Il se leva pour débarrasser et elle voulut l’imiter, mais il la força à rester à table, si bien qu’elle attendit, souriante.

Heureuse.

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Sam 27 Avr - 23:06

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Chapitre 5
C’est une surprise, partie 2

◆ ◆ ◆



    Le jeune homme ramena les yeux vers Ellana qui regardait les fleurs, mains devant sa bouche. Dans un mouvement lent, elle lui fit face. Ses yeux brillaient sous l’émotion et elle ne semblait pas savoir quoi dire sur le coup. Ce fut dans un murmure étouffé qu’elle le remercia et l’embrassa. Kaëran lui fit un faible sourire en coin, la regardant humer le parfum des fleurs qu’il lui avait acheté en cette journée spéciale. Ayden était un expert en la matière et ses conseils n’étaient pas entrés dans l’oreille d’un sourd cette fois-ci, mais la soirée était loin d’être terminée. Oh, non. Elle ne faisait que commencer et hormis leur repas, le reste était de son cru.
    Pendant qu’Ellana mettait ses fleurs dans un vase contenant de l’eau, Kaë s’assura qu’Hewie n’avait pas foutu la pagaille sur la table du salon où il avait dressé les couverts. Ouf ! Tout était comme avant son départ. Le chat dormait paisiblement sur le dossier du canapé donc tout allait comme sur des roulettes. Maintenant, place au plan B. Prenant la main de sa belle, Kaëran l’entraîna à sa suite jusqu’au salon où il la fit asseoir et patienter pendant qu’il retournait en cuisine chercher leur repas qu’il avait peiné à faire. Vive les recettes de maman qui trainait toujours dans un tiroir! La demoiselle fut servie, puis le Lieutenant s’installa à ses côtés en silence. Lui ? Timide ? Là, oui, car Bon Dieu que c’était gênant... ! Au moins, il faisait ça pour une bonne cause; redonner le sourire à Ellana.

    ‘‘ C’est délicieux, Kaëran. Merci énormément… ‘‘

    ‘‘ M-merci... ‘‘ Marmona t-il.

    Sa main fut prise par celle de la jeune femme, son pouce caressant le dessus d’un geste lent et doux. Kaëran leva les yeux pour croiser ceux d’Ellana qui était plus que ravi de tant d’attention. En avait-il fait trop ? Il espérait que non, car un peu plus et il achetait toutes les fleurs disponibles chez la fleuriste du marché pour les amener à la maison. Le problème était qu’il aurait peut-être manqué de place... hum... Cependant, le sourire radieux que lui offrit sa tendre moitié le rassura considérablement. Elle était heureuse de ce début de soirée et les voilà qui se nourrissaient mutuellement. Leurs assiettes vides, Le Lieutenant se leva en les empilant et Ellana allait le suivre lorsqu’il lui dit:

    ‘‘ Non, non, non. Vous restez ici, mademoiselle Stark. Sinon, pas de dessert et seuls les dieux savent à quel point j’ai sali la cuisine pour ça ! ‘‘

    Kaëran la quitta donc avec un sourire en coin amusé et ressortit quelques minutes plus tard avec... un gâteau énorme à quatre étages. Il fut déposé au centre de la table du salon, prenant la moitié de la surface du mobilier et l’homme se rassit en tailleur près d’Ellana.

    ‘‘ Joyeux anniversaire, mon ange. ‘‘ Dit-il en lui volant un baiser. ‘‘ Tu peux faire un voeu et souffler ou souffler et faire un voeu ou encore le manger, faire un voeu et souffler. ‘‘

    Elle avait l’embarras du choix, mais une seule était recommandée habituellement. Il la vit alors fermer les yeux, les rouvrir après quelques secondes puis souffler sur les flammes qui se consumèrent en de minces filets de fumée. Il lui servit sa part et s’en prit ensuite. Au final, il était pas mal pour un gâteau mutant. L’inondation de farine dans la cuisine avait valu la peine, mais il n’en ferait certainement pas tous les jours. Oh ça non ! Surtout s’ils prenaient en grosseur à chaque fois.
    Ils terminèrent la note sur un verre de vin, dos contre le canapé et le feu de cheminée les réchauffant. Kaëran tenait Ellana contre son torse, ses jambes de chaque côté d’elle il sa tête collée contre la sienne.

    ‘‘ J’ai un petit quelque chose pour toi. ‘‘

    Le jeune homme étira un bras vers le dessous du canapé et sortit un petit boitier qu’il lui donna. Lorsqu’ils étaient allés au marché plusieurs jours plus tôt, il avait vu Ellana s’immobiliser devant ce bijou simple qui avait un charme unique à lui. La couturière tourna la tête pour le regarder, surprise sur le coup puis envahit par la curiosité elle l’ouvrit pour dévoiler un fin bracelet en argent où pendait deux breloques: une plume et un coeur. Ellana l’observa un moment avant que Kaëran le lui mette autour du poignet gauche.

    ‘‘ Je crois qu’il te plaît à voir ton sourire qui s’étend jusqu’à tes oreilles. ‘‘

    Il eut droit à un doux baiser de remerciement puis il se leva, fouilla dans le fond de sa poche de pantalon et posa un genou devant Ellana qui semblait confuse soudainement. Le Lieutenant était affreusement nerveux tout d’un coup, mais il prit une profonde inspiration avant de se lancer, même s’il doutait fortement que la réponse soit négative.

    ‘‘ Ellana, ma demande va peut-être te sembler dingue, mais tu sais comme moi que la personne qui nous est la plus chère peut disparaître à tout moment. Tu m’as aidé à traverser une période trouble de ma vie. Mademoiselle Stark... ‘‘ Il lui prit la main gauche et ... ‘‘ Je vous aime et j’aimerais partager ma vie avec vous à mes côtés. Voulez-vous m’épouser ? ‘‘

    Elle était sous le choc de cette demande si soudaine, mais un large sourire se dessina sur ses lèvres et ses yeux devinrent humides rapidement. La jeune femme lui sauta au cou et Kaëran perdit pied, tombant sur le dos au sol en ricanant avec sa douce. Ils s’embrassèrent fougueusement, mais le soldat la stoppa à contrecoeur pour lui glisser l’anneau de fiançailles à l’annulaire gauche. Sauf que leurs lèvres ne restèrent pas longtemps séparées. Kaëran la souleva par les cuisses, Ellana entourant son bassin de ses jambes alors que leurs baisers se faisaient un peu plus ardents encore.

    ‘‘ J’ai encore une surprise pour toi... ‘‘ Murmura t-il au creux de son oreille.

    Eh oui, mais cette fois c’était le dessert maison et ce n’était certainement pas Ellana qui refuserait ses avances. Le Lieutenant grimpa l’escalier comme il put, s’agrippant au garde de l’escalier d’une main, soutenant sa douce de l’autre et il l’entraîna dans la chambre où il la fit asseoir. Étrangement, Kaëran voulait essayer quelque chose alors il banda les yeux d’Ellana avec un tissu fin après un dernier sourire.

    ‘‘ Il te faudra être patiente par contre. D’accord ? Le tyran te met au supplice. ‘‘

    Kaëran l’embrassa doucement pendant qu’elle acquiesçait d’un signe de tête, tout sourire et rongée par la curiosité. Il se leva donc, et se débarrassa de sa chemise qui était encore recouverte de farine, puis se secoua les cheveux. Un fin nuage de poussière blanche tombait jusqu’au sol et le jeune homme ne put se retenir de ricaner doucement.

    ‘‘ Bon sang. J’avais plus de farine sur la tête que je ne le pensais. ‘‘

    Maintenant, à l’attaque. Le soldat se rapprocha de sa belle, la souleva par la taille pour l’enfoncer au centre du lit et lui fit comprendre silencieusement qu’elle devait garder ses mains au dessus de sa tête. La pauvre était déjà fébrile, sentant ce qui allait inévitablement se produire au fil des minutes. Alors avec douceur, Kaë embrassa Ellana puis quitta ses lèvres pour se frayer un chemin jusqu’à son oreille droite qu’il mordilla légèrement. Il descendit ensuite vers sa mâchoire y laissant un chapelet de baisers puis descendit sur sa gorge sans pour autant la toucher de ses mains. À genoux au-dessus d’elle, l’une de ses mains se posa sur l’encolure du chemisier de la jeune femme et il ouvrit le premier bouton, laissant ses lèvres effleurer la surface de la peau. Chaque minute, un nouveau bouton s’ouvrait, mettant à nu lentement le corps sublime de cette femme frémissante. Sa poitrine commençait à peine à être visible lorsqu’il posa ses mains sur ses hanches, glissant ses mains entre la peau et le tissu du pantalon qu’elle portait. Il le lui enleva lentement, le faisant glisser sur ses jambes jusqu’à ce que le vêtement se retrouve au sol avec son sous-vêtement. Ellana se tortillait sous lui et essayait de le toucher, mais Kaëran prenait délicatement ses poignets d’une main pour les lui remettre en place. Disons que les yeux ainsi bandés, les sensations devaient être d’autant plus pires, surtout qu’il prenait son temps pour la faire languir.

    ‘‘ Vous êtes une petite pressée, mademoiselle Stark. ‘‘

    Il sentit son sourire contre ses lèvres et le Lieutenant l’embrassa de nouveau avant de se ré-attaquer à son buste. Le jeune homme s’asseya en tailleur, sa douce accrochée à sa taille de ses jambes et il embrassa ses épaules qu’il venait de mettre à nu en repoussant le tissu vers l’arrière. Une à une, il fit descendre les bretelles de son soutien-gorge et le lui enleva pendant qu’elle promenait ses mains dans sa chevelure, aveugle. De nouveau allongée, la couturière fut assaillie de baiser qui partait de ses lèvres à ses seins que Kaëran ne se priva pas de masser et embrasser avant de descendre plus bas. Ses mains caressèrent ses jambes, ses fesses, s’arrêtant au delta de ses cuisses qu’il effleura de ses doigts. Un gémissement sortit de la bouche d’Ellana qui se cambrait légèrement à ce toucher pour le moins inattendu. Lui aussi pouvait se montrer fougueux de temps à autre, déjà qu’il se surprenait lui-même en explorant ainsi le corps de sa fiancée, de celle avec qui il pouvait partager sa vie jusqu’à ses vieux jours.
    Les mains d’Ellana tremblaient contre l’ouverture du pantalon de son homme qui dut l’aider à l’en débarrasser avant de passer à la seconde étape. Elle l’accueillit comme jamais, gémissant d’aise lorsqu’il vint à sa rencontre avec douceur pour mener la danse de leur union. La jeune femme dut bien atteindre le 7e ciel et au-delà à deux ou trois reprises cette nuit-là et lorsque Kaëran roula à ses côtés, à bout de souffle, elle souriait. Il la débarrassa du bandeau qui lui couvrait les yeux et lui offrit un sourire avant de lui murmurer :

    ‘‘ Bonsoir... ‘‘

    D’une main, il repoussa les mèches de cheveux qui lui couvraient le front et l’embrassa longuement avant de la serrer contre lui, même s’ils étaient tous les deux morts de chaud.

    ‘‘ Comment se sent-on à vingt-trois ans avec un tyran à ses côtés ? ‘‘

    Il lui fit un faible sourire, visiblement fier de son coup.
    Jamais elle ne s’était attendue à tout ça, il en était certain.

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Dim 28 Avr - 10:49

Encore sous le choc des émotions, Ellana se mordait la lèvre, attendant patiemment au salon que son homme revienne. Ce qu’il fît au bout de quelques minutes. Elle tourna la tête pour le regarder et écarquilla les yeux. Il ramenait un… un gâteau… de quatre étages ! Mon dieu ! Elle l’observa le déposer sur la table, le dessert masquant le meuble en grande partie. Elle referma la bouche qu’elle avait grande ouverte, tandis que le Lieutenant revenait près d’elle pour lui dire en lui volant un baiser :

-Joyeux anniversaire, mon ange. Tu peux faire un voeu et souffler ou souffler et faire un voeu ou encore le manger, faire un voeu et souffler.

Réfléchissant deux secondes, elle ferma les yeux et fît son vœu. Elle fit le vœu de pouvoir vivre normalement avec Kaëran et sa famille, sans embûche, sans malheurs. Vivre réellement en fait. Une fois fait, elle rouvrit les paupières et souffla sur les bougies qui s’éteignirent. Elle souriait, tellement heureuse.
Kaëran lui servit une part, faisant de même pour lui et, elle devait avouer qu’il était exquis. Cela valait bien le pot de farine qui recouvrait l’homme !

Seulement, elle ne savait pas s’ils parviendraient à tout manger ! Et elle ne souhaitait pas jeter la pâtisserie. Elle se dit alors qu’elle pourrait inviter Eiriel et Dorguan à venir en manger, le lendemain. Après le dessert, ils s’installèrent contre le canapé avec un verre de vin, paisibles. Ellana était tout contre son homme et profitait tout simplement. C’était une soirée parfaite… le plus bel anniversaire qu’elle avait eut. Bon, d’accord, le seul qui était fêté mais bon.

-J’ai un petit quelque chose pour toi.

Elle le sentit bouger et tourna la tête, voyant un boîtier apparaître près d’elle. Elle regarda son homme, surprise, ne s’attendant pas à recevoir un cadeau. Rien que le repas, le gâteau et la présence de Kaëran étaient des cadeaux. Seulement, elle était curieuse et prit le boîtier, l’ouvrant délicatement pour révéler… la chaîne qu’elle avait vue au marché quelques temps auparavant ! Celle avec une plume et un cœur, symboles de liberté et d’amour ! Elle souriait à s’en décrocher les mâchoires. Il avait retenu, il l’avait acheté, pour elle…

Elle le regarda le lui enfiler autour du poignet gauche, incapable de dire le moindre mot tant elle était émue.

- Je crois qu’il te plaît à voir ton sourire qui s’étend jusqu’à tes oreilles.

Oh oui il lui plaisait… il allait très bien à son poignet, et la lumière des flammes étincelaient tout contre, le faisant scintiller. Magnifique… Elle pivota et l’embrassa tendrement, seul remerciement qu’elle pouvait lui offrir. Les mots étaient coincés quelque part dans sa gorge et ne semblaient pas vouloir trouver le chemin de la sortie.

Là, il se dégagea, la contourna en cherchant quelque chose dans sa poche, et se retrouva devant elle, un genou au sol, nerveux. Elle… était confuse, ne comprenant pas vraiment ce qu’il attendait… ce qui allait suivre…

- Ellana, ma demande va peut-être te sembler dingue, mais tu sais comme moi que la personne qui nous est la plus chère peut disparaître à tout moment. Tu m’as aidé à traverser une période trouble de ma vie. Mademoiselle Stark...

Quelle demande ? Son cœur battait encore plus vite qu’avant, elle tremblait, avait la gorge sèche, les mains moites lorsqu’il lui prit celle de gauche. Son corps semblait savoir ce qui allait suivre…

-Je vous aime et j’aimerais partager ma vie avec vous à mes côtés. Voulez-vous m’épouser ?

L’é…l’épouser ? Son cœur rata un battement avant de reprendre sa course folle. Elle était… confuse, ne s’y attendait pas… mais un grand sourire revint vite sur ses lèvres, ses yeux s’humidifiant de plus belle.

Heureuse, ne parvenant pas à crier le « oui », elle lui sauta au cou, le faisant tomber en arrière en ricanant. Elle l’embrassa avec fougue, ne voulant plus se décoller, mais il l’y força pour prendre sa main gauche et enfiler la bague au doigt. Mettant la main devant elle rapidement, elle put admirer la magnificence du bijou, brillant tout autant que la chaîne. Il avait… il était parfait. Elle l’embrassa à nouveau, et se sentit soulevée, l’homme la soutenant aux cuisses. Automatiquement, elle entoura sa taille avec ses jambes et accentua encore ses baisers, jusqu’à ce qu’il murmure :

- J’ai encore une surprise pour toi...

Encore une surprise… et elle se doutait de ce que c’était… elle le laissa grimper tant bien que mal à l’étage, le déconcentrant un peu, et se laissa asseoir sur le lit. Elle attendait la suite lorsqu’il vint avec un bandeau qu’il lui noua sur les yeux. Elle fronça les sourcils, ne comprenant pas. Pourquoi n’avait-elle pas le droit de voir ? La dernière vision qu’Ellana avait eue était le sourire de son homme…

-Il te faudra être patiente par contre. D’accord ? Le tyran te met au supplice.

Il avait retenu cette histoire de tyran… elle ferait mieux de se taire parfois ! Mais elle acquiesça, sentant le souffle du jeune homme se rapprocher juste avant qu’il ne l’embrasse. Elle souriait, ne parvenait pas à se défaire de son sourire. En plus, elle voulait savoir ce qu’il allait faire… elle en frétillait presque !

La vue bouchée, elle se rendit compte que ses autres sens compensaient. Elle sentit le mouvement du jeune homme lorsqu’il se déplaça, entendit le froissement du tissu lorsqu’il retira sa chemise et senti l’odeur de la farine dans l’air alors qu’il disait :

-Bon sang. J’avais plus de farine sur la tête que je ne le pensais.

Elle ricana à l’annonce et l’entendit marcher jusqu’à ce que le corps de son homme soit près du sien. Les mains de Kaëran se retrouvèrent sur sa taille, la soulevant pour l’enfoncer dans le lit. Il plaça ses bras au-dessus de sa tête, appuyant pour qu’elle comprenne qu’elle ne devait plus les bouger de là. Mais si elle ne pouvait pas le toucher comment ferait-elle ! Elle se sentait déjà toute fébrile ! Elle… elle… devait attendre.

Les baisers avaient l’air encore meilleurs les yeux bandés, et elle frissonna deux fois plus lorsqu’il parcourut son corps de ses lèvres, mordillant son oreille, embrassant sa mâchoire, son cou. Il ne la touchait pas ! Et elle ne savait pas si c’était ce qu’il y avait de pire. Alors elle soupira presque de soulagement lorsqu’elle sentit qu’il déboutonnait son chemisier. Lentement. Affreusement lentement. Et à chaque fois elle recevait un baiser.

Seulement, il arrêta d’ouvrir sa chemise à sa poitrine. Elle le sentait au souffle du jeune homme qui lui donnait la chaire de poule sur les seins. Non, à la place, il dirigea ses mains sur ses hanches et les glissa entre sa peau et son pantalon, le lui retirant doucement. Elle frissonnait, se cambrait déjà, et se retrouva à moitié nue sous lui. Ce fût plus fort qu’elle, elle devait le toucher, le caresser ! Ses mains voulurent donc trouver à l’aveuglette son homme, mais il l’en empêcha, prenant ses poignets et les remettant en place au-dessus de sa tête.

- Vous êtes une petite pressée, mademoiselle Stark.

