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 Retour à la case départ [PV Kaëran]

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Ven 22 Mar - 0:35


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Chapitre 4
En cavale, partie 4

◆ ◆ ◆



Alors là, il était à court de mots. Les phrases d’Ellana tournaient en boucle dans sa tête, par bribes. Ses craintes étaient devenues certitudes depuis qu’elle avait avoué. Raven avait été sauvage, l’avait fait souffrir de toute les manières possibles. C’était dégoûtant... la pauvre. C’était le calvaire qu’elle avait vécu. Non. L’enfer.

Le Lieutenant garda un moment le silence, caressant les phalanges de sa protégée du pouce. Son regard se leva lentement sur Ellana, croisant le sien avant de déposer ses deux mains sur ses joues, relâchant les siennes par le fait même. Il s’approcha d’elle et lui fit un faible sourire en coin avant de se lancer à son tour. Tant qu’à être dans les aveux, autant continuer, car même s’il détestait parler de ses sentiments ou de ce qui n’allait pas, Kaëran devait le faire à son tour. Il lui devait au moins des explications, non ?

‘‘ Ellana... Jamais ne m’est venue l’idée de te rejeter après tout ce que tu as traversé. Je me doutais du sort que Raven t’avait infligé, mais pas un tel point... j’en ai des frissons d’horreur et si j’avais su avant, il aurait souffert avant que la vie ne lui soit enlevée. Et ton père ne perd rien pour attendre... Il ne s’en tirera pas aussi facilement, ni ne posera un seul de ses sales doigts sur toi. Plus jamais. ‘‘

Là, il déposa un baiser sur le front d’Ellana puis s’en suivit du nez et de ses lèvres; leur code secret.

‘‘ J’ai fait preuve d’idiotie en fuyant sans prendre la peine de te porter mon aide, ou du moins essayer. Je n’ai même pas cherché à te voir lorsque tu t’en es allé chez Eiriel ce soir-là. C’était comme... si on m’arrachait une partie de mon être. J’avais réellement cru que tu ne reviendrais plus après cet épisode. J’ai perdu confiance. Je me suis refermé comme j’ai la mauvaise habitude de faire pour ne pas avoir mal. ‘‘ Il soupira de découragement puis caressa les bras d’Ellana, baissant les yeux vers ses mains. ‘‘ C’était un véritable combat de conscience. Je voulais tant te voir, mais te savoir dans cet état me tuait et je me disais à chaque fois que c’était de ma faute. Si je t’avais accompagné dans la serre ce jour-là, rien ne te serait arrivé et tu aurais gardé ce sourire, à faire fondre n’importe qui, les jours suivants. Je m’en suis voulu, Ellana. Encore aujourd’hui je m’en veux et c’est pire maintenant. Si j’avais fait preuve de patience et t’avais annoncé mon départ de vive voix, je ne t’aurais certainement pas retrouvé à Orthank alors que je revenais à la maison. ‘‘

Ses mains glissèrent sur ses avants-bras, lentement, terminant leur chemin contre ses mains. Il entrecroisa délicatement leurs doigts et colla ses paumes contre les siennes avant d’attirer la jeune femme vers lui. Se laissant tomber sur le dos dans le lit, Kaëran finit par enfermer la couturière dans ses bras et continua en murmurant presque.

‘‘ Une voix me disait que c’était finit, qu’il n’y aurait plus de retour en arrière, alors qu’une autre me disait le contraire. Je ne savais plus laquelle croire. J’étais perdu... sans toi. J’ai tenté de tourner la page pour mener à bien ce remplacement, mais c’était peine perdue. À chaque fois que je fermais les yeux, mes pensées s’en allaient vers ta personne. Comment allait-elle ? Comment y parvenait-elle ? Avait-elle retrouvé son sourire ? Ces questions revenaient sans cesse alors que je ne parvenais pas à trouver de réponses. Un soir, je t’ai écrit une lettre et t’ai mit pour la première fois ces trois mots; je t’aime. J’aurais dû te les dire avant et j’ai tellement regretté par la suite. Il s’en est fallu de peu pour que je revienne te voir, mais le devoir m’en empêchait... ‘‘

Il se tourna alors de côté et plongea son regard bleuté teinté de vert dans celui de sa douce pour lui caresser le visage du bout des doigts. Il traça ses traits doucement et avec délicatesse, comme si son seul touché briserait son visage. Ce visage qui resterait gravé dans sa mémoire à tout jamais; son premier et vrai amour.

‘‘ Jamais ce que tu n’as vécu, ce que tu as fait ou dit ne pourrait changer l’image que j’ai de toi. Tu restes la Ellana que j’ai aidée et vue grandir, s’épanouir. Tu es une femme merveilleuse, le plus beau cadeau que les dieux aient pu m’offrir. Le passé est le passé, tu es là et je suis là. C’est ce qui compte... Je veux veiller sur toi. Prendre soin de toi et te voir sourire jusqu’à ce que je rende mon dernier souffle. Je serai ton gardien jusqu’à ce que tu en aies assez de me voir, bien que ce soit quelque chose qui ne me fait pas peur. Hm ? ‘‘

Le jeune homme ne manqua pas de voir un sourire en coin se former aux lèvres de sa douce et il effaça ce qu’il restait de distance entre leurs visages, l’embrassant longuement. Il sentit ensuite les mains d’Ellana se faufiler dans ses cheveux et sur sa nuque. Ce baiser s’intensifiait au fil des secondes, mais Kaëran coupa court en souriant malicieusement à la couturière qui semblait se questionner.

‘‘ Il est temps de dormir maintenant. Une longue route nous attend demain et plus que trois jours avant de rentrer à la maison. ‘‘ Souffla t-il en tirant les couvertures sur eux.

Son visage se glissa dans le cou d’Ellana et son bras droit entoura sa taille. D’un autre côté, ça faisait étrange de se retrouver avec une autre personne dans son lit, mais pas désagréable lorsqu’on savait de qui il s’agissait. Ce ne fut pas non plus long que l’épuisement des deniers jours et évènements eurent raison d’eux, car le sommeil les gagna rapidement, et ce, jusqu’au levé du jour. Kaëran fut le premier à se réveiller et se glissa hors du lit, un sourire en coin peint sur les lèvres. Rapidement, il alla se débarbouiller, s’habiller et descendit au rez-de-chaussée pour chercher le petit-déjeuner. Lorsqu’un homme posa une main sur son épaule.

‘‘ Dis... elle charge combien la nuit, ta pute ? ‘‘

Le Lieutenant sentit son sang bouillir d’un seul coup et il se retourna vivement pour lui agripper le cou et l’étamper dans une large poutrelle de bois qui aidait à l’équilibre du plafond. Les quelques rares clients sursautèrent.

‘‘ C’est de ma femme que tu parles ?! ‘‘ Cracha t-il sèchement.

‘‘ Oh p-p-p-pardon ! Je je je je ... ne savais pas ! ‘‘

Ce ne fut pas trop long que l’homme en question prît ses jambes à son cou et sortît de l’établissement. Kaëran, fier de son coup, retourna vers le comptoir et prit le plateau-repas sous le rire amusé de l’aubergiste et laissa quelques pièces pour le pourboire. Il s’empressa ensuite de monter à l’étage où Ellana émergeait du sommeil, les cheveux en bataille et les yeux petits.

‘‘ Bon matin, charmante dame. ‘‘

Il s’asseya de son côté de lit et chercha son baiser tout en posant le plateau entre eux, directement sur le matelas.

‘‘ Je me disais que tu pourrais prendre le temps de te réveiller... rien ne presse. ‘‘

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Ven 22 Mar - 19:45

Kaëran garda le silence quelques minutes avant de se lancer dans un long récit, ponctué de caresses et de baisers selon son code : front, nez puis lèvres.

Il lui disait que jamais il ne l'aurait rejetée, et que son père ne resterait pas impuni. Oui mais…son père avait toujours eu l'immunité, rien ne semblait pouvoir l'inculper ou le rendre coupable. Il était le doux tailleur dont tout le monde gratifiait les œuvres…

Kaëran continuait et elle restait parfaitement silencieuse, l'encourageant du regard, aspirant ses dires. Il avait besoin de parler. Cela ne lui ferait que du bien. Et en plus, elle voyait à présent qu'ils avaient été idiots lui comme elle. Chacun avait crut le contraire de ce qu'ils savaient déjà.

Elle avait crut qu'il l'avait quittée alors qu'au fond elle se doutait que ce n'était pas le cas. Et lui avait crut qu'elle serait à jamais loin de lui, terrifiée par les hommes alors qu'il lui avait juste fallut un peu de temps. Il s'en voulait de ne pas l'avoir accompagnée ce fameux jour…il n'avait pas à s'en vouloir. Comment aurait-il pu prévoir ? Pour eux, le jardin arrière était sûr, personne ne pouvait venir et Ellana avait été en phase d'apprentissage "faire quelque chose seule à l'extérieur"…

Serrant les mains du Lieutenant, elle se laissa entraîner sur lit avec lui, le laissant l'enfermer dans ses bras comme elle aimait tant qu'il fasse. Une…lettre ? Il avait fait ce qu'elle avait pensé faire sans avoir le cran de le faire…elle avait songé à faire de même mais avait renoncé de peur de le faire souffrir à nouveau…et là ? La lettre avait du être expédiée chez Eiriel et Dorguan…elle la lirait une fois qu'ils y seraient, elle se le promit.

Ils se firent face en pivotant l'un vers l'autre, et elle savoura les caresses alors qu'il glissait sur son visage, dessinant ses traits comme s'il pouvait ce briser.

- Jamais ce que tu n’as vécu, ce que tu as fait ou dit ne pourrait changer l’image que j’ai de toi. Tu restes la Ellana que j’ai aidée et vue grandir, s’épanouir. Tu es une femme merveilleuse, le plus beau cadeau que les dieux aient pu m’offrir. Le passé est le passé, tu es là et je suis là. C’est ce qui compte... Je veux veiller sur toi. Prendre soin de toi et te voir sourire jusqu’à ce que je rende mon dernier souffle. Je serai ton gardien jusqu’à ce que tu en aies assez de me voir, bien que ce soit quelque chose qui ne me fait pas peur. Hm ?

Elle aussi elle voulait veiller sur lui et prendre soin de lui jusqu'à ce qu'il ne veuille plus la voir…elle sentit un sourire naître sur ses lèvres, parce qu'il avait raison. Comment pourrait-elle en avoir assez de lui ? Il hantait son esprit, ses gestes, ses pensées. Il était en elle, qu'il le veuille ou non. Il avait lancé son grappin et l'avait si solidement fixé qu'il ne pourrait le retirer. Elle était à lui, corps et âme…

Toujours le sourire aux lèvres, elle lui rendit son baiser, le laissant même devenir plus fougueux. Elle posa ses mains sur sa nuque, emmêlant ses doigts dans ses cheveux, son corps se rapprochant même de lui…
Jusqu'à ce qu'il stoppe net le baiser. Elle le regarda et le vit sourire étrangement. Pourquoi ? Elle avait mal embrassé ?

- Il est temps de dormir maintenant. Une longue route nous attend demain et plus que trois jours avant de rentrer à la maison.

Ah oui…pas faux. Elle se pelotonna sous les couvertures, s'enivra de l'odeur du jeune homme lorsqu'il faufila sa tête dans son cou. Elle s'endormit bien vite, toutes les paroles qu'il venait de prononcer défilant dans sa tête. Oui…elle voulait le rendre heureux. Et espérait qu'elle y arriverait.

Au matin, elle se réveilla lentement. Elle n'avait jamais aussi bien dormit en l'espace de trois mois à vrai dire…en fait ce qui l'avait tirée du sommeil était le vide à ses côtés…Kaëran n'était plus là. Avant d'ouvrir les yeux, elle s'était demandé si elle n'avait pas tout rêvé. Mais en les ouvrants, elle vit qu'elle n'était pas au bordel…
Elle se redressa, essayant d'agrandir ses yeux pour y voir un peu mieux, lorsque le Lieutenant arriva, plateau-repas en main, sourire aux lèvres.

- Bon matin, charmante dame.

Il s'assit à côté d'elle et chercha son baiser avant de poser le plateau entre eux. Elle salivait déjà…

- Je me disais que tu pourrais prendre le temps de te réveiller... rien ne presse.

Elle acquiesça et picora lentement, savourant chacun de ses mets. De temps en temps, elle tendait un bout à Kaëran pour qu'il mange presque dans sa main.

Rien de mieux pour débuter la journée sur des sourires. Ensuite, puisqu'il était déjà prêt, elle se hâta de se laver et se préparer à partir. Comme il l'avait dit, ils avaient encore au moins trois jours de marche jusqu'à Racium.

Mettant le sac de l'aubergiste sur ses épaules après avoir vérifié que la chemise de Kaëran soit bien mise et sa cape aussi, elle le suivit en bas. Les clients ne la regardèrent plus étrangement…

Dehors, le temps était doux. Le soleil tapait généreusement et les villageois profitaient. Ellana s'imprégna de cette ambiance joyeuse qui en émanait. Les gens se saluaient, buvaient, achetaient…comme un autre monde après ce qu'elle avait connu…

Ils sortirent du village et reprirent leur trajet en forêt. Les arbres les entouraient, les animaux se faisaient entendre…c'était si beau…Ellana s'emplissait la vue et les poumons de tout ce spectacle.

-C'est si beau Kaëran.

Elle tenait toujours sa main dans la sienne, et recommençait à lui poser des questions à tort et à travers. Tout le temps, et encore, elle le laissait à peine répondre ! Mais elle profitait. C'était tout.

A midi, ils pique-niquèrent aux abords du même ruisseau qui les avaient guidés jusqu'au village, Ellana y trempant même ses pieds et riant quand un poisson la frôlait, découvrant le tout comme une enfant.
Ils reprirent leur route paisiblement, comme si rien ne s'était passé et qu'ils avaient juste fait un voyage en amoureux…

Au soir, Kaëran leur dégota une anfractuosité qui les abritait un peu au cas où. Elle dormit magnifiquement bien une nouvelle fois, tout contre lui, emprisonnée dans ses bras, le visage contre son torse puissant. Et cette nuit-là, pas d'aventures avec un homme…en trois mois, ça lui faisait étrange. Pas que la veille avec Kaëran avait été forcée oohhh non !!

Les jours suivants furent similaires, sauf un passage. Ils marchaient lorsqu'ils avaient entendus des bruits derrière eux. Ils s'étaient rapidement abrités et avaient aperçus des cavaliers passer au triple galop, cherchant très vraisemblablement des hommes. Deux pour être précis. Et Ellana avait entendu un des cavaliers préciser qu'il s'agissait d'un homme et d'une femme…

Donc Nolan les cherchaient toujours…elle qui avait cru qu'il avait arrêté…voilà que les ennuis revenaient. Elle s'était remise à paniquer, retenant sa respiration comme si celle-ci pourrait dénoncer leur position.

Ils avaient attendus longtemps avant d'oser sortir. Et là, ils avaient accéléré pour mettre le maximum de distance, et depuis ils brouillaient les pistes et ne laissaient plus de trace.

Le soir avant d'atteindre Racium, ils mangeaient lorsque la jeune femme demanda :

-Que vont dire Eiriel et Dorguan tu crois ?

C'était un peu angoissant…comment allaient-ils les accueillir ? Qu'allaient-ils dire pour leur attitude ? C'était l'inconnu à nouveau…

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Dim 24 Mar - 0:08



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Chapitre 4
Le Retour, partie 1

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Les deux jeunes gens reprirent la route beaucoup plus détendue que la veille, il fallait s’en dire. Ellana s’émerveillait devant la nature et son paysage qui défilait extrêmement tranquillement au fil de leurs pas et cela le faisait sourire. C’était ce qui lui avait manqué tout ce temps où ils avaient été séparés; cette curiosité qui inondait l’âme de cette jeune femme. Une seule touche de nouveauté parvenait à illuminer ce regard bleuté et argenté. Inévitablement, Kaëran eut droit au roman de questions auxquelles il ne pouvait même pas prendre le temps de répondre. Il se contentait donc de sourire et ne répondit qu’à quelques-unes d’entre elles une fois qu’il en eut l’occasion.
Main dans la main ils marchaient paisiblement dans le sentier battu par des siècles de voyages et de route, prenant des pauses de temps à autre pour se nourrir ou se reposer. Le soir cependant, ils arrêtèrent et le Lieutenant leur arrangea un abri de fortune pour la nuit et surtout pour leur permettre de garder un minimum leur chaleur corporelle malgré l’épaisse couverture de laine que leur avait donnée l’aubergiste d’Orthank. Ellana s’était donc pelotonné contre lui, départit de son plastron d’acier forgé, et avait fermé les yeux pour s’endormir avec ce léger sourire aux lèvres. Ses doigts fins serraient le tissu de sa chemise qui recouvrait ses bras et il les caressa de ses doigts avant de se reposer à son tour. Le soldat enferma donc la jeune femme dans sa prison, pour la nuit.
Le lendemain matin, les jeunes gens se remplirent l’estomac comme ils purent et s’en retournèrent sur la route.

Les deux jours suivants furent similaires et techniquement, si tout allait bien, puisque c’était le cas jusqu’à maintenant, ils parviendraient à rejoindre Racium dans la soirée du lendemain. C’était une sacrée bonne nouvelle bien que l’anxiété commençait à se faire légèrement sentir chez Kaëran qui redoutait la réaction de Dorguan plus particulièrement. Eiriel était prévisible; elle l’engueulerait comme du poisson pourrit.

Dans le courant de l’après-midi, ils entendirent des bruits de sabots martelant avec force le sol ainsi que des hennissements plutôt lointains. Kaëran avait stoppé sa marche pour écouter et en constatant que ça se rapprochait d’eux, il prit le poignet gauche d’Ellana pour l’entraîner de force à sa suite, se camouflant derrière les buissons et les arbres qui bordaient la route. Ils avaient entendu brièvement une conversation et description de personnes recherchées, mais sans plus. Déjà, c’était suffisant pour mettre les deux fuyards en alerte pour le reste de leur route. Les minutes s’écoulèrent un long moment avant qu’ils ne décident de reprendre leur route, redoublant de prudence et de vigilance. Nolan n’avait certainement envoyé que deux hommes à leur recherche, s’il s’agissait bien là des hommes de main de ce chien. Cette fois par contre, Kaëran décida de coupa à travers bois et prenait garde à bien masquer les traces de leur passage en ces lieux. À la tombée du jour, le Lieutenant et la couturière étaient tous deux exténués et ils décidèrent de faire une pause. Leur abris, ce soir-là, se résumèrent à un amas de racines dense qui formait un trou sous un très vieil arbre. Cependant, ils ne firent pas de feu au risque de dévoiler leur position si jamais ils étaient réellement poursuivis.

‘‘ Que vont dire Eiriel et Dorguan tu crois ? ‘‘ Demanda Ellana.

Kaëran ne répondit pas immédiatement, cherchant plutôt des vivres et leur gourde d’eau dans le fond de leurs sacs de voyage. Il en sortit donc des fruits et de la viande séchée puis vint s’installer derrière sa douce en prenant bien soin de recouvrir leurs deux corps de la couverture de laine. Les nuits étaient passablement fraîches en ce temps de l’année.

‘‘ Dorguan se fera un malin plaisir à me mettre son poing dans la gueule et Eiriel m’engueulera comme jamais. ‘‘

Il ne doutait pas, il connaissait parfaitement leurs réactions. Eiriel et Dorguan n’étaient peut-être pas ses parents, mais c’était comme. Kaëran avait grandi avec eux puisque sa mère les côtoyait souvent à l’époque où la santé veillait encore sur elle.

‘‘ Tu entendras certainement des : triple idiot, crétin, imbécile sans cervelle, égoïste, tête de mule et autre à mon égard. Tout ce que tu peux imaginer, ils le diront certainement. Ensuite nous aurons droit à une crise de larmes de la part d’Eiriel puis des accolades qui nous étoufferont littéralement sur place. ‘‘

Ellana ne semblait guère rassuré, même un peu plus nerveuse depuis qu’il avait dit ça. Valait mieux qu’elle sache maintenant et puis, ça lui éviterait de paniquer sur place une fois qu’il aurait sa raclée du forgeron.
Ils mangèrent donc en silence par la suite puis s’allongèrent au sol, en cuillère. Kaëran avait entouré la taille de sa tendre moitié, sa main contre son ventre. Il sentit ses doigts se croiser entre les siens et il déposa un doux baiser sur sa nuque avant de lui murmurer ceci à l’oreille:

‘‘ Fais de beaux rêves, mon amour... ‘‘

Elle fit de même pour les voeux de bonne nuit puis de concert, ils fermèrent les yeux pour une autre nuit de sommeil écourté par la clarté du soleil en ce matin. La route fut longue et un peu plus ardue que les journées précédentes, mais bientôt Racium se fit en vue. Ils souriaient tous les deux, mais l’étreinte de leurs mains se resserrant à cause de leur nervosité soudaine. L’affrontement approchait dangereusement ...
Ce ne fut qu’en fin de soirée, lorsque la lune vola la place au soleil dans le ciel, que le jeune couple arriva en ville. Ils durent s’identifier une fois le moment venu de franchir les fortifications de la cité puis d’un pas régulier, traversèrent la place du marché pour se rendre jusqu’au quartier où résidait le Lieutenant. Avant d’aller chez lui, il alla chez Eiriel et Dorguan et eut à peine le temps de traverser l’allée que la porte s’ouvrit. La lumière se fraya un chemin jusqu’à leurs pieds et une immense silhouette l’entacha. Les pas se firent rapides et d’un coup, Kaëran se sentit sonné. Il termina sa chute sur le dos au sol alors que le forgeron lui prit le collet pour le relever. Sa gueule lui faisait un mal de chien maintenant qu’il sentait la douleur.

‘‘ Espèce de crétin ! Je ne sais pas ce qui me retient de t’arracher la tête et de jouer au ballon avec ! TRIPLE IDIOT ! Tu n’es pas capable de réfléchir trente secondes ?! C’est trop te demander ?! On s’est fait un sang d’encre pour toi ! On a cru que tu étais mort ! ‘‘ Cria Eiriel derrière son homme.

C’est à ce moment qu’ils lâchèrent le Lieutenant, qui s’adossa contre la haie, pour se précipiter vers Ellana qu’ils prirent dans leur bras.

‘‘ Ma belle enfant ! Nous sommes si contents de te revoir saine et sauve ! J’ai eu si peur qu’il ne te soit arrivé quelque chose ! J’ai prié les Dieux tous les jours pour qu’ils veillent sur toi. Allez, entre. ‘‘

Eiriel posa une main dans le dos d’Ellana pour l’entraîner avec elle à l’intérieur de la maison et Dorguan se retourna vers Kaëran alors que la porte de la maison se refermait derrière les femmes. Son regard était rempli d’amertume, mais un long et profond soupir s’échappa de sa bouche lorsqu’il entoura ses bras autour de son fils par substitution. Bien qu’il lui en voulait affreusement pour ce qui s’était passé avec Ellana, le savoir là avec eux et en plus accompagné de la couturière lui réchauffait grandement le coeur. Ils avaient prié trois longs mois pour qu’on leur ramène ces jeunes gens sains et saufs et ce soir leur souhait avait été exaucé. Ils étaient là avec le sourire aux lèvres.

On s’installa alors dans le salon et Eiriel prépara du thé ainsi que des biscuits qu’elle posa sur la table juste devant le canapé où se trouvaient Ellana et Kaëran.

‘‘ Bonté divine... Kaë, mais qu’est-ce qui t’as prit de partir ainsi ? Où es-tu allé pour que tu négliges le fait de prévenir ton entourage ? Tu n’as donné des nouvelles que deux semaines après ton départ. ‘‘

La paysanne en profita pour sortir la lettre du Lieutenant et la donna à Ellana qui la prit avec extrême délicatesse.

‘‘ C’était si difficile pour toi de nous donner des nouvelles ? ‘‘

‘‘ Eiri’ je suis profondément navré... j’ai agi comme un imbécile de première et j’en suis pleinement conscient. ‘‘ Commença t-il. ‘‘ J’ai dû quitter d’urgence pour une mission de remplacement. Le Lieutenant Ethan était malade et j’ai dû faire vite avant que son état ne s’aggrave. ‘‘

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Dim 24 Mar - 10:06

Ellana s'était attendue à toutes sortes de réponse, sauf celle qu'elle reçue une fois son amour assis derrière elle :

-Dorguan se fera un malin plaisir à me mettre son poing dans la gueule et Eiriel m’engueulera comme jamais.

Son…poing dans la gueule ?! Mais pourquoi Dorguan frapperait-il Kaëran ? Ca n'avait pas de sens ! Ils devraient au contraire être contents qu'il revienne non ? Enfin, il fallait s'en dire qu'Ellana ne connaissait pas encore tout concernant les réactions de l'Homme…

- Tu entendras certainement des : triple idiot, crétin, imbécile sans cervelle, égoïste, tête de mule et autre à mon égard. Tout ce que tu peux imaginer, ils le diront certainement. Ensuite nous aurons droit à une crise de larmes de la part d’Eiriel puis des accolades qui nous étoufferont littéralement sur place.

Tout ça ? Ce n'était guère pour la rassurer ce qu'il venait de dire…mais c'était sans doute préférable qu'elle soit informée maintenant plutôt que de faire une crise au moment venu et tenter de se prendre les coups à la place de Kaëran. Parce que oui, elle en était capable !
Terminant de manger, ils se couchèrent au creux des racines qui les abritaient, Kaëran contre elle. Elle sentit sa main se glisser sur son ventre, et aussitôt les frissons la parcoururent de part en part. Délicatement, elle entremêla ses doigts à ceux de l'homme qui répondit par un doux baiser sur sa nuque. Malheureusement, elle ne pouvait pas le lui rendre, étant emprisonnée dans ses bras. Et ce n'était pas pour lui déplaire…

- Fais de beaux rêves, mon amour...

-Toi aussi mon cœur… Répondit-elle d'une voix déjà un peu endormie.

Et effectivement, elle fît de très beaux rêves. Tous étaient ponctués de Kaëran. Il était toujours présent, toujours prêt d'elle. Elle le vit même avec un bébé dans les bras…sourire aux lèvres…

Au matin, ce fût le soleil et ses redoutables rayons qui brisèrent ses rêves comme une bulle. Lentement, elle se releva avec le Lieutenant, et mangea sur le pouce avant de se remettre en route. Même si elle avait peur à cause de la réaction d'Eiriel et de Dorguan, elle avait hâte d'être arrivée. Pour enfin être tranquille et pouvoir rattraper le temps perdu avec Kaëran. Elle lui ferait des repas copieux, qu'elle ramènerait dans son lit avant qu'il ne parte travailler. Elle le masserait et lui offrirait pleins de choses…qu'elle fabriquerait, n'ayant pas d'argent. Déjà qu'elle s'en voulait que ce soit lui qui ait payé l'auberge et les repas l'autre jour…
Elle voulait le soigner et veiller à ce que son sourire ne quitte plus jamais ses lèvres.

Ce jour-là, ce fût vraiment difficile. Tous deux commençaient à être à bout de force, malgré les nuits passées. Même Kaëran qui pourtant était entraîné pour, avait du mal à certains moments. Mais ils ne disaient rien. Bientôt ils seraient chez le Lieutenant et pourraient se reposer tout leur soûl. Bientôt ils n'auraient plus à regarder sans cesse derrière eux pour être sûr que leurs traces soient camouflées ou que personne ne les suivaient.

Le soleil était donc déjà plus qu'une mince ligne de feu à l'horizon tandis que sa sœur la lune prenait sa place lorsqu'ils arrivèrent devant le poste de garde à l'entrée de la cité. Elle laissa Kaëran les identifier et une fois à l'intérieur, Ellana inspira un grand coup, resserrant un peu plus son étreinte sur la main du Lieutenant.

Rien n'avait changé…la place du marché était telle qu'elle était la dernière fois qu'elle l'avait vue avec son homme. Tout était juste plus calme à cause de la nuit, tout le monde étant chez eux. Elle n'avait même plus l'habitude d'un tel calme…là-bas, chez Nolan, il y avait toujours des hommes qui se promenaient, même la nuit. Surtout la nuit. En fait, c'était comme s'il n'y avait pas de différence entre nuit et jour, là-bas. Elle se demandait si quelqu'un avait lu son journal déjà. Elle y avait marqué pas mal de choses, que ce soit pour la période chez les putains qu'avant encore. Elle y avait marqué ses sentiments chez Nolan, elle avait écrit la moitié de son histoire…et tous les dessins de Kaëran…ce serait la porte ouverte pour le retrouver ! Oh non…

Cependant elle n'eut guère le temps de réfléchir plus. Ils étaient arrivés dans le quartier et se dirigeaient vers la demeure d'Eiriel et Dorguan. Du coin de l'œil, Ellana observa la maison de Kaëran, endormie et à l'aspect mort. Elle revit les images de Dorguan entrant de force pour en ressortir dépité. Elle se revit tomber en hurlant en apprenant que le Lieutenant était parti. Elle se souvenait de tout comme si c'était hier…

En reportant son regard devant elle, seulement, elle fût éblouie par une clarté soudaine, masquée rapidement par une énorme ombre. Elle eut à peine le temps de sursauter que la main de Kaëran avait lâchée la sienne et qu'il se retrouvait au sol, le forgeron l'agrippant au col pour le relever, en rage, Eiriel criant à l'arrière :

-Espèce de crétin ! Je ne sais pas ce qui me retient de t’arracher la tête et de jouer au ballon avec ! TRIPLE IDIOT ! Tu n’es pas capable de réfléchir trente secondes ?! C’est trop te demander ?! On s’est fait un sang d’encre pour toi ! On a cru que tu étais mort !

Tout était allé trop vite…elle voyait qu'il était sonné et voyait déjà les prémisses d'une ecchymose se former sur sa mâchoire, là ou le coup l'avait touché. Elle en avait mal pour lui mais était pétrifiée devant la colère de Dorguan. Il était déjà impressionnant lorsqu'il était calme, mais là, il faisait peur et l'espace d'un instant, elle vit l'image de Raven se juxtaposer à lui…

Et aussi vite qu'ils s'étaient énervés, ils redevinrent le gentil couple qu'elle connaissait, lâchant le Lieutenant pour sauter sur elle et la serrer dans leur bras, Eiriel s'exclamant :

-Ma belle enfant ! Nous sommes si contents de te revoir saine et sauve ! J’ai eu si peur qu’il ne te soit arrivé quelque chose ! J’ai prié les Dieux tous les jours pour qu’ils veillent sur toi. Allez, entre.

Elle voulut lui dire qu'elle aussi était contente de les revoir, voulut attendre le Lieutenant, mais une main dans son dos la força à avancer, et elle se retrouva à l'intérieur avec la paysanne, laissant les hommes à l'extérieur, la porte se refermant d'un coup.
Eiriel était vraiment émue de les revoir, et elle prit le visage de la couturière entre ses mains, l'observant sous tous les angles pour vérifier qu'elle allait bien.

La femme lui indiqua alors le salon, et Ellana s'y dirigea au moment ou les hommes entraient. Kaëran s'installa à ses côtés, Dorguan dans son fauteuil pendant qu'Eiriel préparait du thé et ramenait des biscuits qu'elle posa devant le jeune couple.

-Bonté divine... Kaë, mais qu’est-ce qui t’as prit de partir ainsi ? Où es-tu allé pour que tu négliges le fait de prévenir ton entourage ? Tu n’as donné des nouvelles que deux semaines après ton départ.

Eiriel en profita et chercha la lettre qu'elle tendit à Ellana. D'une main tremblante, celle-ci la prit délicatement. Elle n'écouta dès lors plus la question d'Eiriel, entendit juste la réponse de Kaëran :

-Eiri’ je suis profondément navré... j’ai agi comme un imbécile de première et j’en suis pleinement conscient. J’ai dû quitter d’urgence pour une mission de remplacement. Le Lieutenant Ethan était malade et j’ai dû faire vite avant que son état ne s’aggrave.

Le silence s'installa, Ellana ouvrant le papier lentement, son visage camouflé par ses longs cheveux. Le cœur battant la chamade, elle lut les mots inscrits sur le parchemin, les larmes se créant dans ses yeux au fur et à mesure.




Chère Ellana,

Tu as certainement remarqué mon absence depuis quelques jours... J’aurais voulu venir te rendre visite pour te le dire, mais je craignais que tu ne prennes peur en me voyant et ne rechutes dans de mauvais souvenirs. J’espère qu’un jour tu me pardonneras mon imprudence. J’aurais dû t’accompagner à la serre cette journée-là... j’aurais dû...

Lors de ta disparition, j’ai craint le pire des jours durant. J’ai craint par-dessus tout de te retrouver inerte quelque part...

J’ai eu peur de te perdre.

Je t’ai perdu... Tu as souffert et je m’en excuse profondément.

J’ai pensé à toi tous les jours, et encore aujourd’hui. Ton visage, ton sourire, ta voix, ton regard, ton doux toucher. Tout ça me manque. Tu me manques plus que tu ne peux le croire... mais je me suis comporté comme un lâche et j’ai accepté une mission urgente sans prendre quelques minutes pour venir te dire tout ça en face.

Je suis un bien piètre parleur, tu as certainement dû le remarquer maintenant.

Ici, l’hiver s’est installé. Il fait froid et le vent s’acharne sur nos tentes. Je ne sais combien de temps je resterai ici, ni quand je pourrai revenir, mais il me tarde de te revoir et d’apprendre de ta bouche que tu vas bien maintenant...

Pardonne-moi

Je t’aime...
K.E.



A la fin, elle mit une main sur sa bouche, retenant les sanglots. Elle voyait si bien Kaëran en train de l'écrire…elle imaginait si bien son visage crispé de douleur en traçant ses mots… Elle se leva et s'excusa timidement :

-Excusez-moi…je…reviens.

La lettre en main, elle alla dans la salle de bain. Il fallait qu'elle se calme si elle voulait raconter ce qu'il lui était arrivé. En ce regardant dans le miroir, elle vit que ses joues s'étaient un peu creusées et étaient encore plus pâles qu'avant. Mais son regard brillait à nouveau…et puis bien sûr, un bain ne lui ferait pas de mal, mais ça attendrait. Elle pleura, ce calmant lentement. Lire ses mots lui rappelaient ô combien ils avaient soufferts, ô combien ils avaient agit en idiots tous les deux en interprétant si mal les intentions de l'autre…et surtout, lui rappelaient qu'elle n'avait pas osé lui écrire pareille lettre, de peur qu'il la rejette. Alors que lui, même s'il croyait l'avoir perdue, l'avait fait. Il avait eu le courage de lui envoyer un mot, tandis qu'elle restait dans ses convictions de l'avoir chassé et d'avoir détruit leur couple.

Passant une serviette d'eau froide sur son visage, elle inspira un grand coup et retourna au salon pour ne pas les inquiéter.

-Excusez moi… Répéta-t-elle en s'installant et prenant la main du Lieutenant dans la sienne.

-Il n'y a pas de mal…Et toi, ou étais-tu tout ce temps ? Nous n'avons pas eu de tes nouvelles…

Ellana baissa un peu la tête, inspira, chercha ses mots, et répondit :

-Je suis devenue une putain.