Elle sourit en même temps qu’il l’embrassait. Oui elle était pressée !

D’un coup, il la redressa pour qu’elle soit assise et, doucement, elle mit ses jambes de chaque côté de lui. Elle sentait son corps chaud, son torse proche d’elle, son souffle sur elle… et elle ne voyait rien. Il termina de lui enlever sa chemise, embrassant ses épaules avant de lui retirer son soutien-gorge avec une lenteur délibérée. Et elle, elle plongeait ses mains dans ses cheveux en bataille, savourant ce contact aveugle, découvrant d’autres ressentis. Son dos retrouva la route du matelas, envahie de chaire de poule lorsque son homme l’embrassa partout, allant jusqu’à ses seins qu’il massa, embrassa, avant d’aller plus avant sur elle.

Son souffle était court alors qu’il caressait ses jambes, ses fesses, remontant sur ses cuisses pour s’arrêter juste avant… non. Il ne s’arrêta pas. Il toucha. Et cela envoya une décharge dans son corps. Elle se sentait sur le point d’exploser.

Tremblante, frémissante, elle chercha le pantalon de son homme, tentant aveuglément de le lui retirer, mais il dut l’y aider, sinon elle n’y serait jamais arrivée.

Ce fût sans nul doute l’expérience la plus… excitante de sa vie. Le sentir s’approcher d’elle, en bas, puis venir à elle, sans rien voir, était… elle ne saurait même pas l’expliquer. Quoiqu’il en soit, lorsqu’il fût en elle, elle ne put retenir un gémissement d’aise.

Chaque coup était décupler par l’absence de ses yeux et Kaëran l’emmena loin dans les sphères du paradis. Très loin. Il se fît fougueux, et elle gémissait, criait même parfois, se demandant si un tel supplice, ce délicieux supplice, était autorisé.

Combien de temps, elle ne savait pas du tout, mais elle avait explosée, tout comme lui juste avant qu’il ne se retire et roule à côté d’elle. Et elle, elle souriait, le souffle court mais heureuse et comblée comme jamais. Il lui enleva alors le bandeau et elle cligna des yeux pour rajuster sa vue tandis qu’il murmurait :

-Bonsoir...

Il souriait et lui replaça les mèches collées à son front, l’embrassant longuement avant de la coller contre lui. Ils avaient chauds, mais qu’importe. Il était merveilleux. Et elle voyait au clair de lune que ses cheveux étaient plus blancs qu’autre chose à cause de la farine…

-Comment se sent-on à vingt-trois ans avec un tyran à ses côtés ?

Il souriait, comme fier. Il pouvait, c’était la plus belle soirée et nuit qu’elle n’avait jamais eue. Jamais elle ne se serait attendue à tout ça. A recevoir un gâteau, un cadeau, une demande en mariage, une nuit de passion… Elle caressa sa joue lentement en répondant :

-On se sent… vivante… et le tyran n’est pas si tyrannique que ça…

Et… oui elle le cherchait. Et cela ne rata pas, il l’enferma dans ses bras en l’embrassant partout, la faisant rire.

-Bon d’accord, tu es un tyran !

Le sourire et le pétillement de son regard illuminaient la pièce. Il était tellement beau… Le plus bel homme sur terre. Avant qu’ils ne s’endorment, elle lui murmura :

-Je veux porter tes enfants, Kaëran…

Tête contre son torse, elle s’endormit lentement, bercée par les battements de cœur du Lieutenant. Au matin, ils eurent du mal à émerger et Ellana emprisonnait si bien l’homme contre elle qu’il ne pouvait pas se lever pour aller travailler. Mais elle sentit le mouvement et s’éveilla, commençant à paniquer en voyant qu’elle allait le retarder. Ce fût baiser, douche complète, petit-déjeuner rapide avant qu’il ne s’en aille, Eiriel venant dans le même temps.

-Longue nuit ? Demanda la paysanne en souriant.

Ellana se sentit rougir.

-On va dire ça…

Elle la fît entrer et Eiriel lui tendit un paquet en disant :

-Joyeux anniversaire ma grande. Avec un jour de retard mais on avait juré de ne rien te dire hier…

Ellana alla faire les bises à Eiriel en disant :

-Merci…

Elle ouvrit le cadeau et constata qu’il s’agissait d’un nécessaire complet de couture, neuf et rutilant.

-Eiriel… c’est… c’est de trop ! Merci…

-Ce n’est rien voyons…

Ensuite, Ellana n’y tint plus, trop heureuse de pouvoir partager sa joie. Elle montra sa main gauche à la paysanne qui mit deux minutes avant de voir la bague et de comprendre.

-Il s’est lancé ? Oh ma belle, c’est merveilleux, je suis si heureuse pour vous ! Toutes mes félicitations ! Il faudra l’annoncer à Dorguan quand il viendra tout à l’heure !

Eiriel serra Ellana contre elle, émue. Et dire que Kaëran disait tout le temps qu’il n’avait pas le temps pour une femme…

Ensemble, elles se rendirent à la cuisine, laissée en l’état par Kaëran. Inondée de farine et de vaisselle. Elles en rirent joyeusement, Eiriel commentant :

-On voit quand un homme fais la cuisine n’est-ce pas !

-Oui, mais son repas et son gâteau étaient un pur délice. D’ailleurs, il nous reste du gâteau, et je me disais que vous et Dorguan accepteriez de venir en manger cet après-midi avec du thé.

-Ce sera avec plaisir… j’ai hâte de goûter la cuisine de Kaë.

Sur ces mots, elles se mirent à la tâche, nettoyant, lavant, rangeant, rendant la cuisine propre comme un sou neuf. Lorsque Dorguan arriva pour manger à midi, il fût lui aussi plus qu’enchanté par la nouvelle du mariage. Le repas ce déroula sur leurs souvenirs, chacun racontant sa propre histoire sur leur mariage. Le fait de se retrouver devant tout le monde stressait un peu Ellana. Mais elle y arriverait…

Après le repas, elle servit le gâteau et le thé en dessert, les vieux mariés époustouflés par la taille et la saveur du dessert préparé par Kaëran. Tous étaient d’accord, ce serait lui qui ferait les desserts les prochaines fois !

En après-midi, elles s’occupèrent du jardin arrière, laissé trop longtemps à l’abandon. En même temps, avec l’épisode de Raven, de Nolan, l’hiver… Ellana s’occupait de la serre de Naël, souhaitant lui rendre sa beauté d’avant. Elle nettoyait les mauvaises herbes, enlevait les fleurs fanées, replantait d’autres pousses. Mais cela ne comblait pas, elle devait aller en racheter au marché. Mais ce serait pour le lendemain. Là, elle était couverte de terre, en sueur parce que le soleil tapait sur la serre, accentuant la chaleur. Eiriel s’occupait de tondre le gazon, de tailler les arbustes, de nettoyer les tables et les bancs…

En somme, elles n’entendirent nullement Kaëran rentrer… le pauvre, il allait paniquer…


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Dim 28 Avr - 16:58


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Chapitre 5
Chasse à l’homme, partie 1

◆ ◆ ◆



    À voir le regard pétillant d’Ellana, Kaëran en déduisait qu’elle était pleinement satisfaite de sa soirée d’anniversaire en compagnie d’un supposé tyran qui ne l’était probablement qu’avec ses soldats. Et bien quoi ? Un Lieutenant se devait de discipliner ses recrues et les préparer convenablement pour leur rôle, non ? Alors qu’en vérité, il était loin d’être ainsi en dehors de ses fonctions. La couturière leva une main vers son visage et caressa sa joue droite avec une lenteur délicieuse.

    ‘‘ On se sent… vivante… et le tyran n’est pas si tyrannique que ça… ‘‘

    Kaëran arqua un sourcil à ces paroles. Était-elle en train de le chercher ? Certainement, Ellana s’amusait souvent à le charrier de la sorte pour faire sortir la bête. Or, ladite bête dormait maintenant au fond de sa tanière pour la nuit. À la place, le soldat eut un sourire mesquin au coin des lèvres et emprisonna brusquement sa douce dans ses bras, la bombardant de baisers pour libérer ce rire cristallin qui sonnait comme une musique aux oreilles du jeune homme.

    ‘‘ Bon d’accord, tu es un tyran ! ‘‘

    ‘‘ Je préfère ça, Mademoiselle Stark... où devrais-je dire, Madame Eira ? ‘‘

    Un sourire ineffaçable avait élu domicile sur les lèvres du Lieutenant. Ellana semblait si heureuse, là, contre lui, qu’il ne pouvait que l’être à son tour et par tous les dieux ! Ce qu’elle pouvait être belle en ce moment. Rayonnante et resplendissante comme la lune qui pénétrait doucement dans la pièce. Kaëran lui donna alors un baiser sur le front, sur le nez puis les lèvres avant de se coucher sur le côté, un bras passé autour de la taille de sa fiancée. Ce fut sur un dernier sourire que les tourtereaux fermèrent les yeux pour une bonne nuit de repos.

    ‘‘ Je veux porter tes enfants, Kaëran… ‘‘

    ‘‘ Moi aussi, je veux porter tes enfants. ‘‘

    Bien sûr ! Il était un homme alors comment pouvait-il ? Mais tout ça, il le savait. C’était seulement pour rigoler une dernière fois avant qu’ils ne s’endorment pour de bon, portés par les bras de Morphée.

    Le soleil avait amorcé son ascension dans un ciel clair et dénué de nuage. Déjà, il faisait chaud et les oiseaux gazouillaient dans l’arbre de la cour arrière de la demeure. Hewie marchait dans le couloir et se stoppa devant la porte de la chambre de ses maîtres pour se mettre à miauler à tout va. Il avait faim. Lentement, mais surement, Kaëran émergea du sommeil, prisonnier de l’étreinte d’Ellana qui était collée à lui, jambes entourées aux siennes. À son tour, la jeune femme ouvrit les yeux et ils s’agrandirent aussitôt en voyant qu’il était un peu plus tard qu’à l’habitude. Oh ? Oh... merde ! Les jeunes adultes se tirèrent hors du lit en quatrième vitesse et filèrent dans la salle de bain. La toilette fut rapide puis Kaëran fila revêtir son armure tout de suite avant de préparer le petit-déjeuner avec sa douce dans la cuisine. Il mangea sur le pouce, gardant une tartine de confiture dans la bouche alors qu’il se chaussait en sautillant sur un pied puis l'autre dans l’entrée. Cependant, il prit le temps d’embrasser fougueusement Ellana avant de se détacher d’elle et de traverser l’allée au pas de course, rencontrant Eiriel.

    ‘‘ Bon matin, Eiri ! Bonne journée Eiri’ ‘‘

    La paysanne ne put que lui envoyer la main en riant doucement, regardant le Lieutenant filer aux pas de course en direction du palais. Ah la jeunesse ! Qu’ils en profitent pendant qu’ils étaient jeunes et fringants, car quand ils seraient vieux et ratatinés, ils devraient se lever trois heures en avance pour être certains d’être prêt avant d’aller travailler ! S’ils travaillaient encore rendu la hein. On s’entends.
    Kaëran mangeait en chemin, saluant quelques connaissances au passage avant de débarquer dans la cour d’entraînement, pile à l’heure. Le Lieutenant inspira puis expira profondément avant de reprendre ses airs de tyran et de se mettre tout de suite à l’attaque des exercices matinaux. En somme, cette journée commençait comme toutes les autres jusqu’à ce qu’il se retrouve dans le bureau de son supérieur pour discuter à propos du bordel d’Orthank...

    ‘‘ Cet homme est un criminel. D’après les rapports de mes hommes postés là bas, plusieurs femmes ont été retrouvées mortes après avoir été à son service. L’on suppose qu’elles voulaient stopper le métier pour se prendre en main. Ce Nolan ne leur laissait aucune chance et ... aucune trace de son implication dans les crimes commis autour de sa maison close. Mes hommes ne sont pas assez nombreux pour procéder à une arrestation, je suppose que vous aimeriez vous en charger vous-même, Lieutenant Eira ? ‘‘

    ‘‘ Si c’est envisageable, je me rendrais à Orthank avec une vingtaine d’hommes pour procéder à son arrestation. Je crains cependant qu’il se doute déjà de notre prochaine rencontre. Il ne s’agit pas seulement là de l’arrêter par vengeance, ou pour meurtres prémédités... ‘‘

    ‘‘ Non, je comprends. Il a faillit attenter à la vie d’un de mes officiers et ce crime ne peut resté impuni. Demain à l’aube j’aimerais que vous partiez. Plus vite cette histoire sera réglée, plus rapidement mademoiselle Stark sera en paix, comme les femmes qui résident dans ce bordel. ‘‘

    ‘‘ Oui, Chef. ‘‘

    Kaëran disposa et alla rejoindre ses hommes qui cassaient la croute à la cantine de l’aile des soldats. Il prit place entre Ayden et Dart qui tournèrent automatiquement les yeux vers lui. L’archer comprit le message instantanément et demanda:

    ‘‘ Quand partons-nous ? ‘‘

    ‘‘ Demain matin à l’aube. Eylis, tu viendras avec nous. Ce sera ton initiation sur le terrain. ‘‘

    ‘‘ Oui, Lieutenant ! ‘‘ Dit-elle soudainement enjouée.

    ‘‘ Préparez vos réserves et je vous retrouve demain à la première heure dans les écuries du palais. Ça risque de barder une fois là bas alors, soyez alerte, et reposez-vous. ‘‘

    Le Lieutenant se leva après avoir porté un regard sur les soldats présents ainsi que ses compagnons puis Ayden se leva vivement pour le rattraper alors qu’il sortait de la grande salle. L’archer se posta devant lui avec un large sourire, les bras croisés sur son torse et un regard curieux. Kaëran haussa un sourcil, se demandant ce qu’il attendait et leva les mains dans les airs, l’air de dire ‘‘ Qu’est-ce qu’il y a ? ‘‘. Ayden soupira d’exaspération et laissa ses bras retomber de chaque côté de son corps.

    ‘‘ Tu rigoles là... ? Ta soirée hier, crétin. Comment ça s’est passé ? ‘‘

    Ah ! Ça ! Kaëran n’eut qu’un sourire en coin et contourna son frère d’armes, le laissant dans le doute.

    ‘‘ Hého ! ‘‘

    ‘‘ Tu seras mon garçon d’honneur Ayden ! ‘‘ Cria t-il sans se retourner, plusieurs mètres plus loin.

    Le concerné mit des plombes à comprendre ce que ça voulait dire et son expression faciale délaissa l’incompréhension pour laisser place à la surprise et la joie. En une fraction de seconde, l’archer retourna dans la cantine et hurla la bonne nouvelle. Et dire que Kaëran avait toujours dit qu’il n’avait pas le temps pour une femme avec ses responsabilités. Il s’était littéralement trompé.
    Retournant dans son bureau, le Lieutenant termina quelques petites choses avant de tout ranger et de s’en retourner vers la maison. Lorsqu’il entra, il fut surpris de constater que c’était affreusement silencieux. Étaient-elles sorties? Non... sinon il y aurait eu une note sur la table de la salle à manger. La panique le prit de court aussitôt; et si Nolan avait frappé pendant son absence ? Kaëran grimpa à l’étage et il ne trouva personne, jusqu’à ce qu’il se rende dans le jardin arrière où il entendit rire. D’un coup, le Lieutenant se sentit mieux et se détendit. Marchant d’un pas régulier vers la serre, Kaë y trouva Eiriel et Ellana qui était recouverte de terre de la tête au pied. Épaule contre l’embrasure de la porte, le jeune homme observait sa douce avec un large sourire.

    ‘‘ Kaë ! ‘‘ S’écria Eiriel en venant à sa rencontre. ‘‘ Tu es tout pimpant aujourd’hui. Félicitation pour vous deux ! Ellana m’a montré son anneau de fiançailles. Je suis si heureuse ! ‘‘

    ‘‘ Merci Eiri’ ‘‘

    La paysanne lui fit l’accolade et le laissa aller rejoindre sa belle qui ne se gênait pas pour lui salir le visage de terre noire. Kaëran fronça les sourcils et se vengea en la bombardant de baisers, se fichant qu’elle soit sale ou propre. Une chose était certaine, c’est qu’elle aurait besoin d’un bon bain en rentrant !

    ‘‘ Dorguan n’est pas avec vous ? ‘‘ Demanda t-il.

    ‘‘ Il est parti te couper du bois, il devrait rentrer sous peu. ‘‘

    Le soldat acquiesça et ils retournèrent à l’intérieur où il se débarrassa de son armure en soupirant d’aise. Bon Dieu de merde que ça faisait du bien d’enlever cette ferraille par une telle chaleur.

    Sauf qu’il devait annoncer la nouvelle de son départ, pendant qu’Eiriel était sur place.

    ‘‘ Demain à l’aube je vais devoir partir pour Orthank avec une vingtaine d’hommes. Nous allons chercher Nolan. ‘‘

    Bien entendu, lorsqu’il posa le regard sur Ellana, il ne manqua pas de voir son inquiétude.

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Dim 28 Avr - 18:05

Les femmes contemplaient leurs travaux. Faut dire qu’elles avaient vraiment bien avancées ! Ellana ne remarqua même pas immédiatement la présence de son fiancé non loin de là, accoudé à la porte. Ce fût la paysanne qui le lui fît voir :

-Kaë ! Tu es tout pimpant aujourd’hui. Félicitation pour vous deux ! Ellana m’a montré son anneau de fiançailles. Je suis si heureuse !

Elle s’était avancée vers lui et Ellana l’entendit la remercier avec une accolade avant qu’il ne vienne vers elle. Et… voulant s’amuser, la jeune femme ne s’empêcha pas pour le salir lui aussi de terre. Elle aimait bien ses revanches de baisers…

Oui elle était affreusement sale et avait hâte d’aller prendre une douche ! Eiriel informa alors le Lieutenant que Dorguan reviendrait sous peu avec du bois fraîchement coupé.

Ils retournèrent à l’intérieur, le Lieutenant se débarrassant de son armure. Mais lorsqu’il se tourna vers les femmes, Ellana sentit qu’il devait leur annoncer quelque chose et que, ce quelque chose, elle ne l’aimerait pas.

-Demain à l’aube je vais devoir partir pour Orthank avec une vingtaine d’hommes. Nous allons chercher Nolan.

Pa… partir ? Non. Impossible qu’il s’en aille. Pas sans elle en tout cas. Automatiquement elle s’inquiéta, d’autant plus qu’il y allait pour Nolan. Et Nolan était vicieux, pire que son père ou Raven. Il pouvait les piéger, et qui sait ce qui arriverait ?

-Je viens avec toi. Déclara-t-elle.

Elle vit tout de suite la négation dans le regard de son homme, mais cette fois, il ne l’aurait pas. Elle lui avait dit qu’elle ne le laisserait plus partir seul. Et en plus là il s’en allait indirectement à cause d’elle ! Elle croisa les bras sur sa poitrine, décidée.