A ces mots, Eiriel eut un hoquet, Dorguan crispa ses poings sur les bras du fauteuil. Les regards de colère convergèrent à nouveau vers Kaëran et Ellana s'empressa de dire :

-Il n'y est pour rien ! Ce n'est pas sa faute…J'aurais du me méfier ou rester ici. C'est entièrement de ma faute…ne l'engueulez pas…je vous en prie, il a assez souffert…

-Ellana…ça a du être dur pour toi après…après ce que tu as vécu…

-Oui, mais j'étais persuadée que ce n'était que ce que je méritais…Le hasard a fait que Kaëran passe dans le village ou j'étais et m'ait reconnue…sinon j'y serais toujours…

Eiriel hocha de la tête, tendant l'assiette de biscuits aux jeunes. Ellana posa soigneusement la lettre sur la table et en prit un, remerciant la paysanne. Elle but ensuite une gorgée de thé.

-Et toi Kaë…ton remplacement et tout…comment as-tu vécu ça ? Demanda Dorguan après un moment.

Ellana se tourna vers son homme, qui était resté bien silencieux depuis le début de la conversation…


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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Dim 24 Mar - 19:54



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Chapitre 4
Le Retour, partie 2

◆ ◆ ◆



Aux côtés de Kaëran, Ellana lisait la fameuse lettre qu’il lui avait envoyée depuis le campement d’Ethan. La feuille de parchemin tremblait légèrement alors qu’elle arrivait aux dernières lignes et le jeune homme se sentit mal soudainement. Lorsqu’elle mit une main sur sa bouche et que ses yeux devinrent brillants à cause des larmes qui s’y formaient, il ne put que la suivre des yeux alors qu’elle se levait du canapé où elle siégeait.

‘‘ Excusez-moi…je…reviens. ‘‘ Dit-elle timidement.

Les trois adultes la regardèrent disparaître dans le couloir et un moment de silence s’installa alors. Le Lieutenant baissa les yeux ainsi que la tête. Qu’ils ne le veuillent ou non, il y avait un certain mal aise dans la pièce et personne n’osait réellement casser la glace. Personne ne savait par quoi commencer en fait. Ce fut Dorguan qui le rompit en inspirant profondément. Son regard pâle se posa sur le jeune homme et il dit d’une voix basse:

‘‘ Pardonne-moi pour le vol plané de tout à l’heure... J’étais hors de moi... ‘‘

‘‘ Ça va, Dorguan. Je l’ai mérité en fait ... ‘‘

Le forgeron esquissa un faible sourire en coin puis un nouveau silence s’installa alors qu’Eiriel vint caresser la chevelure en bataille du jeune homme pour murmurer:

‘‘ Une bonne nuit de sommeil ne vous fera pas de tort... vous êtes tous les deux bien pâles. Dormez ici cette nuit. Demain Dorguan t’aidera à débarrasser la maison des planches que tu y as clouées. ‘‘

‘‘ Merci Eiri’, c’est gentil, mais je ne veux pas m’interposer. Je ferai tout ce soir. ‘‘

‘‘ NON ! ‘‘

Kaëran sursauta, mais il vit bien rapidement un sourire se former sur les lèvres de la paysanne qui se voulait plus insistante que jamais. Le Lieutenant finit donc par acquiescer d’un signe de tête et posa les yeux sur Ellana qui revenait vers eux. Elle reprit place aux côtés de son homme et elle s’excusa tout en prenant l’une de ses mains dans la sienne.

‘‘ Il n’y a pas de mal…Et toi, où étais-tu tout ce temps ? Nous n’avons pas eu de tes nouvelles… ‘‘ Demanda Eiriel

Quand Ellana avoua être devenue une putain, l’estomac de Kaëran se comprima. La réaction de Dorguan et Eiriel fut autre que ce à quoi il avait pensé. Tous deux le regardèrent, lui, avec colère et le jeune homme s’empressa de baisser la tête tellement il se sentait mal à l’aise. Il savait que c’était de sa faute si Ellana avait terminé ainsi. S’il avait pris la peine de prévenir au moins la couturière, rien de cela ne serait arrivé.

‘‘ Il n’y est pour rien ! Ce n’est pas sa faute…J’aurais dû me méfier ou rester ici. C’est entièrement de ma faute…ne l’engueulez pas…je vous en prie, il a assez souffert… ‘‘ Le défendit-elle.

Les regards ne s’adoucirent pas sur le coup, mais convergèrent bien rapidement du Lieutenant vers la couturière. Eiriel s’asseya sur la jambe gauche de son homme.

‘‘ Ellana…ça a dû être dur pour toi après…après ce que tu as vécu… ‘‘

‘‘ Oui, mais j’étais persuadée que ce n’était que ce que je méritais…Le hasard a fait que Kaëran passe dans le village où j’étais et m’ait reconnue…sinon j’y serais toujours… ‘‘

Un nouveau silence s’installa alors que la paysanne leur montrait le plateau de biscuit. N’ayant pas faim, Kaëran ne fit que boire son thé et regarder la main d’Ellana qui tenait fermement la sienne.

‘‘ Et toi Kaë…ton remplacement et tout…comment as-tu vécu ça ? ‘‘

Le concerné leva les yeux vers le forgeron qui s’adossait contre son fauteuil, pipe en bouche. Il attendait patiemment ce que son faux fils allait leur dire. D’abord, ses yeux vairons se posèrent sur Eiriel puis finalement sur Ellana. Suite à un long et profond soupir, Kaëran se lança ...

‘‘ Pour être honnête, ce fut le plus long hiver que j’ai pu traverser... J’avais cru en avoir pour deux à trois semaines, mais ces mêmes semaines ce sont résultées à des mois. Les gens y étaient cependant sympathiques malgré un petit contretemps qui me collait sans cesse à la peau. Je vais cependant éviter les détails pour l’heure, mais je peux seulement dire que j’ai été envahi par le remords tout au long de ce remplacement. Pardonnez-moi encore... je m’en veux affreusement et je suis conscient que le mal a été fait... ‘‘

Le vieux couple fut triste d’un coup. Peut-être avaient-ils été trop durs avec lui depuis leur arrivée? À voir la tête qu’il piquait, Kaëran était à coup sûr navré pour tout ça et il n’avait pas besoin de réprimandes supplémentaires. Les jeunes n’apprenaient que par leurs erreurs et celle-ci allait certainement changer sa vie ainsi que celle d’Ellana à partir de maintenant.

‘‘ Ça n’arrivera plus... Je resterai à ses côtés peu importe ce qui arrivera dorénavant. Je ne répèterai plus cette erreur ‘‘

‘‘ Ne t’en veut pas Kaë. Nous sommes humains et nous faisons tous des erreurs. Maintenant que tu connais les conséquences, tu ne pourras que faire attention. ‘‘

‘‘ Tu as raison. ‘‘

Eiriel souria et posa son regard sur Ellana, l’incitant à parler à son tour, car elle devait en avoir beaucoup sur le coeur.

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Dim 24 Mar - 21:25

Kaëran les regarda tour à tour et soupira avant de répondre :

- Pour être honnête, ce fut le plus long hiver que j’ai pu traverser... J’avais cru en avoir pour deux à trois semaines, mais ces mêmes semaines ce sont résultées à des mois. Les gens y étaient cependant sympathiques malgré un petit contretemps qui me collait sans cesse à la peau. Je vais cependant éviter les détails pour l’heure, mais je peux seulement dire que j’ai été envahi par le remords tout au long de ce remplacement. Pardonnez-moi encore... je m’en veux affreusement et je suis conscient que le mal a été fait...

Ellana serra un peu plus son étreinte sur la main de Kaëran. Il semblait encore plus triste qu'avant, et son air désolé lui fendait le cœur. Tous deux s'en voudraient pour longtemps, mais ensemble, ils arriveraient à se relever, mettre cette mésaventure de côté et en tirer des leçons qui leur permettraient de ne plus refaire les mêmes erreurs. La vie leur donnait une nouvelle chance, un nouveau départ, et ils devaient la saisir et en profiter au maximum.

- Ça n’arrivera plus... Je resterai à ses côtés peu importe ce qui arrivera dorénavant. Je ne répèterai plus cette erreur

~Et moi aussi je resterais à tes côtés mon amour…~ Pensa-t-elle en retour tandis que Dorguan disait, d'un ton calme :

- Ne t’en veut pas Kaë. Nous sommes humains et nous faisons tous des erreurs. Maintenant que tu connais les conséquences, tu ne pourras que faire attention.

Kaëran donna son approbation et Ellana se mit à réfléchir d'un coup. "Nous faisons tous des erreurs". Est-ce que…est-ce que l'attitude de son père pouvait être considérée comme une erreur ? Ou était-elle elle-même une erreur à la base, un enfant non souhaité ? C'était certain, voire sûr…chez Nolan, elle avait appris à ses dépends que tous les enfants n'étaient guère désirés…

Eiriel la regardait en souriant, l'incitant à s'exprimer. Mais Ellana ne voulait pas s'étaler, la soirée défilait et le vieux couple devait avoir envie de se reposer. Cependant, la paysanne se faisait insistante aussi dit-elle, choisissant ses mots :

-Je n'ai pas arrêté de penser à vous et à Kaëran durant tous ses mois. Je m'en veux toujours de vous avoir repoussés quand vous avez voulut me retenir, tout comme je m'en veux pour ce que j'ai fait à Kaëran. J'aurais du le laisser venir dès le début et lui montrer que j'étais avec lui, comme vous me l'aviez dit, Eiriel. Nous…avons tous deux crut quelque chose de faux…et je promets que rien de semblable ne se reproduira. Je veillerais sur lui et prendrais soin de lui comme il l'a toujours fait pour moi depuis ce jour ou il m'a ramenée de chez mon père.

Elle regarda alors Kaëran qui semblait…ému en même temps que désolé et fatigué, et elle lui offrit un doux sourire. C'est là qu'Eiriel et Dorguan se levèrent de concert. Pas étonnant, la femme était sur la jambe de l'homme donc s'il voulait se lever, elle devait le faire aussi…

-Allez vous laver je vais préparer la chambre pendant ce temps là. Vous nous raconterez mieux demain.

Eiriel avait très bien vu qu'aucun des jeunes ne voulaient s'avancer plus dans l'histoire, préférant garder des parts d'ombre ou des secrets que seuls eux pouvaient connaître. Elle le respectait et pour l'heure, l'essentiel était qu'ils étaient de retour, sains et saufs, ensemble. Certes elle et Dorguan avaient été durs, mais ils avaient eu si peur que les nerfs avaient lâchés en les voyant arriver…

Ellana se leva donc, entraînant Kaëran à sa suite. Le pauvre semblait encore très perdu…

Délicatement, elle l'entraîna dans la pièce d'eau et commença à le dévêtir. Il se laissait faire, ne faisant que caresser son visage de temps en temps.

Elle embrassa son torse et remonta sur ses lèvres, lui offrant un beau baiser avant de murmurer, un doigt sur sa bouche :

-Arrête de t'en vouloir. Tu l'as dit : ce qui est fait est fait. Il faut avancer maintenant. Et je suis là. Je ne t'abandonnerais jamais Kaëran. N'aie aucunement peur de me parler ouvertement, je resterais aussi muette qu'une tombe. N'aie pas peur de te confier quand tu en ressens le besoin ou même pleurer. Tu n'es pas surhumain et homme ou pas, tu peux pleurer.

Elle posa sa main à plat sur l'emplacement de son cœur avant de continuer :

-Celui-là…il n'est pas en pierre comme tu semblais le montrer quand je suis arrivée. Il est bon, et gentil comme toi. Il a besoin de s'exprimer. Et pour ça il utilise… Elle toucha ses yeux les larmes que tu retiens si souvent, elle toucha sa bouche les mots que tu bloques à chaque fois…

Elle l'embrassa dans le cou et l'entraîna sous la douche. Se laver leur ferait du bien. Sous l'eau, elle acheva :

-Dorguan et Eiriel ont réagit ainsi parce qu'ils s'inquiétaient pour toi, Kaëran. Ils tiennent à toi…mais sois sans crainte, le bleu partira rapidement…surtout avec un bisou magique comme traitement…

Souriante, elle déposa ledit bisou sur sa mâchoire. Lorsqu'elle le lava, elle ne put s'empêcher de vouloir le faire rire. Elle commença à le chatouiller, mais il ne répondait guère à ses gestes, frémissant simplement parce qu'elle le touchait. Alors, faisant la moue, elle explora son corps, évitant son intimité tout de même, et chatouilla ce qu'elle pouvait, jusqu'à ce qu'elle trouve…le creux des genoux ! (héhéhéhéhé !)

Là, elle se lâcha et il se tordit inévitablement de rire ! Un rire cristallin qui résonnait contre les parois de la douche. Lorsqu'elle le libéra, elle l'enroula avec elle dans une serviette et le sécha, collant son corps au sien. Si ça ne tenait qu'à elle, elle courrait sur un lit et lui donnerait tout ce qu'il attendait d'elle…mais ils étaient chez Eiriel et Dorguan et elle se souvenait de la gêne ressentie quand le vieux couple avait fait de même chez Kaëran et que ce dernier lui expliquait qu'ils jouaient à "touche-pipi". Maintenant, elle comprenait réellement ce que c'était !

S'habillant et le laissant faire pour lui, elle lui reprit la main et ensemble ils retournèrent dans la chambre qu'Eiriel avait préparée pour eux. Déjà, cela faisait du bien de se sentir propre. Et, la chambre qui attendait était nulle autre que celle qui avait accueillie Ellana après son enlèvement. Inévitablement, les souvenirs jaillirent et elle respira profondément, ne montrant rien à Kaëran. Il s'en voulait assez elle n'allait pas en rajouter.

Elle le borda comme un enfant, se coucha près de lui et le colla, cherchant sa douce chaleur. Eiriel et Dorguan vinrent quelques minutes plus tard pour leur souhaiter la bonne nuit. Et pour la première fois en trois mois, les vieux mariés purent dormir sur leurs deux oreilles, rassurés et plus détendus que jamais au sujet de Kaëran et d'Ellana.

-Dors mon cœur…plus rien ne peut nous arriver maintenant. Je t'aime…

Elle l'embrassa, le laissant répondre, et le regarda sombrer dans le monde des songes. Elle resta bien une demi-heure à l'observer, à effleurer sa mâchoire, caresser ses cheveux et réaliser à quel point elle avait de la chance de l'avoir.

Et aussi…elle se demandait comment réagirait son père s'il apprenait qu'elle était de nouveau là. D'un coup, elle se demanda si elle ne devait pas y aller. Aller chez lui et lui dire que c'était finit. Qu'elle n'avait pas sombré après son coup tordu. Qu'elle s'en était relevée malgré la souffrance. Qu'elle était toujours en vie et qu'il n'avait plus de pouvoir sur elle. Peut-être qu'ensuite il continuerait son travail et la laisserait tranquille…

Et oui, encore bien trop naïve malgré les événements, encore candide, Ellana voulait encore croire que son père la laisserait tranquille. Il restait son père. Détestable, mais son géniteur tout de même…
Elle irait quand Kaëran serait au travail ou même le lendemain quand il serait avec Dorguan qui l'aiderait surement à dégager les issues condamnées.

Ce serait alors comme le point final d'une histoire et elle pourrait en recommencer une autre plus joyeuse aux côtés de son Lieutenant. Encore fallait-il que son père baisse les armes et accepte de la laisser tranquille. Et surtout, qu'elle ne prenne pas peur…

Finalement elle s'endormit, serrant son homme contre elle, sentant sa délicieuse odeur, prenant assez de courage et de force pour l'idée folle qu'elle accomplirait le lendemain…


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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Mar 26 Mar - 0:58

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Chapitre 4
Le Retour, partie 3

◆ ◆ ◆



Ce fut au tour d’Ellana de se confier par rapport aux épreuves difficiles qu’elle avait dû traverser dans les derniers mois. Avec attention le vieux couple l’écouta et Kaëran, toujours à ses côtés, enfermait une main d’Ellana dans la sienne. Ce seul geste apportait tant de réconfort lors des périodes de trouble et était devenu indispensable. Mais les paroles de la couturière, les dernières pour être plus précis, le touchaient droit au coeur. Au final, avoir ramené cette femme à la maison n’avait pas été une si mauvaise idée à voir où ils en étaient rendus aujourd’hui. Qui aurait pu savoir que cela finirait ainsi ? Eh bien, c’était le genre de surprise que pouvait nous réserver la vie lorsqu’on se donnait la peine de l’apprivoiser. Ou était-ce tout simplement dû à un accident de parcours ? Quoi qu’il en soit, il avait drôlement bien tourné.
Le Lieutenant avait levé les yeux sur Ellana qui lui offrait un faible sourire. Son regard brillait d’une forte lueur de tendresse; leurs sentiments l’un pour l’autre n’étaient pas un jeu. Ému par ces belles paroles, il caressa le dessus de la main qu’il tenait du pouce. Rien n’empêchait qu’il fût envahi de remords et que s’il n’avait pas fait sa tête de mule, rien de tout ça ne serait arrivé. M’enfin. La fatigue ne l’aidait pas non plus, il fallait s’en dire. C’est à ce moment qu’Eiriel décida de se lever, libérant ainsi la jambe de son époux sur laquelle elle siégeait depuis quelques minutes déjà. Dorguan l’imita et la paysanne dit, d’un ton doux:

‘‘ Allez vous laver je vais préparer la chambre pendant ce temps là. Vous nous raconterez mieux demain. ‘‘

C’était préférable oui. Qu’ils ne le veuillent ou non, les jeunes étaient morts d’épuisement et ne voulaient que profiter de l’eau chaude sur leur corps ainsi que d’une bonne nuit de repos avant d’entamer une journée normale. De toute manière, le retour au travail ne serait pas pour tout de suite, bien que le Lieutenant devait aller faire son rapport le lendemain dans le courant de la journée. Après 3 mois sans pause, il avait bien droit à quelques jours pour respirer, non ? Ainsi, Kaëran se laissa entraîner à l’étage par sa tendre moitié alors qu’il pataugeait dans ses délires de fatigue. Lorsqu’il sortit de ses songes, ce fut pour sentir les doigts d’Ellana effleurer sa peau alors qu’elle le débarrassait de sa chemise. Sa main droite se posa sur le visage de sa douce qu’il caressa délicatement lorsqu’il en avait l’occasion et frissonna quand les lèvres désirables de la femme se posèrent contre son torse. Lentement, elle remonta jusqu’à ses lèvres, la chair de poule se formant à la surface de sa peau, au bas du dos. Kaëran savoura, se disant qu’il en avait de la chance d’avoir trouvé une telle perle.

‘‘ Arrête de t’en vouloir. Tu l’as dit : ce qui est fait est fait. Il faut avancer maintenant. Et je suis là. Je ne t’abandonnerais jamais Kaëran. N’aie aucunement peur de me parler ouvertement, je resterais aussi muette qu’une tombe. N’aie pas peur de te confier quand tu en ressens le besoin ou même pleurer. Tu n’es pas surhumain et homme ou pas, tu peux pleurer. ‘‘ Murmura t-elle alors que son index gauche caressait sa lèvre inférieure d’un geste hypnotique. ‘‘ Celui-là… ‘‘ Continua t-elle, une main à plat contre sa poitrine, juste devant l’endroit où battait son coeur. ‘‘ Il n’est pas en pierre comme tu semblais le montrer quand je suis arrivée. Il est bon, et gentil comme toi. Il a besoin de s’exprimer. Et pour ça il utilise… ‘‘

Ses doigts touchèrent avec délicatesse ses paupières désormais closes.

‘‘ Les larmes que tu retiens si souvent ‘‘ Et toujours en murmurant, elle finit en touchant ses lèvres en disant : ‘‘ Les mots que tu bloques à chaque fois… ‘‘

Le visage de la jeune femme s’enfouit dans le creux de son cou où elle y déposa un baiser qui le fit frémir. D’une main, le jeune homme fut donc amené sous l’eau et il soupira d’aise en sentant ses effets bénéfiques contre sa peau. Après un tel voyage, rien de mieux qu’une bonne toilette pour se détendre et décontracter des muscles.

‘‘ Dorguan et Eiriel ont réagi ainsi parce qu’ils s’inquiétaient pour toi, Kaëran. Ils tiennent à toi… mais sois sans crainte, le bleu partira rapidement… surtout avec un bisou magique comme traitement… ‘‘

Un bisou magique ? Kaëran baissa légèrement la tête afin de mieux croiser son regard et il ne manqua pas d’apercevoir ce sourire apparaître au coin de ses lèvres. Le visage d’Ellana s’approcha alors du sien et sa bouche se colla avec tendresse contre sa mâchoire qui l’élançait encore un tantinet. Une jolie contusion allait apparaître pendant la nuit, c’était certain. Jusque-là, le Lieutenant avait été muet comme une pierre tombale; il n’avait rien dit, rien répondu aux dires de la couturière qui ne cherchait qu’à lui rendre le sourire. C’est alors qu’elle tenta une autre approche. Il ne savait pas réellement ce qu’elle tentait de faire, mais ses sourcils s’arquèrent légèrement. Pourqioi faisait-elle la moue soudainement ? Décidément, Kaëran n’y comprenait rien. Sauf qu’elle se décida de partir à l’exploration de son corps à l’aide de ses mains, le faisant frémir davantage. C’était un véritable supplice et plus ça continuait, plus son corps en redemandait. Ça se finirait mal...

Mais pas de la manière qu’il avait escomptée, cependant.

Et non, car bientôt, le Lieutenant éclata de rire et ses genoux se mirent à fléchir légèrement sous cet assaut de doigts. Ellana venait de trouver son talon d’Achilles. Ça chatouillait à un tel point qu’il se mit à pleurer sous les rires qui fusaient de sa gorge déployée. Il ne sut rester debout très longtemps, cherchant une manière d’échapper à l’emprise d’Ellana qui s’accroupit devant lui. Ayant eu pitié de lui, la jeune femme le lâcha et il se redressa, se laissant entraîner hors de là pour être enroulé dans la même serviette que sa douce. Son corps frêle était collé au sien et les frissons lui traversèrent violemment le dos. Sa poitrine contre son torse, son ventre contre le sien, ses mains si douces au bas de son dos; le désir charnel se réveillait de nouveau. Et elle semblait y prendre plaisir en plus !

La serviette tomba au sol. Le jeune couple se revêtît puis la porte s’ouvrit dans un faible grincement. Leurs pas résonnèrent dans le couloir alors qu’ils se rapprochaient de la chambre d’ami où Ellana avait résidé le temps de sa convalescence. Avant de se mettre au lit, Kaëran se débarrassa de sa chemise puis se glissa sous les couvertures. Voilà qu’Ellana le bordait avec un sourire presque maternel au visage, lui en arrachant un au passage. Elle contourna le lit, l’imita en se faufilant sous les draps et leur corps se retrouvèrent aussitôt. La porte s’entrouvrit légèrement après qu’on y eut cogné et la voix d’Eiriel s’éleva dans un doux [i]bonne nuit[/]. Puis l’obscurité inonda presque la pièce, excepté l’endroit où la chandelle brûlait toujours, illuminant avec faiblesses les deux jeunes adultes.

‘‘ Dors mon cœur…plus rien ne peut nous arriver maintenant. Je t’aime… ‘‘

‘‘ Moi aussi je t’aime. ‘‘ Souffla t-il, se sentant déjà partir.

Dehors, les oiseaux gazouillaient déjà. Ils virevoltaient dans un ciel clair qui annonçait inévitablement une très belle journée de printemps. La lumière fusait à travers les rideaux de couleur pâle et la pièce s’illumina graduellement. Kaëran bougeait légèrement et ses yeux durent s’ajuster à cette clarté aveuglante. Ellana, à ses côtés, s’éveillait lentement elle aussi. Sauf qu’ils avaient décidé de flâner dans leur lit jusqu’à ce que Dorguan vienne jouer de la casserole devant leur porte.

‘‘ Debout là-dedans! Le petit-déjeuner est servi! ‘‘

‘‘ Déjà ? ‘‘ Souffla le Lieutenant, encore endormi.

Ce fut à contrecœur que les jeunes gens durent se tirer hors du lit. Ils se débarbouillèrent, se changèrent puis descendirent, se remplir la pense qui criait famine. Une fois repu, on passa au nettoyage des couverts et de la table puis Dorguan claqua brusquement le dos de Kaëran qui faillit recracher ses poumons. Sous cette force, il toussota et le forgeron parut mal à l’aise. Sa seule excuse fut un sourire bête et un haussement d’épaules.

‘‘ Et si on allait dépoussiérer cette maison, mon grand ? ‘‘

‘‘ Ce n’est peut-être pas une mauvaise idée et puis j’ai bien hâte de retrouver mon lit. ‘‘

‘‘ Ton lit ? Ah oui... bien sûr ! ‘‘

Le forgeron bombardant Kaëran de clin d’oeil perturbant et le concerné se mit à rougir violemment. Pourquoi à chaque fois, les idées de cet homme se tordaient-elles?! Le Lieutenant poussa Dorguan du coude pour prendre les devants, suivi d’Ellana et Eiriel qui s’esclaffait avec son homme.
Arrivé sur les lieux, Kaë se planta devant sa demeure qui semblait morte, figée dans le temps. Ça ne faisait que trois mois et pourtant cela lui avait semblait être des années. D’un second coup dans le dos, le forgeron prit les devants et les hommes entreprirent d’arracher les planches qui bloquaient la lueur du jour. Une trentaine de minutes s’écoula et Eiriel était partie chercher quelques guenilles pour nettoyer la poussière à l’intérieur alors qu’Ellana semblait vouloir s’éclipser. Kaëran se sauva donc un moment, prenant délicatement le poignet gauche de sa douce.

‘‘ Où vas-tu comme ça, mon ange ? ‘‘ Demanda t-il, mais Ellana semblait soudainement réticente.

‘‘ En ville... ‘‘ Répondit-elle simplement .

Les sourcils du Lieutenant se froncèrent graduellement alors qu’elle disait vouloir se rendre au marché. Ellana venait de couper le contact visuel en baissant la tête et ce fut rapide; il avait compris qu’elle lui cachait quelque chose. Décidé à lui faire cracher les vers du nez, il lui demanda alors:

‘‘ Plus précisément ? ‘‘

‘‘ Acheter de quoi faire à manger pour ce soir... ‘‘ Dit-elle ensuite après avoir réfléchi un instant.

Kaë soupira de découragement. Il n’était pas dupe... Il mit alors un poing sur sa hanche droite et releva le menton de sa douce d’une main, plongeant son regard dans le sien.

‘‘ Tu comptais payer avec quoi; de l’argent invisible ? ‘‘

‘‘ Euh... ‘‘

Avait-elle oublié qu’ils n’étaient pas totalement en sécurité encore ? Que des cavaliers les cherchaient sur les routes ? Qu’est-ce qui leur faisait croire qu’ils n’étaient pas en ville en train de justement les chercher ?

‘‘ Il y a des gens qui nous recherchent Ellana. Je ne répéterai pas une deuxième fois l’erreur de te laisser aller seule, tant et aussi longtemps que la menace planera au dessus de ta tête... ‘‘

Ce fut suite à un long et profond soupir qu’Ellana se résigna et se décida enfin à parler.

‘‘ Je... vais chez mon père pour... lui parler et voir s’il ne veut pas baisser les armes... enfin... lui dire qu’il a perdu... ‘‘

Chez... son père? Mais quel moustique l’avait piqué?! Il était hors de question qu’elle y aille seule. Qui sait ce que ce détraqué de Stark voudrait encore lui faire subir!

‘‘ Je viens avec toi... hors de question que tu restes seule avec lui. ‘‘ Rétorqua le Lieutenant.

‘‘ Mais... tu... as autre chose à faire... je ne veux pas te déranger... ‘‘

‘‘ Et moi je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose... ‘‘

Ellana lui sourit alors. Bien qu’elle tentait de se montrer rassurante, Kaëran ne changerait pas d’avis. Il irait chez le couturier, qu’elle le veuille ou non. Mais elle n’irait pas affronter Stark seule. Oh ça non!

‘‘ Je sais que tu ne le veux pas et moi non plus, mais il ne peut rien faire... Il n’a plus de gros bras... Je vais te faire perdre du temps... ‘‘

‘‘ Le jour où tu me feras perdre mon temps, je n’aurai plus de dents ‘‘

‘‘ Mais... ‘‘

‘‘ Continues comme ça et je te prive de dessert... ‘‘

Et ça, c’était dans tous les sens du terme.

‘‘ Mais ! ‘‘

‘‘ Et en plus, j’irai dormir sur le canapé ... ‘‘

‘‘ Non ! ‘‘ S’écria-t-elle ‘‘ Bon d’accord... viens... mais tu resteras dehors... ‘‘

Bah oui... c’est ça.

‘‘ À l’intérieur..., je veux t’avoir en vue. Pas de possibilité de marchander. ‘‘

‘‘ Il aura peur que tu l’arrêtes... je veux qu’il reste honnête... ‘‘

Voilà qu’elle le défendait? Ah! Stark ne connaissait et ne connaîtrait jamais l’honnêteté. C’était un rat, un être dégoûtant qui avait abusé de la chair de sa chair. De sa progéniture. Il avait détruit Ellana autant sur le plan physique que psychologique. Le fait qu’elle désire le voir dépassait le Lieutenant; il ne comprenait pas. Et puis, comment pourrait-il comprendre alors qu’il n’avait jamais vécu ce qu’Ellana avait subit tout au long de son enfance ?

‘‘ Lui ? Honnête ? C’est la pire racaille que je n’ai jamais vue! Il va vouloir t’embobiner encore une fois, Ellana. ‘‘

‘‘ Je veux juste lui dire d’arrêter et de nous laisser tranquilles, toi et moi. Il va peut-être comprendre que c’est fini... Il continuera sa vie et moi la mienne... C’est tout de même mon père... Malgré tout... ‘‘

Elle et sa douce naïveté. Un jour cela la conduirait à sa perte...

‘‘ Il ne lâchera prise qu’une fois derrière les barreaux... Ton père t’a battue, séquestrée, tripotée, fait kidnappé par un mec qui t’a violé comme un sauvage et ensuite t’a laissé pour morte dans une ruelle. Quel père ferait ça à son enfant ? Il faut que tu ouvres les yeux, mon coeur... Il veut que tu souffres et que tu sois malheureuse. Pourquoi te laisserait-il tranquille alors que tu souris et lui non ? Tu es naïve et il le sait... ‘‘

‘‘ Nous faisons tous des erreurs a dit Dorguan... Il va peut-être s’en rendre compte... ''

D’un coup, Ellana semblait nerveuse, tendue. Kaëran s’approcha alors d’elle et posa ses mains sur ses joues délicatement, les caressant des pouces par la même occasion. Un faible sourire se dessina alors sur ses lèvres.

‘‘ Tu es trop gentille, Ellana. ‘‘ Murmura t-il. ‘‘ Il faut que tu apprennes à te méfier des gens de ce genre; les manipulateurs. Ton père ne se rendra jamais compte de ses erreurs. Quand tu étais sur ton lit de mort, est-il venu te tenir par la main pour te dire que tout irait bien ? Un vrai père l’aurait fait. Lui, il s’en moque... et ça ne me fait pas plaisir de te dire ça. Crois-moi. Mais tu dois aller de l’avant. J’en ai vu des gens de toute les couleurs et il est irrécupérable. Dangereux. ‘‘

‘‘ Je n’arrive pas à voir le mauvais chez les gens... ‘‘ Commença t-elle en posant ses mains sur les siennes. ‘‘ Allez viens, sinon je vais perdre mon courage... ‘‘

‘‘ Pourtant, un jour il le faudra. ‘‘ Souffla t-il pour lui-même.

Il fut alors entraîné par Ellana vers la place du marché où les attendait le pire cauchemar de la jeune femme: Stark le couturier.

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Dernière édition par Kaëran Eira le Jeu 28 Mar - 14:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Mar 26 Mar - 19:42

Ellana dormit bien malgré son idée folle. Blottie contre Kaëran, rien d'autre ne comptait que la respiration du jeune homme…jusqu'à ce que le soleil la réveille lentement, vite accompagné d'une musique pour le moins…catastrophique. En effet, Dorguan avait décidé de les réveiller en concert avec une casserole :

- Debout là-dedans! Le petit-déjeuner est servi!

Kaëran murmura quelque chose qu'Ellana ne comprit guère, étant occupée à bailler. Fallait dire aussi qu'elle aurait préféré rester au lit pour la journée…mais bon, il fallait se lever, aussi se résignèrent-ils et allèrent se laver et s'habiller, rejoignant Eiriel et Dorguan à l'étage du dessous pour manger avec entrain et satisfaire leur appétit vorace. Ellana n'écoutait que de moitié la conversation entre Dorguan et le Lieutenant ; elle n'arrêtait pas de chercher ce qu'elle dirait une fois devant son père. Déjà il fallait qu'elle s'éclipse sans inquiéter personne…

Bref, quoiqu'il en soit, elle suivit le mouvement lorsque tout le monde ce leva : direction la demeure Eira pour la remettre à jour. Dehors, le soleil brillait généreusement, et les gens commençaient à sortir de chez eux pour faire leurs achats du matin ou aller au travail. Arrivés devant la porte, Ellana comme Kaëran s'arrêtèrent. La jeune femme revoyait si bien la scène, trois mois auparavant…et puis la maison semblait leur crier quelque chose, leur lancer un regard inquisiteur, les accuser de l'avoir ainsi clouée et abandonnée à la poussière durant tous ces mois.

Dorguan les encouragea à avancer, et les hommes commencèrent bien vite à dégager les planches des issues à la force de leurs bras. Eiriel et Ellana attendaient de côté. Les femmes ne pouvaient rien faire pour l'heure, leurs tâches viendraient lorsqu'il faudrait faire le ménage à l'intérieur. Seulement, cela empêchait la jeune femme de partir rapidement. Elle ne voulait pas demander à quelqu'un de l'accompagner, pour la bonne raison qu'elle ne voulait pas leur faire perdre du temps. Donc, une demi-heure plus tard, elle saisit sa chance lorsque la paysanne s'éclipsa pour chercher de vieux chiffons à utiliser contre la poussière.

Elle commença donc à marcher lorsqu'une main lui saisit le poignet gauche ; Kaëran. Elle se tourna tandis qu'il demandait :

- Où vas-tu comme ça, mon ange ?

Oh non…qu'allait-elle dire ? Elle ne voulait pas l'inquiéter, et ne pas lui faire perdre de temps. Alors elle dit la première chose qui lui vint, et qui n'était d'ailleurs pas totalement faux :

- En ville...

Elle rajouta même qu'elle allait au marché pour qu'il ne pose pas trop de questions, seulement elle avait baissé les yeux, la trahissant immédiatement.

- Plus précisément ?

Euh…voyons…elle réfléchit à ce qu'elle avait vu au marché quand elle y était allée avec Kaëran…oui ! Les aliments !

- Acheter de quoi faire à manger pour ce soir...

Elle se mordit la lèvre en l'entendant soupirer. Ensuite, sa tête fût délicatement relevée par le Lieutenant qui lui dit, la regardant droit dans les yeux :

- Tu comptais payer avec quoi; de l’argent invisible ?

- Euh...

Oui "euh"…elle n'avait pas songé à ça ! Pouvait-elle dire qu'elle avait oublié et qu'il faisait bien de le lui rappeler ? Trop tard il poursuivit :

- Il y a des gens qui nous recherchent Ellana. Je ne répéterai pas une deuxième fois l’erreur de te laisser aller seule tant et aussi longtemps que la menace planera au dessus de ta tête...

Il n'avait pas tort…elle non plus ne voulait pas le perdre…c'était risqué…mais il y avait des gardes…Nolan ne pourrait guère entrer en ville si ? Elle soupira longuement, se résignant à parler.

- Je... vais chez mon père pour... lui parler et voir s’il ne veut pas baisser les armes... enfin... lui dire qu’il a perdu...

- Je viens avec toi... hors de question que tu restes seule avec lui.