-Ellana… ce serait mieux… commença Eiriel.

-Non. Je viens, c’est tout. coupa Ellana.

Kaëran se frotta la nuque, comme toujours lorsqu’il était embarrassé.

-Tu restes ici, Ellana. Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose si ça tourne mal.

Elle soupira et fît la moue.

-Tu y vas pour Nolan. Et Nolan c’est moi qu’il veut. Alors je viens avec.

-Non.

Il semblait catégorique et elle mit ses poings sur les hanches, disant :

-Que tu le veuilles ou non, je viendrais. Je m’attacherais à ton cheval ou même à toi s’il le faut !

Là, il fronça les sourcils et croisa les bras sur son torse. Eiriel regardait le couple, ne sachant pas quoi faire.

-C'est non ! Si tu essais, je t'attache dans le lit.

Elle s’avança et pointa un doigt sur lui :

-J’ai eu un très bon professeur en matière de tête de mule. Je viendrais. Moi aussi je peux t’attacher au lit.

Il baissa alors son doigt, approchant son visage à deux centimètres du sien. Elle ne l’avouait pas mais… sous ses airs décidée, elle avait un peu peur… elle n’aimait pas se fâcher avec lui. Mais elle ne voulait pas rester en arrière !

-Ce n'est pas poli de pointer les gens du doigt... et essais donc pour voir. Non c'est non. Je ne changerai pas d'avis.

Elle respira profondément.

-Je ne te laisserais pas partir en me laissant en arrière. Pas cette fois. Je n’ai pas envie de revivre cette inquiétude, je n’ai pas envie que tu sois blessé. Je viendrais. Point, discussion close !

Il leva les yeux au ciel, manifestement énervé et rétorqua violemment :

-Bordel de merde ... ! D'accord ! D'accord ! Mais si tu oses t'éloigner d'un millième de millimètre, je te ramène à la maison par la peau des fesses, compris ?

Elle hocha de la tête et lui tourna le dos pour monter se laver. En fait, elle voulait surtout lui masquer ses tremblements. Elle… ne supportait pas de se fâcher ainsi avec lui. Mais… elle ne supporterait vraiment pas rester en arrière. Pas cette fois. Elle se lava consciencieusement, frottant partout pour enlever la terre, ses mains continuant de trembler. C’était aussi la première fois qu’elle tenait tête à quelqu’un…

Sortant de l’eau, elle se sécha et s’habilla, descendant lentement. Kaëran était assis au salon, seul. Elle s’avança et murmura :

-Kaëran… excuse-moi mais… je tiens vraiment à venir… je… n’aime pas qu’on soit fâché…

- Ça va... ça va... Je tiens seulement à ce que tu sois en sécurité. Pardonne-moi d'avoir levé le ton.

Elle s’avança et s’assit en face de lui à table, posant une main sur son bras.

-Ce… ce n’est rien. Je sais que tu veux que je sois en sécurité. Je veux pareil pour toi… et Nolan est vicieux. Je peux peut-être me rendre utile. Servir d’appât… c’est moi qu’il veut…

-Ellana…

Elle sentait son inquiétude et elle contourna la table pour l’embrasser doucement et lui murmurer :

-Ensemble on y arrivera. Maintenant viens, il faut tout préparer et tu dois aller doucher.

Elle l’entraîna à sa suite, l’emmenant à l’étage et le conduisant dans la pièce d’eau. Elle le laissa se laver pendant qu’elle sortait des sacs et y fourrait des vêtements de rechange. Elle descendit pour les poser à la cuisine, pour ne pas oublier d’y mettre de l’eau et de la nourriture avant de partir. Elle prépara le repas du soir alors qu’il la rejoignait. En fait, elle devait se rendre utile aussi parce qu’elle n’accepterait pas qu’un soldat de Kaëran soit blessé ou tué à cause de Nolan, alors que c’était elle qu’il voulait.

En silence, ils mangèrent, chacun perdu dans ses propres inquiétudes. Elle débarrassa, et servit une part du gâteau de la veille à Kaëran ainsi qu’à elle-même. Cela leur ferait du bien. Après ça, elle nettoya le tout, son homme l’aidant et ils profitèrent un peu du feu de cheminée en caressant le chat. Tout ça en silence. Ellana ne savait pas quoi dire, avait peur de dire quelque chose de travers…

Une longue journée les attendait et elle l’emmena vite à l’étage ou elle le borda. Comme si elle cherchait à se faire pardonner. Sur un baiser, elle lui dit :

-Bonne nuit…

Et s’endormit après sa réponse…

Au matin, ils accomplirent leur petit rituel, débarbouillage, habillage, petit-déjeuner. Ellana mit dans les sacs des gourdes d’eau et des réserves de nourriture pendant qu’il enfilait son armure. Et, avant de quitter la maison, elle prit aussi sa dague, faite avec Dorguan. Cela pouvait se révéler utile…

Sortant ensemble, elle vit qu’Ayden et Eylis les attendait. Tous deux regardèrent Ellana en haussant les sourcils et elle répondit, un peu nerveuse :

-Je… je viens avec. Je peux être utile…

Ils ne firent aucun commentaire et elle se jucha derrière Kaëran lorsqu’il lui tendit la main. Elle espérait vraiment qu’il ne lui en veuille pas. Et elle espérait ne pas être un poids pour la troupe.

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Mar 30 Avr - 5:13



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Chapitre 5
Chasse à l’homme, partie 2

◆ ◆ ◆



    Dès que Kaëran eut posé les yeux sur Ellana, il devina qu’elle allait se ronger les sangs ou bien qu’elle rétorquerait. La première fois où il avait dût quitté pour partir en mission en dehors des murs de Racium, c’était pour mener une petite enquête dans un village et il était revenu amoché. Tout ça à cause d’un ours et d’un soldat imprudent.
    La jeune femme voulut venir, mais le Lieutenant n’eut pas à le dire à haute voix, qu’il ne voulait pas. Cependant, la posture qu’elle prit laissait clairement deviner qu’Ellana ne se laisserait pas avoir cette fois-ci et qu’elle lui tiendrait tête. Comme sa devise le disait: tête de mule un jour, tête de mule toujours. Eiriel tenta d’intervenir pour qu’Ellana se résigne, mais celle-ci la coupa aussitôt sans lui laisser le temps de terminer sa phrase. Kaëran en fut surpris, mais ne le fit aucunement paraître.

    ‘‘ Non. Je viens, c’est tout ‘‘

    Le ton de sa voix voulait tout dire, mais il était hors de question qu’elle accompagne la troupe jusqu’à Orthank alors que ça pouvait clairement mal tourner. Et s’il lui arrivait quelque chose ? Il s’en voudrait inévitablement et regretterait ensuite de l’avoir prise avec lui. Ils ne partaient pas en balade ! Ils partaient à la chasse à l’homme et cela pouvait être dangereux. Kaëran soupira silencieusement et leva le bras droit, portant sa main à sa nuque pour la masser en guise d’embrassement. Quelles raisons pouvait-il lui donner pour qu’elle revienne sur sa décision sans que ça tourne en vrille ?

    ‘‘ Tu restes ici, Ellana. Je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose si ça tourne mal. ‘‘ Dit-il tout simplement.

    Mais Ellana ne s’avouait pas vécu suite à cette première tentative et il s’en doutait. Un soupir sortit de sa bouche et son visage se transforma aussitôt. Attendez... elle lui faisait la moue là ?

    ‘‘ Tu y vas pour Nolan. Et Nolan c’est moi qu’il veut. Alors, je viens avec. ‘‘

    ‘‘ Non. ‘‘ Lâcha aussitôt Kaëran, catégorique.

    Hors de question qu’elle approche cet enfoiré qui avait abusé d’elle.
    Ellana, visiblement irritée, posa les poings sur ses hanches et lança:

    ‘‘ Que tu le veuilles ou non, je viendrais. Je m’attacherais à ton cheval ou même à toi s’il le faut ! ‘‘

    Pauvre Eiriel qui assistait à cette première dispute de couple dans toute son impuissance. Elle voulait ouvrir la bouche, mais la refermait et lorsqu’elle croyait être capable de parler, elle levait la main pour la rebaisser aussitôt en faisant la moue. Deux têtes de mule qui se chamaillaient, c’était tout un spectacle. Seulement, la paysanne osait espérer qu’ils trouvent un terrain d’entente bien que ça semblait empirer.
    Kaëran fronça alors les sourcils et leva ses bras pour les croiser sur son torse. Il commençait à être à bout de nerfs et le savait, bien qu’il ne le voulait pas. Mais comme Ellana ne semblait pas vouloir se résigner...

    ‘‘ C’est non ! Si tu essaies, je t’attache dans le lit. ‘‘

    Ses paroles sonnaient comme des menaces et il ne broncha pas d’un poil lorsque sa fiancée s’approcha de lit en le pointant du doigt, le bout à quelques centimètres de son nez.

    ‘‘ J’ai eu un très bon professeur en matière de tête de mule. Je viendrais. Moi aussi je peux t’attacher au lit. ‘‘

    ‘‘ Ce n’est pas poli de pointer les gens du doigt... et essaie donc pour voir. Non c’est non. Je ne changerai pas d’avis. ‘‘ Lâcha t-il après lui avoir fait baissé son doigt et avoir approcher son visage de celui de la jeune femme.

    Ellana ne répondit pas aussitôt à sa réplique, respirant profondément avant de dire:

    ‘‘ Je ne te laisserais pas partir en me laissant en arrière. Pas cette fois. Je n’ai pas envie de revivre cette inquiétude, je n’ai pas envie que tu sois blessé. Je viendrais. Point, discussion close ! ‘‘

    ‘‘ Bordel de merde ... ! D’accord ! D’accord ! Mais si tu oses t’éloigner d’un millième de millimètre, je te ramène à la maison par la peau des fesses, compris ? ‘‘ Cracha t-il sèchement, faisant sursauter Eiriel.

    Oui, il avait levé les yeux au ciel. Oui, il était plus qu’énervé par l’entêtement d’Ellana à vouloir l’accompagner dans un endroit qui risquait de devenir dangereux. Pourquoi ça l’inquiétait de savoir qu’il partait pour quelques jours, qu’il se lançait aux trousses de Nolan ? Cet homme lui avait pourri la vie et semait le chaos dans la vie de bien des gens. C’était SON travail de se charger de cette besogne et non celui d’Ellana !
    C’est à ce moment que la couturière lui répondit par un signe de tête avant de lui tourner le dos et de monter à l’étage et que ses agissements lui revinrent comme une gifle en plein visage. Il... avait osé lui gueuler dessus. Les épaules du Lieutenant s’affaissèrent et l’homme se passa une main dans le visage en poussant un long et profond soupir de découragement. Mais qu’est-ce qu’il avait fait pour l’amour de Dieu ? Eiriel s’approcha de lui et posa ses mains sur ses joues, le forçant à la regarder. Elle lui fit un doux sourire presque maternel et lui joua dans les cheveux avant de murmurer:

    ‘‘ Kaë... mets-toi à sa place. La dernière fois, tu nous es revenu dans un piteux état. Moi aussi je m’inquiète. Je suis inquiète de savoir si tu reviendras en un seul morceau et tu y vas pour elle. Parce que l’homme que tu veux arrêter lui a fait du mal. À elle. ‘‘

    ‘‘ Mais Eiri’... ‘‘ Souffla t-il, exaspéré. ‘‘ Je ne serai pas seul et c’est surtout parce que je ne veux pas qu’il lui fasse du mal à nouveau. S’il lui arrivait quelque chose... ‘‘

    ‘‘ Tu ne le pardonnerais pas. Je sais tout ça Kaë. Quand on aime quelqu’un, on serait prêt des pires folies pour elle. Voire donner sa propre vie, mais ne laisse pas ton entêtement gâché tout ça. Elle a peur pour toi. Laisse là t’accompagner et veille sur elle. Essaie au moins ! Ellana pourrait vous être plus qu’utile dans cette opération. ‘‘

    Le Lieutenant regarda Eiriel un moment avant de baisser les yeux en soupirant. Il s’était résigné. Avait lâché prise alors Ellana pourrait l’accompagner. La paysanne lui donna un baiser sur le front puis le laissé seul, le temps qu’Ellana fasse sa toilette et ne vienne le rejoindre. Kaë l’accompagna jusqu’à la porte puis s’en retourna à la cuisine où il prit place à table. Ses yeux bleutés et verdâtres regardaient les flammes danser sous la cheminée, depuis sa place. Hewie avait grimpé et s’était couché sur ses cuisses, se faisant caresser d’un geste machinal par son maître. Jamais le jeune homme n’entendit sa belle revenir. Ce fut sa voix qui le tira de ses pensées.

    ‘‘ Kaëran… excuse-moi, mais… je tiens vraiment à venir… je… n’aime pas qu’on soit fâché… ‘‘

    Ellana se tenait à quelques pas de lui, propre et ravissante comme toujours. Ses traits étaient déformés par l’inquiétude, l’angoisse et la nervosité. La voir comme ça à cause de son caractère de chien lui serrait la gorge. Il soupira alors et dit d’une voix beaucoup plus douce:

    ‘‘ Ça va... ça va... Je tiens seulement à ce que tu sois en sécurité. Pardonne-moi d’avoir levé le ton. ‘‘

    La jeune femme tira donc une chaise et s’assit près de lui. Une de ses mains se glissa sur son bras gauche qui était maintenant allongé sur la table depuis son coude et ses yeux se posèrent dessus. Il voyait la bague à son doigt...

    ‘‘ Ce… ce n’est rien. Je sais que tu veux que je sois en sécurité. Je veux pareil pour toi… et Nolan est vicieux. Je peux peut-être me rendre utile. Servir d’appât… c’est moi qu’il veut… ‘‘

    ‘‘ Ellana… ‘‘

    C’était bien trop dangereux ! Et si Nolan profitait de cette ouverture pour la reprendre ? Et ce salaud ne se ferait certainement pas prendre aussi facilement. En la voyant à Orthank, il se douterait inévitablement de quelque chose et serait sur ses gardes. S’il réussissait à fuir, c’était foutu et ils devraient prolonger leur séjour pour le traquer jusqu’à ce qu’ils l’arrêtent et le ramènent à Racium, devant le conseil de justice.

    Ellana se leva donc de sa chaise, sur laquelle elle venait tout juste de prendre place, et vint s’assoir sur ses genoux. Ses lèvres retrouvèrent les siennes et elle l’embrassa doucement.

    ‘‘ Ensemble on y arrivera. Maintenant, viens, il faut tout préparer et tu dois aller doucher. ‘‘ Murmura t-elle de sa douce voix.

    N’opposant aucune résistance, Kaëran la laissa lui prendre la main et la suivit alors qu’elle se levait, montant à l’étage d’où elle revenait. Elle le conduisit jusqu’à la salle de bain où elle le laissa se laver et le Lieutenant ne put que se détendre sous l’eau chaude qui coulait sur sa peau. Les deux mains à plat contre le mur, il ferma les yeux en soupirant. Il devait se reposer convenablement et bien préparer l’assaut pour éviter une catastrophe qui pourrait avoir de graves répercussions.
    Un quart d’heure plus tard, Kaëran revint avec un pantalon de nuit lui tombant sur les hanches et une serviette sur l’épaule droite. Il arqua un sourcil en voyant qu’Ellana préparait déjà le repas, les sacs de voyage déjà prêt. Elle avait fait vite ! Le jeune homme s’empressa de l’aider en coupant les légumes. Le reste fut fait dans le silence, même leur repas. Kaëran regardait son assiette en réfléchissant, la mine grave. Hewie se mit alors à miauler à tout va et l’homme se leva pour le faire sortir alors qu’Ellana débarrassait la table sans même l’attendre ou lui demander son aide. Argh.
    Après le dessert, ils nettoyèrent et allèrent se reposer un peu dans le salon. Assis sur le canapé, le jeune couple profitait de la chaleur, et aussi du silence puisqu’il semblait s’être installé pour de bon ce soir-là. Cela n’empêcha pas le Lieutenant de caler sa douce contre lui et d’enfouir son visage dans son cou pour humer son parfum. C’était bien la seule chose qui lui permettait de se détendre avant le voyage qu’ils entameraient dès l’aube. Une heure plus tard, Kaëran éteignit le feu et Ellana l’amène directement à la chambre pour le mettre au lit, comme si c’était quelque chose de pressant. Elle le fit coucher, le borda même, puis contourna le lit pour se glisser sous les couvertures. Après un baiser, elle dit un simple ‘‘bonne nuit’’ et ferma les yeux. Kaëran lui, se tourna sur le côté, faisant face à Ellana qui calmait sa respiration, signe qu’elle s’était endormi. Il la regarda, détaillant les traits visibles grâce à la lumière de la lune et se disait qu’il avait énormément de chance. Oui. La chance d’avoir une femme comme elle à ses côtés pour traverser chacune de ces journées qui pouvaient parfois être affreusement pénibles. Mais si un jour on l’arrachait à lui, s’en remettre serait une tâche ardue, voire impossible. Doucement, il posa un baiser sur ses lèvres et chuchota :

    ‘‘ Bonne nuit... je t’aime. ‘‘

    Le lendemain matin, ce fut le rituel habituel, sauf qu’on s’était levé un peu plus tôt qu’à l’habitude. Donc il faisait plutôt sombre dans les pièces de la maison. On vaqua aux derniers détails de la préparation du voyage et une fois l’armure enfilée, Kaëran sortit avec Ellana sous quelques regards surpris. Ayden et Emiya furent même les premiers à interroger leur supérieur du regard, mais celui-ci grimpa à cheval et se pencha pour tirer Ellana et l’assoir derrière lui.

    ‘‘ Je… je viens avec. Je peux être utile… ‘‘ Dit-elle, nerveuse.

    Aucune parole. Aucun commentaire. On donna des coups de talon dans les côtes des bêtes puis on se mit en marche. Kaëran prit rapidement les devants, menant la trouve avec Ayden et Emiya à ses côtés, légèrement vers l’arrière. De si bon matin, les soldats n’échangèrent pas et les seuls sons étaient le tintement des armes contre les pièces d’armure, le hennissement des chevaux et leur sabot contre le sol. Bien sûr, c’était sans compter le bruit de la ville et celui de la nature lorsqu’ils furent hors des fortifications de Racium.
    Ce fut ainsi deux bonnes heures avant qu’on ne décide de prendre une petite pause besoins urgents. Kaëran en profita donc pour descendre à terre et aida Ellana à en faire de même, la laissant en compagnie d’Emiya puisqu’elles étaient les deux seules femmes de la troupe de vingt individus. Une fois prêt, le Lieutenant la fit grimper devant et lui mit les rennes en main. Devant son incertitude, il ne put que ricaner légèrement et posa ses mains sur les siennes pour lui enseigner comment on chevauchait un cheval (et non son homme...). Voilà, elle souriait enfin et ses yeux pétillaient d’une joie infantile qu’il lui aimait. Dans un baiser sur la joue il lui dit enfin :

    ‘‘ C’est ta première initiation sur le terrain, recrue. ‘‘ Commença t-il. ‘‘ Je ne t’en veux pas, tu sais... C’est l’inquiétude qui m’a fait sortir de mes gonds, et les souvenirs de ce qu’il t’a fait. Si jamais une telle chose se reproduisait... ‘‘

    Sa mâchoire se serra aussitôt et il fronça les sourcils. Sa phrase resta incomplète, mais il devina qu’Ellana avait parfaitement compris ce qu’il avait voulu dire. Elle le rassura d’un faible sourire et il ne put s’empêcher de l’embrasser tendrement, gardant ses mains dans les siennes qui tenaient les rênes.

    ‘‘ Je vous aime, madame Eira. ‘‘ Souffla t-il entre deux baisers, se concentrant ensuite sur la route.

    En après-midi, ce fut tout aussi calme. Enfin, presque. Les soldats riaient derrière, se racontant des blagues idiotes. D’autres étaient parfois sexistes et Emiya ne se gênait pas pour en envoyer d’autre bien placé qui clouait le bec des hommes qui l’entourait. L’archer, impressionné par la petite nouvelle, ne pouvait que ricaner.
    Au soir, on fit un feu et un des hommes s’occupa du repas. Kaëra inspectait les lieux, laissant sa douce aux bons soins de Dart et Ayden qui étaient assis de chaque côté d’elle. Lorsque le Lieutenant revint, il s’installa derrière Ellana après s’être débarrassé de son plastron et prit une couverture de laine. Son torse contre le dos de sa fiancée, le jeune homme les habilla de cette protection contre le froid et serra la couturière contre lui, bras autour de ses épaules. Lui, s’adossa contre un tronc d’arbre et allongea ses jambes, en laissant une semi-pliée.

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Mar 30 Avr - 19:53

Ils sillonnèrent Racium en silence, la ville s’éveillant lentement autour d’eux. Ellana, bizarrement, avait la gorge nouée. Joue collée au dos de son fiancé, elle regardait les maisons défiler, se demandant si elle avait bien fait. En lui tenant tête, elle n’avait pas songé à ce qui pouvait les attendre et… à ce qu’elle pouvait créer. Elle imaginait qu’elle gâchait tout, qu’elle serait un poids, qu’au moment crucial elle échouerait et que Nolan s’échapperait…

Exactement le genre de scénarios qui lui nouait les tripes et la faisait stresser.

Ce fût ainsi deux heures, jusqu’à ce qu’ils ordonnent une pause, loin de la ville déjà. Orthank n’était pas loin… deux, voire trois jours de marche… Kaëran l’aida à descendre et la laissa avec Emiya. Automatiquement, la main d’Ellana se porta à sa ceinture, ou elle avait réussi à fourrer sa dague de telle sorte qu’elle ne lui rentre pas dans la cuisse lorsqu’elle s’asseyait.

-Toutes mes félicitations encore !

La voix d’Emiya la fît sortir de ses pensées et Ellana mit deux secondes avant de comprendre de quoi elle voulait parler. Bien sûr, le mariage !

-Merci !

Elles ne purent cependant pas discuter plus que la pause était finie et que le Lieutenant revenait la chercher. Mais cette fois il la fît monter devant lui, mettant les rênes de l’animal dans ses mains. Le cuir rugueux était étrange… et… elle ne comprenait pas ce qu’il attendait d’elle. Il posa alors ses mains sur les siennes, les refermant dessus, la guidant dans les mouvements. Il… il lui apprenait à conduire un cheval ! Tout de suite, son sourire revint et ses inquiétudes s’en allèrent au moins le temps d’apprendre.

Elle reçut un baiser sur la joue et la voix de son homme s’éleva doucement :

-C’est ta première initiation sur le terrain, recrue. Je ne t’en veux pas, tu sais... C’est l’inquiétude qui m’a fait sortir de mes gonds, et les souvenirs de ce qu’il t’a fait. Si jamais une telle chose se reproduisait...

Elle déglutit. De un, il ne lui en voulait pas, ce qui la rassurait. De deux… elle avait compris ce qu’il voulait dire et qu’il avait tut. Il ne laisserait pas Nolan la reprendre en putain. Il ne laisserait pas ce porc porter sa main sur elle sans le tuer de sang-froid. Elle le savait. Et elle non plus ne comptait pas se laisser faire. Durant ses quelques mois, elle avait… au fond d’elle, acquis une force grâce à lui. Une petite assurance qui lui permettait de croquer sa nouvelle vie avec le sourire. Elle avait une dague, et se souvenait des leçons de son homme, même si un rafraîchissement ne serait pas de trop. Elle se défendrait. Tout comme elle défendrait Kaëran ou les autres. C’était à cause d’elle qu’ils y allaient, qu’ils s’étaient séparés des leurs…

Sentant la tension de son fiancé, elle lui sourit pour le rassurer, et il lui répondit avec des baisers entrecoupés par un :

- Je vous aime, madame Eira.

Elle sourit de plus belle en se concentrant sur la route. Il fallait qu’elle guide la bête ! Les impulsions, le faire tourner, s’arrêter, remarcher… elle avait du mal mais ça venait. Pas de doute, c’était plus simple de chevaucher son homme ! Il ne bougeait pas, une fois qu’elle était dessus… (*sors*)

Les soldats riaient derrière eux, lançant des blagues qu’elle n’écoutait que d’une oreille. Parfois s’élevait la voix d’Emiya aussi. Mais Ellana préférait continuer à apprendre. C’était fabuleux ! Peut-être un jour parviendrait-elle à monter seule !

Au soir, ils descendirent et Kaëran lui montra comment étriller la monture, pendant qu’il lui donnait à boire. Le cheval trouvait sa nourriture au sol…
Les hommes firent du feu, le Lieutenant inspectant les alentours. Elle, elle était assise entre Dart et Ayden, qui eux aussi l’avait félicitée. Puis charriée :

-Il faut le caresser dans le sens du poil, notre Lieutenant Grognon !

Elle ricana en répondant :

-Il sait se montrer docile, n’ayez crainte !

Ils voulurent rétorquer, curieux, mais le concerné arriva et s’installa derrière elle, agrippant une couverture en laine. Bonne idée… malgré le feu, elle frissonnait. Et sa, en plus de la chaleur dégagée par son homme qui venait de coller son torse à son dos, c’était exquis. Il l’entoura de ses bras une fois la couverture en place, les jambes de chaque côté d’elle. Là, elle aurait pu dormir d’un coup.

Les hommes vaquaient, faisaient à manger, discutaient… Est-ce qu’ils savaient qu’ils allaient à la chasse d’un homme propriétaire de putains ? D’ailleurs, étaient-ils assez… disciplinés pour ne pas craquer devant le manipulateur et payer une fille ? Et elle, reverrait-elle des visages connus ? Sans doute… Maria… Eva… Ana… Elen… Toutes celles qui lui avaient pourri la vie à l’époque… qui ce moquaient et lui faisait des coups tordus. Peut-être changeraient-elles d’avis lorsqu’elles verraient que c’était elle qui venait les libérer ? Ou… refuseraient-elles d’être libres ? Certaines n’avaient connu que ça… peut-être penseront-elles ne rien pouvoir faire d’autre…

En plus, elle réfléchissait déjà à comment avoir Nolan. Elle pouvait se présenter à lui et lui dire qu’au final elle avait compris que c’était lui qui offrait le plus de sécurité. Qu’elle n’aurait pas du partir… elle l’attirerait quelque part ou Kaë et ses hommes le prendrait. Oui mais… peut-être qu’il allait la tuer sur le champ et sans même l’écouter… même si elle était sa poule aux œufs d’or… il pouvait en avoir trouvée une autre d’ailleurs… et l’aubergiste ? Elle pria d’un coup pour que Nolan ne lui ait rien fait. La seule personne qui les avait aidé… Mais… oui ! Elle se tourna vers Kaë et lui chuchota :

-Kaëran… pour rentrer dans la ville sans être trop voyant, on peut passer par le souterrain qui mène à l’auberge. Non ? On laisse un ou deux hommes avec les chevaux, un autre va en ville avec un mot signé par toi et va voir l’aubergiste pour qu’il ouvre dans sa cave à vin… Nolan ne pourra pas prévoir, ne pourra pas contrer… je pourrais alors servir d’appât.

Il la regardait, semblant réfléchir. Emiya parla alors, ayant à moitié entendu :

-Toi il te connaît. Moi pas… et je suis aussi une femme. Je sais user de mes atouts féminins… si tu veux je peux jouer à l’appât.

-Non… Emiya… je ne veux pas t’exposer à lui… il est dangereux…

-Je peux l’être aussi, Ellana. Ce n’est pas avec ta dague que tu y arriveras. Posséder un couteau ne fait pas de toi une combattante. Au contraire, une lame dans une main inexpérimentée peut se révéler dangereuse, bien plus dangereuse pour son propriétaire que pour l’ennemi.

Ellana déglutit. Comment avait-elle… ?

-On la voit bouger quand tu marches… Répondit-elle en écho à ses pensées. Mais c’est une bonne chose d’être armée, seulement face à cet homme je doute que tu parviennes à quelque chose hormis te mettre en danger.

Elle regarda alors Kaëran, qui était interrogateur. Baissant la tête, Ellana se tortilla, faufila une main sous la couverture et sortit la dague, rangée dans son fourreau. Elle la montra à Kaë et lui dit :

-Je me suis dit que ce serait utile… tu m’as appris les bases… même si je n’ai pas su les mettre en pratique avec Raven…

D’un coup, elle se demanda si ça avait été également une bonne idée de l’emmener. Emiya dut le sentir :

-Je viens de te dire que c’est une bonne initiative, Ellana. Si jamais, tu ne seras pas complètement sans défense. Certes contre ce Nolan je doute que ça serve, mais face à un petit bandit, la vue de la lame pourra le faire hésiter à t’attaquer… tu comprends ?

Ellana hocha la tête et Emiya s’en alla chercher de quoi manger pour eux trois, souriante. Ellana regarda Kaëran, lui tendant la dague. Si jamais il voulait la garder… elle ne savait pas… comme il avait dit, c’était sa première initiation sur le terrain… et elle ne voulait pas le décevoir.


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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Sam 4 Mai - 2:44

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Chapitre 5
Chasse à l’homme, partie 3

◆ ◆ ◆



    Le menton contre l’épaule d’Ellana, Kaëran profitait du moment en compagnie de sa douce pour relaxer, se détendre. Il n’en aurait pas l’occasion dès le moment où ils seraient aux abords d’Orthank alors autant faire travailler ses méninges maintenant et trouver une manière intelligente d’entrer dans la bourgade sans être repéré. Une troupe de vingt hommes armés jusqu’aux dents ne passait pas nécessairement inaperçue dans un lieu aussi loin de la capitale du royaume. Alors que le Lieutenant tentait de faire murir un plan dans son esprit, la couturière bougea faiblement. Kaëran redressa légèrement son dos et baissa les yeux vers elle.

    ‘‘ Kaëran… pour rentrer dans la ville sans être trop voyant, on peut passer par le souterrain qui mène à l’auberge. Non ? On laisse un ou deux hommes avec les chevaux, un autre va en ville avec un mot signé par toi et va voir l’aubergiste pour qu’il ouvre dans sa cave à vin… Nolan ne pourra pas prévoir, ne pourra pas contrer… je pourrais alors servir d’appât. ‘‘

    La cave à vin, mais bien sûre! Comment se faisait-il qu’il eût oublié un détail aussi insignifiant? C’était tout de même de cette manière que les tourtereaux avaient pu fuir la place sans être vus par les hommes de Nolan. L’aubergiste leur avait rendu un énorme service alors peut-être qu’il accepterait de leur en rendre un deuxième. Pour son bien à lui et celui des habitants de la bourgade. Le Lieutenant réfléchissait à cette idée, mais surtout sur le fait qu’Ellana veuille servir d’appât. Le propriétaire du bordel était un homme rusé et vicieux, la couturière l’avait elle-même dit. Alors si l’opération tournait au vinaigre et qu’Ellana se faisait prendre, que ferait-il ? Emiya, assise à la gauche d’Ayden étira le cou et regarda dans leur direction, une lueur de malice dans les yeux.

    ‘‘ Toi il te connaît. Moi pas… et je suis aussi une femme. Je sais user de mes atouts féminins… si tu veux, je peux jouer à l’appât. ‘‘

    ‘‘ Non… Emiya… je ne veux pas t’exposer à lui… il est dangereux… ‘‘ Rétorqua aussitôt Ellana.

    ‘‘ Je peux l’être aussi, Ellana. Ce n’est pas avec ta dague que tu y arriveras. Posséder un couteau ne fait pas de toi une combattante. Au contraire, une lame dans une main inexpérimentée peut se révéler dangereuse, bien plus dangereuse pour son propriétaire que pour l’ennemi. ‘‘ Commença t’elle. Puis elle répondit à l’interrogation silencieuse de la couturière. ‘‘ On la voit bouger quand tu marches… Répondit-elle en écho à ses pensées. Mais c’est une bonne chose d’être armée, seulement face à cet homme je doute que tu parviennes à quelque chose hormis te mettre en danger. ‘‘

    Emiya n’avait pas tort sur plusieurs points, qu’Ellana ne le veuille ou non et puis, sa douce serait en sécurité. Lui, aurait la conscience tranquille en sachant qu’elle pourrait rester à ses côtés. Sa soeur d’armes était intelligente et savait parfaitement jouer la comédie. Même si Nolan était dangereux, Eylis savait se défendre mieux que la couturière et ses réflexes étaient d’autant plus rapides. Kaëran détourna son regard d’Emiya vers Ellana qui se tortillait contre lui pour dévoiler sa lame rutilante sous les rayons de la lune, semi-camouflée par le feuillage des arbres.

    ‘‘ Je me suis dit que ce serait utile… tu m’as appris les bases… même si je n’ai pas su les mettre en pratique avec Raven… ‘‘

    ‘‘ C’était une bonne idée. ‘‘ Dit-il simplement avant de reporter les yeux sur Emiya.

    ‘‘ Je viens de te dire que c’est une bonne initiative, Ellana. Si jamais, tu ne seras pas complètement sans défense. Certes contre ce Nolan je doute que ça serve, mais face à un petit bandit, la vue de la lame pourra le faire hésiter à t’attaquer… tu comprends ? ‘‘

    Kaëran sentit de nouveau le regard de sa fiancée sur lui et il baissa les yeux. Elle lui tendait sa dague comme une enfant qui venait de se faire gronder. L’homme secoua négativement et referma sa main autour de celle d’Ellana qui tenait le pommeau de l’arme. Un doux sourire se dessina sur les lèvres du jeune Lieutenant et il déposa un baiser sur le coin de sa bouche. Ayden ne manqua rien du spectacle, tout comme plusieurs hommes qui s’arrêtèrent de vaquer à leur activité pour les observer, curieux de découvrir une autre facette de leur supérieur.

    ‘‘ Garde-la. On ne sait jamais quand tu en auras besoin... ‘‘ Puis se sentant regardé, il leva la tête et fronça les sourcils. ‘‘ Quoi ? ‘‘ cracha-t-il brusquement.

    Il n’eut droit qu’à des sourires amusés et certains se mirent à ricaner ou se murmurer entre eux. Le Lieutenant soupira et leva les yeux au sol, l’air de se dire voilà ! Ils ne me prendront plus au sérieux maintenant ! . M’enfin. Pour le moment, ce n’était pas ce qui importait le plus. C’était Nolan.

    ‘‘ L’idée que tu serves d’appât ne me plait guère, Ellana. Je crois que tu le sais déjà... Si Emiya sert de leurre, les doutes seront moins présents que si l’on te voit. Tu as dit toi-même que Nolan était futé, alors il saura que je ne suis pas loin s’il te voit. Il ne faudrait pas que le plan tombe à l’eau, vois-tu ? Mais l’idée d’entrer par la cave à vin est super... j’avais complètement oublié ce détail. ‘‘ Dit-il en ricanant bêtement. ‘‘ Dors, il faut être en forme pour demain... Je reste à tes côtés. ‘‘

    ‘‘ Je monte la garde pour la première heure. ‘‘ Rétorqua Ayden.

    Tous furent d’accord et l’ordre fut établi rapidement et efficacement parmi les soldats. Kaëran se coucha sur le sol, de côté, et garda son torse contre le dos de sa dulcinée, ses bras autour de sa taille. La couverture sur eux, ils ne purent que fermer les yeux.

    ‘‘ Bonne nuit, mon ange. ‘‘

    Sa voix sonnait comme un doux murmure endormi, puis après avoir déposé un baiser sur la nuque d’Ellana, il sombra doucement vers un sommeil léger.
    Le lendemain matin, on s’activait dès l’aube; déjeuner, toilette, et entretien des chevaux avant de se remettre en route. Cette fois, on marchait et on restait dans la forêt pour éviter les doutes. Orthank fut visible en fin de journée, alors que le soleil amorçait sa descente pour laisser place à sa soeur la lune. Kaëran désigna un homme qui servirait de messager et celui-ci n’était nul autre que Dart. Il était le plus discret de ses hommes et lui faisait entièrement confiance. Celui-ci se débarrassa de l’armure et de tout ce qui pourrait attirer le doute sur lui et s’habilla en simple voyageur vêtu d’une cape à capuchon qui dissimulait son visage. Kaëran rédigea le message rapidement et Dart quitta les lieux, s’enfonçant dans l’ombre de la forêt alors qu’eux se dirigeaient vers le passage qui menait dans la cave à vin de l’auberge. Trois hommes restèrent à quelques mètres de là avec les chevaux et les autres s’enfoncèrent dans le sombre tunnel. Le Lieutenant avait pris les devants, torche en main et tenant celle d’Ellana de l’autre. Tous étaient silencieux, sous les ordres de leur supérieur, et avançaient. Ce fut long, mais ils y arrivèrent.
    À leur plus grand soulagement, la porte dissimulée dans un large tonneau de bière s’ouvrit dans une seule poussée, laissant apparaître l’aubergiste aux traits fatigués et Dart. Les deux se mirent à sourire alors que les hommes se dispersaient dans la cave.

    ‘‘ Eh bien ! Ça en fait du soldat en un seul endroit. ‘‘

    ‘‘ Je suis soulagé qu’il ne vous soit rien arrivé, monsieur. ‘‘

    ‘‘ Et moi de même. Je suis heureux de vous revoir sain et sauf, mais surtout prêt à nous débarrasser de cette racaille qui nous pourrit l’existence. ‘‘ Dit-il en serrant la main du Lieutenant.