Hein ?! Venir avec ? Mais il avait autre chose à faire !

- Mais... tu... as autre chose à faire... je ne veux pas te déranger...

- Et moi je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose...

Elle ne put s'empêcher de sourire. Il était si attentionné…mais le problème restait le même. Déjà, il ne devait sans doute pas comprendre pourquoi elle désirait y aller alors que son père constituait ses pires cauchemars, mêlé à Raven et Nolan. En fait, elle-même ne pourrait l'expliquer. Elle sentait qu'elle devait y aller. Pour…pouvoir avancer sans doute. Comme s'il la retenait encore captive…

- Je sais que tu ne le veux pas et moi non plus, mais il ne peut rien faire... Il n’a plus de gros bras... Je vais te faire perdre du temps...

- Le jour où tu me feras perdre mon temps, je n’aurai plus de dents

-Mais…

Autant essayer encore un peu non ?

- Continues comme ça et je te prive de dessert...

De dessert….lesquels ? (hem…XD) Elle réitéra son joli "mais!" et il poursuivit, en pire. Il la menaça d'aller dormir sur le canapé. Alors elle s'exclama :

- Non ! Bon d’accord...viens...mais tu resteras dehors...

Les négociations étaient serrées…et Kaëran allait gagner…

- À l’intérieur..., je veux t’avoir en vue. Pas de possibilité de marchander.

- Il aura peur que tu l’arrêtes... je veux qu’il reste honnête...

Honnête…dans le sens où il allait sans doute enjoliver les choses et se victimiser devant le Lieutenant pour paraître gentil…

- Lui ? Honnête ? C’est la pire racaille que je n’ai jamais vue! Il va vouloir t’embobiner encore une fois, Ellana.

L'embobiner ? Comment ça ?

- Je veux juste lui dire d’arrêter et de nous laisser tranquilles, toi et moi. Il va peut-être comprendre que c’est fini... Il continuera sa vie et moi la mienne... C’est tout de même mon père... Malgré tout...

Peut-être que ça marcherait…elle n'en savait rien…

- Il ne lâchera prise qu’une fois derrière les barreaux... Ton père t’a battue, séquestrée, tripotée, fait kidnappé par un mec qui t’a violé comme un sauvage et ensuite t’a laissé pour morte dans une ruelle. Quel père ferait ça à son enfant ? Il faut que tu ouvres les yeux, mon coeur... Il veut que tu souffres et que tu sois malheureuse. Pourquoi te laisserait-il tranquille alors que tu souris et lui non ? Tu es naïve et il le sait...

A chaque mot, les images avaient jaillies. Elle avait revu son passé et les derniers mois en une traite. D'un coup, la nervosité s'empara d'elle alors qu'elle disait :

- Nous faisons tous des erreurs a dit Dorguan... Il va peut-être s’en rendre compte...

Elle voulait y croire du moins…

Kaëran s'avança alors, posant ses mains sur ses joues, les caressant tendrement. Avec un petit sourire, il murmura :

- Tu es trop gentille, Ellana. Il faut que tu apprennes à te méfier des gens de ce genre; les manipulateurs. Ton père ne se rendra jamais compte de ses erreurs. Quand tu étais sur ton lit de mort, est-il venu te tenir par la main pour te dire que tout irait bien ? Un vrai père l’aurait fait. Lui, il s’en moque... et ça ne me fait pas plaisir de te dire ça. Crois-moi. Mais tu dois aller de l’avant. J’en ai vu des gens et il est irrécupérable. Dangereux.

Se méfier…mais comment savoir ? Comment savoir ce que cachait le sourire d'une personne ? S'il était vrai ou faux ? Devait-elle avoir peur de tout le monde comme à l'époque ? Ne pouvait-elle pas sourire à tout le monde sans avoir peur de se faire frapper ou pire ? Le monde était-il réellement comme ça partout ? Parce que…Orthank ne lui avait guère donné une image flatteuse du monde…
Et pour ce que ferait un vrai père…Kaëran devait avoir raison, puisqu'elle n'avait pas eu la meilleure image qui soit…

Posant ses mains sur celles de son homme, elle acheva :

- Je n’arrive pas à voir le mauvais chez les gens... Allez viens, sinon je vais perdre mon courage...

Elle prit sa main et l'entraîna avec elle. Il ne fallait pas qu'elle tourne les talons. Elle devait le faire. Traversant la foule, les étals, elle n'observa rien, se focalisant sur son objectif et la force qui émanait du Lieutenant pour ne pas tourner bride et courir à l'abri. La boutique fût bientôt en vue et c'est avec une grande inspiration qu'elle poussa la porte qui tinta pour annoncer un client.

Rien n'avait changé. Le comptoir, les mannequins d'exposition…le couloir menant à l'arrière boutique et donc la maison même…Son père apparut bien vite. En le voyant, elle tressaillit. Lui parut légèrement surpris.

-T'es encore en vie ?

Bien sûr, elle ne s'était guère attendue à un accueil digne de ce nom…

-Oui. Je suis en vie, et en pleine forme.

-J'constate. Et qu'est-ce tu fous ici ? C'est vous Lieutenant qui venez me la ramener ? Vous avez pigé qu'elle n'est qu'un déchet ?

Ellana inspira à nouveau, sentant Kaëran se tendre à ses côtés.
Elle ne l'entendit pas marmonner : -Le seul déchet en ces lieux, c'est toi…

-Non. Je…je…voudrais savoir…pourquoi ?

Là, Stark fût réellement choqué.

-Pourquoi ? POURQUOI ?! Mais t'es idiote ou quoi ? Tu as brisé ma vie ! Tu n'étais pas désirée ! Nous ne te voulions pas ! Et en plus d'arriver comme un cheveu sur la soupe tu tues ma femme ! Et tu oses demander pourquoi ?!

Chaque mot lui fît mal, mais elle ne montra rien. Du moins elle l'espérait.

-Mais…on aurait pu être une famille à nous deux…j'aurais pu…t'aider à surmonter…pourquoi tu ne m'as pas laissé ma chance ?

Stark s'avança lentement. Et Kaëran bougea aussi, le faisant s'arrêter. Stark savait pertinemment qu'il n'aurait aucune chance face au Lieutenant. Les muscles qui se dessinaient sur lui étaient suffisants, en plus de sa fonction.

-Tu n'as toujours pas compris hein…tu portes malheur. Comment comptes-tu donner de la joie à quelqu'un ? Lui ? Dit-il en montrant le Lieutenant de la tête tu as tué sa mère en arrivant chez lui…je ne sais d'ailleurs pas ce qu'il te trouve…

-Il…il m'aime lui. Pour de vrai. Comme tu as aimé maman.

Là il s'énerva un peu plus.

-NE L'APPELLE PAS MAMAN ! Tu ne la connais pas ! Et il ne t'aime pas ! Tu es bête comme tes pieds comment pourrait-il t'aimer "pour de vrai" ? Il te le dit parce que t'es bonne au lit c'est tout ! Le pire c'est que tu ressembles à ta mère…

Non…elle ne le croyait pas. Kaëran l'aimait vraiment. C'était tout. Elle se détacha de lui, et s'avança vers son père, tremblante.

-Papa…je ne te crois plus…Arrête…laisse-moi vivre en paix et poursuis ta vie de ton côté. N'est-ce pas mieux pour nous deux ?

Il releva la tête vers elle, et le regard qu'il lui lança lui glaça le sang. C'était le regard qu'elle connaissait, celui qui annonçait…

Il la gifla.

Si vite que personne ne put réagir. Si fort qu'elle manqua tomber, une main sur la joue. Stark s'était avancé vers elle, ne se souciant pas d'une guigne de Kaëran.

-Tu ne mérites ni le bonheur, ni l'amour, sale pute. Fille ou pas, je ne te ficherais pas la paix. Tu as détruis mon existence, je ne vois pas pourquoi je ne te revaudrais pas ça. Maintenant dégage. Il regarda ensuite Kaëran pour achever Je ne vois pas en quoi elle est si parfaite. Vous vous trompez tellement sur son compte…je n'ai guère peur de vous. Et vous ne pouvez pas m'arrêter pour une gifle. Déguerpissez. Vite !

Ellana, tremblante, se redressa et tourna les talons, ne demandant pas son reste. Kaëran la suivit rapidement. Dehors, elle se jeta contre lui. Elle avait mal à la joue…et en plus tout ça n'avait été qu'une perte de temps. Juste un couteau remué dans la plaie, ou une réouverture de cette même plaie…

-Pardon Kaëran. Je t'ai fait perdre ton temps et ça n'a servit à rien…je suis idiote… Murmura-t-elle contre son torse, retenant encore ses larmes.

Elle ne voulait pas pleurer, pas une nouvelle fois. Elle devait aller de l'avant, comme il avait dit. Et là, en retournant chez son père, elle avait non seulement reculé, mais aussi fait souffrir Kaëran. Son père l'avait lui aussi insulté…

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Jeu 28 Mar - 1:05


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Chapitre 4
L’Enquête, partie 1

◆ ◆ ◆



Calme, mais méfiant, Kaëran marchait aux côtés d’Ellana dont l’énergie semblait pour le moins troublée. Et avec raison. Il fallait s’en dire qu’affronter un père bourreau n’était pas chose de la vie courante. Il devinait cependant qu’elle devait se faire une foule de scénarios et tentait de deviner la tournure des évènements. Lorsqu’ils arrivèrent devant la boutique du couturier, ce fut une grande inspiration qui fut absorbée dans les poumons de la jeune femme avant que la porte du commerce ne s’ouvre. Depuis sa dernière visite, tout était sensiblement aux mêmes endroits. Il n’y avait que les mannequins se trouvant devant la vitrine qui avaient changé d’habits. La clochette tinta et sa musique percuta les murs jusqu’à l’arrière-boutique où une silhouette se dévoila. La lumière qui pénétrait les lieux ne tarda pas à montrer le visage de Stark. Ellana se tendit sur le coup. Son père lui, semblait étonné de la voir là. Était-ce du dégoût qu’il voyait briller dans ses yeux ?

‘‘ T’es encore en vie ? ‘‘

Ce fut les premières paroles qui sortirent de sa bouche. Cette chose était réellement le père d’Ellana ? Comment un parent pouvait-il se soucier aussi peu de l’être qu’il avait engendré ? Mais ces seules paroles trahissaient l’homme et Kaëran ne put qu’être très attentif à ce qui allait s’en suivre.

‘‘ Oui. Je suis en vie, et en pleine forme. ‘‘

‘‘ J’constate. Et qu’est-ce tu fous ici ? C’est vous Lieutenant qui vient me la ramener ? Vous avez pigé qu’elle n’est qu’un déchet ? ‘‘

La ramener ? Ça lui ferait certainement plaisir, mais non. Jamais il ne se résignerait à la laisser une seule minute en tête à tête avec son... père. Ses muscles se tendirent cependant. Sa mâchoire se crispa et ses mains se transformèrent pour ne former que des poings. Il s’imaginait déjà lui sauter dessus et lui massacrer la tronche pour lui faire regretter ses gestes passés et ses paroles actuelles, mais cela n’aggraverait que la situation.

‘‘ Le seul déchet en ces lieux, c’est toi… ‘‘ Siffla t-il alors entre ses dents.

‘‘ Non. Je…je…voudrais savoir…pourquoi ? ‘‘ Demanda alors Ellana, sans l’avoir entendu.

‘‘ Pourquoi ? POURQUOI ?! ‘‘ Hurla t-il, choqué. ‘‘ Mais t’es idiote ou quoi ? Tu as brisé ma vie ! Tu n’étais pas désirée ! Nous ne te voulions pas ! Et en plus d’arriver comme un cheveu sur la soupe, tu tues ma femme ! Et tu oses demander pourquoi ?! ‘‘

‘‘ Mais…on aurait pu être une famille à nous deux…j’aurais pu…t’aider à surmonter…pourquoi tu ne m’as pas laissé ma chance ? ‘‘

Suite aux dires de la jeune femme, Stark s’avança d’un pas lent. Le plancher de bois usé par les années craquait sous son poids alors que la distance entre lui et sa fille se réduisait. Il était trop près d’elle-même à dix mètres de distance. Et encore. Un lieu était trop pour le Lieutenant qui s’approcha à son tour histoire que le couturier stoppe son avancée. Au moins, il avait compris le message et s’était dissuadé lui-même de faire un seul pas de plus.

‘‘ Tu n’as toujours pas compris hein…tu portes malheur. Comment comptes-tu donner de la joie à quelqu’un ? Lui ? Tu as tué sa mère en arrivant chez lui…je ne sais d’ailleurs pas ce qu’il te trouve… ‘‘

Premièrement, Naël était malade depuis une longue année et il ne connaissait pas Ellana à cette époque. Il savait encore moins qu’elle existait ! Sa mère avait quitté le monde des mortels suite à sa maladie et rien de plus. Son état s’était empiré avec les jours et avait continué sa descente à l’arrivée de la jeune femme. Deuxièmement, Stark n’avait jamais apprécié sa fille. Voilà pourquoi il ne comprenait pas comment une personne pouvait s’attacher à elle. Tout ce qu’il désirait était de la voir souffrir parce que sa femme était morte en couche. Dernièrement, ce qu’il lui trouvait ? Et bien... tout ! Elle était belle, intelligente, curieuse et naturelle. C’était tout ce qui lui importait à vrai dire. Elle était elle. Tout simplement. Ellana n’était pas une de ces pimbêches qui lui tournaient autour pour le grade et le salaire. C’était une femme qui avait beaucoup à découvrir sur le monde et qui méritait qu’on s’occupe d’elle. Qu’on lui apprenne ce qu’est la vie. Son bon côté.

‘‘ Il…il m’aime lui. Pour de vrai. Comme tu as aimé maman. ‘‘

‘‘ NE L’APPELLE PAS MAMAN ! Tu ne la connais pas ! Et il ne t’aime pas ! Tu es bête comme tes pieds comment pourrait-il t’aimer «pour de vrai» ? Il te le dit parce que t’es bonne au lit c’est tout ! Le pire c’est que tu ressembles à ta mère… ‘‘

Kaëran avait envie de lui rire en pleine face. Comment pouvait-il le savoir ? Se rappelait-il seulement ce que c’était d’aimer quelqu’un ? Réellement ? Certainement pas. Il avait détruit une femme pendant vingt-deux années sans éprouver le moindre remords. Et puis... depuis combien de temps se connaissaient-ils, lui et Ellana ? Tout ce temps, ils n’avaient partagé leur couche qu'à l'occasion et uni leur corps qu’une seule fois. Cela datait de quelques jours, donc assez récent. Le Lieutenant ne l’aurait donc certainement pas gardé à ses côtés tout ce temps s’il n’avait s’agit que de plaisir charnel.

‘‘ Papa… je ne te crois plus… Arrête…laisse-moi vivre en paix et poursuis ta vie de ton côté. N’est-ce pas mieux pour nous deux ? ‘‘

Mais le regard que Stark lui lança voulait tout dire. Dans ses iris brillait cette lueur de vengeance et de haine pure. Sans que personne ne s’y en attende, une main se leva et s’abattit avec force contre la joue droite d’Ellana. Le bruit résonnait dans les oreilles de Kaëran; le couturier venait de la gifler?! La jeune femme avait légèrement reculé. Lui, était devenu blême en passant vers le rose puis le rouge. Le Lieutenant était dans une phase de colère pure et dure. Il devait se retenir de ne pas sauter à la gorge de ce salaud pour le bien de la cause. Prenant un des bras d’Ellana, Kaë la plaça légèrement derrière lui de manière à former un barrage entre ces deux parents. Stark prit alors la parole.

‘‘ Tu ne mérites ni le bonheur, ni l’amour, sale pute. Fille ou pas, je ne te ficherais pas la paix. Tu as détruit mon existence, je ne vois pas pourquoi je ne te revaudrais pas ça. Maintenant, dégage. ‘‘ Ses yeux se posèrent ensuite sur le soldat qui lui lança un regard noir. ‘‘ Je ne vois pas en quoi elle est si parfaite. Vous vous trompez tellement sur son compte…je n’ai guère peur de vous. Et vous ne pouvez pas m’arrêter pour une gifle. Déguerpissez. Vite ! ‘‘

Ellana ne se fit pas prier et quitta les lieux en toute hâte. Kaëran lui emboita le pas, mais avant de sortir, il lui cracha ces dernières paroles:

‘‘ Prépare-toi Stark, car bientôt tu chieras dans ton pantalon. Comptes sur moi... Tu ne t’en tireras pas avec ce que tu viens de dire. ‘‘

Un faible sourire arrogant se dessina sur les lèvres du Lieutenant qui referma la porte du commerce dans un claquement sonore. Des passants en sursautèrent même. C’est à ce moment qu’Ellana se retourna vers lui et se jeta dans ses bras. Kaëran l’entoura doucement et glissa une main derrière sa tête en sentant ses tremblements.

‘‘ Pardon Kaëran. Je t’ai fait perdre ton temps et ça n’a servi à rien… je suis idiote… ‘‘

Un soupire de découragement s’échappa de la bouche du soldat alors qu’il collait sa tête contre la sienne, fermant les yeux. Il y déposa un doux baiser puis lui murmura :

‘‘ Tu n’es pas idiote... Ellana. Je n’ai pas perdu de temps et tu vois... si je n’étais pas venu avec toi, il aurait certainement été plus loin que la gifle qu’il t’a assénée. Montre-moi... ‘‘

Son index se glissa sous le menton de la jeune femme. Le visage à découvert, Kaëran put parfaitement voir la rougeur qui teintait la peau de porcelaine de sa douce, mais aussi ces yeux brillants remplit d’une profonde tristesse. Du bout des doigts, l’homme effleura la peau meurtrie pour constater qu’elle était légèrement enflée.

‘‘ Rentrons. Eiriel s’occupera de ça avec ses remèdes de grand-mère pendant que je terminerai d’enlever les planches avec Dorguan. ‘‘ Dit-il en déposant un baiser sur son front, son nez puis ses lèvres. ‘‘ Et tu sais que je t’aime... Souviens-t’en. Sinon je te prive une deuxième fois de dessert. ‘‘

Ce fut suffisant pour faire réapparaître un semblant de sourire sur les lèvres de sa douce. Kaëran lui prit donc la main et ils s’en retournèrent à la maison d’un pas régulier, mais Eiriel paniqua rapido presto en voyant Ellana, ne manquant pas de lancer un regard réprobateur au jeune homme. Le Lieutenant ne fit que hausser les sourcils puis laissa Ellana à ses bons soins. Lui, retrouva Dorguan qui se trouvait sur le toit et aussitôt il se mit au travail. Le forgeron lui demanda inévitablement la cause de cette absence et Kaë lui dit tout, se frustrant de nouveau. Il arrachait les planches avec force et les lançait à bout de bras sur le côté de la demeure, se fracassant contre le sol dans un bruit sourd.

‘‘ Bon sang, le jeune ! Tu es rapide ! Quelle mouche t’a piquée ? ‘‘

‘‘ Une vache enragée! Même si ça ne pique pas. Cet enfoiré de fils de ... ‘‘

Et voilà, il ne fit que jurer pour lui-même jusqu’à ce que la maison se remette à respirer grâce à la lumière du jour. Les hommes purent enfin descendre pour se débarbouiller et rejoindre les femmes pour se désaltérer. Kaëran enlaça donc sa tendre moitié et lui embrassa le cou avant de se détacher.

‘‘ Je dois aller au palais prévenir mon supérieur ainsi que faire mon rapport. Ce ne sera pas long. Promis. Prenez soin d’elle jusqu’à mon retour. ‘‘

‘‘ N’aie pas peur ! Nous ne la mangerons pas...! ‘‘

Kaëran ricana puis se dirigea au palais. Le trajet dut lui prendre une bonne vingtaine de minutes et il fila directement dans le bureau de son chef pour s’entretenir avec lui. Son poing se heurta à quelques reprises sur le bois, jusqu’à ce qu’il entende une voix s’élever au-delà. Le Lieutenant entra et ne manqua pas d’entendre le soupire de soulagement de son supérieur.

‘‘ Par tous les dieux ! J’ai cru que vous n’arriveriez jamais, Eira. Que s’est-il donc passé ?! ‘‘

‘‘ Pardon pour ce retard, mais j’ai été... quelque peu retardé lors du voyage de retour. Quelques complications à vrai dire. ‘‘

‘‘ Vous entendez quoi par complications ? ‘‘

‘‘ Votre cheval est toujours à Orthank, car j’ai fait le reste du trajet à pied avec... ma petite amie. Question de sécurité... ‘‘ Mais le chef de l’armée ne semblait pas comprendre. Se massant la nuque d’embrassement, Kaëran continua. ‘‘ Je ne m’avancerai pas dans les détails, mais elle se trouvait là-bas, entre les mains d’un exploiteur de catins. On m’a prodigué des menaces de mort et on est à notre recherche. ‘‘

‘‘ Faut-il que j’y envoie des hommes ? Menacer un homme de loi, gradé qui plus est, n’est pas à prendre à la légère... Il faudra que nous discutions de tout ça avec un peu plus de détails.‘‘

‘‘ Pas pour le moment. Je dois me concentrer sur l’affaire Stark. Si je dispose d’assez de preuve pour le mettre derrière les barreaux, me laisseriez-vous l’amener devant le Grand Conseil pour qu’il soit jugé ? ‘‘

‘‘ Montez votre dossier et nous regarderons cela ensemble. Si votre compagne veut plaider, cela pourrait être d’une grande aide d’ailleurs. Étant donné qu’elle est la principale concernée. ‘‘

‘‘ Oui Chef. ‘‘

Le Lieutenant s’excusant donc puis disposa. Malheureusement, il ne put voir Ayden bien qu’il aurait voulu parler ne serait-ce que quelques minutes avec lui. Histoire de prendre des nouvelles. Mais bon. Au lieu de ça, Kaë emprunta son chemin initial et s’en retourna à la maison. Eiriel et Dorguan quittaient au moment où il entrait et ils se souhaitèrent la bonne soirée. Déjà, une odeur délicieuse flottait dans l’air; la paysanne n’avait pu se retenir de leur préparer à souper. Se dirigeant dans le salon, son regard se posa sur Ellana qui était assise sur le canapé à caresser la tête d’Hewie d’un geste machinal. Kaëran se glissa derrière elle, le dossier les séparant, et entoura délicatement son cou de ses bras. Il déposa ensuite ses lèvres sur la joue où elle avait reçu sa gifle.

‘‘ Je suis rentré... Viens, on va manger. Ensuite, je vais te chouchouter un peu. Comme je déteste te voir avec cet air abattu. ‘‘

Il alla jusqu’à prendre Ellana sous les bras pour la faire passer par-dessus le dossier du canapé et l’escorta jusqu’à sa chaise qu’il tira avant de la servir. La pauvre n’avait pas réellement faim et semblait encore perdue dans ses pensées. Lâchant ses ustensiles, le Lieutenant se leva, la prit dans ses bras et monta à l’étage. Direction : la salle de bain. Ellana semblait confuse, mais Kaë ne se contentait que de sourire malicieusement, muet comme une taupe. Il lui prépara un bon bain chaud et pendant ce temps, il la dévêtît tout tranquillement. Elle frissonnait et il le sentait à la poigne de ses mains contre sa chemise, Sauf qu’il refusa qu’on lui retire le moindre morceau, à la plus grande surprise de la jeune femme. Le corps frêle de celle-ci quitta de nouveau le sol pour se glisser dans l’eau mousseuse aux odeurs fruitées puis il mouilla sa chevelure, agenouillé en dehors.

‘‘ Détends-toi et fais le vide, mon ange. Ça finira par s’arranger. Et puis je serai toujours derrière toi pour te rattraper. ‘‘

Ses mains massèrent soigneusement le cuir chevelu de la couturière qui fermait les yeux d’aise, se laissant faire. S’abandonnant complètement. Il la lava aussi. Lentement. Elle fut ensuite enroulée dans une serviette puis séchée avant de se faire prendre comme un sac de patates sur l’une de ses épaules. Après ces petites douceurs, là il avait été un peu plus brusque. Cette fois, le soldat prit la direction de la chambre et allongea la jeune femme sur le ventre en plein milieu du lit pour ensuite s’assoir en califourchon sur ses jambes. Sans pour autant y mettre tout son poids hen. La serviette termina sa chute au sol et ses mains se posèrent dans son bas dos. Ses pouces suivirent la colonne vertébrale d'Ellana de toute sa longueur, appuyant avec une certaine fermeté jusqu’aux omoplates. Ses mains glissèrent ensuite jusqu'à ses épaules où il sentit ses muscles tendus.
Un bon massage n’allait certainement pas faire de tort après une journée difficile en émotion comme celle-ci.

De plus, l’anniversaire d’Ellana était dans environ deux semaines, d'après ce qu'il se souvenait, et il ne savait pas ce qui pourrait lui faire plaisir...

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Jeu 28 Mar - 19:42

Pourquoi avait-elle eu cette idée stupide ? Ca n'avait servi à rien ! Ah si. Raviver les plaies et entendre ce que l'on ne voulait pas réellement croire…
Elle sentit la tête du Lieutenant contre la sienne tout comme le baiser qu'il y déposa avant de dire :

- Tu n’es pas idiote... Ellana. Je n’ai pas perdu de temps et tu vois... si je n’étais pas venu avec toi, il aurait certainement été plus loin que la gifle qu’il t’a assénée. Montre-moi...

Plus loin ? Serait-il allé jusque…jusque l'acte qu'il s'était toujours refusé ? Une petite voix lui disait que oui…
Sa tête fût délicatement relevée par Kaëran qui examina sa joue. Elle voulut lui dire que c'était bon, ce n'était guère la première qu'elle recevait…même si celle-ci avait été particulièrement violente. Si forte que lorsqu'il effleura sa joue elle tressaillit. D'ailleurs, n'était-ce pas enflé ?

-Rentrons. Eiriel s’occupera de ça avec ses remèdes de grand-mère pendant que je terminerai d’enlever les planches avec Dorguan. Et tu sais que je t’aime... Souviens-t’en. Sinon je te prive une deuxième fois de dessert.

Il avait déposé un baiser sur son front, son nez puis ses lèvres en parlant et à la fin elle lui offrit un faible sourire. Non…elle ne voulait pas être privée de dessert…
Serrant la main de son homme dans la sienne, elle le suivit sur le trajet du retour, s'éloignant enfin de ce lieu maudit. En arrivant, Eiriel fît les gros yeux. Cela se voyait à ce point ? Mais elle n'était pas obligée de regarder Kaëran comme ça. Il n'avait rien fait !

Se séparant de lui, elle suivit la paysanne chez elle, dans la salle de bain. S'installant sur le petit tabouret, elle laissa Eiriel farfouiller sa commode pour trouver les onguents adéquats.

-Comment est-ce arrivé ? Ce n'est pas beau…

Eiriel semblait vraiment inquiète tout en s'agenouillant devant la jeune femme. Elle déposa une compresse sur sa joue, la faisant brûler. Ellana grimaça légèrement, sans plus.

-J'ai…voulut aller voir mon père…j'ai forcé Kaëran à me suivre, ne lui en voulez pas, il a déjà assez souffert…

Eiriel lui sourit un peu, appliquant une crème qui lui faisait du bien sur la joue.

-Bien sur que non nous ne lui en voulons pas. Ou plus. Et puis…pourquoi aller voir ton père ?

-Je voulais…voir s'il voulait arrêter tout ça et nous laisser tranquille…

Ellana baissa la tête, Eiriel se relevant en soupirant.

-Tu sais…il y a des gens que l'on ne peut récupérer. Ceux-là, il vaut mieux les laisser en arrière pour ne pas entraver notre propre route. C'est…difficile à avaler en vue du lien de parenté, mais ton père en fait partie, Ellana. Tu ne peux plus le changer…

-C'est moi qui l'ai fait devenir ainsi… Murmura-t-elle en ce levant.

Elle descendit, ne laissant pas à Eiriel le temps de répondre. Elle sortit, traversa rapidement la rue, et s'engouffra dans la maison. Ellana se coinça dans un coin et commença à faire le ménage. Tout faire briller pour y vivre.

Elle agissait machinalement, perdue dans ses pensées. Elle venait aussi de prendre conscience de ça. Son père n'avait pas toujours été tel qu'il était actuellement. C'était son arrivée qui l'avait métamorphosé.

Rageuse de moitié, elle se concentra sur sa tâche…
Elle avait finit le salon et avait préparé avec Eiriel de quoi boire. Ca tombait bien parce que les hommes redescendaient, essoufflés mais contents d'avoir finit. Eiriel l'avait rejointe, mais n'avait plus rien dit, et c'était mieux ainsi.

Elle sentit donc les bras de son homme se coincer sur sa taille pour la serrer contre lui, recevant par la même occasion un doux baiser dans le cou. Elle sourit de moitié et l'écouta :

- Je dois aller au palais prévenir mon supérieur ainsi que faire mon rapport. Ce ne sera pas long. Promis. Prenez soin d’elle jusqu’à mon retour.

Eiriel lui assura qu'ils le feraient, et elle le regarda s'éloigner à l'extérieur, se faisant vite avaler. A trois, ils terminèrent de nettoyer la cuisine, salle de bains et chambre. Les pièces à vivre en fait. Le peu qu'il restait serait fait le lendemain.

Ellana fût même ravie de retrouver Hewie ! Le chat vint timidement, ne la reconnaissant pas vraiment, jusqu'à ce qu'il l'ait reniflée. Là il s'était remis à ronronner et à se frotter contre ses jambes et elle ne put s'empêcher de le prendre dans ses bras et de le caresser. Il lui avait manqué aussi il fallait dire…

Elle le lâcha juste un peu pour aider Eiriel à cuisiner. En effet celle-ci avait insisté pour leur faire leur repas et Ellana avait donc baissé les armes, se contentant de l'aider. Mais l'odeur l'insupportait…enfin…l'odeur était délicieuse mais la jeune femme avait l'estomac noué.

Alors elle fût chassée par Eiriel et elle s'installa au salon, Hewie dans les bras, le caressant sans s'en rendre compte. En fait, elle était perdue dans ses sombres pensées. Même si elle voulait se redresser, ne pas redevenir un poids, avancer, elle n'arrivait pas à chasser le regard de son père de sa tête. Et puis, entendre clairement qu'elle n'avait pas été voulue était difficile à digérer. Bien sûr elle s'en était un peu douté, surtout en comprenant que tous les enfants n'étaient guère désirés, mais de là à ce le faire dire à haute voix…

Elle avait transformé son père en cette personne…cruelle. Alors qu'elle était sûre qu'avant il était gentil et doux. Et maintenant, il allait sans doute payer alors qu'il n'avait jamais demandé à l'avoir, elle.

Et puis...il lui avait assuré qu'il ne la lâcherait pas. Qui sait ce qu'il allait mijoter ? Ce qu'il allait manigancer pour l'avoir ? En plus maintenant il n'y avait pas qu'elle, mais aussi Eiriel, Dorguan et Kaëran. Il pouvait leur faire du mal pour l'atteindre...il en était capable et elle ne le voulait pas...

Elle soupira, n'entendant pas la porte se refermer ni Kaëran approcher. Elle sursauta donc faiblement lorsque ces bras entourèrent son cou, et sourit légèrement en frissonnant quand il embrassa sa joue légèrement tuméfiée.

-Je suis rentré... Viens, on va manger. Ensuite, je vais te chouchouter un peu. Comme je déteste te voir avec cet air abattu.

Son air abattu elle voulait l'enlever mais n'y arrivait pas encore. Il fallait qu'elle soit forte, une fois de plus, et c'était tout. Seulement, elle ne put répondre que des mains se glissèrent sous ses bras et la soulevèrent, la tirant vers l'arrière pour la faire passer au-dessus du canapé. Surprise, elle s'aida de ses jambes, et le suivit jusqu'à la cuisine, s'installant sur la chaise qu'il lui tira. Il la servit et elle le remercia seulement…l'appétit n'était pas au rendez-vous. Elle mangea un peu, mais son estomac ne voulait pas…ses pensées ce bousculaient tellement en elle…

Alors, quand Kaëran se leva, elle eut peur qu'elle lui ait coupé l'appétit aussi, mais il la prit dans ses bras et l'emmena à l'étage. Pourquoi ? Elle le regarda alors qu'il se dirigeait vers la pièce d'eau, l'interrogeant du regard. Mais il ne lui répondit que par un sourire malicieux.

Dans la pièce, il la reposa, et alla faire couler un bain. Et pendant que l'eau remplissait la cuve, il la déshabilla. Lentement et langoureusement. Elle se laissait faire, ne pouvant empêcher les frissons de l'envahir. Pour se contenir, elle serrait la chemise du jeune homme. Et dès qu'elle voulait la lui enlever, il l'en empêchait. Cela la perturbait. Pourquoi ne voulait-il pas qu'elle le fasse frissonner? Ne voulait-il pas se baigner avec elle ?

Apparemment non parce qu'il l'aida à se glisser dans l'eau chaude et mousseuse, restant en-dehors et lui mouillant les cheveux. Ellana l'avouait, l'eau lui faisait du bien.

- Détends-toi et fais le vide, mon ange. Ça finira par s’arranger. Et puis je serai toujours derrière toi pour te rattraper.

Elle le savait qu'il serait toujours là. Elle aussi serait toujours là pour lui. C'était ce qui faisait la force de leur amour…
Elle ferma les yeux, soupirant d'aise quand il commença à lui masser la tête. Son corps se détendit lentement sous ses doigts de fées, et les pensées sombres qui l'attaquaient s'éclipsèrent pour ne laisser que le bonheur dominer. Le bonheur d'être avec celui qu'elle aimait, le bonheur d'être ainsi chouchoutée comme il disait. Et il alla plus loin, la lavant complètement avec lenteur. Mais quel délice ! Elle avait tant de chance de l'avoir…

Lorsqu'il eut finit, il la sécha et l'enroula dans la serviette pour la soulever soudainement. Pliée sur son épaule, elle se laissa transporter jusque…la chambre.

Avait-elle droit…à son dessert ?

Il l'allongea sur le ventre au milieu du lit. Elle ne bougea pas, ce demandant ce qu'il voulait tester comme expérience et écarquilla les yeux quand elle le sentit s'asseoir sur ses jambes. Pas fortement mais elle le sentit. Il était assis sur ses jambes…habillé. Bizarre…la couverture termina vite au sol tandis que les mains du Lieutenant se posaient à plat sur le bas de son dos. Automatiquement, elle frissonna, mais ce fût encore pire ensuite.

Kaëran entreprit de longer sa colonne vertébrale, appuyant avec ses doigts dessus. En plus des frissons, une sensation de bien-être l'envahissait progressivement. Elle serrait les draps au fur et à mesure qu'il remontait, finissant sur ses omoplates. Là il dévia sur ses épaules, recommençant le massage. Sous ses doigts, elle fût surprise de sentir les muscles tendus.

Mais qu'est-ce qu'elle aimait ! Elle n'avait jamais connu ça auparavant et…c'était un pur délice. Ils restaient silencieux, savourant juste et laissant la paix les habiter. Il était si délicat, si tendre, qu'au bout d'un moment elle ferma les yeux en gémissant d'aise.

-Merci…Kaëran…tes mains sont formidables…tu es formidable… Murmura-t-elle.

Une dizaine de minutes après, il se stoppa et elle se tourna sur le dos, le Lieutenant toujours sur ses jambes. Elle le laissait regarder son corps sans retenue. Et malgré son envie et ses frissons, elle ne ferait rien. Parce que…sinon elle se sentirait mal. Les remords reviendraient et elle aurait à nouveau l'impression d'être une putain alors qu'elle travaillait pour supprimer ça tout comme elle voulait supprimer son père de sa tête.