    ‘‘ Vous serez bientôt en paix, n’ayez crainte. ‘‘

    ‘‘ Je crains cependant que vos hommes ne doivent rester ici pour le moment. Il y a un des gars de Nolan qui est au comptoir à siroter son hydromel et il en a encore pour quelques heures. ‘‘

    ‘‘ Ça ne fait rien... nous attendrons qu’il soit parti avant de monter. Vous n’aurez qu’à nous faire signe quand la voie sera libre. ‘‘

    L’aubergiste acquiesça, prit quelques bouteilles de vin au passage puis remonta l’escalier en refermant la trappe de la cave derrière lui. Les soldats s’asseyèrent donc au sol en attendant, et tout ça, dans le plus grand des silences. Deux heures s’écoulèrent. Emiya profita de ce moment de répit pour se débarrasser de son armure et alla se cacher dans un coin pour revêtir des habits un peu moins confortables pour se lancer dans la partie A du plan. Elle revint alors et Ayden lui fit enfiler une cape déchiquetée tout en lui souriant. Kaëran s’approcha d’eux.

    ‘‘ Ne prends pas de risques inutiles, Eylis. Nous comptons sur toi... ‘‘

    ‘‘ Oui, Lieutenant. Le signal sera jaune canari. Vous pourrez frapper à cet instant. ‘‘

    Kaëran acquiesça d’un signe de tête et l’aubergiste arriva entre temps pour la faire sortir. Les soldats montèrent à tour de rôle jusqu’aux chambres sans éveiller de doutes puisque les clients étaient absents de l’établissement, hormis ceux qui dormaient déjà. Ils s’installèrent donc rapidement puis sortirent par la porte arrière de l’auberge pour se disperser par groupe de deux dans la bourgade entière: sur les toits, dans les ruelles et dans les chariots de foin. Ayden était aux côtés de Kaëran et Ellana, observant le bordel depuis l’ombre d’une ruelle plus ou moins loin.

    Emiya entra alors dans la peau d’une pauvre femme perdue et fit mine de trébucher non loin de la maison close.

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Sam 4 Mai - 11:37

Kaëran serra sa main sur la sienne, l’enfermant sur le pommeau de son arme. Elle pouvait la garder ? Il lui souriait et se pencha vers elle pour lui donner un doux baiser au coin de la bouche en disant :

-Garde-la. On ne sait jamais quand tu en auras besoin...

Elle hocha de la tête alors qu’il morigénait ses hommes, ceux-ci ayant tout arrêté pour observer. Rougissante, Ellana baissa la tête alors que les soldats ricanaient. Voilà… qu’allaient-ils penser de Kaëran à présent ? Elle espérait qu’ils n’en profitent pas… normalement non, ils appréciaient énormément leur supérieur…

-L’idée que tu serves d’appât ne me plait guère, Ellana. Je crois que tu le sais déjà... Si Emiya sert de leurre, les doutes seront moins présents que si l’on te voit. Tu as dit toi-même que Nolan était futé, alors il saura que je ne suis pas loin s’il te voit. Il ne faudrait pas que le plan tombe à l’eau, vois-tu ? Mais l’idée d’entrer par la cave à vin est super... j’avais complètement oublié ce détail. Dors, il faut être en forme pour demain... Je reste à tes côtés.

Elle le savait qu’il ne voulait pas. Mais elle, elle ne voulait pas exposer des innocents à cet homme. Seulement, il avait raison… si c’était elle, Nolan se méfierait, or, tout leur plan reposait sur l’effet de surprise. En bon lâche, Nolan allait vouloir fuir…
Soupirant, elle se coucha tandis qu’Ayden annonçait prendre le premier poste de garde. Le torse de son fiancé ne tarda guère à se coller à son dos, et ses bras forts l’entourèrent. Là, elle se sentait parfaitement en sécurité, même s’ils étaient au beau milieu de la forêt… en plus avec la couverture qui la chauffait, elle était partie pour une bonne nuit de sommeil…

- Bonne nuit, mon ange.

-Bonne nuit mon cœur… Répondit-elle d’une voix déjà endormie tandis qu’il déposait un baiser sur sa nuque.

Le silence s’installa, coupé seulement par le crépitement des flammes, et Ellana comme Kaë s’endormirent, profitant d’une nuit de sommeil complète et réparatrice. Ils ne savaient pas si cela se présenterait à nouveau dans les prochains temps.

Au matin, Ellana se leva rapidement et aida les hommes à tout ranger, à s’occuper des bêtes et fît sa toilette avec Emiya avant de partir. Kaë ne voulait pas qu’elle soit seule aussi avait-il dit à Emiya de l’accompagner au petit cours d’eau…
Installée à nouveau devant le Lieutenant, elle apprenait à diriger le cheval, et c’était déjà mieux que la veille. Comme pour tout, elle apprenait vite. Surtout quand c’était son fiancé le professeur. Et cela marchait aussi pour la tête de mule et la moue. C’était de sa faute si elle l’avait fait ! Pas la sienne, na !

La journée défila tranquillement, sans incident majeur. Ellana respira profondément en voyant Orthank se dessiner non loin d’eux au coucher du soleil. C’était comme si elle retournait en arrière…
Dart fût envoyé en émissaire auprès de l’aubergiste, vêtu en simple voyageur pour ne pas attirer l’attention, et le reste de la troupe s’enfonça dans les arbres pour trouver le passage. Là, Ellana fût heureuse de voir que son homme avait retenu l’emplacement parce qu’elle ne l’aurait pas retrouvé ! Elle, elle serait plutôt passée devant dix fois sans s’en rendre compte.

Laissant quelques hommes avec les chevaux, ils s’enfoncèrent dans le tunnel, leur chemin éclairé par les torches qu’ils avaient prises. Ellana serrait la main de Kaëran dans la sienne, les souvenirs affluant douloureusement. Mais elle ne montrait rien. Elle sentait qu’elle allait se battre. Elle avait un mauvais pressentiment sur la suite des opérations, sans pour autant pouvoir l’expliquer.

Ils approchaient de la sortie, priant pour que l’aubergiste les aide, lorsque la porte s’ouvrit justement sur l’homme et Dart.

-Eh bien ! Ça en fait du soldat en un seul endroit.

Ellana sourit un peu en sortant et s’écartant pour laisser le passage libre. Elle était heureuse de voir qu’il était en vie. Malgré ses traits fatigués, il ne semblait pas avoir souffert des représailles de Nolan.

-Je suis soulagé qu’il ne vous soit rien arrivé, monsieur.

-Et moi de même. Je suis heureux de vous revoir sain et sauf, mais surtout prêt à nous débarrasser de cette racaille qui nous pourrit l’existence.

Kaëran lui assura que ce serait bientôt finit puis l’aubergiste leur demanda de rester sur place, à cause d’un homme de main de Nolan, assis au bar pour quelques heures encore.
Lorsque l’aubergiste fût partit avec quelques bouteilles de vin, Emiya alla se changer pour la suite du plan. Ils avaient le temps parce que deux heures s’écoulèrent. La jeune femme retira l’armure, revêtit à la place des vêtements peu confortables, usés. Il fallait qu’elle ait l’air d’une femme perdue qui ne savait plus du tout ou aller. Ellana l’aida en ébouriffant un peu sa belle chevelure, afin de montrer qu’elle avait erré, qu’elle n’avait plus eue de confort depuis quelques temps.

Ayden lui enfila une vieille cape et le tour fût joué, Kaëran lui demandant de ne pas prendre de risques inutiles. Elle le lui promit et annonça le signal Jaune canari.

Ellana se demandait ce qu’elle allait faire. Se présenter en femme perdue d’accord et ensuite ? Nolan allait la prendre avec lui à l’intérieur, il allait la manipuler comme il l’avait fait pour elle avec son service. Il allait vouloir… la tester… la toucher, et le reste… quand pourrait-elle donc l’attirer dehors ? A moins… qu’elle n’entre et que dès qu’elle comprenne, elle veuille s’enfuir… cela obligera Nolan à sortir et a appeler ses hommes pour la pourchasser. Là, Kaëran et ses soldats entreraient en jeu… et une bataille serait livrée, Ellana en était sure. Nolan ne se rendrait pas et sacrifierait tous ses hommes et même toutes ses filles pour pouvoir se sauver. Et Ellana se jura de le poursuivre s’il venait à prendre la fuite.

L’aubergiste revint alors, la tirant de ses pensées et leur indiqua que la voie était libre. Silencieusement, les hommes montèrent, déposèrent leurs affaires dans les chambres puis sortirent par l’arrière de l’auberge pour se dissimuler dans la bourgade par groupe de deux. Ellana était avec Kaëran et Ayden, dans une ruelle non loin du bordel. Ils avaient une magnifique vue sur les filles qui se trémoussaient dehors tout comme sur Emiya qui était apparue et qui était entrée dans la peau de son personnage.

Ellana restait silencieuse, ayant même lâché la main de Kaëran. Au cas où il devait partir rapidement elle ne voulait pas le gêner. Emiya avait fait exprès de trébucher non loin de l’entrée, attirant sur elle l’attention des filles. A la lumière de la lune, Ellana reconnu tout de suite Maria et Eve.

Et bientôt, ce fût Nolan qui était dehors, appelé par une fille. Pour une fois qu’il était dans le bordel même la nuit venue… Ellana regardait attentivement. Il était toujours le même de loin. Elle le vit aider poliment Emiya à se relever, le vit lui parler et la guider à l’intérieur, laissant les filles reprendre leur place. Maintenant, il fallait attendre. Attendre et espérer qu’elle y arrive. Ellana serrait la garde de sa dague, nerveuse. S’il devait arriver un quelconque malheur à la jeune femme, elle ne se le pardonnerait pas. Parce que c’était elle indirectement qui l’y avait envoyée.

Une heure s’écoula, sans que rien ne bouge. Maria et Eve étaient toutes deux rentrées avec des clients. Des hommes qu’Ellana avait aussi vus lorsqu’elle y était. Des clients réguliers. Nolan avait du lui donner à manger en lui parlant et en lui demandant un service. Les lumières s’allumaient et s’éteignaient dans les chambres et celle qu’Ellana savait être la chambre de Nolan s’éclaira soudainement, laissant entrapercevoir deux silhouettes. Tous purent voir l’une d’elles s’approcher de l’autre. Emiya devait avoir vu les portraits. Elle allait voir celui de la couturière, assurément.

Le temps semblait s’être rallongé, et tous retenaient leur respiration. D’un coup, il y eut du vacarme dans la chambre, la silhouette d’Emiya sortant vivement de la pièce, Nolan sur les talons. De là, ils ne virent plus rien, jusqu’à ce que la porte s’ouvre sur la jeune femme qui courait à perdre haleine. Nolan sifflait tout en apparaissant, et Ellana comme Kaëran purent voir des silhouettes dans les ruelles. Les hommes de Nolan. Emiya allait être encerclée. Elle allait sans doute se faire rattraper, n’importe où elle pourrait aller, et ramenée à l’homme qui le lui ferait payer. Ellana avait compris qu’on ne refusait pas de rendre « service » à Nolan.

Emiya s’en rendit compte elle aussi et le signal fût donné. Les hommes de Kaëran se mirent à la chasse aux truands silencieusement, mais Nolan avait alors compris, et siffla trois fois. Ses hommes apparurent, épée au clair, coutelas, dague… ils étaient nombreux. Kaëran sortit et Nolan l’aperçut, donnant le signal de l’attaque. Occuper les soldats pour fuir. Laisser ses hommes mourir pour lui.

Les soldats se ruèrent sur les ennemis et le tintement d’épées résonna vite dans la bourgade. Ellana était restée un peu en retrait, pour ne pas gêner, et elle calmait son cœur. Elle savait ce qu’elle allait faire. Elle savait que Kaëran ne voudrait pas. Elle savait aussi qu’elle n’avait pas le choix si elle voulait que Nolan soit arrêté une bonne fois pour toutes. Elle avait sa dague en main, et dès qu’elle vit Nolan tourner les talons pour fuir dans une ruelle, elle s’élança à sa poursuite, sans savoir si quelqu’un de son camp l’avait vue.

Les paroles d’Emiya sonnaient dans sa tête : « Si jamais, tu ne seras pas complètement sans défense. Certes contre ce Nolan je doute que ça serve. »

Elle courait, ne quittait pas sa cible de vue, jusqu’à ce qu’il s’enfonce dans une ruelle. L’obscurité était bien présente, et Ellana dut ralentir pour ne pas tomber. Elle vit sa silhouette, et d’un coup, elle sentit une main sur son cou et fût plaquée dos au mur froid.

-Tu pensais vraiment que je ne t’avais pas vue ? Sale pute.

Le murmure était froid, messager de mort. Elle agrippait sa dague fermement, ne sachant pas si elle devait l’utiliser. Elle n’avait jamais tué…

-Et tu croyais vraiment que j’allais me laisser faire pour que ton idiot de Lieutenant m’arrête ? Est-il tellement lâche pour que ce soit toi qu’il envoie à ma poursuite ?

-Il n’est pas lâche contrairement à toi ! Et je suis là de mon propre chef !

Nolan ricana, resserrant sa prise sur son cou. L’air devenait rare…

-Tu prônes la liberté toi ? Laisse-moi rire. Tu n’es qu’une pute et une pute ne décide rien. Elle agit c’est tout. Et là, j’ai bien envie de prendre ma revanche sur toi. Tu es toujours aussi bonne et tu m’excites… et ton petit couteau ne fait qu’accentuer mon excitation.

Il se colla à elle et elle sentit son membre la toucher, déjà dur et prêt. Elle paniquait et il desserra sa prise. Elle en profita pour tenter de le blesser. Au moins le mettre hors d’état de nuire pour que Kaëran puisse l’arrêter. De là ou ils étaient, à moitié éclairés par la lune que les nuages avaient libérée, ils n’entendaient pas les bruits des affrontements. Ellana voyait les traits durs de l’homme, son excitation dans ses yeux. Sa colère aussi.

Elle leva le bras pour frapper, comme avec l’homme dans la chambre de l’auberge. Mais il lui stoppa le poignet et commença à le tourner pour que l’arme se retourne contre son propriétaire.

« une lame dans une main inexpérimentée peut se révéler dangereuse, bien plus dangereuse pour son propriétaire que pour l’ennemi. »

Elle était idiote. La lame s’approchait de sa poitrine, et elle avait beau tenter de résister, l’homme était plus fort. Alors elle donna un coup de genou dans son entrejambe et il en eut le souffle coupé. Il s’éloigna, les mains sur ses parties et elle respira rapidement, serrant sa lame. Seulement, il se reprit plus vite que Kaëran ou Ayden et fût à nouveau sur elle sans qu’elle puisse l’éviter. Ils tombèrent au sol, l’homme l’écrasant de tout son poids, et il tordit sa main pour qu’elle lâche l’arme. Elle voulut résister… mais il allait lui briser la main… ses doigts relâchèrent la pression et la dague se retrouva en main ennemie.

-Tu croyais… sincèrement… pouvoir me battre ? Idiote… maintenant tu vas morfler. Et personne ne t’entendras ou te verras. Ton Lieutenant retrouvera ton cadavre quand j’en aurais finit !

Non… non ! Elle gigota, il la plaqua au sol, ses jambes enroulées aux siennes pour les empêcher de bouger, le haut de son corps sur ses bras. Elle ne voyait pas vraiment ce qu’il faisait mais réfléchissait à un moyen de s’échapper ou de prévenir les autres. Pour qu’ils arrêtent Nolan. D’un côté, s’il était occupé avec elle, il ne s’enfuirait pas…

Soudain, la pointe de la lame s’enfonça sur son bras et traça un long sillon tout le long. Elle cria de moitié, la douleur irradiant tout de suite de son bras. En plus le gauche… elle sentait un liquide chaud couler sur sa peau et sentit les larmes de douleur dans ses yeux. Elle n’était pas un soldat entraîné à ça… qu’elle idiote…

Nolan souriait, ravit.

-Je vais d’abord t’amocher avec ton couteau. Partout. Te défigurer… te rendre méconnaissable. Ensuite je te baise. Puis je te tue. Et je m’en vais. J’aime ce programme pas toi ?

-Non ! Lâche-moi ! Tu ne t’en sortiras pas comme ça !

-Tais-toi !

Un sillon se traça sur sa joue. Ni trop profond, ni pas assez. Elle ferma les yeux, tentant d’écarter la douleur. Le sang coulait et elle tentait toujours de se libérer. Il allait continuer, il allait tout faire… Elle devait alerter Kaëran, Ayden ou Emiya… elle devait signaler qu’elle était là avec Nolan… pour qu’ils puissent l’arrêter… et ensuite rentrer chez eux… Son bras et sa joue faisaient mal… et la lame brillait, rougie.

-KAËRAN ! EMIYA ! JE SUIS LA ! VITE ! Hurla-t-elle avec de recevoir une gifle avec le plat de la lame, en plein sur la coupure. Aussitôt, la douleur fût amplifiée.

Le cœur battant la chamade, elle n’avait plus qu’à espérer qu’ils l’aient entendue. Et à prier pour que Kaëran ne lui en veuille pas si le pire devait arriver…


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Sam 4 Mai - 16:55



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Chapitre 5
Chasse à l’homme, partie 4

◆ ◆ ◆



    Maintenant, il était trop tard pour revenir en arrière.
    Une voix féminine s’éleva depuis l’extérieur et on entendit clairement des bruits de pas. Une porte s’ouvrit, déversant sa lumière sur le sol, éclairant faiblement le visage d’Emiya qui leva les yeux vers les jambes qui s’étaient approchées d’elle. Doucement, on l’aida à se relever en lui tenant un poignet puis la taille. Son regard pâle se porta au visage de l’homme qui correspondait à la description qu’Ellana avait faite de lui pendant le trajet; cheveux poivre et sel, assez grand et musclé pour un personnage de son âge. Il avait une barbe naissante et de faibles cernes sous les yeux, signe qu’on l’avait réveillé en gueulant ainsi pour le faire descendre. Nolan eut un sourire réconfortant et Emiya se prêta au jeu en faisant sa timide, puis baissa la tête.