Alors c'est pour ça qu'elle laisserait Kaëran faire. Il savait qu'il avait le droit de tout sur elle…Il se pencha sur elle et elle frissonna quand il embrassa ses seins, seulement il n'alla pas plus loin. Après un dernier baiser, il se releva, et elle entendit rapidement l'eau de la douche couler. Se redressant, elle prépara le lit et se coucha sous les draps, déjà bien plus détendue. Passant une main sur sa joue, elle constata que ce n'était plus trop enflé et que ça faisait moins mal.

Elle n'eut pas à attendre longtemps qu'il la rejoigne, les cheveux encore un peu mouillés. Dès qu'il fût couché, elle se colla à lui, s'en fichant pas mal d'être nue. L'embrassant tendrement, elle murmura :

-Bonne nuit mon cœur…merci encore…

Tête contre son torse, elle s'endormit lentement, son père loin dans son esprit.

Au matin, elle se réveilla la première et se décolla de Kaëran qui dormait, comme un bébé. Si beau…elle se leva en silence et alla se laver et s'habiller, coiffant convenablement ses cheveux qu'elle attacha en queue de cheval. Ca au moins elle avait appris à le faire chez les putains…Eiriel n'avait plus qu'à lui apprendre à les tresser.

Descendant en silence, elle décida de préparer le petit déjeuner. Enfermée dans la cuisine, elle prépara la table pendant que tout chauffait, et tartina même le pain, l'installant convenablement. Elle sortit même dans le jardin arrière avec Hewie qui l'avait rejointe. Sauf que…elle se figea en voyant la serre.

Les images défilèrent rapidement et elle fît demi-tour, se collant contre le mur et calmant son cœur. Elle respira profondément. Elle devait le faire. Pour finir la table elle devait sortir. Inspirant donc, elle retenta. Elle avança prudemment, se tournant tout le temps et regardant partout. Même Hewie restait à ses pieds. Elle revoyait le panier tomber, revoyait tout si nettement…

Ellana se hâta donc, et cueillit quelques fleurs avant de se précipiter à l'intérieur. Un jour…un jour elle arriverait à sortir seule sans avoir peur…

Coupant les fanes, elle mit le bouquet dans un vase, aimant sentir leur parfum. Elle venait donc de tout finir quand Kaëran arriva, encore à moitié endormit.

Recevant son baiser, elle lui dit :

-Bonjour toi…j'espère que ce n'est pas à cause de moi que tu t'es réveillé…

Elle lui sourit, lui montrant qu'elle y arriverait. Parce qu'elle serait toujours là pour lui.

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Sam 30 Mar - 0:31


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Chapitre 4
L’Enquête, partie 2

◆ ◆ ◆



Ses mains redescendaient lentement vers la base du dos d’Ellana, répétant ses mouvements. La peau de la jeune femme était secouée de chair de poule certainement due aux frissons qui lui traversait le corps. Il fallait s’en dire qu’un bon massage après une journée riche en émotions, comme celle que venait de traverser la couturière, ne pouvait que faire du bien. Déjà, sous ses doigts, les muscles d’Ellana se détendaient et se laissèrent porter .

‘‘ Merci… Kaëran… tes mains sont formidables… tu es formidable… ‘‘ Murmura-t-elle.

Le concerné eut un sourire en coin et continua son travail en remontant jusqu’aux épaules de sa douce. Il se pencha même pour déposer un baiser sur sa tête où se dégageait une odeur délicieusement alléchante.

‘‘ Qu’est-ce que je ne ferais pas pour toi? ‘‘ Répondit-il sur un ton suave.

Il la sentit de nouveau frissonner alors qu’il se redressait pour continuer le massage. Cela dura encore une bonne dizaine de minutes avant que Kaëran ne s’arrête, mais comme il s’apprêtait à se retirer des jambes d’Ellana, il y eut du mouvement sous lui; elle se retournait pour lui faire face. Par la fenêtre, les rayons de la lune traversaient la pièce pour s’abattre avec délicatesse sur le corps nu de la jeune femme. Les jeux d’ombre et de lumière contre sa peau lui donnaient un charme mystérieux, envoutant. Et que dire de cette lueur qui brillait dans son regard unique ? Celle qui s’enflammait à chaque fois que leur regard se croisait. Les yeux du jeune homme ne purent qu’admirer cette beauté afin d’y graver ces souvenirs au fond de son esprit. Ses mains chaudes se posèrent sur les hanches d’Ellana et alors qu’il se penchait lentement vers elle, celles-ci glissèrent sur sa taille en traçant ses magnifiques courbes. Ses lèvres se posèrent sur ses seins avec une extrême délicatesse et continuèrent leur ascension jusqu’à ce qu’elles se collent à celle de sa douce.

‘‘ Mais je t’ai dit que tu étais privé de dessert. Tu devras patienter, mon ange. ‘‘

Le Lieutenant lui offrit un sourire en coin charmeur et vola un dernier et tendre baiser à sa protégée avant de l’abandonner dans la chambre. Qu’il ne le veuille ou non, il devait lui aussi se laver, surtout après avoir travaillé sur la maison avec Dorguan. Son corps se laissa caresser par l’eau qui s’y déposait alors que son esprit tentait déjà d’assembler les preuves qui pourraient être utiles contre Stark. D’ici quelques jours, il commencerait à tout amasser et le mènerait devant la justice. C’était trop dangereux pour Ellana de savoir que cet homme, qui lui voulait du mal, était en liberté. Il pouvait lui gâcher la vie n’importe quand maintenant qu’il savait qu’elle était bel et bien en vie. Ne voulant pas trop tarder, Kaëran se sécha et enfila un pantalon de nuit, se permettant ainsi de rejoindre sa chambre. Il trouva le chemin du lit comme un grand, se faufila sous les couvertures et s’installa sur le dos. Ellana se colla alors contre lui, peau contre peau, laissant un de ses bras s’enrouler autour de sa taille. Leurs lèvres se retrouvèrent enfin...

‘‘ Bonne nuit mon cœur… merci encore… ‘‘

‘‘ Bonne nuit, charmante demoiselle... ‘‘ Mumura t-il.

La tête d’Ellana s’appuya contre son torse, ses longs cheveux noirs s’étendant légèrement sur sa peau. Le Lieutenant souriait légèrement, une main caressant la peau de sa douce qui sombrait lentement, mais surement, vers un sommeil profond et réparateur. Il s’endormit peu de temps après elle, l’emprisonnant dans ses bras.

Au petit matin, ce fut le vide à ses côtés qui réveilla Kaëran. Ses yeux s’ouvrirent lentement. Ses sourcils se froncèrent graduellement alors que l’homme se redressait sur les coudes pour scruter la pièce. Bayant aux corneilles, il se contenta de se tirer hors du lit; Ellana devait être descendu. Ne se pressant donc pas, le propriétaire des lieux se débarbouilla et descendit après avoir enfilé un pantalon propre. Au diable la chemise pour l’heure. Il était quand même chez lui et n’avait rien à cacher.
Lorsqu’il arriva en bas, une délicieuse odeur vint lui titiller les narines. Mais ce ne fut pas assez pour le réveiller. Les cheveux en éternelle bataille sur sa tête, les yeux mi-ouverts, Kaëran s’approcha d’Ellana et l’enlaça, réclamant son baiser matinal.

‘‘ Bonjour toi… j’espère que ce n’est pas à cause de moi que tu t’es réveillé… ‘‘

Kaëran secoua la tête négativement et lui fit un petit sourire avant d’enfouir son visage dans son cou et la bombarder de baisers.

‘‘ Non, seulement il faisait froid... ‘‘

Ses mains se posèrent dans le bas de son dos, se faufilant même sous le chemisier que portait la jeune femme. Pourquoi faisait-il ça ? Seulement pour s’amuser un petit peu et la faire sourire. La journée ne pouvait bien commencer qu’avec ça. Le Lieutenant colla donc Ellana contre lui, mais vraiment, et ne voulut plus s’en détacher même s’il fallait qu’ils mangent.

‘‘ Ça me fait penser qu’il faut que j’aille faire quelques courses. Nous pourrions nous balader par la même occasion. ‘‘

Ellana semblait d’accord, puis ils se détachèrent lentement avant de s’installer à table pour remplir leur estomac qui criait famine. Kaëran en profita pour la remercier de s’être donné la peine de tout préparer puis il fila à l’étage enfiler une chemise. Descendant, l’escalier, Kaëran roula ses manches jusqu’aux coudes puis ils quittèrent la demeure.

Dehors, le soleil brillait et la journée s’annonçait déjà passablement chaude. Étant chaleureux par nature, le Lieutenant était à l’aise malgré cette fraîcheur matinale. Leurs pas les guidèrent jusqu’à la place du marché où ils se faufilaient dans toute cette foule. Kaëran ne lâcha aucunement la main d’Ellana, resserrant même son étreinte autour de celle-ci alors qu’ils s’arrêtaient devant l’étal du marchand de légumes. Pendant qu’il marchandait, la jeune femme regardait autour d’elle avec curiosité. Lorsqu’il se retourna, il ne manqua pas de remarquer que son regard était figé sur des bijoux brillant de mille feux sous les rayons du soleil. Ils s’approchèrent donc, saluant le marchand qui tentait déjà de leur vendre de la camelote. Les yeux d’Ellana étaient fous, ne savaient où s’arrêter, jusqu’à ce qu’ils se stoppent sur un bracelet assez simple où se trouvaient une breloque en forme de plume et une autre de coeur. Cependant, ils durent quitter pour la boucherie histoire de ne pas trimbaler leurs courses trop longtemps. Kaëran avait maintenant son idée de présent d’anniversaire et devrait revenir une fois seul.

En après-midi, une fois qu’ils eurent grignoté un petit quelque chose, le jeune couple se lança dans ce qui leur restait de ménage. Quelques heures plus tard, la maison était propre et l’air printanier s’engouffrait à l’intérieur. Fiers de leur travail, Kaë et Ellana s’installèrent sur le canapé pour décompresser. Assis derrière la jeune femme, ses bras autour de ses épaules, le Lieutenant s’enivrait de son odeur, de sa chaleur et surtout, de sa présence.
Cependant, il devait s’entretenir avec elle d’une chose capitale; Stark.

‘‘ Ellana... ce n’est peut-être pas le bon moment pour te parler de ça, mais... ‘‘ Il se tut, inspirant profondément. ‘‘ Concernant ton père, je ne peux me permettre d’oublier ce qu’il t’a dit et fait hier... il s’est trahi lui-même en ce qui concerne ton enlèvement. Mais je ne veux rien faire sans ton accord. Il doit être jugé par le Grand Conseil pour ses actes. ‘‘

Ellana se redressa légèrement puis colla sa poitrine contre son torse. La mine inquiète, elle demanda alors :

‘‘ Jugé... et tué ? ‘‘

Soupirant, Kaëran posa ses mains sur les hanches de sa douce et plongea son regard dans le sien, désolé.

‘‘ Il a de fortes chances qu’il soit condamné à mort, mais ta parole primera d’abord. Le choix te reviendra. Pour ça, tu devras parler en tant que victime principale. Les mots sur ses agissements devront venir de ta bouche. ‘‘ Dit-il en caressant ses lèvres du pouce droit. ‘‘ Je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose de nouveau et je ne veux pas aller non plus contre ta volonté. Je respecterai ton choix, quel qu’il soit. ‘‘

Il y eut un instant de silence où Ellana semblait réfléchir.

‘‘ Kaëran... j’ai tué ma mère, je ne peux pas condamner aussi mon père... mais... il doit... il doit répondre de ses actes tout de même... et... je n’arriverais pas à parler de...ça devant des inconnus... moi non plus je ne veux pas qu’il retente quelque chose... ‘‘

‘‘ Tu n’as pas tué ta mère, Ellana. ‘‘ Dit-il en lui prenant son visage à deux mains. ‘‘ De nombreuses femmes meurent en mettant leur enfant au monde. Tu n’es pas la première et ni la dernière qui n’a connu ou ne connaîtra sa mère. La vie est faite comme ça et ce sont des choses qui peuvent arriver à n’importe qui. Or, je sais que ton père ne te laissera jamais tranquille... ‘‘

Elle acquiesça et murmura :

‘‘ La ville perdra son meilleur tailleur si je parle... ‘‘

Le Lieutenant fronça les sourcils, quelque peu choqué d’entendre qu’elle prenait la défense d’un père qui l’avait tué de l’intérieur et de l’extérieur.

‘‘ Souhaites-tu qu’il te refasse vivre ton passé ? On s’en fou si la ville perd son tailleur. C’est ton bien-être qui prime d’abord et avant tout. Et puis, il me semble que toi aussi tu as ce don... la robe que tu as confectionnée pour ma mère en ait la preuve. Ellana... ‘‘

‘‘ La robe, ce n’était rien... mon père fait mieux. Mais... tu as raison... je dois... je dois le faire hein... alors, je le ferais... ‘‘

‘‘ Je ne te forcerai pas, mais je ne peux pas le laisser libre comme l’air en sachant qu’il reviendra à l’attaque. Bref..., je commencerai à monter un dossier dans les jours qui suivront et nous verront. Et puis, si tu n’es pas capable de parler, tu peux toujours écrire, sous supervision. Ce sera plus facile pour toi. ‘‘

‘‘ C’est mieux, d’écrire...je sens que je n’arriverai pas à parler de ce genre de chose, surtout s’il est en face de moi... ‘‘

Le Lieutenant garda le silence un long moment, caressant les bras d’Ellana de gestes lents. Il se sentait affreusement mal de devoir lui imposer un tel choix, mais c’était son travail d’un autre côté. Jamais il ne pourrait se contenter de se cacher la tête dans le sable et faire comme s’il n’avait rien vu ni entendu.

‘‘ Tu sais que je t’aime... ? ‘‘

‘‘ Et toi tu sais que je t’aime encore plus ? ‘‘ Dit-elle en souriant.

‘‘ Je doute que tu m’aimes plus que je t’aime, Ellana Stark. ‘‘ Souffla t-il d’un ton enjôleur.

‘‘ Ah bon ? Et qu’est-ce qui le prouve ? ‘‘ Rétorqua Ellana avec un air de défi.

Comme ça, elle le cherchait ? Alors, elle le trouverait à coup sûr et finirait par le regretter amèrement. Les mains de Kaëran se posèrent sur les cuisses de sa douce et remontèrent jusqu’à ses hanches où elles glissèrent lentement sous son chemisier. Il caressa son dos, son ventre, remontant toujours un peu plus. Son visage s’approcha de celui d’Ellana, posant ses lèvres sur les siennes dans un faible sourire en coin. Il marqua sa mâchoire de baisers et mordilla son lobe d’oreille gauche délicatement.

‘‘ Tu ne voudrais pas le savoir. J’en suis certain. ‘‘ Susura t-il à son oreille.

Mais la coquine semblait se prendre au jeu et lorsqu’il croisa son regard, elle fit mine d’avoir peur. C’était son sourire qui la trahissait à vrai dire. Sauf qu’il allait la faire considérablement languir. Ce fut à ce moment qu’un sourire mesquin se dessina sur les lèvres du soldat. Ses mains se retirèrent de la taille de la couturière pour se poser sur son cou alors que ses lèvres se plaquaient de nouveau contre celles de sa tendre moitié. Les mains frêles de la jeune femme se mirent à déboutonner sa chemise d’un geste plutôt pressé, allant jusqu’à tirer sur les pans d’un coup sec. Hewie ne perdit pas de temps pour donner des coups de patte sur les boutons qui se retrouvèrent au sol.

‘‘ Dis donc, elle est pressée la jeune demoiselle. ‘‘

Oh oui elle était pressée et fébrile, mais il avait la ferme attention de la faire attendre jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus; la torture ne faisait que commencer. Alors avec une extrême lenteur, les mains du jeune homme retrouvèrent le pantalon d’Ellana qu’il détacha pour le laisser ensuite glisser contre sa peau. Leurs bouches ne se détachèrent plus à partir de cet instant et Kaëran prit les cuisses d'Ellana, se redressa et contourna tant bien que mal le canapé. Cherchant l’escalier, il écrasa Ellana contre un mur sans le vouloir et ils ne purent que ricaner légèrement. L’ascension de l’escalier ne fut pas une partie de plaisir puisque la couturière menait la vie dure à son homme en lui enlevant brusquement sa chemise qui tomba dans les marches. Ils traçaient leur chemin. Une fois en haut, ce fut le même scénario; le dos d’Ellana se heurtait au mur alors que Kaëran cherchait la chambre à tâtons pour s’y glisser. Le Lieutenant grimpa sur le matelas à genoux et coucha sa protégée sur le matelas, glissant ses lèvres dans son cou et délaissant ses cuisses pour se poser sur l’encolure de son chemisier. Lentement, lui faisant un sourire charmeur et malicieux à la fois, Kaëran détacha chacun des boutons lentement. Très lentement. À chaque fois, sa bouche se posait sur les parcelles de sa peau qui se dévoilaient jusqu’à ce que le vêtement s’ouvre entièrement.

‘‘ Alors, recrue ? On regrette d’avoir cherché le monstre ? ‘‘

Elle frémissait de plaisir, fermant les yeux d’aise en sentant les mains de son homme qui parcourait son corps. Elles effleuraient à peine la peau de sa poitrine. Et il continua ainsi un long moment encore, jusqu’à ce qu’ils se retrouvent l’un et l’autre dans leur plus simple appareil. Mais l’homme ne put tenir plus longtemps sous les caresses de sa douce qui gémissait légèrement, de plus en plus impatiente. Lui comme elle n’en pouvait plus de ce doux supplice et il se glissa en elle. Un son mielleux et mélodieux s'échappa de la bouche d’Ellana à ce moment. Ses mains se glissaient au bas de son dos, ses ongles s’enfonçant légèrement dans sa peau alors que le bassin de son homme effectuait ses mouvements, lents et langoureux au départ, rapides et fougueux avec le temps. Le corps de la jeune femme se cambrait, sa tête se jetait vers l’arrière, de faibles gémissements emplissaient la pièce; ils étaient lancés.
Ils se bousculèrent de temps à autre. Ellana prenant les rênes à un moment, lui à un autre et il fallait se l’avouer, le plaisir montait toujours d’un cran.
La jeune femme l’avait poussé à bout en lui claquant le fessier à quelques reprises afin qu'il aille plus rapidement. Leur voix résonna à l’unisson lorsqu’ils eurent atteint le summum de leur ébat et il garda la couturière contre lui, l’embrassant doucement avant de s’affaler à ses côtés, le souffle court. Kaëran se tourna alors vers elle, caressant ses lèvres du pouce en lui souriant.

‘‘ Tu me crois maintenant ? ‘‘ Lui murmura-t-il enfin.

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Dernière édition par Kaëran Eira le Lun 1 Avr - 0:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Sam 30 Mar - 11:04

Kaëran secoua négativement la tête en la collant contre lui et plongeant sa tête dans son cou pour lui donner quelques baisers, la faisant frissonner.

- Non, seulement il faisait froid...

Ellana souriait, frissonnant lorsqu'il glissa ses mains sous son haut, caressant son dos et la collant encore plus à lui. Elle sentait chaque muscle de son torse encore nu sur elle et…elle adorait ça…La journée s'annonçait déjà sous les meilleurs hospices…

- Ça me fait penser qu’il faut que j’aille faire quelques courses. Nous pourrions nous balader par la même occasion.

Ce n'était pas une mauvaise idée. Les placards étaient vides et puis, se détendre ne pourrait leur faire que du bien. Ellana avait réussi à rejeter son père dans son esprit, et seule la petite rougeur sur sa joue en témoignait encore. Mais cela partirait très vite.
Se détachant presque à regret, ils mangèrent tranquillement, Kaëran la remerciant d'avoir tout préparé. Elle sourit, ravie que ça lui plaise. C'était souvent ce genre de petites attentions qui plaisaient le plus…

Lorsqu'ils eurent finit, elle le laissa remonter pour se vêtir entièrement et débarrassa pendant ce temps. Quand il revint, manches roulées jusqu'aux coudes, elle le suivit et ils sortirent. Malgré le soleil qui annonçait une agréable journée de printemps, le fond de l'air était quelque peu frais encore, et Ellana, d'un naturel frileux, frissonna légèrement en prenant la main de Kaëran. Ni lui ni elle ne souhaitait être séparés. Qui sait ce qui pouvait arriver…avec Nolan qui les poursuivait peut-être encore et surtout son père.

Ils se dirigèrent donc vers la place du marché, la foule grandissant à chaque mètre. Malgré le temps, elle avait toujours un peu d'appréhension lorsqu'elle voyait tant de monde rassemblé en un point unique. Se frayer un chemin ne fût guère aisé, et Kaëran serrait sa main assez fort pour qu'elle ne le lâche pas. Quand il se stoppa devant l'étal de légumes, elle lui indiqua ce qui pourrait constituer leurs repas, et le laissa marchander. A part savoir que la monnaie ce nommait Dari, elle ne savait toujours pas comment ça fonctionnait…

Alors elle en profita pour admirer le marché qui lui avait aussi manqué. Les odeurs, les cris des marchands hélant les clients en faisant la promotion de leurs produits…Produits qui étaient magnifiques, surtout…l'étal à côté des légumes. C'était joli…ça brillait, et il y en avait de toutes les formes. Petites, rondes, longues, courtes…elle ne savait pas trop ce que c'était en fait, mais en avait déjà vu sur les femmes.

Donc, dès qu'elle le put, elle entraîna Kaëran devant le stand. Elle voulait juste voir ces choses de plus près pour assouvir sa curiosité. Elle n'écouta pas les dires du marchand qui voulait refiler n'importe quoi, et observa chaque produit attentivement. Elle ne savait pas quoi regarder ! Alors ses yeux passaient de l'un à l'autre à la vitesse de l'éclair, de peur que l'un s'envole.

Et ce jusqu'à ce qu'elle tombe…sur cet objet. Une chaîne, ou il y avait accroché une plume et un cœur. C'était sans conteste le plus joli qu'elle ait vu. En plus, la plume signifiait la liberté, et le cœur l'amour. Ce qu'elle était à présent. De plus en plus libre et éperdument amoureuse…

A contrecœur et pour ne pas ennuyer plus longtemps Kaëran, elle le suivit jusqu'à la boucherie ou ils dirent le plein en viande avant de retourner à la maison et de tout ranger.
Ils mangèrent rapidement, ayant encore pas mal de travail qui les attendait. Et cela leur prit la moitié de l'après-midi. Mais ils étaient fiers, parce qu'à présent, la maison sentait bon dans ses moindres recoins et la poussière n'était plus qu'un mauvais souvenir. Assis dans le canapé, Ellana contre Kaëran qui l'entourait de ses bras, ils prenaient une pause bien méritée, Hewie couché près de la cheminée à ronronner.

- Ellana... ce n’est peut-être pas le bon moment pour te parler de ça, mais...

Il inspira un grand coup, Ellana fronçant légèrement les sourcils. Parler de quoi ?

-Concernant ton père, je ne peux me permettre d’oublier ce qu’il t’a dit et fait hier... il s’est trahi lui-même en ce qui concerne ton enlèvement. Mais je ne veux rien faire sans ton accord, mais il doit être jugé par le Grand Conseil pour ses actes.

Ah…de ça…elle se redressa et se tourna pour lui faire face. Inquiète, elle lui demanda :

- Jugé... et tué ?

Il soupira, posant ces mains sur ses hanches et la regardant droit dans les yeux. Il semblait…désolé, d'un coup. Cela voulait-il dire que cela se passerait ainsi ?

-Il a de fortes chances qu’il soit condamné à mort, mais ta parole primera d’abord. Le choix te reviendra. Pour ça, tu devras parler en tant que victime principale. Les mots sur ses agissements devront venir de ta bouche. Je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose de nouveau et je ne veux pas aller non plus contre ta volonté. Je respecterai ton choix, quel qu’il soit.

Il avait caressé ses lèvres du pouce en parlant et elle se mit à réfléchir. Elle devait donc parler, raconter tout ce qu'elle avait vécu, et le faire condamner ? Le conduire à la mort ? Parler d'attouchements, de torture presque, d'un enlèvement, d'un viol, devant de purs inconnus ? Seul Kaëran connaissait tout en détail. Même Eiriel et Dorguan n'avaient eu droit qu'à un récit allégé. Mais…tuer son père, malgré tout ce qu'il avait fait…

- Kaëran... j’ai tué ma mère, je ne peux pas condamner aussi mon père... mais... il doit... il doit répondre de ses actes tout de même... et... je n’arriverais pas à parler de...ça devant des inconnus... moi non plus je ne veux pas qu’il retente quelque chose...

Kaëran posa ses mains sur son visage, comme il avait l'habitude de faire quand il voulait qu'elle l'écoute encore plus attentivement.

-Tu n’as pas tué ta mère, Ellana. De nombreuses femmes meurent en mettant leur enfant au monde. Tu n’es pas la première et ni la dernière qui n’a connu ou connaîtra sa mère. La vie est faite comme ça et ce sont des choses qui peuvent arriver à n’importe qui. Or, je sais que ton père ne te laissera jamais tranquille...

Elle acquiesça simplement. Il le lui avait déjà dit que ce n'était pas elle. Mais elle avait parfois cette impression tout de même, et depuis ce que son père lui avait dit la veille…

-La ville perdra son meilleur tailleur si je parle...

Oui, elle le défendait, alors que son cerveau lui disait de ne pas le faire, qu'il ne le méritait pas. Mais elle ne pouvait pas s'en empêcher…il restait…son père.

- Souhaites-tu qu’il te refasse vivre ton passé ? On s’en fou si la ville perd son tailleur. C’est ton bien-être qui prime d’abord et avant tout. Et puis, il me semble que toi aussi tu as ce don... la robe que tu as confectionnée pour ma mère en ait la preuve. Ellana...

Elle sourit très faiblement. La robe n'était qu'une bagatelle comparée à ce que son père pouvait faire…mais il avait raison. Comment pourrait-elle vivre en sachant que son père retenterait tout ce qu'il pouvait pour l'avoir ? Et puis si un jour elle avait des enfants avec Kaëran, elle ne pourrait même pas les laisser seuls plus d'une minute sans craindre qu'il ne leur arrive quoique ce soit à cause de lui. Parce qu'il était capable de s'en prendre à ses petits-enfants pour la faire souffrir…

- La robe, ce n’était rien... mon père fait mieux. Mais... tu as raison... je dois... je dois le faire hein... alors, je le ferais...

-Je ne te forcerai pas, mais je ne peux pas le laisser libre comme l’air en sachant qu’il reviendra à l’attaque. Bref..., je commencerai à monter un dossier dans les jours qui suivront et nous verront. Et puis, si tu n’es pas capable de parler, tu peux toujours écrire, sous supervision tu sais. Ce sera plus facile pour toi.

Oui…écrire. Elle savait écrire à présent et cela faciliterait tout. Elle imaginait déjà son père face à elle, la regardant sans ciller, lui promettant par le regard une vengeance horrible si elle parlait…

- C’est mieux, d’écrire...je sens que je n’arriverai pas à parler de ce genre de chose, surtout s’il est en face de moi...

Le silence ce fît un moment, Kaëran caressant lentement ses bras et la faisant frissonner, jusqu'à ce qu'il dise :

- Tu sais que je t’aime... ?

Elle sourit et répondit :

- Et toi tu sais que je t’aime encore plus ?

Elle vit son sourire enjôleur apparaître sur ses douces lèvres alors qu'il murmurait langoureusement :

- Je doute que tu m’aimes plus que je t’aime, Ellana Stark.

D'un coup, elle eut une envie de le…chercher. Comme avec la serviette.

- Ah bon ? Et qu’est-ce qui le prouve ?

L'effet fût disons…immédiat ? Elle sentit les mains du jeune homme se poser sur ses cuisses, pour remonter le long de ses hanches, allant sous son chemisier. Déjà elle frissonnait sous ses caresses, qui partaient du dos jusqu'au ventre pour toujours remonter un peu plus. Kaëran s'approcha encore et leurs lèvres se retrouvèrent avec délice. Il lui embrassa la mâchoire, monta jusqu'à son oreille et la mordilla en susurrant :

- Tu ne voudrais pas le savoir. J’en suis certain.

Ah non ? Ce serait si horrible ? Si délicieusement horrible devrait-elle dire…quand il la regarda, elle fît mine d'avoir peur de ce qui l'attendait, mais elle ne pouvait empêcher son sourire d'apparaître, la trahissant malgré tout.

Seulement, elle vit un sourire mesquin se former sur les lèvres du Lieutenant, et elle sut à cet instant qu'il lui réservait…beaucoup de supplice. Et que la punition était levée.

Ces mains lâchèrent la taille de la jeune femme, agrippant son cou et avançant son visage vers le sien. Leurs bouches se réunirent une nouvelle fois avec fougue, et Ellana apposa ses mains sur le torse de Kaëran à l'aveuglette, cherchant avec rapidité les boutons de sa chemise qu'elle commença à déboutonner, n'hésitant pas à arracher des morceaux lorsque ça lui résistait. Elle lui en ferait d'autres des vêtements…

- Elle est pressée la jeune demoiselle.

Elle sourit. Oui elle était pressée ! Pressée de pouvoir le caresser, pressée de pouvoir l'embrasser partout, pressée de ne faire qu'un avec lui pour la seconde fois…
Le jeune homme, cependant, ne semblait pas de cet avis, et c'est avec une extrême lenteur qu'il dégrafa son pantalon et le fît glisser le long de ses jambes, l'envoyant au sol ou il rejoignit les morceaux de chemises qu'elle avait arrachées et qu'Hewie s'amusait à griffer.

A moitié nue, elle embrassa à nouveau Kaëran, avec une envie et un désir non dissimulés. Elle avait envie de lui maintenant ! Toujours en s'embrassant, elle se sentit soulevée et accrocha ses jambes autour de la taille du jeune homme, le laissant se débrouiller pour monter. Elle fût plaquée contre un mur involontairement, et ils en rirent simplement. La fraîcheur du mur n'avait fait que baisser un thermomètre qui allait vite augmenter à nouveau. Et tandis qu'il montait l'escalier, elle lui ouvrit la chemise et la lui retira, la jetant dans les marches. Le tout en le déconcentrant et rendant son périple plus difficile bien sûr…

Lorsqu'enfin ils furent à l'étage, son dos rencontra à nouveau le mur, la faisant frissonner de plus belle. Il cherchait la chambre à tâtons, et lorsqu'il y parvient, il grimpa à genoux sur le lit, la déposant devant lui, sur le dos.
Penché sur elle, il lui embrassa le cou, ses mains chaudes et délicates s'agrippant à son chemisier qu'il commença à déboutonner en souriant malicieusement. Le tout avec une lenteur….à faire mourir de plaisir.

En plus, a chaque bouton, ses lèvres embrassaient sa peau et elle n'en pouvait plus. Elle frissonnait, sentait son plaisir grandit à un point inimaginable, et était fébrile comme jamais. Et seul Kaëran savait lui procurer ce genre de sensations…

- Alors, recrue ? On regrette d’avoir cherché le monstre ?

Elle ne put répondre, se mordant la lèvre, mais non, elle ne regrettait pas…et s'il le fallait, elle réveillerait le monstre plus souvent…
Ellana fermait les yeux, laissant les mains du Lieutenant caresser sa poitrine, ses mains le caressant et le déshabillant aussi. Rapidement, ils furent tous deux nus et le désir débordait.

Que ce soit lui ou elle, l'envie était trop présente et c'était maintenant ou jamais. Tous deux gémissaient déjà sous les caresses qu'ils se prodiguaient et lorsqu'il vint à elle, lentement, elle ne put retenir un gémissement plus fort encore.

Elle posa ses mains sur le bas de son dos, y plantant de moitié ses ongles tandis qu'il débutait ses mouvements. C'était une nouvelle fois le paradis…

Il accélérait, et elle se mordait la lèvre, son corps remplit de spasmes à chaque coup, sa tête se rejetant en arrière. Et cette fois, les mécanismes des putains n'avaient pas fait leur apparition…

Leur amour était intarissable et tantôt ce fût lui qui prenait les rênes, tantôt c'était elle, se déhanchant et lui procurant des sensations incroyables, le faisant gémir tout comme elle. Il ne se privait pas de caresser et d'embrasser sa poitrine, allant même jusqu'à les mordiller et la faire crier de plaisir.

Il reprit les rênes en sentant que la fin approchait, et elle claqua même son derrière pour qu'il continue encore. Ah non le plaisir était trop présent pour qu'il arrête !

Il parvint à tenir encore quelques instants, jusqu'à ce que l'apogée ne vienne et les fasse crier de concert. Heureusement, personne ne pouvait les entendre…à part le chat…

Kaëran la serra contre lui en l'embrassant, et elle le sentit se relâcher en elle, répandant sa semence qui pouvait aboutir à un enfant…

Il se retira doucement et s'affala à côté, essoufflé comme elle. Elle sentait ses cheveux coller contre sa nuque, et son cœur battait comme un fou dans sa poitrine.
Pivotant pour se faire face, il caressa ses lèvres, souriant, et murmura :

- Tu me crois maintenant ?

Elle sourit, caressant ses cheveux en bataille trempés de sueur.

-Et c'est tout ce que le monstre peut faire ? Ricana-t-elle avant de reprendre son sérieux Bien sûr que je te crois mon amour…tu es un Dieu…tu es…parfait, voilà.

Elle l'embrassa fougueusement, se collant encore à lui, se retrouvant à califourchon sur son bas-ventre. Elle sentit sa virilité se réveiller une nouvelle fois, et elle sourit, se penchant pour l'embrasser tout en bas, remontant sur sa peau, sur son torse, lentement. Elle se faufila dans son cou, le laissant caresser ses hanches, et murmura :

-Le monstre a gagné un supplément de la maison…

Souriante, elle reprit son bombardement de baisers et de caresses, sa main se glissant entre leurs ventre et cherchant sa masculinité pour lui donner du plaisir ainsi. Elle sentit qu'il réagissait, et qu'il voulait l'arrêter, mais elle posa son autre main sur sa bouche et lui dit :

-Chut, profite. Tous les hommes aiment ça. Même si je n'aime pas, je ne vois pas pourquoi tu n'y aurais pas droit. Au moins une fois.

Elle était parfaitement sérieuse. Elle l'avait fait avec la bouche à des dizaines et des dizaines d'hommes. Kaëran y avait droit aussi, juste une fois pour qu'il sache ce que c'était. C'était surtout pour calmer sa virilité…

Elle descendit donc lentement sur lui, et se stoppa en bas. Ses cheveux camouflaient son visage, ainsi il ne verrait rien s'il ne voulait pas voir. Elle commença par l'embrasser, lentement, déposant à peine ses lèvres sur son membre. Et automatiquement il réagit. Kaëran était un homme comme un autre et son corps répondait à ce qu'elle faisait.

Ellana se fît plus vigoureuse, et commença avec la bouche, entièrement. Elle avait horreur de ça, mais savoir que c'était Kaëran rendait la chose moins douloureuse…

Il avait posé une main sur sa tête, caressant ses cheveux, profitant. Il devait sans doute s'en vouloir ou croire qu'elle se forçait, or ce n'était pas le cas. C'était dégoûtant et elle se retiendrait de vomir, mais voulait qu'il connaisse ces sensations.

Elle le fît une bonne dizaine de minute, jusqu'à ce qu'il se relâche une seconde fois, mais elle s'était redressée avant. Il faudrait laver les draps…mais pas grave.

Lui souriant, elle lui dit :

-Voilà mon cœur…maintenant tu as connu ces sensations aussi…et tu pourras me les redemander quand tu le souhaiteras si tu veux…

Ne l'embrassant pas au risque de le dégoûter, elle avait tout de même mis en bouche ce qui faisait de lui un homme, elle se releva, et l'emmena dans la salle de bains pour qu'ils se lavent convenablement. Se laver, manger le repas du soir, profiter un peu et dormir pour attaquer une nouvelle journée. D'ailleurs, quand est-ce que Kaëran repartirait travailler ? La laisserait-il seule dans la maison ou demanderait-il à Eiriel de venir ? Il faudrait qu'elle lui demande, à moins qu'il ne le lui dise de lui-même…


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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Sam 30 Mar - 17:00

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Chapitre 4
L’Enquête, partie 3

◆ ◆ ◆



Un sourire se dessina sur les lèvres d’Ellana qui était à bout de souffle. Ses longs cheveux noirs de jais collaient sur sa peau et ses doux et frêles doigts se glissaient dans sa chevelure brunâtre en bataille. Le Lieutenant ne put que lui rendre son sourire alors que son coeur se calmait lentement, loin de se douter de ce qui allait s’en suivre. D’un coup, une étrange lueur fit son apparition dans le regard de la jeune femme qui ouvrit la bouche pour murmurer :

‘‘ Et c’est tout ce que le monstre peut faire ? ‘‘

Quoi ?! Elle le cherchait encore ? Mais elle n’était pas possible, bon sang ! Il était à bout de force alors qu’elle semblait avoir de l’énergie à revendre. Qu’avait-elle mangé ?

‘‘ Bien sûr que je te crois mon amour…tu es un Dieu…tu es…parfait, voilà. ‘‘ Répliqua t’elle par la suite.

Un Dieu ? Parfait ? Oh ça non... il était un homme comme bien d’autre et rien de plus. Il aimait simplement s’amuser avec le corps de sa douce qu’il découvrait encore. Cependant, Ellana ne lui laissa pas le temps de répliquer que son visage angélique s’approcha du sien pour déposer avec fougue ses lèvres contre les siennes. Il sentit son corps contre le sien ainsi que la moindre de ses délicieuses courbes contre sa peau encore en ébullition. Kaëran se retrouva de nouveau dos contre le matelas et la couturière assise sur son bas ventre. Son corps ne put que réagir automatiquement sans que Kaëran ne puisse se contrôler. Ellana s’était glissé en bas et il sentait sa bouche effleurer sa peau délicatement. Elle remonta en suivant le chemin qui la mènerait jusqu’à son cou, fermant les yeux d’aise. Les mains de l’homme se posèrent sur les hanches d’Ellana qu’il caressait, mais il frissonna lorsqu’il sentit le souffle de sa douce contre son cou alors qu’elle murmurait:

‘‘ Le monstre a gagné un supplément de la maison… ‘‘

Kaëran ne put que ricaner légèrement avant qu’Ellana ne se relance dans son supplice. Cette fois, c’était elle qui le faisait languir en promenant ses mains et ses lèvres sur lui s’ils avaient toujours le souffle court. Leur regard se croisa un bref instant. Juste assez pour se sourire mutuellement. C’était qu’il faisait chaud aussi... La gauche de la couturière se fraya un chemin entre leur ventre et un horrible frisson lui traversa l’échine en devinant où elle s’en allait. Même s’il réagissait à cette sensation, le jeune homme ne voulait pas qu’elle sente qu’elle devait jouer à la catin, croyait qu’il s’agissait d’un de ses automatismes. Cependant, Ellana l’arrêta avant qu’il n’eût le temps d’ouvrir la bouche, mais ses doigts de la droite se posèrent délicatement sur ses lèvres.

‘‘ Chut, profite. Tous les hommes aiment ça. Même si je n’aime pas, je ne vois pas pourquoi tu n’y aurais pas droit. Au moins une fois. ‘‘

‘‘ Mais... ‘‘

Non, mais! Ce que c’était embarrassant de la voir aussi sérieuse d’un coup et il avait l’impression que ses chances étaient nulles pour la faire changer d’idée. Son coeur s’emballait et son petit ami était légèrement impatient après s’être fait caresser la tête. On aurait pu dire qu’il frétillait, mais ce n’était pas réellement ça... bref. Une seconde fois, la jeune femme se déroba à sa vue et Kaë laissa tomber sa tête contre l’oreiller dans un soupire; quelle tête de mule ! Et hop, au garde-à-vous suivit d’une décharge de frissons violents. Pas que c’était déplaisant, tout le contraire, mais il ne pouvait s’empêcher de se sentir un peu mal à l’aise. D’un autre côté, elle l’avait voulu, mais ce remords s’envola bien vite. Inutile de spécifier jusqu’où cela mena au bout de quelques minutes de supplice.

Ellana se redressa ensuite, lui offrant un sourire alors qu’il tentait de reprendre contenance suite à cet agréable calvaire. Cependant, même si la jeune femme lui affirma qu’elle pouvait le refaire à sa demande, il s’y refusait malgré le plaisir que ça apportait. Ça la dégoutait et hors de question qu’elle s’y prête contre son envie. Ne lui avait-il pas dit qu’elle serait choyée? S’il fallait qu’il s’occupe d’elle comme un trésor, il le ferait sans hésitation, car elle le rendait dingue.

Entraîné vers la salle de bain, le Lieutenant suivit sa douce jusqu’à ce que leur corps se retrouve sous l’eau. Kaëran entreprit donc de nettoyer sa protégée d’abord en commençant par sa longue chevelure, puis massa son dos par la suite. Ils mirent de longues minutes avant de terminer puis s’habillèrent avant de descendre à l’étage principal, Hewie les suivant comme un chien de poche. Ensemble, le chat sur l’épaule du Lieutenant, ils entamèrent la préparation du repas. Dès que le tout commença à cuir et qu’une douce odeur de nourriture se faufila dans leurs narines, leur estomac poussa d’horribles sons qui ne manquèrent pas de les faire rire. Kaëran s’amusait même à déconcentrer Ellana alors qu’elle coupait des carottes après s’être collée dans son dos pour lui embrasser le cou à maintes reprises. La pauvre avait réduit le légume à l’état de cure-dent ! Le jeune homme ne put que rire avant de se détacher d’elle pour mettre la table et du bois sous la cheminée afin de raviver le feu. Une fois que tout fut prêt et servit, les assiettes furent déposées sur la table et les jeunes gens purent manger avec appétit. Mais repas rimait avec vaisselle. Ils attaquèrent donc le nettoyage et s’en allèrent s’affaler sur le canapé pour enfin relaxer après une guerre d’eau qui formait presque un lac dans la cuisine. Au moins tout était sec maintenant.
Kaëran s’était glissé derrière sa protégée, entourant sa taille de ses bras, et avait enfoui son visage au creux de son cou. Ses paupières étaient closes et tout ce qu’il fit était de graver cette odeur douce et fruitée dans un coin de son esprit pour ne jamais plus l’oublier. Jamais il n’aurait pensé s’abandonner à ce point auprès d’une femme, lui qui s’en fichait quelque peu des mois auparavant. Le voilà qui ne voulait plus se séparer d’Ellana au risque qu’elle s’évapore de nouveau. Elle était cette autre moitié qui le complétait, celle qui le calmait et l’apaisait. Même lui dire je t’aime n’était pas suffisant pour lui exprimer à quel point elle avait de l’emprise sur lui. S’il le fallait, il tuerait pour elle...

Le silence régnait en maître dans la pièce où seul le feu faisait office de tache. Hewie dormait sur les cuisses d’Ellana qui lui caressait tendrement les oreilles, tête accotée contre l’épaule gauche de son homme. Ouvrant les yeux, il regarda Ellana qui tourna la tête vers lui. La distance entre leur visage s’effaça lorsque le Lieutenant vint déposer un baiser sur ses lèvres, un doux sourire au coin des lèvres.

‘‘ Qu’est-ce que tu en dirais si je t’amenais avec moi au palais lorsque je recommencerai à travailler ? J’ai envie de faire mon égoïste et te garder pour moi cette journée-là... ‘‘

Ellana semblait ravie de pouvoir l’accompagner lorsqu’il reprendrait ses fonctions au palais et il vit un sourire apparaître sur son visage qu’il caressa d’une main.

‘‘ Je t’aime, mon ange... ‘‘ Murmura-t-il.

C’est à ce moment que la porte claqua avec force contre le mur. Kaëran sursauta et bondit aussitôt du canapé pour se placer entre l’entrée et Ellana qui était aussi paniqué que lui. Une silhouette se forma dans la pénombre et s’avança rapidement.

‘‘ Espèce de salaud ! ‘‘

Kaëran ne cacha pas son étonnement quand Ayden lui sauta dessus pour le plaquer au sol brusquement. L’archer, assit sur son ventre le menaçait du regard en le pointant du doigt. Il ouvrait la bouche puis la refermait, ne sachant quoi dire pour exprimer sa rage ou sa joie de le revoir sain et sauf. Il soupira finalement et frappa faiblement sur son torse.

‘‘ Ayden... tu pourrais te relever maintenant ? ‘‘

‘‘ Tu mériterais que je t’attache à ta cheminée et t’y laisse croupir pendant une semaine ! Pourquoi ne m’as-tu pas prévenu, espèce de crétin ?! On a cru que tu étais mort ! J’ai dû courir après le chef pour savoir où tu étais ! Quand j’ai voulu demander à Ellana, elle avait elle aussi disparu. Personne ne savait où tu étais... Où est-elle au juste ? ‘‘

Le Lieutenant pointa la jeune femme du doigt, celle-ci regardant par delà le dossier. L’archer soupira de nouveau et retrouva le sourire. Finalement, il se redressa, aidant son frère d’armes et ami à se remettre sur pied d’une poigne de fer. Il le serra ensuite fortement dans ses bras et Kaëran en fit de même.

‘‘ Je suis désolé de ne pas t’avoir prévenu, voire envoyer un message. ‘‘

‘‘ Ça va. Seulement, un jour je te le ferai payer. ‘‘

Le concerné se mit à rire de bon coeur et il invita son confrère à prendre place dans le salon. Ils prirent des nouvelles l’un de l’autre et Kaëran lui expliqua les grandes lignes sans avoir à entrer dans les détails qui concernaient Ellana et son traitement à Orthank. Cependant, le Lieutenant ne manqua pas de le charrier en lui disant qu’il avait trouvé l’âme soeur d’Ayden. Celui-ci fit la moue et battit l’air de la main comme s’il s’en fichait alors qu’en réalité il était devenu rouge comme une tomate. Il prétexta même qu’il préférait en avoir plusieurs qu’une seule et cela fit rire Kaëran qui en doutait fortement.

‘‘ Comment s’appelle t’elle ? ‘‘

‘‘ Emiya Eylis. ‘‘

‘‘ Eylis tu as dis ? Un message nous est parvenu aujourd’hui. Un certain Eylis devait venir rencontrer le Chef de l’armée pour être enrôlé dans nos rangs. Or tu me dis que... c’est une femme ?! ‘‘

‘‘ Hum... Tu vois, je ne savais pas qu’elle prendrait sa décision aussi tôt. Dans combien de jours ? ‘‘

‘‘ Au courant de la journée de demain, il me semble. ‘‘

‘‘ Bien. Alors ..., tâche de faire bonne figure, mon grand. Elle pourrait très certainement succomber à ton charme. ‘‘

‘' Arh ... cesse de m’importuner ! ‘‘ S’écria-t-il en s’empourprant de nouveau. ‘‘ Allez, bonne nuit les amoureux. Je te revois demain Kaë. ‘‘

Le Lieutenant raccompagna donc l’archer puis il retourna auprès de sa douce dont les yeux commençaient à donner des signes de fatigue. La prenant donc dans ses bras, le jeune homme la monta à l’étage et l’aida à se changer pour se mettre au lit.
Une nuit de repos bien méritée s’annonçait...

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Dernière édition par Kaëran Eira le Lun 1 Avr - 0:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Sam 30 Mar - 18:21

Souriante, Ellana entraîna son cher et tendre sous l'eau, pour refroidir leurs corps tout comme les laver après cette heure forte en émotions. Elle se rinça la bouche tout de même pendant qu'il lui lavait les cheveux avec délicatesse. Elle savoura ses massages dans le dos, et fît de même avec lui. Jamais ils n'avaient été autant détendus, et ils devaient en profiter compte tenu de ce qui les attendait, rien qu'avec son père.

Lavés, séchés, habillés, sentant bon la rose, ils descendirent en cuisine, Hewie sur l'épaule du Lieutenant. L'animal observait le moindre de leurs faits et gestes tandis qu'ils préparaient ensemble le repas du soir. C'était si agréable de se retrouver ainsi, en harmonie avec son homme, détendue ! Il n'y avait pas si longtemps que ça, elle était persuadée de finir en putain, et ne pensait plus sourire un jour.

L'odeur de la nourriture commençait à embaumer la pièce, faisant rugir leurs estomacs à l'unisson, les faisant tous deux rire. Oh oui ils avaient très faim. Et après le dessert "maison", le repas principal, c'était connu !

Elle poursuivit sa tâche d'épluchage de carotte, mais fût rapidement déconcentrée par Kaëran qui l'entoura de ses mains, se collant à elle et lui embrassant le cou. Savourant, elle continua machinalement sa tâche, ne se rendant compte que trop tard que sa carotte ne ressemblait plus qu'à une sorte de cure-dent ! Elle fît la moue, certes pas aussi bien que celle de Kaëran, et recommença, décidée à y arriver ! Le jeune homme avait mis la table, ce qui lui facilita la tâche. Elle servit tout, remplit son assiette et la sienne, et ils mangèrent en silence, profitant. Hewie mangeait lui aussi, même s'il lorgnait avec appétit le contenu de leurs casseroles. Après avoir finit, ils débarrassèrent et entreprirent de tout laver. Et évidemment, cela se transforma en bataille d'eau, trempant le sol de la cuisine. Si Eiriel avait été là, elle aurait piqué un fard ! Riant, ils épongèrent et allèrent au salon, dans le canapé.

Assise contre le torse de Kaëran, les bras de l'homme entourant sa taille, Ellana caressait Hewie qui s'était couché sur ses cuisses. Il n'y avait pour bruit que le crépitement des flammes dans la cheminée, et c'était amplement suffisant. Ils n'avaient guère besoin de ce parler pour ce comprendre ou savoir que l'autre était là. Ellana ne parvenait toujours pas à expliquer ce phénomène. Comment, en l'espace de quelques semaines au départ, s'était-elle attachée à cet homme au point d'être prête à mourir pour qu'il conserve son sourire ? Comment l'amour c'était-il installé et enraciné profondément en elle ? Elle qui ne connaissait presque rien de la vie, du monde qui l'entourait, qui avait cru que jamais personne ne pourrait l'aimer, elle était tombée sur un homme merveilleux qu'elle ne voulait plus quitter et au contraire, rendre heureux…

Tête posée contre l'épaule de Kaëran, elle le sentit bouger et tourna la tête dans sa direction. Rapidement, leurs lèvres se retrouvèrent avant qu'il ne dise en souriant :

-Qu’est-ce que tu en dirais si je t’amenais avec moi au palais ? Ce sera dans quelques jours, deux ou trois. J’ai envie de faire mon égoïste et te garder pour moi cette journée-là...

Au Palais ?! Oh ouiiii !! Elle voulait le revoir ! Revoir les jolies fleurs, les constructions énormes et tout ce qui allait avec ! Et puis…voir son homme dans l'exercice de ses fonctions avec un côté…excitant. Elle sourit donc, profitant de la caresse de Kaëran sur son visage et du murmure qui suivit :

- Je t’aime, mon ange...

-Moi aussi mon cœur… Répondit-elle sur le même ton

Mais alors que le silence revenait, ce fût la porte d'entrée qui claqua en s'ouvrant violemment. Prise de panique en imaginant déjà que c'était Nolan ou son père, voire les deux en même temps, elle se releva, regardant Kaëran se mettre entre elle et la porte.

Elle fronça les sourcils lorsque la silhouette s'avança d'un pas rageur. Trop petite pour être celle de Nolan. Et trop…jeune apparemment pour être son père…alors qui…?

- Espèce de salaud !

Elle y juste le temps de comprendre qu'il s'agissait d'Ayden que ce dernier était sur Kaëran qui tomba à la renverse, son compagnon d'armes assit à califourchon sur lui. Il y eut un instant de flottement ou l'archer ne parla pas. Ellana ne savait pas trop quoi faire et restait cachée derrière le dossier du canapé avec Hewie. Même si c'était Ayden, elle avait eu si peur d'un coup. Si peur que leur paix soit à nouveau terminée, peur que Nolan ne se soit associé à son père et vienne avec de gros bras pour tuer Kaëran et la ramener chez les putains. Peur…peur tout simplement.

La voix d'Ayden la fît revenir sur terre:

- Tu mériterais que je t’attache à ta cheminée et t’y laisse croupir pendant une semaine ! Pourquoi ne m’as-tu pas prévenu, espèce de crétin ?! On a cru que tu étais mort ! J’ai dû courir après le chef pour savoir où tu étais ! Quand j’ai voulu demander à Ellana, elle avait elle aussi disparu. Personne ne savait où tu étais... Où est-elle au juste ?

Étant visée, elle se redressa un peu pour voir par-dessus le dossier. Kaëran la pointait du doigt et Ayden sembla d'un coup bien plus rassuré. Il se releva même, aidant le Lieutenant à faire de même puis ils se serrèrent l'un contre l'autre avec force, Kaëran s'excusant pour l'absence sans laisser de trace.

Déjà bien plus rassurée, elle se releva et alla préparer quelques biscuits et du thé pendant qu'ils s'installaient à table, prenant chacun des nouvelles de l'autre. Ellana revint donc au moment ou son homme disait avoir trouvé l'âme sœur de son collègue qui rougit et demanda tout de même à connaître le nom de cette personne :

- Emiya Eylis.

- Eylis tu as dis ? Un message nous est parvenu aujourd’hui. Un certain Eylis devait venir rencontrer le Chef de l’armée pour être enrôlé dans nos rangs. Or tu me dis que... c’est une femme ?!

Ellana écoutait, mais en même temps, le puzzle ce formait. Cette femme…était-ce celle qui avait voulut attirer Kaëran sous les draps ? Et puis, pourquoi Ayden semblait-il surpris qu'une femme soit dans l'armée ? Ce n'était pas parce qu'elle-même était aussi douée au combat qu'un lapin borgne et manchot que toutes devait l'être !

Et apparemment, cette Emiya devait arriver le lendemain. Ellana angoissait un peu à l'idée de la rencontrer. Kaëran lui avait avoué qu'il avait refusé ses avances parce qu'il n'avait de cesse de penser à elle. Alors Emiya lui en voudrait-elle ? Et qu'allait-elle dire ? Enfin pour l'heure, elle sentait surtout la fatigue s'abattre sur elle.

Alors, sur de joyeuses salutations, Ayden les quitta et pendant que Kaëran le raccompagnait, Ellana débarrassa la table, baillant à chaque mètre. Et son prince charmant le remarqua bien, la soulevant du sol et la raccompagnant dans leur chambre, l'aidant à se changer et faisant de même pour lui avant de se coucher sur leur lit en soupirant d'aise.

Et le sommeil la gagna rapidement, encadrée du bras de son homme…

Au matin, ils furent éveillés par…les miaulements d'Hewie. Le pauvre miaulait comme un damné et grattait la porte pour sortir de la pièce. Encore endormie, les yeux s'ouvrant à peine, Ellana se leva donc et ouvrit la porte au chat qui courut dans la maison. Ils avaient mis une légère porte à bascule pour qu'il puisse sortir et entrer quand il voulait. Et seul le chat pouvait y passer.

Kaëran se leva aussi, et ils se lavèrent, s'habillèrent et descendirent pour manger, se réveillant grâce aux baisers échangés. Quoi de mieux hein ?

Le petit-déjeuner pris, Hewie de retour, satisfait, ils sortirent dans le jardin arrière pour profiter du soleil naissant. Kaëran s'entraîna sur son mannequin de bois pendant qu'Ellana retirait les mauvaises herbes du jardin de Naël qui avaient profité de leur longue absence. Lorsqu'il fût l'heure de manger à nouveau, ils étaient en sueur une nouvelle fois et Ellana s'approcha, posant ses mains pleines de terre sur les joues du Lieutenant.

-Mon homme des bois… Murmura-t-elle en ricanant.

Et oui, il avait deux belles traces de mains sur les joues à présent ! Avant de subir sa vengeance, elle courut à l'intérieur, alla se laver les mains, et commença à cuisiner. Et elle qui pensait que cela le dissuaderait de se venger, elle avait tout faux. Il la déconcentra comme la veille et ce fût de peine et misère qu'elle parvint à tout faire cuire !

Elle le nourrit comme un bébé à table, lui faisant de même pour elle. Ils profitaient juste de chaque instant passés l'un avec l'autre. Ils avaient tous deux parfaitement compris à présent que tout pouvait basculer d'une seconde à l'autre…

L'on toqua à la porte alors qu'Ellana finissait de laver. Elle entendit la voix d'Ayden s'élever quand Kaëran alla ouvrir :

-Salut vieux ! Notre compagne est arrivée. Je me suis dit que ce serait mieux si tu l'accueillais avec moi. Puisque tu l'as connaît.

Ellana arriva, s'essuyant les mains. Devait-elle…venir aussi ou serait-elle en trop ? Kaëran lui donna la réponse en lui tendant son gilet, lui-même enfilant le sien. Un peu nerveuse, elle sortit, agrippant la main du Lieutenant dans la sienne, comme à chaque fois qu'ils sortaient. Ils firent un grand salut de la main à Eiriel et Dorguan qui étaient dehors, et suivirent Ayden jusqu'au Palais. Ou du moins jusqu'à la place non loin du Palais. Ellana observait tout avec curiosité, n'écoutant guère la discussion des deux hommes.

Son attention ce fît néanmoins plus vive quand une femme arriva près d'eux. Grande, avec des cheveux d'un blond pâle presque transparent, elle avait de jolis yeux bleus et un sourire charmeur. Mais surtout, elle avait une posture…agressive et…enjôleuse à la fois…

-Kaëran ! Que je suis contente de te revoir ! Dit-elle en se jetant presque à son cou.

Ellana avait lâché la main du jeune homme, se mettant un peu en retrait. Elle ne savait pas quoi faire et préférait laisser les collègues entre eux.

-Vous devez être Emiya Eylis si je ne m'abuse ? Enchanté de faire votre connaissance gente dame, je me nomme Ayden, archer de son état, pour vous servir…

Le tout accompagné d'un baisemain qui ne laissa pas la femme de marbre. Mais d'un coup, Emiya aperçut Ellana et s'approcha d'elle et se stoppa devant, l'observant des pieds à la tête, s'arrêtant deux secondes sur ses yeux. Puis elle tendit la main et, hésitante, Ellana la serra dans la sienne.

-Vous devez être la femme dont Kaëran m'a parlé. Enchantée de faire enfin votre connaissance. Et, je suis ravie qu'il vous ait retrouvée.

-Enchantée de faire votre connaissance, Madame Eylis. Je me nomme Ellana.

L'autre ricana un peu en lâchant sa main.

-Emiya suffira amplement Ellana !

Ellana sourit, gênée, et baissa les yeux. Elle ne savait pas quoi dire d'autre en fait…

-Gente dame, pourrais-je avoir l'honneur de vous servir de guide et vous faire visiter notre humble ville avant votre entrée en fonction ?

-Ce serait avec joie, Ayden. Et…Kaëran, il faudra que tu me racontes ce qui t'est arrivé après ton départ et Ellana, je veux faire connaissance avec toi.

Reprenant la main de Kaëran dans la sienne, Ellana inspira un grand coup. Faire connaissance ? Mais que pouvait-elle lui raconter ? Emiya était dans l'armée, elle avait du vivre des choses plus…plaisantes qu'elle. Elle avait dû rire plus souvent et s'amuser plus aussi. Elle avait du visiter des centaines d'endroits ! Alors qu'elle ne connaissait même pas sa propre ville. Suivant Ayden et Emiya qui marchaient bras dessus-dessous, Ellana murmura à Kaëran :

-Elle a l'air…gentil. Tu sais…je ne te l'avais pas dit mais…si tu l'avais fait avec elle, je ne t'en aurais pas voulut…je l'ai fait avec tellement d'hommes…

Ca lui était venu d'un coup de lui dire ça ainsi. Mais c'était vrai, en voyant Emiya, elle se demandait comment il avait fait pour résister à ce point. Il l'aimait tellement ? Cela la touchait, assurément, ne vous y méprenez pas, mais Emiya était très belle. Elle avait des hanches magnifiques, des courbes fines dessinées par les combats et l'affrontement. Elle avait une démarche sauvage et sensuelle à la fois, et ses longs cheveux cascadaient jusqu'aux hanches ou le soleil se reflétait allègrement. Alors…il avait vraiment du se faire violence pour résister à ses avances.

Et ce, pour elle…

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Dim 31 Mar - 4:53


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Chapitre 4
L’Enquête, partie 4

◆ ◆ ◆



Le lendemain matin, le réveil fut plus ou moins difficile. Hewie miaulait pour sortir de la pièce et frottait la porte de ses pattes avant. C’était l’heure des besoins apparemment et ça commençait à presser à ce qu’ils voyaient. La première à se tirer hors du lit fut Ellana et ce fut suite à une démarche lente qu’elle mit la main sur la poignée et l’ouvrit, permettant ainsi à la bête de s’éclipser dans le couloir. Kaëran ne tarda pas à s’assoir sur le bord du lit en se frottant les yeux puis se leva pour s’étirer de tout son long en bâillant. Il fila se laver avec Ellana puis revint vers la chambre pour se changer et enfin descendre pour le petit-déjeuner, s’attaquant à coup de baisers. Un peu plus tard, lorsque tout fut propre, le jeune couple disparut dans le jardin arrière où Kaë en profita pour se dégourdir un peu en tapant sur son mannequin de bois. Hewie lui suivait sa maîtresse aux pieds et ne s’en séparait jamais. Au bout d’un moment, le Lieutenant planta la pointe de son arme dans le gazon et s’accota en reprenant son souffle. Des mains douces se posèrent sur ses joues sauf que... à vrai dire, celles-ci étaient plutôt sales.

‘‘ Mon homme des bois… ‘‘

Ellana se mit à ricaner et c’est là qu’il remarqua qu’elle avait sali son visage de terre. Alors là. Était-elle en train de le chercher pour une seconde fois ? Sauf que le Lieutenant n’eut pas le temps de réagir que la couturière prit ses jambes à son cou et fuit vers la maison. Kaëran prit le temps de ranger soigneusement son arme dans son fourreau et s’approcha à son tour d’un pas régulier. La porte arrière se referma à sa suite, l’arme fut déposée contre le garde de l’escalier et l’homme entoura la taille de sa douce de ses bras. Il fit glisser ses mains sur le ventre d’Ellana lentement et déposa à plusieurs reprises ses lèvres sur la peau de son cou et sur sa nuque une fois ses cheveux repoussés sur le côté. Pauvre Ellana qui faisait son possible pour préparer leur repas. Kaëran ricanait doucement et finit par la laisser tranquille, se décidant plutôt de l’aider en dressant la table et en terminant la coupe des légumes. Le tout fut prêt une bonne demi-heure plus tard. Contre toute attente, le Lieutenant ne parvint pas à prendre sa fourchette, car la couturière le fit à sa place. Elle le faisait même manger comme lorsqu’il avait été blessé au retour de sa première mission. Se prêtant au jeu, il fit de même avec elle, la taquinant même en lui disant d’ouvrir la bouche. Leur estomac repu, les tourtereaux nettoyèrent la cuisine et Kaëran était en train d’essuyer une marmite lorsqu’on toqua à la porte. Mettant la serviette désormais humide sur son épaule droite, le soldat alla ouvrir pour constater qu’il s’agissait d’Ayden. L’archer entra donc et la porte fut refermée derrière lui lorsqu’il le salua.

‘‘ Salut vieux ! Notre compagne est arrivée. Je me suis dit que ce serait mieux si tu l’accueillais avec moi. Puisque tu l’as connaît. ‘‘

Déjà ?

‘‘ Je croyais qu’elle arrivait plutôt en fin de journée. Donne-moi deux minutes et nous sommes prêt. ‘‘

Car bien entendu, il était hors de question qu’il laisse Ellana seule à la maison alors qu’il irait à la rencontre de sa soeur d’armes. Qui sait ce qu’il pourrait arriver pendant son absence avec Nolan et Stark qui pouvaient trainer dans le coin ? Kaëran laissa donc la serviette sur un crochet dans l’entrée et fit enfiler quelque chose d’un peu plus chaud à Ellana puisque l’air semblait frisquet à l’extérieur. Ils sortirent donc tous les trois, marchant dans la rue d’un pas plutôt rapide. En chemin, ils purent saluer Eiriel et Dorguan qui prenaient l’air puis continuèrent leur route jusqu’à la grande place qui se trouvait devant le palais royal. On se servait principalement de cet endroit pour les discours ou pour quelques cérémonies particulières.

‘‘ À quoi ressemble-t-elle ? ‘‘ Demanda soudainement Ayden.

‘‘ Alors comme ça on éprouve une certaine curiosité à l’égard d’Eylis ? ‘‘ Dit Kaëran en ricanant. ‘‘ Je ne peux que te dire qu’elle te plaira certainement. Forte de caractère, mais charmante. Je suis certaine que vous vous entendrez bien. ‘‘

‘‘ À t’entendre parler, ce serait la femme de mes rêves. Tu sais que je ne me contente pas que d’une conquête, depuis le temps ! ‘‘

‘‘ Avoue que tu aimerais que ce soit la bonne, vieux. Je te connais et ton regard te trahit, comme le rouge qui teint tes joues au moment où je te parle. ‘‘

Ayden se contenta de grogner et n’ajouta rien de plus, et ce, jusqu’à ce qu’ils arrivent sur place. Déjà, une jeune femme en tenue militaire, sans armure, s’approchait d’eux avec un large sourire aux lèvres, plus particulièrement lorsqu’elle aperçu son compagnon d’armes. D’un pas félin, elle s’approcha du Lieutenant en souriant alors qu’Ayden ne parvenait pas à en croire ses yeux. Cette femme était donc la nouvelle recrue qui allait les côtoyer ?!

‘‘ Kaëran ! Que je suis contente de te revoir ! ‘‘

‘‘ Moi aussi Eylis. Je ne t’attendais pas à Racium si tôt ! ‘‘

Emiya lui sauta presque dessus, mais ne se pria surtout pas de le serrer contre lui. Kaëran en fit de même, content de la revoir aussi, et tout ça, amicalement. L’archer profita de ce moment pour s’approcher de son ami.

‘‘ Vous devez être Emiya Eylis si je ne m’abuse ? Enchanté de faire votre connaissance gente dame, je me nomme Ayden, archer de son état, pour vous servir… ‘‘

Ayden ne manqua pas de faire ce qu’il faisait à toutes les jolies dames, soit de leur embrasser la main suite à une courte révérence. Son sourire charmeur était légendaire auprès des femmes et Emiya n’y échapperait certainement pas maintenant qu’il savait qu’elle était une beauté. Suite aux présentations, l’adjudant du Lieutenant Ethan remarqua la présence d’une jeune femme près de Kaëran. Fronçant légèrement les sourcils, Emiya décida de s’en approcher et l’observa de haut en bas puis s’attarda sur son regard. Décidément, le Lieutenant Eira avait du goût, car cette femme était magnifique. Elle comprenait maintenant pourquoi il la voyait sans cesse dans sa soupe et puis il se dégageait d’elle une douce innocence qui faisait qu’on se sentait à l’aise à ses côtés. Eylis leva alors une main en direction d’Ellana et attendit que la poignée de main se fasse avant de parler.

‘‘ Vous devez être la femme dont Kaëran m’a parlé. Enchantée de faire enfin votre connaissance. Et, je suis ravie qu’il vous ait retrouvée. ‘‘ Dit-elle en souriant.

‘‘ Enchantée de faire votre connaissance, Madame Eylis. Je me nomme Ellana. ‘‘

‘‘ Emiya suffira amplement Ellana ! ‘‘ Dit-il, amusé tout en lâchant la main de la couturière.

‘‘ Gente dame, pourrais-je avoir l’honneur de vous servir de guide et vous faire visiter notre humble ville avant votre entrée en fonction ? ‘‘

‘‘ Ce serait avec joie, Ayden. Et…Kaëran, il faudra que tu me racontes ce qui t’est arrivé après ton départ et Ellana, je veux faire connaissance avec toi. ‘‘

Le concerné baissa les yeux sur Emiya et arqua un sourcil. Comment ce qu’il lui était arrivé ? Était-elle au courant de quelque chose ? Une rumeur peut-être ? Emiya avait certainement eu vent de quelque chose lors de son voyage de retour. Ils décidèrent ensuite de faire une promenade en ville histoire de faire connaître les lieux à Emiya et Kaëran baissa les yeux sur la main d’Ellana qui s’était de nouveau glissée dans la sienne. Il lui fit un sourire puis emboita le pas à Ayden qui entourait déjà l’épaule de l’adjudant.

‘‘ Elle a l’air…gentil. ‘‘ Murmura t-elle. ‘‘ Tu sais…je ne te l’avais pas dit, mais…si tu l’avais fait avec elle, je ne t’en aurais pas voulu…je l’ai fait avec tellement d’hommes… ‘‘

Le Lieutenant fronça légèrement les sourcils et tourna les yeux vers sa douce qui semblait quelque peu mal tout d’un coup. Il resserra son étreinte autour de la main d’Ellana et lui fit un doux sourire. Emiya était une femme absolument magnifique et il avait été difficile de résister à ses avances, oui, mais quand l’esprit était hanté par un autre visage et que les remords se faisaient un malin plaisir à le submerger dès qu’une drôle de pensée le traversait, comment pouvait-on se résoudre à tromper son coeur ? Jamais Kaëran n’aurait été capable de faire une telle chose volontairement, quand bien même tous les hommes du royaume auraient pu toucher Ellana. Au fond, il s’en fichait. Maintenant, elle était là, saine et sauve, tout comme son sourire.

‘‘ Oui, j’aurais pu, mais je ne le voulais pas, car c’était toi que je désirais et non elle. Tant que je sais que tu vas bien et que je te rends heureuse. C’est tout ce qui m’importe, tu sais. C’est toi que j’aime et non la voisine. ‘‘

En marchant, il réussit à déposer un baiser sur son front et glissa leurs mains dans sa poche de pantalon pour la tenir au chaud. Le Lieutenant lui offrit un second sourire et il fut ravi qu’Ellana le lui rende.
Le quatuor mit bien quelques heures à faire le tour de la ville et finalement, Kaëran les invita pour le repas du soir. Cette fois, ce fut les hommes qui s’occupèrent de tout préparer alors que les femmes s’installaient dans le salon. Ayden se rapprocha donc de son frère d’armes et chuchota :

‘‘ Bon sang... cette femme, on dirait un ange tombé du ciel ! Tu as été en sa compagnie pendant trois mois et tu m’as laissé en plan ici... Je ne comprends pas comment tu as pu lui résister. ‘‘

‘‘ Ayden, j’ai Ellana dans la peau. Jamais je ne lui aurais fait une chose pareille. ‘‘

L’archer lui fit un sourire en coin et lui tira la langue. Le Lieutenant fit de même et continua à éplucher ses pommes de terre.