    ‘‘ Il ne faut pas rester dehors, ma belle. Viens, je vais t’offrir un toit pour la nuit et de quoi te rassasié. ‘‘

    ‘‘ M-merci, monsieur... ‘‘

    Nolan eut l’ombre d’un sourire malicieux au coin des lèvres, chose qui n’échappa pas une seconde à Eylis. À force de côtoyer des hommes, elle avait appris à lire dans leurs traits pour devenir leurs intentions. Celui-ci n’avait rien de bon derrière la tête. On la tenait par la main et la guida jusqu’à l’étage supérieur. Sans le montrer, Emiya fut surprise de constater le nombre de chambres que contenait cette maison close. C’était dégoutant ! Sans ajouter les gémissements qu’elle entendait alors qu’ils marchaient dans le long couloir. Faisant mine d’être déboussolée, elle suivit l’homme jusqu’à une pièce; une vaste chambre où se trouvait une tonne de portrait. Était-ce toutes les filles qui travaillaient pour lui ? S’approchant, Emiya ne put manquer celui d’Ellana, mais ne s’y attarda pas et elle murmura d’une voix faussement tremblante:

    ‘‘ Elles sont toutes très belles... ‘‘

    L’homme était silencieux, mais la jeune femme le sentait derrière elle. Il était un peu trop près même et ses mains baladeuses se portaient à ses hanches qu’il inspecta avant de glisser sur son ventre et coller son torse contre le dos d’Emiya. Putain... ! Une chose était certaine, il savait comment s’approcher d’une femme en la mettant en confiance.

    ‘‘ Tu pourrais te retrouver parmi elles. Seulement, j’aurais besoin que tu me rendes un petit service... ‘‘

    ‘‘ Un... service ? ‘‘

    ‘‘ Comme tu me sembles perdue, je te propose un toit en échange de... ton splendide corps. ‘‘

    Il murmurait à son oreille, ses mains appuyant un peu plus fort contre son ventre alors qu’une voulut se faire un peu plus téméraire. Oh ça non ! Personne ne la tripotait sans son autorisation !

    ‘‘ A-attendez, monsieur... je... je ne comprends pas. ‘‘ Faignant la naïveté.

    Emiya fut relâché de l’étreinte du propriétaire des lieux et celui-ci la contourna, examinant son corps de la tête au pied dans un sourire carnassier qui ne laissait rien prévoir de bon.

    ‘‘ C’est pourtant simple; tu passes la nuit avec moi. ‘‘

    La soldate laissa tomber son masque d’actrice et une mine sombre se peine sur son visage. Un sourire moqueur se dessina sur ses lèvres et sa posture changea littéralement pour arborer beaucoup plus de prestance. Nolan en eut le souffle coupé et ses yeux s’écarquillèrent d’un seul coup. C’était comme si la femme qui se trouvait devant lui venait de changer. De se transformer. Bon sang que c’était excitant ! Se prêtant au jeu, il tenta de l’approcher et Emiya le repoussa avec force.

    ‘‘ Je suis navrée de te l’apprendre, mais tu n’es pas du tout mon genre d’homme. ‘‘

    Elle contourna alors une petite table de bois, dans laquelle Nolan se prit les pieds en se lançant à sa poursuite, puis fila à toute allure dans le couloir. Une fois à l’escalier, elle se laissa glisser sur le garde pour atteindre le rez-de-chaussée alors qu’elle entendait les hurlements de ce pervers derrière elle. La porte donnant sur l’extérieur s’ouvrit avec force, claquant contre le mur extérieur et Emiya sauta les trois marches agilement pour se retrouver à découvert. Nolan lui emboitait le pas et siffla. C’est là que des hommes sortirent de leur cachette...

    ‘‘ JAUNE CANARIS ‘‘ Hurla t-elle aussitôt.

    Les soldats quittèrent leur cachette ou leur perchoir pour se lancer à l’attaque dès que leur Lieutenant fut sorti de l’ombre en donnant le signal d’un signe de bras. Les lames brillaient sous les rayons de la lune et le silence fut rapidement brisé par les cris de guerre poussés par les truands ainsi que les hommes de loi. Kaëran avait bien senti le regard de Nolan sur lui et il le suivit des yeux, prêts à se lancer à sa poursuite, mais on l’attaqua et il ne put se libérer suffisamment rapidement pour le traquer. Les lanternes s’illuminaient dans les maisons et bientôt des ombres dansèrent devant les fenêtres, mais personne ne fut assez stupide pour sortir à l’extérieur histoire de satisfaire sa curiosité. La bourgade était un lieu passablement tranquille si on oubliait les allées et venues du bordel. Cette nuit-là, c’était tout le contraire.
    Kaëran tentait de se libérer, mais n’y parvenait jamais. Ce fut le cri d’Ayden qui l’alerta et celui-ci l’aida depuis son perchoir, sur le toit d’une maison en bordure du champ de bataille. Il encocha une flèche et celle-ci se logea dans l’oeil de l’ennemi. Emiya se ruait vers les ruelles sans prévenir.

    ‘‘ SUIS LÀ ! ELLANA À DISPARUE ! ‘‘

    QUOI?! Le Lieutenant se sentit blêmir et se hâta en quatrième vitesse. Emiya était devant et cherchait l’origine du cri qu’elle avait entendu, mais son supérieur la doubla en un éclair et se rua sur Nolan comme un chien enragé. Il l’agrippa avec force au niveau des cheveux et le poussa vers l’arrière. Puis s’en suivit dune bagarre passablement violente entre les deux hommes qui roulaient au sol sous une pluie de coups. Nolan voulait fuir et se démenait comme un beau diable alors que Kaëran voulait lui faire la peau sur place.
    Ce salaud réussit à le soulever dans les airs à l’aide de ses jambes et le Lieutenant fit une pirouette avant de retomber lourdement sur le dos au sol dans une grimace de douleur. Nolan prit ses jambes à son cou et courut vers la forêt, Kaëran au talon, criant:

    ‘‘ RAMÈNE-LÀ AVEC LES AUTRES ! ‘‘

    Ayden arriva à ce moment, sautant du toit et fila à la suite de son frère d’armes. Quelques soldats affluèrent depuis les ruelles et s’enfoncèrent dans la forêt alors que d’autres venaient aider les jeunes femmes à revenir vers l’auberge. Devant le bordel, il y avait marre de sang et quelques cadavres. D’autres avaient été ligotés et seraient ramenés vers Racium pour être jetés au cachot. Les filles elles, semblaient confuses et ne savaient comment réagir à cette attaque-surprise. Maintenant, elles n’avaient plus de foyer...

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Sam 4 Mai - 18:01

Plaquée au sol, sentant le sang couler de sa joue et de son bras, Ellana ne voyait plus que le regard de Nolan. Il cherchait par où continuer, sa main libre commençant déjà à la tripoter. Et elle ne pouvait pas bouger pour l’en empêcher, grimaçant au contact. Elle priait pour que quelqu’un l’ait entendue. Pour que quelqu’un vienne avant qu’il ne la défigure et la rende encore plus laide. De sa main gauche, oubliant la douleur, elle voulut lui reprendre le couteau, peine perdue. Seulement il put voir la bague qui ornait son doigt.

-Oh… je crains que ton mariage ne soit… compromis, sale pute.

Il lui prit le doigt, bien décidé à le lui trancher, lorsque la pression se dissipa d’un coup. Redressant le buste, elle vit avec soulagement que c’était Kaëran qui s’était jeté sur l’homme et tous deux se battaient à présent plus loin.

Elle se releva avec l’aide d’Emiya et recula au moment ou Kaëran se faisait jeter par Nolan qui se releva vite et prit ses jambes à son coup. Ellana commença à stresser et avança, mais Emiya la retint. Ayden avait suivit Kaëran aux trousses du truand, le Lieutenant criant :

- RAMÈNE-LÀ AVEC LES AUTRES !

Emiya ne se le fît pas répéter et prit le bras droit d’Ellana pour l’emmener. Mais la couturière alla d’abord ramasser sa dague, la nettoyant en tremblant. Son propre sang…

Puis elle suivit Emiya en vitesse. Elle rejoignit les soldats qui ligotaient les hommes de Nolan, certains conduisant les filles à l’auberge. Et les clients étaient rejetés avec force. Emiya suivit le mouvement et elles se retrouvèrent dans la salle principale de l’auberge. Le tenancier servait de quoi boire aux filles qui avaient pour la plupart l’air perdu, déboussolé.

L’aubergiste, en l’apercevant, parut horrifié et vint la chercher pour la conduire un peu plus loin, sortant de quoi nettoyer ses plaies.

-Qu’as-tu fait là ?

-Rien… j’ai… tenté d’être utile…

L’aubergiste soupira et lui nettoya le sang qui coulait. Ca piquait légèrement, mais sans plus. Il eut vite finit, mettant juste un petit bandage pour son bras. Sa joue, il faudrait qu’elle nettoie régulièrement, le sang continuant de couler. Ensuite, elle aida à donner à boire et manger aux filles. Elle rejetait dans sa tête la réaction de Kaëran. Elle avait désobéi… en avait pleinement conscience. Mais si elle était resté à côté, Nolan serait partit et aurait prit trop de distance. Là, il avait plus de chance de le rattraper.

Elle s’assit près des filles qui la regardèrent pour la plupart avec dédain, d’autres sans comprendre…

-Vous êtes libres à présent… vous allez pouvoir recommencer votre vie…

Maria fût la première à réagir, à hausser le ton pratiquement.

-Non mais écoute-toi ! Libre… et ou va-t-on aller ?! Nous n’avons pas toutes un homme qui nous attend ! Et qui te dis que nous n’étions pas heureuses avec Nolan ?

-Maria… tu peux te trouver un travail honnête, tu peux te faire séduire pour la femme que tu es et non la putain ! Arrête d’être ainsi ! Vous pouvez toutes le faire !

L’aubergiste vint alors et déclara :

-Une ou deux d’entre vous peuvent rester à l’auberge en tant que serveuses… je me fais vieux et un peu d’aide ne sera pas de trop. Et je sais que l’herboriste cherche quelqu’un, ainsi que le boulanger. Allez-y…

Cette fois, ce fût Eve qui souleva un point :

-Nous sommes connues de tous. La grande majorité des hommes sont des clients. Comment crois-tu qu’ils vont nous regarder ?

-Partez… allez dans une autre bourgade, une ville… là ou personne ne vous connaît.

Une fille du fond déclara alors :

-Je veux bien rester ici pour aider l’aubergiste…

L’homme lui sourit, la remerciant. Les autres filles réfléchissaient toujours.

-Vous avez le temps de réfléchir. Je vous mets à disposition les chambres qu’il me reste.

-Et si vous voulez récupérer vos affaires dans le bordel vous pourrez y aller dès demain.

Cela sembla clore la discussion, et les filles se levèrent lentement et montèrent par groupe de deux. A la fin il ne restait qu’Ellana, Emiya, l’aubergiste, et quelques soldats. Et toujours pas de traces de Kaëran. Assise, essuyant sa joue machinalement, Ellana s’en voulait. Encore.

-Pourquoi t’es-tu éloignée ? Demanda alors Emiya.

-Il allait s’enfuir. Le temps de prévenir quelqu’un sa aurait été trop tard. Alors j’y suis allée.

-Tu n’aurais pas du tu sais. Maintenant viens on va se reposer.

-Non, j’attends Kaëran.

Emiya la regarda, soupira, et se releva, montant à l’étage. Les soldats étaient allés dans les écuries pour dormir, les hommes de Nolan sous haute surveillance avec eux. Ellana était seule dans la salle commune. L’aubergiste aussi était allé se reposer un peu.

Une bonne heure s’écoula avant que la porte ne s’ouvre sur Ayden. Tout de suite elle se releva, priant pour que Nolan soit avec, qu’ils aient réussis à l’arrêter. Mais ce fût Kaëran qui referma, sans Nolan. Ayden disparut bien vite dans l’escalier, sentant la tempête venir.

Kaëran l’aperçut, et elle se sentit… affreusement mal. Il était en colère, extrêmement en colère et elle le voyait. Sa mâchoire était crispée, ses poings serrés et ses yeux lançaient des éclairs dans sa direction. Elle n’osait pas bouger, ni même parler, ni bouger pour essuyer le sang qu’elle sentait encore couler faiblement.

Ellana s’attendit à l’engueulade du siècle, à être secouée pour son imprudence, mais…

Il ne dit rien. Absolument rien. Il l’observa juste méchamment et alla rejoindre les autres dans les chambres. A présent bel et bien seule, Ellana baissa la tête. Elle avait fait échouer la mission. Elle avait empêché Kaëran d’attraper Nolan. Au final, elle n’avait pas été utile à grand-chose. Comme toujours.

Elle n’osa pas monter… ne savait pas quoi faire réellement. Nolan s’était échappé. Tout ça n’avait servit à rien. Elle avança lentement jusqu’à la cave à vin ou elle s’enferma. Au moins là, elle ne ferait rien et cela lui faisait penser à sa chambre chez son père. Sombre et humide.

Elle se morigénait, se frappait le front. Elle arracha le bandage de son bras, se donna une claque sur sa joue blessée, réveillant la douleur. Tant pis si elle avait mal ! Qu’est-ce qu’elle était idiote ! Une idiote de première ! Elle avait voulut jouer la maligne, à la place elle avait tout gâché !

Kaëran allait lui en vouloir à vie ! Qui sait s’il lui parlerait même encore… Assise contre un tonneau de vin, bras autour des genoux repliés contre elle, elle se demandait si un jour elle ferait réellement quelque chose de bien. Si un jour elle prendrait une décision bénéfique et non catastrophique.

Elle leva la main gauche devant elle et à la faible lueur qui régnait encore dans la cave, la bague brilla. Tout comme le sang qui perlait de son bras à nouveau. Allait-il revenir sur sa décision aussi ? Emiya au moins savait agir comme il fallait et non impulsivement. Elle correspondait peut-être mieux à Kaëran, plutôt qu’elle…

Respirant profondément lorsque la bougie mourut, plongeant la pièce dans le noir complet, elle ferma les yeux. Le seul bruit était son cœur qui tambourinait dans sa poitrine. Elle avait à nouveau peur de l’avenir. Enfoncée entre les tonneaux, silencieuse, personne ne la remarquerait. Peut-être qu’ils partiraient sans se soucier d’elle… si Kaë était réellement en colère, il ne s’inquiéterait pas pour le moment de son état. Elle n’avait que ce qu’elle avait cherché, que ce soit au niveau des plaies ou au niveau mental. Elle ne faisait que récolter les fruits de son erreur.

Elle se rendit compte que son père avait eu raison sur toute la ligne. Elle n’était qu’une idiote. Et cela ne changerait pas…


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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Dim 5 Mai - 0:33

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Chapitre 5
Chasse à l’homme, partie 5

◆ ◆ ◆



    Les brindilles craquaient sous leur course effrénée. Des silhouettes se mouvaient avec vitesse entre les arbres, traquant un seul homme; Nolan. Les soldats perdaient de l’avance à cause de leur armure lourde et aussi parce que leur cible s’avérait être rapide. Kaëran leur hurlait de se disperser pour l’encercler, mais rien à faire. Ils le perdirent de vue. Le Lieutenant jura à haute voix, fou de rage et ordonna à ses hommes de fouiller les environs.
    Une heure... ils y passèrent une heure sans retrouver une quelconque trace de ce salaud de première. Les soldats durent abandonner les recherches et s’en retournèrent vers la bourgade d’un pas rapide et tous étaient à cran. Ayden suivait Kaëran qui gardait le silence, mais tout à son attitude laissait voir qu’il était très en colère. Orthank se présenta à leurs pieds et ils furent menés jusqu’à l’auberge où l’archer entra le premier, suivie de quelques soldats. Kaëran ferma la marche et la porte derrière lui et son regard se posa sur sa fiancée qui se trouvait à être la seule dans la salle commune. La colère était trop présente pour qu’il lui parle calmement. Elle avait délibérément quitté son côté et avait failli se faire tuer par ce salaud. Certes, elle leur avait permis de gagner du temps, mais à quel prix ?!
    Avant de s’énerver pour rien et risquer de blesser la couturière avec des paroles non réfléchies, Kaëran monta à l’étage pour donner ses dernières directives aux soldats puis les laissa prendre une bonne nuit de sommeil. Il alla lui-même dans l’une des chambres pour se débarrasser de son armure et il vit Ayden couché sur le dos dans un des lits à fixer le plafond. Sans dire quoi que ce soit, le Lieutenant se débarrassa de sa ferraille.

    ‘‘ Où est Ellana ? ‘‘

    Il ne répondit pas et se mit pied nus avant de tourner les yeux vers son frère d’armes qui s’était assis sur le bord de son lit. Sur son visage, Kaë put y lire de la réprimande et il devinait sans qu’il ne s’exprime de vive voix. Laissant échapper un long soupir d’exaspération, le soldat quitta la pièce pour aller chercher sa douce, mais il s’avérait qu’elle n’était plus là. Il fronça les sourcils et scruta la pièce jusqu’à ce qu’une femme assez âgée lève le nez d’un ouvrage; la remplaçante de nuit de l’aubergiste.

    ‘‘ Si vous cherchez la jeune femme, elle est partie dans l’arrière-boutique. J’ai entendu la cave à vin se refermer. ‘‘

    Non... elle n’était quand même pas partie sans le prévenir ?! La remerciant d’un signe de tête rapide, le Lieutenant se dirigea sur les lieux et prit la torche qui se trouvait contre le mur. D’une main, il entoura la poignée de métal de la trappe et tira fortement pour la soulever dans un grincement sourd puis posa un pied sur la première marche. D’une oreille attentive, il écouta les bruits et entendit bouger faiblement dans un coin, ce qui l’incita à continua sa descente jusqu’à ce que ses pieds ne touchent le sol. Il avançait lentement et garda l’oeil ouvert jusqu’à ce qu’il trouve Ellana cachée entre deux tonneaux, jambes repliées contre sa poitrine. La torche fut accrochée au mur au-dessus d’elle puis Kaëran s’agenouilla devant elle en silence et prit son menton entre son pouce et son index gauche. Doucement, il lui tourna la tête pour voir la coupure qui traversait sa joue droite et essuya le sang séché qui tachait sa peau de porcelaine. S’il avait pu massacrer Nolan, il l’aurait fait sans hésitation...

    ‘‘ Il aurait pu te tuer avant que je n’arrive... ‘‘ Dit-il d’une vois grave, remplit de reproches.

    Ellana baissa aussitôt les yeux, se dérobant à son regard. Elle se sentait mal d’avoir désobéi, même si elle leur avait permis de gagner du temps. Le seul fait de savoir qu’il aurait pu retrouver son cadavre lui glaçait le sang.
    Baissant les yeux vers le sol, Kaëran soupira profondément et ferma les yeux un moment. Que devait-il lui dire ? Qu’il ne l’apporterait plus en mission parce qu’elle avait failli se faire sauter puis tuer par ce fils de pute de Nolan ? Qu’elle n’était pas faite pour aller sur le terrain ? Qu’elle n’était pas une soldate ou une combattante ? Pas assez forte pour se défendre contre un homme ? Il le pensait, mais ne lui dirait pas de telles choses, car elle devait déjà s’en douter.