‘‘ Elle tombera sous mon charme, Kaë. ‘‘

‘‘ Celle-ci ne sera pas aussi facile à attraper que tu sembles le croire. Elle est ... un peu comme toi, difficile à apprivoiser quand ce n’est pas elle qui fait les premiers pas. ‘‘

‘‘ Un nouveau défi à relevé! ‘‘ S’exclama Ayden.

Les deux jeunes hommes rirent de bon coeur dans la cuisine, Kaëran claquant le dos de l’archer qui faillit s’étouffer sous la force du coup. Valait mieux profiter de ces bons moments avant le retour au travail et le commencement de l'enquête qui mènerait Stark derrière les barreaux.

Spoiler:
 

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Dernière édition par Kaëran Eira le Lun 1 Avr - 1:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Dim 31 Mar - 10:50

Kaëran resserra son emprise sur sa main et lui offrit un petit sourire avant de répondre. Elle savait qu'il l'aimait au point de ne pas la tromper, de ne pas faire ça, ça ce lisait dans ses yeux, mais…à ce moment-là, ils avaient tous deux crus que leur histoire s'était achevée alors qu'elle venait à peine de débuter. Il aurait très bien pu essayer de tourner la page de cette façon…

-Oui, j’aurais pu, mais je ne le voulais pas, car c’était toi que je désirais et non elle. Tant que je sais que tu vas bien et que je te rends heureuse. C’est tout ce qui m’importe, tu sais. C’est toi que j’aime et non la voisine.

Tout en marchant, il déposa un doux baiser sur son front, glissant leurs mains entremêlées dans la poche arrière de son pantalon et lui envoya un second sourire, qu'elle lui rendit. Elle n'arrivait toujours pas à croire qu'elle avait autant de chance de l'avoir…D'autres hommes que lui ne l'auraient pas reprise en sachant qu'elle avait été putain, qu'elle avait couché avec tellement d'inconnus. Lui, il faisait abstraction de ça et continuait à avancer en la voyant comme avant toutes ses histoires. Jamais elle ne pourrait assez le remercier de tout ce qu'il faisait pour elle. Du bonheur qu'il lui donnait en étant simplement là avec elle à sourire. Il était un peu…son ange gardien…

Inspirant un grand coup, elle continua la marche, suivant Emiya et Ayden, lancés dans une grande conversation. L'archer montrait de la main les différents bâtiments et lui expliquait en détail ce que c'était. Des fois, c'était hilarant, parce que c'était inscrit sur la façade en pierre et Emiya pouvait parfaitement le comprendre, mais Ayden poursuivait tout de même. Ils allaient bien ensemble il fallait dire.

De longues heures s'écoulèrent durant lesquelles ils visitèrent une bonne partie de la ville, allant du Palais au marché, en passant par le lac. Le soleil descendait à l'horizon, et les jeunes gens décidèrent de rentrer, Kaëran invitant ses collègues à rester manger.

Et qu'elle ne fût pas la surprise d'Ellana lorsque les hommes s'enfermèrent en cuisine ! Elle qui comptait leur préparer un bon repas et les laisser entre collègues d'armes, voilà que les hommes jouaient aux cuisiniers ! Débarrassant Emiya de son gilet et rangeant le sien aussi, Ellana lui indiqua le salon et alla vite chercher biscuits et boissons rafraîchissantes.

-Veux-tu un verre de vin, Emiya ? Demanda-t-elle en posant le plateau plein sur la petite table devant le canapé.

-Non ça ira comme ça merci. Répondit l'adjudante avec un sourire.

Ellana lui servit donc un verre et le lui tendit, s'installant à ses côtés au moment ou Hewie approchait des jambes d'Emiya.

-Oohh…quel joli chat ! Il a petit nom ?

Le soldat tendit les mains, laissant Hewie venir avant de le soulever et de le poser sur ses jambes ou il fût caressé comme il l'aimait.

-Il se nomme Hewie.

Emiya sourit, le caressant, puis reporta son attention sur Ellana. Celle-ci mangeait un biscuit, et écouta :

-Je suis vraiment contente que Kaëran t'ait retrouvée tu sais. Là il…il est heureux. Enfin, il a le sourire aux lèvres. Quand il remplaçait mon Lieutenant, il ne souriait pas et c'était à peine s'il parlait.

Ellana baissa la tête.

-Je m'en doute bien. Il est comme ça…pour ne pas avoir trop mal il se repli.

-Et…il a du te dire pour…moi aussi…

Là, une sorte de malaise s'installa. Emiya semblait gênée, rougissante même. En même temps, avouer qu'elle avait tenté de charmer l'homme de la femme avec qui elle parlait n'était guère agréable.

Ellana tendit une main, et la posa sur celle d'Emiya qui ne caressait pas le chat. L'adjudante l'observa et releva son visage, croisant le regard de la couturière qui lui souriait en coin.

-Oui il m'a dit. Et…je ne t'en veux pas. C'était…une période difficile et…Kaëran est très beau, n'importe quelle femme aurait tenté sa chance… Murmura-t-elle.

-Mais…je n'aurais rien essayé s'il m'avait dit tout de suite qu'il avait quelqu'un. Quand le sujet est tombé à table un soir…il a dit que personne ne l'attendait. C'est…pour ça que j'ai essayé. Je ne suis pas du genre à voler les hommes des autres. Ce n'est qu'après, quand je lui ais demandé pourquoi il résistait aussi farouchement, qu'il m'a avoué qu'il t'avait dans la peau. Il m'a dit qu'il te voyait dans sa soupe…

Ellana resta muette un instant. Il avait dit…que personne ne l'attendait ? Pourquoi cela lui fît aussi mal d'un coup ? Pourquoi alors que c'était normal qu'il ait pensé ça à ce moment donné ? Ce moment horrible où ils avaient été éloignés, ne sachant pas ce que devenait l'autre…Elle tenta de se raisonner, de ce dire qu'il avait eu raison de dire ça. Peut-être que ça avait été pour lui le moyen de ce convaincre que c'était finit, mais qu'au final il n'avait pu tenir ? Ellana n'était pas du genre rancunière, loin de là, mais…elle souhaitait savoir, et elle lui poserait la question…

Emiya sentit le trouble de la jeune femme, parce qu'elle se mordit la lèvre et déposa le chat au sol, se rapprochant et prenant lentement Ellana par les épaules pour la rapprocher d'elle et la serrer comme le ferait une amie.

-Excuse-moi, je ne voulais pas faire remonter de mauvais souvenirs…

-Ce n'est rien…ne t'en fais pas. Merci, Emiya. Murmura Ellana en se détachant.

Le soldat sourit et regarda en direction de la porte, ou apparaissait enfin les hommes.

-Et bien ! On a cru que vous aviez tout fait brûler ! Plaisanta-t-elle, chassant le malaise.

Ayden sourit et dit de son ton naturellement enjôleur :

-Mais…gente dame, un repas digne de vous ne se prépare pas en un claquement de doigts voyons !

Ellana se leva et aida Kaëran à mettre la table, laissant Ayden plaisanter avec Emiya. Alors qu'elle cherchait les couverts et qu'il passait avec les verres, il l'embrassa et elle sourit, profitant tout de même. Elle le suivit au salon et dressa la table convenablement, disposant assiettes, verres et couverts autour des plats fumants. Elle avait le cœur comprimé malgré tout. Non elle ne lui en voulait pas, mais ça lui faisait étrangement mal. Mais en même temps, n'avait-elle pas aussi cru qu'il n'avait plus voulut l'attendre ? Ne s'était-elle pas dit que personne ne l'attendait parce qu'elle était trop faible ?

Elle mangea pour faire bonne figure, mais l'appétit n'était pas au rendez-vous. Ayden et Emiya parlèrent ensemble principalement, la femme racontant la vie au camp d'où elle venait et expliquant que c'était Kaëran qui l'avait convaincue de venir à Racium. Ellana écoutait, mais ne prenait pas part aux conversations. Elle n'était pas dans l'armée, ne connaissait rien dans ce domaine. Et la période que racontait Emiya était celle ou elle avait été putain. Rien de glorieux à étaler devant eux. Seuls Kaëran, Eiriel et Dorguan le savait et personne d'autre ne l'apprendrait. A moins…a moins que les rumeurs ne viennent. A moins que Nolan montre son portrait. Parce que oui, il avait fait faire son portrait à accrocher dans la chambre. S'il le prenait pour la chercher, il la trouverait vite. Des femmes aux yeux gris et bleus à Racium étaient rares. Et maintenant, tout le monde l'avait vue, ne serait-ce qu'au marché. Nolan savait être persuasif. Et il suffisait qu'il tombe sur son père qui le mènerait droit ici. Et elle mettrait alors à nouveau Kaëran et sa famille en danger. Cela lui noua encore plus l'estomac et la fît arrêter pour de bon de manger.

Quand tous eurent finit, elle commença à débarrasser. Quand Kaëran voulut l'aider elle lui dit :

-Non reste assis mon cœur, je m'en occupe.

Elle lui sourit, et s'éloigna avec les casseroles. Il avait déjà fait le repas, il avait bien le droit de rester discuter avec ses collègues non ? Elle débarrassa donc, faisant lentement la vaisselle. Elle terminait d'essuyer les assiettes quand Emiya apparut.

-Tu ne veux pas d'aide ? Ellana…est-ce ce que je t'ai dit qui te perturbe ?

-Non c'est bon, je n'ai pas besoin d'aide Emiya, merci…et…non, enfin…un peu mais…

Emiya lui prit la serviette et la lui arracha presque des mains.

-Il l'a peut-être dit, mais j'ai bien retenu la tête qu'il piquait en même temps. Une tête de culpabilité. Mais sur le coup je ne l'ai pas remarqué, ravie de pouvoir tenter ma chance avec lui. Maintenant que j'y repense, je m'en rends compte. Je crois qu'il s'en ait tout de suite voulut d'avoir dit ça.

-Oui mais…c'est compliqué…

-Je m'en doute et je ne vous demanderais pas de me raconter cette histoire. Mais il semble s'inquiéter. Alors parle-lui.

Ellana acquiesça et ne put se remettre à la tâche : Emiya le faisait pour elle. Après le thé et le gâteau de dessert, la nuit bien avancée, Ayden se proposa pour héberger Emiya. Celle-ci, n'ayant guère d'autres options, accepta et Kaëran comme Ellana les raccompagnèrent, leur souhaitant une bonne nuit. C'était le lendemain que Kaëran reprenait du service non ? Ellana ne savait pas trop, elle ne retenait pas !

Après avoir tout débarrassé, ils montèrent, Hewie sur les talons, et se douchèrent, s'habillèrent et se couchèrent. Sauf qu'Ellana resta assise, forçant Kaëran à faire de même. Malgré la pénombre, elle voyait qu'il se faisait du souci.

-Kaëran…Emiya m'a parlé et…dans la conversation, elle m'a dit qu'elle avait tenté avec toi simplement parce que tu…tu avais dit que…personne ne t'attendait.

Elle le vit baisser les yeux et s'approcha, lui prenant les mains.

-Je ne t'en veux pas, et tu ne dois pas t'en vouloir mais…sur le coup, j'avoue que ça m'a fait étrange, là, en moi…alors…l'as-tu dit pour pouvoir tourner la page ? Ce qui est normal…ou…pour autre chose ? je voudrais juste…comprendre, Kaëran…

Elle lui fît un petit sourire, mais il ne le lui rendit pas. Elle se sentit encore plus mal d'un coup. Avait-elle dit quelque chose de mal ? S'en voulait-il ? Avait-elle fait une erreur en parlant de ça maintenant ? Elle relâcha ses mains, le laissant réfléchir sans le perturber plus encore. Nerveuse, elle se tordit les mains l'une dans l'autre, espérant qu'il…ne lui en veuille pas…


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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Dim 31 Mar - 23:27


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Chapitre 4
L’Enquête, partie 5

◆ ◆ ◆



Le repas était presque terminé et il ne restait qu’à dresser les assiettes. Les hommes sortirent de la cuisine en posant le tout sur la table. Emiya ne manqua pas de s’exclamer en les voyant apparaître au bout de longues minutes.

‘‘ Et bien ! On a cru que vous aviez tout fait brûler ! ‘‘

Bien entendu, l’archer et le Lieutenant ne purent s’empêcher de ricaner à cette plaisanterie, sauf que Kaëran sentit qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. Particulièrement chez Ellana. Il y avait comme un mal aise dans la pièce. Au même moment Ayden prit la parole en disant:

‘‘ Mais…gente dame, un repas digne de vous ne se prépare pas en un claquement de doigts voyons ! ‘‘

Le voilà qui exécutait sa sérénade. En soupirant de découragement, Kaëran pivota et s’en retourna vers la cuisine pour sortir les coupes. En ressortant, il croisa sa douce et s’arrêta pour l’embrasser tendrement alors qu’elle allait chercher les assiettes prêtes à être servies. Dans son regard il voyait que quelque chose n’allait pas et ça commençait à l’inquiéter. Gardant cependant le silence, ils se mirent à table et attaquèrent le repas avec appétit. Seule Ellana semblait se forcer et elle était pratiquement muette. Donc quand Emiya et Ayden parlaient ensemble, Kaëran jetait un coup d’oeil en direction de la couturière qui avait les yeux rivés sur son assiette. Une bonne dizaine de minutes plus tard, elle cessa tout simplement de manger.

Les assiettes furent bientôt vides et les coupes de vin remplies. Le Lieutenant allait se lever pour aider Ellana à débarrasser la table, mais elle lui dit de rester assis. Il hésita, ne voulant pas qu’elle fasse tout toute seule, mais se rassît en la voyant sourire. Elle disparut dans la cuisine et y resta un long moment. Kaëran réfléchissait et se demandait ce qui avait pu se passer pour qu’elle semble aussi perturbée.

‘‘ Tu sembles pensif, Kaëran. ‘‘

‘‘ Huh ? Non je ... ça va. Je réfléchissais seulement... ‘‘ Dit-il d’un ton évasif.

‘‘ Messieurs, je vais voir si Ellana n’a pas besoin d’aide. Nous revenons dans quelques minutes ! Merci pour le repas. C’était délicieux ! ‘‘

Ayden eut un large sourire et donna des coups de coude dans les côtes de son frère d’armes lorsqu’Emiya eut disparu. Le sujet de conversation ne tourna ensuite que sur Eylis et l’archer ne cessait de vanter sa beauté comme son charme et son rire. Kaëran se contentait de l’écouter tout simplement, mais avait l’esprit ailleurs.

Les jeunes femmes revinrent avec le dessert et une carafe de thé qu’on déposa sur la table du salon alors que les flammes du feu dansaient sous la cheminée. Encore une fois, c’était Emiya et Ayden qui entamaient les conversations pendant que Kaëran et Ellana ne faisaient qu’écouter. Ce fut ainsi jusqu’aux petites heures du matin lorsque la fatigue se fit sentir chez tout un chacun. Les invités furent raccompagnés jusqu’à la porte d’entrée et les bonnes nuits furent lancées. Les tourtereaux retournèrent au salon pour tout ranger puis montèrent à l’étage faire leur routine du soir: toilette, changement de vêtements et dodo. Hewie grimpa sur le lit et se coucha en boule au pied alors que ses maîtres s’approchaient. Cependant, Ellana ne s’allongea pas et resta assise, silencieuse. Le Lieutenant leva les draps et s’asseya à ses côtés, tournant les yeux vers sa douce. Qu’avait-elle ?

‘‘ Kaëran… Emiya m’a parlé et… dans la conversation, elle m’a dit qu’elle avait tenté avec toi simplement parce que tu… tu avais dit que… personne ne t’attendait. ‘‘

Un frisson d’horreur lui parcourut l’échine, amenant avec lui de profonds remords. Ayant soudainement honte de lui, Kaëran baissa les yeux.

‘‘ Je ne t’en veux pas, et tu ne dois pas t’en vouloir, mais… sur le coup, j’avoue que ça m’a fait étrange, là, en moi… alors… l’as-tu dit pour pouvoir tourner la page ? Ce qui est normal… ou… pour autre chose? Je voudrais juste… comprendre, Kaëran… ‘‘

Son regard bleuté mélangé au vert vif de son oeil droit se posa sur Ellana qui souriait faiblement. Il n’arrivait pas à le lui rendre. Comment pouvait-il le lui faire alors qu’il se sentait aussi mal à l’heure actuelle ? Ce simple détail avait été oublié alors que pourtant, il était si important. Le Lieutenant se souvenait de cette soirée comme si c’était hier. Ce soir où on lui avait demandé si quelqu’un l’attendait chez lui. Le dilemme qui s’était imposé à lui avait fait terriblement mal, car il ne savait pas quoi dire; il ne savait plus. Kaëran avait cru qu’Ellana ne lui permettrait plus de l’approcher... qu’elle le rejetterait.
Les mains d’Ellana s’éloignèrent alors.
Non...

‘‘ Ellana... ‘‘

Encore une fois, les mots se bloquaient dans sa gorge et il fronça les sourcils. Dans un soupir, Kaëran se leva et alla se poster devant la fenêtre. Il cherchait comment formuler ses phrases sans risquer de blesser Ellana.

‘‘ Je croyais, à ce moment, que tu... ne me laisserais plus t’approcher. Tu étais chez Eiriel. Tu n’étais plus à la maison. Je... ‘‘ Sa main droite se porta à sa nuque qu’il frotta lentement en baissant la tête. Ses paupières se fermèrent un long moment. ‘‘ Je ne savais pas quoi répondre, car je ne savais pas où nous en étions. Peut-être était-ce mieux de tourner la page ? Cette question, je me la suis posée régulièrement pendant mon remplacement... je ne peux pas te le cacher Ellana. J’avais peur de te perdre... sur le coup, je me suis dit que la réponse la plus plausible était non vu les circonstances. ‘‘

Un long silence s’installa avant qu’il ne se tourne vers Ellana, posant enfin son regard sur elle. Il était affreusement désolé et cela transparaissait sur les traits de son visage.

‘‘ J’aurais dû te le dire avant... mais quand bien même j’aurais voulu tourner la page, je n’y serais pas parvenu. Je t'avais dans la peau. ‘‘

Ellana avait baissé la tête à son tour et dit:

‘‘ J’ai aussi cru que c’était fini Kaëran. Je me disais tout le temps que notre histoire s’était achevée sans même avoir pu débutée. Je ne peux pas t’en vouloir d’avoir dit ça. Je trouve ça même... normal... ‘‘

Mais elle s’était relevée et s’était rendu jusqu’à lui aussitôt qu’elle eut terminé sa première phrase. Ses mains douces se posèrent sur ses joues, forçant ainsi le jeune homme à la regarder dans le blanc des yeux. Pourquoi à chaque fois se perdait-il dans ces iris ?

‘‘ Je n’aurais pas pu non plus passer à autre chose. Même si... même si je suis devenue une putain, je ne pensais qu’à toi. Tout le temps, à chaque instant. Même... même quand... avec... ‘‘ Elle soupira et finit en murmurant: ‘‘ Je t’aime Kaë. Je suis à toi... jamais tu ne me perdras... jamais... ‘‘

Les yeux d’Ellana brillaient sous les rayons de la lune qui traversaient la fenêtre et son visage devenait de plus en plus triste. Elle se mordit la lèvre inférieure et ne put retenir ses larmes de couler alors qu’elle approchait son visage de celui de son homme. Kaëran frissonna lorsque les lèvres de sa douce touchèrent les siennes et il le lui rendit avec une passion non dissimulée.

‘‘ Je t’aime aussi Ellana. Comme un fou... ‘‘ Susura t-il à son oreille avant de l’embrasser de nouveau avec un peu plus de fougue et la serrant contre lui, comme s’il voulait que leurs deux corps fusionnent.

Sauf qu’il fit reculer la couturière jusqu’au lit où elle tomba à la renverse. Le Lieutenant, ne détachant pas sa bouche de celle de son amour, attrapa ses cuisses et l’allongea convenablement sur le matelas. Ses mains vinrent ensuite se poser sur les joues de la jeune femme où il essuya les larmes délicatement.

‘‘ Tu seras la dernière à entrer dans ma vie... la dernière... ‘‘ Murmura t-il, reculant à peine son visage du sien. ‘‘ Je t’appartiens aussi, ma douce. Fais ce que tu veux de moi... ‘‘ Termina t-il en mordilla son oreille gauche, tout en caressant son corps en entier.

Ce fut dans la passion et la douceur que les jeunes gens s’unirent à nouveau, solidifiant avec plus de force leurs sentiments.
Le lendemain matin, ce fut de peine et misère que Kaëran se réveilla. Il avait les cheveux en bataille comme jamais et les couvertures recouvraient à peine son corps ainsi que celui d'Ellana. Ça expliquait pourquoi il avait la chair de poule. Les yeux mi-clos, le Lieutenant posa son regard sur son ange qui dormait sur le ventre, tenant l’une de ses mains. Il y avait un léger sourire sur ses lèvres, ce qui lui en soutira un à son tour. Le jeune homme se pencha au-dessus de sa taille, effleurant sa peau de sa bouche jusqu’à ses hanches. La couturière commençait à bouger et se tourna sur le dos se mettant involontairement au supplice des baisers de son homme. Il passa des hanches de sa douce à son bas-ventre et remonta tranquillement le chemin jusqu’à sa poitrine, son cou puis ses lèvres. Les paupières d’Ellana s’ouvrirent enfin et elle ricana légèrement lorsque Kaëran frotta son nez au sien.

‘‘ Bon matin, mon ange. ‘‘ Dit-il d’une voix suave.

Sans prévenir, Kaëran empoigna les couvertures et la tira hors du lit pour la traîner jusqu’à la salle de bain pour se laver. Ils se séchèrent puis descendirent pour prendre le petit déjeuner. Le Lieutenant monta revêtir son armure une fois que tout fut nettoyé et rangé puis il entoura les épaules d’Ellana d’une laine pour ne pas qu’elle attrape froid pendant le trajet. Il tenait fermement sa main dans la sienne et en chemin, ils croisèrent Ayden et Emiya qui riaient. Ils terminèrent donc le chemin ensemble et une fois au palais, l’adjudant les laissa pour aller à la rencontre du chef de l’armée. Bien entendu, la présence d’une femme vêtue d’une armure ne passa pas inaperçue. Kaëran lui, fila vers la cour d’entraînement et laissa Ellana s’installer non loin des présentoirs d’armes alors qu’il s’occupait de l’entraînement matinal des hommes. Il faisait le tour de ses rangs pour reprendre les recrues lors de mauvais mouvements et une bonne heure s’écoula avant que le terrain ne se vide pour faire place à de nouveaux rangs. Comme un autre Lieutenant prenait le relais, Kaëran prit les mains de sa douce et chercha son baiser pour ensuite l’entraîner vers son bureau qui n’avait pas été occupé depuis un moment. La seule différence était la pile de parchemins qui s’étaient épaissis.

‘‘ Fais comme chez toi. Je dois feuilleter quelques dossiers alors tu peux lire un des bouquins qui se trouvent ici si tu le désires. ‘‘

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Lun 1 Avr - 11:11

- Ellana...

La douleur transparaissait dans ce simple mot. Et elle se sentit encore plus mal d'avoir abordé le sujet. Ce fût pire encore lorsqu'il soupira et se releva. Elle l'entendit marcher et se stopper, devinant qu'il était à côté de la fenêtre. Il avait été si heureux toute la journée et voilà qu'elle avait fait rejaillir la douleur…

- Je croyais, à ce moment, que tu... ne me laisserais plus t’approcher. Tu étais chez Eiriel. Tu n’étais plus à la maison. Je...

Il y eut une pause durant laquelle elle pivota, regardant son dos, sa main caressant sa nuque, geste machinal quand il était embarrassé.

-Je ne savais pas quoi répondre, car je ne savais pas où nous en étions. Peut-être était-ce mieux de tourner la page ? Cette question, je me la suis posée régulièrement pendant mon remplacement... je ne peux pas te le cacher Ellana. J’avais peur de te perdre... sur le coup, je me suis dit que la réponse la plus plausible était non vu les circonstances.

Suite à cela, le silence s'installa. Ellana restait immobile, tournée vers lui, et lorsqu'il se retourna pour la regarder, elle vit tant de culpabilité dans son visage, de souffrance, que sa gorge ce serra. Comme elle lui avait dit, c'était normal qu'il dise ça. Elle non plus ne savait pas ou ils en étaient réellement. La différence était que lui craignait la perdre et elle…croyait l'avoir déjà perdu.

- J’aurais dû te le dire avant... mais quand bien même j’aurais voulu tourner la page, je n’y serais pas parvenu. Je t'avais dans la peau.

Cette fois, ce fût elle qui baissa les yeux, se tordant les mains entre ses jambes croisées.

- J’ai aussi cru que c’était fini Kaëran. Je me disais tout le temps que notre histoire s’était achevée sans même avoir pu débuter. Je ne peux pas t’en vouloir d’avoir dit ça. Je trouve ça même... normal...

Elle se leva, marcha lentement jusqu'à lui. Ils étaient ensemble…invincibles. Ils avaient déjà connu tant de malheurs qu'elle était persuadée que rien ne pourrait les séparer. Même si des disputes naissaient, même s'ils n'étaient pas d'accord sur un point…ils resteraient ensemble…
Lentement, elle leva les mains, et les posa délicatement sur les joues de son Lieutenant, exactement comme lui le faisait pour elle. Elle plongea dans son merveilleux regard bleu tacheté de vert et poursuivit :

- Je n’aurais pas pu non plus passer à autre chose. Même si... même si je suis devenue une putain, je ne pensais qu’à toi. Tout le temps, à chaque instant. Même... même quand... avec...

Elle soupira. Ce n'était pas la peine de préciser de quoi elle parlait en disant ça. Oui, même quand elle couchait avec de purs inconnus, Kaëran s'imposait à elle et la douleur la rongeait. La douleur de ce dire qu'elle l'avait abandonné et trahit. Qu'elle l'avait trompé tant de fois…
Les yeux s'humidifiant, elle acheva en un murmure :

- Je t’aime Kaë. Je suis à toi... jamais tu ne me perdras... jamais...

Elle voulait être là pour lui, tout le temps. Voulait le rendre heureux. Le voir sourire chaque jour…elle se mordit la lèvre, tentant vainement de retenir ses pleurs. Mais impossible. Les larmes coulèrent tandis qu'elle se rapprochait et posait délicatement ses lèvres sur celles de son homme. Elle l'embrassa doucement, avec tendresse, pour lui montrer qu'il n'était pas seul. Il ne l'était plus et ne le serait jamais plus. A moins qu'il ne veuille plus d'elle, ce qu'elle doutait. Et une nouvelle fois, elle remercia les cieux d'avoir mis Kaëran sur sa route. Il avait pardonné toutes les tromperies, même si elles étaient involontaires…

- Je t’aime aussi Ellana. Comme un fou...

Il le lui avait susurré avant de l'embrasser de nouveau en la serrant contre lui, comme si c'était un secret qu'eux seuls devaient connaître. Et elle, elle pleurait toujours, ses larmes ce mêlant au goût sucré du baiser. Lentement, il la fît reculer et elle n'opposa aucune résistance. Elle sentit le lit taper ses jambes qui se plièrent, et elle tomba à la renverse tout contre le matelas, Kaëran avec elle, leurs bouches toujours fusionnées. Elle frissonna lorsqu'il agrippa ses cuisses pour la coucher convenablement sur le lit.

Il se détacha de quelques centimètres, ses mains venant essuyer les larmes, murmurant :

- Tu seras la dernière à entrer dans ma vie... la dernière...

Ses mains commencèrent leur parcours sur son corps, la caressant en entier et lui envoyant de doux frissons. Mordillant son oreille, il termina :

-Je t’appartiens aussi, ma douce. Fais ce que tu veux de moi...

Elle réussit à lui sourire légèrement, caressant elle aussi le corps du Lieutenant. Elle le sentait fébrile, ses mains la découvrant une nouvelle fois dans son intégralité. Ce fût une nouvelle nuit de passion, teinté cette fois d'une sorte de pardon au regard d'un passé qu'ils voulaient mettre loin dans leurs esprits. Mais surtout, leur lien se faisait de plus en plus solide, et chaque coup de rein semblait être une maille de plus. Ellana voulait le combler. Et lorsqu'enfin ils s'endormirent, il semblait l'être…

Au matin, Ellana dormait encore paisiblement, frissonnant de froid par instant, couchée sur le ventre et serrant la main de Kaëran dans la sienne. Elle n'avait guère remarqué qu'il s'était réveillé, tout comme était loin l'idée qu'il doive retourner travailler…

Seulement, elle sentit quelque chose de doux ce déposer sur sa peau, de haut en bas, délicatement. Les frissons qui l'envahirent ne furent plus ceux causés par le froid…Lentement, son esprit revint au monde réel, et bougea, pivotant sur le dos en gardant les yeux fermés. Mauvaise idée ? Non…

Aussitôt sur le dos, ce fût avec plus d'intensité que son homme l'embrassa, partant de son bas-ventre pour remonter, lentement…Elle le sentit arriver à la poitrine, ses mains caressant ses hanches, puis il y eut le cou, et enfin, ses lèvres. Ce ne fût que là qu'elle ouvrit les yeux, ricanant quand il frotta son nez au sien. Elle aimait bien ça !

- Bon matin, mon ange.

Elle ne put même pas répondre qu'il tira les couvertures et la sortit du lit, l'entraînant dans la salle de bains. Ils se lavèrent donc et se séchèrent avant de descendre prendre un bon petit-déjeuner. Ellana terminait de tout nettoyer pendant qu'il remontait mettre son armure et lorsqu'il descendit, elle ne put s'empêcher de sourire. Il était…terriblement craquant, une fois transformé en boîte de conserve…

Il lui mit une petite laine sur le dos, parce que malgré le printemps, il faisait encore un peu trop froid, et ils sortirent, main dans la main. En chemin, ils croisèrent Ayden et Emiya qui riaient ensemble à une plaisanterie de l'archer, et ils finirent le chemin à quatre. Ellana se dit soudainement que cela faisait longtemps qu'ils n'avaient plus parlé à Eiriel et Dorguan…

Au Palais, Ellana remarqua à peine qu'Emiya les quittaient pour aller voir son supérieur. En fait, la jeune femme admirait une nouvelle fois tout ce qui l'entourait. Comme une redécouverte. Elle suivit le Lieutenant dans la cour, comme la première fois, et elle s'assit sur la première marche du petit cabanon ou ils rangeaient les équipements. Elle regarda, curieuse, l'entraînement, ne manquant pas de voir les jeunes recrues lui faire des clins d'œil ou de tenter de ce mettre en avant en lui montrant qu'ils avaient du muscle. Elle souriait, amusée de leurs vaines tentatives, et reportait son attention sur le Lieutenant. Il avait arboré le visage de sa fonction, dur et strict. Il était intransigeant et n'hésitait pas à mettre au supplice les soldats récalcitrants. Elle se demandait même ce que ça ferait, au lit, si elle lui demandait de jouer au Lieutenant…elle subirait sans doute un supplice encore pire que ce qu'il lui avait déjà fait !

Elle se prit à rire toute seule en imaginant la scène et resserra la laine autour de ses épaules en frissonnant. De froid seulement ? Pas sûr…

Les recrues furent remplacées par d'autres au bout d'une bonne heure et Kaëran s'approcha d'elle, prenant ses mains pour la relever et cherchant son baiser bien mérité. Ils retournèrent dans le Palais, laissant à l'autre Lieutenant le soin de torturer les pauvres soldats. Dans les couloirs, elle regardait à nouveau partout comme une gamine qui découvrait les choses banales de la vie, et Kaëran la conduisit dans son bureau. Il n'avait pas changé depuis la dernière fois qu'elle était venue, il y avait si longtemps. Seule une pile de dossiers manquant s'écrouler témoignait de la longue absence…

-Fais comme chez toi. Je dois feuilleter quelques dossiers alors tu peux lire un des bouquins qui se trouvent ici si tu le désires.

Ellana acquiesça et retira la laine qu'elle accrocha à une patère fixée au mur. Kaëran s'était installé derrière le bureau et commençait son travail, aussi fît-elle le moins de bruit possible en marchant dans la pièce et regardant les livres, cherchant celui qui pourrait l'intéresser. Et elle trouva. Un petit livre qui semblait évoquer l'histoire de la ville. Elle s'assit dans un coin pour ne pas gêner et l'ouvrit, commençant à lire. Ca faisait si longtemps qu'elle eut du mal au départ, mais au fur et à mesure cela revint, et dans sa tête elle se revit avec Kaëran en train d'apprendre, il y avait de ça bientôt…cinq mois. Ca passait si vite…

Plongée dans sa lecture, la plume de l'homme qui grattait les feuilles comme seul bruit ambiant, elle sursauta lorsqu'on toqua à la porte. Kaëran fît entrer le visiteur et se leva tout de suite en voyant son supérieur, Ellana l'imitant alors et reculant encore pour ne pas causer d'ennuis à Kaëran. Peut-être n'avait-il pas le droit de l'emmener dans son bureau…

-Lieutenant, je viens de m'entretenir avec Mlle Eylis. Soldat prometteur, j'en ai l'intuition. Et je vous fais confiance…Seulement elle ne connaît pas vraiment notre fonctionnement ni la ville dans ces moindres détails comme nous. Elle ne connaît pas non plus les pièges à éviter dans les rues. Aussi je voudrais que vous preniez la tête de la patrouille de cet après-midi et lui montriez le B.A-BA. Et bien sûr, Ayden viendra avec vous…il me semble…enthousiaste…de côtoyer une femme soldat.

Le Chef de l'Armée ce permit de sourire, imité par Kaëran et plus faiblement par Ellana. C'est là qu'il la remarqua. Il s'inclina devant elle et lui dit :

-Mlle Stark, ravi de vous revoir saine et sauve. Veuillez bien croire que ce qui vous ait arrivé nous a tous chamboulés et je suis navré de n'avoir rien pu faire pour vous sortir plus tôt de cet enfer. J'espère que vous vous en êtes tout de même bien remise.

-Oui, merci Monsieur. Ne soyez pas navré, mon…ravisseur n'en était apparemment pas à sa première victime…

-Non malheureusement. Et croyez bien que j'ai eu mal pour chaque femme retrouvée morte. Ne pas réussir à lui mettre la main dessus avant cela m'horripilait…

Il se racla la gorge, sincèrement désolé. Ellana ne savait pas trop quoi dire.

-Bien, je ne vais pas vous déranger plus longtemps. Il se dirigea vers la porte et l'ouvrit, se stoppant à la dernière seconde pour dire, main sur la poignée Mlle, le Lieutenant Eira m'a parlé de votre…père. Je pense qu'il vous a aussi dit ce qu'il souhaitait faire. Votre témoignage pèsera énormément sur cette affaire. Si vous le souhaitez, vous pouvez en parler cet après-midi et nous le noterons.

-Oui, Kaëran m'en a parlé et…je préférerais l'écrire…c'est…plus simple.

Il acquiesça.

-J'enverrais l'un de mes hommes vous "surveiller" alors. Pas que je ne vous fasse pas confiance, mais moins on laisse de marge d'action à l'ennemi et mieux c'est. Au revoir…

Elle le salua, et respira profondément. Elle n'avait guère imaginé devoir écrire tout ça si tôt. Et surtout, sans Kaëran. Celui-ci ne semblait pas non plus très enchanté de devoir la laisser seule.

-Ne t'en fais pas…on est au Palais, rien ne peut m'arriver…j'écrirais l'histoire et voilà…

Elle lui sourit, mais cela n'effaça pas totalement l'inquiétude de son visage. Mais il devait le faire, aussi se rassirent-ils et reprirent leurs activités. A midi, ils déjeunèrent tranquillement, retrouvant Emiya et Ayden, et en début d'après-midi, Kaëran la conduisit à son bureau avant de repartir sur un dernier baiser.