    ‘‘ Si je t’ai dit de rester près de moi, ce n’était pas pour rien, Ellana. Tu comprends ? Si Ayden ne t’avais en pas entendu, ou Emiya, c’est ton cadavre que j’aurai trouvé. Penses-tu que j’aurais pu m’en remettre ? Crois-tu que tu comptes si peu à mes yeux pour risquer ainsi ta vie ? ‘‘ Dit-il, inspirant brusquement. ‘‘ Que faut-il que je fasse pour te montrer à quel point je tiens à toi ? Je ne veux que ta sécurité... ton bonheur et te voir sourire. Je veux te voir vieillir à mes côtés et que tu doives supporter mes humeurs jusqu’à ce que j’aie perdu toutes mes dents, pas te savoir dans ta tombe avant notre mariage ! ‘‘

    La voix du Lieutenant était profonde, rauque, mais il contenait sa colère. Pas une rage à l’égard d’Ellana, mais face à l’échec de leur mission. Ils avaient manqué de préparation et avaient sous-estimé l’ennemi qui avait maintenant pris la poudre d’escampette. Au bout d’un moment, son visage délaissa les traits durs et prit ceux de l’inquiétude. D’une main, il caressa le visage de la jeune femme et déposa un doux baiser sur son front.

    ‘‘ Je vous aime, madame Eira, mais ne refaites plus jamais ça... ‘‘

    Tendrement, Kaë la serra contre lui, sentant ses bras se glisser autour de sa taille et ses mains se poser contre son dos. Il caressa alors sa longue chevelure et y déposa un baiser avant d’y coller sa tête.

    ‘‘ Tu nous as permis de gagner du temps, mais c’était risqué. D’une manière ou d’une autre, il nous aurait glissé entre les mains. Nous allons devoir placarder son visage dans tout le royaume moyennant une récompense... sinon, je le tue moi-même dès que je le trouve... ‘‘

    Son étreinte se resserra autour d’Ellana puis il la souleva, la forçant à entourer son bassin de ses jambes. Il prit la torche d’une main puis monta l’escalier étroit qui menait dans la réserve de l’auberge puis à l’étage supérieur. Il toqua, ouvrit la porte et Ayden dormait déjà comme un loir lorsque le Lieutenant décida de fourcher vers la salle de bain qu’il verrouilla derrière lui. Ainsi, les tourtereaux purent se laver et enfin se détendre après toute cette bousculade. Le jeune homme massa les épaules de sa douce, ainsi que son dos et embrassa délicatement sa nuque. Son torse se colla contre son dos et ses bras emprisonnèrent les épaules de la couturière. Il murmura alors à son oreille:

    ‘‘ Je t’aime... pardonne-moi mon attitude... ‘‘

    Il l’avait tout de même foudroyé du regard dès qu’il avait mis les pieds dans l’établissement au lieu de s’assurer qu’elle allait bien, et tout ça, parce que Nola lui avait malencontreusement échappé. Le soldat embrassa sa tempe et garda une joue contre la sienne, les yeux fermés. Les mains d’Ellana se posèrent sur ses avant-bras dans un doux contact et il sentit ses lèvres effleurer les siennes délicatement.
    Après leur toilette, les jeunes gens se revêtirent puis se glissèrent sous les couvertures en silence. Il ne fallait tout de même pas réveiller l’archer qui marmonnait dans son sommeil. Kaëran ne put s’empêcher d’esquisser un sourire en coin et laissa sa douce se blottir contre lui avant de l’enfermer dans ses bras pour le reste de la nuit. Au matin, on descendit avec les filles de joie prendre le déjeuner et le Lieutenant dût intervenir dans une dispute qui allait se terminer dans un combat de nourriture et de tire cheveux.

    ‘‘ Hey ! C’est quoi votre problème au juste ? ‘‘ Grogna t-il.

    L’une d’elle se retourna et croisa les bras sous sa poitrine, la mettant bien en évidence au travers de son décolleté et observa le chef de la troupe de soldats d’un oeil critique et boudeur. L’autre ruminait dans son coin.

    ‘‘ On fait quoi nous maint’nant ? Avec ce remue-ménage, on a perdu not’ gagne-pain et not’ maison ! ‘‘

    ‘‘ Ce n’est pas les métiers qui manquent à Racium... Beaucoup de marchands cherchent des assistantes. Si vous vous donnez toutes une chance, c’est possible d’y arriver. ‘‘

    ‘‘ Ellana dit la même chose ! ‘‘ Rouspétta t’elle.

    ‘‘ C’est parce qu’elle a peut-être raison non ? ‘‘ Rétorqua t-il pour la secouer un peu.

    La putain se tut aussitôt et sortit dehors en grommelant pendant que des soldats regardaient leur supérieur en ricanant. Le voilà leur vrai Lieutenant. Celui qui ne mâchait pas ses mots même en s’adressant à de jolies demoiselles. Exaspéré, Kaëran leva les yeux au ciel puis les baissa sur Ellana et lui sourit. C’est dingue comment son comportement pouvait changer de A à Z en sa présence.

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Dim 5 Mai - 10:46

Assise, Ellana réfléchissait. Elle réfléchissait à ce qu’elle allait dire à Kaëran le lendemain. S’il acceptait de lui parler. Il fallait qu’elle lui dise qu’elle était désolée, qu’elle avait cru pouvoir aider, qu’elle avait eu tort d’insister pour l’accompagner en mission. Elle n’était pas faite pour ça et n’était pas assez forte. Nolan s’était enfuit, et maintenant qui sait ce qu’il allait faire ? Ouvrir un autre bordel ailleurs ? Mijoter quelque chose pour se venger du Lieutenant ? Cela la terrifiait. Et elle s’en voulait toujours. Elle aurait du s’en douter pourtant qu’elle n’était pas capable de faire ça. Sa dague avait été bien plus utile dans la main de l’homme que dans la sienne… d’ailleurs elle allait la rendre à Kaëran. Elle ne lui servait à rien…

Là, elle entendit des bruits de pas. Elle resserra ses bras autour des jambes, se demandant qui pouvait être encore éveillé. Et si c’était Nolan malgré tous les soldats ?
La lumière d’une torche l’éblouie alors et elle vit Kaëran s’agenouiller devant elle. Sans un mot, il prit son visage entre deux doigts et le tourna pour regarder de plus près la coupure de sa joue. Il essuya le sang qui avait séché avant de dire, d’une voix lourde de reproches :

- Il aurait pu te tuer avant que je n’arrive...

Elle baissa les yeux. Elle le savait… elle savait qu’elle avait agit en écervelée qui ne se préoccupait pas des conséquences… il pouvait le lui dire, être franc avec elle. Il n’avait pas à avoir peur de la blesser. Elle le savait déjà. Cela ne ferait que rendre le tout plus réel…

-Si je t’ai dit de rester près de moi, ce n’était pas pour rien, Ellana. Tu comprends ? Si Ayden ne t’avais en pas entendu, ou Emiya, c’est ton cadavre que j’aurai trouvé. Penses-tu que j’aurais pu m’en remettre ? Crois-tu que tu comptes si peu à mes yeux pour risquer ainsi ta vie ?

Elle tressaillit. Non… elle ne croyait pas qu’elle comptait si peu… elle… avait juste voulut aider… se rendre utile… et elle se doutait qu’il ne s’en serait pas remis… et si le pire était arrivé… elle n’en aurait plus pris garde… chez les morts, l’on s’en fichait bien de la peine qu’on déversait dans le corps des vivants qui nous aimait…
Il inspira alors brusquement pour achever :

-Que faut-il que je fasse pour te montrer à quel point je tiens à toi ? Je ne veux que ta sécurité... ton bonheur et te voir sourire. Je veux te voir vieillir à mes côtés et que tu doives supporter mes humeurs jusqu’à ce que j’aie perdu toutes mes dents, pas te savoir dans ta tombe avant notre mariage !

Il… n’avait rien à faire… elle le savait… tout comme elle tenait à lui… elle avait aussi voulut le protéger… elle… s’en voulait encore plus. Et dans son ton, elle sentait qu’il contenait sa colère. Que ce soit elle ou Nolan, il avait droit d’hausser la voix. Elle l’avait mérité. Il en avait le droit… totalement. Il était le Lieutenant.
Elle voulait lui parler, lui dire à quel point elle était désolée, mais ne trouvait pas les mots. Elle avait l’impression que si elle ouvrait la bouche, elle referait une bêtise. Alors elle garda le silence. Elle lui parlerait le lendemain. Au bout d’un moment, elle sentit la main du Lieutenant caresser son visage, ainsi qu’un doux baiser sur son front, chaud et réconfortant malgré tout.

- Je vous aime, madame Eira, mais ne refaites plus jamais ça...

Il la prit ensuite contre lui et elle ne résista pas. Elle entoura sa taille de ses bras, posant ses mains sur son dos. Le sentir contre elle lui faisait un bien monstre. Certes elle s’en voulait toujours, mais qu’il soit là, qu’il lui parle toujours la rassurait. Il caressait sa chevelure, déposant un baiser sur sa tête en y posant la sienne et continuant :

-Tu nous as permis de gagner du temps, mais c’était risqué. D’une manière ou d’une autre, il nous aurait glissé entre les mains. Nous allons devoir placarder son visage dans tout le royaume moyennant une récompense... sinon, je le tue moi-même dès que je le trouve...

Elle respira profondément. Cela n’empêchait guère ses remords… D’un coup, il resserra son étreinte et se leva même, sans la lâcher. Surprise, elle entoura sa taille de ses jambes avant de tomber, et le laissa remonter à l’auberge puis vers les chambres. Son bras frottait contre la chemise du jeune homme, picotant faiblement, mais elle ne disait rien. Une fois arrivés, ils constatèrent qu’Ayden dormait déjà et en silence ils allèrent s’enfermer dans la salle de bains. Un bon lavage leur ferait du bien. Dans la douche, Kaëran lui massa tendrement les épaules, son dos, puis lui embrassa la nuque avant de se coller à elle et d’entourer son buste de ses bras. Il murmura :

-Je t’aime... pardonne-moi mon attitude...

Il n’avait rien à ce faire pardonner. Rien du tout. Et elle aussi l’aimait. A la folie… elle posa ses mains sur les avant-bras de son homme après qu’il eut embrassé sa tempe et collé sa joue à la sienne, celle intacte. Elle tourna un peu, et lui donna un doux baiser. Elle parlerait… le lendemain. Pour le moment, elle n’y parvenait pas vraiment.

Une fois qu’ils eurent terminé, ils retournèrent dans la chambre et se couchèrent doucement dans le lit, prenant garde à ne pas réveiller Ayden. Ellana se blottit contre son homme, se laissant emprisonner dans ses bras pour la nuit et s’endormit, d’un sommeil peuplé de rêves étranges liés aux événements de la journée…

Le lendemain, après s’être débarbouillés et habillés, ils descendirent avec les anciennes putains, mais Kaëran dut intervenir dans l’une de leur dispute. Elles râlaient parce qu’elles ne savaient pas ou aller à présent. Kaëran dut à nouveau leur dire qu’en ville ce n’était pas les emplois qui manquaient et même là elles émirent des doutes. Le « Ellana dit la même chose » montrait bien le peu de crédit qu’elles lui donnaient. Mais le Lieutenant mis fin à la dispute promptement, en bon gradé qu’il était, faisant ricaner ses hommes.

Ellana le regarda lever les yeux au ciel puis lui sourire doucement. Qu’il laisse donc ses hommes rire… pour elle, il était toujours le tyran…
Ils mangèrent tous rapidement, puis se préparèrent à quitter l’établissement. Des hommes avaient accompagnés les putains au bordel pour récupérer leurs affaires et Ellana repensa aux siennes. Elle prit la main de Kaëran et l’entraîna avec elle en courant. Elle entra dans la maison close, le cœur battant la chamade et gravit les escaliers quatre à quatre. Là, elle longea le couloir, passa devant la chambre bleue, poursuivit… jusqu’à la chambre noire. Elle espérait que ses affaires soient toujours là. Elle poussa la porte, et se stoppa en voyant ce noir complet qui l’avait entourée des jours et des jours durant à l’époque. Kaëran dut comprendre et revint vite avec une bougie. Ils entrèrent et adossèrent la porte. Il n’y avait toujours pas de poignée à l’intérieur…

Elle s’avança vers la commode, ouvrit les tiroirs. Sont sac devait y être avec le journal et le livre du Lieutenant. Elle fouilla partout, désespérée.

-Tout devrait être là, Kaë…

Ouvrant tous les tiroirs, elle finit au bout de cinq minutes par les retrouver. Poussiéreux, sales, mais intacts. Elle s’assit sur le lit, ouvrit le journal. Les dessins étaient tous là, les mots qu’elle écrivait aussi. Elle le donna au Lieutenant, si jamais il voulait regarder, puis décida que là elle pouvait s’excuser.

-Kaëran…. Je te prie de m’excuser pour hier… je voulais… vous aider… être utile… je n’aurais pas du insister pour t’accompagner, tu avais raison. Je ne suis pas capable d’accomplir une mission sur le terrain. Je ne suis pas assez forte. Pas assez courageuse… j’ai compris la leçon.

Elle inspira, se mordant la lèvre, et poursuivit :

-Tout ce que tu m’as dit… je le sais. Je sais que tu m’aimes, je sais que tu ne t’en serais pas remis si le pire était arrivé, je sais que je compte pour toi… je sais que tu ne veux que ma sécurité et mon bonheur. Tu n’as rien à me montrer, je le sens. Et… pour une fois je voulais juste… te prouver que je pouvais aussi te protéger… t’aider… j’ai échoué. Et j’ai compris. Je resterais sagement à la maison la prochaine fois. Je ne te tiendrais plus tête. De toute façon tu as toujours été meilleure tête de mule que moi.

Elle lui sourit un peu, caressant sa joue doucement. Ils entendaient les va-et-vient des putains dans les couloirs et elle acheva :

-Et aussi… n’aie pas peur de me crier dessus. Hier soir, je l’ai sentit que tu contenais ta colère. Que ce soit à cause de moi ou pas, je peux encaisser. Tu as le droit de m’engueuler, Kaëran. Tu as le droit de me dire mes quatre vérités, même si c’est blessant. N’aie pas peur…

Elle l’embrassa tendrement puis se releva. Elle voulait encore passer quelque part avant de quitter ce lieu morbide.
Ils rangèrent le journal et le livre dans le sac puis elle l’emmena dans la chambre de Nolan, une main dans celle de l’homme, l’autre tenant ses affaires. Il put à son tour admirer les portraits. C’était ça qu’elle cherchait. Le sien. Ainsi personne ne se souviendrait d’elle en putain. Elle le décrocha du mur, remarqua à quel point il était fidèle, et le donna à Kaëran.

-Tiens… et… elle sortit sa dague qu’elle lui tendit aussi. Reprends-la. C’est mieux, pour tout le monde.

Il prit le tout lentement, comme s’il cherchait à l’en dissuader. Mais elle lui sourit légèrement, l’encourageant. Elle n’avait jamais été capable de faire du mal à quiconque. Se défendre était impossible pour elle.
Avançant dans la pièce, elle ouvrit les tiroirs et les commodes. Peut-être que Nolan gardait son argent ici. Si jamais elle le trouvait, elle pouvait le partager entre toutes les putains et cela leur ferait un petit quelque chose pour recommencer dans la vie. Elle commençait à perdre espoir lorsqu’elle découvrit un tiroir avec un double fond. Souriante, elle en tirant une énorme boîte. La posant sur le lit elle l’ouvrit. Il y avait là des centaines et des centaines de Daris ! Plus qu’elle n’en avait jamais vu !

-On va pouvoir les distribuer aux filles… Dit-elle en regardant Kaëran.

Et s’il en restait elle en donnerait à l’aubergiste pour le remercier de son aide, et aux soldats aussi. Elle prit le sac d’argent dans une main, le sien dans l’autre, et quitta la pièce, suivie de son homme. En bas, les filles étaient prêtes, et ce demandait ou aller. Ellana les emmena à l’auberge et leur dit de faire la queue devant une table ou elle s’installa. Elle ouvrit le sac et aussitôt des exclamations s’élevèrent.

Cependant elle laissa Kaëran faire le partage. Il savait mieux le faire qu’elle. Chaque fille recevait deux bonnes centaines de Daris. Et à la fin, il en restait encore. Ellana en donna donc à l’aubergiste qui écarquilla les yeux.

-Pour vous remercier. Vous êtes quelqu’un de très gentil.

Il prit l’argent et sans qu’elle ne s’y attende, il la serra contre lui. Coincée contre le ventre bedonnant de l’homme, elle sourit et l’écouta :

-T’es vraiment une fille formidable… merci à toi. Et soigne-moi ta joue et ton bras. Ce serait dommage qu’il y ait des marques…

-Ne vous en faites pas… je les soignerais.

Sur un dernier sourire, elle revint vers Kaëran et prit encore un peu d’argent pour Emiya, Ayden et Dart. Ils n’osèrent même pas l’accepter avant que leur supérieur leur donne l’autorisation. Une fois l’argent divisé entre tous, ils se préparèrent à partir. A retourner à Racium et coller des affiches.

C’est juste avant de quitter l’enceinte d’Orthank qu’une frayeur se glissa en elle. Elle se tourna vers Kaëran et lui dit :

-Que va dire ton chef quand il apprendra que Nolan est en liberté ? Il va t’en vouloir… laisse-moi lui expliquer que c’est de ma faute… je ne veux pas que tu perdes ton rang de Lieutenant à cause de moi, Kaëran. Moi aussi je veux te protéger, moi aussi je veux ton bonheur…

Et elle savait qu’il avait sué sang et eau pour atteindre aussi jeune le poste de Lieutenant. Et s’il le perdait à cause d’elle, une femme… elle ne voulait même pas y songer.


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Dim 5 Mai - 23:23

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Chapitre 5
Revenir à la maison bredouille, partie 1

◆ ◆ ◆



    Le ventre de chacun des hommes était plein et ceux-ci avaient repris considérablement de force pour reprendre la longue route qui menait vers Racium. Cependant, on dut passer au bordel pour que les rescapées puissent aller chercher leurs effets personnels. Kaëran venait tout juste de terminer de boire son thé lorsqu’il sentit son bras s’étirer puis tirer vers une direction bien spécifique. Lorsqu’il leva les yeux, Ellana voulait suivre le reste du groupe. Ah oui... elle avait oublié son journal la première fois et voulait certainement le récupérer, tout comme le livre de lecture. Ils entrèrent donc dans le bordel et le Lieutenant fut horrifié de voir autant de chambre, d’objets étranges et de tenues osées. Il faut dire que jamais il n’avait mis les pieds dans un tel endroit auparavant et seule la pensée qu’Ellana y avait exercée le faisait frissonner d’horreur. Tout ça par sa faute...