Enfermée dans la pièce, elle sursauta lorsque, cinq minutes plus tard, l'on toqua et entra sans attendre. C'était un soldat en armure, qui s'inclina devant elle.

-Mlle, l'on m'a demandé de vous garder durant votre rédaction. Tenez. Dit-il d'une voix grave en lui tendant feuilles et plume.

Elle les prit en le remerciant, et s'assit à la place de Kaë, déjà tremblante. Le soldat se posta derrière elle, droit comme un I. Sentir son regard sur ses épaules la rendait mal à l'aise, mais elle ne dit rien. Il était temps… d'écrire noir sur blanc son passé.

Elle commença donc, racontant qu'elle n'avait pas été désirée. Et que, en tuant sa mère à la naissance, elle avait allumé une haine profonde chez son père, qui ne l'avait dès lors jamais traitée comme un être humain normal. Il lui inculquait des règles à coups de poings, et la traitait en esclave. Elle passa à son adolescence, ou elle remarqua que son corps changeait. Sa poitrine prenait forme, et quand elle se voyait dans un miroir, elle se demandait si ce n'était pas une maladie. Et surtout, l'arrivée de ses règles avait été un cauchemar, ne sachant pas ce que ça signifiait. Son père lui disait seulement que c'était à cause de sa malédiction, comme les yeux bicolores. Une malédiction pour la punir de vivre, la punir d'avoir tué sa mère. Mais c'était aussi à ce moment-là que son père…avait commencé à venir, la nuit. Elle commença à trembler plus fortement encore en décrivant comment il l'avait touchée, comment il l'avait fait expérimenter des choses qu'elle trouvait répugnantes…

Elle s'arrêta un instant, les larmes au bord des yeux. Non ! Elle ne devait pas pleurer ! Pas encore ! Il fallait qu'elle soit forte. Et surtout, elle ne voulait pas que le soldat pense qu'elle était faible. Cela risquait de retomber sur Kaëran. Inspirant, elle reprit, contrôlant du mieux qu'elle pouvait ses tremblements pour que cela reste lisible.

Elle décrivit simplement que c'était tout le temps ainsi, et que son père cherchait un homme à qui la vendre. Il la préparait à être docile, serviable, obéissante, et surtout, à sa première nuit avec l'homme. Elle arriva donc au moment ou Kaëran arrivait. Un jeune homme refermé qui avait été berné par le tailleur qui l'avait forcé à acheter Ellana. Elle se souvenait l'avoir suivit, tête basse. Elle précisa que ça avait été aussi la toute première fois qu'elle était sortie de chez elle. La première fois qu'elle avait sentit le vent dans ses cheveux et le soleil sur sa peau. Elle raconta son arrivée chez les Eira, Naël, malade…elle raconta le soir venu, quand elle était apparue nue chez le Lieutenant qui lui avait dit qu'elle pouvait partir. Ses certitudes qui se brisaient parce qu'elle ne comprenait pas pourquoi il n'agissait pas comme son père lui avait dit. Son incompréhension totale qui lui avait fait comprendre qu'elle devait partir alors que Kaëran avait juste dit que si elle souhaitait s'en aller elle le pouvait. La rue, la pluie, le noir…le Lieutenant venant la chercher et la forçant à croiser son regard…tout. Elle écrivit tout. Sa seconde entrevue avec son père, son repli…Raven qui s'introduisait dans la chambre…Elle passa en vitesse sur la période ou Kaëran lui apprenait à vivre comme une personne normale et arriva…à ce fameux jour. Elle raconta donc son enlèvement, les larmes trop proches de couler. Le viol affreux subit, Raven qui n'avait pas été tendre, mais surtout, son père qui était venu la veille de sa condamnation pour la toucher pendant que son comparse la violait une centième fois….
Sa peur quand elle avait été abandonnée dans la ruelle, gelée, sans force. Elle avait cru mourir…jusqu'à ce que Kaëran arrive…

Elle s'arrêta, en pleurs. Elle posa la plume en tremblant. Elle n'allait pas raconter qu'elle était devenue une putain. Qu'elle avait fait mal à Kaëran. Parce que ça ne concernait pas son père directement. Voyant qu'elle avait terminé, le soldat s'avança et prit la feuille doucement, évitant avec respect de la regarder dans cet état. Il sortit en la remerciant, la laissant seule. Elle se releva, et alla vers la fenêtre. Posant son front contre la vitre, elle ferma les yeux. Elle se disait que c'était la dernière étape. Ca, puis sans doute le jugement. Les dernières étapes de cet enfer. Elle voulait se convaincre qu'ensuite tout serait terminé et qu'elle pourrait vivre tranquillement avec Kaëran et les siens, lui donner des enfants…


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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Lun 1 Avr - 17:54


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Chapitre 4
L’Enquête, partie 6

◆ ◆ ◆



Kaëran avait ouvert le couvercle d’un énorme coffre en bois une fois la clé entrée dans la serrure. À l’intérieur s’amassait une foule de papier-parchemin soigneusement séparé par ordre alphabétique. Fouillant de ses mains, le Lieutenant sortit un dossier plus ou moin mince et vint s’installer derrière son bureau. Une relecture fut faite puis la plume que l’homme tenait en main droite se mit à gratter le papier où l’encre s’imbiba. Maintenant, il ne lui restait plus qu’à écrire ses pensées en ce qui concernait Stark. Le Lieutenant commença du départ, émettant l’hypothèse que la mort de sa femme avait rendu cet homme fou au point qu’il déferle sa rage sur sa progéniture tout au long de sa jeunesse, et ce, jusqu’à l’âge adulte. Il mit aussi en écrit ce qui s’était produit à la taverne le premier soir où lui-même l’avait rencontré. Le soir où Stark avait voulu lui vendre sa fille et lui bourrant le nez d’alcool. Kaëran ne pouvait se cacher que cet homme avait un sacré culot de proposer une telle chose à un homme de loi gradé. Il ne pouvait se le cacher; Stark ne semblait avoir peur de rien. La plume continua ses torsades sur le papier jusqu’à ce que les mots décrivent les évènements de la veille : l’arrivée d’Ellana dans sa demeure. Les comportements étranges dont la jeune femme avait fait preuve tout au long du trajet tels la méfiante, la peur, l’infériorité qu’il ressentait lorsqu’elle le suivait. Les détails de la soirée aussi furent inscrits; lorsqu’elle s’était présentée nue à lui, attendant qu’il la prenne, tout comme l’incompréhension qui avait régné dans le regard d’Ellana.
Le Lieutenant était submergé par la rédaction de son dossier lorsqu’on toqua à la porte de son bureau, le faisant légèrement sursauter. Il poussa sa chaise vers l’arrière, se leva après avoir levé la voix pour donner sa permission. Le Chef de l’armée entra donc et referma la porte derrière lui avant de s’approcher. Des salutations s’en suivirent puis celui-ci ouvrit la bouche.

‘‘ Lieutenant, je viens de m’entretenir avec Mlle Eylis. Soldat prometteur, j’en ai l’intuition. Et je vous fais confiance… Seulement elle ne connaît pas vraiment notre fonctionnement ni la ville dans ces moindres détails comme nous. Elle ne connaît pas non plus les pièges à éviter dans les rues. Aussi je voudrais que vous preniez la tête de la patrouille de cet après-midi et lui montriez le B.A-B.A. Et bien sûr, Ayden viendra avec vous… il me semble… enthousiaste… de côtoyer une femme soldate. ‘‘

Tout comme son supérieur, Kaëran ne put se retenir de sourire, amusé à cette fin de phrase. Il n’avait pas tort, car depuis qu’Ayden avait vu de quoi Emiya avait l’air physiquement, l’archer ne voulait qu’apprendre à la connaître, ou plutôt, la courtiser. C’était tout lui ça ! Le Chef n’aperçut qu’Ellana à ce moment, Kaëran l’avait bien vu ça, car il semblait surpris sur le coup.

‘‘ Mlle Stark, ravi de vous revoir saine et sauve. Veuillez bien croire que ce qui vous est arrivé nous a tous chamboulés et je suis navré de n’avoir rien pu faire pour vous sortir plus tôt de cet enfer. J’espère que vous vous en êtes tout de même bien remise. ‘‘

‘‘ Oui, merci Monsieur. Ne soyez pas navré, mon…ravisseur n’en était apparemment pas à sa première victime… ‘‘

‘‘ Non malheureusement. Et croyez bien que j’ai eu mal pour chaque femme retrouvée morte. Ne pas réussir à lui mettre la main dessus avant cela m’horripilait… ‘‘

Comme tous les hommes qui menaient les recherches afin d’attraper ce scélérat. À chacune des victimes, c’était une véritable scène d’horreur et tous espéraient que cela se terminerait. Mias chaque mois il y en avait une nouvelle. Le supérieur de Kaëran regarda Ellana d’un air désolé puis bougea, signe qu’il était sur son départ.

‘‘ Bien, je ne vais pas vous déranger plus longtemps. ‘‘

Celui-ci leur tourna dos et s’en alla vers la porte donnant sur un long et large couloir du palais. Une main se posa sur la poignée, mais avant de la tourner, le Chef d’armée se retourna de nouveau vers la couturière.

‘‘ Mlle, le Lieutenant Eira m’a parlé de votre… père. Je pense qu’il vous a aussi dit ce qu’il souhaitait faire. Votre témoignage pèsera énormément sur cette affaire. Si vous le souhaitez, vous pouvez en parler cet après-midi et nous le noterons. ‘‘

‘‘ Oui, Kaëran m’en a parlé et… je préférerais l’écrire… c’est… plus simple. ‘‘

‘‘ J’enverrais l’un de mes hommes vous «surveiller» alors. Pas que je ne vous fasse pas confiance, mais moins on laisse de marge d’action à l’ennemi et mieux c’est. Au revoir… ‘‘

La porte se referma puis Kaëran se rasseya. Ses yeux se posèrent sur Ellana qui respirait profondément, soudainement prise d’un soudain mal aise. Il fallait dire que le Lieutenant n’aimait pas la laisser seule avec un étranger, surtout qu’il ne serait pas à ses côtés si jamais il lui arrivait quelque chose, bien qu’il en doutait. Ses frères d’armes étaient tous loyaux les uns envers les autres et surtout envers leur seigneur.

‘‘ Ne t’en fais pas…on est au Palais, rien ne peut m’arriver… j’écrirais l’histoire et voilà… ‘‘

‘‘ Je sais bien ... ‘‘

N’empêche qu’il angoissait juste à l’idée de la savoir loin de lui. M’enfin, elle avait certainement raison en fin de compte. Rien ne pouvait lui arriver tant et aussi longtemps qu’il y aurait des soldats autour d’elle. Kaëran soupira puis lui renvoya son sourire, se replongeant ensuite dans la rédaction du rapport qui condamnerait Stark à une mort certaine.
À midi, les cloches de la cathédrale sonnèrent dans toute la ville et déjà il y eut une rotation des quarts de travail au sein des rangs. L’heure de la pause repas était arrivée. Le Lieutenant Eira posa donc sa plume dans l’encrier et rangea soigneusement ses papiers avant d’enfermer la main gauche d’Ellana dans sa droite. Tous deux étaient envahis de grognement dû à la faim, alors autant allée casser la croûte, non ? Ils allèrent donc rejoindre Emiya et Ayden à la cantine puis à la fin du repas, Kaëran dut ramener Ellana dans son bureau. La quitter lui pinçait le coeur, mais il devrait inévitablement le faire un jour ou l’autre. Il ne pourrait tout de même pas l’amener avec lui tous les jours.
Ce fut suite à un doux baiser que le Lieutenant délaissa sa tendre moitié, l’archer le tirant au collet pour qu’il les suive. Emiya ne put que rire à cette scène et envoya la main à la femme que son frère d’armes voyait dans sa soupe pour une après-midi de patrouille.

Les soldats quittèrent donc le palais. Une dizaine d’hommes au total, incluant Eylis. Kaëran menait la troupe et prenait soin d’expliquer tout ce qu’Emiya devait savoir en ce qui concernait l’armée de Racium. Les différentes fonctions des soldats, les postes de surveillance aux remparts de la ville, les différents quartiers de la ville. Tout y passa sans exception. Les malfrats du quartier malfamé fuyaient dès qu’ils entendaient le tintement métallique des armes contre les armures, tout comme leurs pas lourds. La patrouille durant plus ou moins deux bonnes heures avant qu’ils ne reviennent au château du Roi. Kaëran prit la direction de son bureau et entra après avoir toqué afin de ne pas effrayer Ellana. Celle-ci ne semblait pas l’avoir entendu et il s’approcha lentement pour se glisser derrière elle et entourer sa taille de ses bras.

‘‘ C’est moi ... ‘‘ Chuchotta t-il.

Son menton se posa contre la tête de la jeune femme qu’il enferma un peu plus fortement dans ses bras après avoir eut remarqué sa tristesse. Cela avait dû être éprouvant pour elle d’avoir à revivre ce calvaire par la voie de l’écriture.

‘‘ Je suis navré que tu ais dû revivre tout ça, mais bientôt, ce sera terminé. Bientôt tu pourras vivre pleinement ta vie sans avoir peur que quelqu’un puisse te faire du mal. Je te jure qu’un jour tu seras en paix, Ellana. ‘‘

Il la fit tourner et essuya ses joues délicatement, embrassant son front, son nez et ses lèvres comme il aimait tant le faire. Leur code secret.

‘‘ Viens, rentrons à la maison. Ce soir un bon petit repas t’attend et ensuite je t’amène au lac pour te détendre. ‘‘

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Lun 1 Avr - 19:39

Regardant dehors, admirant la cour d'exercice sans la voir, Ellana était figée dans son passé. Il fallait qu'elle cesse avant que Kaëran ne revienne. Mais d'avoir tout écrit ainsi, ça avait fait revenir des souvenirs qu'elle souhaitait effacer pour l'heure. Même son corps ressentait tout et elle serra les jambes.

Elle inspira un grand coup, n'entendant pas qu'on toquait à la porte. Elle sentit des bras entourer sa taille et un murmure s'élever :

- C’est moi ...

Kaëran…sa chaleur contre elle lui fît énormément de bien. Elle tenta de sourire, n'y parvint que faiblement.

-Je suis navré que tu ais dû revivre tout ça, mais bientôt, ce sera terminé. Bientôt tu pourras vivre pleinement ta vie sans avoir peur que quelqu’un puisse te faire du mal. Je te jure qu’un jour tu seras en paix, Ellana.

Il n'avait pas à être navré. Cela avait été nécessaire. Sinon son père aurait pu tout faire pour se montrer sous son meilleur jour. Alors que là, si elle en croyait Kaëran comme le Chef de l'Armée, son témoignage ne lui laisserait plus beaucoup de champ d'action et le condamnerait sûrement. En y pensant, cela lui faisait étrange. Elle condamnait son père à une mort certaine…Mais comme il le disait, il le fallait pour qu'elle puisse vivre en paix et poursuivre sa route. Et surtout, pour que leurs enfants, s'ils en avaient, soient en sécurité…

Le Lieutenant la fît pivoter pour qu'elle lui fasse face et lui baisa doucement le front, le nez, puis les lèvres, comme il aimait le faire, essuyant délicatement ses joues. Et comme elle aimait quand il le faisait bien sûr.

-Viens, rentrons à la maison. Ce soir un bon petit repas t’attend et ensuite je t’amène au lac pour te détendre.

Elle hocha de la tête et lui prit la main, lui souriant et ils sortirent après avoir remis leurs manteaux. Elle devait arrêter d'y penser. Mais comment supprimer ce qui constituait votre vie dans sa totalité ? Ils saluèrent les soldats qu'ils croisèrent et se retrouvèrent vite dehors. Un léger vent soufflait et Ellana en profita pleinement durant tout le trajet. Le soleil ne descendait pas encore, et ce fût Hewie qui les accueillit joyeusement.

Le prenant contre elle, Ellana se redonna un meilleur sourire en le caressant, puis embrassa son homme tendrement.

-Je vais préparer le repas. Ce sera vite fait il y a des restes de hier soir…

Il avait déjà fait à manger la veille, elle pouvait le faire maintenant. Et puis cela lui laisserait le temps de préparer ce qu'il fallait pour le lac. Elle aimait aller là-bas. Déjà c'était le premier lieu qu'elle avait vu avec Kaëran, au tout début…

Allant dans la cuisine, elle prépara les casseroles, remua, réchauffa et dressa la table. Elle donna à manger et à boire à Hewie qui n'arrêtait pas de lui griffer la jambe, et elle était en train de terminer quand Kaë revint. Il s'assit et elle le rejoignit vite avec le repas. Le ventre du Lieutenant grondait si fort que cela la fît rire.

-Et bien dis donc, le grand air ça te creuse on dirait !

Il était à moitié rouge mais finit par en rire avec elle. Elle le servit généreusement et ils mangèrent calmement. Elle ne savait même pas combien de temps ça allait prendre, cette histoire de jugement…
Lorsque leurs estomacs furent rassasiés, ils débarrassèrent, lavèrent et rangèrent le tout, puis Ellana alla vite dans la salle de bain pour changer de haut qu'elle avait malencontreusement taché de sauce…
Remettant le gilet, elle prit la main du Lieutenant et le suivit une nouvelle fois. Le soleil descendait à présent, et lorsqu'ils arrivèrent au lac, elle ne put qu'être éblouie par la beauté du lieu.

Les lumières orangées du soleil couchant s'abattaient sur les eaux du lac, lui conférant une symphonie de couleur qu'elle n'avait jamais vues. C'était magnifique. Ils étalèrent une couverture au sol et s'assirent dessus, Kaëran la collant contre lui. Là, ils n'étaient qu'eux, seuls avec leur amour. Elle regardait le bout du lac, invisible à cette distance, caressant le torse du jeune homme machinalement. De temps en temps, elle relevait la tête, réclamant un baiser qu'il lui donnait sans hésiter.

Et, soudain, il se releva, lui prenant la main et l'entraînant avec lui. Curieuse, elle le suivit alors qu'il s'approchait du lac, se déshabillant. Il retira sa chemise, son pantalon, ses chaussures et ses chaussettes. Il se retrouvait en simple caleçon !

Elle écarquillait les yeux, ne comprenant pas ou il voulait en venir, jusqu'à ce qu'il se glisse dans l'eau. Rapidement, elle vit le liquide atteindre son torse, puis les épaules. La peur l'envahit. Non ! Il allait ce noyer ! Il ne pouvait pas ! Mais il souriait. Et il lui fît signe de le rejoindre.

Elle ?! Aller…dans l'eau ? Non…elle n'avait pas confiance. Enfin, en Kaëran si mais pas dans l'eau. La douche et le bain ne lui faisaient pas peur, mais ça…elle ne voyait pas le fond, il n'y avait pas de cordelette pour vider la cuve. Elle secoua la tête, terrifiée.

Il ressortit alors doucement, jusqu'à ce que l'eau soit au niveau de ces chevilles et lui montra par les gestes qu'elle n'avait rien à craindre.

-Kaë…je ne sais pas…bouger dans l'eau…

En fait elle voulait dire nager, mais ne savait pas que ça se nommait ainsi. Il sourit, et lui affirma qu'il allait lui apprendre. Elle se mordit la lèvre et, lentement, se dévêtit. Elle enleva le haut et le bas, se retrouva pieds nus dans l'herbe. Mais, le soutien-gorge ? Elle le laissa. Tant pis s'il était mouillé. (ouais comme ça Kaë peut le lui enlever avec les dents…//SBAFF//)

Elle avança avec une extrême prudence. Elle mit d'abord un pied dans l'eau, se familiarisa avec la sensation de tiédeur et de sable au fond avant d'y glisser le second et d'approcher de Kaëran qui lui tendait la main. Elle s'en saisit pour la serrer le plus fortement possible. Elle se cramponna à lui alors qu'il reculait et que l'eau grimpait jusqu'à sa poitrine. Elle bougeait des pieds, ne sentait plus le fond, paniquait littéralement.

-Kaë ! Me lâche pas! Supplia-t-elle en fermant les yeux.

Il fût d'une patience infinie. Il la fît se coucher sur le dos, gardant ses mains sur elle, et lui montra qu'elle flottait. Qu'elle n'avait rien à craindre. Lentement, il la relâcha, seulement lorsqu'elle le comprit, elle se remit à paniquer et faillit se noyer, emportée de moitié au loin.

Elle était complètement rouge de honte de lui faire endurer ça, mais n'y pouvait rien. Toute la soirée, elle s'entraîna à apprivoiser cet élément, à imiter Kaëran. Elle arrivait déjà à garder la tête hors de l'eau en position verticale quand ses pieds ne touchaient plus le fond, c'était déjà ça.

La nuit était tombée depuis longtemps quand ils sortirent, frissonnants. Oui il faisait tout de même un peu frisquet et ils étaient en petite tenue. S'emmitouflant dans les serviettes, se collant l'un à l'autre, ils décidèrent d'attendre pour pouvoir ce rhabiller et rentrer au chaud. Heureusement, Kaëran était une bouillotte ambulante parce qu'elle serait déjà morte frigorifiée sinon.

-M-merci, Kaëran… Dit-elle en claquant des dents.

Un bon quart d'heure après, ils renfilaient leurs affaires, et coururent jusqu'à la maison après avoir rangé les serviettes et la couverture. Au moins cela les réchauffa un tantinet. Ils soupirèrent d'aise quand la morsure du feu les étreignit. Hewie vint les renifler, mais l'odeur du lac ne semblait guère lui convenir parce qu'il émit un drôle de bruit et courut se coucher près du feu. Riant, les tourtereaux grimpèrent à l'étage pour se laver convenablement sous une bonne douche chaude, en profitant pour s'embrasser et faire embuer la pièce, et quand ils ressortirent, Ellana ne put s'empêcher de s'amuser à lui ébouriffer ses cheveux déjà en pétard naturellement et lui fît des sortes de pics. Il ressemblait un peu au diable ! Et elle ne put retenir son fou-rire.

Malheureusement, ou pas, il prit sa revanche et ce fût pire. Bah oui elle avait les cheveux bien plus longs. Imaginez ce que ça donne une fois malmenés comme le Lieutenant le fît ! Elle écarquilla les yeux devant la glace, ayant des cheveux partout, formant un amas compact et sans queue ni tête ! Elle tenta de faire la moue, mais elle n'était pas aussi bien réussie que celle de Kaëran. Il avait donc terminé de s'habiller et l'attendait depuis un bon quart d'heure dans le lit jusqu'à ce qu'elle vienne, les cheveux à nouveau lisses et démêlés. Elle s'était battue avec eux, grimaçant quand un nœud lui résistait. Elle avait même…coupé une mèche complètement impossible à remanier, mais chut, elle ne le lui dirait pas.

Et il riait toujours c'était ça le pire !

-Moque-toi ! Ricana-t-elle en lui lançant un coussin à la figure.

Et…cela ne l'arrêta pas. Non au contraire il lui renvoya l'ascenseur et vous l'aurez compris, cela s'acheva en bataille d'oreiller. A la fin, il l'emprisonna dans ses bras, tombant de tout son poids sur le lit et elle lui dit en riant à en avoir mal aux côtes :

-C'est bon ! Je me rends, par pitié monsieur le monstre ! Je ferais ce que vous voulez !

Essoufflée, elle attendit d'avoir son baiser, et lui lança un sourire étrange. Gardant le contact visuel, sa main descendit, jusqu'aux genoux…derrière les genoux…

Et hop ! Une dose de chatouille pour bien finir la journée. C'était à lui de rire à en avoir mal !!! Seulement elle ne le fît qu'une trentaine de secondes.

Se couchant de côté et mettant les draps convenablement sur eux, elle lui murmura alors :

-Bonne nuit mon ange gardien…dors bien…

Il lui répondit et après un dernier baiser, elle s'endormit, éreintée de cette journée haute en couleurs…


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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Mar 2 Avr - 1:33



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Chapitre 4
L’Enquête, partie 7

◆ ◆ ◆



Kaëran remit la petite laine autour des épaules de sa douce puis l’entraîna à sa suite en dehors du bureau. Main dans la main, les tourtereaux s’en retournèrent à la maison sous un soleil radieux. Il fallait dire que le Lieutenant avait terminé plus tôt qu’à son habitude. Marchant d’un pas plutôt lent, les gens jeunes gens ne purent que profiter de la brise plutôt qui qui caressait leur visage et se glissait dans leur chevelure.

La porte de la demeure fut déverrouillée et l’homme laissa sa bien-aimée entrer la première comme tout galant homme. Hewie fut le comité d’accueillir et dès qu’Ellana l’eut prit dans ses bras, celui-ci ce mit à ronronner, frôlant son museau contre le menton de la jeune femme. Celle-ci donne un tendre baiser à Kaëran qui passa à côté d’elle en vue de monter au second afin de se départir de son armure.

‘‘ Je vais préparer le repas. Ce sera vite fait il y a des restes d’hier soir… ‘‘

‘‘ Bien. Je monte en haut enlever cette ferraille et préparer un sac pour ce soir. Ainsi, ce sera fait. ‘‘

Comme dit, le Lieutenant disparut dans l’escalier une fois qu’il eut laissé ses bottes dans l’entrée, laissant sa protégée seule avec leur chat de garde. Dans sa chambre, Kaëran se débarrassa de son plastron, gantelets et tout le trala puis sortit un sac de toile du placard pour y mettre des vêtements de rechange plus chaud. Il sortit ensuite pour aller dans la salle d’eau prendre des serviettes et agrippa une couverture au passage. Le tout fin prêt, le jeune homme revint vers l’escalier et son ventre commençait à se tordre alors que l’odeur du repas lui montait dans les narines. Prenant place à table, monsieur estomac hurla à tout rompre.

‘‘ Bon sang... ‘‘

‘‘ Et bien dis donc, le grand air ça te creuse on dirait! ‘‘ Dit-elle en riant.

Le rouge lui monta aussitôt aux joues tellement il était gêné qu’un tel son sorte de son ventre. C’est bien la première fois qu’il entendait ça. M’enfin, il finit par rire à son tour puis ils commencèrent à manger tranquillement. Dehors, le soleil descendait lentement, mais surement, pour annoncer que la journée s’achevait. Le temps s’était considérablement réchauffé contrairement à cette matinée plus ou moins frisquette et c’était le moment idéal pour aller au lac. Espérant que l’eau ne soit pas trop froide.
La vaisselle fut nettoyée et rangée comme à l’accoutumée et pendant qu’Ellana montait se changer, Kaëran caressait Hewie qui se frôlait contre son bras droit en ronronnant. Voilà, ils étaient maintenant prêts à partir ! Le Lieutenant verrouilla donc derrière lui et prit la main de la jeune femme. Direction le lac.

Ils marchèrent une bonne vingtaine de minutes avant d’arriver sur les lieux et Kaëran baissa les yeux vers Ellana qui était ébloui par tant de beauté sauvage. La surface était calme et les rayons du soleil lui donnaient une étrange lueur, comme si des milliers de pierres précieuses s’y trouvaient. Le ciel lui donnait des teintes orangées, rendant le tout encore plus magnifique.

Pendant qu’Ellana s’émerveillait devant la nature, Kaë sortit la couverture et fut aidé par Ellana lorsque le moment de l’étendre sur l’herbe arriva. Ils prirent place et l’homme enferma sa protégée dans ses bras, la laissant caresser son torse par delà sa chemise. Quoi de mieux qu’une soirée comme celle-ci pour se détendre et terminer la journée ?

Sauf qu’une idée lui vint en tête.

Se redressant plutôt rapidement sur ses jambes, Kaëran prit une des mains d’Ellana et la força à en faire de même. Il s’approcha alors de l’étendue d’eau et commença à se dévêtir sans retenue comme ils étaient seuls dans les parages et puis, Ellana l’avait déjà vu en version intégrale alors il n’y avait rien de gênant là dedans maintenant. Il laissa le tout par terre à la plus grande surprise de la jeune femme qui semblait se demander ce qu’il faisait. L’eau était plus ou moins froide, mais ce n’était pas ce qui dérangeait Kaëran, chaleureux de nature. Ses pieds s’enfonçaient dans le sol boueux du lac jusqu’à ce qu’il n’ait que la tête et le cou hors du lac.

‘‘ Allez ! Viens ! Elle est bonne. ‘‘ Cria t-il de là où il se trouvait, sortant un bras de l’eau pour lui faire signe.

La couturière secoua négativement la tête, ne voulant absolument pas le rejoindre. Le Lieutenant poussa un soupir de découragement et revint vers elle, sortant ainsi de l’eau. Enfin, pas complètement, car il garda les pieds dans l’étendue, laissant la douce brise lui lécher la peau. L’homme lui montra que le lac ne la mangerait pas et attendit, les bras sur les hanches qu’elle daigne approcher.

‘‘ Kaë… je ne sais pas… bouger dans l’eau… ‘‘

Elle ne savait pas nager. Pas étonnant avec l’enfance qu’elle avait vécu. Si elle ne savait ni lire, ni écrire, il était normal qu’elle ne sache pas nager. Kaëran lui fit donc un sourire rassurant et lui dit:

‘‘ Tu n’as absolument rien à craindre, ne t’en fais pas. Je te montrerai comment nager et puis je serai à côté de toi en tout temps. ‘‘

Il semblerait qu’il l’eut convaincu, car elle était en train de se dévêtir avec incertitude. Ellana laissa ses vêtements avec ceux de son homme puis elle avança lentement vers l’eau où elle mit un pied, puis le second. Elle s’approcha avec prudence de Kaëran qui lui tendit une main et bientôt, la gauche de sa protégée s’y glissa, serrant fortement,

‘‘ Ça va aller, tu verras. ‘‘ Murmura t-il d’un ton rassurant.

Kaëran recula alors, forçant Ellana à se cramponner à lui brusquement, sous le coup de la panique. Au fur et à mesure qu’il se reculait, l’eau montait sur leur corps et s’arrêta dès qu’il jugea qu’ils étaient assez loin.

‘‘ Kaë ! Me lâche pas! ‘‘

‘‘ Calme-toi, Ellana. Il ne t’arrivera rien tant que je ne te lâcherai pas, d’accord ? Alors, respire, ne panique pas et tout ira bien. ‘‘

Avant de lui montrer quoi que ce soit, le Lieutenant attendit que le coeur de sa douce se calme puis ensuite il commençât les leçons de base en ce qui concernait la nage. Mais d’abord, il fallait qu’elle sache comment flotter à la surface de l’eau. Servant de support, Kaë la fit mettre à l’horizontale, gardant constamment une main sous la tête de la couturière, et la deuxième sous son dos. Faisant lui même preuve de calme, il lui expliqua doucement qu’elle devait garder une respiration plus ou moins régulière afin de rester à la surface de l’eau et que c’était lorsque ses poumons se vidaient qu’elle risquait de couler comme une pierre. Il la lâcha au moment où elle semblait s’être calmée et concentrée, mais lorsqu’elle s’en rendit compte, elle paniqua et coula, bien évidemment. Le soldat dut la repêcher et la serrer contre lui pour qu’elle se calme de nouveau, dégageant les cheveux qui lui obstruaient le visage.

‘‘ Avec de la pratique, tu y arriveras. Ais confiance en toi. ‘‘

La pauvre était rouge comme une tomate, mais il lui sourit pour lui remonter le moral et surtout lui signifier que ça lui faisait plaisir de lui apprendre à nager. Avec un peu plus d’acharnement et de motivation, Ellana continua les leçons et arrivait maintenant à rester sur place seule, sans toucher le fond de cette partie du lac.
La nuit tombée, ils sortirent de l’eau et frissonnèrent en sentant le vent s’abattre contre leur peau mouillée. Les serviettes furent rapidement enroulées autour de leur corps et ils s’installèrent sur la couverture, collée l’un contre l’autre pour se tenir au chaud.

‘‘ M-merci, Kaëran… ‘‘

‘‘ Ça me fait plaisir, voyons. ‘‘

Gardant sa serviette sur ses épaules, le Lieutenant dégagea ses bras pour entourer les épaules d’Elllana histoire de la réchauffer davantage. Ils patientèrent encore un moment, mais comme la jeune femme commençait à grelotter, mieux valait partir et s’installer devant un feu de foyer avant de se mettre au lit. Sauf qu’à leur arrivée, Hewie ne manqua pas de leur faire comprendre qu’ils empestaient, car il venait de fuir. Les tourtereaux ne purent que rire avant de monter à la salle d’eau pour leur toilette du soir et il fallait se l’avouer, l’eau chaude était délicieuse sur leur peau frigorifiée. Lorsque vint le moment de se sécher, Ellana ne se pria pas pour lui ébouriffer les cheveux au maximum et lui faire des pics sur la tête. Faisant la moue au fou rire de sa douce, Kaë se vengea aussitôt et bientôt un afro ornait la tête de la jeune femme. Il quitta la salle d’eau après avoir enfilé un pantalon de nuit, riant bien entendu.

Un quart d’heure s’écoula avant qu’Ellana ne revienne et dès qu’elle se pointa, il se remit à rire. Non, mais la tête qu’elle piquait valait tout l’or du monde. Je vous jure !

‘‘ Moque-toi ! ‘‘ Lança t-elle en ricanant.

Et hop, un cousine par la tronche. L’effet positif c’est que le Lieutenant se tut aussitôt, sauf que le négatif n’allait pas tarder à surgir. Kaëran prit son oreiller et le lança à Ellana qui le reçut elle aussi en plein visage. Voilà que la bataille commençait. La jeune femme se tenait debout sur le matelas, le soldat courant autour en lui assénant des coups sur les jambes jusqu’à ce qu’il en ait marre et la plaque sur le matelas, dans ses bras.

‘‘ C’est bon ! Je me rends, par pitié monsieur le monstre ! Je ferais ce que vous voulez ! ‘‘

‘‘ Ah oui ? Mais ... je ne sais pas si j’ai envie d’arrêter. ‘‘

Le souffle court, Ellana réclamait son baiser, qu’il lui donna, puis elle lui fit un sourire qui ne lui inspirait guère confiance. Que lui traversait-il l’esprit tout à coup. Ses sourcils se froncèrent alors que son regard ne déviait aucunement de celui de sa douce et c’est là qu’il sentit une main descendre sur sa cuisse... jusqu’aux...

OH NON !

Le soldat éclata de rire et se tortillait dans tous les sens, tentant d’échapper à l’emprise d’Ellana. Il riait à en avoir mal aux côtes et au ventre, mais cela cessa plus tôt qu’il l’avait escompté. Essuyant ses larmes, Kaëran chercha son souffle et soupira en se tournant sur le côté droit.
Les couvertures se posèrent alors sur leurs épaules...

‘‘ Bonne nuit mon ange gardien… dors bien… ‘‘

‘‘ Fais de beaux rêves, mon amour. ‘‘

Entourant la taille de sa protégée d’un bras, Kaëran la colla contre lui et déposa un baiser sur son front. Tout ce qu’il entendait était sa respiration mêlée à la sienne ainsi que son souffle contre son cou. Elle s’était endormie.
Le sommeil ne vint pas à sa rencontre immédiatement, en ce qui le concernait. Alors, il se contenta de caresser les cheveux de la couturière et son visage, admirant chacun de ses traits. Ainsi blottie, elle était adorable. On aurait presque dit une enfant qui rêvait à un monde rempli de fantaisies.

Ce ne fut qu’au bout d’une heure que Kaëran s’endormit à son tour.

Le lendemain matin, le temps était pluvieux et grisonnant. La brume envahissait la ville en entier et l’air était humide. Ce réveil-ci fut plus difficile vu que la noirceur était omniprésente dans la pièce et ce fut Ellana qui dut le brasser pour lui ouvrir les yeux. Il se dépêcha de se tirer hors du lit pour aller s’habiller et revêt son armure avant même de descendre, mangeant sur le pouce alors qu’il entourait Ellana de sa cape.

‘‘ Je dois te laisser avec Eiriel et Dorguan aujourd’hui, bien que j’aurais aimé te garder avec moi. J’essaierai de finir aussi tôt que demain. ‘‘

Il l’embrassa et tira son capuchon sur sa tête pour la protéger de la pluie durant le trajet. Le Lieutenant toqua donc à la porte du vieux couple et le forgeron leur ouvrit, les serrant dans ses bras à tour de rôle.

‘‘ Je dois partir pour le palais, je suis en retard... ‘‘

‘‘ Au fait, venez donc souper ce soir. Eiriel est en train de faire de la nourriture pour une armée. Et puis, ça fait un petit moment qu’on ne vous a pas reçu. ‘‘

‘‘ Ce serait avec plaisir. Alors, je vous dis à ce soir. Et... soit sage mon ange. ‘‘

Il embrassa tendrement Ellana, ayant même de la difficulté à se détacher d’elle. Il fallut que le forgeron les détache en lui disant qu’il serait doublement en retard s’il ne filait pas tout de suite. Kaëran ricana donc et partir au pas de course vers le palais.

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Mar 2 Avr - 18:34

Ellana dormit comme un loir, blottie contre Kaëran. Elle s’éveilla lentement, et grimaça en constatant que la météo n’était pas aussi clémente que la veille. Elle serait volontiers restée au lit, mais son homme devait travailler, aussi dut-elle le secouer pour le tirer du monde des rêves. Il mit du temps à émerger, mais lorsqu’enfin il ouvrit les paupières, ce fût panique à bord en voyant l’heure. Il courut s’habiller, enfila son armure et descendit, Ellana lui tendant un bout de pain tartiné qu’il mangea en lui mettant la cape autour des épaules.

Le pauvre, devoir stresser ainsi…

-Je dois te laisser avec Eiriel et Dorguan aujourd’hui, bien que j’aurais aimé te garder avec moi. J’essaierai de finir aussi tôt que hier.

Elle lui sourit pour qu’il sache qu’il n’était pas obligé de se précipiter pour finir. Le boulot avant tout, même s’il allait lui manquer tout au long de la journée. Et puis, elle espérait ne pas gêner les vieux mariés. C’était aussi pour ça qu’elle se disait qu’un jour elle pourrait rester seule à la maison sans avoir à s’inquiéter.

Recevant son baiser tandis qu’il baissait la capuche sur sa tête, ils sortirent, la pluie les accueillants gaiement pour le trajet les conduisant chez Eiriel et Dorguan. Ce fût d’ailleurs lui qui ouvrit, souriant et les serrant contre lui chacun leur tour. Kaëran lui expliqua qu’il était en retard et Dorguan pris deux secondes pour dire :

- Au fait, venez donc souper ce soir. Eiriel est en train de faire de la nourriture pour une armée. Et puis, ça fait un petit moment qu’on ne vous a pas reçu.

Ellana sourit. Effectivement, cela faisait un certain temps…

- Ce serait avec plaisir. Alors, je vous dis à ce soir. Et... soit sage mon ange.

Sage ? Mais bien sûr qu’elle était sage ! Non mais ! Elle ne faisait jamais de bêtise, jamais ! (ouh la menteuse euh, elle est amoureuse euh…..XD)

Il l’embrassa encore, ne voulant même pas se décoller. En même temps, elle ne fît rien pour l’inciter à partir et ce fût Dorguan qui le détacha en lui disant qu’il allait être vraiment en retard s’il continuait. Kaëran ricana donc et s’en alla, direction le travail. Ellana le regarda jusqu’à ce qu’il tourne au coin de la rue avant de laisser Dorguan refermer la porte.

Arrivant à la cuisine, elle vit qu’effectivement Eiriel était affairée aux fourneaux. Lorsqu’elle la vit, la paysanne sourit en s’exclamant :

-Ellana ma grande ! Ca faisait longtemps ! Kaëran t’empêche de sortir le vilain garnement ! Je ne peux pas te serrer dans mes bras je suis recouverte de sauce et autres tâches non identifiées, tu m’excuseras !

Ellana sourit, laissant Dorguan la débarrasser de son manteau.

-Je peux vous aider si vous voulez…

Eiriel soupira.

-Combien de fois dois-je te dire de me tutoyer ma belle ? Et, merci pour la proposition mais…

-Aujourd’hui tu viens avec moi. Coupa Dorguan en apparaissant dans l’encadrement de la cuisine.

Eiriel hocha de la tête, comme si tout avait été prévu. Comme s’ils avaient su qu’elle viendrait ce jour-là. Elle suivit donc Dorguan quand il lui fît signe, curieuse, et en chemin il lui dit :

-Nous nous doutions que tu viendrais aujourd’hui, Ellana. Nous avons vu que Kaë avait repris le boulot hier et Eiriel a donc prévu la nourriture en quantité pour vous garder ce soir parmi nous. Vous êtes un peu ces enfants tu vois…

Ellana acquiesça, descendant dans ce qui ce révéla être l’atelier du forgeron, ou elle était déjà allée, longtemps auparavant.

-J’espère que je ne vous dérange pas non plus…un jour, je pourrais rester seule chez Kaë…

Cette fois ce fût à Dorguan de pousser un profond soupir.

-Tu es aussi butée que Kaë ma parole ! Vous allez bien ensemble ! Tu ne nous dérange pas ! Au contraire nous aimons beaucoup ta compagnie ! Alors arrête avec ça et suis-moi.

Rougissante, elle suivit et sentit la touffeur de l’endroit l’envahir à peine entrée. Les armes exposées étaient les mêmes, tout comme le matériel. Dorguan s’approcha d’un établis et lui tendit un tablier en cuir et des gants qui paraissaient trop grands.

-Enfile-ça. Aujourd’hui, tu es mon apprentie. Je vais te montrer comment forger une dague. Je t’aide et ce sera la tienne.

Elle écarquilla les yeux. Vraiment ?! Elle allait vraiment…

Dorguan eut un fou rire en voyant la tête qu’elle tirait et lui enfila le tablier, serrant convenablement. Étant fine, il risquait de glisser et ne servirait plus à rien. Les gants étaient effectivement trop grands mais ils parvinrent à les rendre plus stables.

Ensuite, comme une enfant curieuse, elle observa le moindre des mouvements de Dorguan et l’aida. Elle put faire fondre le métal, le faire couler dans la forme adéquate, le faire plonger dans l’eau, s’effrayant au bruit et à la fumée qui s’en dégagea et laissa en revanche le forgeron le frapper pour lui donner une jolie forme, un peu comme ce qu’elle aurait fait en couture. Ils le laissèrent reposer le temps de manger le repas de midi puis poursuivirent tranquillement. Ellana créa sa garde, enrubannée de jolis fils de cuirs verts et bleus, pour Kaë, et Dorguan grave des rainures dans la lame, gravant son prénom dedans. La dague, au final, était resplendissante et en la prenant en main, Ellana eut peur de la briser.

-Merci, Dorguan, elle est…

-Belle comme sa propriétaire. Acheva-t-il. Tu diras à Kaëran que c’est toi qui l’as faite.

-Mais ce serait mentir…

-Non…tu as tout de même fait les trois-quarts…je n’ai fait que la partie qui demandait un peu plus de force et de technique…allez viens, on va se laver sinon Eiriel va me massacrer !

En riant, ils remontèrent, allant dans la salle de bains chacun son tour pour se rendre présentables. Ellana montra ensuite la dague à Eiriel, comme une fille fière de son exploit, et la posa sur la commode à l’entrée pour ne pas l’oublier quand ils repartiraient.

Là, elle aida Eiriel à terminer le repas et fît même le dessert, le favori de Kaëran. C’était à nouveau une journée bien remplie, et pas une seule fois elle avait pensé à son père ou au procès qui allait arriver. Maintenant, la table était prête et ils n’attendaient plus que le Lieutenant…


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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Lun 8 Avr - 16:24



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Chapitre 4
L’Enquête, partie 8

◆ ◆ ◆



Le brouhaha de la foule se faisait de plus en plus fort. Les marchands hurlaient tout comme les enfants qui se chamaillaient ou jouaient dans les environs. Des chevaux hennissaient, martelant le sol de leurs puissants sabots alors que les grincements de charette s’élevaient dans l’air. La pluie s’abattait au sol dans de petits éclats faisant fuir un matou plus ou moins chétif. Pauvre bête qui craignait l’eau.
D’un pas rapide, le Lieutenant parvint à rejoindre sa destination. Il fila aussitôt vers la cour d’entraînement où les soldats s’affairaient par eux-mêmes à leurs exercices, le temps que leur supérieur se pointe. Oui, Kaëran était en retard de quelques minutes et ne put que s’excuser envers ses confrères avant de reprendre le contrôle des rangs. Une heure chargée s’écoula et les soldats ne pouvaient que transpirer sous cette pluie qui ne semblait guère vouloir les quitter; elle logerait au dessus de Racium pour quelques jours encore. Cette première besogne terminée, le jeune homme s’en retourna dans ses appartements. Le dossier de l’enquête de Stark fut posé sur son bureau et bientôt l’encrier et la plume se placèrent à ses côtés. La chaise fut tirée, éloignée du meuble massif en bois, puis se rapprocha légèrement lorsque Kaëran fut assis. Les feuilles de parchemin furent étendues sur l’entièreté du bureau en bois de cerisier et les yeux pâles du soldat scrutèrent les écrits d’un oeil attentif. Son pouce et son index vinrent caresser son menton: il réfléchissait. Aucune erreur n’était permise dès à présent, car la sécurité d’Ellana pouvait être menacée. Stark en premier puis ensuite il règlerait le compte de Nolan qui se faisait un peu trop tranquille à son goût. Aurait-il peur ? Ça, Eira en doutait fortement, car sa protégée semblait être une beau pesant d’or pour ce rat et son bordel. Le calme avant la tempête comme on disait.

Les dires de la veille avaient été clairement retranscrits sur papier. Stark s’était planté le couteau dans le pied. Le savait-il ? Certainement, puisqu’il était loin d’être stupide. Il allait certainement jouer à la victime dès qu’il serait devant le Grand Conseil. Ellana serait certainement sous l’emprise de son regard froid et meurtrier puisqu’elle devrait parler, mais seulement, y arriverait-elle ? Kaëran n’en doutait pas, sauf qu’elle aurait besoin de soutient et il serait à ses côtés si jamais, car lui aussi devait donner sa version des faits. Il était tout de même en grande partie impliqué dans l’affaire et avait mené les recherches pour la retrouver vivante.
En milieu d’après-midi, le Lieutenant posa sa plume à plat sur le bureau, à côté de la feuille de parchemin remplie à moitié de son écriture. Son dos se colla contre le dossier de sa chaise et sa main droite se porta à l’arrêt de son nez qu’il massa de son pouce et son index. Il se leva et croisa les bras sur son torse alors qu’il se postait devant la fenêtre qui donnait une vue imprenable sur une partie de la ville. Malgré cette pluie, Racium n’en restait cependant pas plus merveilleuse et resplendissante. Son charme était connu bien qu’il n’avait rien à voir avec celui des villes elfiques dont les légendes vantaient la beauté et l’exotisme. Son poitrail se souleva. Sa bouche laissa échapper un soupir. Quand est-ce que ce calvaire finirait ? En plus, l’anniversaire d’Ellana s’approchait à grands pas et il voulait lui faire une surprise. Mais comment s’y prendre ? Il était le pire des nuls en ce qui concernait les cadeaux, les surprises et n’était pas non plus le plus romantique des hommes. Une vraie gourde en la matière. M’enfin, il pouvait tout de même aller acheter son cadeau pendant qu’il avait quelques minutes de répits. Ah non, il devait aller en patrouille... Mouarf. Tant pis, il irait pendant la patrouille sous les taquineries de ses soldats qui se feraient un malin plaisir de le charrier avec le fait qu’il avait désormais une petite copine.

Les soldats quittèrent le palais royal après une bonne demi-heure, leur visage camouflé dans de profonds capuchons d’un rouge écarlate. La pluie s’acharnait sur eau et tintait légèrement sur l’acier forgé de leur armure. En ville, ça bougeait moins que les jours de soleil, mais tout de même. Kaëran s’arrêta devant l’étal de bijoux et chercha le bracelet qui était tombé dans l’oeil d’Ellana lorsqu’ils faisaient les courses ensemble la veille. Le marchand le déposa dans un petit boitier de bois fait à la main et l’enveloppa d’un écrin de tissu avant de faire l’échange avec les Daris que lui donnait le Lieutenant.

‘‘ Eh bien ! On dirait qu’il y a une petite chanceuse qui se fera gâtée prochainement ! ‘‘ Lança un soldat.

Celui mitrailla son supérieur de clin d’oeil approbateur et se mangea un coup de coude dans les côtes de la part d’Ayden qui saurait à s’en décrocher la mâchoire.

‘‘ Il n’y a que moi qui peux le taquiner de la sorte ! ‘‘

‘‘ Ayden ! ‘‘ Grogna Kaëran, découragé.

‘‘ Bah quoi ? ‘‘

Le Lieutenant prit les devants en soupirant, ses hommes ricanant juste derrière. Quelle bande d’enfants ceux-là. Dès qu’il s’agissait d’une femme, leur quotient intellectuel se dirigeait vers le négatif et ils ne cessaient de dire des conneries. Kaëran en eut pour le restant de la journée, lui demandant des questions indiscrètes du genre: que lui prépares-tu ? Des coquineries ? Tu vas lui offrir des fleurs ? À quand le mariage et les mômes ? Bien évidemment, le concerné ne répondit pas et les soldats ne purent lui tirer les vers du nez. Son regard restait impassible et insondable.

Les cloches de quinze heures sonnèrent, résonnantes de leur lourd chant dans toute la ville. La patrouille était revenue au château depuis quelques minutes à peine et déjà ils s’en retournèrent chez eux. La pluie avait quelque peu cessé, mais sans plus. D’épais nuages flottaient tous au-dessus de la ville, les menaçant à tout moment. Au loin, on entendait et voyait un orage s’approcher. Kaëran marcha d’un pas rapide jusqu’à la demeure du vieux couple où sa douce se trouvait et entra après avoir toqué une seule fois. La porte se referma derrière lui et la douce chaleur provenant de la cheminée le fit soupirer d’aise comme ses vêtements étaient humides.

‘‘ Le voilà ! ‘‘ S’écria Dorguan et venant à sa rencontre. ‘‘ Et puis, longue journée ? ‘‘

‘‘ Par ce temps, on peut dire que oui. ‘‘

Le forgeron passa un bras autour des épaules du jeune homme et l’amena à la cuisine où se trouvait leur femme respective. Kaë ne fit pas une, ni deux, et alla directement enlacer Ellana. Ses lèvres se posèrent délicatement sur les siennes et Eiriel saurait à côté en le voyant faire, se remémorant ses jeunes années avec son homme.

‘‘ Tu m’as manqué... ‘‘ Murmura t-il à son oreille une fois qu’il l’eut serré contre lui.

Elle répondit à son tour, lui arrachant un sourire en coin puis il se détacha de sa protégée pour aider à dresser la table et servir le repas. Tous s’attablèrent au bout de cinq petites minutes et déjà on commençait à se remplir l’estomac. Bien entendu, celui de Kaëran grondait depuis belle lurette. Étonnant n’est-ce pas ?
Le repas fut absolument délicieux et encore une fois, le Lieutenant garda jalousement le dessert pour lui, faisant courir le forgeron jusqu’à l’étage où il y eut une guerre. Ça brassait en haut, mais on entendit rapidement des rires puis les hommes descendirent, le visage recouvert de pâtisserie. Ils vinrent embrasser leurs dames qui tentaient de fuir, mais sans succès. La vaisselle faite et la table nettoyées, le quatuor s’installa au salon avec une bonne tasse de thé chaud. Kaëran et Ellana étaient emmitouflés dans la même couverture, épaule contre épaule et écoutaient les histoires à dormir debout de Dorguan qui avait toute leur attention. Il en vint alors sur le sujet de la dague qu’ils avaient faite dans l’après-midi et ce fut avec une grande fierté qu’Ellana alla la chercher pour la montrer à son homme. Kaëran la prit dans ses mains et l’observa sous toutes les coutures, un sourire en coin gravé sur ses lèvres. Les détails étaient sublimes et la lame était belle comme menaçante. C’était un travail de maître et avec ces couleurs, elle était unique. Unique comme Ellana. Le regard bleuté mêlé de vert du jeune homme se posa sur la couturière et il lui tapota la tête, comme il l’avait fait avant qu’ils ne deviennent... plus intimes.

‘‘ Elle est magnifique. Tu as fait un sacré beau travail, Ellana. ‘‘ Il posa son regard sur Dorguan, le remerciant silencieusement, celui-ci haussant les épaules, tout sourire.

La soirée s’avança et bientôt ce fut l’heure du départ pour les jeunes tourtereaux. On s’enlaça, se fit la bise puis retourne vers la pluie. Kaëran avait tiré le capuchon du manteau d’Ellana sur la tête de celle-ci et en fit de mêmes pour lui. Leurs pas furent rapides jusqu’à ce qu’ils arrivent devant la maison où Kaëran eut un sourire mystérieux.

‘‘ Tu te souviens ? ‘‘ Murmura t-il

La première fois qu’il l’avait embrassé. La fois où il s’était jeté à l’eau et s’était mis à nu devant elle en ce qui concernait ses sentiments. Cette fois où il l’avait embrassé contre la porte de la maison en plein jour de pluie, comme celui-ci. Kaë colla sa douce contre la porte et approcha son visage du sien, une goutte d’eau glissant sur son nez jusqu’à celui d’Ellana qui fermait les yeux. Leurs lèvres fusionnèrent l’espace d’un moment puis le Lieutenant se détacha dans un sourire énigmatique.

‘‘ Viens, je ne voudrais pas que tu tombes malade. ‘‘

Car contrairement à lui, Ellana était beaucoup moins chaleureuse et déjà il sentait qu’elle frissonnait sous ses mains. Ils pénétrèrent dans la demeure, une douce chaleur les enveloppa suivie d’un miaulement. Hewie se frottait contre leurs jambes puis courut vers le salon en ronronnant. Les jeunes adules eux, montèrent à l’étage pour réchauffer leur corps dans l’eau chaude de la cuve, ayant pour seule lumière, la lanterne près de la glace. Les jeux d’ombres et de lumières sur le visage et le corps de la jeune femme lui donnaient un charme envoutant. Sans parler de son regard vairon qui pétillait d’une douce lueur. Sa main droite sortit de l’eau et se posa sur une de ses joues tendrement, caressant sa peau du pouce.

‘‘ Tu es si belle... ‘‘ Souffla t-il.

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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Lun 8 Avr - 18:38

Eiriel continuait de surveiller la cuisson du repas, pendant qu'Ellana peaufinait le dessert. Elles discutaient, tranquillement, de tout et de rien. Surtout de cuisine ou de d'astuces en fait. Jamais Ellana ne s'était sentie aussi…en famille. Ces gens…l'avait acceptée parmi eux dès le départ, sans savoir d'où elle venait, ni qui elle était, ni pourquoi elle avait été aussi distante. Ils lui avaient ouvert la voie et elle s'y était engouffrée, guidée par Kaëran. Elle avait enfin un chez elle. Même si là elle était chez Eiriel. Mais bref vous aurez compris !

Elles entendirent les cloches sonner dans toute la ville et Ellana regarda par la fenêtre de la cuisine, voyant qu'il ne pleuvait plus, ou alors très finement. Au moins Kaë ne serait pas trop mouillé et ne devra pas courir. Parce qu'il ne devrait plus tarder.

Et en effet, quelques minutes plus tard, elles entendirent toquer et la porte s'ouvrir puis se refermer. Dorguan se leva de son fauteuil ou il lisait pour aller accueillir le Lieutenant, s'exclamant :

- Le voilà !

Ellana l'entendit encore parler, mais ne comprit pas les paroles. Ellana s'était essuyée les mains et approchée de la table pour la dresser lorsqu'il entra avec Dorguan. Elle eut juste le temps de sourire qu'il était devant elle et l'embrassait. Elle le lui rendit doucement, ayant été en manque une journée complète (bah oui quand même !).

Il l'enlaça alors et elle enfouit sa tête dans son cou, pouvant sentir sa douce odeur d'homme mouillé…et il murmura :

-Tu m’as manqué...

-Et à moi donc, mon cœur…

Il sourit puis se décolla, l'aidant par la suite à mettre la table pour quatre. Eiriel se hâtait, parce que l'estomac de Kaëran grondait à un point tel qu'il en rougissait ! Ils mangèrent en silence, savourant ces mets plus que succulents. Assise à côté du Lieutenant, Ellana se demandait s'il n'aurait pas mieux fait de prendre une douche à l'étage pour ne pas tomber malade. Mouillé comme il l'était et avoir passé la moitié de la journée à l'extérieur n'était pas super…

Et…évidemment, le dessert fût…un massacre ! Eiriel comme Ellana étaient mortes de rire en voyant le Lieutenant courir à l'étage avec le plat, suivit du forgeron qui hurlait. Elles commencèrent à débarrasser, les laissant ce faire la guerre et Eiriel promettant à la jeune femme que s'il y avait une seule tache en haut, ils nettoieraient !

Lorsqu'ils redescendirent, ils étaient couverts de gâteau, et les deux femmes comprirent vite leur intention. Seulement, aucun moyen de fuir. Elles étaient prises au piège ! Aussi durent-elles "endurer" un baiser pâtissier de leurs hommes…

Une fois cela fait, la vaisselle lavée et rangée, ils s'installèrent au salon, une tasse de thé chaud en main, emmitouflés dans des couvertures de laine. Collée à son homme, Ellana écoutait les histoires de Dorguan, qui la fascinaient. Certes elles n'avaient pas grand sens, mais pour elle, cela remplaçait les contes et histoires pour enfant qu'elle n'avait pas connues…Il en vint par la suite à la dague qu'elle avait faite avec lui, et elle se leva, souriante. Elle chercha l'arme, la tenant comme si elle pouvait se briser d'un moment à l'autre.

Oui, elle était fière. Pour une fois, elle était fière de ce qu'elle avait fait, même si c'était Dorguan, et non elle, qui avait fait la plupart du travail. Kaëran la prit tandis qu'elle se rasseyait à ses côtés. Il l'observa sous tous les angles, un petit sourire aux coins des lèvres. La lame se reflétait dans les flammes, et elle voyait les gravures qui serpentaient dessus. Il la regarda ensuite, lui tapotant la tête comme il le faisait auparavant. Quand elle ne comprenait encore rien et qu'elle apprenait à vivre. Quand ses sentiments pour lui étaient à peine des bourgeons qui attendaient de s'ouvrir…

-Elle est magnifique. Tu as fait un sacré beau travail, Ellana.

Elle sourit, fière d'elle. Elle accrocherait l'arme quelque part en rentrant…ou le lendemain…
Ils continuèrent de discuter, mais la soirée avançait et le Lieutenant avait tout de même une longue journée derrière lui. Ainsi ce fût l'heure des au revoir, des bises et accolades, puis les jeunes ressortirent, manteau fermé et capuche rabattue, pour rentrer chez eux.

Ils se hâtèrent de traverser la rue, et Kaëran se stoppa devant la maison, arborant soudainement un sourire énigmatique. Puis il murmura :

- Tu te souviens ?

Elle mit deux secondes à se rappeler. La pluie, la porte…Kaëran…Oui. Le jour ou il l'avait emmenée au cimetière pour voir Naël, ce fameux jour où il pleuvait comme maintenant, ce fameux jour où il l'avait serrée contre lui pour la réchauffer puis l'avait embrassée…
Le jour ou elle avait découvert ce qu'elle avait…et puis ensuite, les baisers contre la porte, Eiriel ouvrant et les faisant tous deux chuter…elle s'en souvenait comme si c'était hier, les images défilaient, malgré le temps passé et les épreuves traversées.

Kaë la plaqua contre la porte, une goutte de pluie passant du nez du jeune homme au sien tandis que leurs visages se rapprochaient lentement. Elle fermait les yeux, et sentait le souffle de l'homme contre sa peau. Leurs lèvres se trouvèrent enfin et restèrent unie un moment, chacun savourant et oubliant de moitié la pluie. Sauf qu'Ellana était une frileuse et que malgré la chaleur naturelle de son homme, elle commençait à frissonner, mettant involontairement fin à cet instant de pur bonheur et de magie.

-Viens, je ne voudrais pas que tu tombes malade. Dit-il avec un sourire énigmatique après s'être détaché d'elle.

Souriante, elle le suivit à l'intérieur ou une douce chaleur les enlaça, suivie d'Hewie qui se frottait à leurs jambes en miaulant. Il reçut quelques caresses puis, satisfait, retourna au salon pour dormir au coin du feu. Kaëran et Ellana eux, montèrent pour prendre un bon bain qui réchaufferait leurs muscles. Enfin, surtout ceux de Kaëran. C'était lui qui avait été dehors toute la journée, pas elle.

Ils se dévêtirent lentement pendant que l'eau remplissait la cuve, puis se glissèrent à l'intérieur, soupirant d'aise au contact du liquide sur leur peau refroidie. Avec la lumière de la lanterne, elle ne voyait qu'une partie du visage du Lieutenant, lui donnant un aspect mystérieux et…sauvage. Le seul œil qu'elle voyait clairement brillait avec tant de vigueur qu'il aurait pu éclairer la pièce à lui seul.

Ils s'observaient mutuellement, jusqu'à ce qu'il sorte une main de l'eau et la glisse sur sa joue, la caressant doucement. Elle profita pleinement, aimant tant ces petits gestes qui, pour la plupart des gens étaient anodins voir banals, alors que pour elle ils représentaient des pièces d'un grand trésor qu'elle devait protéger, un trésor qu'elle ne voulait pas perdre. Le trésor, c'était Kaëran. Kaëran qui souffla :

-Tu es si belle...

Sur le coup, elle resta coite. Elle ne s'y était pas attendue à vrai dire. Et cela la fît rougir, la jeune femme priant pour que l'homme n'en ait rien vu. C'était encore un peu étrange pour elle, d'entendre qu'elle était belle. Son père l'avait toujours traitée de monstre, de laideron par moment. Elle n'avait jamais eu une bonne image d'elle-même. Alors…les premières fois ou Kaëran lui avait dit qu'elle était belle, merveilleuse, magnifique même, elle avait eu du mal à y croire. Chez les putains, elle n'avait pas non plus cru qu'elle était belle à ce point, surtout qu'elle ressortait de son enlèvement, et son corps avait conservé quelques marques. En gros, cela la surprenait toujours encore lorsqu'il lui disait qu'elle était belle.

-Toi aussi tu es beau, Kaëran… Répondit-elle en observant chaque trait qu'elle voyait de lui et posant à son tour une main sur sa joue.

Ils étaient si bien, là. Eux seuls, avec leur amour qui réchauffait la pièce, leurs mains sur la joue de l'autre, un sourire éclairant leurs lèvres…Ils étaient plus forts qu'avant. Ils avaient su se relever. Se redresser et dire à la vie qu'elle ne les aurait pas de cette façon !

Ellana voulait croire que seule la mort pourrait les séparer. Que rien de ce que la vie dresserait sur leur route ne les éloignera, ou alors temporairement. Elle savait que s'ils se quittaient et qu'il refaisait sa vie avec une autre, s'il parvenait à l'oublier, elle n'en ferait rien. Elle serait perdue. Elle le savait, tout au fond d'elle, qu'elle ne se remettrait pas d'une rupture sèche et brutale, d'une rupture parce qu'ils ne s'aimaient plus réciproquement ou l'un des deux seulement. Et elle ferait tout pour que ça n'arrive pas. Elle allait le rendre heureux. En faire l'homme le plus comblé de Racium. Le plus épanouit, le plus envié. Elle devait chercher du travail, pour l'aider avec les finances. Mais à part la couture, elle ne savait guère faire autre chose de ses dix doigts. Ah si…mais elle ne redeviendrait pas une putain…

Et puis…elle en avait affreusement peur, mais elle voulait lui donner des enfants. Voir la fierté du père briller dans son regard, le voir serrer dans ses bras de tous petits bébés…Les gestes d'un père normal en somme. Seulement, elle n'y connaissait rien. Elle avait peur de mourir comme sa mère, avait peur de ne pas être une bonne mère si elle accouchait sans encombre. Elle ne savait pas se débrouiller avec un enfant. Ne savait même pas quoi donner à manger ou comment les éduquer. Elle ne savait rien et c'était un domaine que même Kaë ne pourrait pas lui expliquer. Peut-être Eiriel…

Descendant sa main de sa joue, elle chercha la sienne, restée sous l'eau, et mêla ses doigts aux siens, se rapprochant un peu de lui. Elle tendit le cou et l'embrassa doucement, avant de dire :

-Kaë…Ca…ça te ferait plaisir, d'avoir des enfants de moi ?

Elle sourit, un peu gênée à vrai dire. Elle n'avait pas vraiment voulut poser la question de but en blanc, mais elle voulait être fixée sur un point qui venait de s'éclairer en elle.

Peut-être que lui ne voulait pas d'enfant. Elle ne voulait pas forcer, et c'était un sujet à aborder à deux, avec le plus grand sérieux possible…pour pouvoir…faire en sorte d'éviter les accidents si jamais. Elle-même en étant un, d'accident, elle ne voulait pas que Kaëran se transforme comme son père, même si elle en doutait sérieusement ! Son père était à un extrême tel que personne ne pourrait l'égaler, elle en était sûre, et encore moins Kaëran ! Mais elle ne voulait pas qu'il…regrette ou qu'il en veuille à l'enfant si jamais il n'en voulait pas et qu'elle tombait enceinte par manque d'attention lors de leurs nuits de passion…


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MessageSujet: Re: Retour à la case départ [PV Kaëran]   Mar 9 Avr - 17:39



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Chapitre 4
L’Enquête, partie 9

◆ ◆ ◆



Le commentaire qui s’était échappé d’entre ses lèvres sembla étonner la couturière qui était assise devant lui dans la cuve de bois, entre ses jambes allongées de chaque côté d’elle. Vu l’obscurité de la pièce et la faiblesse de leur seule lumière -la lanterne - le Lieutenant ne vit en rien le visage d’Ellana qui s’empourprait de timidité. Elle était bien peu habituée de se faire complimenter, ça sautait aux yeux, mais elle était réellement belle et ce n’était pas parce qu’il était amoureux d’elle. Au contraire.

‘‘ Toi aussi tu es beau, Kaëran… ‘‘ Murmura t-elle

Il voyait son regard pétillant se promener sur lui, l’examinant comme si c’était la première fois. Elle l’observa comme s’il était quelque chose de précieux dont les détails méritaient d’être examinés avec soin et minutie. À son tour, Ellana leva un bras hors de l’eau pour imiter son geste. Son toucher était doux et tellement délicieux à la fois. C’était insensé d’aimer une personne de cette manière, d’être prêt à donner sa vie pour elle. Kaëran ne s’imaginait même plus vivre sans elle à partir d’aujourd’hui et ferait ce qui était en son pouvoir pour la rendre heureuse à ses côtés. Il ferait tout, même décrocher la lune pour elle bien que c’était techniquement impossible. Un faible sourire se logea sur la bouche du soldat alors qu’il remarqua qu’Ellana semblait perdu dans ses songes, son regard rivé dans le sien. À quoi pouvait-elle bien penser ? Ça l’intriguait, mais le jeune homme garda le silence.
La main de la couturière quitta sa joue pour plonger dans l’eau de nouveau. Leurs doigts s’entremêlèrent alors et c’est là qu’Ellana réduisit la distance entre eux pour se rapprocher de son homme. Se penchant légèrement vers l’avant, Kaëran alla à la rencontre des lèvres de sa douce qui se posèrent contre les siennes dans un tendre baiser.

‘‘ Kaë… Ça… ça te ferait plaisir, d’avoir des enfants de moi ? ‘‘

Leur visage n’était qu’à quelques centimètres l’un de l’autre, assez pour que l’un sente le souffle de l’autre contre leur peau. Elle était si près de lui que le Lieutenant se surprit à frissonner imperceptiblement. Les muscles de son ventre se contractaient délicieusement à cette question et au sourire gêné d’Ellana. Sur le coup, Kaëran connaissait déjà la réponse, mais peut-être était-il mieux pour eux de réfléchir convenablement à la question ? Sa tendre moitié était encore jeune et ils avaient amplement le temps de faire une famille devant eux.

‘‘ Bien sur que oui, Ellana, mais seulement lorsque tu te sentiras prête. Et puis, rien ne presse. ‘‘ Murmura t-il doucement à son oreille.

Ses bras entourèrent la taille fine de la jeune femme et l’approchèrent de lui. Il sentit sa poitrine se coller contre son torse tranquillement, suivit de son ventre contre le sien puis ses bras autour de lui. Les lèvres du jeune effleurèrent celles de sa douce et se bâtirent un chemin sur sa mâchoire. Elles longèrent son cou pour terminer leur chemin sur l’une de ses épaules. Ses mains elles, caressaient sa nuque et son dos avec une extrême délicatesse au risque qu’elle se fissure.

‘‘ De beaux enfants avec un regard brillant comme le tien... ‘‘ Susura t-il en la toisant du regard, un sourire fauve aux lèvres. ‘‘ Une peau aussi douce que la tienne... ‘‘ Continua t-il plus lentement en effleurant la courbe de son dos du bout des doigts, s’attaquant ensuite à ses lèvres pulpeuses et désirables qu’il caressa. ‘‘ Des lèvres invitantes comme celles-ci et des cheveux de velours comme ceux-ci... ‘‘

Oui, il faisait exprès et ça fonctionnait, car Ellana avait déjà le souffle court et les yeux fermés, savourant ce contact. Sa peau était parcourue par la chair de poule et il sentait son corps devenir fébrile alors qu’il se rapprochait doucement du sien pour s’y coller entièrement. Les mains de la jeune femme se collèrent contre ses cuisses et montèrent jusqu’à son bassin où ses doigts se crispèrent légèrement.

‘‘ Il faudrait penser à aller dormir, tu ne crois pas ? ‘‘

Mais le regard qu’Ellana lui jeta répondit largement à sa question; pas question. Kaëran ne put s’empêcher de ricaner légèrement avant que la bouche de sa douce ne se plaque brusquement contre la sienne. Sa respiration était haletante, comme la sienne. Bon... oui, le Lieutenant l’avait cherché et c’était le but aussi. De toute manière, l’homme doutait fortement que la jeune femme refuse ses avances vu le regard insistant qu’elle lui avait lancé quelques secondes plus tôt.
Et c’était parti...

La douceur et la fraîcheur des draps firent soupirer Kaëran d’aise lorsqu’il s’y glissa après avoir enfilé un pantalon de lui ample. Ellana fit de même, se volant une place entre ses bras et sentit ses lèvres contre la base de son cou, près des clavicules. Un sourire béat s’était figé sur ses lèvres depuis leur sortie du bain et cela l’amusa aussitôt. Mais maintenant, il était l’heure de dormir puisqu’une autre grosse journée s’approchait pour le soldat. Le dossier contre Stark était presque terminé et Kaëran pourrait le présenter à son supérieur dès la fin de l’avant-midi. Ainsi, les conseillers pourraient étudier le tout et pourraient fixer le procès.

Ce qui approchait ne s’annonçait pas être une partie de plaisir, particulièrement pour Ellana...

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