    Ellana se stoppa devant une pièce sombre absente de fenêtre et de source de lumière. Quel était cet endroit ? Ça ressemblait à une prison, une chambre de punition. Ellana avait-elle séjourné ici alors qu’elle était sous les services de Nolan ? La mâchoire du soldat se crispa aussitôt alors qu’il alla dans la pièce voisine pour prendre une bougie. Il poussa la porte convenablement et la colla contre le mur auquel elle était rattachée puis posa le socle de métal du support à bougie sur une commode poussiéreuse. Ellana s’enfonça dans la semi obscurité, cherchant dans la pièce.

    ‘‘ Tout devrait être là, Kaë… ‘‘

    Chacun des tiroirs fut ouvert et la jeune femme trouva enfin ce qu’elle cherchait. Les objets furent tendus dans la direction du soldat qui hésita un instant avant de les prendre et observer le tout. Il y avait des dessins, des pages remplies d’écriture et des confidences de sa douce. Kaëran ne voulut pas plonger davantage dans cette intimité qui appartenait à Ellana, sans son autorisation, et reporta son regard sur elle au moment où elle ouvrait la bouche pour libérer sa voix.

    ‘‘ Kaëran… Je te prie de m’excuser pour hier… je voulais… vous aider… être utile… je n’aurais pas du insister pour t’accompagner, tu avais raison. Je ne suis pas capable d’accomplir une mission sur le terrain. Je ne suis pas assez forte. Pas assez courageuse… j’ai compris la leçon. ‘‘ Elle marqua une pause et se mordit la lèvre. ‘‘ Tout ce que tu m’as dit… je le sais. Je sais que tu m’aimes, je sais que tu ne t’en serais pas remis si le pire était arrivé, je sais que je compte pour toi… je sais que tu ne veux que ma sécurité et mon bonheur. Tu n’as rien à me montrer, je le sens. Et… pour une fois je voulais juste… te prouver que je pouvais aussi te protéger… t’aider… j’ai échoué. Et j’ai compris. Je resterais sagement à la maison la prochaine fois. Je ne te tiendrais plus tête. De toute façon, tu as toujours été meilleure tête de mule que moi. ‘‘

    Le Lieutenant arqua un sourcil et soupira silencieusement, mais il lui renvoya tout de même son sourire et appréciant surtout sa douce caressa contre son visage où il y avait une repousse de quelques jours qui commençaient à faire son apparition. Aussitôt, l’idée farfelue d’avoir une barbe lui effleura l’esprit et il la chassa aussitôt. Berk. Il aurait certainement l’air d’un pouilleux avec une tronche à faire peur avec autant de poils au menton. Bref !

    ‘‘ Et aussi… n’aie pas peur de me crier dessus. Hier soir, je l’ai sentit que tu contenais ta colère. Que ce soit à cause de moi ou pas, je peux encaisser. Tu as le droit de m’engueuler, Kaëran. Tu as le droit de me dire mes quatre vérités, même si c’est blessant. N’aie pas peur… ‘‘

    Sur ces dernières paroles, Ellana l’embrassa tendrement et il se résigna à parler. Quand bien même il aurait l’autorisation ou le droit de lui gueulé dessus, il ne le ferait pas. Il éprouvait un profond respect envers sa fiancée, celle qui deviendrait sa femme et lui crier sur la tête témoignait du contraire. Kaëran avait bien l’intention de la combler comme il le pourrait pour qu’elle soit à l’aise et garde ce splendide sourire. Pour ce qui concernait la mission, la tête de mule et blabla, tout avait été dit. Ellana n’était pas un soldat et ne le serait jamais. Son tempérament était trop doux et son fiancé avait bien du mal à l’imaginer en dure à cuir qui tapait sur tout ce qui bougeait. Cette pensée lui arracha un sourire d’amusement et il la suivit jusqu’à une autre pièce qui se trouvait sur le même étage. La chambre en question était beaucoup plus spacieuse et luxueuse que les autres et au mur, se trouvait une dizaine de portraits de femme. Bien qu’elles étaient toutes différentes, elles avaient des ressemblances sur les traits du visage. Le seul qui contrastait réellement était celui d’Ellana qui fut enlevé de sa place et le cadre se retrouva dans les mains du Lieutenant. Il le regarda un moment puis la couturière voulut lui donner sa dague, sauf qu’il se fit lent, hésitant. Elle ne lui appartenait pas cette arme ! Raison de plus pour la lui redonner une fois de retour à la maison.

    ‘‘ Tiens… et… reprends-la. C’est mieux, pour tout le monde. ‘‘

    Pendant qu’Ellana fouillait dans les tiroirs de la chambre, Kaëran baissa les yeux sur le portrait et le regarda un moment avant de s’approcher de tous les autres et d’en faire de même. Il repensait aux longs mois qui s’étaient écoulés avant qu’il ne retrouve sa douce dans la rue à attendre des clients qui ne désiraient qu’une seule chose: se vider les couilles. Fermant les yeux et baissant la tête, le soldat serra les dents fortement. S’il n'avait pas laissé Ellana derrière et lui avait parlé, rien de tout ça ne serait arrivé. Rien. À quoi avait-il pensé ? Justement, il n’avait aucunement réfléchi et voilà ce que ça donnait. Ellana s’était fait tripoté et abusé alors que Nolan gambadait librement quelque part sur le territoire. Ce fut la voix de la jeune femme qui le tira de ses pensées.

    ‘‘ On va pouvoir les distribuer aux filles… ‘‘

    Se retournant vers elle, il ne manqua pas de remarquer un petit coffre et les daris qui y étaient cachés. Bon sang. Il y en avait des pièces là dedans ! D’accord avec l’idée d’Ellana, ils refermèrent le coffre et quittèrent l’endroit pour s’en retourner vers l’auberge. Les catins ne purent que pousser un cri de stupeur en voyant la richesse qui se trouvait devant elles une fois exposée. Nolan avait gardé tout ça pour lui ?! Kaëran compta le tout et le divisa pour que les filles puissent en bénéficier équitablement et le reste alla à l’aubergiste puis aux soldats.

    Après les au revoir, les soldats se remirent en route avec leurs prisonniers et les filles de joie. Le chemin du retour serait plus long puisque plusieurs devaient marcher. Inévitablement, cela voulait dire que les pauses seraient beaucoup plus fréquentes et les nuits seraient plus longues.

    Menant la marche, Kaëran avait gardé le silence jusque-là et se concentrait surtout sur la route et les alentours. Ses hommes étaient aux aguets et encerclaient les putains comme s’il s’agissait d’un cortège de grande importance. Ellana profita de ce moment pour tourner la tête vers lui et il plongea dans son regard vairon aussitôt. Elle semblait effrayée, inquiète même, d’un coup.

    ‘‘ Que va dire ton chef quand il apprendra que Nolan est en liberté ? Il va t’en vouloir… laisse-moi lui expliquer que c’est de ma faute… je ne veux pas que tu perdes ton rang de Lieutenant à cause de moi, Kaëran. Moi aussi je veux te protéger, moi aussi je veux ton bonheur… ‘‘

    ‘‘ Ça ira, Ellana. Il faudra que je redouble d’efforts pour le trouver, car c’est moi qui n’a pas fait preuve d’assez de prudence. Je ne croyais pas qu’il utiliserait ses hommes pour faire diversion et j’aurais dû deviner qu’il allait me faire perdre du temps. Ne t’inquiète pas pour ça. Et puis, tu n'as pas besoin de me défendre pour me protéger, tu le fait d'une autre manière.‘‘

    Il embrassa le bout de son nez, lui fit un sourire réconfortant et s’attira les sifflements de ses hommes qui lui firent dresser les cheveux sur la tête. Alors, c’était ça le côté docile de leur supérieur ? Pouvait-il l’être plus que ça ? Le Lieutenant reçut même quelques clins d’oeil suggestifs qui le fit grogner. Ce qu’ils pouvaient être saoulant ces mecs quand ils le voulaient ! Au moins, ils étaient loyaux et disciplinés (par moment), ce qui pardonnait leur comportement présent. Un soupir d’exaspération s’échappa de la bouche du Lieutenant et il reprit son sérieux en guidant sa troupe.

    La journée se résuma à une série de pauses, de marche et lorsque le soir arriva, on s’arrêta pour monter un campement de fortune. Bien entendu, les seules à râler étaient quelques catins, mais on les ignora ou on leur lança des couvertures pour qu’elles cessent de geindre. Le Lieutenant était quelque peu découragé et encore une fois, il alla inspecter les lieux avec quelques hommes, laissant sa douce aux bons soins d’Ayden et Emiya, Dart l’accompagnant.
    Il revint une demi-heure plus tard et s’installa avec eux, ramenant du ragoût frais préparé. Ellana s’installa contre son torse et il s’amusa même à la faire manger en plonge sa cuillère dans son bol à elle. Repu, ils s’installèrent pour dormir et Kaëran caressait machinalement la chevelure d’Ellana qui s’était endormi contre son torse. Emiya ne pouvait que regarder la scène avec un sourire envieux.

    ‘‘ Le mien aussi est disponible, tu sais ‘‘ Rétorqua Ayden, amusé.

    ‘‘ Mais qu’est-ce que tu me chantes, Ayden ? Serais-tu... en train de me draguer là ? ‘‘

    Kaëran ne put s’empêcher de lancer une vacherie et dit:

    ‘‘ Il drague sans arrêt, même dans ses rêves. ‘‘

    Bien entendu, il reçut un regard noir de la part de l’archer et Eylis s’esclaffa. À la plus grande surprise de tous, elle prit une couverture, écarta les jambes d’Ayden pour s’installer contre lui. Le Lieutenant eut un sourire amusé et pour la première fois depuis de longues années, il vit son frère d’armes rougir avec violence alors qu’Emiya fermait les yeux pour le restant de la nuit. L’archer, confus, chercha de l’aide du regard et tout ce que son compagnon fit : lever les épaules l’air de dire c’est ton problème, maintenant assume.

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Lun 6 Mai - 18:18

-Ça ira, Ellana. Il faudra que je redouble d’efforts pour le trouver, car c’est moi qui n’a pas fait preuve d’assez de prudence. Je ne croyais pas qu’il utiliserait ses hommes pour faire diversion et j’aurais dû deviner qu’il allait me faire perdre du temps. Ne t’inquiète pas pour ça. Et puis, tu n'as pas besoin de me défendre pour me protéger, tu le fait d'une autre manière.

Il lui embrassa le nez en souriant, tandis qu’elle s’interrogeait. Elle le défendait d’une autre manière ? Comment ? Elle ne faisait rien du tout ! Elle réfléchissait toujours, ignorant les clins d’œil et autres sifflements envers son homme qui guida la troupe. Cette fois, le trajet allait être un peu plus long, étant donné le nombre de marcheurs. Les pauses seraient un peu plus fréquentes. Donc au lieu de trois jours ils allaient en mettre facilement cinq ou six.

Ils avancèrent toute la journée tranquillement, alternant pause et marche, et au soir venu les filles râlèrent quelque peu. Oui, devoir dormir à même le sol était une première pour la plupart. Le confort du bordel était derrière elles à présent. Mais les hommes ne firent que leur lancer des couvertures pour qu’elles se taisent.
Ellana resta avec Emiya et Ayden le temps que Kaëran fasse le tour des lieux, au cas où il trouverait Nolan. Elle regardait les filles, se demandant si elle ne devait pas aller leur parler. Les plus fragiles d’entre elles semblaient perdues. Les autres avaient l’air revêche et râlaient dans leurs jupes. Leur parler, alors qu’elles l’avaient humiliée trois mois durant ? Ellana n’en avait guère envie. Surtout que Maria ne faisait que la fusiller du regard.

Elle ne bougea pas au final, restant sagement près de ses gardes du corps. Elle ne désobéirait plus, c’était clair et net. Lorsque le Lieutenant revint, il ramena avec lui de quoi manger et Ellana s’installa entre ses jambes, dos contre son torse. Elle aimait trop ça pour s’en priver voyons !

En plus il s’amusait à la nourrir ! Elle riait de moitié tout en mangeant, manquant tout recracher à chaque fois. Après ça, elle se blottit contre son torse, appréciant ses va-et-vient dans ses cheveux, et elle ferma les yeux, bercée par le battement de son cœur.

La nuit passa vite, Ellana dormant à poings fermés. Ce fût Kaëran qui dut la tirer de ses songes pour repartir et surtout pour se libérer de son étreinte contre sa chemise. Légèrement confuse, elle se hâta de se lever et l’embrassa avant de le laisser donner ses directives. Les filles avaient du mal à s’organiser pour tout ranger et les discussions allaient vraiment bon train. Ce fût Emiya qui y mit de l’ordre, et dix minutes plus tard, toute la troupe était en route.

Ellana avait refusé de monter avec Kaëran pour une fois, le laissant surpris. En fait elle avait mal à la conscience de voir les filles marcher ainsi sans aller leur parler au moins une fois. Et il n’avait pas à s’inquiéter, des soldats fermaient la marche, elle ne risquait rien. Arrivée à la hauteur d’Eve et Maria, elle leur demanda :

-Ca va ? Vous avez besoin de quelque chose ?

Ce fût Maria qui répondit, sur la défensive bien sûr.

-Comment veux-tu que ça aille ? Tu viens, tu saccages notre seule demeure et tu nous emmène de force ! Moi je veux y retourner. Pourquoi avez-vous chassé Nolan !? Il ne faisait rien !

Ellana fût choquée par ses propos, et regarda Eve pour voir si elle était d’accord, ayant soudainement peur qu’ils aient fait une bêtise, mais la jeune femme baissa la tête en se mordant la lèvre. Donc, seule Maria voulait y retourner. Était-elle… ?

-Maria… nous vous donnons une seconde chance dans la vie. Nolan vendait vos corps ! Bon sang tu devrais être contente ! A moins que tu l’aimes ?

Maria vira d’un coup au rouge.

-Hum…non ! Ou vas-tu chercher ça ! Nolan aimait mes services, c’est tout. Et maintenant il est quelque part perdu dans cette cambrousse par ta faute !

-Il n’est pas perdu, il connaît le coin. Et ne te mens pas. Tu l’aimes, ça se voit.

Maria se stoppa, surprenant tout le monde, mais la marche reprit. Ellana était face à elle, Eva à côté, n’osant rien dire. Du coin de l’œil, elle regardait par ou allait la troupe, pour ne pas la perdre. Ce serait la meilleure.

-Ne me dis pas ce que je dois faire. Ne me dis pas ce genre de choses. J’aimais baiser avec lui et lui avec moi, sans plus. Et ton mec là-bas, c’est pareil. Crois-tu qu’il t’aime réellement et sincèrement ?

-Oui.

Le ton sûr et confiant d’Ellana déstabilisa la putain. Cependant elle ne se démonta pas. Elles recommencèrent tout de même à marcher pour rattraper leur retard et au bout de deux minutes elle rétorqua :

-Et il t’a laissée aller te prostituer ? Quelle belle preuve d’amour. Je n’aurais pas fait mieux.

Là ce fût Ellana qui s’arrêta et s’approcha de la femme, visage fermé pour dire :

-Je ne te permets pas. Tu ne connais rien de notre histoire. Tu ne sais rien de ce qu’on a vécu. Alors je t’interdis de parler ainsi de lui !

Maria se mit à rire subitement.

-Voyons, pauvre petite ! Tous les malheurs du monde te sont tombés dessus n’est-ce pas ? Tu es une pauvre martyre qu’un prince charmant à libérée c’est ça ? Je ne crois pas aux contes de fées. Et tu n’as rien à m’interdire. Tu n’es rien pour moi si ce n’est une pute. Tu n’es pas mieux que moi, alors boucle-là. Moi je sais donner des baffes quand il faut.

Ellana était en colère. Elle ne savait rien ! Ses bras tremblaient et elle serra le poing.

-Parle encore une seule fois de nous ainsi et tu verras. Il te donne une nouvelle chance et voit comment tu le remercie ! Il n’était pas obligé de faire le déplacement ! Pas obligé de faire bouger une troupe d’hommes pour vous ! Mais il l’a fait !

-Arrête de le défendre. Les hommes sont tous pareils. Il n’y a que leur queue qui compte. Dès qu’il trouve le filon ils le gardent. Et toi tu es une mine d’or. Nolan l’avait bien compris au moins, et ne te le masquait pas derrière de belles paroles ! Ou de belles promesses…. Rajouta-t-elle en voyant la bague.

Ellana n’en pouvait plus. Sans s’en rendre compte, sa main se leva et cingla l’air. Maria cria de surprise en se tenant la joue. Oui, Ellana venait de gifler quelqu’un pour la première fois de toute sa vie. Elle était réellement en colère pour la première fois. Mais elle n’acceptait pas qu’on parle ainsi de son homme !

-Je te l’ai dit : parle encore une fois de cette façon et je te renvoie là-bas à coup de pied aux fesses ! Sale…

Elle ne put finir qu’une gifle atterrit sur sa joue en voie de cicatrisation. Maria était rouge de honte et de colère, surtout que leur boucan avait fait stopper toute la troupe qui ne savait pas quoi faire. Eve s’était éclipsée depuis longtemps. Une main se portant à sa joue, Ellana constata qu’elle s’était remise à saigner. Merci… c’est super…

-T’approches plus de moi parce que sinon je te fais la peau.

Emiya arriva à ce moment pour voir ce qui se passait, suivie de Kaëran. Maria tourna les talons et s’enfonça parmi les filles pour leur raconter tout ce qui s’était passé et bien salir Ellana, une nouvelle fois. Cette dernière se détourna pour marcher.

-Ellana… qui-a-t-il ? Que se passe-t-il ? Ca va ?

-Rien. Rien du tout. Oui ça va, je veux juste me calmer. Pardon.

Elle la poussa doucement et alla entre les arbres. La troupe pouvait continuer, elle les rattraperait. Elle devait juste calmer ses nerfs. Et arrêter le sang de sa joue. Elle n’avait même pas osé regarder Kaë. Elle ne voulait pas qu’il la voie en colère. Elle même s’était surprise et choquée. Mais elle n’acceptait pas ! On ne parlait pas ainsi de Kaëran sans savoir, sans connaître ce qui s’était passé !
Oui il était le prince charmant venu la sauver de son père. Oui elle avait vécu bien trop de malheurs dans sa courte vie. Et ce qu’il disait était vrai et fondé, et non creux et vains. Elle regarda sa bague. C’était vrai. Tout était vrai. S’il n’avait pas voulut l’épouser, il ne lui aurait jamais demandé. Il et elle le voulait. Ils voulaient s’unir par les liens du mariage. Fonder une famille. Etre enfin heureux et en paix.

Elle sentit du mouvement derrière elle et murmura juste :

-Ca va… elle m’a cherchée. Elle… te salissait. Je ne peux pas laisser passer ça.

Et elle avait fait prendre du retard à toute la troupe… magnifique la journée…


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